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Structures algébriques (B)
Concept 1: Application (Morphisme d’ensembles)
Prérequis
- Théorie élémentaire des ensembles : ensemble, sous-ensemble, produit cartésien, appartenance.
- Logique des prédicats.
Définition
Soient et deux ensembles. Une application (ou fonction, ou morphisme d’ensembles) est la donnée d’un sous-ensemble , appelé graphe de , satisfaisant la condition d’existence et d’unicité :
On note alors . L’ensemble est le domaine (ou la source) de , et est le codomaine (ou le but).
L’ensemble des applications de dans est noté ou .
- Composition : Si et sont deux applications, leur composition est définie par pour tout .
- Application Identité : Pour tout ensemble , l’application identité est définie par .
Propriétés Clés
-
Neutralité de l’identité : Pour toute application , on a et .
-
Associativité de la composition : Pour , et , on a .
Preuve : Pour tout , . De même, . Les deux applications coïncident donc sur tout élément de .
-
Injectivité, Surjectivité, Bijectivité : Soit .
- est injective si .
- est surjective si .
- est bijective si elle est à la fois injective et surjective.
-
Caractérisation par les inverses (pour non vides):
- est surjective elle admet un inverse à droite (ou section), i.e., tel que .
- est injective elle admet un inverse à gauche (ou rétraction), i.e., tel que .
- est bijective elle admet un inverse (bilatère), i.e., tel que et . Cet inverse, noté , est alors unique.
Démonstration (1) : Si existe, pour tout , est un antécédent de car . Donc est surjective. Si est surjective, pour chaque , l’ensemble est non vide. L’Axiome du Choix garantit l’existence d’une fonction de choix telle que pour tout . Par définition, , donc .
Exemples
Exemple 1
L’application d’inclusion définie par est injective. Une rétraction est par exemple l’application partie entière , . En effet, pour tout , , donc .
Exemple 2
L’application définie par est surjective. Une section est par exemple définie par . On a bien pour tout . Notez que est une autre section possible.
Exemple 3
L’application exponentielle est une bijection. Son inverse est l’application logarithme népérien . On a et .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Le sous-ensemble n’est pas le graphe d’une application de dans , car pour , il existe deux valeurs de (1 et -1). Il n’y a pas unicité. Pour , il n’existe aucune valeur de . Il n’y a pas existence.
Contre-exemple 2
L’application définie par est injective mais pas surjective. Elle admet une infinité d’inverses à gauche (par exemple, si est pair, si est impair) mais aucun inverse à droite.
Concepts Connexes
- Théorie des Catégories : Les ensembles sont les objets de la catégorie Set, et les applications sont les morphismes. Les bijections sont les isomorphismes dans cette catégorie. La composition est associative et possède des identités, ce qui en fait une structure de catégorie.
- Propriété Universelle : De nombreuses constructions mathématiques sont définies par une propriété universelle qui garantit l’existence et l’unicité d’une application (morphisme) ayant certaines propriétés.
Concept 2: Entiers naturels et Récurrence
Prérequis
- Concepts d’ensemble et d’application.
Définition
Un système d’entiers naturels est un triplet où est un ensemble, est une application (dite successeur), et est un élément de , vérifiant la propriété universelle suivante :
Pour tout triplet , il existe une unique application telle que et . Ceci peut être visualisé par le diagramme commutatif suivant :
Cette propriété définit le système d’entiers naturels à isomorphisme unique près, et on le note simplement .
Propriétés Clés
Le triplet défini par la propriété universelle satisfait les Axiomes de Peano :
- n’est le successeur d’aucun entier : .
- L’application successeur est injective : .
- Principe de récurrence : Si une partie contient et est stable par (i.e. ), alors .
Esquisse de preuve des axiomes de Peano à partir de la propriété universelle :
- Se prouve en construisant une application vers un ensemble adéquat (e.g. ) qui contredirait l’unicité de .
- Se prouve en utilisant la propriété universelle pour construire une application “prédécesseur”.
- Soit vérifiant les hypothèses. Considérons le triplet avec , et . L’application caractéristique de , , vérifie et (car ). L’application constante vérifie aussi ces conditions. Par unicité, , donc .
- Principe de récurrence forte : Pour toute partie , si et si pour tout , l’implication est vraie, alors .
