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Structures algébriques (A)
Concept 1: Application (ou Fonction)
Prérequis
- Connaissance de base des ensembles, y compris la notion de sous-ensemble.
- Compréhension du produit cartésien de deux ensembles, noté .
Définition
Soient et deux ensembles. Une application (ou fonction) de dans , notée , est une règle qui associe à chaque élément de l’ensemble de départ un unique élément de l’ensemble d’arrivée . Cet unique élément est noté et est appelé l’image de par .
Formellement, une application est définie par son graphe, qui est un sous-ensemble tel que pour tout , il existe un et un seul pour lequel le couple appartient à . On a donc :
On distingue quelques applications particulières :
- Application Identité : Pour tout ensemble , l’application identité est définie par pour tout .
- Composition d’applications : Si et sont deux applications, leur composition est une nouvelle application notée , définie pour tout par . On applique d’abord , puis au résultat.
Propriétés Clés
-
Associativité de la composition : La composition des applications est associative. Si on a trois applications , et , alors on a l’égalité :
Cela signifie que l’ordre dans lequel on effectue les compositions n’a pas d’importance.
-
Élément neutre pour la composition : L’application identité agit comme un élément neutre pour la composition. Pour toute application , on a :
Exemples
Exemple 1 : Une fonction polynomiale
Soit l’application définie par .
- L’ensemble de départ est .
- L’ensemble d’arrivée est .
- Pour chaque réel , on lui associe son carré . Par exemple, , , .
- Le graphe de cette fonction est la parabole . Pour chaque , il y a bien un unique tel que .
Exemple 2 : L’application successeur sur les entiers
Soit l’application définie par .
- Cette application associe à chaque entier naturel son successeur.
- , , .
- C’est une application car chaque entier a un unique successeur.
Exemple 3 : Composition de fonctions
Considérons les applications définie par et définie par .
-
La composition est calculée comme suit :
Pour tout , .
-
La composition est calculée comme suit :
Pour tout , .
-
On remarque que , ce qui montre que la composition des applications n’est en général pas commutative.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Une relation qui n’est pas une application
Considérons les ensembles et . Le sous-ensemble de donné par n’est pas le graphe d’une application, car l’élément est associé à deux éléments distincts de (à la fois et ).
Contre-exemple 2 : Une règle qui n’est pas définie partout
Considérons la “règle” de dans qui associe à la valeur . Ce n’est pas une application de dans car l’élément n’a pas d’image. Pour que ce soit une application, il faudrait changer l’ensemble de départ, par exemple .
Concepts Connexes
- Injectivité, Surjectivité, Bijectivité: Propriétés importantes des applications qui décrivent comment les éléments des ensembles de départ et d’arrivée sont mis en relation.
- Morphismes: Dans un contexte plus structuré (groupes, anneaux, etc.), les applications qui préservent la structure sont appelées morphismes. Une application est un “morphisme d’ensembles”.
Applications
Les applications sont l’un des concepts les plus fondamentaux en mathématiques. Elles permettent de modéliser des relations de dépendance entre différentes quantités dans tous les domaines des sciences (physique, informatique, économie, etc.). Par exemple, la position d’un objet en fonction du temps est une application du temps vers l’espace.
Concept 2: Injectivité, Surjectivité, Bijectivité
Prérequis
- Concept 1: Application (ou Fonction)
- Notions d’image et d’image inverse d’une partie.
Définition
Soit une application entre deux ensembles.
-
Injectivité: On dit que est injective si deux éléments distincts de l’ensemble de départ ont toujours des images distinctes.
Mathématiquement, pour tous :
Une autre façon de le dire est que pour tout , l’équation a au plus une solution . L’ensemble des antécédents de , , contient donc au plus un élément.
-
Surjectivité: On dit que est surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée est l’image d’au moins un élément de l’ensemble de départ.
Mathématiquement, pour tout , il existe au moins un tel que :
Cela revient à dire que l’image de l’application est égale à l’ensemble d’arrivée : .
-
Bijectivité: On dit que est bijective si elle est à la fois injective et surjective.
Mathématiquement, pour tout , il existe un unique tel que :
Une application bijective établit une correspondance parfaite “un pour un” entre les éléments de et de .
Propriétés Clés
-
Inverse d’une bijection: Une application est bijective si et seulement si elle admet une application inverse (ou réciproque) . C’est une application qui “défait” ce que a fait, telle que :
-
Inverses à gauche/droite:
- est injective si et seulement si elle admet un inverse à gauche, c’est-à-dire une application telle que .
- est surjective si et seulement si elle admet un inverse à droite, c’est-à-dire une application telle que .
-
Composition:
- La composition de deux injections est une injection.
- La composition de deux surjections est une surjection.
- La composition de deux bijections est une bijection.
Exemples
Exemple 1 : Injective mais pas surjective
Soit l’application définie par .
- Injectivité : Soient tels que . Alors , ce qui implique . Donc est injective.
- Surjectivité : L’image de est l’ensemble des entiers naturels pairs. Un entier impair comme n’a pas d’antécédent par (il n’existe aucun tel que ). Donc n’est pas surjective.
Exemple 2 : Surjective mais pas injective
Soit l’application définie par .
- Surjectivité : Soit . On peut choisir . Alors (car ). Donc tout élément de a au moins un antécédent. L’application est surjective.
