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Rappels et notation


Concept 1: Ensembles et Sous-ensembles

Prérequis

  • Une compréhension intuitive de ce qu’est une “collection” ou un “groupe” d’objets.
  • Notions de base de la logique mathématique (propositions vraies/fausses, connecteurs “et”/“ou”).

Définition

Un ensemble est une collection d’objets distincts, appelés éléments. L’appartenance d’un élément xx à un ensemble EE se note xEx \in E. La non-appartenance se note xEx \notin E.

Il existe plusieurs manières de définir un ensemble :

  1. En extension : en listant tous ses éléments entre accolades. L’ordre et les répétitions n’ont pas d’importance.
    • Exemple : A={1,2,3}A = \{1, 2, 3\} est l’ensemble contenant les entiers 1, 2 et 3. On a {1,2,3}={3,1,2}={1,1,2,3}\{1, 2, 3\} = \{3, 1, 2\} = \{1, 1, 2, 3\}.
  2. En compréhension : en décrivant une propriété P(x)\mathcal{P}(x) que ses éléments doivent vérifier.
    • Notation : {xE:P(x)}\{x \in E : \mathcal{P}(x)\}, qui se lit “l’ensemble des éléments xx de EE tels que la propriété P(x)\mathcal{P}(x) est vraie”.

Quelques ensembles importants :

  • L’ensemble vide, noté \emptyset ou {}\{\}, est l’ensemble qui ne contient aucun élément.

  • Soient AA et BB deux ensembles. AA est un sous-ensemble (ou une partie) de BB, noté ABA \subseteq B, si tout élément de AA est aussi un élément de BB. Formellement :

    x,(xA    xB)\forall x, (x \in A \implies x \in B)

  • Deux ensembles AA et BB sont égaux, noté A=BA=B, s’ils ont exactement les mêmes éléments. Cela équivaut à dire que ABA \subseteq B et BAB \subseteq A.

Propriétés Clés

  • Égalité : A=B    (AB et BA)A = B \iff (A \subseteq B \text{ et } B \subseteq A). Pour montrer que deux ensembles sont égaux, on montre souvent les deux inclusions séparément.
  • Transitivité de l’inclusion : Si ABA \subseteq B et BCB \subseteq C, alors ACA \subseteq C.
  • Ensemble vide : Pour tout ensemble EE, on a E\emptyset \subseteq E.
  • Réflexivité de l’inclusion : Pour tout ensemble EE, on a EEE \subseteq E.

Exemples

Exemple 1 : Ensemble fini défini en extension

Soit l’ensemble V={a,e,i,o,u,y}V = \{a, e, i, o, u, y\}, l’ensemble des voyelles de l’alphabet français.

  • On a aVa \in V, car aa est dans la liste.
  • On a bVb \notin V, car bb n’est pas dans la liste.
  • L’ensemble A={a,e}A = \{a, e\} est un sous-ensemble de VV, car tous les éléments de AA (c’est-à-dire aa et ee) sont aussi dans VV. On note AVA \subseteq V.

Exemple 2 : Ensemble infini défini en compréhension

Soit N={0,1,2,3,}\mathbb{N} = \{0, 1, 2, 3, \ldots\} l’ensemble des entiers naturels.

Considérons l’ensemble P={nN:n est un multiple de 2}P = \{n \in \mathbb{N} : n \text{ est un multiple de 2}\}.

Cet ensemble peut aussi être écrit en extension (partielle) : P={0,2,4,6,}P = \{0, 2, 4, 6, \ldots \}.

  • 10P10 \in P car 10N10 \in \mathbb{N} et 1010 est un multiple de 2.
  • 7P7 \notin P car bien que 7N7 \in \mathbb{N}, 77 n’est pas un multiple de 2.

Exemple 3 : Égalité de deux ensembles

Soit A={nN:n23n+2=0}A = \{n \in \mathbb{N} : n^2 - 3n + 2 = 0\} et B={1,2}B = \{1, 2\}. Montrons que A=BA=B.

L’équation du second degré n23n+2=0n^2 - 3n + 2 = 0 a pour solutions n=1n=1 et n=2n=2.

  • Pour montrer ABA \subseteq B : Soit xAx \in A. Par définition de AA, xx est un entier naturel tel que x23x+2=0x^2 - 3x + 2 = 0. Les seules solutions sont 11 et 22, donc x=1x=1 ou x=2x=2. Dans les deux cas, xBx \in B. Donc ABA \subseteq B.

  • Pour montrer BAB \subseteq A : Soit yBy \in B. Alors y=1y=1 ou y=2y=2.

    • Si y=1y=1, on a 123(1)+2=01^2 - 3(1) + 2 = 0, donc 1A1 \in A.
    • Si y=2y=2, on a 223(2)+2=46+2=02^2 - 3(2) + 2 = 4 - 6 + 2 = 0, donc 2A2 \in A.

    Dans les deux cas, yAy \in A. Donc BAB \subseteq A.

Puisque ABA \subseteq B et BAB \subseteq A, on conclut que A=BA=B.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Appartenance vs. Inclusion

Soit l’ensemble E={1,2,{3,4}}E = \{1, 2, \{3, 4\}\}.

