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Rappels et notation (B)


Concept 1: Ensembles et Opérations Ensemblistes

Prérequis

  • Logique propositionnelle (prédicats, quantificateurs ,\forall, \exists, connecteurs logiques \et,\ou,    \et, \ou, \implies).
  • Notion intuitive de collection d’objets.

Définition

Un ensemble est une collection d’objets distincts, appelés éléments, sans notion d’ordre ou de répétition. Cette définition, issue de la théorie naïve des ensembles, est suffisante pour la plupart des applications mais peut conduire à des paradoxes (e.g., le paradoxe de Russell). Le cadre formel est celui de la théorie axiomatique des ensembles, typiquement Zermelo-Fraenkel avec l’axiome du choix (ZFC).

  • Appartenance: xEx \in E signifie que xx est un élément de l’ensemble EE.
  • Égalité: Deux ensembles AA et BB sont égaux, noté A=BA=B, si et seulement si ils ont les mêmes éléments: x,(xA    xB)\forall x, (x \in A \iff x \in B).
  • Inclusion: AA est un sous-ensemble (ou une partie) de BB, noté ABA \subseteq B, si tout élément de AA est aussi un élément de BB: x,(xA    xB)\forall x, (x \in A \implies x \in B).
  • Ensemble vide: L’unique ensemble ne contenant aucun élément est noté \emptyset.
  • Ensemble des parties (Power Set): L’ensemble de tous les sous-ensembles de EE, noté P(E)\mathcal{P}(E). Formellement, P(E)={A:AE}\mathcal{P}(E) = \{A : A \subseteq E\}.

Soient AA et BB deux sous-ensembles d’un ensemble de référence EE.

  • Union: AB={xE:xA ou xB}A \cup B = \{x \in E : x \in A \text{ ou } x \in B\}.
  • Intersection: AB={xE:xA et xB}A \cap B = \{x \in E : x \in A \text{ et } x \in B\}.
  • Différence: AB={xE:xA et xB}A \setminus B = \{x \in E : x \in A \text{ et } x \notin B\}.
  • Complémentaire: Le complémentaire de AA dans EE est Aˉ=EA={xE:xA}\bar{A} = E \setminus A = \{x \in E : x \notin A\}.
  • Produit Cartésien: A×B={(a,b):aA,bB}A \times B = \{(a, b) : a \in A, b \in B\}. Les éléments sont des couples ordonnés. Plus généralement, i=1nAi={(a1,,an):i[1,n],aiAi}\prod_{i=1}^n A_i = \{(a_1, \dots, a_n) : \forall i \in [1,n], a_i \in A_i\}.

Propriétés Clés

  • Associativité: A(BC)=(AB)CA \cup (B \cup C) = (A \cup B) \cup C et A(BC)=(AB)CA \cap (B \cap C) = (A \cap B) \cap C.

  • Commutativité: AB=BAA \cup B = B \cup A et AB=BAA \cap B = B \cap A.

  • Distributivité:

    • A(BC)=(AB)(AC)A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)
    • A(BC)=(AB)(AC)A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C)
  • Lois de De Morgan:

    • AB=AˉBˉ\overline{A \cup B} = \bar{A} \cap \bar{B}
    • AB=AˉBˉ\overline{A \cap B} = \bar{A} \cup \bar{B}
  • Cardinalité de l’ensemble des parties: Si EE est un ensemble fini de cardinal E=n|E|=n, alors P(E)=2n|\mathcal{P}(E)|=2^n.

    Preuve: Un sous-ensemble de EE est déterminé par le choix, pour chaque élément de EE, de l’inclure ou non. Il y a 2 choix pour chacun des nn éléments. Par le principe multiplicatif, il y a 2n2^n sous-ensembles possibles.

Exemples

Exemple 1

Soit E={1,2,3}E = \{1, 2, 3\}. L’ensemble des parties de EE est :

P(E)={,{1},{2},{3},{1,2},{1,3},{2,3},{1,2,3}}\mathcal{P}(E) = \{\emptyset, \{1\}, \{2\}, \{3\}, \{1, 2\}, \{1, 3\}, \{2, 3\}, \{1, 2, 3\}\}

On a bien P(E)=8=23|\mathcal{P}(E)| = 8 = 2^3.