- Injectivité : On a et . Deux éléments distincts, et , ont la même image. Donc n’est pas injective.
Exemple 3 : Bijective
Soit l’application définie par .
- Injectivité : Soient tels que . Alors , ce qui donne et donc . L’application est injective.
- Surjectivité : Soit . On cherche un tel que . L’équation est . La solution est . Cet existe pour n’importe quel . L’application est surjective.
- Puisque est injective et surjective, elle est bijective. Son application inverse est donnée par la formule qu’on a trouvée : .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Ni injective, ni surjective
Soit l’application définie par .
- Non-injective : et . Donc mais .
- Non-surjective : L’image de est l’intervalle . Un nombre réel comme n’a pas d’antécédent, car il n’existe aucun tel que .
Contre-exemple 2 : Un cas sur les ensembles finis
Soit et . L’application définie par .
- Non-injective : .
- Surjective : L’image de est .
Si on avait pris une application de dans , elle n’aurait pas pu être surjective. En général, pour des ensembles finis, s’il existe une injection de dans , alors . S’il existe une surjection de dans , alors .
Concepts Connexes
- Isomorphisme: Dans les structures algébriques, un isomorphisme est un morphisme bijectif. Les bijections sont les “isomorphismes” dans la catégorie des ensembles.
- Cardinalité: Deux ensembles sont dits avoir le même cardinal (la même “taille”) s’il existe une bijection entre eux.
Applications
La bijectivité est cruciale pour définir la notion de “taille” pour les ensembles infinis. Elle est aussi fondamentale en cryptographie (les fonctions de chiffrement doivent être bijectives pour pouvoir déchiffrer les messages) et en algèbre linéaire (un endomorphisme est un isomorphisme si et seulement si sa matrice est inversible, ce qui est lié à une application bijective).
Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)
Prérequis
- Concept 1: Application (ou Fonction)
- Ensembles et produit cartésien.
Définition
Une opération binaire (ou loi de composition interne) sur un ensemble non vide est une application .
Autrement dit, une opération binaire prend deux éléments de l’ensemble et leur associe un unique élément qui est aussi dans . Pour , on note souvent l’image par .
Une opération binaire sur peut avoir plusieurs propriétés :
-
Associativité : L’opération est associative si pour tous , on a :
L’ordre de calcul ne change pas le résultat, on peut donc omettre les parenthèses et écrire .
-
Élément neutre : Un élément est un élément neutre pour si pour tout :
-
Commutativité : L’opération est commutative si pour tous :
L’ordre des opérandes ne change pas le résultat.
-
Élément inversible : Si admet un élément neutre , on dit qu’un élément est inversible s’il existe un élément tel que :
Cet élément est appelé l’inverse de .
Propriétés Clés
- Unicité de l’élément neutre : S’il existe un élément neutre pour une opération binaire, il est unique.
- Unicité de l’inverse : Si une opération binaire est associative et possède un élément neutre, alors chaque élément inversible a un inverse unique.
- Stabilité d’une partie : Une partie (ou sous-ensemble) est dite stable pour l’opération si pour tous , le résultat est encore dans . L’opération peut alors être restreinte à .
Exemples
Exemple 1 : L’addition sur les entiers relatifs
L’addition, , est une opération binaire.
- Associative : pour tous .
- Élément neutre : L’entier est l’élément neutre car .
- Commutative : .
- Inversibilité : Tout élément a un inverse, appelé son opposé, , car .
Exemple 2 : La multiplication sur les nombres réels
La multiplication, , est une opération binaire.
- Associative : .
- Élément neutre : Le nombre est l’élément neutre car .
- Commutative : .
- Inversibilité : Tout élément sauf a un inverse, ou , car . L’élément n’est pas inversible.
Exemple 3 : La composition des fonctions sur un ensemble
Soit un ensemble et l’ensemble des applications de dans . La composition est une opération binaire.
- Associative : On sait que .
- Élément neutre : L’application identité est l’élément neutre car .
- Commutativité : En général, non. On a vu que la plupart du temps.
- Inversibilité : Un élément est inversible si et seulement si est une bijection.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Une opération non interne
L’addition sur l’ensemble des entiers impairs . Si on prend et , leur somme n’est pas dans . Ce n’est donc pas une loi de composition interne sur .
Contre-exemple 2 : La soustraction sur
La soustraction, , est bien une opération binaire.
- Non associative : , mais .
- Non commutative : , mais .
- Pas d’élément neutre : Il n’y a pas d’élément tel que et pour tout . La première équation donne , mais (sauf pour ).
Concepts Connexes
- Structures algébriques: Les opérations binaires sont les briques de base pour définir les structures algébriques comme les monoïdes, les groupes, les anneaux et les corps.
- Table d’opération (ou table de Cayley): Pour un ensemble fini, une opération binaire peut être entièrement décrite par un tableau.
Applications
Les opérations binaires sont omniprésentes en mathématiques et en informatique. Elles modélisent l’addition, la multiplication, les opérations logiques (ET, OU), la concaténation de chaînes de caractères, la composition de transformations géométriques, etc.
Concept 4: Groupe
Prérequis
- Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)
- Notions d’associativité, d’élément neutre et d’inverse.
- Monoïde (un groupe est un cas particulier de monoïde).
