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Structures algébriques (A)


Concept 1: Application (ou Fonction)

Prérequis

  • Connaissance de base des ensembles, y compris la notion de sous-ensemble.
  • Compréhension du produit cartésien de deux ensembles, noté X×YX \times Y.

Définition

Soient XX et YY deux ensembles. Une application (ou fonction) ff de XX dans YY, notée f:XYf: X \to Y, est une règle qui associe à chaque élément xx de l’ensemble de départ XX un unique élément yy de l’ensemble d’arrivée YY. Cet unique élément yy est noté f(x)f(x) et est appelé l’image de xx par ff.

Formellement, une application ff est définie par son graphe, qui est un sous-ensemble ΓfX×Y\Gamma_f \subset X \times Y tel que pour tout xXx \in X, il existe un et un seul yYy \in Y pour lequel le couple (x,y)(x, y) appartient à Γf\Gamma_f. On a donc :

Γf={(x,f(x))xX}\Gamma_f = \{ (x, f(x)) \mid x \in X \}

On distingue quelques applications particulières :

  1. Application Identité : Pour tout ensemble XX, l’application identité idX:XX\text{id}_X : X \to X est définie par idX(x)=x\text{id}_X(x) = x pour tout xXx \in X.
  2. Composition d’applications : Si f:XYf : X \to Y et g:YZg : Y \to Z sont deux applications, leur composition est une nouvelle application notée gf:XZg \circ f : X \to Z, définie pour tout xXx \in X par (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)). On applique d’abord ff, puis gg au résultat.

Propriétés Clés

  • Associativité de la composition : La composition des applications est associative. Si on a trois applications f:XYf : X \to Y, g:YZg : Y \to Z et h:ZTh : Z \to T, alors on a l’égalité :

    h(gf)=(hg)fh \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f

    Cela signifie que l’ordre dans lequel on effectue les compositions n’a pas d’importance.

  • Élément neutre pour la composition : L’application identité agit comme un élément neutre pour la composition. Pour toute application f:XYf : X \to Y, on a :

    fidX=fetidYf=ff \circ \text{id}_X = f \quad \text{et} \quad \text{id}_Y \circ f = f

Exemples

Exemple 1 : Une fonction polynomiale

Soit l’application f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=x2f(x) = x^2.

  • L’ensemble de départ est R\mathbb{R}.
  • L’ensemble d’arrivée est R\mathbb{R}.
  • Pour chaque réel xx, on lui associe son carré x2x^2. Par exemple, f(2)=4f(2) = 4, f(3)=9f(-3) = 9, f(0)=0f(0) = 0.
  • Le graphe de cette fonction est la parabole Γf={(x,x2)xR}\Gamma_f = \{ (x, x^2) \mid x \in \mathbb{R} \}. Pour chaque xRx \in \mathbb{R}, il y a bien un unique y=x2y = x^2 tel que (x,y)Γf(x,y) \in \Gamma_f.

Exemple 2 : L’application successeur sur les entiers

Soit l’application S:NNS: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par S(n)=n+1S(n) = n + 1.

  • Cette application associe à chaque entier naturel son successeur.
  • S(0)=1S(0) = 1, S(1)=2S(1) = 2, S(100)=101S(100) = 101.
  • C’est une application car chaque entier a un unique successeur.

Exemple 3 : Composition de fonctions

Considérons les applications f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=x+3f(x) = x+3 et g:RRg: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par g(y)=2yg(y) = 2y.

  • La composition gf:RRg \circ f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} est calculée comme suit :

    Pour tout xRx \in \mathbb{R}, (gf)(x)=g(f(x))=g(x+3)=2(x+3)=2x+6(g \circ f)(x) = g(f(x)) = g(x+3) = 2(x+3) = 2x+6.

  • La composition fg:RRf \circ g : \mathbb{R} \to \mathbb{R} est calculée comme suit :

    Pour tout yRy \in \mathbb{R}, (fg)(y)=f(g(y))=f(2y)=(2y)+3=2y+3(f \circ g)(y) = f(g(y)) = f(2y) = (2y)+3 = 2y+3.

  • On remarque que gffgg \circ f \neq f \circ g, ce qui montre que la composition des applications n’est en général pas commutative.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Une relation qui n’est pas une application

Considérons les ensembles X={1,2}X = \{1, 2\} et Y={a,b,c}Y = \{a, b, c\}. Le sous-ensemble de X×YX \times Y donné par R={(1,a),(1,b),(2,c)}R = \{(1, a), (1, b), (2, c)\} n’est pas le graphe d’une application, car l’élément 1X1 \in X est associé à deux éléments distincts de YY (à la fois aa et bb).

Contre-exemple 2 : Une règle qui n’est pas définie partout

Considérons la “règle” ff de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} qui associe à xx la valeur 1/x1/x. Ce n’est pas une application de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} car l’élément 0R0 \in \mathbb{R} n’a pas d’image. Pour que ce soit une application, il faudrait changer l’ensemble de départ, par exemple f:RRf: \mathbb{R}^* \to \mathbb{R}.

Concepts Connexes

  • Injectivité, Surjectivité, Bijectivité: Propriétés importantes des applications qui décrivent comment les éléments des ensembles de départ et d’arrivée sont mis en relation.
  • Morphismes: Dans un contexte plus structuré (groupes, anneaux, etc.), les applications qui préservent la structure sont appelées morphismes. Une application est un “morphisme d’ensembles”.

Applications

Les applications sont l’un des concepts les plus fondamentaux en mathématiques. Elles permettent de modéliser des relations de dépendance entre différentes quantités dans tous les domaines des sciences (physique, informatique, économie, etc.). Par exemple, la position d’un objet en fonction du temps est une application du temps vers l’espace.


Concept 2: Injectivité, Surjectivité, Bijectivité

Prérequis

  • Concept 1: Application (ou Fonction)
  • Notions d’image f(P)f(P) et d’image inverse f1(Q)f^{-1}(Q) d’une partie.

Définition

Soit f:XYf : X \to Y une application entre deux ensembles.

  1. Injectivité: On dit que ff est injective si deux éléments distincts de l’ensemble de départ ont toujours des images distinctes.

    Mathématiquement, pour tous x1,x2Xx_1, x_2 \in X :

    f(x1)=f(x2)    x1=x2f(x_1) = f(x_2) \implies x_1 = x_2

    Une autre façon de le dire est que pour tout yYy \in Y, l’équation f(x)=yf(x)=y a au plus une solution xXx \in X. L’ensemble des antécédents de yy, f1({y})f^{-1}(\{y\}), contient donc au plus un élément.

  2. Surjectivité: On dit que ff est surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée est l’image d’au moins un élément de l’ensemble de départ.

    Mathématiquement, pour tout yYy \in Y, il existe au moins un xXx \in X tel que :

    f(x)=yf(x) = y

    Cela revient à dire que l’image de l’application est égale à l’ensemble d’arrivée : f(X)=Yf(X) = Y.

  3. Bijectivité: On dit que ff est bijective si elle est à la fois injective et surjective.

    Mathématiquement, pour tout yYy \in Y, il existe un unique xXx \in X tel que :

    f(x)=yf(x) = y

    Une application bijective établit une correspondance parfaite “un pour un” entre les éléments de XX et de YY.

Propriétés Clés

  • Inverse d’une bijection: Une application f:XYf: X \to Y est bijective si et seulement si elle admet une application inverse (ou réciproque) f1:YXf^{-1}: Y \to X. C’est une application qui “défait” ce que ff a fait, telle que :

    f1f=idXetff1=idYf^{-1} \circ f = \text{id}_X \quad \text{et} \quad f \circ f^{-1} = \text{id}_Y

  • Inverses à gauche/droite:

    • ff est injective si et seulement si elle admet un inverse à gauche, c’est-à-dire une application p:YXp: Y \to X telle que pf=idXp \circ f = \text{id}_X.
    • ff est surjective si et seulement si elle admet un inverse à droite, c’est-à-dire une application s:YXs: Y \to X telle que fs=idYf \circ s = \text{id}_Y.
  • Composition:

    • La composition de deux injections est une injection.
    • La composition de deux surjections est une surjection.
    • La composition de deux bijections est une bijection.

Exemples

Exemple 1 : Injective mais pas surjective

Soit l’application f:NNf: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par f(n)=2nf(n) = 2n.

  • Injectivité : Soient n1,n2Nn_1, n_2 \in \mathbb{N} tels que f(n1)=f(n2)f(n_1) = f(n_2). Alors 2n1=2n22n_1 = 2n_2, ce qui implique n1=n2n_1 = n_2. Donc ff est injective.
  • Surjectivité : L’image de ff est l’ensemble des entiers naturels pairs. Un entier impair comme 33 n’a pas d’antécédent par ff (il n’existe aucun nNn \in \mathbb{N} tel que 2n=32n=3). Donc ff n’est pas surjective.

Exemple 2 : Surjective mais pas injective

Soit l’application f:ZNf: \mathbb{Z} \to \mathbb{N} définie par f(z)=zf(z) = |z|.

  • Surjectivité : Soit yNy \in \mathbb{N}. On peut choisir x=yZx=y \in \mathbb{Z}. Alors f(x)=f(y)=y=yf(x) = f(y) = |y| = y (car y0y \ge 0). Donc tout élément de N\mathbb{N} a au moins un antécédent. L’application est surjective.
  • Injectivité : On a f(2)=2=2f(2) = |2| = 2 et f(2)=2=2f(-2) = |-2| = 2. Deux éléments distincts, 22 et 2-2, ont la même image. Donc ff n’est pas injective.