Exemples
Exemple 1 : Définition de l’addition
Pour tout , on définit l’application “ajouter ”, notée , comme l’unique application issue de la propriété universelle pour le triplet . Ainsi, et . En notant , on retrouve les relations et .
Exemple 2 : Définition de la multiplication
Pour tout , on définit l’application “multiplier par ”, notée , comme l’unique application issue de la propriété universelle pour le triplet . Ainsi, et . En notant , on retrouve et .
Exemple 3 : Toute partie non vide de admet un plus petit élément
Soit une partie non vide. Soit la propriété “si , alors a un plus petit élément”.
- est vraie : si , alors , et est le plus petit élément de .
- Supposons vraie. Soit . Si , par , a un plus petit élément. Sinon, , donc (si ) ou le plus petit élément est . Une preuve rigoureuse (comme celle du texte) montre que cela s’applique à toute partie de .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Le triplet où ne vérifie pas la propriété universelle. Par exemple, pour , il existe plusieurs applications avec et . Par exemple pour tout , ou si et si . L’unicité est violée.
Contre-exemple 2
Le principe de récurrence ne s’applique pas à . La partie contient et vérifie , mais .
Concepts Connexes
- Théorie des Catégories : L’axiome 1.1 signifie que est un objet initial dans la catégorie des systèmes dynamiques pointés.
- Arithmétique de Peano : Formalisation logique du premier ordre des propriétés des entiers naturels.
- Ordinaux transfinis : Généralisation des entiers naturels pour “compter” au-delà du fini, concept central de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel.
Concept 3: Structures Algébriques Fondamentales
Prérequis
- Ensembles, applications, lois de composition interne.
Définition
Une loi de composition interne (ou opération binaire) sur un ensemble est une application .
Un magma est un couple .
-
Un monoïde est un triplet où est un magma, vérifiant :
- Associativité : .
- Élément neutre : . L’élément neutre est unique.
-
Un groupe est un quadruplet où est un monoïde tel que :
- Inversibilité : . L’inverse est unique.
Un groupe est dit abélien (ou commutatif) si la loi est commutative : .
-
Un anneau est un quintuplet où :
-
est un groupe abélien.
-
est un monoïde.
-
La multiplication est distributive par rapport à l’addition :
et .
L’anneau est commutatif si la loi est commutative.
Un anneau est intègre s’il est commutatif, non nul (), et n’a pas de diviseurs de zéro : .
-
-
Un corps est un anneau dans lequel et tout élément non nul est inversible pour la multiplication. C’est-à-dire que est un groupe. Un corps est commutatif si sa multiplication l’est.
Propriétés Clés
-
Dans un monoïde, s’il existe, l’élément neutre est unique.
-
Dans un groupe, l’inverse de tout élément est unique.
-
Si est un monoïde, l’ensemble de ses éléments inversibles, noté , forme un groupe pour la loi .
Preuve : Soit l’ensemble des inversibles. car . Si , alors . Donc et son inverse est . L’associativité est héritée de . Donc est un groupe.
Exemples
Exemple 1 (Monoïdes)
- et sont des monoïdes commutatifs.
- Si est un ensemble, est le monoïde des endomorphismes de . Il est non commutatif si .
- Soit un alphabet. L’ensemble des mots finis sur , muni de la concaténation, est un monoïde non commutatif (le monoïde libre sur ), dont l’élément neutre est le mot vide.
Exemple 2 (Groupes)
- , , , sont des groupes abéliens.
- , , sont des groupes abéliens.
- Le groupe des bijections d’un ensemble , noté , ou groupe symétrique . Si , on le note . Il est non abélien pour .
Exemple 3 (Anneaux et Corps)
- est un anneau intègre mais pas un corps.
- , , sont des corps commutatifs.
- L’anneau des matrices carrées sur un anneau commutatif est un anneau, non commutatif pour . Son groupe d’inversibles est le groupe linéaire .
- L’anneau des entiers modulo . C’est un corps si et seulement si est un nombre premier.
Contre-exemples
- n’est pas un groupe (seul 0 est inversible).
- n’est pas un groupe (seuls 1 et -1 sont inversibles).
- L’anneau n’est pas un corps (beaucoup de matrices non nulles ne sont pas inversibles, ex: ) et n’est pas intègre.
