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Rappels et notation - fiches de révision (B)

Expliquez la distinction fondamentale entre un "ensemble" et une "classe propre" dans le contexte de la théorie axiomatique des ensembles (ZFC), en utilisant le paradoxe de Russell.

Solution

En théorie axiomatique des ensembles, comme ZFC (Zermelo-Fraenkel avec l'axiome du choix), une classe est une collection d'objets partageant une propriété. Cependant, toutes les classes ne sont pas des ensembles. Celles qui sont "trop grandes" pour être des ensembles sont appelées classes propres.

La distinction est cruciale pour éviter les paradoxes de la théorie naïve des ensembles.

Paradoxe de Russell:

Considérons la "collection" de tous les ensembles qui ne se contiennent pas eux-mêmes. Notons cette collection RR.

R={xx est un ensemble et xx}R = \{x \mid x \text{ est un ensemble et } x \notin x\}

La question paradoxale est : RRR \in R ?

  1. Si RRR \in R, alors par la définition de RR, RR doit être un ensemble qui ne se contient pas lui-même, donc RRR \notin R. C'est une contradiction.
  2. Si RRR \notin R, alors RR est un ensemble qui ne se contient pas lui-même, ce qui correspond exactement à la condition d'appartenance à RR. Donc, RRR \in R. C'est aussi une contradiction.

Solution en ZFC:

Le paradoxe est résolu en postulant que RR n'est pas un ensemble. RR est une classe propre. Les axiomes de ZFC (notamment l'axiome de compréhension) sont formulés de telle manière qu'on ne peut pas construire de tels objets pathologiques comme des ensembles. Un ensemble ne peut être défini qu'en sélectionnant des éléments d'un autre ensemble déjà existant. Il n'est donc pas permis de parler de "l'ensemble de tous les ensembles".

En résumé :

  • Ensemble: Une collection qui est un "objet" légitime de la théorie ZFC. Un ensemble peut être un élément d'un autre ensemble.
  • Classe propre: Une collection trop "grande" pour être un ensemble (e.g., la classe de tous les ensembles, la classe de tous les ordinaux). Une classe propre ne peut pas être un élément d'une autre classe (ou d'un ensemble).

Fournissez une preuve combinatoire du théorème sur la cardinalité de l'ensemble des parties : si EE est un ensemble fini de cardinal E=n|E|=n, alors P(E)=2n|\mathcal{P}(E)|=2^n.

Solution

Théorème : Soit EE un ensemble fini tel que E=n|E| = n. Alors le cardinal de son ensemble des parties, P(E)\mathcal{P}(E), est P(E)=2n|\mathcal{P}(E)| = 2^n.

Preuve (par argument combinatoire) :

  1. Soit E={e1,e2,,en}E = \{e_1, e_2, \dots, e_n\} un ensemble de nn éléments distincts.

  2. Un sous-ensemble AA de EE (c'est-à-dire un élément AP(E)A \in \mathcal{P}(E)) est entièrement déterminé par le choix des éléments de EE qui lui appartiennent.

  3. Pour chaque élément eiEe_i \in E, il y a exactement deux possibilités concernant son appartenance à un sous-ensemble AA :

    • Soit eiAe_i \in A (l'élément est inclus dans le sous-ensemble).
    • Soit eiAe_i \notin A (l'élément n'est pas inclus).
  4. Le choix d'inclure ou non un élément eie_i est indépendant du choix pour tout autre élément eje_j (avec jij \neq i).

  5. Puisqu'il y a nn éléments dans EE, et pour chacun de ces éléments il y a 2 choix indépendants, le nombre total de façons de former un sous-ensemble est le produit du nombre de choix pour chaque élément.

