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Principes de dénombrement - preuves (A)

Propriété fondamentale des ensembles finis

Prouver que si EE est un ensemble fini, FF est un sous-ensemble de EE (FEF \subseteq E) et F=E|F|=|E|, alors F=EF=E.

Indice

Raisonnez par l'absurde. Supposez que FEF \ne E et montrez que cela conduit à une contradiction avec l'hypothèse F=E|F|=|E|. Si FF est un sous-ensemble strict de EE, que pouvez-vous dire de l'ensemble EFE \setminus F ?

Solution

Soient EE un ensemble fini et FF un sous-ensemble de EE tel que F=E=n|F|=|E|=n.

Étape 1 : Hypothèse par l'absurde

Supposons, pour arriver à une contradiction, que FEF \ne E. Puisque FEF \subseteq E, cela signifie que FF est un sous-ensemble strict de EE. Il existe donc au moins un élément dans EE qui n'est pas dans FF.

Étape 2 : Utiliser le principe d'addition

L'ensemble EE peut être partitionné en deux sous-ensembles disjoints : FF et son complémentaire dans EE, noté EFE \setminus F.

On peut donc écrire E=F(EF)E = F \cup (E \setminus F), avec F(EF)=F \cap (E \setminus F) = \emptyset.

D'après le principe d'addition pour les ensembles disjoints, le cardinal de EE est la somme des cardinaux de ces deux parties :

E=F+EF|E| = |F| + |E \setminus F|.

Étape 3 : Arriver à la contradiction

Nous savons par hypothèse que E=F|E|=|F|. En substituant dans l'équation précédente, nous obtenons :

F=F+EF|F| = |F| + |E \setminus F|.

Cela implique que EF=0|E \setminus F| = 0.

Le seul ensemble ayant un cardinal de 0 est l'ensemble vide. Donc, EF=E \setminus F = \emptyset.

Cela signifie qu'il n'y a aucun élément dans EE qui ne soit pas dans FF. Autrement dit, tout élément de EE est aussi un élément de FF. Combiné avec l'hypothèse FEF \subseteq E, cela nous mène à la conclusion que F=EF=E.

Conclusion

Notre supposition initiale que FEF \ne E conduit à la conclusion que F=EF=E, ce qui est une contradiction. Par conséquent, l'hypothèse de départ doit être vraie : si FEF \subseteq E et F=E|F|=|E|, alors F=EF=E.

Symétrie des coefficients binomiaux

Prouver par un argument bijectif que (nk)=(nnk)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k} pour des entiers n,kn, k tels que 0kn0 \le k \le n.

Indice

Rappelez-vous que (nk)\binom{n}{k} représente le nombre de façons de choisir un sous-ensemble de kk éléments parmi un ensemble de nn éléments. Utilisez le principe de bijection : trouvez deux ensembles, l'un de cardinal (nk)\binom{n}{k} et l'autre de cardinal (nnk)\binom{n}{n-k}, et construisez une bijection entre eux. Pensez à l'opération de passage au complémentaire.

Solution

Soit EE un ensemble fini de cardinal nn. Par définition, (nk)\binom{n}{k} est le cardinal de l'ensemble Pk(E)P_k(E) de tous les sous-ensembles de EE ayant kk éléments. De même, (nnk)\binom{n}{n-k} est le cardinal de l'ensemble Pnk(E)P_{n-k}(E) de tous les sous-ensembles de EE ayant nkn-k éléments.

Pour prouver l'égalité, nous allons construire une bijection entre Pk(E)P_k(E) et Pnk(E)P_{n-k}(E).

Étape 1 : Définir l'application

Considérons l'application ϕ:Pk(E)Pnk(E)\phi: P_k(E) \to P_{n-k}(E) qui, à chaque sous-ensemble APk(E)A \in P_k(E), associe son complémentaire dans EE, noté Aˉ=EA\bar{A} = E \setminus A.

