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Rappels de logique et suites numériques (B)


Concept 1: Logique Formelle et Techniques de Démonstration

Prérequis

  • Théorie élémentaire des ensembles (appartenance, inclusion, union, intersection, complémentaire).
  • Notions de base sur les ensembles de nombres (N\mathbb{N}, R\mathbb{R}, C\mathbb{C}).

Définition

Le raisonnement mathématique repose sur la logique des prédicats du premier ordre. Une proposition (ou prédicat) est un énoncé PP auquel on peut assigner une valeur de vérité (Vrai ou Faux). Les propositions peuvent être combinées à l’aide de connecteurs logiques :

  • Négation (¬P\neg P): “non P”
  • Conjonction (PQP \land Q): “P et Q”
  • Disjonction (PQP \lor Q): “P ou Q” (inclusif)
  • Implication (PQP \Rightarrow Q): “si P alors Q”. Équivalente à (¬PQ)(\neg P \lor Q). PP est l’hypothèse, QQ la conclusion.
  • Équivalence (PQP \Leftrightarrow Q): “P si et seulement si Q”. Équivalente à (PQ)(QP)(P \Rightarrow Q) \land (Q \Rightarrow P).

Les propositions peuvent dépendre de variables, et leur portée est définie par des quantificateurs :

  • Quantificateur universel (\forall): “pour tout”. La proposition (xE,P(x))(\forall x \in E, P(x)) est vraie si P(x)P(x) est vraie pour chaque élément xx de l’ensemble EE.
  • Quantificateur existentiel (\exists): “il existe”. La proposition (xE,P(x))(\exists x \in E, P(x)) est vraie s’il existe au moins un élément xEx \in E pour lequel P(x)P(x) est vraie. On note !\exists! pour “il existe un unique”.

Propriétés Clés

  • Ordre des quantificateurs: L’ordre est primordial. Intervertir \forall et \exists change radicalement le sens de la proposition. En général, (y,x,P(x,y))(x,y,P(x,y))(\exists y, \forall x, P(x,y)) \Rightarrow (\forall x, \exists y, P(x,y)), mais la réciproque est fausse. En revanche, l’ordre de quantificateurs de même nature peut être interverti: (x,y,P(x,y))(y,x,P(x,y))(\forall x, \forall y, P(x,y)) \Leftrightarrow (\forall y, \forall x, P(x,y)).

  • Négation des propositions quantifiées:

    • ¬(xE,P(x))(xE,¬P(x))\neg(\forall x \in E, P(x)) \Leftrightarrow (\exists x \in E, \neg P(x))
    • ¬(xE,P(x))(xE,¬P(x))\neg(\exists x \in E, P(x)) \Leftrightarrow (\forall x \in E, \neg P(x))
  • Techniques de démonstration:

    1. Démonstration directe: Pour prouver PQP \Rightarrow Q, on suppose PP vraie et on en déduit QQ.
    2. Démonstration par contraposée: On prouve l’implication logiquement équivalente ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P.
    3. Démonstration par l’absurde (reductio ad absurdum): Pour prouver PP, on suppose ¬P\neg P et on en déduit une contradiction (un énoncé de la forme Q¬QQ \land \neg Q). Pour prouver PQP \Rightarrow Q, on suppose P¬QP \land \neg Q et on aboutit à une contradiction.
    4. Principe de récurrence (simple): Soit P(n)P(n) une proposition dépendant de nNn \in \mathbb{N}. Si P(n0)P(n_0) est vraie (initialisation) et si (nn0,P(n)P(n+1))(\forall n \ge n_0, P(n) \Rightarrow P(n+1)) est vraie (hérédité), alors nn0,P(n)\forall n \ge n_0, P(n) est vraie. Une variante, la récurrence forte, utilise l’hypothèse (k{n0,,n},P(k))(\forall k \in \{n_0, \dots, n\}, P(k)) pour prouver P(n+1)P(n+1).

Exemples

Exemple 1 : Ordre des quantificateurs

Soit f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R}.