- L’anneau n’est pas intègre car mais et .
Concepts Connexes
- Structures plus faibles : Demi-groupe (magma associatif), quasi-groupe, boucle.
- Structures plus riches : Module sur un anneau, Algèbre sur un corps, Espace vectoriel (module sur un corps).
- Théorie de Galois : Étude des corps et de leurs automorphismes, reliant la théorie des groupes à la résolution d’équations polynomiales.
Concept 4: Morphismes de Structures Algébriques
Prérequis
- Définitions des structures algébriques (monoïdes, groupes, anneaux, corps).
- Notion d’application.
Définition
Un morphisme est une application entre deux ensembles munis de la même structure qui préserve cette structure.
-
Morphisme de monoïdes : Soient et deux monoïdes. Une application est un morphisme de monoïdes si :
-
Morphisme de groupes : Soient et deux groupes. Une application est un morphisme de groupes si elle est un morphisme de monoïdes. La condition est en fait superflue.
Proposition : Une application est un morphisme de groupes si et seulement si .
Preuve : Si la condition est vérifiée, . En multipliant par dans , on obtient . De plus, , ce qui prouve que .
-
Morphisme d’anneaux : Soient et deux anneaux. Une application est un morphisme d’anneaux si :
- C’est un morphisme pour les groupes additifs : .
- C’est un morphisme pour les monoïdes multiplicatifs : .
Un isomorphisme est un morphisme bijectif dont l’inverse est aussi un morphisme. Un endomorphisme est un morphisme d’une structure dans elle-même. Un automorphisme est un isomorphisme d’une structure dans elle-même.
Propriétés Clés
- La composition de deux morphismes est un morphisme.
- Un morphisme de monoïdes envoie les éléments inversibles de sur des éléments inversibles de , induisant un morphisme de groupes .
- Noyau et Image :
- Le noyau d’un morphisme de groupes est .
- L’image d’un morphisme est .
- est un sous-groupe de (et même un sous-groupe normal). est un sous-groupe de .
- Un morphisme de groupes est injectif si et seulement si .
Exemples
Exemple 1
L’application déterminant est un morphisme de groupes, car et . Son noyau est le groupe spécial linéaire .
Exemple 2
Pour tout , l’application d’évaluation définie par est un morphisme d’anneaux. On a , et de même pour le produit et l’unité (la fonction constante 1).
Exemple 3
L’application qui envoie un entier sur sa classe de congruence modulo , , est un morphisme d’anneaux surjectif. Son noyau est l’idéal .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
L’application définie par n’est pas un morphisme de groupes, car ce qui est différent de en général.
Contre-exemple 2
Soit l’application “trace”, . C’est un morphisme de groupes additifs, mais pas un morphisme d’anneaux car en général, et .
Concepts Connexes
- Théorèmes d’isomorphisme : Ces théorèmes fondamentaux (en particulier le premier) relient les notions de noyau, image et structure quotient. Par exemple, pour un morphisme de groupes , on a .
- Foncteurs : En théorie des catégories, un foncteur est un “morphisme entre catégories”. Il envoie les objets sur des objets et les morphismes sur des morphismes, en respectant la composition et les identités. Par exemple, l’opération est un foncteur de la catégorie des monoïdes vers la catégorie des groupes.
Concept 5: Relations d’Ordre et d’Équivalence
Prérequis
- Théorie des ensembles, produit cartésien.
Définition
Une relation binaire sur un ensemble est un sous-ensemble . On note pour signifier . Une relation est dite :
- Réflexive si .
- Symétrique si .
- Antisymétrique si .
- Transitive si .
Une relation d’ordre est une relation réflexive, antisymétrique et transitive. Elle est souvent notée . Si de plus, ou , l’ordre est dit total.
Une relation d’équivalence est une relation réflexive, symétrique et transitive. Elle est souvent notée ou .
Propriétés Clés
- Une relation peut être à la fois d’ordre et d’équivalence si et seulement si elle est l’égalité. En effet, si est symétrique et antisymétrique, et . Donc . Avec la réflexivité, c’est bien l’égalité.
- La relation d’ordre sur , définie par , est un ordre total.
- Principe du bon ordre : Toute partie non vide de admet un plus petit élément pour la relation . est dit bien ordonné.