Étape 2 : Vérifier que l'application est bien définie

Si APk(E)A \in P_k(E), alors par définition, A=k|A|=k. Le cardinal de son complémentaire Aˉ\bar{A} est donné par Aˉ=EA=nk|\bar{A}| = |E| - |A| = n - k.

Donc, Aˉ\bar{A} est un sous-ensemble de EE avec nkn-k éléments, ce qui signifie que AˉPnk(E)\bar{A} \in P_{n-k}(E). L'application ϕ\phi est donc bien définie.

Étape 3 : Prouver que l'application est une bijection

Pour prouver que ϕ\phi est une bijection, nous allons montrer qu'elle possède une application réciproque.

Soit l'application ψ:Pnk(E)Pk(E)\psi: P_{n-k}(E) \to P_k(E) qui, à un ensemble BPnk(E)B \in P_{n-k}(E), associe son complémentaire Bˉ=EB\bar{B} = E \setminus B.

Calculons la composition ψϕ\psi \circ \phi. Pour tout APk(E)A \in P_k(E) :

ψ(ϕ(A))=ψ(Aˉ)=Aˉ=A\psi(\phi(A)) = \psi(\bar{A}) = \overline{\bar{A}} = A.

Donc, ψϕ\psi \circ \phi est l'application identité sur Pk(E)P_k(E).

Calculons la composition ϕψ\phi \circ \psi. Pour tout BPnk(E)B \in P_{n-k}(E) :

ϕ(ψ(B))=ϕ(Bˉ)=Bˉ=B\phi(\psi(B)) = \phi(\bar{B}) = \overline{\bar{B}} = B.

Donc, ϕψ\phi \circ \psi est l'application identité sur Pnk(E)P_{n-k}(E).

Puisque ϕ\phi a une application réciproque (ψ=ϕ1\psi = \phi^{-1}), ϕ\phi est une bijection.

Conclusion

Nous avons établi une bijection entre l'ensemble Pk(E)P_k(E) (de cardinal (nk)\binom{n}{k}) et l'ensemble Pnk(E)P_{n-k}(E) (de cardinal (nnk)\binom{n}{n-k}). D'après le principe de bijection, ces deux ensembles doivent avoir le même cardinal.

Par conséquent, (nk)=(nnk)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k}.

Principe d'addition pour deux ensembles

Prouver que pour deux ensembles finis AA et BB, on a AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|.

Indice

Pour éviter de compter les éléments en double, décomposez l'union ABA \cup B en une union de trois ensembles disjoints. Exprimez ensuite le cardinal de chaque ensemble (AA et BB) en fonction de ces parties disjointes.

Solution

Étape 1 : Partition de l'union

L'union ABA \cup B peut être vue comme la réunion de trois ensembles qui sont deux à deux disjoints :

  1. Les éléments qui sont dans AA mais pas dans BB : ABA \setminus B
  2. Les éléments qui sont dans BB mais pas dans AA : BAB \setminus A
  3. Les éléments qui sont à la fois dans AA et dans BB : ABA \cap B

On a donc AB=(AB)(BA)(AB)A \cup B = (A \setminus B) \cup (B \setminus A) \cup (A \cap B).

Comme ces trois ensembles sont disjoints, le principe d'addition pour ensembles disjoints nous donne :

AB=AB+BA+AB|A \cup B| = |A \setminus B| + |B \setminus A| + |A \cap B|. (Équation 1)

Étape 2 : Expression des cardinaux de A et B

L'ensemble AA peut être partitionné en ABA \setminus B et ABA \cap B. Donc :

A=AB+AB|A| = |A \setminus B| + |A \cap B|, ce qui implique AB=AAB|A \setminus B| = |A| - |A \cap B|. (Équation 2)

De même, l'ensemble BB peut être partitionné en BAB \setminus A et ABA \cap B. Donc :

B=BA+AB|B| = |B \setminus A| + |A \cap B|, ce qui implique BA=BAB|B \setminus A| = |B| - |A \cap B|. (Équation 3)

Étape 3 : Substitution et simplification

Substituons les expressions pour AB|A \setminus B| (Équation 2) et BA|B \setminus A| (Équation 3) dans l'Équation 1 :

AB=(AAB)+(BAB)+AB|A \cup B| = (|A| - |A \cap B|) + (|B| - |A \cap B|) + |A \cap B|.