Exemple 3 : Bijective

Soit l’application f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=2x3f(x) = 2x - 3.

  • Injectivité : Soient x1,x2Rx_1, x_2 \in \mathbb{R} tels que f(x1)=f(x2)f(x_1) = f(x_2). Alors 2x13=2x232x_1-3 = 2x_2-3, ce qui donne 2x1=2x22x_1 = 2x_2 et donc x1=x2x_1 = x_2. L’application est injective.
  • Surjectivité : Soit yRy \in \mathbb{R}. On cherche un xRx \in \mathbb{R} tel que f(x)=yf(x)=y. L’équation est 2x3=y2x-3=y. La solution est x=(y+3)/2x = (y+3)/2. Cet xx existe pour n’importe quel yRy \in \mathbb{R}. L’application est surjective.
  • Puisque ff est injective et surjective, elle est bijective. Son application inverse est f1:RRf^{-1}: \mathbb{R} \to \mathbb{R} donnée par la formule qu’on a trouvée : f1(y)=(y+3)/2f^{-1}(y) = (y+3)/2.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Ni injective, ni surjective

Soit l’application f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=sin(x)f(x) = \sin(x).

  • Non-injective : f(0)=sin(0)=0f(0) = \sin(0) = 0 et f(π)=sin(π)=0f(\pi) = \sin(\pi) = 0. Donc 0π0 \neq \pi mais f(0)=f(π)f(0)=f(\pi).
  • Non-surjective : L’image de ff est l’intervalle [1,1][-1, 1]. Un nombre réel comme 22 n’a pas d’antécédent, car il n’existe aucun xRx \in \mathbb{R} tel que sin(x)=2\sin(x) = 2.

Contre-exemple 2 : Un cas sur les ensembles finis

Soit X={1,2,3}X = \{1, 2, 3\} et Y={a,b}Y = \{a, b\}. L’application f:XYf: X \to Y définie par f(1)=a,f(2)=b,f(3)=af(1)=a, f(2)=b, f(3)=a.

  • Non-injective : f(1)=f(3)=af(1) = f(3) = a.
  • Surjective : L’image de ff est {a,b}=Y\{a, b\} = Y.

Si on avait pris une application de YY dans XX, elle n’aurait pas pu être surjective. En général, pour des ensembles finis, s’il existe une injection de XX dans YY, alors XY|X| \le |Y|. S’il existe une surjection de XX dans YY, alors XY|X| \ge |Y|.

Concepts Connexes

  • Isomorphisme: Dans les structures algébriques, un isomorphisme est un morphisme bijectif. Les bijections sont les “isomorphismes” dans la catégorie des ensembles.
  • Cardinalité: Deux ensembles sont dits avoir le même cardinal (la même “taille”) s’il existe une bijection entre eux.

Applications

La bijectivité est cruciale pour définir la notion de “taille” pour les ensembles infinis. Elle est aussi fondamentale en cryptographie (les fonctions de chiffrement doivent être bijectives pour pouvoir déchiffrer les messages) et en algèbre linéaire (un endomorphisme est un isomorphisme si et seulement si sa matrice est inversible, ce qui est lié à une application bijective).


Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)

Prérequis

  • Concept 1: Application (ou Fonction)
  • Ensembles et produit cartésien.

Définition

Une opération binaire (ou loi de composition interne) sur un ensemble non vide XX est une application :X×XX*: X \times X \to X.

Autrement dit, une opération binaire prend deux éléments de l’ensemble XX et leur associe un unique élément qui est aussi dans XX. Pour (x,y)X×X(x, y) \in X \times X, on note souvent l’image (x,y)*(x,y) par xyx*y.

Une opération binaire * sur XX peut avoir plusieurs propriétés :

  1. Associativité : L’opération est associative si pour tous x,y,zXx, y, z \in X, on a :

    (xy)z=x(yz)(x * y) * z = x * (y * z)

    L’ordre de calcul ne change pas le résultat, on peut donc omettre les parenthèses et écrire xyzx*y*z.

  2. Élément neutre : Un élément eXe \in X est un élément neutre pour * si pour tout xXx \in X :

    ex=xe=xe * x = x * e = x

  3. Commutativité : L’opération est commutative si pour tous x,yXx, y \in X :

    xy=yxx * y = y * x

    L’ordre des opérandes ne change pas le résultat.

  4. Élément inversible : Si * admet un élément neutre ee, on dit qu’un élément xXx \in X est inversible s’il existe un élément yXy \in X tel que :

    xy=yx=ex * y = y * x = e

    Cet élément yy est appelé l’inverse de xx.

Propriétés Clés

  • Unicité de l’élément neutre : S’il existe un élément neutre pour une opération binaire, il est unique.
  • Unicité de l’inverse : Si une opération binaire est associative et possède un élément neutre, alors chaque élément inversible a un inverse unique.
  • Stabilité d’une partie : Une partie (ou sous-ensemble) YXY \subset X est dite stable pour l’opération * si pour tous x,yYx, y \in Y, le résultat xyx*y est encore dans YY. L’opération * peut alors être restreinte à YY.

Exemples

Exemple 1 : L’addition sur les entiers relatifs Z\mathbb{Z}

L’addition, +:Z×ZZ+: \mathbb{Z} \times \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}, est une opération binaire.

  • Associative : (a+b)+c=a+(b+c)(a+b)+c = a+(b+c) pour tous a,b,cZa,b,c \in \mathbb{Z}.
  • Élément neutre : L’entier 00 est l’élément neutre car 0+a=a+0=a0+a = a+0 = a.
  • Commutative : a+b=b+aa+b = b+a.
  • Inversibilité : Tout élément aZa \in \mathbb{Z} a un inverse, appelé son opposé, a-a, car a+(a)=(a)+a=0a+(-a) = (-a)+a = 0.

Exemple 2 : La multiplication sur les nombres réels R\mathbb{R}

La multiplication, :R×RR\cdot: \mathbb{R} \times \mathbb{R} \to \mathbb{R}, est une opération binaire.

  • Associative : (ab)c=a(bc)(a \cdot b) \cdot c = a \cdot (b \cdot c).
  • Élément neutre : Le nombre 11 est l’élément neutre car 1a=a1=a1 \cdot a = a \cdot 1 = a.
  • Commutative : ab=baa \cdot b = b \cdot a.
  • Inversibilité : Tout élément aRa \in \mathbb{R} sauf 00 a un inverse, a1a^{-1} ou 1/a1/a, car aa1=a1a=1a \cdot a^{-1} = a^{-1} \cdot a = 1. L’élément 00 n’est pas inversible.

Exemple 3 : La composition des fonctions sur un ensemble

Soit XX un ensemble et E=HomEns(X,X)E = \text{Hom}_{\text{Ens}}(X,X) l’ensemble des applications de XX dans XX. La composition :E×EE\circ: E \times E \to E est une opération binaire.

  • Associative : On sait que h(gf)=(hg)fh \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f.
  • Élément neutre : L’application identité idX\text{id}_X est l’élément neutre car fidX=idXf=ff \circ \text{id}_X = \text{id}_X \circ f = f.
  • Commutativité : En général, non. On a vu que fggff \circ g \neq g \circ f la plupart du temps.
  • Inversibilité : Un élément fEf \in E est inversible si et seulement si ff est une bijection.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Une opération non interne

L’addition sur l’ensemble des entiers impairs I={,3,1,1,3,}I = \{\dots, -3, -1, 1, 3, \dots\}. Si on prend 1I1 \in I et 3I3 \in I, leur somme 1+3=41+3=4 n’est pas dans II. Ce n’est donc pas une loi de composition interne sur II.

Contre-exemple 2 : La soustraction sur Z\mathbb{Z}

La soustraction, :Z×ZZ-: \mathbb{Z} \times \mathbb{Z} \to \mathbb{Z}, est bien une opération binaire.

  • Non associative : (84)2=42=2(8 - 4) - 2 = 4 - 2 = 2, mais 8(42)=82=68 - (4 - 2) = 8 - 2 = 6.
  • Non commutative : 53=25 - 3 = 2, mais 35=23 - 5 = -2.
  • Pas d’élément neutre : Il n’y a pas d’élément ee tel que xe=xx-e=x et ex=xe-x=x pour tout xx. La première équation donne e=0e=0, mais 0x=xx0-x = -x \neq x (sauf pour x=0x=0).

Concepts Connexes

  • Structures algébriques: Les opérations binaires sont les briques de base pour définir les structures algébriques comme les monoïdes, les groupes, les anneaux et les corps.
  • Table d’opération (ou table de Cayley): Pour un ensemble fini, une opération binaire peut être entièrement décrite par un tableau.

Applications

Les opérations binaires sont omniprésentes en mathématiques et en informatique. Elles modélisent l’addition, la multiplication, les opérations logiques (ET, OU), la concaténation de chaînes de caractères, la composition de transformations géométriques, etc.


Concept 4: Groupe

Prérequis

  • Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)
  • Notions d’associativité, d’élément neutre et d’inverse.
  • Monoïde (un groupe est un cas particulier de monoïde).

