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Exercices “Structures algébriques” (A)


Exercice 1

Problème: Soient les applications f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} et g:RRg: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définies par f(x)=3x2f(x) = 3x - 2 et g(x)=x2+1g(x) = x^2 + 1.

  1. Déterminer l’expression de la composition gfg \circ f.
  2. Déterminer l’expression de la composition fgf \circ g.
  3. Calculer (gf)(2)(g \circ f)(2) et (fg)(2)(f \circ g)(2). Les compositions sont-elles égales ?
Solution

Méthode: Pour trouver l’expression d’une composition d’applications comme gfg \circ f, on applique la définition : (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)). Cela signifie qu’on remplace d’abord f(x)f(x) par son expression, puis on applique l’application gg au résultat obtenu. On procède de manière similaire pour fgf \circ g.

Étapes:

  1. Détermination de gfg \circ f:

    On applique la définition de la composition :

    (gf)(x)=g(f(x))(g \circ f)(x) = g(f(x)).

    On remplace f(x)f(x) par son expression, 3x23x-2 :

    (gf)(x)=g(3x2)(g \circ f)(x) = g(3x - 2).

    Maintenant, on applique la définition de g(y)=y2+1g(y) = y^2 + 1 en posant y=3x2y = 3x-2 :

    (gf)(x)=(3x2)2+1(g \circ f)(x) = (3x - 2)^2 + 1.

    On développe l’expression :

    (gf)(x)=(9x212x+4)+1=9x212x+5(g \circ f)(x) = (9x^2 - 12x + 4) + 1 = 9x^2 - 12x + 5.

  2. Détermination de fgf \circ g:

    On applique la définition de la composition :

    (fg)(x)=f(g(x))(f \circ g)(x) = f(g(x)).

    On remplace g(x)g(x) par son expression, x2+1x^2+1 :

    (fg)(x)=f(x2+1)(f \circ g)(x) = f(x^2 + 1).

    Maintenant, on applique la définition de f(y)=3y2f(y) = 3y-2 en posant y=x2+1y = x^2+1 :

    (fg)(x)=3(x2+1)2(f \circ g)(x) = 3(x^2 + 1) - 2.

    On développe l’expression :

    (fg)(x)=3x2+32=3x2+1(f \circ g)(x) = 3x^2 + 3 - 2 = 3x^2 + 1.

  3. Calculs et conclusion:

    On utilise les expressions trouvées :

    Pour (gf)(2)(g \circ f)(2) :

    (gf)(2)=9(2)212(2)+5=9(4)24+5=3624+5=17(g \circ f)(2) = 9(2)^2 - 12(2) + 5 = 9(4) - 24 + 5 = 36 - 24 + 5 = 17.

    Pour (fg)(2)(f \circ g)(2) :

    (fg)(2)=3(2)2+1=3(4)+1=12+1=13(f \circ g)(2) = 3(2)^2 + 1 = 3(4) + 1 = 12 + 1 = 13.

    Puisque (gf)(2)=17(g \circ f)(2) = 17 et (fg)(2)=13(f \circ g)(2) = 13, les résultats sont différents. Cela confirme que les applications gfg \circ f et fgf \circ g ne sont pas égales. La composition des applications n’est pas commutative en général.

Réponse:

  1. (gf)(x)=9x212x+5(g \circ f)(x) = 9x^2 - 12x + 5
  2. (fg)(x)=3x2+1(f \circ g)(x) = 3x^2 + 1
  3. (gf)(2)=17(g \circ f)(2) = 17 et (fg)(2)=13(f \circ g)(2) = 13. Les compositions ne sont pas égales.

Exercice 2

Problème: Soit l’application f(x)=x24x+5f(x) = x^2 - 4x + 5. Étudier si ff est injective, surjective ou bijective dans les cas suivants :

  1. f1:RRf_1: \mathbb{R} \to \mathbb{R}
  2. f2:[2,+[Rf_2: [2, +\infty[ \to \mathbb{R}
  3. f3:[2,+[[1,+[f_3: [2, +\infty[ \to [1, +\infty[
Solution

Méthode: Pour étudier les propriétés de ff, il est utile de connaître son graphe. On met l’expression sous forme canonique pour trouver le sommet de la parabole.

f(x)=(x24x+4)+1=(x2)2+1f(x) = (x^2 - 4x + 4) + 1 = (x - 2)^2 + 1.

C’est une parabole tournée vers le haut, dont le sommet est au point (2,1)(2, 1). La valeur minimale de f(x)f(x) est 11, atteinte en x=2x=2.

Étapes:

  1. Cas 1 : f1:RRf_1: \mathbb{R} \to \mathbb{R}

    • Injectivité : Une application est injective si des éléments distincts ont des images distinctes. Cherchons deux nombres réels distincts ayant la même image. Par symétrie par rapport à l’axe x=2x=2, on peut prendre x1=1x_1 = 1 et x2=3x_2 = 3.

      f1(1)=(12)2+1=(1)2+1=2f_1(1) = (1-2)^2 + 1 = (-1)^2 + 1 = 2.

      f1(3)=(32)2+1=12+1=2f_1(3) = (3-2)^2 + 1 = 1^2 + 1 = 2.

      Puisque 131 \neq 3 mais f1(1)=f1(3)f_1(1) = f_1(3), l’application n’est pas injective.

    • Surjectivité : Une application est surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée a au moins un antécédent. L’image de f1f_1 est [1,+[[1, +\infty[ car le minimum de la fonction est 1. Un réel comme y=0Ry=0 \in \mathbb{R} (ensemble d’arrivée) n’a pas d’antécédent, car l’équation (x2)2+1=0(x-2)^2 + 1 = 0 n’a pas de solution réelle. L’application n’est pas surjective.

    • Conclusion : f1f_1 n’est ni injective, ni surjective, donc non bijective.

  2. Cas 2 : f2:[2,+[Rf_2: [2, +\infty[ \to \mathbb{R}

    • Injectivité : L’ensemble de départ est [2,+[[2, +\infty[. Sur cet intervalle, la fonction f(x)=(x2)2+1f(x) = (x-2)^2+1 est strictement croissante. Soient x1,x2[2,+[x_1, x_2 \in [2, +\infty[ tels que f2(x1)=f2(x2)f_2(x_1) = f_2(x_2).

      (x12)2+1=(x22)2+1    (x12)2=(x22)2(x_1-2)^2 + 1 = (x_2-2)^2 + 1 \implies (x_1-2)^2 = (x_2-2)^2.

      Comme x1,x22x_1, x_2 \ge 2, on a x120x_1-2 \ge 0 et x220x_2-2 \ge 0. Donc, on peut prendre la racine carrée :

      x12=x22    x1=x2x_1-2 = x_2-2 \implies x_1 = x_2.

      L’application est injective.