En simplifiant l'expression, on obtient :

AB=A+BABAB+AB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B| - |A \cap B| + |A \cap B|

AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|.

Conclusion

Nous avons prouvé la formule du principe d'addition (ou formule du crible de Poincaré pour deux ensembles) en décomposant les ensembles en parties disjointes et en utilisant le principe d'addition de base.

Cardinal du produit cartésien

En utilisant le principe des bergers, prouver que pour deux ensembles finis EE et FF, le cardinal de leur produit cartésien est E×F=EF|E \times F| = |E| \cdot |F|.

Indice

Pour appliquer le principe des bergers, vous avez besoin d'une application ff d'un ensemble de départ (celui que vous voulez compter, ici E×FE \times F) vers un ensemble d'arrivée (dont vous connaissez le cardinal). Considérez la projection sur l'un des deux ensembles, par exemple FF. Montrez ensuite que chaque élément de l'ensemble d'arrivée a le même nombre d'antécédents.

Solution

Soient EE et FF deux ensembles finis, avec E=n|E|=n et F=m|F|=m. Nous voulons calculer E×F|E \times F|.

Étape 1 : Définir les ensembles et l'application

  • L'ensemble que nous voulons dénombrer est l'ensemble de départ : E×FE \times F.
  • Choisissons comme ensemble d'arrivée l'ensemble FF, dont le cardinal est connu : F=m|F|=m.
  • Définissons une application f:E×FFf: E \times F \to F par la projection sur la deuxième coordonnée : f((x,y))=yf((x, y)) = y pour tout couple (x,y)E×F(x, y) \in E \times F.

Étape 2 : Appliquer le principe des bergers

Le principe des bergers stipule que si, pour tout élément y0y_0 de l'ensemble d'arrivée FF, le nombre d'antécédents f1({y0})|f^{-1}(\{y_0\})| est une constante pp, alors E×F=pF|E \times F| = p \cdot |F|.

Étape 3 : Calculer le nombre d'antécédents

Fixons un élément quelconque y0Fy_0 \in F. Nous devons déterminer le cardinal de sa préimage, f1({y0})f^{-1}(\{y_0\}).

La préimage de y0y_0 est l'ensemble de tous les couples (x,y)E×F(x, y) \in E \times F tels que f((x,y))=y0f((x, y)) = y_0.

Par définition de ff, cela signifie que y=y0y=y_0.

Donc, f1({y0})={(x,y0)xE}f^{-1}(\{y_0\}) = \{(x, y_0) \mid x \in E\}.

Les éléments de cet ensemble sont des couples où la deuxième coordonnée est fixée à y0y_0, et la première coordonnée xx peut être n'importe quel élément de EE. Le nombre de choix pour xx est donc E=n|E|=n.

Par conséquent, pour tout y0Fy_0 \in F, le cardinal de sa préimage est constant et vaut nn.

f1({y0})=E=n|f^{-1}(\{y_0\})| = |E| = n.

Nous avons donc p=np=n.

Conclusion

Les conditions du principe des bergers sont satisfaites avec p=Ep = |E|. Nous pouvons donc conclure que :

E×F=pF=EF|E \times F| = p \cdot |F| = |E| \cdot |F|.

Nombre de sous-ensembles d'un ensemble fini

Prouver que le nombre de sous-ensembles d'un ensemble EE de cardinal nn, noté P(E)|P(E)|, est égal à 2n2^n.