Exemple 2

Soient A={nZ:2 divise n}A = \{n \in \mathbb{Z} : 2 \text{ divise } n\} (les entiers pairs) et B={nZ:3 divise n}B = \{n \in \mathbb{Z} : 3 \text{ divise } n\} (les multiples de 3).

  • AB={nZ:6 divise n}A \cap B = \{n \in \mathbb{Z} : 6 \text{ divise } n\}
  • AB={nZ:2 divise n ou 3 divise n}A \cup B = \{n \in \mathbb{Z} : 2 \text{ divise } n \text{ ou } 3 \text{ divise } n\}
  • AB={nZ:n est pair et non multiple de 3}A \setminus B = \{n \in \mathbb{Z} : n \text{ est pair et non multiple de 3}\}

Exemple 3

Le produit cartésien R×R=R2\mathbb{R} \times \mathbb{R} = \mathbb{R}^2 est l’ensemble des coordonnées des points du plan euclidien. Le produit R×[0,1]\mathbb{R} \times [0, 1] est une bande infinie.

Contre-exemples

  • Multiensemble vs. Ensemble: Le multiensemble {a,a,b}\{a, a, b\} n’est pas l’ensemble {a,b}\{a, b\}. En théorie des ensembles, {a,a,b}={a,b}\{a, a, b\} = \{a, b\}.
  • Couple vs. Paire: Le couple (a,b)(a, b) est un objet ordonné. La paire {a,b}\{a, b\} est un ensemble non ordonné. Ainsi, (a,b)=(b,a)    a=b(a, b) = (b, a) \iff a=b, tandis que {a,b}={b,a}\{a, b\} = \{b, a\} est toujours vrai.
  • Classe vs. Ensemble: En ZFC, la “collection de tous les ensembles”, notée U\mathcal{U}, n’est pas un ensemble (c’est une classe propre), car supposer que c’en est un mène au paradoxe de Russell. Si U\mathcal{U} était un ensemble, alors P(U)U\mathcal{P}(\mathcal{U}) \subseteq \mathcal{U}. Mais le théorème de Cantor implique que P(U)>U|\mathcal{P}(\mathcal{U})| > |\mathcal{U}|, une contradiction.

Concepts Connexes

  • Cardinalité: Théorie de la taille des ensembles (finis et infinis).
  • Théorie axiomatique des ensembles (ZFC): Fondation formelle des mathématiques pour éviter les paradoxes de la théorie naïve.
  • Catégorie des ensembles (Set): Une catégorie où les objets sont des ensembles et les morphismes sont des applications.

Applications

  • Fondations des mathématiques: Presque toutes les structures mathématiques (groupes, espaces topologiques, etc.) sont définies en termes d’ensembles.
  • Informatique théorique: Les langages formels sont des ensembles de chaînes de caractères.
  • Bases de données relationnelles: Les tables sont des ensembles de n-uplets, et les opérations (jointures, sélections) sont basées sur la théorie des ensembles.

Concept 2: Applications (Fonctions)

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles et Opérations Ensemblistes (en particulier, le produit cartésien).

Définition

Une application (ou fonction) ff d’un ensemble de départ EE vers un ensemble d’arrivée FF est un triplet f=(E,F,G)f = (E, F, \mathcal{G})G\mathcal{G} est un sous-ensemble de E×FE \times F, appelé le graphe de ff, satisfaisant la condition suivante:

xE,!yF tel que (x,y)G\forall x \in E, \exists! y \in F \text{ tel que } (x, y) \in \mathcal{G}

L’unique yy associé à xx est noté f(x)f(x). On note f:EFf: E \to F.

  • Image (directe) d’une partie AEA \subseteq E: f(A)={f(x):xA}Ff(A) = \{f(x) : x \in A\} \subseteq F.
  • Image réciproque d’une partie BFB \subseteq F: f1(B)={xE:f(x)B}Ef^{-1}(B) = \{x \in E : f(x) \in B\} \subseteq E.