    • Surjectivité : L’ensemble d’arrivée est R\mathbb{R}. L’image de f2f_2 sur [2,+[[2, +\infty[ est [f2(2),limxf2(x)[=[1,+[[f_2(2), \lim_{x \to \infty} f_2(x)[ = [1, +\infty[. Un réel comme y=0y=0 n’a toujours pas d’antécédent. L’application n’est pas surjective.

    • Conclusion : f2f_2 est injective mais pas surjective.

  3. Cas 3 : f3:[2,+[[1,+[f_3: [2, +\infty[ \to [1, +\infty[

    • Injectivité : L’ensemble de départ est le même que pour f2f_2, donc l’application est injective.
    • Surjectivité : L’ensemble d’arrivée est [1,+[[1, +\infty[. Comme nous l’avons vu, l’image de ff sur l’ensemble de départ [2,+[[2, +\infty[ est exactement [1,+[[1, +\infty[. L’image de l’application est égale à son ensemble d’arrivée. L’application est surjective.
    • Conclusion : f3f_3 est injective et surjective, elle est bijective.

Réponse:

  1. f1f_1: Ni injective, ni surjective.
  2. f2f_2: Injective mais pas surjective.
  3. f3f_3: Bijective.

Exercice 3

Problème: On définit sur l’ensemble E=R{1}E = \mathbb{R} \setminus \{-1\} une opération binaire * par :

ab=a+b+aba * b = a + b + ab

Étudier si (E,)(E, *) est un groupe. L’opération est-elle commutative ?

Solution

Méthode: Pour vérifier si (E,)(E, *) est un groupe, nous devons vérifier les quatre points suivants :

  1. La loi * est une loi de composition interne sur EE.
  2. La loi * est associative.
  3. Il existe un élément neutre dans EE.
  4. Chaque élément de EE admet un inverse (symétrique) dans EE.

Enfin, nous vérifierons la commutativité.

Étapes:

  1. Loi de composition interne :

    Soient a,bEa, b \in E. Cela signifie a1a \neq -1 et b1b \neq -1. On doit vérifier que ab1a*b \neq -1.

    Supposons par l’absurde que ab=1a*b = -1.

    a+b+ab=1a + b + ab = -1

    1+a+b+ab=01 + a + b + ab = 0

    (1+a)+b(1+a)=0(1+a) + b(1+a) = 0

    (1+a)(1+b)=0(1+a)(1+b) = 0

    Ceci implique que 1+a=01+a = 0 ou 1+b=01+b = 0, donc a=1a = -1 ou b=1b = -1. C’est une contradiction avec le fait que a,bEa, b \in E.

    Donc, ab1a*b \neq -1, et abEa*b \in E. La loi est bien interne.

  2. Associativité :

    Soient a,b,cEa, b, c \in E.

    (ab)c=(a+b+ab)c=(a+b+ab)+c+(a+b+ab)c=a+b+c+ab+ac+bc+abc(a * b) * c = (a+b+ab) * c = (a+b+ab) + c + (a+b+ab)c = a+b+c+ab+ac+bc+abc.

    a(bc)=a(b+c+bc)=a+(b+c+bc)+a(b+c+bc)=a+b+c+bc+ab+ac+abca * (b * c) = a * (b+c+bc) = a + (b+c+bc) + a(b+c+bc) = a+b+c+bc+ab+ac+abc.

    Les deux expressions sont égales, donc la loi est associative.

  3. Élément neutre :

    On cherche eEe \in E tel que pour tout aEa \in E, ae=aa * e = a.

    a+e+ae=aa + e + ae = a

    e+ae=0e + ae = 0

    e(1+a)=0e(1+a) = 0

    Puisque aEa \in E, a1a \neq -1, donc 1+a01+a \neq 0. On peut diviser par (1+a)(1+a) pour obtenir e=0e=0.

    Vérifions que 00 est bien dans EE (010 \neq -1) et qu’il est aussi neutre à gauche : 0a=0+a+0a=a0 * a = 0+a+0a = a.

    L’élément neutre est e=0e=0.

  4. Inverse (symétrique) :

    Pour un aEa \in E donné, on cherche aEa' \in E tel que aa=e=0a * a' = e = 0.

    a+a+aa=0a + a' + aa' = 0

    a(1+a)=aa'(1+a) = -a

    Puisque a1a \neq -1, on peut diviser par 1+a1+a : a=a1+aa' = \frac{-a}{1+a}.

    Pour que aa' soit l’inverse de aa, il doit appartenir à EE, c’est-à-dire a1a' \neq -1.

    Supposons a=1    a1+a=1    a=(1+a)    a=1a    0=1a' = -1 \implies \frac{-a}{1+a} = -1 \implies -a = -(1+a) \implies -a = -1-a \implies 0 = -1, ce qui est impossible.

    Donc aa' est toujours différent de 1-1 et appartient à EE.

    Chaque élément aEa \in E admet un inverse, a=a1+aa' = \frac{-a}{1+a}.

  5. Commutativité :

    Soient a,bEa, b \in E.

    ab=a+b+aba*b = a+b+ab.

    ba=b+a+bab*a = b+a+ba.

    Puisque l’addition et la multiplication dans R\mathbb{R} sont commutatives, ab=baa*b = b*a.

    La loi est commutative.

Conclusion: (E,)(E, *) vérifie tous les axiomes d’un groupe (associativité, élément neutre, inverse) et est de plus commutatif.

Réponse: Oui, (E,)(E, *) est un groupe abélien (commutatif).


Exercice 4

Problème: Soit GG l’ensemble des matrices de la forme Ma=(1a01)M_a = \begin{pmatrix} 1 & a \\ 0 & 1 \end{pmatrix}aRa \in \mathbb{R}. Montrer que GG, muni de la multiplication matricielle, est un groupe. Est-il abélien ?

Solution

Méthode: Nous devons vérifier les axiomes d’un groupe pour (G,×)(G, \times)×\times est la multiplication matricielle.

Étapes:

  1. Loi de composition interne :

    Soient Ma,MbGM_a, M_b \in G, avec a,bRa, b \in \mathbb{R}.

    Ma×Mb=(1a01)(1b01)=(11+a01b+a101+100b+11)=(1a+b01)M_a \times M_b = \begin{pmatrix} 1 & a \\ 0 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & b \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1\cdot1+a\cdot0 & 1\cdot b+a\cdot1 \\ 0\cdot1+1\cdot0 & 0\cdot b+1\cdot1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 & a+b \\ 0 & 1 \end{pmatrix}.

    Le résultat est une matrice de la forme Ma+bM_{a+b}. Comme a+bRa+b \in \mathbb{R}, la matrice Ma+bM_{a+b} appartient à GG. La multiplication est donc bien une loi de composition interne.