Indice

Utilisez le principe de multiplication. Pour construire un sous-ensemble de EE, vous devez prendre une décision pour chacun des nn éléments de EE. Quelle est cette décision et combien de choix implique-t-elle pour chaque élément ?

Solution

Soit E={e1,e2,,en}E = \{e_1, e_2, \dots, e_n\} un ensemble de cardinal nn. Nous voulons déterminer le cardinal de son ensemble des parties, P(E)P(E).

Étape 1 : Modéliser la construction d'un sous-ensemble

Construire un sous-ensemble AEA \subseteq E revient à effectuer une séquence de nn choix indépendants. Pour chaque élément eiEe_i \in E (avec ii allant de 1 à nn), nous devons décider si cet élément appartient ou n'appartient pas au sous-ensemble AA.

  • Pour l'élément e1e_1, il y a 2 possibilités : soit e1Ae_1 \in A, soit e1Ae_1 \notin A.
  • Pour l'élément e2e_2, il y a 2 possibilités : soit e2Ae_2 \in A, soit e2Ae_2 \notin A.
  • ...
  • Pour l'élément ene_n, il y a 2 possibilités : soit enAe_n \in A, soit enAe_n \notin A.

Chaque séquence de nn décisions de ce type définit un unique sous-ensemble de EE.

Étape 2 : Appliquer le principe de multiplication

Le nombre total de façons de faire cette séquence de choix est le produit du nombre de possibilités à chaque étape.

Il y a nn étapes, et à chaque étape il y a 2 possibilités.

Le nombre total de sous-ensembles est donc :

2×2××2n fois=2n\underbrace{2 \times 2 \times \cdots \times 2}_{n \text{ fois}} = 2^n.

Conclusion

Le nombre total de sous-ensembles possibles d'un ensemble à nn éléments est 2n2^n. Par conséquent, P(E)=2n|P(E)| = 2^n.

Principe des tiroirs : application à la divisibilité

Prouver que pour tout entier n1n \ge 1, si l'on choisit n+1n+1 nombres distincts dans l'ensemble 2n={1,2,,2n}\llbracket 2n \rrbracket = \{1, 2, \dots, 2n\}, alors il en existe au moins deux, aa et bb, tels que aa divise bb.

Indice

Définissez les "objets" comme les n+1n+1 nombres choisis. Pour définir les "tiroirs", décomposez chaque nombre xx de manière unique en x=2kvx = 2^k \cdot v, où vv est un nombre impair. Considérez la partie impaire vv de chaque nombre. Combien de "tiroirs" (parties impaires possibles) y a-t-il ?

Solution

Soit A2nA \subseteq \llbracket 2n \rrbracket un ensemble de n+1n+1 nombres.

Étape 1 : Définir les objets, les tiroirs et l'application

  • Les objets sont les n+1n+1 nombres de l'ensemble AA. Nous avons A=n+1|A|=n+1.
  • Les tiroirs : Tout entier x>0x > 0 peut s'écrire de manière unique sous la forme x=2kvx = 2^k \cdot v, où k0k \ge 0 est un entier et vv est un entier impair. Pour un nombre x2nx \in \llbracket 2n \rrbracket, sa partie impaire vv doit être un nombre impair compris entre 1 et 2n12n-1. Les nombres impairs possibles dans 2n\llbracket 2n \rrbracket sont {1,3,5,,2n1}\{1, 3, 5, \dots, 2n-1\}. Il y a exactement nn tels nombres. Nous définissons donc nos tiroirs comme cet ensemble de nn parties impaires.
  • L'application f:A{1,3,,2n1}f: A \to \{1, 3, \dots, 2n-1\} est la fonction qui associe à chaque nombre xAx \in A sa partie impaire vv.

Étape 2 : Appliquer le principe des tiroirs

Nous avons n+1n+1 objets (les nombres dans AA) à ranger dans nn tiroirs (les parties impaires possibles).