Définition

Un groupe est un couple (G,)(G, *)GG est un ensemble non vide et * est une opération binaire sur GG, satisfaisant les trois axiomes suivants :

  1. Associativité : Pour tous a,b,cGa, b, c \in G, on a (ab)c=a(bc)(a * b) * c = a * (b * c).
  2. Élément neutre : Il existe un élément eGe \in G (appelé élément neutre) tel que pour tout aGa \in G, on a ae=ea=aa * e = e * a = a.
  3. Inverse : Pour chaque élément aGa \in G, il existe un élément a1Ga^{-1} \in G (appelé l’inverse de aa) tel que aa1=a1a=ea * a^{-1} = a^{-1} * a = e.

Si, de plus, l’opération * est commutative (c’est-à-dire ab=baa * b = b * a pour tous a,bGa, b \in G), on dit que le groupe est abélien (ou commutatif).

En bref, un groupe est un monoïde où tout élément est inversible.

Propriétés Clés

  • Unicité : L’élément neutre d’un groupe est unique. L’inverse de chaque élément est également unique.
  • Règles de simplification : Dans un groupe, on peut “simplifier” des deux côtés. Si a,b,cGa, b, c \in G:
    • Si ab=aca * b = a * c, alors b=cb = c (simplification à gauche).
    • Si ba=cab * a = c * a, alors b=cb = c (simplification à droite).
  • Propriétés de l’inverse :
    • (a1)1=a(a^{-1})^{-1} = a.
    • (ab)1=b1a1(a * b)^{-1} = b^{-1} * a^{-1} (attention à l’inversion de l’ordre !).
    • e1=ee^{-1} = e.

Exemples

Exemple 1 : Le groupe additif des entiers (Z,+)(\mathbb{Z}, +)

C’est un exemple fondamental de groupe abélien.

  • L’addition est bien une opération binaire sur Z\mathbb{Z}.
  • Associativité : (a+b)+c=a+(b+c)(a+b)+c = a+(b+c).
  • Élément neutre : C’est 00, car a+0=aa+0 = a.
  • Inverse : L’inverse de aa est son opposé a-a, car a+(a)=0a+(-a)=0.
  • Commutativité : a+b=b+aa+b=b+a, donc le groupe est abélien.

Exemple 2 : Le groupe multiplicatif des réels non nuls (R,)(\mathbb{R}^*, \cdot)

Soit R=R{0}\mathbb{R}^* = \mathbb{R} \setminus \{0\}.

  • La multiplication est une opération binaire sur R\mathbb{R}^* (le produit de deux nombres non nuls est non nul).
  • Associativité : (ab)c=a(bc)(a \cdot b) \cdot c = a \cdot (b \cdot c).
  • Élément neutre : C’est 11, car a1=aa \cdot 1 = a.
  • Inverse : L’inverse de aRa \in \mathbb{R}^* est 1/a1/a, car a(1/a)=1a \cdot (1/a) = 1.
  • Commutativité : ab=baa \cdot b = b \cdot a, donc le groupe est abélien.

Exemple 3 : Le groupe symétrique S3S_3 (groupe non abélien)

Soit l’ensemble X={1,2,3}X=\{1, 2, 3\}. Le groupe symétrique S3S_3 est l’ensemble des bijections de XX dans XX, muni de la composition \circ. Ces bijections sont aussi appelées permutations. Il y en a 3!=63! = 6.

  • Associativité : La composition des fonctions est toujours associative.

  • Élément neutre : C’est l’application identité id\text{id}, qui laisse chaque élément inchangé.

  • Inverse : Chaque bijection a une application inverse qui est aussi une bijection.

  • Non-commutativité : Considérons deux permutations :

    • σ\sigma qui échange 1 et 2: σ(1)=2,σ(2)=1,σ(3)=3\sigma(1)=2, \sigma(2)=1, \sigma(3)=3.
    • τ\tau qui échange 2 et 3: τ(1)=1,τ(2)=3,τ(3)=2\tau(1)=1, \tau(2)=3, \tau(3)=2.

    Calculons στ\sigma \circ \tau: (στ)(1)=σ(τ(1))=σ(1)=2(\sigma \circ \tau)(1) = \sigma(\tau(1)) = \sigma(1) = 2.

    Calculons τσ\tau \circ \sigma: (τσ)(1)=τ(σ(1))=τ(2)=3(\tau \circ \sigma)(1) = \tau(\sigma(1)) = \tau(2) = 3.

    Puisque (στ)(1)(τσ)(1)(\sigma \circ \tau)(1) \neq (\tau \circ \sigma)(1), on a σττσ\sigma \circ \tau \neq \tau \circ \sigma. Le groupe S3S_3 n’est pas abélien.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Le monoïde (N,+)(\mathbb{N}, +)

L’ensemble des entiers naturels muni de l’addition.

  • L’addition est associative et 00 est l’élément neutre.
  • Cependant, les éléments non nuls n’ont pas d’inverse dans N\mathbb{N}. Par exemple, il n’y a pas d’entier naturel nn tel que 1+n=01+n=0. Ce n’est donc pas un groupe.

Contre-exemple 2 : Le monoïde (Z,)(\mathbb{Z}, \cdot)

L’ensemble des entiers relatifs muni de la multiplication.

  • La multiplication est associative et 11 est l’élément neutre.
  • Cependant, la plupart des éléments n’ont pas d’inverse dans Z\mathbb{Z}. Par exemple, pour 22, il n’y a pas d’entier nn tel que 2n=12 \cdot n = 1. Les seuls éléments inversibles sont 11 et 1-1. Ce n’est donc pas un groupe.

Concepts Connexes

  • Sous-groupe: Un sous-ensemble d’un groupe qui est lui-même un groupe pour la même opération.
  • Groupe quotient: Une construction qui permet de créer un nouveau groupe à partir d’un groupe et d’un de ses sous-groupes (dits distingués).
  • Morphisme de groupes: Une application entre deux groupes qui préserve l’opération.
  • Anneau, Corps, Espace vectoriel: Structures algébriques plus complexes construites sur la base des groupes.

Applications

La théorie des groupes est un domaine central de l’algèbre abstraite. Elle a des applications profondes en physique (symétries en physique des particules, cristallographie), en chimie (étude des molécules), en informatique (cryptographie, algorithmique) et pour la résolution d’équations polynomiales (théorie de Galois).


Concept 5: Anneau

Prérequis

  • Concept 6: Groupe (en particulier, la notion de groupe abélien)
  • Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)
  • Notion de distributivité.

Définition

Un anneau est un triplet (A,+,×)(A, +, \times)AA est un ensemble non vide et ++ (addition) et ×\times (multiplication) sont deux opérations binaires sur AA vérifiant les axiomes suivants :

  1. (A,+)(A, +) est un groupe abélien :

    • L’addition est associative : (a+b)+c=a+(b+c)(a+b)+c = a+(b+c).
    • L’addition est commutative : a+b=b+aa+b = b+a.
    • Il existe un élément neutre pour l’addition, noté 00, tel que a+0=aa+0=a.
    • Chaque élément aa a un inverse pour l’addition, noté a-a, tel que a+(a)=0a+(-a)=0.
  2. (A,×)(A, \times) est un monoïde :

    • La multiplication est associative : (a×b)×c=a×(b×c)(a \times b) \times c = a \times (b \times c).
    • Il existe un élément neutre pour la multiplication, noté 11, tel que a×1=1×a=aa \times 1 = 1 \times a = a.
  3. La multiplication est distributive par rapport à l’addition :

    • Pour tous a,b,cAa, b, c \in A :

      a×(b+c)=(a×b)+(a×c)(distributiviteˊ aˋ gauche)a \times (b+c) = (a \times b) + (a \times c) \quad \text{(distributivité à gauche)}

      (b+c)×a=(b×a)+(c×a)(distributiviteˊ aˋ droite)(b+c) \times a = (b \times a) + (c \times a) \quad \text{(distributivité à droite)}

Terminologie supplémentaire :

  • Un anneau est dit commutatif si sa multiplication est commutative (a×b=b×aa \times b = b \times a).

  • Un anneau est dit intègre s’il est commutatif, non nul (101 \neq 0), et n’a pas de “diviseurs de zéro”. C’est-à-dire, pour tous a,bAa, b \in A :

    a×b=0    a=0 ou b=0a \times b = 0 \implies a=0 \text{ ou } b=0

Propriétés Clés

  • Absorption par zéro : Pour tout aa dans un anneau AA, a×0=0×a=0a \times 0 = 0 \times a = 0.
  • Règle des signes : Pour tous a,bAa, b \in A :
    • (a)×b=a×(b)=(a×b)(-a) \times b = a \times (-b) = -(a \times b).
    • (a)×(b)=a×b(-a) \times (-b) = a \times b.
  • L’élément unité 11 est unique, de même que l’élément nul 00.

Exemples

Exemple 1 : L’anneau des entiers relatifs (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times)

C’est l’exemple prototypique d’un anneau commutatif intègre.

  • (Z,+)(\mathbb{Z}, +) est un groupe abélien (voir Concept 6).
  • (Z,×)(\mathbb{Z}, \times) est un monoïde commutatif (associatif, neutre 11).
  • La distributivité est une propriété bien connue de l’arithmétique sur les entiers.
  • C’est un anneau intègre car si a×b=0a \times b = 0 avec a,bZa,b \in \mathbb{Z}, alors forcément a=0a=0 ou b=0b=0.