Exemples
Exemple 1 (Ordre)
La relation de divisibilité ”|” sur est une relation d’ordre. Elle n’est pas totale (ex: 2 ne divise pas 3 et 3 ne divise pas 2).
Exemple 2 (Ordre)
Sur , l’ensemble des parties d’un ensemble , la relation d’inclusion est une relation d’ordre. Elle est non totale si .
Exemple 3 (Équivalence)
Dans un groupe , la relation de conjugaison est une relation d’équivalence. Les classes d’équivalence sont les classes de conjugaison.
Exemple 4 (Équivalence)
Sur , la relation de congruence modulo , , est une relation d’équivalence.
Contre-exemples
Contre-exemple 1
La relation “inégalité stricte” sur n’est pas une relation d’ordre car elle n’est pas réflexive.
Contre-exemple 2
La relation “être perpendiculaire à” sur l’ensemble des droites du plan euclidien est symétrique, mais n’est ni réflexive (une droite n’est pas perpendiculaire à elle-même) ni transitive.
Concepts Connexes
- Ensembles Ordonnés (Posets) : Un ensemble muni d’une relation d’ordre. Des notions comme les éléments maximaux/minimaux, bornes supérieures/inférieures (sup/inf) y sont étudiées.
- Lemme de Zorn : Un résultat fondamental équivalent à l’Axiome du Choix, qui garantit l’existence d’éléments maximaux dans certains ensembles ordonnés.
- Treillis (Lattices) : Ensembles ordonnés où toute paire d’éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure.
Concept 6: Relations d’équivalence et Ensembles Quotients
Prérequis
- Relations d’équivalence.
- Ensembles et applications.
Définition
Soit une relation d’équivalence sur un ensemble .
- La classe d’équivalence d’un élément est l’ensemble .
- L’ensemble quotient de par est l’ensemble de toutes les classes d’équivalence, noté . C’est un sous-ensemble de .
- L’application projection canonique (ou surjection canonique) est définie par . Elle est surjective par construction.
Propriétés Clés
-
Partition : Les classes d’équivalence forment une partition de , c’est-à-dire que est l’union disjointe de ses classes d’équivalence.
Preuve : Pour tout , par réflexivité. Donc l’union des classes est . Soient et deux classes. Si leur intersection est non vide, soit . Alors et . Par symétrie, . Par transitivité, . Montrons que . Soit , donc . Par transitivité avec , on a , donc . Ainsi . L’inclusion inverse est symétrique. Donc les classes sont soit disjointes, soit égales.
-
Propriété Universelle du Quotient : Soit une relation d’équivalence sur . Pour toute application qui est constante sur les classes d’équivalence (i.e. ), il existe une unique application telle que .
f E -----> F | / π| / ∃!f̄ | / v / E/~Preuve : On définit . Cette définition est bien fondée (indépendante du représentant ) grâce à l’hypothèse sur . L’unicité et la commutativité du diagramme sont alors claires.
Exemples
Exemple 1 : Construction de
On définit sur la relation . C’est une relation d’équivalence. On pose . La classe de est notée . est l’entier positif , est l’entier négatif .
Exemple 2 : Construction de
On définit sur la relation . C’est une relation d’équivalence. On pose . La classe de est notée .
Exemple 3 : Construction de
Soit l’ensemble des suites de Cauchy de rationnels. On définit . C’est une relation d’équivalence. On pose . C’est le procédé de complétion d’un espace métrique.
Exemple 4 : Construction de
Soit l’anneau des polynômes à coefficients réels. Soit l’idéal engendré par . On définit sur la relation . On pose . La classe de est notée .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Sur , la relation n’est pas une relation d’équivalence (non symétrique). Le concept de “classe” n’a pas de sens et on ne peut pas former un ensemble quotient qui partitionne .
Contre-exemple 2
Soit avec . La relation est . Le quotient a deux éléments. Si on prend avec , elle est constante sur les classes. Mais si on prend , elle ne l’est pas, et donc ne factorise pas par le quotient.
Concepts Connexes
- Topologie quotient : Si est un espace topologique, on peut munir d’une topologie (la plus fine) qui rend la projection continue.
- Espaces projectifs : L’espace projectif réel est obtenu comme le quotient de par la relation d’équivalence .
- Construction de Grothendieck : Généralisation de la construction de à partir de qui permet de construire un groupe à partir d’un monoïde commutatif.