Comme le nombre d'objets est strictement supérieur au nombre de tiroirs (n+1>nn+1 > n), le principe des tiroirs de Dirichlet garantit qu'il existe au moins un tiroir contenant au moins deux objets.

Cela signifie qu'il existe au moins deux nombres distincts dans AA, disons aa et bb, qui ont la même partie impaire.

Étape 3 : Montrer la divisibilité

Soient a,bAa, b \in A avec aba \ne b, tels que f(a)=f(b)=vf(a) = f(b) = v pour un certain vv impair.

On peut écrire aa et bb sous la forme :

a=2k1va = 2^{k_1} \cdot v

b=2k2vb = 2^{k_2} \cdot v

pour des entiers k1,k20k_1, k_2 \ge 0.

Puisque aba \ne b, on doit avoir k1k2k_1 \ne k_2.

Supposons, sans perte de généralité, que k1<k2k_1 < k_2.

Alors on peut écrire bb en fonction de aa :

b=2k2v=2k2k1(2k1v)=2k2k1ab = 2^{k_2} \cdot v = 2^{k_2 - k_1} \cdot (2^{k_1} \cdot v) = 2^{k_2 - k_1} \cdot a.

Comme k1<k2k_1 < k_2, l'exposant k2k1k_2-k_1 est un entier strictement positif. L'entier 2k2k12^{k_2-k_1} est donc un entier supérieur ou égal à 2.

L'équation b=(entier)ab = (\text{entier}) \cdot a montre que aa divise bb.

Conclusion

Par le principe des tiroirs, nous avons montré que dans tout sous-ensemble de n+1n+1 éléments de 2n\llbracket 2n \rrbracket, il existe nécessairement deux éléments distincts aa et bb tels que l'un divise l'autre.

Principe des tiroirs : application à l'arithmétique modulaire

Prouver que parmi n+1n+1 entiers quelconques, il en existe toujours deux dont la différence est un multiple de nn.

Indice

La différence de deux nombres, aba-b, est un multiple de nn si et seulement si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn. Quels sont les restes possibles ? Utilisez ces restes comme "tiroirs".

Solution

Soit A={a1,a2,,an+1}A = \{a_1, a_2, \dots, a_{n+1}\} un ensemble de n+1n+1 entiers.

Étape 1 : Définir les objets, les tiroirs et l'application

  • Les objets sont les n+1n+1 entiers de l'ensemble AA.
  • Les tiroirs : Lorsqu'on effectue la division euclidienne d'un entier par nn, le reste est toujours un entier compris entre 0 et n1n-1. Il y a donc nn restes possibles : {0,1,2,,n1}\{0, 1, 2, \dots, n-1\}. Ces restes seront nos tiroirs.
  • L'application f:A{0,1,,n1}f: A \to \{0, 1, \dots, n-1\} est la fonction qui associe à chaque entier aiAa_i \in A son reste dans la division par nn, c'est-à-dire ai(modn)a_i \pmod n.

Étape 2 : Appliquer le principe des tiroirs

Nous avons n+1n+1 objets (les entiers) et nn tiroirs (les restes possibles).

Puisque le nombre d'objets est strictement supérieur au nombre de tiroirs (n+1>nn+1 > n), le principe des tiroirs garantit qu'au moins un tiroir contient au moins deux objets.

Cela signifie qu'il existe au moins deux entiers distincts dans AA, disons aia_i et aja_j (avec iji \ne j), qui ont le même reste dans la division par nn.

f(ai)=f(aj)    aiaj(modn)f(a_i) = f(a_j) \implies a_i \equiv a_j \pmod n.

Étape 3 : Conclure sur la différence

Par définition de la congruence modulo nn, aiaj(modn)a_i \equiv a_j \pmod n signifie que la différence aiaja_i - a_j est un multiple de nn.

