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Rappels de logique et suites numériques - fiches de révision (B)

Démontrer par l'absurde que 2\sqrt{2} est irrationnel.

Solution

Principe de la démonstration par l'absurde : Pour prouver une proposition PP, on suppose sa négation ¬P\neg P et on en déduit une contradiction logique (un énoncé de la forme Q¬QQ \land \neg Q).

Démonstration :

  1. Hypothèse (Absurde) : Supposons que 2\sqrt{2} est rationnel. Par définition, il existe deux entiers pZp \in \mathbb{Z} et qNq \in \mathbb{N}^* tels que 2=pq\sqrt{2} = \frac{p}{q}. On peut supposer que la fraction est irréductible, c'est-à-dire que le plus grand commun diviseur de pp et qq est 1 (pgcd(p,q)=1\text{pgcd}(p,q)=1).

  2. Développement : En élevant l'équation au carré, on obtient 2=p2q22 = \frac{p^2}{q^2}, ce qui implique p2=2q2p^2 = 2q^2.

  3. Analyse de parité :

    • L'équation p2=2q2p^2 = 2q^2 montre que p2p^2 est un entier pair.
    • Or, si le carré d'un entier est pair, l'entier lui-même doit être pair. (Preuve par contraposée : si pp est impair, p=2k+1p=2k+1, alors p2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1p^2 = (2k+1)^2 = 4k^2+4k+1 = 2(2k^2+2k)+1, qui est impair).
    • Donc, pp est pair. Il existe un entier kZk \in \mathbb{Z} tel que p=2kp=2k.
  4. Substitution et déduction : En substituant p=2kp=2k dans l'équation p2=2q2p^2 = 2q^2, on a (2k)2=2q2(2k)^2 = 2q^2, soit 4k2=2q24k^2 = 2q^2, ce qui se simplifie en q2=2k2q^2 = 2k^2.

  5. Contradiction :

    • L'équation q2=2k2q^2 = 2k^2 montre que q2q^2 est pair.
    • Par le même argument que précédemment, si q2q^2 est pair, alors qq doit être pair.
    • Nous avons donc montré que pp et qq sont tous les deux pairs. Cela signifie qu'ils ont un diviseur commun, 2.
    • Ceci contredit notre hypothèse initiale selon laquelle la fraction pq\frac{p}{q} est irréductible (pgcd(p,q)=1\text{pgcd}(p,q)=1).
  6. Conclusion : L'hypothèse "2\sqrt{2} est rationnel" mène à une contradiction. Elle est donc fausse. Par conséquent, 2\sqrt{2} est irrationnel.

Énoncer le théorème de Bolzano-Weierstrass et discuter de son lien avec la notion de compacité dans R\mathbb{R}.

Solution

Théorème de Bolzano-Weierstrass :

De toute suite bornée de nombres réels (ou complexes), on peut extraire une sous-suite convergente.

Lien avec la compacité :

Le théorème de Bolzano-Weierstrass est une propriété fondamentale qui caractérise la compacité des espaces métriques.

  1. Définition séquentielle de la compacité : Un ensemble KRK \subset \mathbb{R} est dit (séquentiellement) compact si toute suite d'éléments de KK admet une sous-suite qui converge vers un élément de KK.

  2. Équivalence dans Rn\mathbb{R}^n : Dans Rn\mathbb{R}^n (et en particulier dans R\mathbb{R}), un ensemble est compact si et seulement si il est fermé et borné (Théorème de Borel-Lebesgue).

Le théorème de Bolzano-Weierstrass est l'implication "borné \Rightarrow existence d'une sous-suite convergente". Pour obtenir la compacité d'un ensemble KK fermé et borné, le raisonnement est le suivant :

  • Soit (sn)(s_n) une suite dans KK.
  • Puisque KK est borné, la suite (sn)(s_n) est bornée.
  • D'après Bolzano-Weierstrass, on peut en extraire une sous-suite (sϕ(k))(s_{\phi(k)}) qui converge vers une limite lRl \in \mathbb{R}.
  • Puisque KK est fermé, la limite de toute suite convergente d'éléments de KK doit appartenir à KK. Donc, lKl \in K.
  • Ainsi, toute suite dans KK a une sous-suite qui converge vers un point de KK, ce qui signifie que KK est compact.

