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Principes de dénombrement - fiches de révision (B)

Démontrer le Théorème 1.1 : Pour n,mNn, m \in \mathbb{N}, il existe une injection de [n][n] dans [m][m] si et seulement si nmn \le m.

Solution

La démonstration se fait en deux parties :

1. Condition suffisante (    \impliedby) : Si nmn \le m, alors il existe une injection de [n][n] dans [m][m].

Cette implication est directe. L'application identité restreinte à [n][n], ι:[n][m]\iota : [n] \to [m] définie par ι(k)=k\iota(k)=k pour tout k[n]k \in [n], est bien définie car si k[n]k \in [n], alors 1knm1 \le k \le n \le m, donc k[m]k \in [m]. Elle est clairement injective car si ι(k1)=ι(k2)\iota(k_1) = \iota(k_2), alors k1=k2k_1=k_2.

2. Condition nécessaire (    \implies) : S'il existe une injection f:[n][m]f: [n] \to [m], alors nmn \le m.

On procède par récurrence sur nn. Soit P(n)P(n) l'assertion : "pour tout mNm \in \mathbb{N}, si f:[n][m]\exists f: [n] \to [m] injective, alors nmn \le m".

  • Initialisation (n=0n=0): L'ensemble [0][0] est l'ensemble vide. L'application f:[m]f: \emptyset \to [m] est l'application vide. La condition 0m0 \le m est toujours vraie pour tout mNm \in \mathbb{N}. Donc P(0)P(0) est vraie.

  • Hérédité: Supposons que P(n)P(n) est vraie pour un certain nNn \in \mathbb{N}. Montrons P(n+1)P(n+1).

Soit f:[n+1][m]f: [n+1] \to [m] une injection. L'ensemble [n+1][n+1] étant non vide, son image par ff est non vide, donc [m][m] doit aussi être non vide, ce qui implique m1m \ge 1.

Soit k=f(n+1)[m]k = f(n+1) \in [m].

- **Cas 1 : $f(n+1) = m$**. La restriction de $f$ à $[n]$, notée $f|_{[n]}$, est une application de $[n]$ dans $[m-1]$ (car pour tout $i \in [n]$, $f(i) \neq f(n+1)=m$). Cette restriction est toujours injective. Par l'hypothèse de récurrence $P(n)$, l'existence d'une injection de $[n]$ dans $[m-1]$ implique $n \le m-1$. En ajoutant 1 de chaque côté, on obtient $n+1 \le m$.
- **Cas 2 : $f(n+1) = k \neq m$**. Soit $\sigma$ la transposition sur $[m]$ qui échange $k$ et $m$ (et laisse les autres éléments fixes). L'application $g = \sigma \circ f$ est une injection de $[n+1]$ dans $[m]$ car c'est la composée de deux injections. De plus, $g(n+1) = \sigma(f(n+1)) = \sigma(k) = m$. On est alors ramené au Cas 1 avec l'injection $g$. On en déduit que $n+1 \le m$.

Dans tous les cas, l'assertion est vraie pour n+1n+1. Par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

Énoncer le Théorème de Cantor-Bernstein et expliquer son importance pour démontrer l'équipotence.

Solution

Théorème de Cantor-Bernstein

Soient EE et FF deux ensembles. S'il existe une injection de EE dans FF et une injection de FF dans EE, alors EE et FF sont équipotents (c'est-à-dire qu'il existe une bijection entre EE et FF).

Formellement :

(f:EF injective)(g:FE injective)    (h:EF bijective)(\exists f: E \to F \text{ injective}) \land (\exists g: F \to E \text{ injective}) \implies (\exists h: E \to F \text{ bijective})

Importance et application

Ce théorème est un outil extrêmement puissant en théorie des ensembles, particulièrement pour comparer les cardinaux d'ensembles infinis. Son importance réside dans le fait qu'il permet de prouver l'équipotence de deux ensembles sans avoir à construire explicitement une bijection entre eux.

La construction d'une bijection peut être très complexe. Il est souvent beaucoup plus simple de trouver deux injections dans des sens opposés.

Exemple d'utilisation : Pour prouver que Q\mathbb{Q} est dénombrable (équipotent à N\mathbb{N}), on montre :

  1. Qu'il existe une injection de N\mathbb{N} dans Q\mathbb{Q} (évident, nn/1n \mapsto n/1).
  2. Qu'il existe une injection de Q\mathbb{Q} dans N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} (en associant p/qp/q à (p,q)(p,q) après quelques ajustements pour le signe et l'unicité).