Concept 7: Sous-groupes et Groupes Quotients
Prérequis
- Groupes, morphismes de groupes.
- Relations d’équivalence et ensembles quotients.
Définition
Un sous-groupe d’un groupe est un sous-ensemble tel que soit lui-même un groupe. Ceci est équivalent à :
- (non-vide)
- est stable par la loi : .
- est stable par passage à l’inverse : .
Soit un groupe abélien et un sous-groupe. La relation est une relation d’équivalence. L’ensemble quotient peut être muni d’une unique structure de groupe telle que la projection canonique soit un morphisme de groupes. La loi est :
Cette structure est bien définie. est le groupe quotient.
Note sur le cas non abélien : Pour un groupe quelconque, la construction ne fonctionne que si le sous-groupe est normal (ou distingué), i.e. .
Propriétés Clés
- Caractérisation d’un sous-groupe : Un sous-ensemble non vide est un sous-groupe si et seulement si .
- Le noyau et l’image d’un morphisme de groupes sont des sous-groupes de et respectivement.
- Propriété Universelle du Groupe Quotient : Soit un groupe abélien, un sous-groupe. Pour tout groupe abélien et tout morphisme tel que (i.e. ), il existe un unique morphisme de groupes tel que .
Exemples
Exemple 1 (Sous-groupes)
- Les sous-groupes de sont de la forme pour .
- Le groupe orthogonal est un sous-groupe de .
- Le groupe unitaire (où ) est un sous-groupe de .
Exemple 2 (Groupes Quotients)
- Le groupe quotient est le groupe des entiers modulo . Il est d’ordre .
- Le groupe quotient est isomorphe au groupe des nombres complexes de module 1, , via le morphisme . Le noyau est .
- Dans , le sous-groupe des matrices scalaires est normal. Le quotient est le groupe projectif linéaire.
Contre-exemples
Contre-exemple 1
est un sous-monoïde de , mais pas un sous-groupe car il n’est pas stable par passage à l’inverse.
Contre-exemple 2
Dans le groupe symétrique , le sous-groupe engendré par la transposition n’est pas normal. Par exemple, . La construction du groupe quotient échoue car la loi n’est pas bien définie.
Concepts Connexes
- Théorème de Lagrange : Si est un groupe fini et un sous-groupe, alors l’ordre de divise l’ordre de . L’entier est l’indice de dans .
- Suites exactes : Séquences de groupes et de morphismes, , telles que . Une suite exacte courte exprime que .
Concept 8: Idéaux et Anneaux Quotients
Prérequis
- Anneaux commutatifs, morphismes d’anneaux.
- Groupes quotients (cas abélien).
Définition
Soit un anneau commutatif. Un idéal de est un sous-ensemble tel que :
- est un sous-groupe de .
- est “absorbant” pour la multiplication : .
Soit un idéal de . Le groupe quotient additif peut être muni d’une unique structure d’anneau telle que la projection canonique soit un morphisme d’anneaux. Les opérations sont :
- Addition :
- Multiplication :
L’anneau est l’anneau quotient.
Propriétés Clés
-
Le noyau d’un morphisme d’anneaux est un idéal de .
-
La multiplication dans l’anneau quotient est bien définie.
Preuve : Supposons et . Alors et . On doit montrer que , i.e., . On a . Puisque et , . Puisque et , . Comme est un sous-groupe additif, la somme est dans .
-
Propriété Universelle de l’Anneau Quotient : Soit un anneau commutatif, un idéal. Pour tout anneau et tout morphisme tel que (i.e. ), il existe un unique morphisme d’anneaux tel que .
Exemples
Exemple 1
Les idéaux de sont les sous-groupes . L’anneau quotient est l’anneau des entiers modulo . C’est un corps si et seulement si est premier, car alors l’idéal est maximal.
Exemple 2
Soit et l’idéal engendré par le polynôme . L’anneau quotient est isomorphe au corps des nombres complexes via le morphisme induit par le morphisme d’évaluation défini par . Le noyau de est précisément .
Exemple 3
Dans l’anneau des fonctions continues sur , fixons . L’ensemble est un idéal. L’anneau quotient est isomorphe à .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
est un sous-anneau de , mais n’est pas un idéal, car pour et , .