Exemple 2 : L’anneau des matrices carrées (Mn(R),+,×)(M_n(\mathbb{R}), +, \times)

Pour n2n \ge 2, c’est un exemple d’anneau non commutatif.

  • L’ensemble des matrices de taille n×nn \times n à coefficients réels, muni de l’addition matricielle, forme un groupe abélien. Le neutre est la matrice nulle.

  • Muni de la multiplication matricielle, c’est un monoïde. Le neutre est la matrice identité InI_n.

  • La multiplication est distributive par rapport à l’addition.

  • La multiplication n’est pas commutative en général. De plus, cet anneau n’est pas intègre. Par exemple, pour n=2n=2 :

    (1000)×(0001)=(0000)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} \times \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}

    Le produit de deux matrices non nulles peut être nul.

Exemple 3 : L’anneau Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}

C’est l’anneau des entiers modulo 6. Ses éléments sont les classes d’équivalence {0ˉ,1ˉ,2ˉ,3ˉ,4ˉ,5ˉ}\{ \bar{0}, \bar{1}, \bar{2}, \bar{3}, \bar{4}, \bar{5} \}.

  • C’est un anneau commutatif.
  • Il n’est pas intègre, car il possède des diviseurs de zéro : 2ˉ×3ˉ=2×3=6ˉ=0ˉ\bar{2} \times \bar{3} = \overline{2 \times 3} = \bar{6} = \bar{0}, alors que 2ˉ0ˉ\bar{2} \neq \bar{0} et 3ˉ0ˉ\bar{3} \neq \bar{0}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : (N,+,×)(\mathbb{N}, +, \times)

L’ensemble des entiers naturels avec l’addition et la multiplication.

  • Toutes les propriétés sont vérifiées, sauf une : (N,+)(\mathbb{N}, +) n’est pas un groupe car les éléments (sauf 0) n’ont pas d’inverse additif (opposé) dans N\mathbb{N}. Ce n’est donc pas un anneau. On parle de semi-anneau.

Contre-exemple 2 : (P(X),,)(\mathcal{P}(X), \cup, \cap)

L’ensemble des parties d’un ensemble XX, avec l’union et l’intersection.

  • L’intersection est distributive sur l’union.
  • (P(X),)(\mathcal{P}(X), \cap) est un monoïde (neutre : XX).
  • Mais (P(X),)(\mathcal{P}(X), \cup) n’est pas un groupe (neutre : \emptyset, mais pas d’inverses). Donc ce n’est pas un anneau.
  • Note : (P(X),Δ,)(\mathcal{P}(X), \Delta, \cap)Δ\Delta est la différence symétrique, est un anneau commutatif.

Concepts Connexes

  • Corps: Un anneau commutatif où tout élément non nul a un inverse multiplicatif.
  • Idéal: Un sous-ensemble spécial d’un anneau, qui joue un rôle similaire à celui des sous-groupes distingués pour les groupes, et permet de construire des anneaux quotients.
  • Morphisme d’anneaux: Une application entre deux anneaux qui respecte les deux opérations et les éléments neutres.

Applications

Les anneaux sont fondamentaux en algèbre et en théorie des nombres. L’anneau des polynômes A[X]A[X] est utilisé pour étudier les racines des équations. Les anneaux d’entiers modulaires (comme Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}) sont cruciaux en cryptographie (ex: RSA) et en théorie des codes. Les anneaux de matrices sont essentiels en algèbre linéaire et en physique quantique.

Concept 6: Monoïde

Prérequis

Définition

Un monoïde est un triplet (M,,e)(M, *, e) constitué d’un ensemble MM, d’une opération binaire interne :M×MM*: M \times M \to M et d’un élément eMe \in M qui satisfont les deux conditions suivantes :

  1. Associativité : L’opération * est associative. C’est-à-dire que pour tous les éléments x,y,zMx, y, z \in M, on a l’égalité :

    (xy)z=x(yz)(x * y) * z = x * (y * z)

  2. Élément neutre : L’élément ee est un élément neutre pour l’opération *. C’est-à-dire que pour tout élément xMx \in M, on a :

    ex=xe=xe * x = x * e = x

Un monoïde est dit commutatif ou abélien si son opération binaire est commutative.

Propriétés Clés

  • Unicité de l’élément neutre : S’il existe un élément neutre dans un ensemble muni d’une opération binaire, alors cet élément est unique (Proposition 1.11).
  • Un monoïde est une structure plus générale qu’un groupe. C’est un groupe si, en plus, chaque élément admet un inverse.
  • Toute partie d’un monoïde stable pour l’opération et contenant l’élément neutre est elle-même un monoïde.

Exemples

Exemple 1 : Les entiers naturels

L’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N} muni de l’addition et de l’élément 0, noté (N,+,0)(\mathbb{N}, +, 0), est un monoïde commutatif.

  • Associativité : Pour tous n,m,pNn, m, p \in \mathbb{N}, (n+m)+p=n+(m+p)(n+m)+p = n+(m+p).
  • Élément neutre : Pour tout nNn \in \mathbb{N}, 0+n=n+0=n0+n = n+0 = n.

De même, (N,,1)(\mathbb{N}, \cdot, 1) est un monoïde commutatif, où \cdot est la multiplication usuelle et 1 est l’élément neutre.

Exemple 2 : Les applications d’un ensemble dans lui-même

Soit XX un ensemble. L’ensemble des applications de XX dans XX, noté EndEns(X)\text{End}_{\text{Ens}}(X) ou XXX^X, muni de la composition d’applications ()(\circ) et de l’application identité (idX)(\text{id}_X), forme un monoïde.

  • Ensemble : M=EndEns(X)={f:XX}M = \text{End}_{\text{Ens}}(X) = \{f: X \to X\}.
  • Opération : La composition gfg \circ f définie par (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)). Elle est associative (Proposition 1.2).
  • Élément neutre : L’application identité idX\text{id}_X, définie par idX(x)=x\text{id}_X(x) = x, qui vérifie fidX=idXf=ff \circ \text{id}_X = \text{id}_X \circ f = f pour toute application ff.

Ce monoïde n’est généralement pas commutatif.

Exemple 3 : Le monoïde des mots

Soit AA un alphabet (un ensemble fini de “lettres”). On peut former des “mots” en juxtaposant ces lettres. L’ensemble M(A)M(A) de tous les mots finis sur AA, y compris le mot vide, forme un monoïde avec l’opération de concaténation.

  • Ensemble : M(A)M(A), par exemple si A={a,b}A=\{a,b\}, des éléments sont "" (mot vide), a, b, ab, ba, aab, etc.
  • Opération : La concaténation. Par exemple, ab concaténé avec aab donne abaab. Cette opération est associative.
  • Élément neutre : Le mot vide "". Concaténer le mot vide à n’importe quel mot ne le change pas.

Ce monoïde n’est pas commutatif si AA a au moins deux lettres (par exemple, ab \neq ba).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Les entiers relatifs avec la soustraction

L’ensemble Z\mathbb{Z} muni de la soustraction ()(-) et de l’élément neutre 00 ne forme pas un monoïde. L’élément 00 est neutre à droite (x0=xx - 0 = x), mais pas à gauche (0x=xx0 - x = -x \neq x si x0x \neq 0). De plus, la soustraction n’est pas associative : (53)2=22=0(5 - 3) - 2 = 2 - 2 = 0, mais 5(32)=51=45 - (3 - 2) = 5 - 1 = 4.

Contre-exemple 2 : Les entiers naturels non nuls avec l’addition

L’ensemble N={1,2,3,}\mathbb{N}^* = \{1, 2, 3, \dots\} avec l’addition (+)(+) ne forme pas un monoïde. Bien que l’addition soit associative, il n’y a pas d’élément neutre dans N\mathbb{N}^*. L’élément neutre pour l’addition est 0, mais 0N0 \notin \mathbb{N}^*.

Concepts Connexes

  • Groupe : Un groupe est un monoïde où chaque élément possède un inverse. Par exemple, (Z,+,0)(\mathbb{Z}, +, 0) est un groupe, mais (N,+,0)(\mathbb{N}, +, 0) est seulement un monoïde.
  • Anneau : La définition d’un anneau (A,+,×,0,1)(A, +, \times, 0, 1) implique que (A,×,1)(A, \times, 1) est un monoïde (le monoïde multiplicatif de l’anneau).

Concept 7: Corps

Prérequis

Définition

Un corps est un quintuplet (K,+,×,0,1)(K, +, \times, 0, 1)KK est un ensemble, ++ et ×\times sont des opérations binaires, et 0,10, 1 sont des éléments de KK, tel que :

  1. (K,+,×,0,1)(K, +, \times, 0, 1) est un anneau.
  2. L’anneau n’est pas l’anneau nul, ce qui signifie que 101 \neq 0.
  3. Tout élément non nul de KK est inversible pour la multiplication. Autrement dit, l’ensemble K=K{0}K^* = K - \{0\} muni de la multiplication ×\times forme un groupe.

Dans le contexte de ce cours, un corps est supposé être commutatif pour la multiplication, c’est-à-dire que l’anneau sous-jacent est commutatif.

Propriétés Clés

  • Intégrité : Tout corps est un anneau intègre. C’est-à-dire que si a,bKa, b \in K avec ab=0ab=0, alors on doit avoir a=0a=0 ou b=0b=0.