En résumé, le théorème de Bolzano-Weierstrass est la pierre angulaire qui prouve que les ensembles fermés et bornés de R\mathbb{R} sont compacts.

Démontrer qu'une suite de Cauchy dans R\mathbb{R} est convergente, en explicitant le rôle du théorème de Bolzano-Weierstrass.

Solution

Cette propriété est la complétude de R\mathbb{R}. La démonstration se fait en trois étapes clés.

Soit (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite de Cauchy dans R\mathbb{R}.

Étape 1 : Une suite de Cauchy est bornée.

Par définition, pour ϵ=1\epsilon = 1, il existe un rang NNN \in \mathbb{N} tel que pour tous p,qNp, q \ge N, spsq1|s_p - s_q| \le 1.

En particulier, pour tout pNp \ge N, on a spsN1|s_p - s_N| \le 1. Par l'inégalité triangulaire nous avons sp=spsN+sNspsN+sN1+sN|s_p| = |s_p - s_N + s_N| \le |s_p - s_N| + |s_N| \le 1 + |s_N|, ce qui implique spsN+1|s_p| \le |s_N| + 1.

L'ensemble des termes de la suite est donc majoré en valeur absolue par M=max(s0,s1,,sN1,sN+1)M = \max(|s_0|, |s_1|, \dots, |s_{N-1}|, |s_N| + 1). La suite (sn)(s_n) est donc bornée.

Étape 2 : Existence d'une sous-suite convergente.

Puisque la suite (sn)(s_n) est bornée (d'après l'étape 1), le théorème de Bolzano-Weierstrass s'applique. Il garantit l'existence d'une sous-suite (sϕ(k))kN(s_{\phi(k)})_{k \in \mathbb{N}} qui converge vers une limite lRl \in \mathbb{R}.

limksϕ(k)=l\lim_{k \to \infty} s_{\phi(k)} = l

Étape 3 : La suite entière converge vers ll.

Nous voulons montrer que limnsn=l\lim_{n \to \infty} s_n = l. Soit ϵ>0\epsilon > 0.

  • Comme (sn)(s_n) est une suite de Cauchy, il existe N1NN_1 \in \mathbb{N} tel que p,qN1,spsqϵ/2\forall p,q \ge N_1, |s_p - s_q| \le \epsilon/2.
  • Comme (sϕ(k))(s_{\phi(k)}) converge vers ll, il existe KNK \in \mathbb{N} tel que kK,sϕ(k)lϵ/2\forall k \ge K, |s_{\phi(k)} - l| \le \epsilon/2.

Choisissons un entier k0Kk_0 \ge K tel que l'indice ϕ(k0)N1\phi(k_0) \ge N_1. C'est possible car ϕ\phi est strictement croissante, donc ϕ(k)\phi(k) \to \infty.

Posons N=N1N = N_1. Pour tout nNn \ge N:

snl=snsϕ(k0)+sϕ(k0)lsnsϕ(k0)+sϕ(k0)l|s_n - l| = |s_n - s_{\phi(k_0)} + s_{\phi(k_0)} - l| \le |s_n - s_{\phi(k_0)}| + |s_{\phi(k_0)} - l|

  • Le premier terme : puisque nN1n \ge N_1 et ϕ(k0)N1\phi(k_0) \ge N_1, on a snsϕ(k0)ϵ/2|s_n - s_{\phi(k_0)}| \le \epsilon/2.
  • Le second terme : puisque k0Kk_0 \ge K, on a sϕ(k0)lϵ/2|s_{\phi(k_0)} - l| \le \epsilon/2.

Ainsi, pour tout nNn \ge N, snlϵ/2+ϵ/2=ϵ|s_n - l| \le \epsilon/2 + \epsilon/2 = \epsilon.

Ceci prouve que la suite (sn)(s_n) converge vers ll.

Démontrer le théorème du point fixe de Picard pour une application contractante sur un intervalle fermé de R\mathbb{R}.