  • L’objet {3,4}\{3, 4\} est un élément de EE. On écrit {3,4}E\{3, 4\} \in E.
  • L’ensemble {{3,4}}\{\{3, 4\}\} est un sous-ensemble de EE contenant un seul élément. On écrit {{3,4}}E\{\{3, 4\}\} \subseteq E.
  • L’ensemble {3,4}\{3, 4\} n’est pas un sous-ensemble de EE, car ses éléments (33 et 44) ne sont pas des éléments de EE. On écrit {3,4}⊈E\{3, 4\} \not\subseteq E.

Il est crucial de ne pas confondre le symbole d’appartenance \in (qui relie un élément à un ensemble) et le symbole d’inclusion \subseteq (qui relie deux ensembles).

Contre-exemple 2 : Ensemble vs. n-uplet

Un ensemble n’est pas ordonné et ne tient pas compte des répétitions. Un n-uplet (ou couple, triplet, etc.) est ordonné.

  • L’ensemble {a,b}\{a, b\} est égal à l’ensemble {b,a}\{b, a\}.
  • Le couple (a,b)(a, b) est différent du couple (b,a)(b, a), sauf si a=ba=b.

Les ensembles sont utilisés pour représenter des collections où l’ordre n’importe pas, tandis que les n-uplets (qui sont les éléments des produits cartésiens) sont utilisés lorsque l’ordre est important.

Concepts Connexes

  • Opérations sur les ensembles : Les ensembles peuvent être combinés à l’aide d’opérations comme l’union, l’intersection, etc.
  • Ensemble des parties : L’ensemble de tous les sous-ensembles d’un ensemble donné.
  • Cardinalité : Le nombre d’éléments dans un ensemble (pour les ensembles finis).

Concept 2: Opérations sur les Ensembles

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles et Sous-ensembles (définitions d’ensemble, élément, sous-ensemble).

Définition

Soient AA et BB deux ensembles. On définit les opérations suivantes :

  • Réunion : L’union de AA et BB, notée ABA \cup B, est l’ensemble de tous les éléments qui appartiennent à AA, ou à BB, ou aux deux.

    AB={x:xA ou xB}A \cup B = \{x : x \in A \text{ ou } x \in B\}

  • Intersection : L’intersection de AA et BB, notée ABA \cap B, est l’ensemble de tous les éléments qui appartiennent à la fois à AA et à BB.

    AB={x:xA et xB}A \cap B = \{x : x \in A \text{ et } x \in B\}

    Si AB=A \cap B = \emptyset, on dit que AA et BB sont disjoints.

  • Différence : La différence de AA et BB, notée ABA \setminus B, est l’ensemble des éléments de AA qui n’appartiennent pas à BB.

    AB={x:xA et xB}A \setminus B = \{x : x \in A \text{ et } x \notin B\}

  • Complémentaire : Si AA est un sous-ensemble d’un ensemble de référence EE, le complémentaire de AA dans EE, noté Aˉ\bar{A} (ou AcA^c), est l’ensemble de tous les éléments de EE qui ne sont pas dans AA.

    Aˉ=EA={xE:xA}\bar{A} = E \setminus A = \{x \in E : x \notin A\}

  • Produit cartésien : Le produit cartésien de AA et BB, noté A×BA \times B, est l’ensemble de tous les couples ordonnés (a,b)(a, b)aAa \in A et bBb \in B.

    A×B={(a,b):aA,bB}A \times B = \{(a, b) : a \in A, b \in B\}

  • Ensemble des parties : L’ensemble des parties de AA, noté P(A)\mathcal{P}(A), est l’ensemble de tous les sous-ensembles de AA.

    P(A)={S:SA}\mathcal{P}(A) = \{S : S \subseteq A\}

Propriétés Clés

  • Commutativité : AB=BAA \cup B = B \cup A et AB=BAA \cap B = B \cap A.
  • Associativité : (AB)C=A(BC)(A \cup B) \cup C = A \cup (B \cup C) et (AB)C=A(BC)(A \cap B) \cap C = A \cap (B \cap C).
  • Distributivité :
    • A(BC)=(AB)(AC)A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)
    • A(BC)=(AB)(AC)A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C)
  • Lois de De Morgan (pour le complémentaire dans un ensemble EE) :
    • AB=AˉBˉ\overline{A \cup B} = \bar{A} \cap \bar{B}
    • AB=AˉBˉ\overline{A \cap B} = \bar{A} \cup \bar{B}
  • Propriétés du produit cartésien :
    • En général, A×BB×AA \times B \neq B \times A.
    • Si AA et BB sont finis, A×B=AB|A \times B| = |A| \cdot |B|.
  • Propriétés de l’ensemble des parties :
    • P(A)\emptyset \in \mathcal{P}(A) et AP(A)A \in \mathcal{P}(A) pour tout ensemble AA.
    • Si AA est fini, P(A)=2A|\mathcal{P}(A)| = 2^{|A|}.

Exemples

Exemple 1 : Union, Intersection et Différence

Soient les ensembles A={1,2,3,4}A = \{1, 2, 3, 4\} et B={3,4,5,6}B = \{3, 4, 5, 6\}.