Définition
Un groupe est un couple où est un ensemble non vide et est une opération binaire sur , satisfaisant les trois axiomes suivants :
- Associativité : Pour tous , on a .
- Élément neutre : Il existe un élément (appelé élément neutre) tel que pour tout , on a .
- Inverse : Pour chaque élément , il existe un élément (appelé l’inverse de ) tel que .
Si, de plus, l’opération est commutative (c’est-à-dire pour tous ), on dit que le groupe est abélien (ou commutatif).
En bref, un groupe est un monoïde où tout élément est inversible.
Propriétés Clés
- Unicité : L’élément neutre d’un groupe est unique. L’inverse de chaque élément est également unique.
- Règles de simplification : Dans un groupe, on peut “simplifier” des deux côtés. Si :
- Si , alors (simplification à gauche).
- Si , alors (simplification à droite).
- Propriétés de l’inverse :
- .
- (attention à l’inversion de l’ordre !).
- .
Exemples
Exemple 1 : Le groupe additif des entiers
C’est un exemple fondamental de groupe abélien.
- L’addition est bien une opération binaire sur .
- Associativité : .
- Élément neutre : C’est , car .
- Inverse : L’inverse de est son opposé , car .
- Commutativité : , donc le groupe est abélien.
Exemple 2 : Le groupe multiplicatif des réels non nuls
Soit .
- La multiplication est une opération binaire sur (le produit de deux nombres non nuls est non nul).
- Associativité : .
- Élément neutre : C’est , car .
- Inverse : L’inverse de est , car .
- Commutativité : , donc le groupe est abélien.
Exemple 3 : Le groupe symétrique (groupe non abélien)
Soit l’ensemble . Le groupe symétrique est l’ensemble des bijections de dans , muni de la composition . Ces bijections sont aussi appelées permutations. Il y en a .
-
Associativité : La composition des fonctions est toujours associative.
-
Élément neutre : C’est l’application identité , qui laisse chaque élément inchangé.
-
Inverse : Chaque bijection a une application inverse qui est aussi une bijection.
-
Non-commutativité : Considérons deux permutations :
- qui échange 1 et 2: .
- qui échange 2 et 3: .
Calculons : .
Calculons : .
Puisque , on a . Le groupe n’est pas abélien.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Le monoïde
L’ensemble des entiers naturels muni de l’addition.
- L’addition est associative et est l’élément neutre.
- Cependant, les éléments non nuls n’ont pas d’inverse dans . Par exemple, il n’y a pas d’entier naturel tel que . Ce n’est donc pas un groupe.
Contre-exemple 2 : Le monoïde
L’ensemble des entiers relatifs muni de la multiplication.
- La multiplication est associative et est l’élément neutre.
- Cependant, la plupart des éléments n’ont pas d’inverse dans . Par exemple, pour , il n’y a pas d’entier tel que . Les seuls éléments inversibles sont et . Ce n’est donc pas un groupe.
Concepts Connexes
- Sous-groupe: Un sous-ensemble d’un groupe qui est lui-même un groupe pour la même opération.
- Groupe quotient: Une construction qui permet de créer un nouveau groupe à partir d’un groupe et d’un de ses sous-groupes (dits distingués).
- Morphisme de groupes: Une application entre deux groupes qui préserve l’opération.
- Anneau, Corps, Espace vectoriel: Structures algébriques plus complexes construites sur la base des groupes.
Applications
La théorie des groupes est un domaine central de l’algèbre abstraite. Elle a des applications profondes en physique (symétries en physique des particules, cristallographie), en chimie (étude des molécules), en informatique (cryptographie, algorithmique) et pour la résolution d’équations polynomiales (théorie de Galois).
Concept 5: Anneau
Prérequis
- Concept 6: Groupe (en particulier, la notion de groupe abélien)
- Concept 3: Opération Binaire (ou Loi de Composition Interne)
- Notion de distributivité.
Définition
Un anneau est un triplet où est un ensemble non vide et (addition) et (multiplication) sont deux opérations binaires sur vérifiant les axiomes suivants :
-
est un groupe abélien :
- L’addition est associative : .
- L’addition est commutative : .
- Il existe un élément neutre pour l’addition, noté , tel que .
- Chaque élément a un inverse pour l’addition, noté , tel que .
-
est un monoïde :
- La multiplication est associative : .
- Il existe un élément neutre pour la multiplication, noté , tel que .
-
La multiplication est distributive par rapport à l’addition :
-
Pour tous :
-
Terminologie supplémentaire :
-
Un anneau est dit commutatif si sa multiplication est commutative ().
-
Un anneau est dit intègre s’il est commutatif, non nul (), et n’a pas de “diviseurs de zéro”. C’est-à-dire, pour tous :
Propriétés Clés
- Absorption par zéro : Pour tout dans un anneau , .
- Règle des signes : Pour tous :
- .
- .
- L’élément unité est unique, de même que l’élément nul .
Exemples
Exemple 1 : L’anneau des entiers relatifs
C’est l’exemple prototypique d’un anneau commutatif intègre.
- est un groupe abélien (voir Concept 6).
- est un monoïde commutatif (associatif, neutre ).
- La distributivité est une propriété bien connue de l’arithmétique sur les entiers.
- C’est un anneau intègre car si avec , alors forcément ou .