  • Proposition A: xR,yR,y=f(x)\forall x \in \mathbb{R}, \exists y \in \mathbb{R}, y = f(x). C’est la définition d’une fonction, elle est toujours vraie.
  • Proposition B: yR,xR,y=f(x)\exists y \in \mathbb{R}, \forall x \in \mathbb{R}, y = f(x). Ceci affirme que la fonction ff est constante.

Clairement, BAB \Rightarrow A, mais ABA \nRightarrow B.

Exemple 2 : Démonstration par contraposée

Soit nZn \in \mathbb{Z}. Montrons que : si n2n^2 est pair, alors nn est pair.

  • Proposition A: ”n2n^2 est pair”. Proposition B: ”nn est pair”.
  • On montre ¬B¬A\neg B \Rightarrow \neg A.
  • Hypothèse (¬B\neg B): nn est impair. Il existe donc kZk \in \mathbb{Z} tel que n=2k+1n = 2k+1.
  • Démonstration: n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2 = (2k+1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2+2k) + 1.
  • Puisque 2k2+2kZ2k^2+2k \in \mathbb{Z}, n2n^2 est de la forme 2m+12m+1, donc n2n^2 est impair (¬A\neg A).
  • On a bien montré ¬B¬A\neg B \Rightarrow \neg A, ce qui prouve ABA \Rightarrow B.

Exemple 3 : Démonstration par l’absurde

Montrons que 2\sqrt{2} est irrationnel.

  • Supposons par l’absurde que 2\sqrt{2} est rationnel. Alors (p,q)Z×N\exists (p,q) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* tels que 2=p/q\sqrt{2} = p/q avec la fraction p/qp/q irréductible (i.e., pgcd(p,q)=1\text{pgcd}(p,q)=1).
  • En élevant au carré, 2=p2/q22 = p^2/q^2, donc p2=2q2p^2 = 2q^2.
  • Ceci implique que p2p^2 est pair. D’après l’Exemple 2, pp est pair. Donc kZ\exists k \in \mathbb{Z} tel que p=2kp=2k.
  • En substituant, (2k)2=2q24k2=2q2q2=2k2(2k)^2 = 2q^2 \Rightarrow 4k^2 = 2q^2 \Rightarrow q^2 = 2k^2.
  • Ceci implique que q2q^2 est pair, et donc que qq est pair.
  • pp et qq sont tous deux pairs, ce qui contredit l’hypothèse que la fraction p/qp/q est irréductible.
  • La supposition initiale est donc fausse, et 2\sqrt{2} est irrationnel.

Contre-exemples

  • Affirmation du conséquent: Le fait que ABA \Rightarrow B et BB soient vrais n’implique pas que AA soit vrai. Soit xRx \in \mathbb{R}. On a x=2x2=4x = 2 \Rightarrow x^2 = 4. Si l’on observe que x2=4x^2=4, on ne peut pas en conclure que x=2x=2 (car x=2x=-2 est une autre solution).

  • Négation incorrecte d’une proposition quantifiée: La négation de “Tous les étudiants ont réussi l’examen” (x,R(x)\forall x, R(x)) n’est pas “Aucun étudiant n’a réussi l’examen” (x,¬R(x)\forall x, \neg R(x)), mais “Au moins un étudiant n’a pas réussi l’examen” (x,¬R(x)\exists x, \neg R(x)).

Concepts Liés

  • Théorie des ensembles (ZFC): La logique formelle est le langage dans lequel les axiomes de la théorie des ensembles sont exprimés.
  • Calculabilité et Théorèmes d’incomplétude de Gödel: Ces théories explorent les limites intrinsèques des systèmes formels et de la démonstration.

Concept 2: Suites Numériques : Convergence et Analyse Asymptotique

Prérequis

  • Concept 1: Logique Formelle et Techniques de Démonstration.
  • Topologie de base de R\mathbb{R} et C\mathbb{C} (valeur absolue/module, distance).
  • Fonctions continues.

Définition

Une suite numérique est une application s:NKs: \mathbb{N} \to \mathbb{K}, où K\mathbb{K} est R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}. On la note (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} ou simplement (sn)(s_n).