Une application f:EFf: E \to F est dite:

  • Injective si tout élément de l’ensemble d’arrivée a au plus un antécédent:

    x1,x2E,(f(x1)=f(x2)    x1=x2)\forall x_1, x_2 \in E, (f(x_1) = f(x_2) \implies x_1 = x_2)

  • Surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée a au moins un antécédent:

    yF,xE,f(x)=y\forall y \in F, \exists x \in E, f(x) = y

  • Bijective si elle est à la fois injective et surjective. Cela équivaut à:

    yF,!xE,f(x)=y\forall y \in F, \exists! x \in E, f(x) = y

Propriétés Clés

  • Composition: Soient f:EFf: E \to F et g:FGg: F \to G. L’application composée gf:EGg \circ f: E \to G est définie par (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)). La composition est associative.

  • Stabilité des propriétés par composition (Lemme 0.6):

    • Si ff et gg sont injectives, alors gfg \circ f est injective.

      Preuve: Soient x1,x2Ex_1, x_2 \in E tels que (gf)(x1)=(gf)(x2)(g \circ f)(x_1) = (g \circ f)(x_2). Alors g(f(x1))=g(f(x2))g(f(x_1)) = g(f(x_2)). Par injectivité de gg, f(x1)=f(x2)f(x_1) = f(x_2). Par injectivité de ff, x1=x2x_1 = x_2.

    • Si ff et gg sont surjectives, alors gfg \circ f est surjective.

      Preuve: Soit zGz \in G. Par surjectivité de gg, yF,g(y)=z\exists y \in F, g(y) = z. Par surjectivité de ff, xE,f(x)=y\exists x \in E, f(x)=y. Donc, (gf)(x)=g(f(x))=g(y)=z(g \circ f)(x) = g(f(x)) = g(y) = z.

  • Application inverse: Une application f:EFf: E \to F est bijective si et seulement si il existe une application f1:FEf^{-1}: F \to E (appelée application inverse ou réciproque) telle que f1f=idEf^{-1} \circ f = id_E et ff1=idFf \circ f^{-1} = id_F. L’application f1f^{-1} est alors unique et bijective.

Exemples

Exemple 1

Soit f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=x2f(x) = x^2.

  • ff n’est pas injective car f(1)=f(1)=1f(-1) = f(1) = 1.
  • ff n’est pas surjective car f(R)=[0,+)Rf(\mathbb{R}) = [0, +\infty) \neq \mathbb{R}.

L’image réciproque de B=[1,4]B = [1, 4] est f1([1,4])=[2,1][1,2]f^{-1}([1, 4]) = [-2, -1] \cup [1, 2].

Exemple 2

Soit g:R[0,+)g: \mathbb{R} \to [0, +\infty) définie par g(x)=x2g(x) = x^2.

  • gg n’est pas injective (même raison que ff).
  • gg est surjective car pour tout y[0,+)y \in [0, +\infty), x=yx=\sqrt{y} est un antécédent.

Exemple 3

L’application h:NZh: \mathbb{N} \to \mathbb{Z} définie par h(n)={n/2si n est pair(n+1)/2si n est impairh(n) = \begin{cases} n/2 & \text{si } n \text{ est pair} \\ -(n+1)/2 & \text{si } n \text{ est impair} \end{cases} est une bijection.

Elle énumère Z\mathbb{Z} comme suit: 0,1,1,2,2,3,3,0, -1, 1, -2, 2, -3, 3, \dots

Contre-exemples

  • Relation non fonctionnelle: Soit RR×R\mathcal{R} \subseteq \mathbb{R} \times \mathbb{R} définie par x2+y2=1x^2 + y^2 = 1 (le cercle unité). Ce n’est pas le graphe d’une fonction f:[1,1]Rf: [-1,1] \to \mathbb{R} car pour x=0x=0, il existe deux valeurs de yy (11 et 1-1).
  • Image réciproque vs. Application inverse: Le symbole f1f^{-1} dans f1(B)f^{-1}(B) dénote toujours l’image réciproque, même si ff n’est pas bijective. L’application inverse f1:FEf^{-1}: F \to E n’existe que si ff est bijective. Pour f(x)=x2f(x)=x^2, f1({4})={2,2}f^{-1}(\{4\}) = \{-2, 2\}, mais il n’y a pas d’application f1f^{-1}.

Concepts Connexes

  • Isomorphismes: Dans de nombreuses structures algébriques (groupes, anneaux, espaces vectoriels), une bijection qui préserve la structure est appelée isomorphisme. Elle établit une équivalence structurelle.
  • Homéomorphismes: En topologie, une bijection continue dont l’inverse est continue.
  • Cardinalité: Deux ensembles sont dits équipotents (ont le même cardinal) s’il existe une bijection entre eux.
  • Morphismes (Théorie des catégories): Les applications sont les morphismes dans la catégorie des ensembles (Set).