  • Union : AB={1,2,3,4,5,6}A \cup B = \{1, 2, 3, 4, 5, 6\}. Les éléments communs (3 et 4) n’apparaissent qu’une seule fois.
  • Intersection : AB={3,4}A \cap B = \{3, 4\}, car 3 et 4 sont les seuls éléments présents dans les deux ensembles.
  • Différence : AB={1,2}A \setminus B = \{1, 2\}, les éléments de AA qui ne sont pas dans BB.
  • Différence symétrique : (AB)(BA)={1,2}{5,6}={1,2,5,6}(A \setminus B) \cup (B \setminus A) = \{1, 2\} \cup \{5, 6\} = \{1, 2, 5, 6\}.

Exemple 2 : Complémentaire et Lois de De Morgan

Soit l’ensemble de référence E={0,1,2,3,4,5,6,7,8,9}E = \{0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9\}.

Soient A={1,2,3,8}A = \{1, 2, 3, 8\} et B={2,4,6,8}B = \{2, 4, 6, 8\}.

  • Aˉ=EA={0,4,5,6,7,9}\bar{A} = E \setminus A = \{0, 4, 5, 6, 7, 9\}.
  • Bˉ=EB={0,1,3,5,7,9}\bar{B} = E \setminus B = \{0, 1, 3, 5, 7, 9\}.

Vérifions une loi de De Morgan : AB=AˉBˉ\overline{A \cup B} = \bar{A} \cap \bar{B}.

  • Côté gauche : AB={1,2,3,4,6,8}A \cup B = \{1, 2, 3, 4, 6, 8\}. Donc AB={0,5,7,9}\overline{A \cup B} = \{0, 5, 7, 9\}.
  • Côté droit : AˉBˉ={0,4,5,6,7,9}{0,1,3,5,7,9}={0,5,7,9}\bar{A} \cap \bar{B} = \{0, 4, 5, 6, 7, 9\} \cap \{0, 1, 3, 5, 7, 9\} = \{0, 5, 7, 9\}.

L’égalité est bien vérifiée.

Exemple 3 : Produit cartésien et Ensemble des parties

Soit l’ensemble C={x,y}C = \{x, y\}.

  • Produit cartésien C×CC \times C:

    C×C={(x,x),(x,y),(y,x),(y,y)}C \times C = \{(x, x), (x, y), (y, x), (y, y)\}. C’est un ensemble de 4 couples ordonnés.

  • Ensemble des parties P(C)\mathcal{P}(C):

    P(C)\mathcal{P}(C) est l’ensemble de tous les sous-ensembles de CC.

    P(C)={,{x},{y},{x,y}}\mathcal{P}(C) = \{ \emptyset, \{x\}, \{y\}, \{x, y\} \}

    Cet ensemble a 2C=22=42^{|C|} = 2^2 = 4 éléments, qui sont eux-mêmes des ensembles.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Non-commutativité de la différence

La différence d’ensembles n’est pas commutative. Reprenons l’exemple 1 avec A={1,2,3,4}A = \{1, 2, 3, 4\} et B={3,4,5,6}B = \{3, 4, 5, 6\}.

  • AB={1,2}A \setminus B = \{1, 2\}.
  • BA={5,6}B \setminus A = \{5, 6\}.

On voit bien que ABBAA \setminus B \neq B \setminus A.

Contre-exemple 2 : Non-commutativité du produit cartésien

Soient A={1,2}A = \{1, 2\} et B={a}B = \{a\}.

  • A×B={(1,a),(2,a)}A \times B = \{(1, a), (2, a)\}.
  • B×A={(a,1),(a,2)}B \times A = \{(a, 1), (a, 2)\}.

Comme le couple (1,a)(1, a) est différent de (a,1)(a, 1), on a A×BB×AA \times B \neq B \times A. L’égalité n’est vraie que si A=BA=B ou si l’un des ensembles est vide.

Concepts Connexes

  • Relations binaires : Une relation binaire sur un ensemble EE est définie comme un sous-ensemble de son produit cartésien E×EE \times E.
  • Probabilités : La théorie des probabilités utilise le langage des ensembles pour décrire les événements. L’union correspond au “ou” logique et l’intersection au “et” logique.

Concept 3: Applications (Fonctions)

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles et Sous-ensembles.
  • Concept 2: Opérations sur les Ensembles (en particulier le produit cartésien).

Définition

Soient EE et FF deux ensembles. Une application (ou fonction) ff de EE dans FF, notée f:EFf: E \to F, est un procédé qui associe à chaque élément xx de EE un unique élément yy de FF.

  • EE est l’ensemble de départ (ou domaine).
  • FF est l’ensemble d’arrivée (ou codomaine).
  • L’unique élément yFy \in F associé à xEx \in E est appelé l’image de xx par ff et est noté f(x)f(x). On écrit y=f(x)y = f(x) ou xf(x)x \mapsto f(x).
  • Si y=f(x)y=f(x), on dit que xx est un antécédent de yy par ff.

Formellement, une application f=(E,F,G)f=(E, F, \mathcal{G}) est définie par son graphe G\mathcal{G}, un sous-ensemble de E×FE \times F tel que pour tout xEx \in E, il existe un et un seul yFy \in F pour lequel (x,y)G(x, y) \in \mathcal{G}.