Contre-exemple 2
Dans l’anneau non commutatif , l’ensemble des matrices de la forme est un idéal à gauche mais pas un idéal à droite, donc ce n’est pas un idéal (bilatère). La théorie des quotients est plus complexe pour les anneaux non commutatifs.
Concepts Connexes
- Idéaux premiers et maximaux : Un idéal est premier si . Un idéal est maximal s’il n’y a pas d’idéal strictement entre et . On a les équivalences :
- est un anneau intègre est un idéal premier.
- est un corps est un idéal maximal.
- Géométrie Algébrique : Le concept d’idéal est central. L’ensemble des idéaux premiers d’un anneau commutatif , noté , peut être muni d’une topologie (de Zariski) et d’un faisceau d’anneaux, le transformant en un objet géométrique appelé schéma affine.
Concept 9: Isomorphismes d’ensembles ordonnés et invariants
Prérequis
- Relations d’ordre (partiel et total).
- Injectivité, Surjectivité, Bijectivité.
Définition
Soient et deux ensembles ordonnés (posets).
Une application est un isomorphisme d’ordre si elle est bijective et si, pour tous , on a l’équivalence :
Cette condition unique implique que et sa réciproque sont toutes deux croissantes. Deux ensembles ordonnés sont dits isomorphes s’il existe un isomorphisme d’ordre entre eux.
Propriétés Clés
-
Invariants d’ordre : Un isomorphisme d’ordre préserve toutes les propriétés structurelles liées à l’ordre. Si est un isomorphisme :
- est un élément minimal de est un élément minimal de .
- est le plus petit élément de est le plus petit élément de .
- Une partie admet une borne supérieure (supremum) admet une borne supérieure .
- est un ordre total est un ordre total.
- est un bon ordre (well-ordering) est un bon ordre.
- est un treillis (lattice) est un treillis.
-
Caractérisation pour les ordres totaux finis : Deux ensembles finis totalement ordonnés sont isomorphes si et seulement si ils ont le même cardinal. L’isomorphisme canonique entre deux tels ensembles de cardinal et envoie le -ième plus petit élément sur .
Exemples
Exemple 1 : Isomorphisme entre et
Pour tout , l’application est un isomorphisme d’ordre de sur lui-même (un automorphisme). Elle préserve la structure discrète “sans début ni fin” de .
Exemple 2 : Isomorphisme entre et
L’intervalle ouvert et la droite réelle , tous deux munis de l’ordre usuel, sont isomorphes. Une fonction comme est un isomorphisme d’ordre.
- Elle est bijective de vers .
- Elle est strictement croissante, ce qui garantit que . Cet isomorphisme montre que d’un point de vue de l’ordre pur, un intervalle borné (sans ses bornes) est indiscernable de la droite réelle entière.
Exemple 3 : Isomorphisme de posets
Soit ordonné par la divisibilité. Soit ordonné par l’ordre produit (i.e., et ). Ces deux posets sont isomorphes. L’isomorphisme peut être défini par la décomposition en facteurs premiers : . .
- Cet isomorphisme préserve la structure de treillis des deux ensembles.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : et
Ces deux ensembles ne sont pas isomorphes. a un plus petit élément (0), alors que n’en a pas. Puisque l’existence d’un plus petit élément est un invariant d’ordre, il ne peut y avoir d’isomorphisme entre eux.
Contre-exemple 2 : et
Ces deux ensembles ne sont pas isomorphes. a un plus petit et un plus grand élément, alors que n’en a pas.
Contre-exemple 3 : Deux posets finis de même cardinal
Soit avec l’ordre usuel. Soit avec l’ordre partiel défini par . est un ordre total, ne l’est pas ( et ne sont pas comparables). Bien que , ils ne sont pas isomorphes car la totalité de l’ordre est un invariant.
Concepts Connexes
- Théorème de dualité de Birkhoff (pour les treillis) : Il établit un isomorphisme entre la catégorie des treillis distributifs finis et la catégorie des ensembles partiellement ordonnés finis.
- Automomorphismes d’un ordre : Un isomorphisme d’un ensemble ordonné sur lui-même. Le groupe d’automorphismes capture les symétries de la structure d’ordre. Pour un ordre total fini, ce groupe est trivial. Pour , il est isomorphe à (les translations).