Applications

  • Cryptographie: Les fonctions de hachage et les chiffrements par bloc reposent sur des fonctions complexes (souvent des permutations de grands ensembles finis).
  • Analyse: L’étude des fonctions (continuité, dérivabilité, intégrabilité) est centrale.
  • Informatique: Toute fonction pure en programmation est une implémentation d’une application mathématique.

Concept 3: Relations d’Équivalence et Partitions

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles (en particulier, produit cartésien et ensemble des parties).
  • Logique des prédicats.

Définition

Une relation binaire R\mathcal{R} sur un ensemble EE est un sous-ensemble de E×EE \times E. On note xRyx\mathcal{R}y pour (x,y)R(x, y) \in \mathcal{R}.

Une relation binaire R\mathcal{R} sur EE est une relation d’équivalence si elle est:

  1. Réflexive: xE,xRx\forall x \in E, x\mathcal{R}x.
  2. Symétrique: x,yE,(xRy    yRx)\forall x, y \in E, (x\mathcal{R}y \implies y\mathcal{R}x).
  3. Transitive: x,y,zE,(xRy et yRz    xRz)\forall x, y, z \in E, (x\mathcal{R}y \text{ et } y\mathcal{R}z \implies x\mathcal{R}z).

Soit R\mathcal{R} une relation d’équivalence sur EE.

  • La classe d’équivalence de xEx \in E est l’ensemble R[x]={yE:xRy}\mathcal{R}[x] = \{y \in E : x\mathcal{R}y\}.
  • L’ensemble quotient de EE par R\mathcal{R} est l’ensemble des classes d’équivalence: E/R={R[x]:xE}E/\mathcal{R} = \{\mathcal{R}[x] : x \in E\}.

Une partition de EE est un sous-ensemble PP(E)P \subseteq \mathcal{P}(E) tel que:

  1. Les éléments de PP sont non vides: AP,A\forall A \in P, A \neq \emptyset.
  2. Les éléments de PP sont deux à deux disjoints: A,BP,(AB    AB=)\forall A, B \in P, (A \neq B \implies A \cap B = \emptyset).
  3. L’union des éléments de PP recouvre EE: APA=E\bigcup_{A \in P} A = E.

Propriétés Clés

Proposition 0.12 (Correspondance entre relations d’équivalence et partitions).

  1. Si R\mathcal{R} est une relation d’équivalence sur EE, alors l’ensemble quotient E/RE/\mathcal{R} est une partition de EE.
  2. Réciproquement, si PP est une partition de EE, il existe une unique relation d’équivalence R\mathcal{R} sur EE telle que E/R=PE/\mathcal{R} = P.

Démonstration (Esquisse).

  1. Pour tout xEx \in E, xR[x]x \in \mathcal{R}[x] (par réflexivité), donc les classes sont non vides et leur union est EE. Il faut montrer qu’elles sont disjointes ou identiques. Soient R[x]\mathcal{R}[x] et R[y]\mathcal{R}[y] deux classes. Si leur intersection est non vide, soit zR[x]R[y]z \in \mathcal{R}[x] \cap \mathcal{R}[y]. Alors xRzx\mathcal{R}z et yRzy\mathcal{R}z. Par symétrie, zRyz\mathcal{R}y. Par transitivité, xRyx\mathcal{R}y. Montrons que R[x]=R[y]\mathcal{R}[x] = \mathcal{R}[y]. Soit wR[y]w \in \mathcal{R}[y], donc yRwy\mathcal{R}w. Comme xRyx\mathcal{R}y, par transitivité xRwx\mathcal{R}w, donc wR[x]w \in \mathcal{R}[x]. Ainsi R[y]R[x]\mathcal{R}[y] \subseteq \mathcal{R}[x]. L’inclusion inverse se montre de même.
  2. Étant donné une partition PP, on définit xRy    AP,{x,y}Ax\mathcal{R}y \iff \exists A \in P, \{x, y\} \subseteq A. La vérification des axiomes (réflexivité, symétrie, transitivité) est directe à partir des propriétés d’une partition. L’unicité est également claire.