  6. D'après le principe multiplicatif, le nombre total de sous-ensembles possibles est donc :

    2×2××2n fois=2n\underbrace{2 \times 2 \times \dots \times 2}_{n \text{ fois}} = 2^n

  7. Chaque sous-ensemble possible correspond à un unique élément de P(E)\mathcal{P}(E), et vice-versa. Par conséquent, P(E)=2n|\mathcal{P}(E)| = 2^n.

Exemple : Si E={a,b}E = \{a, b\}, les 22=42^2=4 sous-ensembles sont :

  • Choix : aA,bA    A=a \notin A, b \notin A \implies A = \emptyset
  • Choix : aA,bA    A={a}a \in A, b \notin A \implies A = \{a\}
  • Choix : aA,bA    A={b}a \notin A, b \in A \implies A = \{b\}
  • Choix : aA,bA    A={a,b}a \in A, b \in A \implies A = \{a, b\}

Soient f:EFf: E \to F et g:FGg: F \to G deux applications. Démontrez le Lemme 0.6 : si ff et gg sont toutes deux surjectives, alors l'application composée gf:EGg \circ f: E \to G est également surjective.

Solution

Énoncé : Si f:EFf: E \to F est surjective et g:FGg: F \to G est surjective, alors gf:EGg \circ f: E \to G est surjective.

Définition de la surjectivité : Une application h:ABh: A \to B est surjective si bB,aA\forall b \in B, \exists a \in A tel que h(a)=bh(a)=b.

Démonstration :

  1. Soit zz un élément quelconque de l'ensemble d'arrivée GG. Pour démontrer que gfg \circ f est surjective, nous devons trouver un élément xEx \in E tel que (gf)(x)=z(g \circ f)(x) = z.

  2. Puisque g:FGg: F \to G est surjective, pour cet élément zGz \in G, il existe (au moins) un antécédent yFy \in F tel que g(y)=zg(y) = z.

  3. Puisque f:EFf: E \to F est surjective, pour l'élément yFy \in F que nous venons de trouver, il existe (au moins) un antécédent xEx \in E tel que f(x)=yf(x) = y.

  4. Considérons maintenant l'image de cet élément xEx \in E par l'application composée gfg \circ f:

    (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x))

  5. En utilisant la relation f(x)=yf(x)=y de l'étape 3, nous pouvons substituer :

    g(f(x))=g(y)g(f(x)) = g(y)

  6. En utilisant la relation g(y)=zg(y)=z de l'étape 2, nous obtenons :

    g(y)=zg(y) = z

  7. Nous avons donc montré que (gf)(x)=z(g \circ f)(x) = z.

Puisque pour un zGz \in G arbitraire, nous avons réussi à construire un xEx \in E qui est son antécédent par gfg \circ f, nous concluons que l'application gfg \circ f est surjective.

Énoncez la proposition fondamentale liant les relations d'équivalence et les partitions, et expliquez son importance conceptuelle.

Solution

Proposition 0.12 (Correspondance entre relations d'équivalence et partitions)

  1. Si R\mathcal{R} est une relation d'équivalence sur un ensemble non vide EE, alors l'ensemble quotient E/RE/\mathcal{R} (l'ensemble de toutes les classes d'équivalence) forme une partition de EE.
  2. Réciproquement, si PP est une partition d'un ensemble non vide EE, il existe une unique relation d'équivalence R\mathcal{R} sur EE telle que l'ensemble quotient E/RE/\mathcal{R} est précisément PP.

Importance Conceptuelle :

Ce théorème établit une équivalence fondamentale entre deux concepts a priori distincts :

  • Une relation d'équivalence est une structure relationnelle qui définit une notion d'« identité » ou de « ressemblance » entre les éléments (via réflexivité, symétrie, transitivité).
  • Une partition est une structure ensembliste qui décompose un ensemble en sous-ensembles disjoints et exhaustifs.

Ce théorème montre que ces deux points de vue sont les deux faces de la même pièce. Toute manière de regrouper les éléments d'un ensemble en paquets disjoints (partition) définit implicitement une relation d'équivalence (être dans le même paquet), et toute relation d'équivalence induit naturellement un regroupement en paquets disjoints (les classes d'équivalence).