    Preuve : Supposons ab=0ab=0 et a0a \neq 0. Puisque KK est un corps et a0a \neq 0, aa possède un inverse a1a^{-1}. En multipliant l’équation par a1a^{-1} à gauche, on obtient a1(ab)=a10a^{-1}(ab) = a^{-1} \cdot 0, ce qui donne (a1a)b=0(a^{-1}a)b = 0, soit 1b=01 \cdot b = 0, et donc b=0b=0.

  • Les seuls idéaux d’un corps commutatif KK sont {0}\{0\} et KK lui-même.

  • Tout morphisme d’anneaux d’un corps vers un anneau non nul est injectif.

Exemples

Exemple 1 : Le corps des nombres rationnels (Q)(\mathbb{Q})

L’ensemble des nombres rationnels Q\mathbb{Q} muni de l’addition et de la multiplication usuelles est un corps commutatif. Chaque nombre rationnel non nul p/qp/q (avec p,qZ,p0,q0p, q \in \mathbb{Z}, p\neq 0, q \neq 0) a pour inverse q/pq/p.

Exemple 2 : Le corps des nombres réels (R)(\mathbb{R})

L’ensemble des nombres réels R\mathbb{R} avec ses opérations usuelles est un corps commutatif. Tout réel non nul xx a pour inverse 1/x1/x.

Exemple 3 : Le corps des nombres complexes (C)(\mathbb{C})

L’ensemble des nombres complexes C\mathbb{C} est un corps commutatif. Tout nombre complexe non nul z=a+ibz = a+ib a pour inverse aiba2+b2\frac{a-ib}{a^2+b^2}.

Exemple 4 : Le corps fini Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}

Si pp est un nombre premier, l’anneau des entiers modulo pp, noté Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}, est un corps. Par exemple, dans Z/5Z\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}, les éléments non nuls sont 1ˉ,2ˉ,3ˉ,4ˉ\bar{1}, \bar{2}, \bar{3}, \bar{4}. Leurs inverses sont respectivement 1ˉ,3ˉ,2ˉ,4ˉ\bar{1}, \bar{3}, \bar{2}, \bar{4} car 2ˉ3ˉ=6ˉ=1ˉ\bar{2} \cdot \bar{3} = \bar{6} = \bar{1} et 4ˉ4ˉ=16=1ˉ\bar{4} \cdot \bar{4} = \overline{16} = \bar{1}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : L’anneau des entiers relatifs (Z)(\mathbb{Z})

L’anneau (Z,+,×)(\mathbb{Z}, +, \times) n’est pas un corps. C’est un anneau intègre, mais la plupart de ses éléments non nuls ne sont pas inversibles. Les seuls éléments inversibles pour la multiplication dans Z\mathbb{Z} sont 11 et 1-1. Par exemple, 22 n’a pas d’inverse dans Z\mathbb{Z}.

Contre-exemple 2 : L’anneau Z/6Z\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}

L’anneau des entiers modulo 6 n’est pas un corps. Il n’est même pas intègre car il possède des diviseurs de zéro : 2ˉ3ˉ=6ˉ=0ˉ\bar{2} \cdot \bar{3} = \bar{6} = \bar{0}, alors que 2ˉ0ˉ\bar{2} \neq \bar{0} et 3ˉ0ˉ\bar{3} \neq \bar{0}. Des éléments comme 2ˉ,3ˉ,4ˉ\bar{2}, \bar{3}, \bar{4} ne sont pas inversibles.

Concepts Connexes

  • Anneau : Un corps est un type particulier d’anneau.
  • Anneau intègre : Un anneau commutatif, non nul, et sans diviseur de zéro. Tout corps est un anneau intègre, mais la réciproque est fausse (par exemple Z\mathbb{Z}).
  • Espace vectoriel : La notion d’espace vectoriel est définie sur un corps (le corps des scalaires).

Concept 8: Morphisme de Structures Algébriques

Prérequis

Définition

Un morphisme est une application entre deux ensembles munis d’une même structure algébrique, qui “préserve” ou “respecte” cette structure.

  1. Morphismes de monoïdes (ou de groupes) : Soient (M,M,eM)(M, *_{M}, e_{M}) et (N,N,eN)(N, *_{N}, e_{N}) deux monoïdes. Une application f:MNf : M \to N est un morphisme de monoïdes si elle préserve l’opération et l’élément neutre :

    • Pour tous m1,m2Mm_1, m_2 \in M, f(m1Mm2)=f(m1)Nf(m2)f(m_1 *_{M} m_2) = f(m_1) *_{N} f(m_2).
    • f(eM)=eNf(e_M) = e_N.

    Si MM et NN sont des groupes, on parle de morphisme de groupes. La condition f(eM)=eNf(e_M)=e_N est alors une conséquence de la première (Proposition 1.21).

  2. Morphismes d’anneaux : Soient (A,+A,×A,0A,1A)(A, +_A, \times_A, 0_A, 1_A) et (B,+B,×B,0B,1B)(B, +_B, \times_B, 0_B, 1_B) deux anneaux. Une application f:ABf: A \to B est un morphisme d’anneaux si elle est un morphisme pour les deux structures :

    • C’est un morphisme de groupes pour l’addition : f(a1+Aa2)=f(a1)+Bf(a2)f(a_1 +_A a_2) = f(a_1) +_B f(a_2) et f(0A)=0Bf(0_A) = 0_B.
    • C’est un morphisme de monoïdes pour la multiplication : f(a1×Aa2)=f(a1)×Bf(a2)f(a_1 \times_A a_2) = f(a_1) \times_B f(a_2) et f(1A)=1Bf(1_A) = 1_B.

Un morphisme bijectif dont la réciproque est aussi un morphisme est appelé un isomorphisme. Un morphisme d’une structure dans elle-même est un endomorphisme.

Propriétés Clés

  • Composition : La composée de deux morphismes est un morphisme.
  • Préservation des inverses : Si f:GHf: G \to H est un morphisme de groupes, alors pour tout gGg \in G, f(g1)=(f(g))1f(g^{-1}) = (f(g))^{-1} (Proposition 1.19).
  • Noyau et Image : Le noyau d’un morphisme de groupes f:GHf: G \to H est le sous-groupe Ker(f)={gGf(g)=eH}\text{Ker}(f) = \{g \in G \mid f(g) = e_H\}. L’image Im(f)\text{Im}(f) est le sous-groupe des éléments de HH atteints par ff. Un morphisme est injectif si et seulement si son noyau est trivial ({eG}\{e_G\}).

Exemples

Exemple 1 : Le déterminant

L’application déterminant, det:(GLn(R),)(R,)\det: (\text{GL}_n(\mathbb{R}), \cdot) \to (\mathbb{R}^*, \cdot), est un morphisme de groupes.

  • GLn(R)\text{GL}_n(\mathbb{R}) est le groupe des matrices n×nn \times n inversibles. R\mathbb{R}^* est le groupe des réels non nuls.
  • La propriété det(AB)=det(A)det(B)\det(AB) = \det(A)\det(B) montre que le déterminant préserve l’opération.
  • L’élément neutre de GLn(R)\text{GL}_n(\mathbb{R}) est la matrice identité InI_n, et det(In)=1\det(I_n) = 1, qui est l’élément neutre de R\mathbb{R}^*.

Exemple 2 : L’exponentielle

L’application exponentielle, exp:(R,+)(R+,×)\exp: (\mathbb{R}, +) \to (\mathbb{R}_+^*, \times), est un morphisme de groupes.

  • Elle envoie la structure additive des réels sur la structure multiplicative des réels positifs non nuls.
  • La propriété fondamentale exp(x+y)=exp(x)exp(y)\exp(x+y) = \exp(x)\exp(y) montre que l’opération est préservée.
  • L’exponentielle envoie le neutre de (R,+)(\mathbb{R}, +), qui est 0, sur le neutre de (R+,×)(\mathbb{R}_+^*, \times), qui est 1 : exp(0)=1\exp(0)=1.

Ce morphisme est en fait un isomorphisme.

Exemple 3 : Évaluation de fonctions

Soit C0([0,1],R)C^0([0, 1], \mathbb{R}) l’anneau des fonctions continues de [0,1][0,1] vers R\mathbb{R}. Pour un x0[0,1]x_0 \in [0,1] fixé, l’application d’évaluation evx0:C0([0,1],R)R\text{ev}_{x_0}: C^0([0, 1], \mathbb{R}) \to \mathbb{R} définie par evx0(f)=f(x0)\text{ev}_{x_0}(f) = f(x_0) est un morphisme d’anneaux.

  • evx0(f+g)=(f+g)(x0)=f(x0)+g(x0)=evx0(f)+evx0(g)\text{ev}_{x_0}(f+g) = (f+g)(x_0) = f(x_0) + g(x_0) = \text{ev}_{x_0}(f) + \text{ev}_{x_0}(g).
  • evx0(fg)=(fg)(x0)=f(x0)g(x0)=evx0(f)evx0(g)\text{ev}_{x_0}(f \cdot g) = (f \cdot g)(x_0) = f(x_0) \cdot g(x_0) = \text{ev}_{x_0}(f) \cdot \text{ev}_{x_0}(g).
  • Elle envoie la fonction nulle sur 0 et la fonction constante égale à 1 sur 1.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Une translation

L’application f:(Z,+)(Z,+)f: (\mathbb{Z}, +) \to (\mathbb{Z}, +) définie par f(x)=x+1f(x) = x+1 n’est pas un morphisme de groupes. Elle ne préserve pas l’élément neutre: f(0)=10f(0)=1 \neq 0. Elle ne préserve pas non plus l’opération : f(x+y)=x+y+1f(x+y) = x+y+1, tandis que f(x)+f(y)=(x+1)+(y+1)=x+y+2f(x)+f(y) = (x+1)+(y+1) = x+y+2.