Solution

Théorème : Soit IRI \subset \mathbb{R} un intervalle fermé et f:IIf: I \to I une application contractante, i.e., L[0,1)\exists L \in [0, 1) tel que x,yI,f(x)f(y)Lxy\forall x, y \in I, |f(x) - f(y)| \le L|x-y|. Alors ff admet un unique point fixe lIl \in I. De plus, pour tout s0Is_0 \in I, la suite récurrente sn+1=f(sn)s_{n+1} = f(s_n) converge vers ll.

Démonstration :

  1. Construction de la suite : On choisit un point arbitraire s0Is_0 \in I et on définit la suite (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} par la relation de récurrence sn+1=f(sn)s_{n+1} = f(s_n). Comme f(I)If(I) \subset I, tous les termes de la suite appartiennent à II.

  2. Estimation de sn+1sn|s_{n+1} - s_n| :

    sn+1sn=f(sn)f(sn1)Lsnsn1|s_{n+1} - s_n| = |f(s_n) - f(s_{n-1})| \le L|s_n - s_{n-1}|.

    Par une récurrence immédiate, on obtient :

    sn+1snLns1s0|s_{n+1} - s_n| \le L^n |s_1 - s_0|

  3. La suite (sn)(s_n) est de Cauchy :

    Soient q>pq > p deux entiers. On utilise l'inégalité triangulaire :

    sqsp=k=pq1(sk+1sk)k=pq1sk+1sk|s_q - s_p| = | \sum_{k=p}^{q-1} (s_{k+1} - s_k) | \le \sum_{k=p}^{q-1} |s_{k+1} - s_k|

    En utilisant l'estimation précédente :

    sqspk=pq1Lks1s0=s1s0k=pq1Lk|s_q - s_p| \le \sum_{k=p}^{q-1} L^k |s_1 - s_0| = |s_1 - s_0| \sum_{k=p}^{q-1} L^k

    La somme est une série géométrique : k=pq1Lk=Lp1Lqp1LLp1L\sum_{k=p}^{q-1} L^k = L^p \frac{1-L^{q-p}}{1-L} \le \frac{L^p}{1-L}.

    Donc, sqsps1s0Lp1L|s_q - s_p| \le |s_1 - s_0| \frac{L^p}{1-L}.

    Comme L[0,1)L \in [0, 1), limpLp=0\lim_{p \to \infty} L^p = 0. Ainsi, pour tout ϵ>0\epsilon > 0, on peut trouver un rang NN tel que pour p,qNp,q \ge N, le terme de droite soit inférieur à ϵ\epsilon. La suite (sn)(s_n) est de Cauchy.

  4. Convergence et existence du point fixe :

    Puisque R\mathbb{R} est complet, la suite de Cauchy (sn)(s_n) converge vers une limite lRl \in \mathbb{R}. Comme II est un intervalle fermé et que tous les snIs_n \in I, la limite ll appartient aussi à II.

    L'application ff est LL-lipschitzienne, donc elle est continue. Par continuité de ff en ll, on a :

    l=limnsn+1=limnf(sn)=f(limnsn)=f(l)l = \lim_{n \to \infty} s_{n+1} = \lim_{n \to \infty} f(s_n) = f(\lim_{n \to \infty} s_n) = f(l)

    Donc ll est un point fixe de ff.

  5. Unicité du point fixe :

    Supposons qu'il existe deux points fixes distincts, l1l_1 et l2l_2, dans II. Alors f(l1)=l1f(l_1) = l_1 et f(l2)=l2f(l_2) = l_2.

    En utilisant la propriété de contraction :

    l1l2=f(l1)f(l2)Ll1l2|l_1 - l_2| = |f(l_1) - f(l_2)| \le L|l_1 - l_2|

    Cela s'écrit (1L)l1l20(1-L)|l_1 - l_2| \le 0. Comme L[0,1)L \in [0,1), on a 1L>01-L > 0. De plus, l1l20|l_1 - l_2| \ge 0. La seule possibilité est donc l1l2=0|l_1 - l_2| = 0, ce qui implique l1=l2l_1 = l_2. Le point fixe est unique.

Quelle est la formule de Hadamard liant le rayon de convergence d'une série entière à la limite supérieure d'une suite ?