Cette correspondance est au cœur de la notion de quotient en mathématiques. Elle permet de construire de nouveaux objets mathématiques en "identifiant" des éléments qui sont considérés comme équivalents. Par exemple, la construction de Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} ou des nombres rationnels Q\mathbb{Q} repose entièrement sur ce principe.

Démontrez la première partie de la Proposition 0.12 : si R\mathcal{R} est une relation d'équivalence sur EE, alors l'ensemble quotient E/RE/\mathcal{R} est une partition de EE.

Solution

Pour démontrer que E/R={R[x]:xE}E/\mathcal{R} = \{\mathcal{R}[x] : x \in E\} est une partition de EE, nous devons vérifier les trois propriétés d'une partition :

  1. Les classes d'équivalence sont non vides (AE/R,A\forall A \in E/\mathcal{R}, A \neq \emptyset).

    Soit R[x]\mathcal{R}[x] une classe d'équivalence quelconque dans E/RE/\mathcal{R}. Par la propriété de réflexivité de R\mathcal{R}, nous avons xRxx\mathcal{R}x pour tout xEx \in E. Par définition de la classe d'équivalence R[x]={yE:xRy}\mathcal{R}[x] = \{y \in E : x\mathcal{R}y\}, cela implique que xR[x]x \in \mathcal{R}[x]. Ainsi, aucune classe d'équivalence n'est vide.

  2. L'union des classes d'équivalence recouvre EE (AE/RA=E\bigcup_{A \in E/\mathcal{R}} A = E).

    Nous avons déjà montré que pour tout xEx \in E, xR[x]x \in \mathcal{R}[x]. Comme chaque R[x]\mathcal{R}[x] est un sous-ensemble de EE, leur union est aussi un sous-ensemble de EE. Donc, xER[x]E\bigcup_{x \in E} \mathcal{R}[x] \subseteq E.

    Inversement, soit xx un élément quelconque de EE. Comme xR[x]x \in \mathcal{R}[x], xx appartient à l'union de toutes les classes d'équivalence. Donc, ExER[x]E \subseteq \bigcup_{x \in E} \mathcal{R}[x].

    Par double inclusion, nous concluons que xER[x]=E\bigcup_{x \in E} \mathcal{R}[x] = E.

  3. Deux classes d'équivalence distinctes sont disjointes (A,BE/R,(AB    AB=)\forall A, B \in E/\mathcal{R}, (A \neq B \implies A \cap B = \emptyset)).

    Ceci est équivalent à montrer que pour deux classes quelconques R[x]\mathcal{R}[x] et R[y]\mathcal{R}[y], soit elles sont identiques, soit elles sont disjointes.

    Supposons que l'intersection de R[x]\mathcal{R}[x] et R[y]\mathcal{R}[y] n'est pas vide. Soit zR[x]R[y]z \in \mathcal{R}[x] \cap \mathcal{R}[y].

    Par définition, cela signifie que xRzx\mathcal{R}z et yRzy\mathcal{R}z.

    Par symétrie, yRz    zRyy\mathcal{R}z \implies z\mathcal{R}y.

    Maintenant, nous avons xRzx\mathcal{R}z et zRyz\mathcal{R}y. Par transitivité, nous concluons que xRyx\mathcal{R}y.

    Montrons maintenant que cette condition xRyx\mathcal{R}y implique R[x]=R[y]\mathcal{R}[x] = \mathcal{R}[y].