Types d’applications :

Une application f:EFf: E \to F est dite :

  • Injective (une injection) si deux éléments distincts de EE ont toujours des images distinctes dans FF.

    x1,x2E,(f(x1)=f(x2)    x1=x2)\forall x_1, x_2 \in E, (f(x_1) = f(x_2) \implies x_1 = x_2)

  • Surjective (une surjection) si tout élément de FF a au moins un antécédent dans EE.

    yF,xE,y=f(x)\forall y \in F, \exists x \in E, y = f(x)

  • Bijective (une bijection) si elle est à la fois injective et surjective. Cela signifie que tout élément de FF a exactement un antécédent dans EE.

    yF,!xE,y=f(x)\forall y \in F, \exists! x \in E, y = f(x)

Propriétés Clés

  • Composition : Soient f:EFf: E \to F et g:FGg: F \to G. L’application composée gfg \circ f est une application de EE dans GG définie par (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)).
  • Propriétés de la composition :
    • La composée de deux injections est une injection.
    • La composée de deux surjections est une surjection.
    • La composée de deux bijections est une bijection.
  • Application inverse : Une application f:EFf: E \to F est bijective si et seulement si il existe une application f1:FEf^{-1}: F \to E, appelée application inverse (ou réciproque), telle que f1f=idEf^{-1} \circ f = id_E et ff1=idFf \circ f^{-1} = id_F. (idEid_E est l’application identité sur EE, idE(x)=xid_E(x)=x).

Exemples

Exemple 1 : Injection non surjective

Soit f:NNf: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par f(n)=2nf(n) = 2n.

  • Injectivité : Soient n1,n2Nn_1, n_2 \in \mathbb{N} tels que f(n1)=f(n2)f(n_1) = f(n_2). Alors 2n1=2n22n_1 = 2n_2, ce qui implique n1=n2n_1 = n_2. Donc ff est injective.
  • Surjectivité : L’image de ff est l’ensemble des entiers naturels pairs. Un entier impair comme 33 n’a pas d’antécédent (il n’existe aucun nNn \in \mathbb{N} tel que 2n=32n=3). Donc ff n’est pas surjective.

Exemple 2 : Surjection non injective

Soit g:ZNg: \mathbb{Z} \to \mathbb{N} définie par g(n)=ng(n) = |n| (valeur absolue de nn).

  • Injectivité : On a g(2)=2g(2) = 2 et g(2)=2g(-2) = 2. Deux éléments distincts (2 et -2) ont la même image. Donc gg n’est pas injective.
  • Surjectivité : Soit yNy \in \mathbb{N} un entier naturel quelconque. On peut choisir x=yZx=y \in \mathbb{Z}. Alors g(x)=g(y)=y=yg(x) = g(y) = |y| = y (car y0y \ge 0). Tout élément de l’ensemble d’arrivée N\mathbb{N} a donc au moins un antécédent. Donc gg est surjective.

Exemple 3 : Bijection

Soit h:RRh: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par h(x)=x1h(x) = x-1.

  • Injectivité : Si h(x1)=h(x2)h(x_1) = h(x_2), alors x11=x21x_1-1 = x_2-1, donc x1=x2x_1=x_2. hh est injective.
  • Surjectivité : Soit yRy \in \mathbb{R}. On cherche un antécédent xx tel que h(x)=yh(x)=y, c’est-à-dire x1=yx-1=y. La solution est x=y+1x=y+1. Cet xx existe pour tout yRy \in \mathbb{R}. hh est surjective.
  • Puisque hh est injective et surjective, elle est bijective. Son application inverse est h1:RRh^{-1}: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par h1(y)=y+1h^{-1}(y) = y+1.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Ce qui n’est pas une application

Soit E={1,2,3}E = \{1, 2, 3\} et F={a,b}F = \{a, b\}. Considérons la relation de EE vers FF dont le graphe est G={(1,a),(2,b),(1,b)}\mathcal{G} = \{(1, a), (2, b), (1, b)\}.

Ceci n’est pas une application car l’élément 1E1 \in E est associé à deux éléments distincts de FF (aa et bb). La condition d’unicité de l’image n’est pas respectée. De plus, l’élément 3E3 \in E n’a aucune image.

Contre-exemple 2 : Une application ni injective, ni surjective

Soit k:RRk: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par k(x)=x2k(x) = x^2.

  • Non injective : k(3)=9k(-3) = 9 et k(3)=9k(3) = 9. Des éléments distincts ont la même image.
  • Non surjective : L’image de kk est R+=[0,+)\mathbb{R}^+ = [0, +\infty). Un nombre strictement négatif comme 1-1 n’a aucun antécédent réel, car l’équation x2=1x^2 = -1 n’a pas de solution dans R\mathbb{R}.

Concepts Connexes

  • Relations binaires : Une application est un type particulier de relation binaire.
  • Isomorphismes : En algèbre et en théorie des graphes, les bijections qui préservent une structure (comme une opération ou des arêtes) sont appelées des isomorphismes. Elles permettent d’identifier deux objets comme étant “les mêmes” du point de vue de la structure.

Concept 4: Relations d’Équivalence et Partitions

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles et Sous-ensembles.
  • Concept 2: Opérations sur les Ensembles (Produit cartésien).

Définition

Soit EE un ensemble. Une relation binaire R\mathcal{R} sur EE est un sous-ensemble de E×EE \times E. Si (x,y)R(x, y) \in \mathcal{R}, on dit que xx est en relation avec yy et on note xRyx \mathcal{R} y.