  2. Associativité :

    La multiplication des matrices est associative en général. Cette propriété est donc héritée par les matrices de GG.

    On peut le vérifier explicitement : (Ma×Mb)×Mc=Ma+b×Mc=M(a+b)+c(M_a \times M_b) \times M_c = M_{a+b} \times M_c = M_{(a+b)+c}.

    Ma×(Mb×Mc)=Ma×Mb+c=Ma+(b+c)M_a \times (M_b \times M_c) = M_a \times M_{b+c} = M_{a+(b+c)}.

    Comme l’addition dans R\mathbb{R} est associative, (a+b)+c=a+(b+c)(a+b)+c = a+(b+c), donc la loi est associative.

  3. Élément neutre :

    On cherche une matrice MeGM_e \in G telle que Ma×Me=MaM_a \times M_e = M_a pour tout aRa \in \mathbb{R}.

    Ma×Me=Ma+eM_a \times M_e = M_{a+e}. On veut que Ma+e=MaM_{a+e} = M_a, ce qui implique a+e=aa+e = a, donc e=0e=0.

    L’élément neutre est M0=(1001)=I2M_0 = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} = I_2, la matrice identité, qui appartient bien à GG.

  4. Inverse :

    Pour une matrice MaGM_a \in G, on cherche son inverse MaGM_{a'} \in G tel que Ma×Ma=M0M_a \times M_{a'} = M_0.

    Ma×Ma=Ma+aM_a \times M_{a'} = M_{a+a'}. On veut que Ma+a=M0M_{a+a'} = M_0, ce qui implique a+a=0a+a'=0, donc a=aa'=-a.

    L’inverse de MaM_a est Ma=(1a01)M_{-a} = \begin{pmatrix} 1 & -a \\ 0 & 1 \end{pmatrix}. Comme aR-a \in \mathbb{R}, cet inverse est toujours dans GG.

  5. Commutativité :

    On compare Ma×MbM_a \times M_b et Mb×MaM_b \times M_a.

    Ma×Mb=Ma+bM_a \times M_b = M_{a+b}.

    Mb×Ma=Mb+aM_b \times M_a = M_{b+a}.

    Puisque l’addition dans R\mathbb{R} est commutative (a+b=b+aa+b=b+a), on a Ma+b=Mb+aM_{a+b} = M_{b+a}.

    Le groupe est donc abélien.

Conclusion: (G,×)(G, \times) satisfait tous les axiomes d’un groupe abélien.

Réponse: Oui, (G,×)(G, \times) est un groupe abélien.


Exercice 5

Problème: Soit (C,×)(\mathbb{C}^*, \times) le groupe des nombres complexes non nuls muni de la multiplication. Montrer que le cercle unité, U={zCz=1}U = \{ z \in \mathbb{C} \mid |z| = 1 \}, est un sous-groupe de C\mathbb{C}^*.

Solution

Méthode: Pour montrer que UU est un sous-groupe de C\mathbb{C}^*, nous allons utiliser la caractérisation des sous-groupes : UU est un sous-groupe si et seulement si UU est non vide et pour tous x,yUx, y \in U, on a xy1Ux y^{-1} \in U.

Étapes:

  1. Vérifier que U est non vide :

    L’élément neutre de (C,×)(\mathbb{C}^*, \times) est 11. On vérifie si 1U1 \in U.

    Le module de 11 est 1=1|1| = 1. Donc 1U1 \in U, et UU n’est pas vide.

  2. Utiliser la caractérisation du sous-groupe :

    Soient xUx \in U et yUy \in U.

    Par définition, cela signifie que x=1|x| = 1 et y=1|y| = 1.

    On doit montrer que xy1Ux y^{-1} \in U, c’est-à-dire que xy1=1|x y^{-1}| = 1.

  3. Calculer le module :

    On utilise les propriétés du module : z1z2=z1z2|z_1 z_2| = |z_1| |z_2| et z1=1/z|z^{-1}| = 1/|z|.

    xy1=xy1=x1y|x y^{-1}| = |x| \cdot |y^{-1}| = |x| \cdot \frac{1}{|y|}.

    Puisque x=1|x|=1 et y=1|y|=1, on a :

    xy1=111=1|x y^{-1}| = 1 \cdot \frac{1}{1} = 1.

    La condition est vérifiée.

Conclusion:

Puisque UU est une partie non vide de C\mathbb{C}^* et que pour tous x,yUx,y \in U, on a xy1Uxy^{-1} \in U, alors UU est un sous-groupe de (C,×)(\mathbb{C}^*, \times).

Réponse: L’ensemble U={zCz=1}U = \{ z \in \mathbb{C} \mid |z| = 1 \} est un sous-groupe de (C,×)(\mathbb{C}^*, \times).


Exercice 6

Problème: On considère l’ensemble Z[2]={a+b2a,bZ}\mathbb{Z}[\sqrt{2}] = \{ a + b\sqrt{2} \mid a, b \in \mathbb{Z} \}.

  1. Montrer que (Z[2],+,×)(\mathbb{Z}[\sqrt{2}], +, \times) est un anneau commutatif.
  2. Est-ce un anneau intègre ?
  3. Est-ce un corps ?
Solution

Méthode: Pour montrer que c’est un anneau, on peut vérifier les axiomes. Une méthode plus rapide est de montrer que c’est un sous-anneau de (R,+,×)(\mathbb{R}, +, \times), qui est un anneau connu. Un sous-ensemble est un sous-anneau s’il contient 1, et s’il est stable par soustraction et multiplication.

Étapes:

  1. Montrer que c’est un anneau commutatif :

    • (Z[2],+)(\mathbb{Z}[\sqrt{2}], +) est un sous-groupe de (R,+)(\mathbb{R}, +).

      • L’élément neutre 0=0+020 = 0+0\sqrt{2} est dans Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}].
      • Soient x=a+b2x = a+b\sqrt{2} et y=c+d2y = c+d\sqrt{2}.

      xy=(ac)+(bd)2x-y = (a-c) + (b-d)\sqrt{2}. Comme acZa-c \in \mathbb{Z} et bdZb-d \in \mathbb{Z}, xyZ[2]x-y \in \mathbb{Z}[\sqrt{2}]. C’est donc un sous-groupe additif de R\mathbb{R}. Étant un sous-groupe d’un groupe abélien, il est abélien.

    • Stabilité par multiplication :

      x×y=(a+b2)(c+d2)=ac+ad2+bc2+2bd=(ac+2bd)+(ad+bc)2x \times y = (a+b\sqrt{2})(c+d\sqrt{2}) = ac + ad\sqrt{2} + bc\sqrt{2} + 2bd = (ac+2bd) + (ad+bc)\sqrt{2}.

      Comme ac+2bdZac+2bd \in \mathbb{Z} et ad+bcZad+bc \in \mathbb{Z}, le produit xyxy est dans Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}].