Comme N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} est équipotent à N\mathbb{N}, on a une injection de Q\mathbb{Q} dans N\mathbb{N}. Le théorème de Cantor-Bernstein permet alors de conclure que Q\mathbb{Q} et N\mathbb{N} sont équipotents.

Soit AA un sous-ensemble de [2n][2n] avec A=n+1|A|=n+1. Montrer qu'il existe deux éléments distincts a,bAa, b \in A tels que aa divise bb.

Solution

C'est une application classique du principe des tiroirs de Dirichlet.

1. Définition des "objets" et des "tiroirs" :

  • Les objets sont les n+1n+1 entiers de l'ensemble AA.
  • Pour définir les tiroirs, on utilise le fait que tout entier x[2n]x \in [2n] peut s'écrire de manière unique sous la forme x=2kvx = 2^k \cdot v, où vv est un entier impair et k0k \ge 0. L'entier vv est la partie impaire de xx.
  • Les tiroirs seront l'ensemble des parties impaires possibles pour un nombre dans [2n][2n]. Les nombres impairs dans [2n][2n] sont {1,3,5,,2n1}\{1, 3, 5, \dots, 2n-1\}. Il y a exactement nn de ces nombres impairs.

2. Application du principe :

  • On définit une application f:A{1,3,,2n1}f: A \to \{1, 3, \dots, 2n-1\} qui à chaque aAa \in A associe sa partie impaire vv.
  • Nous avons A=n+1|A| = n+1 objets (les éléments de AA) et nn tiroirs (les parties impaires possibles).
  • D'après le principe des tiroirs de Dirichlet, comme le nombre d'objets est strictement supérieur au nombre de tiroirs (n+1>nn+1 > n), il doit exister au moins un tiroir contenant au moins deux objets.

3. Conclusion :

  • Il existe donc deux éléments distincts a1,a2Aa_1, a_2 \in A qui ont la même partie impaire. Soit vv cette partie impaire commune.

  • On peut donc écrire a1=2k1va_1 = 2^{k_1} \cdot v et a2=2k2va_2 = 2^{k_2} \cdot v pour des entiers k1,k20k_1, k_2 \ge 0.

  • Comme a1a_1 et a2a_2 sont distincts, on doit avoir k1k2k_1 \neq k_2.

  • Supposons, sans perte de généralité, que k1<k2k_1 < k_2. Alors on peut écrire :

    a2=2k2v=2k2k1(2k1v)=2k2k1a1a_2 = 2^{k_2} \cdot v = 2^{k_2-k_1} \cdot (2^{k_1} \cdot v) = 2^{k_2-k_1} \cdot a_1

  • Puisque k2k1>0k_2 - k_1 > 0, 2k2k12^{k_2-k_1} est un entier supérieur à 1. L'équation ci-dessus montre que a1a_1 divise a2a_2.

Démontrer le Théorème de Cantor : Pour tout ensemble EE, il n'existe pas de surjection de EE dans son ensemble des parties P(E)P(E).

Solution

La démonstration se fait par l'absurde en utilisant un argument diagonal.

Soit EE un ensemble quelconque. Supposons par l'absurde qu'il existe une application surjective f:EP(E)f: E \to P(E). Cela signifie que pour tout sous-ensemble AEA \subseteq E (donc AP(E)A \in P(E)), il existe au moins un élément yEy \in E tel que f(y)=Af(y) = A.

Considérons l'ensemble "diagonal" DD défini comme suit :

D={xExf(x)}D = \{x \in E \mid x \notin f(x) \}

L'ensemble DD est un sous-ensemble de EE (il est formé d'éléments de EE qui n'appartiennent pas à leur propre image par ff). Par conséquent, DP(E)D \in P(E).

Puisque nous avons supposé que ff est surjective, DD doit avoir un antécédent. C'est-à-dire qu'il doit exister un élément yEy \in E tel que f(y)=Df(y) = D.

Analysons maintenant si cet élément yy peut appartenir à DD ou non.

  • Cas 1 : yDy \in D.

    Par la définition de DD, si yDy \in D, alors yy doit satisfaire la condition yf(y)y \notin f(y). Mais nous avons posé que f(y)=Df(y) = D. Donc, si yDy \in D, cela implique yDy \notin D. C'est une contradiction.

  • Cas 2 : yDy \notin D.

