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Séries Numériques (suite) (A)
Concept 1: Intégrale Généralisée (ou Impropore)
Prérequis
- Intégrale de Riemann : Compréhension de l’intégrale d’une fonction continue (ou continue par morceaux) sur un intervalle fermé et borné , notée .
- Calcul de primitives : Maîtrise des techniques de base pour trouver une primitive d’une fonction.
- Limites de fonctions : Savoir calculer la limite d’une fonction en un point ou en l’infini.
Définition
Une intégrale généralisée étend la notion d’intégrale de Riemann à des cas où soit l’intervalle d’intégration n’est pas borné, soit la fonction à intégrer n’est pas bornée sur l’intervalle.
Il y a deux cas principaux :
-
Intégrale sur un intervalle non borné : Soit une fonction continue par morceaux sur . L’intégrale généralisée de de à est définie comme la limite, si elle existe et est finie, de l’intégrale sur lorsque tend vers .
De même, sur , on définit :
Si la limite est un nombre réel fini, on dit que l’intégrale converge. Sinon, on dit qu’elle diverge.
-
Intégrale d’une fonction non bornée en une borne : Soit une fonction continue par morceaux sur (le problème étant en ). L’intégrale généralisée de sur est définie comme la limite, si elle existe et est finie, de l’intégrale sur lorsque tend vers .
Si la limite est un nombre réel fini, l’intégrale converge. Sinon, elle diverge.
Cas d’une intégrale doublement généralisée : Une intégrale comme converge si et seulement si, pour un quelconque, les deux intégrales et convergent. Sa valeur est alors la somme des deux.
Explications Détaillées
L’intégrale de Riemann calcule l’aire (algébrique) sous la courbe de sur un segment fini . L’intégrale généralisée cherche à répondre à la question : “Peut-on calculer l’aire sous une courbe sur une longueur infinie, ou lorsque la courbe s’envole vers l’infini à un certain point ?”.
Intuitivement, pour calculer l’aire sur , on calcule l’aire sur un segment de plus en plus grand et on regarde si cette aire se “stabilise” vers une valeur finie à mesure que grandit. Si c’est le cas, l’intégrale converge. Sinon, elle diverge (souvent parce que l’aire accumulée devient infinie).
Le même raisonnement s’applique quand la fonction n’est pas définie ou tend vers l’infini en un point, par exemple en . On “rogne” l’intervalle d’un petit morceau où la fonction pose problème, on calcule l’intégrale sur le reste , puis on observe ce qui se passe quand on fait tendre la taille du morceau rogné vers zéro.
Attention importante : Pour une intégrale sur entier, comme , il est crucial d’étudier les deux bornes séparément. La limite (appelée valeur principale de Cauchy) peut exister même si l’intégrale diverge. C’est le cas pour , où les aires négative et positive se compensent symétriquement, mais où chaque “moitié” de l’aire est infinie.
Propriétés Clés
- Linéarité : Si et convergent, alors converge et .
- Relation de Chasles : Pour tout dans l’intervalle d’intégration, , à condition que toutes les intégrales en jeu aient un sens.
- Monotonie : Si sur l’intervalle, et si converge, alors converge. Si diverge, alors diverge.
- Convergence absolue : Si converge (on dit que l’intégrale est absolument convergente), alors converge. La réciproque est fausse.
Exemples
Exemple 1 : Intégrale de Riemann convergente en
Étudions la convergence de .
La fonction est continue sur .
On calcule d’abord l’intégrale sur pour :
Ensuite, on prend la limite lorsque :
La limite est finie, donc l’intégrale converge et sa valeur est 1.
Exemple 2 : Intégrale de Riemann divergente en
Étudions la convergence de .
La fonction est continue sur .
On prend la limite lorsque :
La limite n’est pas finie, donc l’intégrale diverge.
Exemple 3 : Intégrale convergente avec une borne “problématique”
Étudions la convergence de . Le problème est en car la fonction tend vers .
On intègre sur pour :
On prend la limite lorsque :
La limite est finie, donc l’intégrale converge et vaut 2.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Divergence en une borne finie
L’intégrale diverge.
L’intégrale diverge.
Contre-exemple 2 : Le piège de la compensation symétrique
Considérons . Si on calcule abusivement :
La limite est 0. Cependant, pour que l’intégrale converge, il faut que ET convergent. Or :
Cette intégrale diverge, donc diverge, même si sa valeur principale de Cauchy est nulle.