Conclusion

En utilisant les restes de la division par nn comme tiroirs, le principe des tiroirs nous assure que parmi n+1n+1 entiers, il y en a forcément deux qui ont le même reste. Leur différence est par conséquent un multiple de nn.

Dénombrabilité de l'ensemble des entiers relatifs Z\mathbb{Z}

Prouver que l'ensemble des entiers relatifs Z={,2,1,0,1,2,}\mathbb{Z} = \{\dots, -2, -1, 0, 1, 2, \dots\} est dénombrable.

Indice

Pour prouver qu'un ensemble est dénombrable, il faut construire une bijection entre cet ensemble et l'ensemble des entiers naturels N={0,1,2,}\mathbb{N} = \{0, 1, 2, \dots\}. Essayez d'énumérer les éléments de Z\mathbb{Z} en alternant entre les nombres positifs et négatifs pour n'en oublier aucun.

Solution

Pour prouver que Z\mathbb{Z} est dénombrable, nous devons trouver une bijection f:NZf: \mathbb{N} \to \mathbb{Z}.

Étape 1 : Construire l'application

Nous pouvons lister les éléments de Z\mathbb{Z} de la manière suivante : 0,1,1,2,2,3,3,0, 1, -1, 2, -2, 3, -3, \dots. Cette liste semble couvrir tous les entiers relatifs sans répétition. Formalisons cela avec une application.

Nous pouvons associer les entiers naturels pairs aux entiers positifs ou nuls, et les entiers naturels impairs aux entiers négatifs.

Définissons f:NZf: \mathbb{N} \to \mathbb{Z} par :

f(n)={n/2si n est pair(n+1)/2si n est impairf(n) = \begin{cases} n/2 & \text{si } n \text{ est pair} \\ -(n+1)/2 & \text{si } n \text{ est impair} \end{cases}

Vérifions les premières valeurs :

  • f(0)=0/2=0f(0) = 0/2 = 0
  • f(1)=(1+1)/2=1f(1) = -(1+1)/2 = -1
  • f(2)=2/2=1f(2) = 2/2 = 1
  • f(3)=(3+1)/2=2f(3) = -(3+1)/2 = -2
  • f(4)=4/2=2f(4) = 4/2 = 2

Étape 2 : Prouver que l'application est injective

Soient n1,n2Nn_1, n_2 \in \mathbb{N} tels que f(n1)=f(n2)f(n_1)=f(n_2).

  • Si f(n1)=f(n2)0f(n_1)=f(n_2) \ge 0, alors n1n_1 et n2n_2 doivent être pairs. On a n1/2=n2/2n_1/2 = n_2/2, ce qui implique n1=n2n_1=n_2.
  • Si f(n1)=f(n2)<0f(n_1)=f(n_2) < 0, alors n1n_1 et n2n_2 doivent être impairs. On a (n1+1)/2=(n2+1)/2-(n_1+1)/2 = -(n_2+1)/2, ce qui implique n1+1=n2+1n_1+1=n_2+1 et donc n1=n2n_1=n_2.
  • Un cas où f(n1)0f(n_1) \ge 0 et f(n2)<0f(n_2) < 0 ne peut pas se produire.

Dans tous les cas, f(n1)=f(n2)f(n_1)=f(n_2) implique n1=n2n_1=n_2. L'application est donc injective.

Étape 3 : Prouver que l'application est surjective

Soit kZk \in \mathbb{Z} un entier relatif quelconque. Nous devons trouver un antécédent nNn \in \mathbb{N} tel que f(n)=kf(n)=k.

  • Si k0k \ge 0, cherchons un nn pair tel que n/2=kn/2 = k. Le nombre n=2kn=2k convient. Comme k0k \ge 0, nn est bien un entier naturel pair.
  • Si k<0k < 0, cherchons un nn impair tel que (n+1)/2=k-(n+1)/2 = k. Cela donne n+1=2kn+1 = -2k, soit n=2k1n=-2k-1. Comme k<0k < 0 (donc k1k \le -1), 2k2-2k \ge 2, et donc n=2k11n = -2k-1 \ge 1. nn est bien un entier naturel. De plus, n=2k1n=-2k-1 est impair.