Convergence : Une suite (sn)(s_n) converge vers une limite lKl \in \mathbb{K} si :

ϵ>0,NN,nN,(nNsnlϵ)\forall \epsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \in \mathbb{N}, (n \ge N \Rightarrow |s_n - l| \le \epsilon)

On note alors limnsn=l\lim_{n \to \infty} s_n = l ou snls_n \to l. Une suite qui ne converge pas est dite divergente.

Analyse Asymptotique (Notations de Landau) : Soient (sn)(s_n) et (tn)(t_n) deux suites, avec tn>0t_n > 0 pour nn assez grand.

  • Grand O: sn=O(tn)s_n = O(t_n) s’il existe une constante C>0C > 0 et un rang NNN \in \mathbb{N} tels que nN,snCtn\forall n \ge N, |s_n| \le C t_n.
  • Petit o: sn=o(tn)s_n = o(t_n) si limnsntn=0\lim_{n \to \infty} \frac{s_n}{t_n} = 0. Cela équivaut à : ϵ>0,NN,nN,snϵtn\forall \epsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \ge N, |s_n| \le \epsilon t_n.
  • Équivalence: sntns_n \sim t_n si sntn=o(tn)s_n - t_n = o(t_n). Si tn0t_n \neq 0 pour nn assez grand, cela équivaut à limnsntn=1\lim_{n \to \infty} \frac{s_n}{t_n} = 1.

Propriétés Clés

  • Unicité de la limite: Si une suite converge, sa limite est unique.

    Preuve: Soient l1,l2l_1, l_2 deux limites. ϵ>0\forall \epsilon > 0, N1,nN1snl1ϵ/2\exists N_1, n \ge N_1 \Rightarrow |s_n - l_1| \le \epsilon/2 et N2,nN2snl2ϵ/2\exists N_2, n \ge N_2 \Rightarrow |s_n - l_2| \le \epsilon/2. Pour nmax(N1,N2)n \ge \max(N_1, N_2), on a l1l2=l1sn+snl2snl1+snl2ϵ|l_1 - l_2| = |l_1 - s_n + s_n - l_2| \le |s_n - l_1| + |s_n - l_2| \le \epsilon. Comme ϵ\epsilon est arbitraire, l1l2=0|l_1-l_2|=0, donc l1=l2l_1=l_2.

  • Toute suite convergente est bornée.

    Preuve: Soit snls_n \to l. Pour ϵ=1\epsilon=1, N\exists N tel que nN,snl1\forall n \ge N, |s_n - l| \le 1, ce qui implique snl+1|s_n| \le |l|+1. La suite est donc bornée par M=max(s0,,sN1,l+1)M = \max(|s_0|, \dots, |s_{N-1}|, |l|+1).

  • Opérations sur les limites: Si snl1s_n \to l_1 et tnl2t_n \to l_2, alors :

    • sn+tnl1+l2s_n + t_n \to l_1 + l_2
    • λsnλl1\lambda s_n \to \lambda l_1 pour λK\lambda \in \mathbb{K}
    • sntnl1l2s_n t_n \to l_1 l_2
    • Si l20l_2 \neq 0, sn/tnl1/l2s_n/t_n \to l_1/l_2.
  • Théorème de Cesàro: Si limnsn=l\lim_{n \to \infty} s_n = l, alors la suite des moyennes arithmétiques cn=1nk=1nskc_n = \frac{1}{n} \sum_{k=1}^n s_k converge aussi vers ll.

  • Théorème de comparaison (Théorème des gendarmes): Soient (sn),(tn),(un)(s_n), (t_n), (u_n) trois suites réelles. Si sntnuns_n \le t_n \le u_n pour nN0n \ge N_0 et si snls_n \to l et unlu_n \to l, alors tnlt_n \to l.

Exemples

Exemple 1 : Convergence de sn=sin(n)ns_n = \frac{\sin(n)}{n}

Pour n1n \ge 1, on a 1sin(n)1-1 \le \sin(n) \le 1, donc 1nsin(n)n1n-\frac{1}{n} \le \frac{\sin(n)}{n} \le \frac{1}{n}.