Une relation binaire R\mathcal{R} sur EE est une relation d’équivalence si elle possède les trois propriétés suivantes :

  1. Réflexivité : Tout élément est en relation avec lui-même.

    xE,xRx\forall x \in E, x \mathcal{R} x

  2. Symétrie : Si xx est en relation avec yy, alors yy est en relation avec xx.

    x,yE,(xRy    yRx)\forall x, y \in E, (x \mathcal{R} y \implies y \mathcal{R} x)

  3. Transitivité : Si xx est en relation avec yy et yy est en relation avec zz, alors xx est en relation avec zz.

    x,y,zE,(xRy et yRz    xRz)\forall x, y, z \in E, (x \mathcal{R} y \text{ et } y \mathcal{R} z \implies x \mathcal{R} z)

Soit R\mathcal{R} une relation d’équivalence sur EE.

  • La classe d’équivalence d’un élément xEx \in E, notée R[x]\mathcal{R}[x] ou [x][x], est l’ensemble de tous les éléments de EE qui sont en relation avec xx.

    R[x]={yE:xRy}\mathcal{R}[x] = \{y \in E : x \mathcal{R} y\}

  • Une partition de EE est un ensemble PP de sous-ensembles non vides de EE, deux à deux disjoints, dont la réunion est EE.

Propriétés Clés

  • Lien fondamental : Les classes d’équivalence d’une relation d’équivalence sur un ensemble EE forment une partition de EE.
  • Réciproque : Toute partition d’un ensemble EE définit une unique relation d’équivalence sur EE (où xRyx \mathcal{R} y si et seulement si xx et yy appartiennent au même sous-ensemble de la partition).
  • Propriété des classes : Pour une relation d’équivalence R\mathcal{R} sur EE, et pour tous x,yEx, y \in E, on a soit R[x]=R[y]\mathcal{R}[x] = \mathcal{R}[y] (si xRyx \mathcal{R} y), soit R[x]R[y]=\mathcal{R}[x] \cap \mathcal{R}[y] = \emptyset (si xx n’est pas en relation avec yy).

Exemples

Exemple 1 : Congruence modulo 3

Sur l’ensemble des entiers Z\mathbb{Z}, on définit la relation xRy    (xy)x \mathcal{R} y \iff (x-y) est divisible par 3.

  • Réflexivité : xx=0x-x=0, qui est divisible par 3. Donc xRxx \mathcal{R} x.
  • Symétrie : Si xyx-y est divisible par 3, alors yx=(xy)y-x = -(x-y) l’est aussi. Donc xRy    yRxx \mathcal{R} y \implies y \mathcal{R} x.
  • Transitivité : Si xy=3kx-y=3k et yz=3ly-z=3l, alors xz=(xy)+(yz)=3k+3l=3(k+l)x-z = (x-y)+(y-z) = 3k+3l = 3(k+l), qui est divisible par 3. Donc xRzx \mathcal{R} z.

C’est une relation d’équivalence. Les classes d’équivalence sont :

  • [0]={,6,3,0,3,6,}[0] = \{\ldots, -6, -3, 0, 3, 6, \ldots\} (les multiples de 3)
  • [1]={,5,2,1,4,7,}[1] = \{\ldots, -5, -2, 1, 4, 7, \ldots\} (les entiers de la forme 3k+13k+1)
  • [2]={,4,1,2,5,8,}[2] = \{\ldots, -4, -1, 2, 5, 8, \ldots\} (les entiers de la forme 3k+23k+2)

L’ensemble de ces trois classes {[0],[1],[2]}\{\,[0], [1], [2]\,\} forme une partition de Z\mathbb{Z}.

Exemple 2 : Avoir la même initiale

Sur un ensemble de personnes E={Alice, Bob, Antoine, Chloeˊ, Benoıˆt}E = \{\text{Alice, Bob, Antoine, Chloé, Benoît}\}, on définit xRy    xx \mathcal{R} y \iff x et yy ont le même prénom commençant par la même lettre.

  • C’est une relation d’équivalence (évident).
  • Les classes d’équivalence sont :
    • [Alice]={Alice, Antoine}[\text{Alice}] = \{\text{Alice, Antoine}\}
    • [Bob]={Bob, Benoıˆt}[\text{Bob}] = \{\text{Bob, Benoît}\}
    • [Chloeˊ]={Chloeˊ}[\text{Chloé}] = \{\text{Chloé}\}

L’ensemble de ces classes P={{Alice, Antoine},{Bob, Benoıˆt},{Chloeˊ}}P = \{\{\text{Alice, Antoine}\}, \{\text{Bob, Benoît}\}, \{\text{Chloé}\}\} est une partition de EE.

Exemple 3 : Construction des nombres rationnels

Sur l’ensemble E=Z×(Z{0})E = \mathbb{Z} \times (\mathbb{Z} \setminus \{0\}), on définit la relation (a,b)R(c,d)    ad=bc(a, b) \mathcal{R} (c, d) \iff ad = bc.

C’est une relation d’équivalence. La classe d’équivalence du couple (a,b)(a,b) correspond au nombre rationnel ab\frac{a}{b}. Par exemple, la classe de (1,2)(1,2) est {(1,2),(2,4),(1,2),}\{(1,2), (2,4), (-1,-2), \dots\}, qui représente le rationnel 1/21/2. Cette relation permet de construire formellement l’ensemble Q\mathbb{Q}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Relation d’ordre

La relation \le sur N\mathbb{N} n’est pas une relation d’équivalence.