Solution

Formule de Cauchy-Hadamard :

Soit anzn\sum a_n z^n une série entière avec an,zCa_n, z \in \mathbb{C}. Son rayon de convergence RR est donné par la formule :

1R=lim supnann\frac{1}{R} = \limsup_{n \to \infty} \sqrt[n]{|a_n|}

Conventions :

  • Si la limite supérieure est 00, on pose R=+R = +\infty. La série converge pour tout zCz \in \mathbb{C}.
  • Si la limite supérieure est ++\infty, on pose R=0R = 0. La série ne converge que pour z=0z=0.

Signification :

Cette formule est un résultat puissant d'analyse complexe qui connecte le comportement asymptotique des coefficients (an)(a_n) de la série à la géométrie de son domaine de convergence dans le plan complexe.

  • La série converge absolument pour tout zz tel que z<R|z| < R.
  • La série diverge pour tout zz tel que z>R|z| > R.

L'utilisation de la lim sup\limsup est cruciale car la limite de ann\sqrt[n]{|a_n|} peut ne pas exister. La lim sup\limsup, qui existe toujours dans Rˉ+\bar{\mathbb{R}}_+, capture le comportement des "pics" les plus grands de la suite ann\sqrt[n]{|a_n|}, qui sont déterminants pour la convergence.

Démontrer le théorème de la convergence monotone pour une suite réelle croissante et majorée.

Solution

Théorème : Toute suite réelle (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} qui est croissante et majorée est convergente. Sa limite est la borne supérieure de l'ensemble de ses termes.

Démonstration :

  1. Existence de la borne supérieure :

    Soit (sn)(s_n) une suite croissante et majorée. Considérons l'ensemble A={snnN}A = \{s_n | n \in \mathbb{N}\}.

    • AA est non vide car il contient au moins s0s_0.
    • AA est majoré par hypothèse.
    • D'après l'axiome de la borne supérieure (propriété fondamentale de R\mathbb{R}), AA admet une borne supérieure, que nous noterons l=supAl = \sup A. ll est un nombre réel.
  2. Convergence vers la borne supérieure :

    Nous allons montrer que limnsn=l\lim_{n \to \infty} s_n = l en utilisant la définition formelle de la limite.

    Soit ϵ>0\epsilon > 0 un réel arbitraire.

    Par la caractérisation de la borne supérieure, pour ce ϵ\epsilon, il existe un élément de AA, disons sNs_N, tel que :

    lϵ<sNll - \epsilon < s_N \le l

    (Si ce n'était pas le cas, lϵl-\epsilon serait un majorant de AA plus petit que ll, ce qui contredirait la définition de ll comme étant le plus petit des majorants).

  3. Utilisation de la monotonie :

    La suite (sn)(s_n) est croissante. Donc, pour tout entier nNn \ge N, on a snsNs_n \ge s_N.

    En combinant avec l'inégalité précédente, on obtient pour tout nNn \ge N :

    lϵ<sNsnl - \epsilon < s_N \le s_n

    De plus, comme ll est un majorant de AA, on a snls_n \le l pour tout nn.

    On a donc pour tout nNn \ge N :

    lϵ<snll - \epsilon < s_n \le l

  4. Conclusion :

    L'encadrement lϵ<snll - \epsilon < s_n \le l implique que snl<ϵ|s_n - l| < \epsilon pour tout nNn \ge N.

    Ceci correspond exactement à la définition de la convergence :

    ϵ>0,NN,nN,snl<ϵ\forall \epsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \ge N, |s_n - l| < \epsilon

    La suite (sn)(s_n) converge donc vers l=sup{snnN}l = \sup\{s_n | n \in \mathbb{N}\}.

Analyser la différence sémantique entre les propositions x,y,P(x,y)\forall x, \exists y, P(x,y) et y,x,P(x,y)\exists y, \forall x, P(x,y), et illustrer avec des propriétés de fonctions f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R}.

Solution

L'ordre des quantificateurs universel (\forall) et existentiel (\exists) est fondamental et change radicalement le sens d'une proposition logique.