Concepts Connexes
- Séries numériques : Il existe une forte analogie entre la convergence des séries et celle des intégrales. Le critère de comparaison série-intégrale formalise ce lien.
- Critères de convergence pour les intégrales : Tout comme pour les séries, il existe des critères (comparaison, équivalence) pour déterminer la nature d’une intégrale généralisée sans calculer sa valeur.
Concept 2: Critère de Comparaison Série-Intégrale
Prérequis
- Séries numériques à termes positifs : Connaissance de la définition de la convergence d’une série et des critères de comparaison.
- Intégrale généralisée : Savoir définir et déterminer la nature (convergence/divergence) d’une intégrale généralisée.
- Fonctions monotones : Comprendre la notion de fonction croissante ou décroissante.
Définition
Soit une fonction définie sur (avec ) qui vérifie les trois hypothèses suivantes :
- Continuité : est continue (ou au moins continue par morceaux).
- Positivité : pour tout .
- Décroissance : est décroissante sur .
Alors, la série numérique et l’intégrale généralisée sont de même nature.
C’est-à-dire :
où est un entier tel que .
Explications Détaillées
Ce critère établit un pont fondamental entre les sommes discrètes (séries) et les sommes continues (intégrales). L’idée intuitive se visualise très bien.
Considérons la série et l’intégrale . On peut interpréter la somme partielle comme l’aire d’une collection de rectangles de largeur 1 et de hauteur .
Comme la fonction est décroissante, pour tout entier , sur l’intervalle , on a .
En intégrant cette inégalité sur , on obtient :
- La première inégalité signifie que l’aire sous la courbe entre et est plus petite que l’aire du rectangle de hauteur (rectangle “par-dessus”).
- La deuxième inégalité signifie que l’aire sous la courbe est plus grande que l’aire du rectangle de hauteur (rectangle “par-dessous”).
En sommant ces inégalités pour de à , on peut encadrer la somme partielle de la série par deux intégrales (et vice-versa), ce qui montre que si l’un des deux (la somme ou l’intégrale) est borné, l’autre l’est aussi. Comme il s’agit de termes/fonctions positifs, être borné équivaut à converger.
Ce critère est extrêmement puissant pour déterminer la nature de séries de référence, comme les séries de Riemann.
Propriétés Clés
-
Encadrement de la somme partielle : Sous les hypothèses du théorème, pour :
-
Estimation du reste (Corollaire) : Si la série et l’intégrale convergent, le reste d’ordre de la série, , peut être encadré par des intégrales :
Cette propriété est très utile pour estimer la vitesse de convergence d’une série et pour obtenir des approximations de sa somme avec une erreur contrôlée.
Exemples
Exemple 1 : Séries de Riemann
Soit la série avec .
On pose sur .
- Continuité : est continue sur .
- Positivité : Si , donc .
- Décroissance : pour . Donc est décroissante.
Les hypothèses sont vérifiées. La série a la même nature que l’intégrale .
- Si : . La limite quand est finie si et seulement si , c’est-à-dire .
- Si : . La limite quand est .
Conclusion : La série de Riemann converge si et seulement si .
Exemple 2 : Séries de Bertrand
Soit la série avec .
On pose sur . Cette fonction est continue, positive et décroissante.
La série a la même nature que . On fait le changement de variable , donc .
D’après l’exemple 1, cette intégrale converge si et seulement si .
Conclusion : La série de Bertrand converge si et seulement si .
Exemple 3 : Estimation d’un reste
Pour la série convergente , quel est l’ordre de grandeur du reste ?
. On utilise l’encadrement du reste avec .
Calculons les bornes :
.
Donc :
Le reste est compris entre et .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Fonction non décroissante
Soit . La série converge par comparaison, car .
Cependant, la fonction associée n’est pas décroissante à cause des oscillations du sinus. Le critère série-intégrale ne s’applique pas directement, même si l’intégrale converge aussi.
Contre-exemple 2 : Fonction non positive
Soit . La série converge (série alternée).
La fonction associée change de signe. Le critère ne s’applique donc pas. L’intégrale converge aussi, mais le critère ne permet pas de le prouver.