Exemples

Exemple 1: Congruence modulo n

Sur Z\mathbb{Z}, la relation xy(modn)x \equiv y \pmod{n} est définie par n divise (xy)n \text{ divise } (x-y). C’est une relation d’équivalence.

Les classes d’équivalence sont les ensembles de la forme kˉ={k+qn:qZ}\bar{k} = \{k + qn : q \in \mathbb{Z}\}.

L’ensemble quotient est Z/nZ={0ˉ,1ˉ,,n1}\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} = \{\bar{0}, \bar{1}, \dots, \overline{n-1}\}, qui est l’ensemble des entiers modulo nn.

Exemple 2: Construction de Q\mathbb{Q}

Sur l’ensemble E=Z×(Z{0})E = \mathbb{Z} \times (\mathbb{Z} \setminus \{0\}), on définit la relation (a,b)R(c,d)    ad=bc(a, b)\mathcal{R}(c, d) \iff ad = bc. C’est une relation d’équivalence.

La classe d’équivalence de (a,b)(a,b) représente le nombre rationnel a/ba/b.

L’ensemble quotient E/RE/\mathcal{R} est l’ensemble Q\mathbb{Q} des nombres rationnels.

Exemple 3: Noyau d’une application

Soit f:EFf: E \to F une application. La relation sur EE définie par xRy    f(x)=f(y)x\mathcal{R}y \iff f(x) = f(y) est une relation d’équivalence.

Les classes d’équivalence sont les images réciproques des singletons de l’image de ff, i.e., les ensembles non vides de la forme f1({y})f^{-1}(\{y\}), appelés les fibres de ff.

Contre-exemples

  • Relation non transitive: Sur R\mathbb{R}, soit xRy    xy1x\mathcal{R}y \iff |x-y| \le 1. R\mathcal{R} est réflexive et symétrique, mais pas transitive. Par exemple, 1R21\mathcal{R}2 et 2R32\mathcal{R}3, mais on n’a pas 1R31\mathcal{R}3 car 13=2>1|1-3|=2 > 1.
  • Relation d’ordre: La relation \le sur N\mathbb{N} est réflexive et transitive, mais antisymétrique, pas symétrique. Ce n’est pas une relation d’équivalence.

Concepts Connexes

  • Structures quotient: En algèbre, on quotiente des groupes, anneaux, espaces vectoriels par des sous-structures compatibles (sous-groupes normaux, idéaux, sous-espaces) pour créer de nouvelles structures.
  • Premier théorème d’isomorphisme: Pour de nombreuses structures algébriques, si f:ABf: A \to B est un homomorphisme, alors A/ker(f)im(f)A/\ker(f) \cong \text{im}(f).
  • Espace quotient en topologie: Une topologie peut être définie sur un ensemble quotient à partir de celle de l’ensemble de départ.

Applications

  • Classification: Les relations d’équivalence sont l’outil mathématique pour classer des objets selon un critère donné. Les classes d’équivalence sont les catégories de la classification.
  • Construction d’objets mathématiques: Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}, Q\mathbb{Q}, R\mathbb{R} (via les suites de Cauchy), et bien d’autres objets sont formellement construits comme des ensembles quotients.

Concept 4: Relations d’Ordre

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles.
  • Logique des prédicats.

Définition

Une relation binaire \preceq sur un ensemble EE est une relation d’ordre (partiel) si elle est:

  1. Réflexive: xE,xx\forall x \in E, x \preceq x.
  2. Antisymétrique: x,yE,(xy et yx    x=y)\forall x, y \in E, (x \preceq y \text{ et } y \preceq x \implies x = y).
  3. Transitive: x,y,zE,(xy et yz    xz)\forall x, y, z \in E, (x \preceq y \text{ et } y \preceq z \implies x \preceq z).

Un ensemble EE muni d’une relation d’ordre, noté (E,)(E, \preceq), est un ensemble partiellement ordonné (poset).

L’ordre est dit total si deux éléments sont toujours comparables: x,yE,(xy ou yx)\forall x, y \in E, (x \preceq y \text{ ou } y \preceq x).

Soit (E,)(E, \preceq) un ensemble partiellement ordonné et AEA \subseteq E.