Comme limn1n=0\lim_{n \to \infty} -\frac{1}{n} = 0 et limn1n=0\lim_{n \to \infty} \frac{1}{n} = 0, par le théorème des gendarmes, limnsin(n)n=0\lim_{n \to \infty} \frac{\sin(n)}{n} = 0.

Exemple 2 : Utilisation des équivalents

Calculer la limite de sn=n2+3n+ln(n)2n2ncos(n)s_n = \frac{n^2 + 3n + \ln(n)}{2n^2 - n\cos(n)}.

Au voisinage de ++\infty, 3n=o(n2)3n = o(n^2), ln(n)=o(n2)\ln(n) = o(n^2), donc n2+3n+ln(n)n2n^2 + 3n + \ln(n) \sim n^2.

ncos(n)=O(n)=o(n2)n\cos(n) = O(n) = o(n^2), donc 2n2ncos(n)2n22n^2 - n\cos(n) \sim 2n^2.

Par compatibilité de l’équivalence avec le quotient, snn22n2=12s_n \sim \frac{n^2}{2n^2} = \frac{1}{2}. Donc limnsn=12\lim_{n \to \infty} s_n = \frac{1}{2}.

Exemple 3 : Théorème de Cesàro

Soit sn=1ns_n = \frac{1}{n}. On sait que sn0s_n \to 0. La suite de Cesàro est cn=1nk=1n1k=Hnnc_n = \frac{1}{n} \sum_{k=1}^n \frac{1}{k} = \frac{H_n}{n}. Comme Hnln(n)H_n \sim \ln(n), on a cnln(n)n0c_n \sim \frac{\ln(n)}{n} \to 0, ce qui est cohérent avec le théorème.

Contre-exemples

  • Suite bornée non convergente: La suite sn=(1)ns_n = (-1)^n est bornée (par 1), mais elle diverge car elle oscille entre -1 et 1.

  • Réciproque du théorème de Cesàro: La réciproque est fausse. Soit sn=(1)ns_n = (-1)^n. La suite (sn)(s_n) diverge. Cependant, k=1n(1)k\sum_{k=1}^n (-1)^k vaut -1 si n est impair et 0 si n est pair. Donc cn=1nk=1n(1)k1n|c_n| = |\frac{1}{n}\sum_{k=1}^n (-1)^k| \le \frac{1}{n}, et cn0c_n \to 0.

Concepts Liés

  • Séries numériques: L’étude de la convergence de la suite des sommes partielles SN=n=0NunS_N = \sum_{n=0}^N u_n.
  • Espaces métriques: La définition de la convergence est un cas particulier de la convergence dans un espace métrique (E,d)(E, d), où snl|s_n - l| est remplacé par d(sn,l)d(s_n, l).
  • Développements limités: Outil puissant pour trouver des équivalents de suites définies par des fonctions.

Concept 3: Critères de Convergence et Complétude de R\mathbb{R}

Prérequis

  • Concept 2: Suites Numériques et Convergence.
  • Propriétés de l’ordre dans R\mathbb{R}.

Définition

  • Borne supérieure/inférieure: Soit ARA \subset \mathbb{R} non vide.

    • M=supAM = \sup A (borne supérieure) est le plus petit des majorants de AA.
    • m=infAm = \inf A (borne inférieure) est le plus grand des minorants de AA.
  • Axiome de la borne supérieure: Toute partie non vide et majorée de R\mathbb{R} admet une borne supérieure dans R\mathbb{R}. (Cette propriété fondamentale distingue R\mathbb{R} de Q\mathbb{Q}).

  • Suite monotone: Une suite réelle (sn)(s_n) est croissante si sn+1sns_{n+1} \ge s_n pour tout nn, et décroissante si sn+1sns_{n+1} \le s_n pour tout nn.

  • Suites adjacentes: Deux suites réelles (an)(a_n) et (bn)(b_n) sont adjacentes si (an)(a_n) est croissante, (bn)(b_n) est décroissante, et limn(bnan)=0\lim_{n \to \infty} (b_n - a_n) = 0.