Contre-exemple 2 : La mise au carré

L’application f:(R,+)(R,+)f: (\mathbb{R}, +) \to (\mathbb{R}, +) définie par f(x)=x2f(x) = x^2 n’est pas un morphisme de groupes. En général, f(x+y)=(x+y)2=x2+2xy+y2x2+y2=f(x)+f(y)f(x+y) = (x+y)^2 = x^2+2xy+y^2 \neq x^2+y^2 = f(x)+f(y).

Concepts Connexes

  • Isomorphisme : Un isomorphisme identifie deux structures comme étant “les mêmes” du point de vue de l’algèbre.
  • Noyau et Image : Outils fondamentaux pour étudier les morphismes et comprendre la structure des objets qu’ils relient.

Concept 9: Principe de Récurrence

Prérequis

Définition

Le principe de récurrence est une propriété fondamentale de l’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N} qui permet de démontrer qu’une propriété est vraie pour tous les entiers à partir d’un certain rang.

Soit P(n)P(n) une propriété qui dépend d’un entier naturel nn. Pour démontrer que P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \geq n_0 (où n0n_0 est un entier de départ, souvent 0 ou 1), la démonstration par récurrence se déroule en deux étapes :

  1. Initialisation (ou cas de base) : On vérifie que la propriété P(n0)P(n_0) est vraie.
  2. Hérédité : On suppose que P(k)P(k) est vraie pour un entier kk arbitraire tel que kn0k \geq n_0 (c’est l’hypothèse de récurrence), et on démontre que, sous cette hypothèse, la propriété P(k+1)P(k+1) est également vraie.

Si ces deux étapes sont validées, le principe de récurrence permet de conclure que P(n)P(n) est vraie pour tout entier nn0n \geq n_0.

Une variante est la récurrence forte où, dans l’étape d’hérédité, on suppose que P(i)P(i) est vraie pour tous les entiers ii tels que n0ikn_0 \leq i \leq k pour prouver P(k+1)P(k+1).

Propriétés Clés

  • Le principe de récurrence est équivalent à l’axiome que toute partie non vide de N\mathbb{N} admet un plus petit élément (bon ordre).
  • C’est un outil de démonstration puissant et essentiel en arithmétique, en analyse et en informatique.
  • La récurrence simple et la récurrence forte sont logiquement équivalentes.

Exemples

Exemple 1 : Somme des premiers entiers

Montrons que pour tout nNn \in \mathbb{N}, la somme des entiers de 0 à nn est k=0nk=n(n+1)2\sum_{k=0}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

  • Initialisation (n=0n=0) : Pour n=0n=0, la somme est k=00k=0\sum_{k=0}^{0} k = 0. La formule donne 0(0+1)2=0\frac{0(0+1)}{2}=0. La propriété est vraie pour n=0n=0.

  • Hérédité : Supposons que la formule est vraie pour un entier k0k \ge 0, i.e., i=0ki=k(k+1)2\sum_{i=0}^{k} i = \frac{k(k+1)}{2}. Montrons qu’elle est vraie pour k+1k+1.

    i=0k+1i=(i=0ki)+(k+1)=k(k+1)2+(k+1)\sum_{i=0}^{k+1} i = \left(\sum_{i=0}^{k} i\right) + (k+1) = \frac{k(k+1)}{2} + (k+1)

    En mettant (k+1)(k+1) en facteur, on obtient :

    (k+1)(k2+1)=(k+1)(k+22)=(k+1)(k+2)2(k+1) \left(\frac{k}{2} + 1\right) = (k+1) \left(\frac{k+2}{2}\right) = \frac{(k+1)(k+2)}{2}

    C’est bien la formule au rang k+1k+1.

  • Conclusion : Par le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Exemple 2 : Inégalité de Bernoulli

Montrons que pour tout entier n0n \geq 0 et tout réel x>1x > -1, on a (1+x)n1+nx(1+x)^n \geq 1+nx.

  • Initialisation (n=0n=0) : Pour n=0n=0, l’inégalité est (1+x)01+0x(1+x)^0 \geq 1+0 \cdot x, soit 111 \geq 1. C’est vrai.

  • Hérédité : Supposons que (1+x)k1+kx(1+x)^k \geq 1+kx pour un entier k0k \geq 0. Montrons que (1+x)k+11+(k+1)x(1+x)^{k+1} \geq 1+(k+1)x.

    (1+x)k+1=(1+x)k(1+x)(1+x)^{k+1} = (1+x)^k (1+x)

    Par hypothèse de récurrence, (1+x)k1+kx(1+x)^k \geq 1+kx. Comme x>1x > -1, 1+x>01+x > 0, on peut multiplier l’inégalité par (1+x)(1+x) sans changer le sens :

    (1+x)k+1(1+kx)(1+x)=1+x+kx+kx2=1+(k+1)x+kx2(1+x)^{k+1} \geq (1+kx)(1+x) = 1+x+kx+kx^2 = 1+(k+1)x + kx^2

    Puisque k0k \geq 0 et x20x^2 \geq 0, on a kx20kx^2 \geq 0. Donc, 1+(k+1)x+kx21+(k+1)x1+(k+1)x + kx^2 \geq 1+(k+1)x.

    Par transitivité, on a bien (1+x)k+11+(k+1)x(1+x)^{k+1} \geq 1+(k+1)x.

  • Conclusion : L’inégalité est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Exemple 3 : Récurrence forte

Montrons que tout entier n2n \geq 2 peut s’écrire comme un produit de nombres premiers.

  • Initialisation (n=2n=2) : 22 est un nombre premier, donc il est un produit de nombres premiers (lui-même). C’est vrai.
  • Hérédité : Supposons que pour un entier k2k \geq 2, tous les entiers ii tels que 2ik2 \leq i \leq k sont des produits de nombres premiers. Montrons que k+1k+1 est un produit de nombres premiers.
    • Cas 1 : k+1k+1 est un nombre premier. Alors la propriété est vraie.
    • Cas 2 : k+1k+1 est composé. Alors il existe des entiers a,ba, b tels que k+1=abk+1 = a \cdot b avec 2ak2 \leq a \leq k et 2bk2 \leq b \leq k. Par l’hypothèse de récurrence forte, aa et bb s’écrivent comme des produits de nombres premiers. Par conséquent, leur produit ab=k+1a \cdot b = k+1 est aussi un produit de nombres premiers.
  • Conclusion : Par le principe de récurrence forte, tout entier n2n \geq 2 est un produit de nombres premiers.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Hérédité sans initialisation

Considérons la propriété P(n):n=n+1P(n) : n=n+1.

  • Hérédité : Supposons que k=k+1k=k+1 pour un certain kk. En ajoutant 1 des deux côtés, on obtient k+1=(k+1)+1k+1 = (k+1)+1. C’est bien P(k+1)P(k+1). L’hérédité est donc “prouvée”.
  • Initialisation : Pour n=0n=0, on a 0=10=1, ce qui est faux.

L’absence d’un cas de base vrai rend la conclusion fausse. On ne peut pas conclure que n=n+1n=n+1 pour tout nn.

Contre-exemple 2 : Initialisation sans hérédité

Considérons la propriété P(n):n2n+41P(n) : n^2 - n + 41 est un nombre premier.

  • Initialisation (n=0n=0) : P(0)P(0) est 4141, qui est premier. Vrai.
  • Initialisation (n=1n=1) : P(1)P(1) est 11+41=411-1+41=41, qui est premier. Vrai.
  • … On peut vérifier que c’est vrai pour n=0,1,...,40n=0, 1, ..., 40.
  • Hérédité : L’étape d’hérédité échoue. Par exemple, au rang 40, P(40)P(40) est vraie. Mais P(41)=41241+41=412P(41) = 41^2-41+41 = 41^2, qui n’est pas premier. L’implication P(40)P(41)P(40) \Rightarrow P(41) est fausse.

Concepts Connexes

  • Axiomes de Peano : Le principe de récurrence est l’un des axiomes de Peano qui définissent formellement les entiers naturels.
  • Définition par récurrence : On peut définir des suites ou des fonctions en donnant une valeur initiale et une relation de récurrence (par exemple, la factorielle : 0!=10!=1 et (n+1)!=(n+1)n!(n+1)! = (n+1) \cdot n!).

Concept 10: Relation d’Ordre

Prérequis

Définition

Une relation d’ordre sur un ensemble XX est une relation binaire, souvent notée \leq, qui est :

  1. Réflexive : Pour tout xXx \in X, on a xxx \leq x.

    (Tout élément est en relation avec lui-même).

  2. Antisymétrique : Pour tous x,yXx, y \in X, si xyx \leq y et yxy \leq x, alors x=yx=y.

    (Si deux éléments se “précèdent” mutuellement, ils sont égaux).

  3. Transitive : Pour tous x,y,zXx, y, z \in X, si xyx \leq y et yzy \leq z, alors xzx \leq z.

    (La relation se propage).