Analyse sémantique :

  1. Proposition A : x,y,P(x,y)\forall x, \exists y, P(x,y)

    • "Pour tout xx, il existe un yy tel que P(x,y)P(x,y) est vraie."
    • L'ordre x,y\forall x, \exists y implique que le choix de yy peut dépendre de xx. Pour chaque xx donné, on peut trouver un yy qui fonctionne. On peut voir yy comme une fonction de xx, soit y(x)y(x).
  2. Proposition B : y,x,P(x,y)\exists y, \forall x, P(x,y)

    • "Il existe un yy tel que pour tout xx, P(x,y)P(x,y) est vraie."
    • L'ordre y,x\exists y, \forall x implique qu'il existe un unique yy (ou au moins un) qui doit fonctionner pour tous les xx simultanément. Ce yy est universel et indépendant de xx.

Implication :

La proposition B est beaucoup plus forte que la proposition A. Si l'on trouve un yy universel qui fonctionne pour tous les xx (B est vraie), alors pour n'importe quel xx que l'on choisit, ce même yy existera. Donc, BAB \Rightarrow A.

La réciproque ABA \Rightarrow B est généralement fausse.

Illustrations avec une fonction f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} et le prédicat P(x,y)(y=f(x))P(x,y) \equiv (y = f(x)) :

  • Cas A : xR,yR,y=f(x)\forall x \in \mathbb{R}, \exists y \in \mathbb{R}, y = f(x)

    • Signification : "Pour tout réel xx, il existe un réel yy qui est son image par ff."
    • Interprétation : C'est la définition même d'une fonction de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R}. Chaque élément de l'ensemble de départ a une image. Cette proposition est toujours vraie pour n'importe quelle fonction.
  • Cas B : yR,xR,y=f(x)\exists y \in \mathbb{R}, \forall x \in \mathbb{R}, y = f(x)

    • Signification : "Il existe un réel yy tel que pour tout réel xx, l'image de xx par ff est ce même yy."
    • Interprétation : Ceci affirme que la fonction ff est une fonction constante. Il existe une valeur yy qui est l'image de tous les réels.

Il est évident qu'une fonction constante est bien une fonction (BAB \Rightarrow A), mais une fonction quelconque n'est pas nécessairement constante (par exemple f(x)=xf(x)=x), donc ABA \nRightarrow B.

La réciproque du théorème de Cesàro est-elle vraie ? Justifier avec un contre-exemple.

Solution

Non, la réciproque du théorème de Cesàro est fausse.

Rappel du théorème de Cesàro :

Si une suite (sn)(s_n) converge vers une limite ll, alors la suite de ses moyennes arithmétiques cn=1nk=1nskc_n = \frac{1}{n} \sum_{k=1}^n s_k converge aussi vers ll.

(limnsn=l)    (limncn=l)(\lim_{n \to \infty} s_n = l) \implies (\lim_{n \to \infty} c_n = l)

Énoncé de la réciproque (fausse) :

Si la suite des moyennes arithmétiques (cn)(c_n) converge vers ll, alors la suite (sn)(s_n) converge vers ll.

(limncn=l)    (limnsn=l)(\lim_{n \to \infty} c_n = l) \implies (\lim_{n \to \infty} s_n = l)

Contre-exemple :

Considérons la suite sn=(1)ns_n = (-1)^n.

  1. Analyse de (sn)(s_n) :

    La suite (sn)(s_n) prend les valeurs (1,1,1,1,)(1, -1, 1, -1, \dots). Elle est bornée mais possède deux valeurs d'adhérence, 1 et -1. Elle est donc divergente.

  2. Analyse de la moyenne de Cesàro (cn)(c_n) :

    Calculons la somme partielle Sn=k=1nsk=k=1n(1)kS_n = \sum_{k=1}^n s_k = \sum_{k=1}^n (-1)^k.

    • Si nn est impair, n=2p1n=2p-1, Sn=1+11+1=1S_n = -1+1-1+\dots-1 = -1.
    • Si nn est pair, n=2pn=2p, Sn=1+11++1=0S_n = -1+1-1+\dots+1 = 0.

    On peut écrire Sn=(1)n12S_n = \frac{(-1)^n - 1}{2}.