  • Sous-suite (ou suite extraite): Une suite (tk)(t_k) est une sous-suite de (sn)(s_n) s’il existe une application ϕ:NN\phi: \mathbb{N} \to \mathbb{N} strictement croissante telle que tk=sϕ(k)t_k = s_{\phi(k)} pour tout kk.

  • Suite de Cauchy: Une suite (sn)(s_n) dans K\mathbb{K} est de Cauchy si :

    ϵ>0,NN,p,qN,(p,qNspsqϵ)\forall \epsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall p,q \in \mathbb{N}, (p,q \ge N \Rightarrow |s_p - s_q| \le \epsilon)

Propriétés Clés

  • Théorème de la convergence monotone: Toute suite réelle croissante et majorée est convergente. Toute suite réelle décroissante et minorée est convergente.

    Preuve (cas croissant): Soit (sn)(s_n) croissante et majorée. L’ensemble A={snnN}A = \{s_n | n \in \mathbb{N}\} est non vide et majoré, il admet donc une borne supérieure l=supAl = \sup A. Montrons que snls_n \to l. Soit ϵ>0\epsilon > 0. Par caractérisation de la borne supérieure, il existe NNN \in \mathbb{N} tel que lϵ<sNll-\epsilon < s_N \le l. Comme (sn)(s_n) est croissante, pour tout nNn \ge N, on a sNsns_N \le s_n. De plus, snls_n \le l car ll est un majorant. Ainsi, nN,lϵ<snl\forall n \ge N, l-\epsilon < s_n \le l, ce qui implique snl<ϵ|s_n - l| < \epsilon.

  • Théorème des suites adjacentes: Deux suites adjacentes convergent vers la même limite.

  • Théorème de Bolzano-Weierstrass: De toute suite bornée dans R\mathbb{R} (ou C\mathbb{C}), on peut extraire une sous-suite convergente.

  • Théorème de complétude de R\mathbb{R}: Un espace métrique dans lequel toute suite de Cauchy converge est dit complet. R\mathbb{R} et C\mathbb{C} sont des espaces complets.

    Théorème fondamental: Une suite (sn)(s_n) dans R\mathbb{R} ou C\mathbb{C} converge si et seulement si elle est de Cauchy.

    Preuve (\Leftarrow): Soit (sn)(s_n) une suite de Cauchy. D’abord, on montre qu’elle est bornée. Puis, d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, elle admet une sous-suite (sϕ(k))(s_{\phi(k)}) qui converge vers une limite ll. Finalement, on montre que la suite entière (sn)(s_n) converge vers ll en utilisant la définition d’une suite de Cauchy et la convergence de la sous-suite.

  • Théorème du point fixe de Picard (Théorème de la contraction): Soit IRI \subset \mathbb{R} un intervalle fermé et f:IIf: I \to I une application contractante, i.e., L[0,1)\exists L \in [0, 1) tel que x,yI,f(x)f(y)Lxy\forall x, y \in I, |f(x) - f(y)| \le L|x-y|. Alors ff admet un unique point fixe lIl \in I. De plus, pour tout s0Is_0 \in I, la suite récurrente sn+1=f(sn)s_{n+1} = f(s_n) converge vers ll.

    Preuve: On montre que la suite (sn)(s_n) est de Cauchy. sn+1snLsnsn1Lns1s0|s_{n+1} - s_n| \le L|s_n - s_{n-1}| \le \dots \le L^n|s_1-s_0|. Pour q>pq>p, sqspk=pq1sk+1sks1s0k=pq1Lk=s1s0LpLq1L|s_q - s_p| \le \sum_{k=p}^{q-1} |s_{k+1}-s_k| \le |s_1-s_0|\sum_{k=p}^{q-1} L^k = |s_1-s_0| \frac{L^p-L^q}{1-L}. Comme L<1L<1, le terme de droite tend vers 0 quand p,qp,q \to \infty. La suite est de Cauchy, donc elle converge vers lIl \in I (car II est fermé). Par continuité de ff, ll est un point fixe. L’unicité découle de l1l2=f(l1)f(l2)Ll1l2|l_1 - l_2| = |f(l_1) - f(l_2)| \le L|l_1 - l_2|, ce qui impose l1=l2l_1=l_2 car L<1L<1.