Chaque élément de Z\mathbb{Z} a un antécédent dans N\mathbb{N}. L'application est donc surjective.

Conclusion

L'application ff est à la fois injective et surjective, c'est donc une bijection. Puisqu'il existe une bijection entre N\mathbb{N} et Z\mathbb{Z}, l'ensemble Z\mathbb{Z} est, par définition, dénombrable.

Dénombrabilité du produit cartésien N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N}

Prouver que l'ensemble N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} des couples d'entiers naturels est dénombrable.

Indice

Trouvez une manière d'énumérer tous les couples (x,y)(x,y) sans en oublier. Une méthode consiste à les regrouper par "diagonales" où la somme x+yx+y est constante. Parcourez les diagonales pour x+y=0x+y=0, puis x+y=1x+y=1, puis x+y=2x+y=2, etc.

Solution

Pour prouver que N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} est dénombrable, nous devons construire une bijection entre N\mathbb{N} et N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N}.

Étape 1 : Stratégie d'énumération

On peut visualiser les éléments de N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} comme les points à coordonnées entières dans le premier quadrant d'un plan. Pour les énumérer, on peut les parcourir diagonale par diagonale.

  • Diagonale 0 : x+y=0    (0,0)x+y=0 \implies (0,0)
  • Diagonale 1 : x+y=1    (0,1),(1,0)x+y=1 \implies (0,1), (1,0)
  • Diagonale 2 : x+y=2    (0,2),(1,1),(2,0)x+y=2 \implies (0,2), (1,1), (2,0)
  • Diagonale kk : x+y=k    (0,k),(1,k1),,(k,0)x+y=k \implies (0,k), (1,k-1), \dots, (k,0)

Cette méthode permet de lister tous les couples de manière systématique.

Étape 2 : Construction de la bijection

Définissons une application g:N×NNg: \mathbb{N} \times \mathbb{N} \to \mathbb{N}. Pour un couple (x,y)(x,y), le nombre d'éléments dans toutes les diagonales précédant celle de (x,y)(x,y) (la diagonale k=x+yk=x+y) est la somme des longueurs des diagonales de 0 à x+y1x+y-1. La diagonale ii a i+1i+1 points.

Le nombre de points avant la diagonale de (x,y)(x,y) est i=0x+y1(i+1)=j=1x+yj=(x+y)(x+y+1)2\sum_{i=0}^{x+y-1} (i+1) = \sum_{j=1}^{x+y} j = \frac{(x+y)(x+y+1)}{2}.

Dans la diagonale x+yx+y, les points sont listés par ordre croissant de la première coordonnée : (0,x+y),(1,x+y1),,(x,y),(0, x+y), (1, x+y-1), \dots, (x,y), \dots. Le couple (x,y)(x,y) est le (x+1)(x+1)-ème élément de sa diagonale (si on commence à compter à 1), ou l'élément d'indice xx (si on commence à 0).

L'application de "dénombrement" gg est donc :

g(x,y)=(x+y)(x+y+1)2+xg(x, y) = \frac{(x+y)(x+y+1)}{2} + x.

Vérifions les premières valeurs :

  • g(0,0)=0(1)2+0=0g(0,0) = \frac{0(1)}{2} + 0 = 0
  • g(0,1)=1(2)2+0=1g(0,1) = \frac{1(2)}{2} + 0 = 1
  • g(1,0)=1(2)2+1=2g(1,0) = \frac{1(2)}{2} + 1 = 2
  • g(0,2)=2(3)2+0=3g(0,2) = \frac{2(3)}{2} + 0 = 3
  • g(1,1)=2(3)2+1=4g(1,1) = \frac{2(3)}{2} + 1 = 4
  • g(2,0)=2(3)2+2=5g(2,0) = \frac{2(3)}{2} + 2 = 5

Étape 3 : Justification de la bijectivité

Cette fonction gg est connue sous le nom de fonction de couplage de Cantor. Il est possible de démontrer formellement qu'elle est injective et surjective, mais la construction par énumération systématique sans omission ni répétition est une justification suffisante au niveau "régulier". Chaque couple (x,y)(x,y) se voit assigner un unique numéro, et chaque numéro correspond à un unique couple.