    • Soit wR[y]w \in \mathcal{R}[y], ce qui signifie yRwy\mathcal{R}w. Puisque nous avons xRyx\mathcal{R}y, par transitivité, xRwx\mathcal{R}w. Donc, wR[x]w \in \mathcal{R}[x]. Cela prouve que R[y]R[x]\mathcal{R}[y] \subseteq \mathcal{R}[x].
    • De même, comme xRyx\mathcal{R}y, par symétrie yRxy\mathcal{R}x. Soit vR[x]v \in \mathcal{R}[x], ce qui signifie xRvx\mathcal{R}v. Puisque yRxy\mathcal{R}x, par transitivité, yRvy\mathcal{R}v. Donc, vR[y]v \in \mathcal{R}[y]. Cela prouve que R[x]R[y]\mathcal{R}[x] \subseteq \mathcal{R}[y].

    Par double inclusion, R[x]=R[y]\mathcal{R}[x] = \mathcal{R}[y].

    Nous avons donc montré que si deux classes ont une intersection non vide, elles sont identiques. Par contraposée, si deux classes sont distinctes, leur intersection est vide.

Les trois propriétés étant vérifiées, E/RE/\mathcal{R} est bien une partition de EE.

Dans un ensemble partiellement ordonné (E,)(E, \preceq), quelle est la différence entre un élément maximal de AEA \subseteq E et un plus grand élément de AA ? Fournissez un exemple où ils diffèrent.

Solution

Soit (E,)(E, \preceq) un ensemble partiellement ordonné et AEA \subseteq E.

  • Un plus grand élément de AA est un élément aAa \in A qui est comparable et supérieur ou égal à tous les autres éléments de AA. Formellement :

    aA est le plus grand eˊleˊment de A    xA,xaa \in A \text{ est le plus grand élément de } A \iff \forall x \in A, x \preceq a

    S'il existe, il est unique.

  • Un élément maximal de AA est un élément aAa \in A tel qu'aucun autre élément de AA n'est strictement plus grand que lui. Formellement :

    aA est un eˊleˊment maximal de A    ¬(xA,ax et ax)a \in A \text{ est un élément maximal de } A \iff \neg (\exists x \in A, a \preceq x \text{ et } a \neq x)

    Il peut y en avoir plusieurs.

Différence clé : Un plus grand élément doit être comparable à tous les autres éléments de l'ensemble. Un élément maximal n'a simplement aucun élément au-dessus de lui dans l'ensemble. Si l'ordre est total, les deux notions coïncident. Dans un ordre partiel, elles peuvent différer.

Exemple :

Considérons l'ensemble E=N={1,2,3,}E = \mathbb{N}^* = \{1, 2, 3, \dots\} muni de la relation de divisibilité |. C'est un ordre partiel. Soit le sous-ensemble A={2,3,4,5,6,7,10}A = \{2, 3, 4, 5, 6, 7, 10\}.

  • Éléments maximaux de A :

    • 44 est maximal car aucun autre élément de AA n'est un multiple de 4.
    • 66 est maximal car aucun autre élément de AA n'est un multiple de 6.
    • 77 est maximal car aucun autre élément de AA n'est un multiple de 7.
    • 1010 est maximal car aucun autre élément de AA n'est un multiple de 10.

    Les éléments maximaux sont donc {4,6,7,10}\{4, 6, 7, 10\}.

  • Plus grand élément de A :

    Il n'y a pas de plus grand élément. Pour qu'un élément soit le plus grand, il faudrait qu'il soit un multiple de tous les autres éléments de AA. Par exemple, pour être plus grand que 7 et 10, il faudrait être un multiple de 70, mais 70 n'est pas dans AA.

Cet exemple montre qu'un ensemble peut avoir plusieurs éléments maximaux sans avoir de plus grand élément.

Énoncez le Lemme de Zorn et décrivez brièvement son rôle en mathématiques, notamment en relation avec les relations d'ordre.

Solution

Énoncé du Lemme de Zorn :

Soit (E,)(E, \preceq) un ensemble non vide partiellement ordonné. Si toute chaîne (c'est-à-dire tout sous-ensemble totalement ordonné) de EE admet un majorant dans EE, alors EE possède au moins un élément maximal.