Exemples

Exemple 1 : Critère de Cauchy pour une série

Montrons que la suite sn=k=1n1k2s_n = \sum_{k=1}^n \frac{1}{k^2} converge. Soient p>q1p > q \ge 1.

spsq=k=q+1p1k2|s_p - s_q| = \sum_{k=q+1}^p \frac{1}{k^2}. On utilise la majoration 1k2<1k(k1)=1k11k\frac{1}{k^2} < \frac{1}{k(k-1)} = \frac{1}{k-1} - \frac{1}{k} pour k2k \ge 2.

spsq<k=q+1p(1k11k)=(1q1q+1)++(1p11p)=1q1p|s_p - s_q| < \sum_{k=q+1}^p (\frac{1}{k-1} - \frac{1}{k}) = (\frac{1}{q} - \frac{1}{q+1}) + \dots + (\frac{1}{p-1} - \frac{1}{p}) = \frac{1}{q} - \frac{1}{p}.

Pour tout ϵ>0\epsilon > 0, on peut choisir NN tel que 1/N<ϵ1/N < \epsilon. Alors pour p>qNp > q \ge N, spsq<1/q1/N<ϵ|s_p - s_q| < 1/q \le 1/N < \epsilon. La suite est de Cauchy, donc elle converge.

Exemple 2 : Bolzano-Weierstrass

Soit sn=sin(n)s_n = \sin(n). La suite est bornée dans [1,1][-1, 1]. Le théorème de Bolzano-Weierstrass garantit l’existence d’une sous-suite convergente. Il est plus difficile de l’exhiber, mais son existence est certaine.

Exemple 3 : Point fixe de Picard

Soit f(x)=x+2x+1f(x) = \frac{x+2}{x+1} sur I=[1,2]I = [1, 2].

  • Stabilité: f(x)=1/(x+1)2<0f'(x) = -1/(x+1)^2 < 0, donc ff est décroissante sur II. f(1)=3/2If(1) = 3/2 \in I et f(2)=4/3If(2) = 4/3 \in I. Donc f(I)[4/3,3/2]If(I) \subset [4/3, 3/2] \subset I.
  • Contraction: f(x)=1/(x+1)21/(1+1)2=1/4|f'(x)| = 1/(x+1)^2 \le 1/(1+1)^2 = 1/4 sur II. Par le théorème des accroissements finis, ff est contractante avec L=1/4L=1/4.
  • Conclusion: ff a un unique point fixe dans II (qui est 2\sqrt{2}), et toute suite sn+1=f(sn)s_{n+1} = f(s_n) avec s0Is_0 \in I converge vers 2\sqrt{2}.

Contre-exemples

  • Espace non complet: L’ensemble Q\mathbb{Q} n’est pas complet. Considérons la suite récurrente s0=1,sn+1=sn2+1sns_0=1, s_{n+1} = \frac{s_n}{2} + \frac{1}{s_n}. C’est une suite de rationnels qui converge vers 2Q\sqrt{2} \notin \mathbb{Q}. Elle est de Cauchy dans Q\mathbb{Q} mais ne converge pas dans Q\mathbb{Q}.

  • Théorème de Picard sans f(I)If(I) \subset I: Soit f(x)=1/xf(x)=1/x sur I=[1,)I=[1, \infty). ff est contractante sur II car f(x)=1/x21|f'(x)|=1/x^2 \le 1. Cependant, ff n’a pas de point fixe dans II. La condition f(I)If(I) \subset I est violée car f(2)=1/2If(2)=1/2 \notin I.

Concepts Liés

  • Espaces de Banach: Espaces vectoriels normés complets, un concept central en analyse fonctionnelle.
  • Compacité: Un ensemble est compact si de toute suite d’éléments de l’ensemble, on peut extraire une sous-suite qui converge vers un élément de l’ensemble. Dans Rn\mathbb{R}^n, “compact” est équivalent à “fermé et borné”. Le théorème de Bolzano-Weierstrass est une expression de la compacité des segments de R\mathbb{R}.