    • Élément neutre pour la multiplication : 1=1+021 = 1 + 0\sqrt{2} est dans Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}].

    • La multiplication est associative et distributive car ce sont des propriétés de la multiplication dans R\mathbb{R}.

    • La multiplication est commutative car (a+b2)(c+d2)=(c+d2)(a+b2)(a+b\sqrt{2})(c+d\sqrt{2}) = (c+d\sqrt{2})(a+b\sqrt{2}).

    • Conclusion : Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}] est un sous-anneau commutatif de R\mathbb{R}, donc c’est un anneau commutatif.

  2. Intégrité :

    Un anneau est intègre s’il est commutatif, non nul, et n’a pas de diviseur de zéro.

    On a déjà montré qu’il est commutatif. 101 \neq 0.

    Soient x=a+b2x = a+b\sqrt{2} et y=c+d2y = c+d\sqrt{2} deux éléments de Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}] tels que xy=0xy=0.

    Puisque Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}] est un sous-ensemble de R\mathbb{R}, et que R\mathbb{R} est un corps (donc un anneau intègre), si le produit de deux nombres réels est nul, l’un des deux doit être nul.

    Donc xy=0    x=0xy=0 \implies x=0 ou y=0y=0.

    L’anneau est intègre.

  3. Corps :

    Pour être un corps, tout élément non nul doit avoir un inverse multiplicatif dans l’anneau lui-même.

    Considérons l’élément x=2=2+02Z[2]x = 2 = 2+0\sqrt{2} \in \mathbb{Z}[\sqrt{2}]. Son inverse dans R\mathbb{R} est 1/21/2.

    Cherchons si 1/21/2 appartient à Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}]. On cherche a,bZa, b \in \mathbb{Z} tels que a+b2=1/2a+b\sqrt{2} = 1/2.

    Si b=0b=0, alors a=1/2a=1/2, ce qui n’est pas un entier.

    Si b0b \neq 0, alors 2=(1/2a)/b\sqrt{2} = (1/2 - a)/b. Le membre de droite serait un nombre rationnel, alors que 2\sqrt{2} est irrationnel. C’est une contradiction.

    Donc 1/2Z[2]1/2 \notin \mathbb{Z}[\sqrt{2}]. L’élément 2 n’a pas d’inverse dans Z[2]\mathbb{Z}[\sqrt{2}].

    L’anneau n’est pas un corps.

Réponse:

  1. Oui, (Z[2],+,×)(\mathbb{Z}[\sqrt{2}], +, \times) est un anneau commutatif.
  2. Oui, c’est un anneau intègre.
  3. Non, ce n’est pas un corps.

Exercice 7

Problème: On travaille dans le corps fini (Z/7Z,+,×)(\mathbb{Z}/7\mathbb{Z}, +, \times).

  1. Dresser la table de multiplication de Z/7Z\mathbb{Z}/7\mathbb{Z}.
  2. Trouver l’inverse multiplicatif de chaque élément non nul.
  3. Résoudre l’équation 3ˉx+5ˉ=1ˉ\bar{3}x + \bar{5} = \bar{1}.
Solution

Méthode: Les calculs se font modulo 7. Pour trouver l’inverse d’un élément aˉ\bar{a}, on cherche un élément bˉ\bar{b} tel que aˉ×bˉ=1ˉ\bar{a} \times \bar{b} = \bar{1}. Pour résoudre l’équation, on isole l’inconnue xx en utilisant les opérations du corps.

Étapes:

  1. Table de multiplication de Z/7Z\mathbb{Z}/7\mathbb{Z}:

    Les éléments sont {0ˉ,1ˉ,2ˉ,3ˉ,4ˉ,5ˉ,6ˉ}\{\bar{0}, \bar{1}, \bar{2}, \bar{3}, \bar{4}, \bar{5}, \bar{6}\}.

| ×\times | 0ˉ\bar{0} | 1ˉ\bar{1} | 2ˉ\bar{2} | 3ˉ\bar{3} | 4ˉ\bar{4} | 5ˉ\bar{5} | 6ˉ\bar{6} |

| :---: | :---: | :---: | :---: | :---: | :---: | :---: | :---: |

| 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} | 0ˉ\bar{0} |

| 1ˉ\bar{1} | 0ˉ\bar{0} | 1ˉ\bar{1} | 2ˉ\bar{2} | 3ˉ\bar{3} | 4ˉ\bar{4} | 5ˉ\bar{5} | 6ˉ\bar{6} |

| 2ˉ\bar{2} | 0ˉ\bar{0} | 2ˉ\bar{2} | 4ˉ\bar{4} | 6ˉ\bar{6} | 10=3ˉ\overline{10}=\bar{3} | 12=5ˉ\overline{12}=\bar{5}| 14=1ˉ\overline{14}=\bar{1}|

| 3ˉ\bar{3} | 0ˉ\bar{0} | 3ˉ\bar{3} | 6ˉ\bar{6} | 9ˉ=2ˉ\bar{9}=\bar{2} | 12=5ˉ\overline{12}=\bar{5}| 15=1ˉ\overline{15}=\bar{1}| 18=4ˉ\overline{18}=\bar{4}|

| 4ˉ\bar{4} | 0ˉ\bar{0} | 4ˉ\bar{4} | 1ˉ\bar{1} | 5ˉ\bar{5} | 16=2ˉ\overline{16}=\bar{2}| 20=6ˉ\overline{20}=\bar{6}| 24=3ˉ\overline{24}=\bar{3}|

| 5ˉ\bar{5} | 0ˉ\bar{0} | 5ˉ\bar{5} | 3ˉ\bar{3} | 1ˉ\bar{1} | 6ˉ\bar{6} | 25=4ˉ\overline{25}=\bar{4}| 30=2ˉ\overline{30}=\bar{2}|

| 6ˉ\bar{6} | 0ˉ\bar{0} | 6ˉ\bar{6} | 5ˉ\bar{5} | 4ˉ\bar{4} | 3ˉ\bar{3} | 2ˉ\bar{2} | 36=1ˉ\overline{36}=\bar{1}|

  1. Inverses multiplicatifs :

    On cherche dans chaque ligne (sauf la première) où se trouve l’élément 1ˉ\bar{1}.