    Par la définition de DD, si yDy \notin D, cela signifie que yy ne satisfait pas la condition d'appartenance à DD. La négation de "xf(x)x \notin f(x)" est "xf(x)x \in f(x)". Donc, si yDy \notin D, cela implique yf(y)y \in f(y). Mais encore une fois, comme f(y)=Df(y) = D, cela implique yDy \in D. C'est aussi une contradiction.

Dans les deux cas possibles, nous arrivons à une contradiction de la forme P    ¬PP \iff \neg P. L'hypothèse de départ, à savoir l'existence d'une application surjective f:EP(E)f: E \to P(E), doit donc être fausse.

Conclusion : Il n'existe aucune surjection de EE dans P(E)P(E), et par conséquent, il n'existe pas de bijection. Cela implique que E<P(E)|E| < |P(E)| pour tout ensemble EE.

Expliquer le principe des bergers dans son cas régulier et illustrer sa puissance en esquissant la preuve du Théorème de Lagrange en théorie des groupes.

Solution

Principe des bergers (cas régulier)

Soient EE et FF deux ensembles finis et f:EFf: E \to F une application surjective. Si toutes les préimages (ou fibres) des éléments de FF ont le même cardinal pp (c'est-à-dire yF,f1({y})=p\forall y \in F, |f^{-1}(\{y\})| = p), alors le cardinal de EE est lié au cardinal de FF par la relation :

E=pF|E| = p \cdot |F|

Ce principe est souvent utilisé pour trouver le cardinal de FF (les "moutons") en comptant un ensemble EE plus simple (les "pattes") et en divisant par pp (le nombre de pattes par mouton).

Application : Preuve du Théorème de Lagrange

Théorème de Lagrange : Soit GG un groupe fini et HH un sous-groupe de GG. Alors l'ordre (le cardinal) de HH divise l'ordre de GG.

Démonstration avec le principe des bergers :

  1. Définir les ensembles EE, FF et l'application ff :

    • Soit E=GE = G, le groupe lui-même.
    • Soit F=G/H={gHgG}F = G/H = \{gH \mid g \in G\}, l'ensemble des classes à gauche de GG suivant HH.
    • Soit f:GG/Hf: G \to G/H l'application de projection canonique définie par f(g)=gHf(g) = gH.
  2. Vérifier les conditions du principe :

    • Surjectivité : L'application ff est surjective par définition même de l'ensemble quotient G/HG/H. Toute classe gHG/HgH \in G/H est l'image de gGg \in G (et de tous les autres éléments de la classe).

    • Fibres de taille constante : La fibre d'un élément gHG/HgH \in G/H est l'ensemble de tous les éléments xGx \in G tels que f(x)=gHf(x) = gH.

      f1({gH})={xGxH=gH}f^{-1}(\{gH\}) = \{x \in G \mid xH = gH \}

      On sait que xH=gH    g1xH    xgHxH=gH \iff g^{-1}x \in H \iff x \in gH. Donc, la fibre de gHgH est précisément la classe gHgH elle-même.

      Toutes les classes à gauche ont le même cardinal que le sous-groupe HH. En effet, l'application ϕ:HgH\phi: H \to gH définie par ϕ(h)=gh\phi(h) = gh est une bijection. Le cardinal de chaque fibre est donc p=Hp = |H|.

  3. Appliquer la formule :

    Puisque les conditions du principe des bergers (cas régulier) sont remplies, on a :

    G=HG/H|G| = |H| \cdot |G/H|

    L'entier G/H|G/H| est appelé l'indice de HH dans GG, noté [G:H][G:H]. La relation montre que G|G| est un multiple entier de H|H|, ce qui signifie que H|H| divise G|G|.

Démontrer le cas simple du Théorème d'Erdos-Szekeres : Toute séquence de n2+1n^2+1 nombres réels distincts contient une sous-séquence monotone (croissante ou décroissante) de longueur n+1n+1.

Solution

La preuve utilise le principe des tiroirs de Dirichlet de manière ingénieuse.

Soit une séquence S=(a1,a2,,aN)S = (a_1, a_2, \dots, a_{N}) avec N=n2+1N = n^2+1 et les aia_i sont des réels distincts.

1. Définition des objets et des tiroirs :

  • Les objets sont les N=n2+1N = n^2+1 termes de la séquence, a1,,aNa_1, \dots, a_{N}.
  • Pour chaque terme aia_i de la séquence, on associe un couple d'entiers (xi,yi)(x_i, y_i) où :
    • xix_i est la longueur de la plus longue sous-séquence croissante se terminant par aia_i.
    • yiy_i est la longueur de la plus longue sous-séquence décroissante se terminant par aia_i.
  • Les tiroirs sont les couples (x,y)(x,y) possibles.