Exemple 2 : L’anneau des matrices carrées
Pour , c’est un exemple d’anneau non commutatif.
-
L’ensemble des matrices de taille à coefficients réels, muni de l’addition matricielle, forme un groupe abélien. Le neutre est la matrice nulle.
-
Muni de la multiplication matricielle, c’est un monoïde. Le neutre est la matrice identité .
-
La multiplication est distributive par rapport à l’addition.
-
La multiplication n’est pas commutative en général. De plus, cet anneau n’est pas intègre. Par exemple, pour :
Le produit de deux matrices non nulles peut être nul.
Exemple 3 : L’anneau
C’est l’anneau des entiers modulo 6. Ses éléments sont les classes d’équivalence .
- C’est un anneau commutatif.
- Il n’est pas intègre, car il possède des diviseurs de zéro : , alors que et .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 :
L’ensemble des entiers naturels avec l’addition et la multiplication.
- Toutes les propriétés sont vérifiées, sauf une : n’est pas un groupe car les éléments (sauf 0) n’ont pas d’inverse additif (opposé) dans . Ce n’est donc pas un anneau. On parle de semi-anneau.
Contre-exemple 2 :
L’ensemble des parties d’un ensemble , avec l’union et l’intersection.
- L’intersection est distributive sur l’union.
- est un monoïde (neutre : ).
- Mais n’est pas un groupe (neutre : , mais pas d’inverses). Donc ce n’est pas un anneau.
- Note : où est la différence symétrique, est un anneau commutatif.
Concepts Connexes
- Corps: Un anneau commutatif où tout élément non nul a un inverse multiplicatif.
- Idéal: Un sous-ensemble spécial d’un anneau, qui joue un rôle similaire à celui des sous-groupes distingués pour les groupes, et permet de construire des anneaux quotients.
- Morphisme d’anneaux: Une application entre deux anneaux qui respecte les deux opérations et les éléments neutres.
Applications
Les anneaux sont fondamentaux en algèbre et en théorie des nombres. L’anneau des polynômes est utilisé pour étudier les racines des équations. Les anneaux d’entiers modulaires (comme ) sont cruciaux en cryptographie (ex: RSA) et en théorie des codes. Les anneaux de matrices sont essentiels en algèbre linéaire et en physique quantique.
Concept 6: Monoïde
Prérequis
Définition
Un monoïde est un triplet constitué d’un ensemble , d’une opération binaire interne et d’un élément qui satisfont les deux conditions suivantes :
-
Associativité : L’opération est associative. C’est-à-dire que pour tous les éléments , on a l’égalité :
-
Élément neutre : L’élément est un élément neutre pour l’opération . C’est-à-dire que pour tout élément , on a :
Un monoïde est dit commutatif ou abélien si son opération binaire est commutative.
Propriétés Clés
- Unicité de l’élément neutre : S’il existe un élément neutre dans un ensemble muni d’une opération binaire, alors cet élément est unique (Proposition 1.11).
- Un monoïde est une structure plus générale qu’un groupe. C’est un groupe si, en plus, chaque élément admet un inverse.
- Toute partie d’un monoïde stable pour l’opération et contenant l’élément neutre est elle-même un monoïde.
Exemples
Exemple 1 : Les entiers naturels
L’ensemble des entiers naturels muni de l’addition et de l’élément 0, noté , est un monoïde commutatif.
- Associativité : Pour tous , .
- Élément neutre : Pour tout , .
De même, est un monoïde commutatif, où est la multiplication usuelle et 1 est l’élément neutre.
Exemple 2 : Les applications d’un ensemble dans lui-même
Soit un ensemble. L’ensemble des applications de dans , noté ou , muni de la composition d’applications et de l’application identité , forme un monoïde.
- Ensemble : .
- Opération : La composition définie par . Elle est associative (Proposition 1.2).
- Élément neutre : L’application identité , définie par , qui vérifie pour toute application .
Ce monoïde n’est généralement pas commutatif.
Exemple 3 : Le monoïde des mots
Soit un alphabet (un ensemble fini de “lettres”). On peut former des “mots” en juxtaposant ces lettres. L’ensemble de tous les mots finis sur , y compris le mot vide, forme un monoïde avec l’opération de concaténation.
- Ensemble : , par exemple si , des éléments sont
""(mot vide),a,b,ab,ba,aab, etc. - Opération : La concaténation. Par exemple,
abconcaténé avecaabdonneabaab. Cette opération est associative. - Élément neutre : Le mot vide
"". Concaténer le mot vide à n’importe quel mot ne le change pas.
Ce monoïde n’est pas commutatif si a au moins deux lettres (par exemple, ab ba).
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Les entiers relatifs avec la soustraction
L’ensemble muni de la soustraction et de l’élément neutre ne forme pas un monoïde. L’élément est neutre à droite (), mais pas à gauche ( si ). De plus, la soustraction n’est pas associative : , mais .
Contre-exemple 2 : Les entiers naturels non nuls avec l’addition
L’ensemble avec l’addition ne forme pas un monoïde. Bien que l’addition soit associative, il n’y a pas d’élément neutre dans . L’élément neutre pour l’addition est 0, mais .
Concepts Connexes
- Groupe : Un groupe est un monoïde où chaque élément possède un inverse. Par exemple, est un groupe, mais est seulement un monoïde.