Un ensemble muni d’une relation d’ordre est appelé un ensemble ordonné.

Si, de plus, la relation est totale, c’est-à-dire que pour tous x,yXx, y \in X, on a xyx \leq y ou yxy \leq x, on parle d’ordre total. Sinon, l’ordre est dit partiel.

Propriétés Clés

  • Un ensemble peut être muni de différentes relations d’ordre.
  • Un sous-ensemble d’un ensemble ordonné hérite de la relation d’ordre.
  • Dans un ensemble ordonné, on peut définir les notions de plus petit/grand élément, de majorant/minorant, et de borne supérieure/inférieure.

Exemples

Exemple 1 : L’ordre usuel sur les réels

L’ensemble des nombres réels R\mathbb{R} muni de la relation \leq usuelle est un ensemble totalement ordonné.

  • Réflexivité : Pour tout xRx \in \mathbb{R}, xxx \leq x.
  • Antisymétrie : Si xyx \leq y et yxy \leq x, alors x=yx=y.
  • Transitivité : Si xyx \leq y et yzy \leq z, alors xzx \leq z.
  • Totalité : Pour deux réels x,yx, y quelconques, on a toujours soit xyx \leq y, soit yxy \leq x.

Exemple 2 : L’inclusion sur les parties d’un ensemble

Soit EE un ensemble. L’ensemble de ses parties, P(E)\mathcal{P}(E), muni de la relation d’inclusion \subseteq, est un ensemble ordonné.

  • Réflexivité : Pour toute partie AEA \subseteq E, AAA \subseteq A.
  • Antisymétrie : Si ABA \subseteq B et BAB \subseteq A, alors A=BA=B.
  • Transitivité : Si ABA \subseteq B et BCB \subseteq C, alors ACA \subseteq C.

Cet ordre est partiel dès que EE a au moins deux éléments. Par exemple, si E={a,b}E=\{a, b\}, les sous-ensembles {a}\{a\} et {b}\{b\} ne sont pas comparables : on n’a ni {a}{b}\{a\} \subseteq \{b\} ni {b}{a}\{b\} \subseteq \{a\}.

Exemple 3 : La relation de divisibilité

Sur l’ensemble des entiers naturels non nuls N\mathbb{N}^*, la relation “divise”, notée |, est une relation d’ordre. On dit que aba|b s’il existe kNk \in \mathbb{N}^* tel que b=akb=ak.

  • Réflexivité : aaa|a car a=a1a=a \cdot 1.
  • Antisymétrie : Si aba|b et bab|a, alors b=ak1b=ak_1 et a=bk2a=bk_2. Donc a=ak1k2a=ak_1k_2, d’où k1k2=1k_1k_2=1. Comme k1,k2Nk_1, k_2 \in \mathbb{N}^*, on a k1=k2=1k_1=k_2=1, et donc a=ba=b.
  • Transitivité : Si aba|b et bcb|c, alors b=ak1b=ak_1 et c=bk2c=bk_2, donc c=a(k1k2)c=a(k_1k_2), ce qui montre que aca|c.

Cet ordre est partiel. Par exemple, 2 ne divise pas 3 et 3 ne divise pas 2.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : L’inégalité stricte

La relation << sur R\mathbb{R} n’est pas une relation d’ordre car elle n’est pas réflexive (on n’a jamais x<xx < x). C’est une relation d’ordre strict.

Contre-exemple 2 : Une relation cyclique

Sur l’ensemble {a,b,c}\{a, b, c\}, définissons la relation RR par aRa,bRb,cRc,aRb,bRc,cRaaRa, bRb, cRc, aRb, bRc, cRa.

  • Elle est réflexive.
  • Elle n’est pas antisymétrique : on a aRb,bRc,cRaaRb, bRc, cRa. Par transitivité, aRcaRc et on a cRacRa, mais aca \neq c.
  • Elle n’est pas transitive : aRbaRb et bRcbRc, mais on n’a pas aRcaRc dans la définition initiale (bien qu’on puisse la “clore par transitivité”).

Concepts Connexes

  • Relation d’équivalence : Autre type majeur de relation binaire, qui est symétrique au lieu d’être antisymétrique.
  • Ensemble bien ordonné : Un ensemble totalement ordonné où toute partie non vide admet un plus petit élément (par exemple, (N,)(\mathbb{N}, \leq)).
  • Treillis : Un ensemble partiellement ordonné où toute paire d’éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure.

Concept 11: Relation d’Équivalence et Ensemble Quotient

Prérequis

Définition

Une relation d’équivalence sur un ensemble EE est une relation binaire, souvent notée \sim, qui est :

  1. Réflexive : Pour tout xEx \in E, xxx \sim x.
  2. Symétrique : Pour tous x,yEx, y \in E, si xyx \sim y, alors yxy \sim x.
  3. Transitive : Pour tous x,y,zEx, y, z \in E, si xyx \sim y et yzy \sim z, alors xzx \sim z.

À partir d’une relation d’équivalence \sim sur EE, on peut définir :

  • La classe d’équivalence d’un élément xEx \in E : c’est l’ensemble de tous les éléments de EE qui sont en relation avec xx. On la note cl(x)\text{cl}(x) ou xˉ\bar{x}:

    cl(x)={yEyx}\text{cl}(x) = \{y \in E \mid y \sim x\}

  • L’ensemble quotient de EE par \sim : c’est l’ensemble de toutes les classes d’équivalence. On le note E/E/\sim:

    E/={cl(x)xE}E/\sim = \{ \text{cl}(x) \mid x \in E \}

Propriétés Clés

  • Partition de l’ensemble : Les classes d’équivalence forment une partition de l’ensemble EE. Cela signifie que :
    • Aucune classe d’équivalence n’est vide.
    • L’union de toutes les classes d’équivalence est l’ensemble EE tout entier.
    • Deux classes d’équivalence distinctes sont disjointes. Autrement dit, pour tous x,yEx, y \in E, on a soit cl(x)=cl(y)\text{cl}(x) = \text{cl}(y), soit cl(x)cl(y)=\text{cl}(x) \cap \text{cl}(y) = \emptyset.
  • Propriété universelle du quotient : Une application f:EFf: E \to F qui est constante sur les classes d’équivalence (i.e. xyf(x)=f(y)x \sim y \Rightarrow f(x)=f(y)) peut être “factorisée” de manière unique à travers l’ensemble quotient. Il existe une unique application fˉ:E/F\bar{f} : E/\sim \to F telle que f=fˉπf = \bar{f} \circ \pi, où π:EE/\pi: E \to E/\sim est l’application surjective qui à xx associe sa classe cl(x)\text{cl}(x).

Exemples

Exemple 1 : Congruence modulo nn

Sur l’ensemble des entiers Z\mathbb{Z}, fixons un entier n>0n > 0. La relation “être congru modulo nn” est définie par abn divise (ab)a \sim b \Leftrightarrow n \text{ divise } (a-b).

  • C’est une relation d’équivalence.
  • La classe d’équivalence de aa est aˉ={a+knkZ}\bar{a} = \{a + kn \mid k \in \mathbb{Z}\}.
  • L’ensemble quotient est Z/nZ={0ˉ,1ˉ,,n1}\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} = \{\bar{0}, \bar{1}, \dots, \overline{n-1}\}. Il y a exactement nn classes d’équivalence.

Exemple 2 : Construction des nombres rationnels

L’ensemble Q\mathbb{Q} peut être construit comme un ensemble quotient. On part de l’ensemble E=Z×(Z{0})E = \mathbb{Z} \times (\mathbb{Z} - \{0\}). On définit la relation (a,b)(c,d)ad=bc(a,b) \sim (c,d) \Leftrightarrow ad = bc.

  • C’est une relation d’équivalence.
  • La classe d’équivalence du couple (a,b)(a,b) est le nombre rationnel a/ba/b. Par exemple, la classe de (1,2)(1,2) est {(1,2),(2,4),(3,6),}\{(1,2), (2,4), (-3,-6), \dots\}, qui représente le nombre 1/21/2.
  • L’ensemble quotient est Q\mathbb{Q}.

Exemple 3 : Équivalence de points par une rotation

Dans le plan R2\mathbb{R}^2, disons que deux points sont équivalents s’ils peuvent être obtenus l’un de l’autre par une rotation autour de l’origine.

  • La classe d’équivalence d’un point PP (différent de l’origine) est le cercle centré à l’origine qui passe par PP.
  • L’ensemble quotient est l’ensemble de tous ces cercles. On peut l’identifier à l’ensemble des rayons possibles, c’est-à-dire l’intervalle [0,+)[0, +\infty).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : La relation d’ordre \leq

La relation \leq sur R\mathbb{R} n’est pas une relation d’équivalence. Elle est réflexive et transitive, mais pas symétrique. Par exemple, 353 \leq 5 mais 5≰35 \not\leq 3.

Contre-exemple 2 : Avoir un ami en commun

Sur un ensemble de personnes, la relation “avoir au moins un ami en commun” n’est pas transitive. Alice peut avoir Bob comme ami commun avec Charles, et Charles peut avoir David comme ami commun avec Eve, mais Alice et Eve peuvent ne pas avoir d’ami en commun. Elle n’est pas non plus réflexive (si on suppose qu’on n’est pas son propre ami).