  • mEm \in E est un majorant de AA si xA,xm\forall x \in A, x \preceq m.
  • aAa \in A est un plus grand élément de AA s’il est un majorant de AA (xA,xa \forall x \in A, x \preceq a). S’il existe, il est unique.
  • aAa \in A est un élément maximal de AA si aucun autre élément de AA n’est plus grand que lui: ¬(xA,ax et ax)\neg (\exists x \in A, a \preceq x \text{ et } a \neq x).

Les notions de minorant, plus petit élément et élément minimal sont définies dualement.

Propriétés Clés

  • Unicité: Le plus grand (ou plus petit) élément d’un ensemble, s’il existe, est unique.

    Preuve: Soient aa et bb deux plus grands éléments de AA. Par définition, aba \preceq b (car bAb \in A et aa est un plus grand élément) et bab \preceq a (car aAa \in A et bb est un plus grand élément). Par antisymétrie, a=ba=b.

  • Élément maximal vs. Plus grand élément: Un plus grand élément est toujours maximal. La réciproque n’est vraie que si l’ordre est total. Dans un ordre partiel, il peut y avoir plusieurs éléments maximaux, et aucun plus grand élément.

Exemples

Exemple 1: Ordre usuel sur R\mathbb{R}

(R,)(\mathbb{R}, \le) est un ensemble totalement ordonné. Tout sous-ensemble fini non vide a un plus grand et un plus petit élément. L’intervalle (0,1)(0, 1) n’a ni plus grand ni plus petit élément dans R\mathbb{R}, mais il a une borne supérieure (1) et inférieure (0).

Exemple 2: Ordre de divisibilité sur N\mathbb{N}^*

Sur N=N{0}\mathbb{N}^* = \mathbb{N} \setminus \{0\}, la relation aba|b (a divise b) est une relation d’ordre partiel.

  • Réflexive: aaa|a.
  • Antisymétrique: Si aba|b et bab|a, alors k,lN\exists k, l \in \mathbb{N}^* tels que b=akb=ak et a=bla=bl. Donc a=akla=akl, d’où kl=1kl=1. Comme k,lNk,l \in \mathbb{N}^*, k=l=1k=l=1 et a=ba=b.
  • Transitive: Si aba|b et bcb|c, alors b=ak1b=ak_1 et c=bk2c=bk_2, donc c=a(k1k2)c=a(k_1k_2), donc aca|c.

Cet ordre n’est pas total: 22 ne divise pas 33 et 33 ne divise pas 22. Dans l’ensemble {1,2,3,4,5,6}\{1, 2, 3, 4, 5, 6\}, les éléments maximaux sont 4,5,64, 5, 6. Il n’y a pas de plus grand élément.

Exemple 3: Ordre d’inclusion sur P(X)\mathcal{P}(X)

Soit XX un ensemble. (P(X),)(\mathcal{P}(X), \subseteq) est un ensemble partiellement ordonné.

Le plus petit élément est \emptyset et le plus grand élément est XX.

Cet ordre n’est pas total dès que X2|X| \ge 2. Si X={a,b}X=\{a,b\}, les ensembles {a}\{a\} et {b}\{b\} ne sont pas comparables.

Contre-exemples

  • Préordre: La relation R\mathcal{R} sur l’ensemble des fonctions f:NNf: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par fRg    f=O(g)f \mathcal{R} g \iff f = O(g) est réflexive et transitive, mais pas antisymétrique (e.g., f(n)=nf(n)=n et g(n)=2ng(n)=2n vérifient f=O(g)f=O(g) et g=O(f)g=O(f) mais fgf \neq g). C’est un préordre.
  • Relation d’équivalence: L’égalité sur N\mathbb{N} est une relation d’ordre, mais la congruence modulo 5 ne l’est pas, car elle n’est pas antisymétrique (27(mod5)2 \equiv 7 \pmod 5 et 72(mod5)7 \equiv 2 \pmod 5 mais 272 \neq 7).

Concepts Connexes

  • Treillis (Lattice): Un ensemble partiellement ordonné où toute paire d’éléments admet une borne supérieure (supremum) et une borne inférieure (infimum). (P(X),)(\mathcal{P}(X), \subseteq) est un treillis complet.
  • Ensemble bien ordonné (Well-ordered set): Un ensemble totalement ordonné où toute partie non vide admet un plus petit élément. (N,)(\mathbb{N}, \le) est l’exemple canonique.
  • Lemme de Zorn: Un outil puissant (équivalent à l’axiome du choix) qui garantit l’existence d’éléments maximaux dans certains ensembles partiellement ordonnés.
  • Tri topologique: Un algorithme pour trouver un ordre total compatible avec un ordre partiel donné sur un ensemble fini.