- Anneau : La définition d’un anneau implique que est un monoïde (le monoïde multiplicatif de l’anneau).
Concept 7: Corps
Prérequis
Définition
Un corps est un quintuplet où est un ensemble, et sont des opérations binaires, et sont des éléments de , tel que :
- est un anneau.
- L’anneau n’est pas l’anneau nul, ce qui signifie que .
- Tout élément non nul de est inversible pour la multiplication. Autrement dit, l’ensemble muni de la multiplication forme un groupe.
Dans le contexte de ce cours, un corps est supposé être commutatif pour la multiplication, c’est-à-dire que l’anneau sous-jacent est commutatif.
Propriétés Clés
-
Intégrité : Tout corps est un anneau intègre. C’est-à-dire que si avec , alors on doit avoir ou .
Preuve : Supposons et . Puisque est un corps et , possède un inverse . En multipliant l’équation par à gauche, on obtient , ce qui donne , soit , et donc .
-
Les seuls idéaux d’un corps commutatif sont et lui-même.
-
Tout morphisme d’anneaux d’un corps vers un anneau non nul est injectif.
Exemples
Exemple 1 : Le corps des nombres rationnels
L’ensemble des nombres rationnels muni de l’addition et de la multiplication usuelles est un corps commutatif. Chaque nombre rationnel non nul (avec ) a pour inverse .
Exemple 2 : Le corps des nombres réels
L’ensemble des nombres réels avec ses opérations usuelles est un corps commutatif. Tout réel non nul a pour inverse .
Exemple 3 : Le corps des nombres complexes
L’ensemble des nombres complexes est un corps commutatif. Tout nombre complexe non nul a pour inverse .
Exemple 4 : Le corps fini
Si est un nombre premier, l’anneau des entiers modulo , noté , est un corps. Par exemple, dans , les éléments non nuls sont . Leurs inverses sont respectivement car et .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : L’anneau des entiers relatifs
L’anneau n’est pas un corps. C’est un anneau intègre, mais la plupart de ses éléments non nuls ne sont pas inversibles. Les seuls éléments inversibles pour la multiplication dans sont et . Par exemple, n’a pas d’inverse dans .
Contre-exemple 2 : L’anneau
L’anneau des entiers modulo 6 n’est pas un corps. Il n’est même pas intègre car il possède des diviseurs de zéro : , alors que et . Des éléments comme ne sont pas inversibles.
Concepts Connexes
- Anneau : Un corps est un type particulier d’anneau.
- Anneau intègre : Un anneau commutatif, non nul, et sans diviseur de zéro. Tout corps est un anneau intègre, mais la réciproque est fausse (par exemple ).
- Espace vectoriel : La notion d’espace vectoriel est définie sur un corps (le corps des scalaires).
Concept 8: Morphisme de Structures Algébriques
Prérequis
Définition
Un morphisme est une application entre deux ensembles munis d’une même structure algébrique, qui “préserve” ou “respecte” cette structure.
-
Morphismes de monoïdes (ou de groupes) : Soient et deux monoïdes. Une application est un morphisme de monoïdes si elle préserve l’opération et l’élément neutre :
- Pour tous , .
- .
Si et sont des groupes, on parle de morphisme de groupes. La condition est alors une conséquence de la première (Proposition 1.21).
-
Morphismes d’anneaux : Soient et deux anneaux. Une application est un morphisme d’anneaux si elle est un morphisme pour les deux structures :
- C’est un morphisme de groupes pour l’addition : et .
- C’est un morphisme de monoïdes pour la multiplication : et .
Un morphisme bijectif dont la réciproque est aussi un morphisme est appelé un isomorphisme. Un morphisme d’une structure dans elle-même est un endomorphisme.
Propriétés Clés
- Composition : La composée de deux morphismes est un morphisme.
- Préservation des inverses : Si est un morphisme de groupes, alors pour tout , (Proposition 1.19).
- Noyau et Image : Le noyau d’un morphisme de groupes est le sous-groupe . L’image est le sous-groupe des éléments de atteints par . Un morphisme est injectif si et seulement si son noyau est trivial ().
Exemples
Exemple 1 : Le déterminant
L’application déterminant, , est un morphisme de groupes.
- est le groupe des matrices inversibles. est le groupe des réels non nuls.
- La propriété montre que le déterminant préserve l’opération.
- L’élément neutre de est la matrice identité , et , qui est l’élément neutre de .
Exemple 2 : L’exponentielle
L’application exponentielle, , est un morphisme de groupes.
- Elle envoie la structure additive des réels sur la structure multiplicative des réels positifs non nuls.
- La propriété fondamentale montre que l’opération est préservée.
- L’exponentielle envoie le neutre de , qui est 0, sur le neutre de , qui est 1 : .
Ce morphisme est en fait un isomorphisme.
Exemple 3 : Évaluation de fonctions
Soit l’anneau des fonctions continues de vers . Pour un fixé, l’application d’évaluation définie par est un morphisme d’anneaux.
- .
- .
- Elle envoie la fonction nulle sur 0 et la fonction constante égale à 1 sur 1.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Une translation
L’application définie par n’est pas un morphisme de groupes. Elle ne préserve pas l’élément neutre: . Elle ne préserve pas non plus l’opération : , tandis que .