2. Hypothèse par l'absurde :

Supposons que le théorème est faux. Cela signifie qu'il n'existe aucune sous-séquence monotone de longueur n+1n+1.

Par conséquent, pour chaque i{1,,N}i \in \{1, \dots, N\}, les longueurs xix_i et yiy_i doivent être au plus nn.

1xinet1yin1 \le x_i \le n \quad \text{et} \quad 1 \le y_i \le n

Le nombre total de tiroirs (couples (xi,yi)(x_i, y_i) possibles) est donc n×n=n2n \times n = n^2.

3. Application du principe des tiroirs :

Nous avons n2+1n^2+1 objets (les termes aia_i) à placer dans n2n^2 tiroirs (les couples (xi,yi)(x_i, y_i)).

Par le principe des tiroirs, il doit exister au moins deux objets qui sont dans le même tiroir. Autrement dit, il existe deux indices distincts i<ji < j tels que :

(xi,yi)=(xj,yj)(x_i, y_i) = (x_j, y_j)

Ce qui signifie xi=xjx_i = x_j et yi=yjy_i = y_j.

4. Recherche de la contradiction :

Considérons les termes aia_i et aja_j avec i<ji < j. Puisque tous les termes de la séquence sont distincts, on a soit ai<aja_i < a_j, soit ai>aja_i > a_j.

  • Cas 1 : ai<aja_i < a_j

    Puisque ai<aja_i < a_j, on peut prendre la plus longue sous-séquence croissante se terminant par aia_i (de longueur xix_i) et y ajouter aja_j à la fin pour former une nouvelle sous-séquence croissante se terminant par aja_j. La longueur de cette nouvelle sous-séquence est au moins xi+1x_i + 1.

    Cela implique que xjxi+1x_j \ge x_i + 1. Mais cela contredit notre conclusion du principe des tiroirs, qui était xi=xjx_i = x_j.

  • Cas 2 : ai>aja_i > a_j

    De la même manière, puisque ai>aja_i > a_j, on peut prendre la plus longue sous-séquence décroissante se terminant par aia_i (de longueur yiy_i) et y ajouter aja_j pour former une nouvelle sous-séquence décroissante se terminant par aja_j. Sa longueur est au moins yi+1y_i + 1.

    Cela implique que yjyi+1y_j \ge y_i + 1. Mais cela contredit notre conclusion yi=yjy_i = y_j.

Dans tous les cas, nous arrivons à une contradiction. L'hypothèse initiale (l'absence de sous-séquence monotone de longueur n+1n+1) doit donc être fausse.

Fournir une preuve bijective de l'identité P(E)=2n|P(E)| = 2^n pour un ensemble EE de cardinal nn.

Solution

Selon le principe de bijection, pour prouver que P(E)=2n|P(E)| = 2^n, il suffit de construire une bijection entre P(E)P(E) (l'ensemble des parties de EE) et un ensemble dont le cardinal est connu pour être 2n2^n.

L'ensemble que nous utiliserons est {0,1}E\{0,1\}^E, l'ensemble de toutes les fonctions de EE dans l'ensemble {0,1}\{0,1\}. Par le principe de multiplication, le cardinal de cet ensemble est {0,1}E=2n|\{0,1\}|^{|E|} = 2^n.

Construction de la bijection :

Soit ϕ:P(E){0,1}E\phi: P(E) \to \{0,1\}^E l'application qui, à chaque sous-ensemble AEA \subseteq E, associe sa fonction caractéristique χA:E{0,1}\chi_A: E \to \{0,1\}.

La fonction caractéristique χA\chi_A est définie par :

χA(x)={1si xA0si xA\chi_A(x) = \begin{cases} 1 & \text{si } x \in A \\ 0 & \text{si } x \notin A \end{cases}

Cette fonction "indique" si un élément de EE appartient ou non au sous-ensemble AA.

Preuve que ϕ\phi est une bijection :

Pour montrer que ϕ\phi est une bijection, nous montrons qu'elle est injective et surjective.

  1. Injectivité : Soient AA et BB deux sous-ensembles de EE tels que ϕ(A)=ϕ(B)\phi(A) = \phi(B). Cela signifie que leurs fonctions caractéristiques sont égales, i.e., χA=χB\chi_A = \chi_B. Par définition, cela veut dire que pour tout xEx \in E, χA(x)=χB(x)\chi_A(x) = \chi_B(x).