    • 1ˉ×1ˉ=1ˉ    1ˉ1=1ˉ\bar{1} \times \bar{1} = \bar{1} \implies \bar{1}^{-1} = \bar{1}
    • 2ˉ×4ˉ=1ˉ    2ˉ1=4ˉ\bar{2} \times \bar{4} = \bar{1} \implies \bar{2}^{-1} = \bar{4} (et 4ˉ1=2ˉ\bar{4}^{-1} = \bar{2})
    • 3ˉ×5ˉ=1ˉ    3ˉ1=5ˉ\bar{3} \times \bar{5} = \bar{1} \implies \bar{3}^{-1} = \bar{5} (et 5ˉ1=3ˉ\bar{5}^{-1} = \bar{3})
    • 6ˉ×6ˉ=1ˉ    6ˉ1=6ˉ\bar{6} \times \bar{6} = \bar{1} \implies \bar{6}^{-1} = \bar{6}
  2. Résolution de l’équation :

    On veut résoudre 3ˉx+5ˉ=1ˉ\bar{3}x + \bar{5} = \bar{1}.

    On soustrait 5ˉ\bar{5} des deux côtés (ce qui revient à ajouter son opposé, 2ˉ\bar{2}) :

    3ˉx+5ˉ5ˉ=1ˉ5ˉ\bar{3}x + \bar{5} - \bar{5} = \bar{1} - \bar{5}

    3ˉx=1ˉ+2ˉ\bar{3}x = \bar{1} + \bar{2}

    3ˉx=3ˉ\bar{3}x = \bar{3}

    Maintenant, on multiplie par l’inverse de 3ˉ\bar{3}, qui est 5ˉ\bar{5} :

    5ˉ×(3ˉx)=5ˉ×3ˉ\bar{5} \times (\bar{3}x) = \bar{5} \times \bar{3}

    (5ˉ×3ˉ)x=1ˉ(\bar{5} \times \bar{3})x = \bar{1}

    1ˉx=1ˉ\bar{1}x = \bar{1}

    x=1ˉx = \bar{1}

    On peut aussi remarquer à l’étape 3ˉx=3ˉ\bar{3}x = \bar{3} que puisque 3ˉ0ˉ\bar{3} \neq \bar{0}, on peut simplifier par 3ˉ\bar{3} pour obtenir directement x=1ˉx=\bar{1}.

Réponse:

  1. Voir la table ci-dessus.
  2. 1ˉ1=1ˉ\bar{1}^{-1}=\bar{1}, 2ˉ1=4ˉ\bar{2}^{-1}=\bar{4}, 3ˉ1=5ˉ\bar{3}^{-1}=\bar{5}, 4ˉ1=2ˉ\bar{4}^{-1}=\bar{2}, 5ˉ1=3ˉ\bar{5}^{-1}=\bar{3}, 6ˉ1=6ˉ\bar{6}^{-1}=\bar{6}.
  3. La solution de l’équation est x=1ˉx = \bar{1}.

Exercice 8

Problème: Soit l’application f:(R,+)(C,×)f: (\mathbb{R}, +) \to (\mathbb{C}^*, \times) définie par f(x)=cos(x)+isin(x)=eixf(x) = \cos(x) + i\sin(x) = e^{ix}.

  1. Montrer que ff est un morphisme de groupes.
  2. Déterminer le noyau de ff, noté Ker(f)\text{Ker}(f).
  3. Déterminer l’image de ff, notée Im(f)\text{Im}(f). ff est-elle injective ? Surjective ?
Solution

Méthode:

  1. Pour montrer que ff est un morphisme de groupes, on doit vérifier que f(x+y)=f(x)×f(y)f(x+y) = f(x) \times f(y) pour tous x,yRx, y \in \mathbb{R}.
  2. Le noyau est l’ensemble des xRx \in \mathbb{R} tels que f(x)f(x) est l’élément neutre de (C,×)(\mathbb{C}^*, \times), c’est-à-dire f(x)=1f(x)=1.
  3. L’image est l’ensemble des valeurs prises par f(x)f(x) lorsque xx parcourt R\mathbb{R}. On conclura sur l’injectivité et la surjectivité à partir du noyau et de l’image.

Étapes:

  1. Vérification du morphisme :

    Soient x,yRx, y \in \mathbb{R}.

    f(x+y)=ei(x+y)=eixeiyf(x+y) = e^{i(x+y)} = e^{ix} \cdot e^{iy}.

    Par définition, f(x)=eixf(x) = e^{ix} et f(y)=eiyf(y) = e^{iy}.

    Donc, f(x+y)=f(x)×f(y)f(x+y) = f(x) \times f(y).

    La propriété est vérifiée, ff est bien un morphisme de groupes.

  2. Détermination du noyau :

    On cherche les xRx \in \mathbb{R} tels que f(x)=1f(x)=1.

    eix=1    cos(x)+isin(x)=1+i0e^{ix} = 1 \iff \cos(x) + i\sin(x) = 1 + i\cdot 0.

    Cela est équivalent au système :

    {cos(x)=1sin(x)=0\begin{cases} \cos(x) = 1 \\ \sin(x) = 0 \end{cases}

    Cette condition est remplie si et seulement si xx est un multiple entier de 2π2\pi.

    Donc, Ker(f)={2kπkZ}\text{Ker}(f) = \{ 2k\pi \mid k \in \mathbb{Z} \}.

  3. Détermination de l’image et propriétés :

    • Image : L’image de ff est l’ensemble des nombres complexes de la forme eixe^{ix} pour xRx \in \mathbb{R}. Le module de ces nombres est eix=cos2(x)+sin2(x)=1|e^{ix}| = \sqrt{\cos^2(x)+\sin^2(x)} = 1.

      L’image est donc l’ensemble des nombres complexes de module 1, c’est-à-dire le cercle unité UU.

      Im(f)={zCz=1}\text{Im}(f) = \{ z \in \mathbb{C}^* \mid |z|=1 \}.

    • Injectivité : Un morphisme est injectif si et seulement si son noyau est réduit à l’élément neutre du groupe de départ. L’élément neutre de (R,+)(\mathbb{R}, +) est 00.

      Ici, Ker(f)=2πZ\text{Ker}(f) = 2\pi\mathbb{Z}, qui contient une infinité d’éléments. Le noyau n’est pas {0}\{0\}.

      Donc ff n’est pas injective. Par exemple, f(0)=1f(0)=1 et f(2π)=1f(2\pi)=1.

    • Surjectivité : Un morphisme est surjectif si son image est égale à l’ensemble d’arrivée.

      Ici, Im(f)=U\text{Im}(f) = U et l’ensemble d’arrivée est C\mathbb{C}^*.

      Puisque UU est un sous-ensemble strict de C\mathbb{C}^* (par exemple, le nombre 2C2 \in \mathbb{C}^* mais 2U2 \notin U), l’application ff n’est pas surjective.

Réponse:

  1. ff est un morphisme de groupes.
  2. Ker(f)={2kπkZ}=2πZ\text{Ker}(f) = \{ 2k\pi \mid k \in \mathbb{Z} \} = 2\pi\mathbb{Z}.
  3. Im(f)=U={zCz=1}\text{Im}(f) = U = \{ z \in \mathbb{C}^* \mid |z|=1 \}. L’application n’est ni injective, ni surjective.