Concepts Connexes
- Séries de Riemann et de Bertrand : Ce sont les applications les plus directes et importantes de ce critère. Elles fournissent une échelle de référence pour les critères de comparaison.
- Développement asymptotique : L’encadrement obtenu dans la démonstration peut être affiné pour donner un équivalent de la somme partielle ou du reste.
Concept 3: Critère des Équivalents pour les Séries
Prérequis
- Suites équivalentes : Définition de quand , qui signifie .
- Séries à termes positifs : Connaissance des bases sur les séries dont les termes sont positifs.
- Critère de comparaison : Si à partir d’un certain rang, la convergence de implique celle de .
- Séries de référence : Connaître la nature des séries de Riemann, géométriques, etc.
Définition
Soient et deux suites à termes positifs à partir d’un certain rang .
On suppose que lorsque .
Alors les séries et sont de même nature.
C’est-à-dire :
Explications Détaillées
Ce critère est l’un des outils les plus pratiques pour étudier la nature d’une série. L’idée fondamentale est que la convergence d’une série dépend du comportement de ses termes “à l’infini” (pour les grandes valeurs de ). Si deux suites et sont équivalentes, cela signifie que pour très grand, est “presque égal” à . Il est donc naturel que la somme de leurs termes ait le même comportement : soit les deux explosent (divergence), soit les deux se stabilisent (convergence).
La démonstration formalise cette intuition. Par définition de , pour tout , il existe un rang tel que pour :
En choisissant par exemple , on obtient pour :
On est alors ramené au critère de comparaison classique.
- Si converge, alors converge aussi, et comme , converge.
- Si converge, alors comme (ou ), converge.
Comment trouver un équivalent ? La méthode la plus courante est d’utiliser les développements limités ou les équivalents usuels au voisinage de 0. Si le terme général est de la forme avec , on cherche un équivalent de en 0.
Propriétés Clés
- Condition de positivité : Ce critère ne s’applique que pour les séries à termes de signe constant (positif ou négatif) à partir d’un certain rang. Pour les séries à termes de signe quelconque, il est faux.
- Pas d’équivalence pour les sommes : Si et convergent et , on a en général .
- Équivalence des restes : Cependant, si les séries convergent, on peut montrer que leurs restes sont équivalents : .
Exemples
Exemple 1 : Utilisation de
Étudions la nature de la série de terme général pour .
Les termes sont positifs. On a quand .
On utilise l’équivalent usuel quand .
En posant , on obtient :
La série de Riemann converge (car ).
Donc, par le critère des équivalents, la série converge.
Exemple 2 : Utilisation de et
Étudions la nature de .
Les termes sont positifs pour assez grand. On utilise les équivalents :
- quand . Avec , on a .
- quand . Avec , on a .
Donc,
Le terme général tend vers . La série diverge grossièrement.
Exemple 3 : Équivalent plus complexe
Étudions la nature de la série de terme général .
Pour , , donc . Mais est négatif. On étudie donc . Les termes sont positifs.
On utilise un développement limité de en 0 : .
Avec :
Donc, .
La série est une série de Riemann avec , elle converge.
Par le critère des équivalents, la série converge, donc converge aussi.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Séries non à termes positifs
Soit et .
La série converge (série alternée).
Calculons la limite du rapport :
Donc .
Cependant, la série est la somme de (convergente) et (divergente). Donc diverge.
Le critère ne s’applique pas car les termes ne sont pas de signe constant.
Contre-exemple 2 : Un exemple plus subtil
Soit .
Pour grand, .
La série diverge car elle est la somme d’une série convergente (), d’une série divergente () et d’une série convergente ().
Soit . La série converge.
Pourtant, .
Donc , mais les séries sont de natures différentes. Le critère échoue car les termes ne sont pas positifs.
Concepts Connexes
- Développements limités et asymptotiques : C’est l’outil principal pour trouver des équivalents de termes généraux complexes.
- Critères de comparaison : Le critère des équivalents est une forme plus puissante et plus simple à utiliser du critère de comparaison par inégalités.
Concept 4: Critère d’Abel et Séries Alternées
Prérequis
- Critère de Cauchy pour les séries : Une série converge si et seulement si ses sommes partielles forment une suite de Cauchy.
- Suites monotones et bornées : Compréhension de la convergence des suites monotones.
- Sommation par parties (Transformation d’Abel) : Analogue discret de l’intégration par parties.