    • Si χA(x)=1\chi_A(x) = 1, alors xAx \in A. Comme χB(x)=1\chi_B(x) = 1 aussi, on a xBx \in B.
    • Si χA(x)=0\chi_A(x) = 0, alors xAx \notin A. Comme χB(x)=0\chi_B(x) = 0 aussi, on a xBx \notin B.

    Un élément est donc dans AA si et seulement s'il est dans BB. Cela signifie que A=BA=B. L'application ϕ\phi est donc injective.

  2. Surjectivité : Soit ff une fonction quelconque dans {0,1}E\{0,1\}^E. Nous devons trouver un sous-ensemble AP(E)A \in P(E) tel que ϕ(A)=f\phi(A) = f.

    Considérons l'ensemble Af={xEf(x)=1}A_f = \{x \in E \mid f(x) = 1\}. C'est bien un sous-ensemble de EE.

    La fonction caractéristique de AfA_f, notée χAf\chi_{A_f}, est par définition :

    • χAf(x)=1\chi_{A_f}(x) = 1 si xAfx \in A_f, ce qui par construction de AfA_f signifie f(x)=1f(x)=1.
    • χAf(x)=0\chi_{A_f}(x) = 0 si xAfx \notin A_f, ce qui par construction de AfA_f signifie f(x)=0f(x)=0.

    Donc, χAf(x)=f(x)\chi_{A_f}(x) = f(x) pour tout xEx \in E, ce qui signifie que χAf=f\chi_{A_f} = f.

    Nous avons trouvé un antécédent pour ff, donc ϕ\phi est surjective.

Puisque ϕ\phi est à la fois injective et surjective, c'est une bijection. Par le principe de bijection, on a :

P(E)={0,1}E=2n|P(E)| = |\{0,1\}^E| = 2^n

Énoncer la formule du principe d'inclusion-exclusion (formule de Poincaré) pour nn ensembles et expliquer l'intuition derrière l'alternance des signes.

Solution

Formule de Poincaré (Principe d'inclusion-exclusion généralisé)

Soient E1,E2,,EnE_1, E_2, \dots, E_n des ensembles finis. Le cardinal de leur union est donné par :

i=1nEi=I[n](1)I1iIEi\left| \bigcup_{i=1}^n E_i \right| = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq [n]} (-1)^{|I|-1} \left| \bigcap_{i \in I} E_i \right|

[n]={1,2,,n}[n] = \{1, 2, \dots, n\}.

En l'écrivant de manière plus explicite :

i=1nEi=iEii<jEiEj+i<j<kEiEjEk+(1)n1E1En\left| \bigcup_{i=1}^n E_i \right| = \sum_{i} |E_i| - \sum_{i<j} |E_i \cap E_j| + \sum_{i<j<k} |E_i \cap E_j \cap E_k| - \dots + (-1)^{n-1} |E_1 \cap \dots \cap E_n|

Intuition derrière l'alternance des signes

L'objectif est de s'assurer que chaque élément de l'union est compté exactement une fois.

Considérons un élément xx qui appartient à exactement kk des ensembles EiE_i (avec 1kn1 \le k \le n). Voyons combien de fois il est compté dans la formule :

  1. Terme Ei\sum |E_i| : xx est compté dans Ei|E_i| pour chacun des kk ensembles auxquels il appartient. Il est donc compté (k1)\binom{k}{1} fois. (Sur-comptage)
  2. Terme EiEj-\sum |E_i \cap E_j| : xx est dans l'intersection de n'importe quelle paire de ces kk ensembles. Il y a (k2)\binom{k}{2} telles paires. Il est donc soustrait (k2)\binom{k}{2} fois.
  3. Terme +EiEjEk+\sum |E_i \cap E_j \cap E_k| : De même, il est ajouté (k3)\binom{k}{3} fois.
  4. Et ainsi de suite...

Le nombre total de fois où xx est compté est :

Nombre de comptages de x=(k1)(k2)+(k3)+(1)k1(kk)\text{Nombre de comptages de } x = \binom{k}{1} - \binom{k}{2} + \binom{k}{3} - \dots + (-1)^{k-1} \binom{k}{k}

Nous connaissons l'identité du binôme de Newton :

(a+b)k=j=0k(kj)akjbj(a+b)^k = \sum_{j=0}^k \binom{k}{j} a^{k-j} b^j

En posant a=1a=1 et b=1b=-1, on obtient :

(11)k=(k0)(k1)+(k2)+(1)k(kk)(1-1)^k = \binom{k}{0} - \binom{k}{1} + \binom{k}{2} - \dots + (-1)^k \binom{k}{k}

0=1((k1)(k2)+(k3)+(1)k1(kk))0 = 1 - \left( \binom{k}{1} - \binom{k}{2} + \binom{k}{3} - \dots + (-1)^{k-1} \binom{k}{k} \right)

Donc, la somme entre parenthèses vaut exactement 1.