Contre-exemple 2 : La mise au carré
L’application définie par n’est pas un morphisme de groupes. En général, .
Concepts Connexes
- Isomorphisme : Un isomorphisme identifie deux structures comme étant “les mêmes” du point de vue de l’algèbre.
- Noyau et Image : Outils fondamentaux pour étudier les morphismes et comprendre la structure des objets qu’ils relient.
Concept 9: Principe de Récurrence
Prérequis
Définition
Le principe de récurrence est une propriété fondamentale de l’ensemble des entiers naturels qui permet de démontrer qu’une propriété est vraie pour tous les entiers à partir d’un certain rang.
Soit une propriété qui dépend d’un entier naturel . Pour démontrer que est vraie pour tout (où est un entier de départ, souvent 0 ou 1), la démonstration par récurrence se déroule en deux étapes :
- Initialisation (ou cas de base) : On vérifie que la propriété est vraie.
- Hérédité : On suppose que est vraie pour un entier arbitraire tel que (c’est l’hypothèse de récurrence), et on démontre que, sous cette hypothèse, la propriété est également vraie.
Si ces deux étapes sont validées, le principe de récurrence permet de conclure que est vraie pour tout entier .
Une variante est la récurrence forte où, dans l’étape d’hérédité, on suppose que est vraie pour tous les entiers tels que pour prouver .
Propriétés Clés
- Le principe de récurrence est équivalent à l’axiome que toute partie non vide de admet un plus petit élément (bon ordre).
- C’est un outil de démonstration puissant et essentiel en arithmétique, en analyse et en informatique.
- La récurrence simple et la récurrence forte sont logiquement équivalentes.
Exemples
Exemple 1 : Somme des premiers entiers
Montrons que pour tout , la somme des entiers de 0 à est .
-
Initialisation () : Pour , la somme est . La formule donne . La propriété est vraie pour .
-
Hérédité : Supposons que la formule est vraie pour un entier , i.e., . Montrons qu’elle est vraie pour .
En mettant en facteur, on obtient :
C’est bien la formule au rang .
-
Conclusion : Par le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout .
Exemple 2 : Inégalité de Bernoulli
Montrons que pour tout entier et tout réel , on a .
-
Initialisation () : Pour , l’inégalité est , soit . C’est vrai.
-
Hérédité : Supposons que pour un entier . Montrons que .
Par hypothèse de récurrence, . Comme , , on peut multiplier l’inégalité par sans changer le sens :
Puisque et , on a . Donc, .
Par transitivité, on a bien .
-
Conclusion : L’inégalité est vraie pour tout .
Exemple 3 : Récurrence forte
Montrons que tout entier peut s’écrire comme un produit de nombres premiers.
- Initialisation () : est un nombre premier, donc il est un produit de nombres premiers (lui-même). C’est vrai.
- Hérédité : Supposons que pour un entier , tous les entiers tels que sont des produits de nombres premiers. Montrons que est un produit de nombres premiers.
- Cas 1 : est un nombre premier. Alors la propriété est vraie.
- Cas 2 : est composé. Alors il existe des entiers tels que avec et . Par l’hypothèse de récurrence forte, et s’écrivent comme des produits de nombres premiers. Par conséquent, leur produit est aussi un produit de nombres premiers.
- Conclusion : Par le principe de récurrence forte, tout entier est un produit de nombres premiers.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Hérédité sans initialisation
Considérons la propriété .
- Hérédité : Supposons que pour un certain . En ajoutant 1 des deux côtés, on obtient . C’est bien . L’hérédité est donc “prouvée”.
- Initialisation : Pour , on a , ce qui est faux.
L’absence d’un cas de base vrai rend la conclusion fausse. On ne peut pas conclure que pour tout .
Contre-exemple 2 : Initialisation sans hérédité
Considérons la propriété est un nombre premier.
- Initialisation () : est , qui est premier. Vrai.
- Initialisation () : est , qui est premier. Vrai.
- … On peut vérifier que c’est vrai pour .
- Hérédité : L’étape d’hérédité échoue. Par exemple, au rang 40, est vraie. Mais , qui n’est pas premier. L’implication est fausse.
Concepts Connexes
- Axiomes de Peano : Le principe de récurrence est l’un des axiomes de Peano qui définissent formellement les entiers naturels.
- Définition par récurrence : On peut définir des suites ou des fonctions en donnant une valeur initiale et une relation de récurrence (par exemple, la factorielle : et ).
Concept 10: Relation d’Ordre
Prérequis
Définition
Une relation d’ordre sur un ensemble est une relation binaire, souvent notée , qui est :
-
Réflexive : Pour tout , on a .
(Tout élément est en relation avec lui-même).
-
Antisymétrique : Pour tous , si et , alors .
(Si deux éléments se “précèdent” mutuellement, ils sont égaux).
-
Transitive : Pour tous , si et , alors .
(La relation se propage).
Un ensemble muni d’une relation d’ordre est appelé un ensemble ordonné.
Si, de plus, la relation est totale, c’est-à-dire que pour tous , on a ou , on parle d’ordre total. Sinon, l’ordre est dit partiel.
Propriétés Clés
- Un ensemble peut être muni de différentes relations d’ordre.
- Un sous-ensemble d’un ensemble ordonné hérite de la relation d’ordre.