Définition
Théorème d’Abel (cas général)
Soit une série de terme général , où est une suite de nombres complexes et est une suite de nombres réels.
La série converge si les trois conditions suivantes sont remplies :
- (Sommes partielles bornées) : La suite des sommes partielles est bornée. C’est-à-dire, il existe tel que for all .
- (Monotonie) : La suite est décroissante.
- (Convergence vers zéro) : .
Critère des Séries Alternées (cas particulier important)
Soit une série de terme général .
La série converge si les deux conditions suivantes sont remplies :
- (Décroissance) : La suite est positive et décroissante.
- (Convergence vers zéro) : .
Explications Détaillées
Le critère d’Abel est un résultat puissant pour prouver la convergence de séries qui ne sont pas absolument convergentes (dites semi-convergentes). L’intuition est que l’on multiplie une suite qui “amortit” les termes (décroissante et tendant vers 0) par une suite dont les termes peuvent osciller, mais dont la somme ne “s’échappe” pas (sommes partielles bornées). La décroissance de assure que les oscillations successives se compensent de plus en plus précisément, menant à la convergence.
Le critère des séries alternées est le cas le plus célèbre. On prend . Les sommes partielles valent 1, 0, 1, 0, … et sont donc bornées par 1. Le critère d’Abel s’applique directement.
Pour une série alternée, on peut visualiser la convergence. Les sommes partielles oscillent autour de la somme finale . Les sommes d’indices pairs forment une suite décroissante, et les sommes d’indices impairs forment une suite croissante. Ces deux suites sont adjacentes et convergent vers la même limite .
Propriétés Clés
-
Majoration du reste (Critère d’Abel) : Si les hypothèses sont vérifiées, le reste est majoré en module par .
-
Majoration du reste (Séries alternées) : C’est un résultat plus simple et très utile. Pour une série alternée qui satisfait le critère, le reste est toujours du signe du premier terme négligé, , et sa valeur absolue est plus petite que celle de ce terme.
Cela permet une estimation très simple de l’erreur lorsqu’on approxime la somme par une somme partielle.
Exemples
Exemple 1 : Série harmonique alternée
Considérons la série
Ici, avec .
- Décroissance : La suite est positive et clairement décroissante.
- Limite nulle : .
Les deux conditions du critère des séries alternées sont remplies, donc la série converge. (On peut montrer que sa somme est ).
Elle n’est pas absolument convergente car diverge.
Exemple 2 : Estimation d’une somme
Approchons la somme avec une erreur inférieure à .
On utilise la majoration du reste : .
On veut , il suffit donc de trouver tel que .
Il suffit de calculer la somme partielle pour avoir une approximation de à près.
Exemple 3 : Application du critère d’Abel (série trigonométrique)
Étudions la série pour .
C’est la partie réelle de la série .
On pose et .
-
Sommes partielles de : .
Comme , le dénominateur n’est pas nul.
. C’est une constante (qui ne dépend pas de ), donc la suite est bornée.
-
Monotonie de : est décroissante.
-
Limite de : .
Les trois conditions du théorème d’Abel sont vérifiées. La série converge. Par conséquent, sa partie réelle et sa partie imaginaire convergent aussi.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Suite non décroissante
Considérons la série alternée définie par et .
Le terme général tend bien vers 0.
Cependant, la suite n’est pas décroissante. Par exemple, et . Mais et . Mais et . Le critère ne s’applique pas. (L’étude de cette série est plus complexe).
Contre-exemple 2 : Suite ne tendant pas vers 0
La série .
La suite est bien positive et croissante (donc pas décroissante), mais surtout .
Le terme général ne tend pas vers 0, donc la série diverge grossièrement.
Concepts Connexes
- Convergence absolue vs. semi-convergence : Ces critères sont l’outil principal pour identifier les séries semi-convergentes.
- Séries de Fourier : Les séries trigonométriques étudiées avec le critère d’Abel sont les briques de base de la théorie des séries de Fourier.
Concept 5: Réarrangement des Termes et Sommation par Paquets
Prérequis
- Séries convergentes : Définition de la convergence d’une série.
- Convergence absolue : Définition d’une série absolument convergente ( converge).
- Permutations : Notion de permutation de l’ensemble (une bijection de dans lui-même).
Définition
Réarrangement des Termes (Commutativité)
Une série est dite commutativement convergente si pour toute permutation de , la série réarrangée converge et a la même somme que .