Exercice 9

Problème: Sur l’ensemble E=R2E = \mathbb{R}^2, on définit la relation \sim par :

(x,y)(x,y)    x2+y2=(x)2+(y)2(x, y) \sim (x', y') \iff x^2 + y^2 = (x')^2 + (y')^2

  1. Montrer que \sim est une relation d’équivalence.
  2. Décrire géométriquement la classe d’équivalence d’un point (a,b)R2(a, b) \in \mathbb{R}^2.
  3. Décrire l’ensemble quotient R2/\mathbb{R}^2 / \sim.
Solution

Méthode: Pour montrer que \sim est une relation d’équivalence, il faut vérifier qu’elle est réflexive, symétrique et transitive. La description géométrique se déduit de l’interprétation de la condition x2+y2=Cx^2+y^2=C.

Étapes:

  1. Vérification de la relation d’équivalence :

    • Réflexivité : Soit (x,y)R2(x, y) \in \mathbb{R}^2. On a x2+y2=x2+y2x^2+y^2 = x^2+y^2, donc (x,y)(x,y)(x,y) \sim (x,y). La relation est réflexive.

    • Symétrie : Soient (x,y),(x,y)R2(x, y), (x', y') \in \mathbb{R}^2 tels que (x,y)(x,y)(x, y) \sim (x', y').

      Cela signifie x2+y2=(x)2+(y)2x^2+y^2 = (x')^2+(y')^2.

      L’égalité étant symétrique, on peut écrire (x)2+(y)2=x2+y2(x')^2+(y')^2 = x^2+y^2, ce qui signifie (x,y)(x,y)(x', y') \sim (x, y). La relation est symétrique.

    • Transitivité : Soient (x,y),(x,y),(x,y)R2(x, y), (x', y'), (x'', y'') \in \mathbb{R}^2 tels que (x,y)(x,y)(x, y) \sim (x', y') et (x,y)(x,y)(x', y') \sim (x'', y'').

      On a x2+y2=(x)2+(y)2x^2+y^2 = (x')^2+(y')^2 et (x)2+(y)2=(x)2+(y)2(x')^2+(y')^2 = (x'')^2+(y'')^2.

      Par transitivité de l’égalité dans R\mathbb{R}, on en déduit x2+y2=(x)2+(y)2x^2+y^2 = (x'')^2+(y'')^2, ce qui signifie (x,y)(x,y)(x, y) \sim (x'', y''). La relation est transitive.

    • Conclusion : La relation \sim est bien une relation d’équivalence.

  2. Description de la classe d’équivalence :

    La classe d’équivalence d’un point (a,b)(a, b), notée cl(a,b)\text{cl}(a,b), est l’ensemble de tous les points (x,y)(x,y) tels que (x,y)(a,b)(x,y) \sim (a,b).

    C’est donc l’ensemble des points (x,y)(x,y) vérifiant x2+y2=a2+b2x^2+y^2 = a^2+b^2.

    Géométriquement, l’équation x2+y2=R2x^2+y^2 = R^2 (avec R0R \ge 0) décrit un cercle de centre l’origine (0,0)(0,0) et de rayon RR.

    Ici, R2=a2+b2R^2 = a^2+b^2, donc R=a2+b2R = \sqrt{a^2+b^2} (la distance du point (a,b)(a,b) à l’origine).

    • Si (a,b)=(0,0)(a,b) = (0,0), la classe d’équivalence est l’ensemble des points (x,y)(x,y) tels que x2+y2=0x^2+y^2=0, ce qui n’est possible que si x=0x=0 et y=0y=0. La classe est donc juste le point {(0,0)}\{(0,0)\}.
    • Si (a,b)(0,0)(a,b) \neq (0,0), la classe d’équivalence est le cercle centré à l’origine passant par le point (a,b)(a,b).
  3. Description de l’ensemble quotient :

    L’ensemble quotient R2/\mathbb{R}^2 / \sim est l’ensemble de toutes les classes d’équivalence.

    D’après la question précédente, les classes d’équivalence sont les cercles centrés à l’origine (plus l’origine elle-même comme un cercle de rayon 0).

    Chaque cercle est entièrement déterminé par son rayon R0R \ge 0. Deux cercles sont distincts si et seulement si leurs rayons sont distincts.

    On peut donc identifier chaque classe d’équivalence avec son rayon R=x2+y2R = \sqrt{x^2+y^2}. L’ensemble de tous les rayons possibles est l’ensemble des réels positifs ou nuls, R+=[0,+[\mathbb{R}_+ = [0, +\infty[.

    L’ensemble quotient est donc en bijection avec R+\mathbb{R}_+.

Réponse:

  1. La relation \sim est réflexive, symétrique et transitive, c’est donc une relation d’équivalence.
  2. La classe d’équivalence de (a,b)(a, b) est le cercle de centre l’origine et de rayon a2+b2\sqrt{a^2+b^2}. Si (a,b)=(0,0)(a,b)=(0,0), c’est le point origine lui-même.
  3. L’ensemble quotient R2/\mathbb{R}^2/\sim peut être identifié à l’ensemble des rayons possibles, c’est-à-dire l’intervalle [0,+[[0, +\infty[.

Exercice 10

Problème: On considère l’anneau quotient A=Z/10ZA = \mathbb{Z}/10\mathbb{Z}.

  1. Quels sont les éléments inversibles de cet anneau ? (c’est-à-dire les éléments de (Z/10Z)×(\mathbb{Z}/10\mathbb{Z})^\times)
  2. Trouver tous les diviseurs de zéro dans cet anneau.
  3. Calculer (3ˉ+9ˉ)×7ˉ(\bar{3} + \bar{9}) \times \bar{7}.
Solution

Méthode:

  1. Un élément kˉ\bar{k} dans Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} est inversible si et seulement si kk et nn sont premiers entre eux (pgcd(k,n)=1\text{pgcd}(k,n)=1).
  2. Un élément non nul aˉ\bar{a} est un diviseur de zéro s’il existe un élément non nul bˉ\bar{b} tel que aˉ×bˉ=0ˉ\bar{a} \times \bar{b} = \bar{0}. Cela se produit lorsque pgcd(a,n)>1\text{pgcd}(a, n) > 1.
  3. Les calculs se font modulo 10.

Étapes:

  1. Éléments inversibles :

    On cherche les entiers k{1,2,...,9}k \in \{1, 2, ..., 9\} tels que pgcd(k,10)=1\text{pgcd}(k, 10)=1.