Terminologie :

  • Chaîne : Un sous-ensemble CEC \subseteq E tel que pour tous x,yCx, y \in C, on a xyx \preceq y ou yxy \preceq x.
  • Majorant d'une chaîne CC : Un élément mEm \in E tel que cC,cm\forall c \in C, c \preceq m.

Rôle et Importance :

Le Lemme de Zorn est un axiome puissant, équivalent à l'Axiome du Choix et au Théorème de Zermelo (principe du bon ordre) dans le cadre de la théorie des ensembles ZF. Il n'est pas démontrable à partir des autres axiomes de ZF.

Son principal intérêt est de servir d'outil de preuve non constructif. Il garantit l'existence d'objets mathématiques sans pour autant fournir une méthode pour les construire explicitement.

Son application typique concerne les ensembles infinis. Il est utilisé pour prouver des théorèmes fondamentaux dans de nombreux domaines :

  1. Algèbre Linéaire : Existence d'une base pour tout espace vectoriel (y compris de dimension infinie). On considère l'ensemble des familles libres, ordonné par l'inclusion. Toute chaîne de familles libres a un majorant (leur union), donc il existe une famille libre maximale, qui est une base.
  2. Algèbre Commutative : Existence d'un idéal maximal dans tout anneau unitaire non trivial (Théorème de Krull).
  3. Analyse Fonctionnelle : Le Théorème de Hahn-Banach, qui traite de l'extension de formes linéaires.
  4. Topologie : Le Théorème de Tychonoff, qui stipule que tout produit d'espaces compacts est compact.

En bref, le Lemme de Zorn est un principe d'existence maximaliste essentiel pour de nombreuses branches des mathématiques modernes traitant de structures infinies.

Démontrez le principe de récurrence faible en utilisant l'axiome du bon ordre sur N\mathbb{N}.

Solution

Théorème (Principe de récurrence faible) : Soit P(n)P(n) une proposition sur les entiers nNn \in \mathbb{N}. Si :

  1. Base : P(0)P(0) est vraie.
  2. Hérédité : nN,(P(n)    P(n+1))\forall n \in \mathbb{N}, (P(n) \implies P(n+1)).

Alors P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Axiome du bon ordre : Toute partie non vide de N\mathbb{N} possède un plus petit élément.

Démonstration (par l'absurde) :

  1. Supposons que la conclusion est fausse. C'est-à-dire, supposons qu'il existe au moins un entier naturel pour lequel la proposition P(n)P(n) est fausse.

  2. Considérons l'ensemble EE de tous les entiers naturels pour lesquels P(n)P(n) est fausse :

    E={nN¬P(n)}E = \{n \in \mathbb{N} \mid \neg P(n)\}

    D'après notre supposition, l'ensemble EE n'est pas vide (EE \neq \emptyset).

  3. Puisque EE est une partie non vide de N\mathbb{N}, en vertu de l'axiome du bon ordre, EE doit posséder un plus petit élément. Appelons cet élément n0n_0.

    n0=min(E)n_0 = \min(E)

  4. Analysons la valeur de n0n_0.

    • Par l'hypothèse de base (1), P(0)P(0) est vraie. Cela signifie que 0E0 \notin E.
    • Puisque n0En_0 \in E, on a nécessairement n00n_0 \neq 0, et donc n0>0n_0 > 0.
  5. Puisque n0>0n_0 > 0, l'entier n01n_0 - 1 est un entier naturel (n01Nn_0 - 1 \in \mathbb{N}).

  6. Comme n0n_0 est le plus petit élément de EE, et que n01<n0n_0 - 1 < n_0, il s'ensuit que n01n_0 - 1 ne peut pas appartenir à EE.

    n01En_0 - 1 \notin E

    Par définition de EE, cela signifie que la proposition P(n01)P(n_0 - 1) est vraie.