(k1)(k2)++(1)k1(kk)=1\binom{k}{1} - \binom{k}{2} + \dots + (-1)^{k-1} \binom{k}{k} = 1

Chaque élément de l'union est donc compté précisément une fois, ce qui prouve la validité de la formule. L'alternance des signes est le mécanisme qui corrige successivement les sur-comptages et sous-comptages à chaque étape.

Qu'est-ce que l'Hypothèse du Continu (HC) et quel est son statut dans le cadre de la théorie des ensembles ZFC ?

Solution

Définition de l'Hypothèse du Continu (HC)

L'Hypothèse du Continu est une conjecture en théorie des ensembles, formulée par Georg Cantor, qui concerne la taille des ensembles infinis. Elle s'énonce comme suit :

Il n'existe aucun ensemble dont le cardinal est strictement compris entre le cardinal de l'ensemble des entiers naturels (N\mathbb{N}) et le cardinal de l'ensemble des nombres réels (R\mathbb{R}).

En utilisant la notation des cardinaux transfinis :

  • Le cardinal de N\mathbb{N} est noté 0\aleph_0 (aleph-zéro), le plus petit cardinal infini.
  • Le cardinal de R\mathbb{R} est noté c\mathfrak{c} (la puissance du continu). On peut montrer que c=P(N)=20\mathfrak{c} = |P(\mathbb{N})| = 2^{\aleph_0}.

L'Hypothèse du Continu affirme donc qu'il n'existe pas d'ensemble SS tel que 0<S<c\aleph_0 < |S| < \mathfrak{c}.

Statut dans la théorie des ensembles ZFC

Le statut de l'Hypothèse du Continu au sein du système axiomatique standard de la théorie des ensembles, Zermelo-Fraenkel avec l'axiome du choix (ZFC), est qu'elle est indécidable.

Cela signifie que :

  1. On ne peut pas prouver que l'Hypothèse du Continu est vraie à partir des axiomes de ZFC.
  2. On ne peut pas réfuter l'Hypothèse du Continu (prouver qu'elle est fausse) à partir des axiomes de ZFC.

Ce résultat a été établi en deux étapes majeures :

  • Kurt Gödel (1940) a montré que l'Hypothèse du Continu est consistante avec ZFC. Il a prouvé que si ZFC est exempt de contradiction, alors ZFC + HC l'est aussi. On ne peut donc pas réfuter HC dans ZFC.
  • Paul Cohen (1963) a montré que la négation de l'Hypothèse du Continu est également consistante avec ZFC. Il a prouvé que si ZFC est exempt de contradiction, alors ZFC + ¬\negHC l'est aussi. On ne peut donc pas prouver HC dans ZFC.

En résumé, l'Hypothèse du Continu est indépendante des axiomes de ZFC. On peut choisir de l'accepter comme un nouvel axiome ou d'accepter sa négation, donnant lieu à des "univers mathématiques" différents, tous deux compatibles avec ZFC.

Fournir une preuve bijective pour dénombrer le nombre de chemins sur un quadrillage allant de (0,0)(0,0) à (m,n)(m,n) en n'utilisant que des pas vers la droite (R) et vers le haut (U).

Solution

Soit CC l'ensemble des chemins sur un quadrillage allant de (0,0)(0,0) à (m,n)(m,n) avec des pas unitaires vers la droite (R) ou vers le haut (U).

Analyse du problème :

  • Pour aller de l'abscisse 0 à l'abscisse mm, un chemin doit effectuer exactement mm pas vers la droite (R).
  • Pour aller de l'ordonnée 0 à l'ordonnée nn, un chemin doit effectuer exactement nn pas vers le haut (U).
  • Par conséquent, tout chemin de (0,0)(0,0) à (m,n)(m,n) est une séquence de longueur totale m+nm+n, composée de exactement mm pas 'R' et nn pas 'U'.

Exemple : Pour aller à (2,1)(2,1), un chemin possible est RRU, un autre est RUR.

Construction de la bijection :

Le problème se ramène à compter le nombre de ces séquences. Nous pouvons établir une bijection entre l'ensemble des chemins CC et un ensemble plus facile à dénombrer.