    • pgcd(1,10)=1    1ˉ\text{pgcd}(1, 10) = 1 \implies \bar{1} est inversible.
    • pgcd(2,10)=21\text{pgcd}(2, 10) = 2 \neq 1.
    • pgcd(3,10)=1    3ˉ\text{pgcd}(3, 10) = 1 \implies \bar{3} est inversible.
    • pgcd(4,10)=21\text{pgcd}(4, 10) = 2 \neq 1.
    • pgcd(5,10)=51\text{pgcd}(5, 10) = 5 \neq 1.
    • pgcd(6,10)=21\text{pgcd}(6, 10) = 2 \neq 1.
    • pgcd(7,10)=1    7ˉ\text{pgcd}(7, 10) = 1 \implies \bar{7} est inversible.
    • pgcd(8,10)=21\text{pgcd}(8, 10) = 2 \neq 1.
    • pgcd(9,10)=1    9ˉ\text{pgcd}(9, 10) = 1 \implies \bar{9} est inversible.

    Les éléments inversibles sont 1ˉ,3ˉ,7ˉ,9ˉ\bar{1}, \bar{3}, \bar{7}, \bar{9}.

  2. Diviseurs de zéro :

    Ce sont les éléments non nuls qui ne sont pas inversibles. D’après la question 1, il s’agit des éléments kˉ\bar{k}k{2,4,5,6,8}k \in \{2, 4, 5, 6, 8\}.

    Vérifions pour quelques-uns :

    • 2ˉ×5ˉ=10=0ˉ\bar{2} \times \bar{5} = \overline{10} = \bar{0}. Donc 2ˉ\bar{2} et 5ˉ\bar{5} sont des diviseurs de zéro.
    • 4ˉ×5ˉ=20=0ˉ\bar{4} \times \bar{5} = \overline{20} = \bar{0}. Donc 4ˉ\bar{4} est un diviseur de zéro.
    • 6ˉ×5ˉ=30=0ˉ\bar{6} \times \bar{5} = \overline{30} = \bar{0}. Donc 6ˉ\bar{6} est un diviseur de zéro.
    • 8ˉ×5ˉ=40=0ˉ\bar{8} \times \bar{5} = \overline{40} = \bar{0}. Donc 8ˉ\bar{8} est un diviseur de zéro.

    Les diviseurs de zéro sont 2ˉ,4ˉ,5ˉ,6ˉ,8ˉ\bar{2}, \bar{4}, \bar{5}, \bar{6}, \bar{8}.

  3. Calcul :

    On calcule d’abord la parenthèse :

    3ˉ+9ˉ=12\bar{3} + \bar{9} = \overline{12}.

    Modulo 10, 12=2ˉ\overline{12} = \bar{2}.

    On calcule ensuite le produit :

    2ˉ×7ˉ=14\bar{2} \times \bar{7} = \overline{14}.

    Modulo 10, 14=4ˉ\overline{14} = \bar{4}.

    Le résultat est 4ˉ\bar{4}.

Réponse:

  1. Les éléments inversibles sont {1ˉ,3ˉ,7ˉ,9ˉ}\{\bar{1}, \bar{3}, \bar{7}, \bar{9}\}.
  2. Les diviseurs de zéro sont {2ˉ,4ˉ,5ˉ,6ˉ,8ˉ}\{\bar{2}, \bar{4}, \bar{5}, \bar{6}, \bar{8}\}.
  3. (3ˉ+9ˉ)×7ˉ=4ˉ(\bar{3} + \bar{9}) \times \bar{7} = \bar{4}.

Exercice 11

Problème: Démontrer par récurrence que pour tout entier n1n \ge 1, le nombre 4n14^n - 1 est divisible par 3.

Solution

Méthode: Nous allons utiliser le principe de récurrence. Soit P(n)P(n) la propriété ”4n14^n - 1 est divisible par 3”. Nous devons prouver l’initialisation (pour n=1n=1) et l’hérédité (si P(k)P(k) est vraie, alors P(k+1)P(k+1) est vraie).

Étapes:

  1. Initialisation (pour n=1n=1) :

    On vérifie si la propriété P(1)P(1) est vraie.

    Pour n=1n=1, l’expression est 411=34^1 - 1 = 3.

    Le nombre 3 est bien divisible par 3.

    Donc l’initialisation est vérifiée.

  2. Hérédité :

    On suppose que la propriété P(k)P(k) est vraie pour un certain entier k1k \ge 1.

    C’est l’hypothèse de récurrence (HR) : on suppose que 4k14^k - 1 est divisible par 3.

    Cela signifie qu’il existe un entier mm tel que 4k1=3m4^k - 1 = 3m, ou encore 4k=3m+14^k = 3m + 1.

    On doit maintenant démontrer que P(k+1)P(k+1) est vraie, c’est-à-dire que 4k+114^{k+1} - 1 est divisible par 3.

    On part de l’expression au rang k+1k+1 :

    4k+11=4×4k14^{k+1} - 1 = 4 \times 4^k - 1.

    On utilise l’hypothèse de récurrence pour remplacer 4k4^k par 3m+13m+1 :

    4k+11=4×(3m+1)14^{k+1} - 1 = 4 \times (3m + 1) - 1.

    On développe l’expression :

    4k+11=12m+41=12m+34^{k+1} - 1 = 12m + 4 - 1 = 12m + 3.

    On met 3 en facteur :

    4k+11=3(4m+1)4^{k+1} - 1 = 3(4m + 1).

    Puisque mm est un entier, 4m+14m+1 est aussi un entier. L’expression 4k+114^{k+1}-1 est donc bien un multiple de 3.

    L’hérédité est prouvée.

  3. Conclusion :

    Par le principe de récurrence, puisque l’initialisation et l’hérédité sont vraies, la propriété P(n)P(n) est vraie pour tout entier n1n \ge 1.

Réponse: La proposition ”4n14^n - 1 est divisible par 3” est vraie pour tout entier n1n \ge 1.


Exercice 12

Problème: Soit l’anneau des polynômes à coefficients réels, A=R[X]A = \mathbb{R}[X]. Soit II l’ensemble des polynômes de AA qui s’annulent en 5, c’est-à-dire I={P(X)R[X]P(5)=0}I = \{ P(X) \in \mathbb{R}[X] \mid P(5) = 0 \}. Montrer que II est un idéal de AA.

Solution

Méthode: Pour montrer que II est un idéal de l’anneau commutatif A=R[X]A=\mathbb{R}[X], nous devons vérifier deux conditions :

  1. (I,+)(I, +) est un sous-groupe de (A,+)(A, +).
  2. II absorbe la multiplication par n’importe quel élément de AA.

Une autre méthode est de voir II comme le noyau d’un morphisme d’anneaux.

Étapes (Méthode 1 : par définition) :

  1. Vérifier que (I,+)(I, +) est un sous-groupe :

    • Le polynôme nul, P0(X)=0P_0(X)=0, est dans II car P0(5)=0P_0(5)=0. Donc II est non vide.