Applications

  • Planification de tâches: Les dépendances entre tâches forment une relation d’ordre partiel. Un tri topologique donne un ordre d’exécution valide.
  • Théorie de la calculabilité: La réduction de Turing entre problèmes de décision est un préordre qui structure les degrés d’indécidabilité.
  • Généalogie: L’arbre généalogique est structuré par la relation “est un ancêtre de”, qui est une relation d’ordre partiel stricte.

Concept 5: Entiers Naturels et Principe de Récurrence

Prérequis

  • Logique propositionnelle.
  • Concept 4: Relations d’Ordre.

Définition

L’ensemble des entiers naturels N={0,1,2,}\mathbb{N} = \{0, 1, 2, \dots\} est formellement défini par les axiomes de Peano. Intuitivement, il est caractérisé par la propriété fondamentale suivante:

Axiome 0.15 (Principe du bon ordre). L’ensemble (N,)(\mathbb{N}, \le) est bien ordonné, c’est-à-dire que toute partie non vide de N\mathbb{N} possède un plus petit élément.

Cet axiome est équivalent au principe de récurrence.

Propriétés Clés

Proposition 0.16 (Principe de récurrence faible). Soit P(n)P(n) une proposition dépendant de nNn \in \mathbb{N}. Si les deux conditions suivantes sont vérifiées:

  1. Initialisation (ou Base): P(0)P(0) est vraie.
  2. Hérédité: Pour tout nNn \in \mathbb{N}, l’implication P(n)    P(n+1)P(n) \implies P(n+1) est vraie.

Alors P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Démonstration (par l’absurde, en utilisant le bon ordre).

Soit E={nN:P(n) est fausse}E = \{n \in \mathbb{N} : P(n) \text{ est fausse}\}. Supposons, pour contradiction, que EE \neq \emptyset. Par le principe du bon ordre, EE admet un plus petit élément, notons-le n0n_0.

  • Par l’hypothèse d’initialisation (i), P(0)P(0) est vraie, donc 0E0 \notin E. Par conséquent, n0>0n_0 > 0.
  • Puisque n0>0n_0 > 0, l’entier n01n_0 - 1 appartient à N\mathbb{N}.
  • Comme n0n_0 est le plus petit élément de EE, n01En_0 - 1 \notin E. Ceci signifie que P(n01)P(n_0-1) est vraie.
  • Par l’hypothèse d’hérédité (ii) appliquée à n=n01n = n_0 - 1, on a P(n01)    P(n0)P(n_0-1) \implies P(n_0). Puisque P(n01)P(n_0-1) est vraie, P(n0)P(n_0) doit être vraie.
  • Mais n0En_0 \in E, ce qui signifie que P(n0)P(n_0) est fausse. C’est une contradiction.
  • L’hypothèse initiale (EE \neq \emptyset) est donc fausse. On conclut que E=E = \emptyset, c’est-à-dire que P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Corollaire 0.17 (Principe de récurrence forte). Soit P(n)P(n) une proposition dépendant de nNn \in \mathbb{N}. Si:

  1. Initialisation: P(0)P(0) est vraie.
  2. Hérédité forte: Pour tout nNn \in \mathbb{N}, l’implication (k{0,,n},P(k))    P(n+1)(\forall k \in \{0, \dots, n\}, P(k)) \implies P(n+1) est vraie.

Alors P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

(Ce principe est équivalent au précédent).

Exemples

Exemple 1 (Récurrence faible)

Montrons que pour tout nNn \in \mathbb{N}, k=0nk=n(n+1)2\sum_{k=0}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

Soit P(n)P(n) la proposition.