Soit S={1,2,,m+n}S = \{1, 2, \dots, m+n\} l'ensemble des positions dans la séquence de pas.

Un chemin est entièrement déterminé par le choix des positions où l'on place les mm pas 'R' (les positions restantes seront obligatoirement occupées par les pas 'U').

Soit Pm(S)P_m(S) l'ensemble de tous les sous-ensembles de SS de cardinal mm. On sait que Pm(S)=(m+nm)|P_m(S)| = \binom{m+n}{m}.

On définit une application ϕ:CPm(S)\phi: C \to P_m(S) de la manière suivante :

Pour un chemin cCc \in C, ϕ(c)\phi(c) est l'ensemble des indices (positions) dans la séquence où un pas 'R' est effectué.

Exemple : Pour un chemin de (0,0)(0,0) à (3,2)(3,2), la séquence RURRU correspond au sous-ensemble {1,3,4}\{1, 3, 4\} de {1,2,3,4,5}\{1,2,3,4,5\}.

Preuve que ϕ\phi est une bijection :

  • Injectivité : Si deux chemins c1c_1 et c2c_2 sont différents, leurs séquences de pas sont différentes. Cela signifie qu'il existe au moins une position ii où l'un a un 'R' et l'autre un 'U'. Par conséquent, l'ensemble des positions des 'R' sera différent pour c1c_1 et c2c_2, donc ϕ(c1)ϕ(c2)\phi(c_1) \neq \phi(c_2).
  • Surjectivité : Soit AA un sous-ensemble quelconque de SS de cardinal mm. On peut construire un chemin unique cAc_A en plaçant des 'R' aux positions données par AA et des 'U' dans les nn positions restantes. Ce chemin cAc_A a bien mm pas 'R' et nn pas 'U', et il est clair que ϕ(cA)=A\phi(c_A) = A. Donc, tout élément de Pm(S)P_m(S) a un antécédent.

Puisque ϕ\phi est une bijection, on a C=Pm(S)|C| = |P_m(S)|.

Conclusion :

Le nombre de chemins est :

C=(m+nm)|C| = \binom{m+n}{m}

Par la symétrie des coefficients binomiaux, ce nombre est aussi égal à (m+nn)\binom{m+n}{n}, ce qui correspondrait à choisir les positions des nn pas 'U'.

Démontrer que l'ensemble Q\mathbb{Q} des nombres rationnels est dénombrable.

Solution

Un ensemble est dénombrable s'il est équipotent à l'ensemble des entiers naturels N\mathbb{N}. Pour prouver que Q=N|\mathbb{Q}| = |\mathbb{N}|, nous utilisons le Théorème de Cantor-Bernstein. Il suffit de montrer qu'il existe une injection de N\mathbb{N} dans Q\mathbb{Q} et une injection de Q\mathbb{Q} dans N\mathbb{N}.

1. Existence d'une injection f:NQf: \mathbb{N} \to \mathbb{Q}

Cette partie est triviale. L'application d'inclusion f(n)=n1f(n) = \frac{n}{1} est une injection de N\mathbb{N} dans Q\mathbb{Q}. Cela prouve que NQ|\mathbb{N}| \le |\mathbb{Q}|.

2. Existence d'une injection g:QNg: \mathbb{Q} \to \mathbb{N}

Cette partie est plus complexe. Nous construisons l'injection par étapes.

  • Étape 2a : Injection de Q\mathbb{Q} dans Z×N\mathbb{Z} \times \mathbb{N}^*

    Tout nombre rationnel qQq \in \mathbb{Q} peut s'écrire de manière unique comme une fraction irréductible ps\frac{p}{s} avec pZp \in \mathbb{Z}, sN={1,2,3,}s \in \mathbb{N}^* = \{1, 2, 3, \dots\} et pgcd(p,s)=1\text{pgcd}(p,s)=1.

    On définit l'application g1:QZ×Ng_1: \mathbb{Q} \to \mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* par g1(q)=(p,s)g_1(q) = (p,s). Cette application est injective par l'unicité de la représentation en fraction irréductible.

  • Étape 2b : Injection de Z×N\mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* dans N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N}

    On définit une bijection hZ:ZNh_{\mathbb{Z}}: \mathbb{Z} \to \mathbb{N} par :

    hZ(z)={2zsi z02z1si z<0h_{\mathbb{Z}}(z) = \begin{cases} 2z & \text{si } z \ge 0 \\ -2z-1 & \text{si } z < 0 \end{cases}

    L'application identité sur N\mathbb{N}^* est une injection de N\mathbb{N}^* dans N\mathbb{N}.