  7. Maintenant, utilisons l'hypothèse d'hérédité (2). Elle stipule que pour tout nNn \in \mathbb{N}, si P(n)P(n) est vraie, alors P(n+1)P(n+1) est vraie. Appliquons-la pour n=n01n = n_0 - 1.

    Puisque nous savons que P(n01)P(n_0 - 1) est vraie, l'implication P(n01)    P((n01)+1)P(n_0-1) \implies P((n_0-1)+1) nous force à conclure que P(n0)P(n_0) est vraie.

  8. Nous avons atteint une contradiction.

    • D'une part, n0En_0 \in E, ce qui signifie par définition que P(n0)P(n_0) est fausse.
    • D'autre part, nous venons de déduire que P(n0)P(n_0) est vraie.
  9. Cette contradiction provient de notre supposition initiale que l'ensemble EE était non vide. Par conséquent, cette supposition doit être fausse.

    L'ensemble EE est vide, ce qui signifie qu'il n'existe aucun entier nn pour lequel P(n)P(n) est fausse. Autrement dit, P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Démontrez la partie "existence" du Théorème Fondamental de l'Arithmétique en utilisant le principe de récurrence forte : tout entier n2n \ge 2 est un produit de nombres premiers.

Solution

Théorème (Existence de la décomposition en facteurs premiers) : Tout entier n2n \ge 2 peut s'écrire comme un produit d'un ou plusieurs nombres premiers.

Preuve par récurrence forte :

Soit P(n)P(n) la proposition : "nn est un produit de nombres premiers". Nous voulons montrer que P(n)P(n) est vraie pour tout n2n \ge 2.

  1. Base(s) de la récurrence :

    Le cas de base est n=2n=2. L'entier 22 est un nombre premier. Il peut donc être considéré comme un "produit" d'un seul nombre premier. Ainsi, P(2)P(2) est vraie.

  2. Hérédité forte :

    Soit un entier k2k \ge 2. L'hypothèse de récurrence forte (HR) est de supposer que la proposition P(j)P(j) est vraie pour tout entier jj tel que 2jk2 \le j \le k.

    (HR): j{2,3,,k},P(j) est vraie.\text{(HR): } \forall j \in \{2, 3, \dots, k\}, P(j) \text{ est vraie.}

    Nous devons montrer, sous cette hypothèse, que P(k+1)P(k+1) est vraie.

    Considérons l'entier k+1k+1. Il y a deux cas possibles :

    • Cas 1 : k+1k+1 est un nombre premier.

      Dans ce cas, k+1k+1 est lui-même un produit d'un seul nombre premier. La proposition P(k+1)P(k+1) est donc vraie.

    • Cas 2 : k+1k+1 est un nombre composé.

      Par définition d'un nombre composé, il existe deux entiers aa et bb tels que :

      k+1=a×bk+1 = a \times b

      avec 2ak2 \le a \le k et 2bk2 \le b \le k.

      Puisque aa et bb sont tous deux dans l'intervalle [2,k][2, k], l'hypothèse de récurrence forte (HR) s'applique à eux.

      • P(a)P(a) est vraie : aa est un produit de nombres premiers (a=p1p2pra = p_1 \cdot p_2 \cdots p_r).
      • P(b)P(b) est vraie : bb est un produit de nombres premiers (b=q1q2qsb = q_1 \cdot q_2 \cdots q_s).

      Par conséquent, leur produit k+1k+1 peut s'écrire :

      k+1=ab=(p1p2pr)(q1q2qs)k+1 = a \cdot b = (p_1 \cdot p_2 \cdots p_r) \cdot (q_1 \cdot q_2 \cdots q_s)

      Cette expression est un produit de nombres premiers. La proposition P(k+1)P(k+1) est donc également vraie dans ce cas.

Dans les deux cas, nous avons montré que (j{2,,k},P(j))    P(k+1)(\forall j \in \{2, \dots, k\}, P(j)) \implies P(k+1).