    • Stabilité par addition : Soient P(X)IP(X) \in I et Q(X)IQ(X) \in I. Cela signifie que P(5)=0P(5)=0 et Q(5)=0Q(5)=0.

      Considérons leur somme S(X)=P(X)+Q(X)S(X) = P(X)+Q(X). On a S(5)=P(5)+Q(5)=0+0=0S(5) = P(5) + Q(5) = 0 + 0 = 0. Donc S(X)IS(X) \in I.

    • Stabilité par opposé : Soit P(X)IP(X) \in I, donc P(5)=0P(5)=0.

      Considérons son opposé P(X)-P(X). On a (P)(5)=P(5)=0=0(-P)(5) = -P(5) = -0 = 0. Donc P(X)I-P(X) \in I.

    • Ces trois points montrent que (I,+)(I, +) est un sous-groupe de (R[X],+)(\mathbb{R}[X], +).

  2. Vérifier l’absorption par multiplication externe :

    Soit P(X)IP(X) \in I (donc P(5)=0P(5)=0) et soit A(X)A(X) un polynôme quelconque dans R[X]\mathbb{R}[X].

    On doit montrer que le produit A(X)P(X)A(X) \cdot P(X) est dans II.

    Calculons la valeur de ce produit en X=5X=5 :

    (AP)(5)=A(5)P(5)(A \cdot P)(5) = A(5) \cdot P(5).

    Puisque P(5)=0P(5)=0, on a :

    (AP)(5)=A(5)0=0(A \cdot P)(5) = A(5) \cdot 0 = 0.

    Le polynôme produit s’annule bien en 5, donc il appartient à II.

Conclusion (Méthode 1) :

Puisque II est un sous-groupe additif de R[X]\mathbb{R}[X] et qu’il absorbe la multiplication par tout polynôme de R[X]\mathbb{R}[X], II est un idéal de R[X]\mathbb{R}[X].


Étapes (Méthode 2 : avec un morphisme) :

  1. Définir un morphisme d’anneaux :

    Considérons l’application “évaluation en 5”, notée ev5\text{ev}_5, qui va de l’anneau R[X]\mathbb{R}[X] dans l’anneau R\mathbb{R} :

    ev5:R[X]R\text{ev}_5: \mathbb{R}[X] \to \mathbb{R}

    P(X)P(5)P(X) \mapsto P(5)

  2. Vérifier que c’est un morphisme d’anneaux :

    • ev5(P+Q)=(P+Q)(5)=P(5)+Q(5)=ev5(P)+ev5(Q)\text{ev}_5(P+Q) = (P+Q)(5) = P(5)+Q(5) = \text{ev}_5(P) + \text{ev}_5(Q).
    • ev5(PQ)=(PQ)(5)=P(5)Q(5)=ev5(P)ev5(Q)\text{ev}_5(P \cdot Q) = (P \cdot Q)(5) = P(5) \cdot Q(5) = \text{ev}_5(P) \cdot \text{ev}_5(Q).
    • ev5(1)=1\text{ev}_5(1) = 1 (où le 1 à gauche est le polynôme constant 1).

    C’est bien un morphisme d’anneaux.

  3. Identifier l’idéal comme un noyau :

    Le noyau de ce morphisme est l’ensemble des polynômes P(X)P(X) tels que ev5(P)\text{ev}_5(P) est l’élément neutre de (R,+)(\mathbb{R},+), c’est-à-dire 0.

    Ker(ev5)={P(X)R[X]P(5)=0}\text{Ker}(\text{ev}_5) = \{ P(X) \in \mathbb{R}[X] \mid P(5) = 0 \}.

    Ceci est exactement la définition de l’ensemble II.

  4. Conclusion (Méthode 2) :

    On sait que le noyau d’un morphisme d’anneaux est toujours un idéal de l’anneau de départ. Puisque I=Ker(ev5)I = \text{Ker}(\text{ev}_5), II est un idéal de R[X]\mathbb{R}[X].

Réponse: L’ensemble I={P(X)R[X]P(5)=0}I = \{ P(X) \in \mathbb{R}[X] \mid P(5) = 0 \} est bien un idéal de R[X]\mathbb{R}[X].


Exercice 13: Isomorphismes d’ensembles ordonnés

Problème: Soit cc un nombre réel. Montrer que l’application f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=x+cf(x) = x + c est un isomorphisme d’ensembles ordonnés pour l’ordre usuel (R,)(\mathbb{R}, \le).

Solution

Méthode: Pour montrer que ff est un isomorphisme d’ensembles ordonnés, nous devons vérifier deux conditions :

  1. ff est une bijection.
  2. ff et son application réciproque f1f^{-1} sont toutes les deux croissantes. Une condition équivalente et plus directe est de vérifier que ff est bijective et que, pour tous x,yRx, y \in \mathbb{R}, on a xy    f(x)f(y)x \le y \iff f(x) \le f(y).

Étapes:

  1. Vérifier la bijectivité :

    • Injectivité : Soient x1,x2Rx_1, x_2 \in \mathbb{R} tels que f(x1)=f(x2)f(x_1) = f(x_2). Alors x1+c=x2+cx_1 + c = x_2 + c. En soustrayant cc des deux côtés, on obtient x1=x2x_1 = x_2. L’application est injective.
    • Surjectivité : Soit yRy \in \mathbb{R} un élément quelconque de l’ensemble d’arrivée. On cherche un antécédent xRx \in \mathbb{R} tel que f(x)=yf(x) = y. L’équation est x+c=yx + c = y, qui a pour solution x=ycx = y - c. Cet antécédent existe toujours dans R\mathbb{R}. L’application est surjective.
    • Puisque ff est injective et surjective, elle est bijective. Son application réciproque est f1(y)=ycf^{-1}(y) = y - c.
  2. Vérifier la préservation de l’ordre : On doit montrer l’équivalence xy    f(x)f(y)x \le y \iff f(x) \le f(y).

    • Sens direct (\Rightarrow) : Supposons que xyx \le y. En ajoutant la constante cc aux deux membres de l’inégalité, le sens de l’inégalité est préservé : x+cy+cx + c \le y + c. Ceci est équivalent à f(x)f(y)f(x) \le f(y). Donc ff est une application croissante.
    • Sens réciproque (\Leftarrow) : Supposons que f(x)f(y)f(x) \le f(y). Ceci signifie que x+cy+cx + c \le y + c. En soustrayant la constante cc aux deux membres, le sens de l’inégalité est préservé : xyx \le y. La condition est donc bien une équivalence.

Conclusion: L’application f(x)=x+cf(x) = x+c est une bijection qui préserve l’ordre dans les deux sens. C’est donc un isomorphisme d’ensembles ordonnés.

Réponse: L’application f(x)=x+cf(x) = x + c est un isomorphisme d’ensembles ordonnés de (R,)(\mathbb{R}, \le) sur lui-même.