    On peut donc construire une injection g2:Z×NN×Ng_2: \mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* \to \mathbb{N} \times \mathbb{N} en appliquant hZh_{\mathbb{Z}} à la première composante et l'identité à la seconde.

  • Étape 2c : Injection de N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} dans N\mathbb{N}

    Il existe plusieurs bijections (et donc injections) entre N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} et N\mathbb{N}. Une des plus connues est la fonction de couplage de Cantor :

    g3(a,b)=12(a+b)(a+b+1)+bg_3(a,b) = \frac{1}{2}(a+b)(a+b+1) + b

    Cette fonction est une bijection, donc elle est injective.

  • Conclusion de l'étape 2 :

    L'application g=g3g2g1g = g_3 \circ g_2 \circ g_1 est une injection de Q\mathbb{Q} dans N\mathbb{N}, car c'est une composition d'injections. Cela prouve que QN|\mathbb{Q}| \le |\mathbb{N}|.

3. Conclusion finale

Nous avons montré que NQ|\mathbb{N}| \le |\mathbb{Q}| et QN|\mathbb{Q}| \le |\mathbb{N}|. Par le Théorème de Cantor-Bernstein, nous pouvons conclure que Q=N|\mathbb{Q}| = |\mathbb{N}|. L'ensemble Q\mathbb{Q} est donc dénombrable.

Démontrer le principe des tiroirs généralisé : Si mm objets sont rangés dans nn tiroirs (n1n \ge 1), alors au moins un tiroir contient au moins m/n\lceil m/n \rceil objets.

Solution

La démonstration se fait par l'absurde.

Hypothèses :

  • Soit EE l'ensemble des objets, avec E=m|E|=m.
  • Soit F={t1,t2,,tn}F = \{t_1, t_2, \dots, t_n\} l'ensemble des tiroirs, avec F=n|F|=n.
  • Soit f:EFf: E \to F l'application qui associe chaque objet à son tiroir.
  • La taille du tiroir tit_i est le cardinal de sa préimage, f1({ti})|f^{-1}(\{t_i\})|.

Assertion à prouver :

Il existe au moins un tiroir tiFt_i \in F tel que f1({ti})m/n|f^{-1}(\{t_i\})| \ge \lceil m/n \rceil.

Preuve par l'absurde :

Supposons que l'assertion est fausse. Cela signifie que tous les tiroirs contiennent strictement moins de m/n\lceil m/n \rceil objets.

Pour tout i{1,,n}i \in \{1, \dots, n\}, on a :

f1({ti})<m/n|f^{-1}(\{t_i\})| < \lceil m/n \rceil

Puisque le nombre d'objets f1({ti})|f^{-1}(\{t_i\})| est un entier, cette inégalité stricte est équivalente à :

f1({ti})m/n1|f^{-1}(\{t_i\})| \le \lceil m/n \rceil - 1

La famille des préimages {f1({ti})}i=1n\{f^{-1}(\{t_i\})\}_{i=1}^n forme une partition de l'ensemble EE. Par le principe d'addition, le nombre total d'objets est la somme du nombre d'objets dans chaque tiroir :

E=m=i=1nf1({ti})|E| = m = \sum_{i=1}^n |f^{-1}(\{t_i\})|

En utilisant notre supposition, nous pouvons majorer cette somme :

m=i=1nf1({ti})i=1n(m/n1)=n(m/n1)m = \sum_{i=1}^n |f^{-1}(\{t_i\})| \le \sum_{i=1}^n \left( \lceil m/n \rceil - 1 \right) = n \left( \lceil m/n \rceil - 1 \right)

Rappelons la propriété de la fonction plafond : pour tout réel xx, on a xx<x+1x \le \lceil x \rceil < x+1.

En appliquant la deuxième partie de cette inégalité avec x=m/nx=m/n, on a m/n<m/n+1\lceil m/n \rceil < m/n + 1.

Substituons cela dans notre majoration de mm :

mn(m/n1)<n((m/n+1)1)=n(m/n)=mm \le n \left( \lceil m/n \rceil - 1 \right) < n \left( (m/n + 1) - 1 \right) = n (m/n) = m

Nous obtenons ainsi l'inégalité stricte m<mm < m, ce qui est une contradiction.

L'hypothèse de départ doit donc être fausse. Par conséquent, il existe au moins un tiroir tit_i tel que f1({ti})m/n|f^{-1}(\{t_i\})| \ge \lceil m/n \rceil.