  • Elle est réflexive (xxx \le x) et transitive (xyx \le y et yz    xzy \le z \implies x \le z).
  • Mais elle n’est pas symétrique : 353 \le 5 est vrai, mais 535 \le 3 est faux.

Contre-exemple 2 : Relation de proximité

Sur l’ensemble des villes de France, définissons xRy    x \mathcal{R} y \iff la distance entre xx et yy est inférieure à 50 km.

  • Réflexive : Oui, la distance de xx à xx est 0.
  • Symétrique : Oui, la distance de xx à yy est la même que de yy à xx.
  • Non transitive : Soit x=x= Paris, y=y= Orléans, z=z= Tours. Supposons (approximativement) dist(Paris, Orléans) < 50km et dist(Orléans, Tours) < 50km. Il n’est pas garanti que dist(Paris, Tours) < 50km. (Les distances sont fausses, mais l’idée est là). Un meilleur exemple : x=0,y=40,z=80x=0, y=40, z=80 sur une ligne. dist(x,y)=40, dist(y,z)=40, mais dist(x,z)=80.

Concepts Connexes

  • Ensemble quotient : L’ensemble des classes d’équivalence, noté E/RE/\mathcal{R}, est une construction fondamentale en mathématiques (arithmétique modulaire, construction de Q\mathbb{Q}, topologie, etc.).
  • Relations d’ordre : L’autre grande famille de relations binaires structurantes.

Concept 5: Relations d’Ordre

Prérequis

  • Concept 1: Ensembles et Sous-ensembles.
  • Concept 4: Introduction aux relations binaires (réflexivité, transitivité).

Définition

Une relation binaire \preceq sur un ensemble EE est une relation d’ordre (partiel) si elle est :

  1. Réflexive : xE,xx\forall x \in E, x \preceq x.

  2. Antisymétrique : Si xx est en relation avec yy et yy avec xx, alors ils sont égaux.

    x,yE,(xy et yx    x=y)\forall x, y \in E, (x \preceq y \text{ et } y \preceq x \implies x = y)

  3. Transitive : x,y,zE,(xy et yz    xz)\forall x, y, z \in E, (x \preceq y \text{ et } y \preceq z \implies x \preceq z).

Un ensemble muni d’une relation d’ordre, noté (E,)(E, \preceq), est appelé un ensemble partiellement ordonné.

  • L’ordre est dit total si tous les éléments de EE sont comparables, c’est-à-dire :

    x,yE,(xy ou yx)\forall x, y \in E, (x \preceq y \text{ ou } y \preceq x)

Soit (X,)(X, \preceq) un ensemble partiellement ordonné.

  • Un élément aXa \in X est un élément maximal s’il n’existe aucun autre élément “plus grand” que lui.

    yX,(ay    a=y)\forall y \in X, (a \preceq y \implies a = y)

  • Un élément bXb \in X est le plus grand élément si tous les autres éléments lui sont “inférieurs”.

    xX,xb\forall x \in X, x \preceq b

On définit de manière analogue les notions d’élément minimal et de plus petit élément.

Propriétés Clés

  • Un ordre total est toujours un ordre partiel, mais la réciproque est fausse.
  • S’il existe un plus grand (ou plus petit) élément, il est unique et c’est l’unique élément maximal (ou minimal).
  • Un ensemble peut avoir plusieurs éléments maximaux (ou minimaux) mais ne pas avoir de plus grand (ou plus petit) élément.
  • Un ensemble peut n’avoir aucun élément maximal ou minimal (par exemple, (Z,)(\mathbb{Z}, \le)).

Exemples

Exemple 1 : Ordre total sur les réels

L’ensemble (R,)(\mathbb{R}, \le), où \le est la relation “inférieur ou égal à”, est un ensemble totalement ordonné.

  • Pour deux réels x,yx, y quelconques, on a toujours xyx \le y ou yxy \le x.
  • Cet ensemble n’a ni plus petit, ni plus grand élément.

Exemple 2 : Ordre partiel de la divisibilité

Sur l’ensemble E={1,2,3,4,5,6}E = \{1, 2, 3, 4, 5, 6\}, on considère la relation “divise”, notée |.

  • Réflexive : aaa|a (tout entier se divise lui-même).
  • Antisymétrique : Si aba|b et bab|a, alors a=ba=b (car on est dans les entiers positifs).
  • Transitive : Si aba|b et bcb|c, alors aca|c.

C’est un ordre partiel. Il n’est pas total car, par exemple, 22 ne divise pas 33 et 33 ne divise pas 22. On dit que 22 et 33 sont incomparables.

  • Plus petit élément : 11 (car 1 divise tous les autres éléments). C’est aussi l’unique élément minimal.
  • Éléments maximaux : {4,5,6}\{4, 5, 6\}. Aucun autre élément de EE n’est un multiple de 4, 5, ou 6 (à part eux-mêmes).
  • Plus grand élément : Il n’y en a pas.

Exemple 3 : Ordre partiel de l’inclusion

Soit S={a,b}S = \{a, b\} et E=P(S)={,{a},{b},{a,b}}E = \mathcal{P}(S) = \{\emptyset, \{a\}, \{b\}, \{a, b\}\}. La relation d’inclusion \subseteq est une relation d’ordre sur EE.