Concept 4: Limites Supérieure et Inférieure

Prérequis

  • Concept 3: En particulier les notions de borne supérieure/inférieure et de sous-suite.
  • Connaissance de l’ensemble Rˉ=R{,+}\bar{\mathbb{R}} = \mathbb{R} \cup \{-\infty, +\infty\}.

Définition

Soit (sn)nN(s_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite de nombres réels.

Pour tout nNn \in \mathbb{N}, on définit les suites :

  • sn=sup{skkn}s'_n = \sup \{s_k | k \ge n\}
  • sn=inf{skkn}s''_n = \inf \{s_k | k \ge n\}

La suite (sn)(s'_n) est décroissante (dans Rˉ\bar{\mathbb{R}}) et la suite (sn)(s''_n) est croissante (dans Rˉ\bar{\mathbb{R}}). Elles admettent donc des limites dans Rˉ\bar{\mathbb{R}}.

  • La limite supérieure de (sn)(s_n) est :

lim supnsn:=limnsn=limn(supknsk)=infn0(supknsk)\limsup_{n \to \infty} s_n := \lim_{n \to \infty} s'_n = \lim_{n \to \infty} (\sup_{k \ge n} s_k) = \inf_{n \ge 0} (\sup_{k \ge n} s_k)

  • La limite inférieure de (sn)(s_n) est :

lim infnsn:=limnsn=limn(infknsk)=supn0(infknsk)\liminf_{n \to \infty} s_n := \lim_{n \to \infty} s''_n = \lim_{n \to \infty} (\inf_{k \ge n} s_k) = \sup_{n \ge 0} (\inf_{k \ge n} s_k)

Ces limites existent toujours dans Rˉ\bar{\mathbb{R}}.

Propriétés Clés

  • Ordre: Pour toute suite (sn)(s_n), lim infnsnlim supnsn\liminf_{n \to \infty} s_n \le \limsup_{n \to \infty} s_n.

  • Caractérisation par les valeurs d’adhérence: L’ensemble des valeurs d’adhérence d’une suite (sn)(s_n) est l’ensemble des limites de toutes ses sous-suites convergentes.

    • lim supnsn\limsup_{n \to \infty} s_n est la plus grande valeur d’adhérence de la suite (sn)(s_n).
    • lim infnsn\liminf_{n \to \infty} s_n est la plus petite valeur d’adhérence de la suite (sn)(s_n).
  • Critère de convergence: Une suite (sn)(s_n) converge vers lRˉl \in \bar{\mathbb{R}} si et seulement si lim infnsn=lim supnsn=l\liminf_{n \to \infty} s_n = \limsup_{n \to \infty} s_n = l.

  • Caractérisation par ϵ\epsilon (l=lim supsnRl = \limsup s_n \in \mathbb{R}):

    1. ϵ>0\forall \epsilon > 0, NN\exists N \in \mathbb{N} tel que nN,sn<l+ϵ\forall n \ge N, s_n < l+\epsilon. (La suite est éventuellement majorée par l+ϵl+\epsilon).
    2. ϵ>0\forall \epsilon > 0, NN\forall N \in \mathbb{N}, nN\exists n \ge N tel que sn>lϵs_n > l-\epsilon. (La suite dépasse infiniment souvent lϵl-\epsilon).

    Une caractérisation analogue existe pour la lim inf\liminf.

  • Propriétés algébriques (inégalités):

    • lim sup(sn+tn)lim supsn+lim suptn\limsup(s_n+t_n) \le \limsup s_n + \limsup t_n
    • lim inf(sn+tn)lim infsn+lim inftn\liminf(s_n+t_n) \ge \liminf s_n + \liminf t_n

    (L’égalité n’est pas garantie).

Exemples

Exemple 1 : Suite oscillante

Soit sn=(1)ns_n = (-1)^n. L’ensemble des termes est {1,1}\{-1, 1\}.

Pour tout nn, sup{skkn}=1\sup \{s_k | k \ge n\} = 1 et inf{skkn}=1\inf \{s_k | k \ge n\} = -1.