    La moyenne de Cesàro est cn=Snnc_n = \frac{S_n}{n}.

    • Si nn est impair, cn=1/nc_n = -1/n.
    • Si nn est pair, cn=0/n=0c_n = 0/n = 0.

    Dans les deux cas, on voit que la suite (cn)(c_n) tend vers 0. On peut le montrer formellement :

    cn=Snn1n|c_n| = |\frac{S_n}{n}| \le \frac{1}{n}. Par le théorème des gendarmes, limncn=0\lim_{n \to \infty} c_n = 0.

  3. Conclusion :

    Nous avons trouvé une suite (sn)(s_n) telle que sa moyenne de Cesàro (cn)(c_n) converge vers 0, mais la suite (sn)(s_n) elle-même diverge. Cela prouve que la réciproque du théorème de Cesàro est fausse.

Expliquer comment les concepts de limite supérieure et limite inférieure fournissent un critère de convergence pour une suite réelle.

Solution

Les limites supérieure (lim sup\limsup) et inférieure (lim inf\liminf) d'une suite réelle (sn)(s_n) existent toujours dans l'ensemble Rˉ=R{,+}\bar{\mathbb{R}} = \mathbb{R} \cup \{-\infty, +\infty\} et fournissent une caractérisation complète de la convergence.

Critère de convergence :

Une suite (sn)(s_n) converge vers une limite lRˉl \in \bar{\mathbb{R}} si et seulement si sa limite inférieure et sa limite supérieure sont égales à ll.

(snl)    (lim infnsn=lim supnsn=l)(s_n \to l) \iff (\liminf_{n \to \infty} s_n = \limsup_{n \to \infty} s_n = l)

Explication conceptuelle :

  1. Caractérisation par les valeurs d'adhérence :

    • lim supsn\limsup s_n est la plus grande valeur d'adhérence de la suite (sn)(s_n).
    • lim infsn\liminf s_n est la plus petite valeur d'adhérence de la suite (sn)(s_n).

    Une valeur d'adhérence est la limite d'une sous-suite convergente.

  2. Interprétation du critère :

    • L'égalité lim infsn=lim supsn\liminf s_n = \limsup s_n signifie que l'ensemble des valeurs d'adhérence de la suite est réduit à un seul point.
    • Quand la plus petite et la plus grande valeur d'adhérence coïncident, il ne peut y avoir qu'une seule valeur d'adhérence. Intuitivement, tous les "chemins" (sous-suites) convergents mènent au même endroit.
    • Si toutes les sous-suites convergentes tendent vers la même limite ll, on peut montrer que la suite entière converge vers ll.

Exemples :

  • Suite convergente : sn=1/ns_n = 1/n.

    Les sous-suites convergent toutes vers 0. L'ensemble des valeurs d'adhérence est {0}\{0\}.

    lim infsn=lim supsn=0\liminf s_n = \limsup s_n = 0. La suite converge vers 0.

  • Suite divergente oscillante : sn=(1)ns_n = (-1)^n.

    La sous-suite des termes pairs converge vers 1, la sous-suite des termes impairs converge vers -1. L'ensemble des valeurs d'adhérence est {1,1}\{-1, 1\}.

    lim infsn=1\liminf s_n = -1 et lim supsn=1\limsup s_n = 1.

    Comme lim infsnlim supsn\liminf s_n \neq \limsup s_n, la suite diverge.

  • Suite divergente vers ++\infty : sn=ns_n = n.

    Toute sous-suite tend vers ++\infty. L'unique valeur d'adhérence dans Rˉ\bar{\mathbb{R}} est ++\infty.

    lim infsn=lim supsn=+\liminf s_n = \limsup s_n = +\infty. La suite converge vers ++\infty dans Rˉ\bar{\mathbb{R}}.

Démontrer qu'une suite convergente est nécessairement bornée.

Solution

Théorème : Toute suite convergente (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} à valeurs dans K\mathbb{K} (où K=R\mathbb{K}=\mathbb{R} ou C\mathbb{C}) est bornée.

Démonstration :

Soit (sn)(s_n) une suite qui converge vers une limite lKl \in \mathbb{K}.