Conclusion :

Par le principe de récurrence forte, la proposition P(n)P(n) est vraie pour tout entier n2n \ge 2.

Comment l'ensemble des nombres rationnels Q\mathbb{Q} est-il formellement construit comme un ensemble quotient ? Précisez l'ensemble de départ, la relation d'équivalence, et la signification des classes d'équivalence.

Solution

La construction formelle de Q\mathbb{Q} à partir de Z\mathbb{Z} est un exemple paradigmatique de l'utilisation des relations d'équivalence pour définir de nouvelles structures mathématiques.

1. Ensemble de départ :

On part de l'ensemble des couples d'entiers où le second élément est non nul. Cet ensemble représente toutes les fractions possibles, y compris les formes non simplifiées.

E=Z×(Z{0})={(a,b)aZ,bZ}E = \mathbb{Z} \times (\mathbb{Z} \setminus \{0\}) = \{(a, b) \mid a \in \mathbb{Z}, b \in \mathbb{Z}^*\}

Un couple (a,b)(a,b) est interprété comme la fraction ab\frac{a}{b}.

2. Relation d'équivalence :

On définit une relation R\mathcal{R} sur EE pour identifier les fractions qui représentent le même nombre. Deux fractions ab\frac{a}{b} et cd\frac{c}{d} sont égales si et seulement si ad=bcad=bc. La relation est donc :

(a,b)R(c,d)    ad=bc(a, b) \mathcal{R} (c, d) \iff ad = bc

Il faut vérifier que R\mathcal{R} est bien une relation d'équivalence :

  • Réflexivité : (a,b)R(a,b)(a, b) \mathcal{R} (a, b) car ab=baab = ba. C'est vrai.

  • Symétrie : Si (a,b)R(c,d)(a, b) \mathcal{R} (c, d), alors ad=bcad = bc. Ceci implique cb=dacb = da, donc (c,d)R(a,b)(c, d) \mathcal{R} (a, b). C'est vrai.

  • Transitivité : Supposons (a,b)R(c,d)(a, b) \mathcal{R} (c, d) et (c,d)R(e,f)(c, d) \mathcal{R} (e, f).

    • ad=bc(1)ad = bc \quad (1)
    • cf=de(2)cf = de \quad (2)

    On veut montrer (a,b)R(e,f)(a, b) \mathcal{R} (e, f), i.e., af=beaf = be.

    Multiplions (1) par ff : adf=bcfadf = bcf.

    Multiplions (2) par bb : bcf=bdebcf = bde.

    Donc, adf=bdeadf = bde. Comme dZd \in \mathbb{Z}^*, d0d \neq 0, on peut simplifier par dd pour obtenir af=beaf = be. C'est vrai.

3. Ensemble quotient et signification :

L'ensemble des nombres rationnels Q\mathbb{Q} est défini comme l'ensemble quotient de EE par la relation R\mathcal{R}.

Q:=E/R={R[(a,b)](a,b)E}\mathbb{Q} := E/\mathcal{R} = \{\mathcal{R}[(a, b)] \mid (a, b) \in E\}

  • Classe d'équivalence : Chaque classe d'équivalence est un nombre rationnel. La classe du couple (a,b)(a,b), notée R[(a,b)]\mathcal{R}[(a,b)] ou plus communément ab\frac{a}{b}, est l'ensemble de toutes les fractions équivalentes :

R[(1,2)]={(1,2),(2,4),(1,2),(5,10),}\mathcal{R}[(1, 2)] = \{(1, 2), (2, 4), (-1, -2), (5, 10), \dots \}

Cette classe représente le nombre rationnel "un demi".

Les opérations d'addition et de multiplication sur Q\mathbb{Q} sont ensuite définies sur ces classes d'équivalence, en vérifiant qu'elles sont bien définies (c'est-à-dire que le résultat ne dépend pas du choix du représentant de la classe).