  • C’est un ordre partiel car {a}\{a\} et {b}\{b\} sont incomparables.
  • Plus petit élément : \emptyset.
  • Plus grand élément : {a,b}\{a, b\}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Relation d’égalité

La relation == sur N\mathbb{N} est réflexive, transitive et même symétrique et antisymétrique. C’est une relation d’ordre (et d’équivalence), mais elle est triviale : deux éléments ne sont en relation que s’ils sont égaux.

Contre-exemple 2 : Relation non transitive

Sur N\mathbb{N}^*, définissons la relation xRy    pgcd(x,y)>1x \mathcal{R} y \iff \text{pgcd}(x, y) > 1.

  • Réflexive : pgcd(x,x)=x\text{pgcd}(x, x) = x. Pour x>1x>1, la relation est réflexive. Excluons 1.
  • Symétrique : pgcd(x,y)=pgcd(y,x)\text{pgcd}(x, y) = \text{pgcd}(y, x). La relation est symétrique.
  • Non antisymétrique : 2R42 \mathcal{R} 4 et 4R24 \mathcal{R} 2, mais 242 \neq 4. Ce n’est donc pas une relation d’ordre.
  • Non transitive : Soit x=2,y=6,z=3x=2, y=6, z=3. On a 2R62 \mathcal{R} 6 (pgcd=2) et 6R36 \mathcal{R} 3 (pgcd=3), mais on n’a pas 2R32 \mathcal{R} 3 car pgcd(2,3)=1\text{pgcd}(2, 3) = 1.

Concepts Connexes

  • Ensemble bien ordonné : Un ensemble totalement ordonné où toute partie non vide admet un plus petit élément. C’est une propriété fondamentale de (N,)(\mathbb{N}, \le).
  • Treillis (Lattice) : Un ensemble partiellement ordonné où toute paire d’éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure.
  • Tri topologique : Un algorithme permettant de trouver un ordre total compatible avec un ordre partiel donné, très utilisé en informatique pour ordonnancer des tâches avec dépendances.

Concept 6: Principe de Récurrence sur les Entiers Naturels

Prérequis

  • Connaissance de l’ensemble des entiers naturels N={0,1,2,}\mathbb{N} = \{0, 1, 2, \ldots\}.
  • Logique de base, en particulier la notion d’implication (A    BA \implies B).

Définition

Le raisonnement par récurrence est une méthode de démonstration pour prouver qu’une proposition P(n)P(n) est vraie pour tous les entiers naturels nn à partir d’un certain rang. Il repose sur la propriété du bon ordre de N\mathbb{N} : toute partie non vide de N\mathbb{N} possède un plus petit élément.

Principe de récurrence (simple)

Soit P(n)P(n) une proposition qui dépend de l’entier nNn \in \mathbb{N}. Pour montrer que P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \ge n_0 (où n0n_0 est un entier de départ, souvent 0 ou 1), on procède en deux étapes :

  1. Initialisation (ou cas de base) : On vérifie que la proposition P(n0)P(n_0) est vraie.

  2. Hérédité (ou étape de récurrence) : On suppose que P(k)P(k) est vraie pour un entier arbitraire kn0k \ge n_0 (c’est l’hypothèse de récurrence), et on démontre que, sous cette hypothèse, P(k+1)P(k+1) est également vraie.

    kn0,(P(k)    P(k+1))\forall k \ge n_0, (P(k) \implies P(k+1))

Si ces deux étapes sont validées, on peut conclure que P(n)P(n) est vraie pour tout entier nn0n \ge n_0.

Principe de récurrence forte

L’hypothèse de récurrence est plus “forte” : pour démontrer P(k+1)P(k+1), on suppose que P(j)P(j) est vraie pour tous les entiers jj tels que n0jkn_0 \le j \le k.

Propriétés Clés

  • La récurrence est une méthode de démonstration, pas une méthode pour trouver des formules.
  • L’initialisation est une étape cruciale. Sans elle, la preuve est invalide.
  • La récurrence simple et la récurrence forte sont logiquement équivalentes. On choisit la forme la plus pratique pour le problème à résoudre. La récurrence forte est souvent utile lorsque la propriété au rang k+1k+1 dépend de plusieurs rangs précédents.

Exemples

Exemple 1 : Somme des nn premiers entiers (Récurrence simple)

Montrons que pour tout n1n \ge 1, P(n):i=1ni=n(n+1)2P(n): \sum_{i=1}^{n} i = \frac{n(n+1)}{2}.

  • Initialisation (n=1n=1) : i=11i=1\sum_{i=1}^{1} i = 1. D’autre part, 1(1+1)2=22=1\frac{1(1+1)}{2} = \frac{2}{2} = 1. La propriété est vraie pour n=1n=1.

  • Hérédité : Soit k1k \ge 1 un entier. Supposons que P(k)P(k) est vraie, c’est-à-dire i=1ki=k(k+1)2\sum_{i=1}^{k} i = \frac{k(k+1)}{2} (hypothèse de récurrence).

    Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie, c’est-à-dire i=1k+1i=(k+1)(k+2)2\sum_{i=1}^{k+1} i = \frac{(k+1)(k+2)}{2}.

    i=1k+1i=(i=1ki)+(k+1)\sum_{i=1}^{k+1} i = \left(\sum_{i=1}^{k} i\right) + (k+1)

    En utilisant l’hypothèse de récurrence :

    =k(k+1)2+(k+1)=(k+1)(k2+1)=(k+1)(k+22)=(k+1)(k+2)2= \frac{k(k+1)}{2} + (k+1) = (k+1) \left(\frac{k}{2} + 1\right) = (k+1) \left(\frac{k+2}{2}\right) = \frac{(k+1)(k+2)}{2}

    Ceci est bien la formule au rang k+1k+1. L’hérédité est prouvée.

  • Conclusion : Par le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout n1n \ge 1.

Exemple 2 : Inégalité (Récurrence simple)

Montrons que pour tout n4n \ge 4, on a 2nn22^n \ge n^2.

  • Initialisation (n=4n=4) : 24=162^4 = 16 et 42=164^2 = 16. On a bien 161616 \ge 16. La propriété est vraie pour n=4n=4.

  • Hérédité : Soit k4k \ge 4. Supposons 2kk22^k \ge k^2.

    Montrons que 2k+1(k+1)22^{k+1} \ge (k+1)^2.

    2k+1=22k2k22^{k+1} = 2 \cdot 2^k \ge 2k^2 (par hypothèse de récurrence).

    On veut montrer que 2k2(k+1)2=k2+2k+12k^2 \ge (k+1)^2 = k^2 + 2k + 1.

    Cela revient à montrer k22k10k^2 - 2k - 1 \ge 0.

    Le polynôme x22x1x^2-2x-1 a pour racines 1±21 \pm \sqrt{2}. Il est positif pour x1+22.41x \ge 1+\sqrt{2} \approx 2.41.

    Comme on a supposé k4k \ge 4, l’inégalité k22k10k^2 - 2k - 1 \ge 0 est bien vraie.

    Donc 2k+1(k+1)22^{k+1} \ge (k+1)^2. L’hérédité est prouvée.

  • Conclusion : Pour tout n4n \ge 4, 2nn22^n \ge n^2.

Exemple 3 : Existence d’une décomposition en facteurs premiers (Récurrence forte)

Montrons que tout entier n2n \ge 2 est un produit de nombres premiers.

  • Initialisation (n=2n=2) : 22 est un nombre premier, il est donc un produit d’un seul nombre premier. La propriété est vraie.

  • Hérédité : Soit k2k \ge 2. Supposons que la propriété est vraie pour tous les entiers jj tels que 2jk2 \le j \le k.

    Montrons que k+1k+1 est un produit de nombres premiers.

    • Cas 1 : k+1k+1 est un nombre premier. La propriété est alors vraie.
    • Cas 2 : k+1k+1 est un nombre composé. Il existe donc deux entiers a,ba, b tels que k+1=abk+1 = a \cdot b avec 2ak2 \le a \le k et 2bk2 \le b \le k.

    Par l’hypothèse de récurrence forte, aa et bb sont des produits de nombres premiers. Leur produit, ab=k+1a \cdot b = k+1, est donc aussi un produit de nombres premiers.

  • Conclusion : Par le principe de récurrence forte, tout entier n2n \ge 2 est un produit de nombres premiers.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Hérédité vraie, initialisation fausse

Soit la proposition P(n):n=n+1P(n): n = n+1.

  • Hérédité : Supposons k=k+1k = k+1. En ajoutant 1 des deux côtés, on obtient k+1=k+2k+1 = k+2, ce qui est exactement P(k+1)P(k+1). L’implication P(k)    P(k+1)P(k) \implies P(k+1) est donc vraie.
  • Initialisation (n=0n=0) : P(0)P(0) est l’affirmation 0=10=1, ce qui est faux.
  • Conclusion : L’hérédité seule ne suffit pas. La proposition n=n+1n=n+1 est fausse pour tout entier nn.

Contre-exemple 2 : Initialisation vraie, hérédité fausse

Considérons la phrase “Tous les chevaux sont de la même couleur”. La “preuve” par récurrence est un sophisme célèbre.

  • Initialisation (n=1n=1) : Dans tout ensemble contenant 1 seul cheval, tous les chevaux sont de la même couleur. C’est vrai.
  • Hérédité (fausse) : Supposons que dans tout ensemble de kk chevaux, ils sont tous de la même couleur. Considérons un ensemble de k+1k+1 chevaux. On en retire un, il en reste kk, qui sont de la même couleur (par hypothèse). On le remet et on en retire un autre. Le nouveau groupe de kk chevaux est aussi de la même couleur. Donc tous les k+1k+1 chevaux sont de la même couleur.
  • L’erreur : Le raisonnement de l’hérédité ne fonctionne pas pour passer de k=1k=1 à k=2k=2. Si on a 2 chevaux {C1,C2}\{C_1, C_2\}, le premier groupe de 1 cheval est {C1}\{C_1\} et le second est {C2}\{C_2\}. Il n’y a pas de cheval commun entre ces deux groupes pour propager la couleur.

Concepts Connexes

  • Définitions récursives : De nombreuses suites (comme la suite de Fibonacci) et structures de données (comme les arbres) sont définies par récurrence.
  • Algorithmes récursifs : En informatique, un algorithme récursif est un algorithme qui s’appelle lui-même. La preuve de sa correction et de sa terminaison se fait souvent par récurrence.