  1. Application de la définition de la convergence :

    Par définition de la convergence, pour tout ϵ>0\epsilon > 0, il existe un rang NNN \in \mathbb{N} à partir duquel tous les termes de la suite sont "proches" de ll.

    Choisissons une valeur spécifique pour ϵ\epsilon, par exemple ϵ=1\epsilon = 1.

    Il existe donc un rang NN tel que pour tout entier nNn \ge N, on a :

    snl1|s_n - l| \le 1

  2. Majoration de la "queue" de la suite :

    En utilisant l'inégalité triangulaire inversée (abab|a|-|b| \le |a-b|), on peut écrire snlsnl|s_n| - |l| \le |s_n - l|.

    Pour nNn \ge N, on a donc :

    snl+snll+1|s_n| \le |l| + |s_n - l| \le |l| + 1

    Ceci montre que tous les termes de la suite à partir du rang NN (la "queue" de la suite) sont bornés par la constante l+1|l|+1.

  3. Majoration de la suite entière :

    Il reste à considérer le nombre fini de termes qui précèdent le rang NN : s0,s1,,sN1s_0, s_1, \dots, s_{N-1}. Cet ensemble est fini, donc il est nécessairement borné.

    Pour borner la suite entière, il suffit de prendre le maximum entre les bornes des deux parties (la tête et la queue) :

    Soit M=max(s0,s1,,sN1,l+1)M = \max(|s_0|, |s_1|, \dots, |s_{N-1}|, |l| + 1).

    Alors, pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a snM|s_n| \le M.

  4. Conclusion :

    Nous avons trouvé une constante réelle positive MM qui majore la valeur absolue (ou le module) de tous les termes de la suite. La suite (sn)(s_n) est donc bornée.

Quel est le lien entre la logique formelle utilisée en analyse et les théorèmes d'incomplétude de Gödel ?

Solution

Le lien est profond et concerne les fondements des mathématiques. L'analyse, comme la plupart des mathématiques modernes, est construite sur un système axiomatique formel, généralement la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel avec l'axiome du choix (ZFC). La logique des prédicats du premier ordre, présentée dans ce chapitre, est le langage utilisé pour énoncer ces axiomes et pour construire les démonstrations.

Les théorèmes d'incomplétude de Gödel (1931) sont des résultats méta-mathématiques qui explorent les limites de tous les systèmes formels de ce type.

  1. Premier théorème d'incomplétude :

    Il stipule que tout système axiomatique cohérent (sans contradiction), suffisamment puissant pour décrire l'arithmétique des entiers (ce qui est le cas de ZFC), est nécessairement incomplet.

    Cela signifie qu'il existe des propositions (énoncés mathématiques) PP formulables dans le langage de ce système, telles que ni PP ni sa négation ¬P\neg P ne peuvent être démontrées à partir des axiomes. Ces propositions sont dites indécidables.

  2. Deuxième théorème d'incomplétude :

    Il affirme qu'un tel système ne peut pas prouver sa propre cohérence. La cohérence de ZFC est un article de foi pour la plupart des mathématiciens.

Implications pour l'analyse :

  • Limites de la preuve : Les théorèmes de Gödel impliquent qu'il pourrait exister des énoncés vrais en analyse (par exemple, concernant les suites ou les fonctions) qui sont impossibles à prouver dans le cadre de ZFC. L'hypothèse du continu est un exemple célèbre de proposition indécidable dans ZFC.
  • Fondements : Cela montre que le projet de Hilbert de fonder toutes les mathématiques sur un ensemble fini d'axiomes à partir desquels toute vérité mathématique pourrait être mécaniquement démontrée est irréalisable.
  • Pratique vs Théorie : En pratique, la grande majorité des problèmes rencontrés par les mathématiciens en analyse sont décidables au sein de ZFC. Les résultats de Gödel n'invalident pas les démonstrations existantes mais posent des limites fondamentales à ce qui est démontrable en principe.

En résumé, la logique formelle est l'outil de l'analyse, tandis que les théorèmes de Gödel décrivent les limites intrinsèques et inhérentes de cet outil.