Donc sn=1s'_n = 1 et sn=1s''_n = -1 pour tout nn.

lim supnsn=limn1=1\limsup_{n \to \infty} s_n = \lim_{n \to \infty} 1 = 1.

lim infnsn=limn1=1\liminf_{n \to \infty} s_n = \lim_{n \to \infty} -1 = -1.

Les deux limites sont différentes, donc la suite diverge. Les valeurs d’adhérence sont {1,1}\{ -1, 1 \}.

Exemple 2 : Suite sn=(1)n(1+1n)s_n = (-1)^n(1 + \frac{1}{n})

Les termes pairs sont s2p=1+12p1s_{2p} = 1 + \frac{1}{2p} \to 1.

Les termes impairs sont s2p+1=(1+12p+1)1s_{2p+1} = -(1 + \frac{1}{2p+1}) \to -1.

L’ensemble des valeurs d’adhérence est {1,1}\{-1, 1\}.

La plus grande est 1, la plus petite est -1. Donc lim supsn=1\limsup s_n = 1 et lim infsn=1\liminf s_n = -1.

Exemple 3 : Suite non bornée

Soit sn=nsin2(nπ2)s_n = n \sin^2(\frac{n\pi}{2}).

  • Si nn est pair, n=2kn=2k, sin(kπ)=0\sin(k\pi) = 0, donc s2k=0s_{2k}=0. Une sous-suite converge vers 0.
  • Si nn est impair, n=2k+1n=2k+1, sin((2k+1)π/2)=(1)k\sin((2k+1)\pi/2) = (-1)^k, donc sin2((2k+1)π/2)=1\sin^2((2k+1)\pi/2)=1.
    • Pour n=4k+1n=4k+1, sn=4k+1+s_n = 4k+1 \to +\infty.
    • Pour n=4k+3n=4k+3, sn=4k+3+s_n = 4k+3 \to +\infty.

L’ensemble des valeurs d’adhérence est {0,+}\{0, +\infty\}.

Donc lim infsn=0\liminf s_n = 0 et lim supsn=+\limsup s_n = +\infty.

Contre-exemples

  • Somme des limsup: L’inégalité lim sup(sn+tn)lim supsn+lim suptn\limsup(s_n+t_n) \le \limsup s_n + \limsup t_n peut être stricte.

    Soit sn=(1)ns_n = (-1)^n et tn=(1)n+1t_n = (-1)^{n+1}.

    lim supsn=1\limsup s_n = 1 et lim suptn=1\limsup t_n = 1. Leur somme est 2.

    Cependant, sn+tn=(1)n+(1)n+1=(1)n(1)n=0s_n+t_n = (-1)^n + (-1)^{n+1} = (-1)^n - (-1)^n = 0 pour tout nn.

    Donc lim sup(sn+tn)=0\limsup(s_n+t_n) = 0. On a bien 0<1+10 < 1+1.

  • Produit des limsup: Aucune règle simple ne s’applique pour le produit, même avec des suites positives.

    Soit sn=(1,2,1,2,)s_n = (1, 2, 1, 2, \dots) et tn=(2,1,2,1,)t_n = (2, 1, 2, 1, \dots).

    lim supsn=2\limsup s_n = 2, lim suptn=2\limsup t_n = 2.

    sntn=(2,2,2,2,)s_n t_n = (2, 2, 2, 2, \dots). Donc lim sup(sntn)=2\limsup(s_n t_n) = 2.

    Ici lim sup(sntn)=2<(lim supsn)(lim suptn)=4\limsup(s_n t_n) = 2 < (\limsup s_n)(\limsup t_n) = 4.

Concepts Liés

  • Topologie générale: La notion de valeur d’adhérence se généralise à n’importe quel espace topologique. L’ensemble des valeurs d’adhérence est un ensemble fermé.
  • Rayon de convergence des séries entières: Pour une série entière anzn\sum a_n z^n, le rayon de convergence RR est donné par la formule de Hadamard : 1R=lim supnann\frac{1}{R} = \limsup_{n \to \infty} \sqrt[n]{|a_n|}.
  • Analyse de Fourier: Le comportement des sommes partielles d’une série de Fourier est intimement lié aux propriétés de limsup et liminf.