Concepts Connexes

  • Groupe Quotient et Anneau Quotient : Ces constructions fondamentales utilisent la notion d’ensemble quotient pour définir de nouvelles structures algébriques.
  • Partition d’un ensemble : Il y a une bijection entre les relations d’équivalence sur un ensemble EE et les partitions de EE.

Concept 12: Sous-groupe

Prérequis

Définition

Un sous-groupe d’un groupe (G,,eG)(G, *, e_G) est un sous-ensemble HH de GG qui est lui-même un groupe pour l’opération * restreinte à HH.

Formellement, un sous-ensemble HGH \subseteq G est un sous-groupe si les trois conditions suivantes sont remplies :

  1. Contient l’élément neutre : eGHe_G \in H. (Ceci assure que HH est non vide).
  2. Stabilité par l’opération : Pour tous h1,h2Hh_1, h_2 \in H, le produit h1h2h_1 * h_2 est aussi dans HH.
  3. Stabilité par passage à l’inverse : Pour tout hHh \in H, son inverse h1h^{-1} est aussi dans HH.

Propriétés Clés

  • Critère de caractérisation (Proposition 1.37) : Un sous-ensemble non vide HH de GG est un sous-groupe si et seulement si pour tous les éléments x,yHx, y \in H, l’élément xy1x * y^{-1} est aussi dans HH. Ce critère unique combine les conditions de stabilité et d’inversion.
  • L’intersection de n’importe quelle collection de sous-groupes de GG est encore un sous-groupe de GG.
  • L’image et le noyau d’un morphisme de groupes sont des sous-groupes.

Exemples

Exemple 1 : Les multiples d’un entier

Dans le groupe additif des entiers (Z,+)(\mathbb{Z}, +), pour tout entier nNn \in \mathbb{N}, l’ensemble nZ={nkkZ}n\mathbb{Z} = \{nk \mid k \in \mathbb{Z}\} des multiples de nn est un sous-groupe.

  • 0=n0nZ0 = n \cdot 0 \in n\mathbb{Z}.
  • Si x=nk1x=nk_1 et y=nk2y=nk_2 sont dans nZn\mathbb{Z}, leur somme x+y=n(k1+k2)x+y = n(k_1+k_2) est aussi dans nZn\mathbb{Z}.
  • Si x=nknZx=nk \in n\mathbb{Z}, son opposé x=n(k)-x = n(-k) est aussi dans nZn\mathbb{Z}.

Exemple 2 : Le groupe spécial linéaire

Dans le groupe multiplicatif des matrices carrées inversibles de taille nn, GLn(R)\text{GL}_n(\mathbb{R}), l’ensemble des matrices de déterminant 1, noté SLn(R)\text{SL}_n(\mathbb{R}), est un sous-groupe.

  • La matrice identité InI_n a un déterminant de 1.
  • Si det(A)=1\det(A)=1 et det(B)=1\det(B)=1, alors det(AB)=det(A)det(B)=1\det(AB) = \det(A)\det(B)=1.
  • Si det(A)=1\det(A)=1, alors det(A1)=1/det(A)=1\det(A^{-1}) = 1/\det(A) = 1.

Exemple 3 : Le groupe orthogonal

Le groupe orthogonal On(R)O_n(\mathbb{R}) est le sous-ensemble des matrices MGLn(R)M \in \text{GL}_n(\mathbb{R}) telles que MTM=InM^T M = I_n. C’est un sous-groupe de GLn(R)\text{GL}_n(\mathbb{R}). Il correspond aux transformations qui préservent la distance euclidienne (isométries).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Les entiers naturels dans les entiers relatifs

L’ensemble N\mathbb{N} est un sous-ensemble de (Z,+)(\mathbb{Z}, +), il contient le neutre 0 et est stable par addition. Cependant, ce n’est pas un sous-groupe car il n’est pas stable par passage à l’inverse (l’opposé). Par exemple, 3N3 \in \mathbb{N} mais son opposé 3N-3 \notin \mathbb{N}.

Contre-exemple 2 : L’union de deux sous-groupes

L’union de deux sous-groupes n’est généralement pas un sous-groupe. Dans (Z,+)(\mathbb{Z}, +), considérez les sous-groupes 2Z2\mathbb{Z} et 3Z3\mathbb{Z}. Leur union H=2Z3ZH = 2\mathbb{Z} \cup 3\mathbb{Z} contient 22 et 33, mais pas leur somme 2+3=52+3=5. HH n’est donc pas stable par addition.

Concepts Connexes

  • Groupe quotient : Si un sous-groupe est “normal”, on peut construire un groupe quotient.
  • Noyau d’un morphisme : Le noyau d’un morphisme de groupes est toujours un sous-groupe (et il est même normal).
  • Théorème de Lagrange : Dans un groupe fini, l’ordre (le nombre d’éléments) de tout sous-groupe divise l’ordre du groupe.

Concept 13: Isomorphismes d’ensembles ordonnés

Prérequis

Définition

Soient (E,E)(E, \le_E) and (F,F)(F, \le_F) deux ensembles ordonnés.

  1. Une application f:EFf: E \to F est dite croissante (ou préserve l’ordre) si pour tous x,yEx, y \in E: xEy    f(x)Ff(y)x \le_E y \implies f(x) \le_F f(y)
  2. Un isomorphisme d’ensembles ordonnés est une application bijective f:EFf: E \to F telle que ff et sa réciproque f1f^{-1} sont toutes les deux croissantes.

Propriétés Clés

  • Une application bijective f:EFf: E \to F est un isomorphisme d’ensembles ordonnés si et seulement si pour tous x,yEx, y \in E: xEy    f(x)Ff(y)x \le_E y \iff f(x) \le_F f(y) Cette condition unique est plus forte que la simple croissance. Elle garantit que la structure d’ordre est parfaitement préservée dans les deux sens.
  • Si deux ensembles sont isomorphes, leurs structures d’ordre sont “les mêmes”. Par exemple, si EE a un plus petit élément, alors FF en a un aussi.
  • La composition de deux isomorphismes d’ensembles ordonnés est un isomorphisme d’ensembles ordonnés.

Exemples

Exemple 1 : Isomorphisme trivial

Soit f:(Z,)(Z,)f: (\mathbb{Z}, \le) \to (\mathbb{Z}, \le) définie par f(n)=n+5f(n) = n + 5.

  • Bijective ? Oui. Sa réciproque est f1(m)=m5f^{-1}(m) = m - 5.
  • Croissante ? Oui. Si n1n2n_1 \le n_2, alors n1+5n2+5n_1+5 \le n_2+5, donc f(n1)f(n2)f(n_1) \le f(n_2).
  • f1f^{-1} croissante ? Oui. Si m1m2m_1 \le m_2, alors m15m25m_1-5 \le m_2-5, donc f1(m1)f1(m2)f^{-1}(m_1) \le f^{-1}(m_2). ff est donc un isomorphisme d’ensembles ordonnés.

Exemple 2 : (N,)(\mathbb{N}, \le) et (2N,)(2\mathbb{N}, \le)

Soit 2N2\mathbb{N} l’ensemble des entiers naturels pairs {0,2,4,...}\{0, 2, 4, ...\}. Montrons que (N,)(\mathbb{N}, \le) et (2N,)(2\mathbb{N}, \le) sont isomorphes. Soit f:N2Nf: \mathbb{N} \to 2\mathbb{N} définie par f(n)=2nf(n)=2n.

  • Bijective ? Oui. ff est injective (2n1=2n2    n1=n22n_1=2n_2 \implies n_1=n_2) et surjective (tout pair s’écrit 2n2n).
  • xy    f(x)f(y)x \le y \iff f(x) \le f(y) ?
    • \Rightarrow: Si n1n2n_1 \le n_2, alors 2n12n22n_1 \le 2n_2, donc f(n1)f(n2)f(n_1) \le f(n_2).
    • \Leftarrow: Si f(n1)f(n2)f(n_1) \le f(n_2), alors 2n12n22n_1 \le 2n_2. Comme 2>02>0, on peut diviser par 2 sans changer le sens de l’inégalité, donc n1n2n_1 \le n_2. La condition est vérifiée, donc ff est un isomorphisme.

Exemple 3 : Une bijection non-isomorphe

Considérons (Z,)(\mathbb{Z}, \le). Soit f:ZZf: \mathbb{Z} \to \mathbb{Z} définie par f(n)=nf(n) = -n.

  • Bijective ? Oui, elle est sa propre réciproque.
  • Croissante ? Non. 232 \le 3 mais f(2)=2f(2)=-2 et f(3)=3f(3)=-3. On n’a pas 23-2 \le -3. L’application est décroissante. Ce n’est pas un isomorphisme d’ordre.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : (Z,)(\mathbb{Z}, \le) et (Q,)(\mathbb{Q}, \le)

Ces deux ensembles ne sont pas isomorphes. Q\mathbb{Q} est un ordre dense (entre deux rationnels, il y en a toujours un autre), alors que Z\mathbb{Z} est un ordre discret (entre nn et n+1n+1, il n’y a aucun autre entier). Un isomorphisme préserverait cette propriété de densité, donc il ne peut en exister.

Concepts Connexes

  • Morphisme de groupes/anneaux: C’est une notion similaire mais pour des structures algébriques. Un isomorphisme de groupes est une bijection qui préserve l’opération.
  • Topologie de l’ordre: Une relation d’ordre peut être utilisée pour définir une topologie sur un ensemble.