Théorème de réarrangement de Riemann :
- Une série est absolument convergente si et seulement si elle est commutativement convergente.
- Si une série est semi-convergente (convergente mais pas absolument convergente), alors pour n’importe quel réel , il existe une permutation de telle que la série réarrangée converge vers . On peut même la faire diverger vers ou .
Sommation par Paquets (Associativité)
Soit une série. On dit que est une série obtenue par sommation par paquets s’il existe une suite d’entiers strictement croissante avec telle que :
Autrement dit, on regroupe les termes de la série initiale en “paquets” successifs.
Théorème de sommation par paquets :
- Si la série converge, alors toute série formée par sommation par paquets converge vers la même somme.
- La réciproque est fausse en général. Cependant, si est une série à termes positifs, alors la convergence de la série par paquets implique la convergence de la série initiale .
Explications Détaillées
Ces concepts explorent jusqu’à quel point les propriétés des sommes finies (commutativité et associativité) s’étendent aux sommes infinies. La réponse est : cela dépend crucialement de la convergence absolue.
Commutativité (Réarrangement) : Pour une somme finie, l’ordre des termes ne change pas le résultat. Pour une série, c’est vrai uniquement si la série converge absolument. Pourquoi ? Une série absolument convergente a une “réserve” finie de valeurs positives et négatives. Peu importe comment on les pioche, le total final sera le même.
En revanche, une série semi-convergente, comme , a une somme infinie de termes positifs et une somme infinie de termes négatifs qui s’annulent “juste assez” pour converger. En réarrangeant les termes, on peut puiser plus vite dans les termes positifs pour faire tendre la somme vers , ou au contraire puiser plus dans les négatifs pour la faire tendre vers , ou doser finement pour atteindre n’importe quelle cible .
Associativité (Sommation par Paquets) : Regrouper des termes est toujours permis si la série de départ converge. En effet, la somme partielle de la série par paquets est une sous-suite de la suite des sommes partielles de la série initiale. Si une suite converge, toutes ses sous-suites convergent vers la même limite.
La réciproque est délicate. On peut créer artificiellement une convergence par paquets en faisant en sorte que les termes d’un paquet s’annulent, alors que la série de départ diverge. Par exemple, la série diverge. Mais si on fait des paquets de deux : . La série des paquets converge vers 0, mais la série initiale divergeait.
Cette pathologie disparaît pour les séries à termes positifs : si les paquets ont une somme finie, comme rien ne peut s’annuler, la somme totale des termes initiaux doit aussi être finie.
Exemples
Exemple 1 : Réarrangement d’une série semi-convergente
La série harmonique alternée converge vers .
Réarrangeons-la en prenant un terme positif pour deux termes négatifs :
Regroupons les termes différemment pour le calcul :
.
En changeant l’ordre des termes, on a divisé la somme par deux.
Exemple 2 : Sommation par paquets d’une série convergente
Soit la série convergente de somme .
Regroupons les termes deux par deux :
.
La série converge bien vers la même somme .
Exemple 3 : Théorème de Fubini (extension à des séries doubles)
Le théorème de Fubini dit que pour une série double , si la somme des valeurs absolues converge (), alors on peut sommer dans n’importe quel ordre : par lignes, par colonnes, ou par diagonales, le résultat sera le même.
C’est une généralisation de la commutativité et de l’associativité pour les séries absolument convergentes.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Sommation par paquets d’une série divergente
Soit la série de Grandi : .
Les sommes partielles oscillent entre 1 et 0, la série diverge.
Faisons des paquets de deux termes : .
La série converge vers 0. La convergence de la série par paquets n’implique pas celle de la série initiale.
Contre-exemple 2 : Réarrangement d’une série à termes positifs
Soit la série convergente . Ses termes sont tous positifs, elle est donc absolument convergente. Quel que soit la permutation , la série convergera toujours vers la même somme, . Il n’est pas possible de changer la somme par réarrangement.
Concepts Connexes
- Semi-convergence : Le théorème de Riemann met en lumière la nature “fragile” des séries semi-convergentes.
- Intégrales multiples et Théorème de Fubini : L’interversion des sommes dans les séries doubles sous condition de convergence absolue est l’analogue discret du théorème de Fubini pour l’interversion des intégrales multiples.