  • Initialisation: Pour n=0n=0, k=00k=0\sum_{k=0}^{0} k = 0. Et 0(0+1)2=0\frac{0(0+1)}{2} = 0. Donc P(0)P(0) est vraie.
  • Hérédité: Supposons que P(n)P(n) est vraie pour un certain nNn \in \mathbb{N} (hypothèse de récurrence, HR). Montrons P(n+1)P(n+1).

k=0n+1k=(k=0nk)+(n+1)=HRn(n+1)2+(n+1)\sum_{k=0}^{n+1} k = \left(\sum_{k=0}^{n} k\right) + (n+1) \stackrel{\text{HR}}{=} \frac{n(n+1)}{2} + (n+1)

=(n+1)(n2+1)=(n+1)n+22=(n+1)(n+2)2= (n+1) \left(\frac{n}{2} + 1\right) = (n+1) \frac{n+2}{2} = \frac{(n+1)(n+2)}{2}

Ceci est la formule pour le rang n+1n+1. Donc P(n+1)P(n+1) est vraie.

Par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Exemple 2 (Récurrence forte)

Montrons que tout entier n2n \ge 2 est un produit de nombres premiers (Théorème fondamental de l’arithmétique, partie existence).

Soit P(n)P(n) la proposition ”nn est un produit de nombres premiers”.

  • Initialisation: Pour n=2n=2, 22 est un nombre premier, donc un produit d’un seul nombre premier. P(2)P(2) est vraie.
  • Hérédité forte: Soit n2n \ge 2. Supposons que pour tout entier kk tel que 2kn2 \le k \le n, P(k)P(k) est vraie. Montrons P(n+1)P(n+1).
    • Si n+1n+1 est premier, alors P(n+1)P(n+1) est vraie.
    • Si n+1n+1 est composé, alors il existe a,bNa, b \in \mathbb{N} tels que n+1=abn+1=ab avec 2an2 \le a \le n et 2bn2 \le b \le n.
    • Par l’hypothèse de récurrence forte, P(a)P(a) et P(b)P(b) sont vraies. Donc aa et bb sont des produits de nombres premiers.
    • Par conséquent, n+1=abn+1=ab est aussi un produit de nombres premiers.

Donc P(n+1)P(n+1) est vraie. Par le principe de récurrence forte, la propriété est vraie pour tout n2n \ge 2.

Exemple 3 (Initialisation à k>0k > 0)

Montrons que 2n>n22^n > n^2 pour n5n \ge 5.

  • Initialisation: Pour n=5n=5, 25=322^5 = 32 et 52=255^2=25. 32>2532>25, donc P(5)P(5) est vraie.
  • Hérédité: Soit n5n \ge 5 tel que 2n>n22^n > n^2.

2n+1=22n>2n22^{n+1} = 2 \cdot 2^n > 2n^2. Il faut montrer que 2n2>(n+1)2=n2+2n+12n^2 > (n+1)^2 = n^2 + 2n + 1.

Ceci est équivalent à n22n1>0n^2 - 2n - 1 > 0. Les racines de x22x1=0x^2-2x-1=0 sont 1±21 \pm \sqrt{2}. Le polynôme est positif pour n>1+22.41n > 1+\sqrt{2} \approx 2.41. Comme n5n \ge 5, l’inégalité est vérifiée.

Donc 2n+1>(n+1)22^{n+1} > (n+1)^2.

Contre-exemples

  • Initialisation oubliée: La proposition "P(n)    P(n+1)P(n) \implies P(n+1)" peut être vraie sans que P(n)P(n) le soit. Par exemple, si P(n)P(n) est "n=n+1n=n+1", alors P(n)P(n) est toujours fausse. L’implication F    FF \implies F est vraie.
  • Hérédité défaillante: Le paradoxe des chevaux (“tous les chevaux sont de la même couleur”). L’argument d’hérédité pour passer de nn à n+1n+1 chevaux ne fonctionne pas pour passer de n=1n=1 à n=2n=2.

Concepts Connexes

  • Axiomes de Peano: La construction axiomatique de N\mathbb{N}.
  • Induction structurelle: Une généralisation de la récurrence aux structures définies récursivement (arbres, listes, formules logiques).
  • Induction transfinie: Une généralisation de la récurrence à tout ensemble bien ordonné, y compris les ensembles infinis non dénombrables.

Applications

  • Preuves d’algorithmes: Prouver la correction et la terminaison des boucles et des algorithmes récursifs.
  • Combinatoire et théorie des nombres: De nombreux théorèmes fondamentaux se démontrent par récurrence.
  • Définitions récursives: La récurrence est le pendant “démonstration” des définitions par récurrence (e.g., la suite de Fibonacci, la factorielle).