- Dans un ensemble ordonné, on peut définir les notions de plus petit/grand élément, de majorant/minorant, et de borne supérieure/inférieure.
Exemples
Exemple 1 : L’ordre usuel sur les réels
L’ensemble des nombres réels muni de la relation usuelle est un ensemble totalement ordonné.
- Réflexivité : Pour tout , .
- Antisymétrie : Si et , alors .
- Transitivité : Si et , alors .
- Totalité : Pour deux réels quelconques, on a toujours soit , soit .
Exemple 2 : L’inclusion sur les parties d’un ensemble
Soit un ensemble. L’ensemble de ses parties, , muni de la relation d’inclusion , est un ensemble ordonné.
- Réflexivité : Pour toute partie , .
- Antisymétrie : Si et , alors .
- Transitivité : Si et , alors .
Cet ordre est partiel dès que a au moins deux éléments. Par exemple, si , les sous-ensembles et ne sont pas comparables : on n’a ni ni .
Exemple 3 : La relation de divisibilité
Sur l’ensemble des entiers naturels non nuls , la relation “divise”, notée , est une relation d’ordre. On dit que s’il existe tel que .
- Réflexivité : car .
- Antisymétrie : Si et , alors et . Donc , d’où . Comme , on a , et donc .
- Transitivité : Si et , alors et , donc , ce qui montre que .
Cet ordre est partiel. Par exemple, 2 ne divise pas 3 et 3 ne divise pas 2.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : L’inégalité stricte
La relation sur n’est pas une relation d’ordre car elle n’est pas réflexive (on n’a jamais ). C’est une relation d’ordre strict.
Contre-exemple 2 : Une relation cyclique
Sur l’ensemble , définissons la relation par .
- Elle est réflexive.
- Elle n’est pas antisymétrique : on a . Par transitivité, et on a , mais .
- Elle n’est pas transitive : et , mais on n’a pas dans la définition initiale (bien qu’on puisse la “clore par transitivité”).
Concepts Connexes
- Relation d’équivalence : Autre type majeur de relation binaire, qui est symétrique au lieu d’être antisymétrique.
- Ensemble bien ordonné : Un ensemble totalement ordonné où toute partie non vide admet un plus petit élément (par exemple, ).
- Treillis : Un ensemble partiellement ordonné où toute paire d’éléments admet une borne supérieure et une borne inférieure.
Concept 11: Relation d’Équivalence et Ensemble Quotient
Prérequis
Définition
Une relation d’équivalence sur un ensemble est une relation binaire, souvent notée , qui est :
- Réflexive : Pour tout , .
- Symétrique : Pour tous , si , alors .
- Transitive : Pour tous , si et , alors .
À partir d’une relation d’équivalence sur , on peut définir :
-
La classe d’équivalence d’un élément : c’est l’ensemble de tous les éléments de qui sont en relation avec . On la note ou :
-
L’ensemble quotient de par : c’est l’ensemble de toutes les classes d’équivalence. On le note :
Propriétés Clés
- Partition de l’ensemble : Les classes d’équivalence forment une partition de l’ensemble . Cela signifie que :
- Aucune classe d’équivalence n’est vide.
- L’union de toutes les classes d’équivalence est l’ensemble tout entier.
- Deux classes d’équivalence distinctes sont disjointes. Autrement dit, pour tous , on a soit , soit .
- Propriété universelle du quotient : Une application qui est constante sur les classes d’équivalence (i.e. ) peut être “factorisée” de manière unique à travers l’ensemble quotient. Il existe une unique application telle que , où est l’application surjective qui à associe sa classe .
Exemples
Exemple 1 : Congruence modulo
Sur l’ensemble des entiers , fixons un entier . La relation “être congru modulo ” est définie par .
- C’est une relation d’équivalence.
- La classe d’équivalence de est .
- L’ensemble quotient est . Il y a exactement classes d’équivalence.
Exemple 2 : Construction des nombres rationnels
L’ensemble peut être construit comme un ensemble quotient. On part de l’ensemble . On définit la relation .
- C’est une relation d’équivalence.
- La classe d’équivalence du couple est le nombre rationnel . Par exemple, la classe de est , qui représente le nombre .
- L’ensemble quotient est .
Exemple 3 : Équivalence de points par une rotation
Dans le plan , disons que deux points sont équivalents s’ils peuvent être obtenus l’un de l’autre par une rotation autour de l’origine.
- La classe d’équivalence d’un point (différent de l’origine) est le cercle centré à l’origine qui passe par .
- L’ensemble quotient est l’ensemble de tous ces cercles. On peut l’identifier à l’ensemble des rayons possibles, c’est-à-dire l’intervalle .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : La relation d’ordre
La relation sur n’est pas une relation d’équivalence. Elle est réflexive et transitive, mais pas symétrique. Par exemple, mais .
Contre-exemple 2 : Avoir un ami en commun
Sur un ensemble de personnes, la relation “avoir au moins un ami en commun” n’est pas transitive. Alice peut avoir Bob comme ami commun avec Charles, et Charles peut avoir David comme ami commun avec Eve, mais Alice et Eve peuvent ne pas avoir d’ami en commun. Elle n’est pas non plus réflexive (si on suppose qu’on n’est pas son propre ami).
Concepts Connexes
- Groupe Quotient et Anneau Quotient : Ces constructions fondamentales utilisent la notion d’ensemble quotient pour définir de nouvelles structures algébriques.
- Partition d’un ensemble : Il y a une bijection entre les relations d’équivalence sur un ensemble et les partitions de .
Concept 12: Sous-groupe
Prérequis
Définition
Un sous-groupe d’un groupe est un sous-ensemble de qui est lui-même un groupe pour l’opération restreinte à .
Formellement, un sous-ensemble est un sous-groupe si les trois conditions suivantes sont remplies :
- Contient l’élément neutre : . (Ceci assure que est non vide).
- Stabilité par l’opération : Pour tous , le produit est aussi dans .
- Stabilité par passage à l’inverse : Pour tout , son inverse est aussi dans .
Propriétés Clés
- Critère de caractérisation (Proposition 1.37) : Un sous-ensemble non vide de est un sous-groupe si et seulement si pour tous les éléments , l’élément est aussi dans . Ce critère unique combine les conditions de stabilité et d’inversion.
- L’intersection de n’importe quelle collection de sous-groupes de est encore un sous-groupe de .
- L’image et le noyau d’un morphisme de groupes sont des sous-groupes.
Exemples
Exemple 1 : Les multiples d’un entier
Dans le groupe additif des entiers , pour tout entier , l’ensemble des multiples de est un sous-groupe.
- .
- Si et sont dans , leur somme est aussi dans .
- Si , son opposé est aussi dans .
Exemple 2 : Le groupe spécial linéaire
Dans le groupe multiplicatif des matrices carrées inversibles de taille , , l’ensemble des matrices de déterminant 1, noté , est un sous-groupe.
- La matrice identité a un déterminant de 1.
- Si et , alors .
- Si , alors .
Exemple 3 : Le groupe orthogonal
Le groupe orthogonal est le sous-ensemble des matrices telles que . C’est un sous-groupe de . Il correspond aux transformations qui préservent la distance euclidienne (isométries).
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Les entiers naturels dans les entiers relatifs
L’ensemble est un sous-ensemble de , il contient le neutre 0 et est stable par addition. Cependant, ce n’est pas un sous-groupe car il n’est pas stable par passage à l’inverse (l’opposé). Par exemple, mais son opposé .
Contre-exemple 2 : L’union de deux sous-groupes
L’union de deux sous-groupes n’est généralement pas un sous-groupe. Dans , considérez les sous-groupes et . Leur union contient et , mais pas leur somme . n’est donc pas stable par addition.
Concepts Connexes
- Groupe quotient : Si un sous-groupe est “normal”, on peut construire un groupe quotient.
- Noyau d’un morphisme : Le noyau d’un morphisme de groupes est toujours un sous-groupe (et il est même normal).
- Théorème de Lagrange : Dans un groupe fini, l’ordre (le nombre d’éléments) de tout sous-groupe divise l’ordre du groupe.
Concept 13: Isomorphismes d’ensembles ordonnés
Prérequis
Définition
Soient and deux ensembles ordonnés.
- Une application est dite croissante (ou préserve l’ordre) si pour tous :
- Un isomorphisme d’ensembles ordonnés est une application bijective telle que et sa réciproque sont toutes les deux croissantes.
Propriétés Clés
- Une application bijective est un isomorphisme d’ensembles ordonnés si et seulement si pour tous : Cette condition unique est plus forte que la simple croissance. Elle garantit que la structure d’ordre est parfaitement préservée dans les deux sens.
- Si deux ensembles sont isomorphes, leurs structures d’ordre sont “les mêmes”. Par exemple, si a un plus petit élément, alors en a un aussi.
- La composition de deux isomorphismes d’ensembles ordonnés est un isomorphisme d’ensembles ordonnés.
Exemples
Exemple 1 : Isomorphisme trivial
Soit définie par .
- Bijective ? Oui. Sa réciproque est .
- Croissante ? Oui. Si , alors , donc .
- croissante ? Oui. Si , alors , donc . est donc un isomorphisme d’ensembles ordonnés.
Exemple 2 : et
Soit l’ensemble des entiers naturels pairs . Montrons que et sont isomorphes. Soit définie par .
- Bijective ? Oui. est injective () et surjective (tout pair s’écrit ).
- ?
- : Si , alors , donc .
- : Si , alors . Comme , on peut diviser par 2 sans changer le sens de l’inégalité, donc . La condition est vérifiée, donc est un isomorphisme.
Exemple 3 : Une bijection non-isomorphe
Considérons . Soit définie par .
- Bijective ? Oui, elle est sa propre réciproque.
- Croissante ? Non. mais et . On n’a pas . L’application est décroissante. Ce n’est pas un isomorphisme d’ordre.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : et
Ces deux ensembles ne sont pas isomorphes. est un ordre dense (entre deux rationnels, il y en a toujours un autre), alors que est un ordre discret (entre et , il n’y a aucun autre entier). Un isomorphisme préserverait cette propriété de densité, donc il ne peut en exister.
Concepts Connexes
- Morphisme de groupes/anneaux: C’est une notion similaire mais pour des structures algébriques. Un isomorphisme de groupes est une bijection qui préserve l’opération.
- Topologie de l’ordre: Une relation d’ordre peut être utilisée pour définir une topologie sur un ensemble.