Conclusion

Puisqu'il existe une bijection entre N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} et N\mathbb{N}, l'ensemble N×N\mathbb{N} \times \mathbb{N} est dénombrable.

Théorème de Cantor

Prouver que pour tout ensemble EE (fini ou infini), il n'existe pas de surjection de EE vers son ensemble des parties P(E)P(E).

Indice

Utilisez un raisonnement par l'absurde. Supposez qu'il existe une telle surjection f:EP(E)f: E \to P(E). Construisez alors un sous-ensemble "diabolique" AEA \subseteq E défini par A={xExf(x)}A = \{x \in E \mid x \notin f(x)\}. Comme ff est surjective, cet ensemble AA doit avoir un antécédent. Analysez les contradictions qui en découlent.

Solution

Étape 1 : Hypothèse par l'absurde

Supposons, pour arriver à une contradiction, qu'il existe une application surjective f:EP(E)f: E \to P(E).

Cela signifie que pour chaque sous-ensemble de EE, il existe au moins un élément de EE qui lui est associé par ff.

Étape 2 : Construction de l'ensemble diagonal

Considérons le sous-ensemble suivant de EE, que nous nommerons AA :

A={xExf(x)}A = \{x \in E \mid x \notin f(x)\}.

Cet ensemble AA est bien un sous-ensemble de EE, donc AP(E)A \in P(E).

Étape 3 : Utiliser l'hypothèse de surjectivité

Puisque nous avons supposé que ff est surjective et que AP(E)A \in P(E), il doit exister un élément yEy \in E qui est un antécédent de AA. C'est-à-dire, il existe yEy \in E tel que f(y)=Af(y) = A.

Étape 4 : Chercher la contradiction

Maintenant, demandons-nous si cet élément yy appartient à l'ensemble AA. Il n'y a que deux possibilités, et nous allons montrer que les deux mènent à une contradiction.

  • Cas 1 : Supposons que yAy \in A.

    Par la définition de l'ensemble AA, si yAy \in A, alors yy doit satisfaire la condition yf(y)y \notin f(y).

    Mais nous savons que f(y)=Af(y) = A. Donc, la condition devient yAy \notin A.

    Ceci est une contradiction : nous avons supposé yAy \in A et nous avons déduit yAy \notin A.

  • Cas 2 : Supposons que yAy \notin A.

    Par la définition de l'ensemble AA, si yAy \notin A, cela signifie que yy ne satisfait pas la condition pour être dans AA. La condition étant xf(x)x \notin f(x), sa négation est yf(y)y \in f(y).

    Mais nous savons que f(y)=Af(y) = A. Donc, la condition devient yAy \in A.

    Ceci est aussi une contradiction : nous avons supposé yAy \notin A et nous avons déduit yAy \in A.

Conclusion

Les deux cas possibles mènent à une contradiction. Par conséquent, notre hypothèse initiale selon laquelle il existe un élément yy tel que f(y)=Af(y)=A doit être fausse.

Cela signifie que l'ensemble AA n'a pas d'antécédent par ff. L'application ff n'est donc pas surjective.

Ceci contredit notre hypothèse de départ. Il est donc impossible qu'une telle surjection existe.

Comme une bijection est un cas particulier de surjection, il n'existe pas non plus de bijection de EE vers P(E)P(E).

Équivalence entre injection et surjection pour les ensembles finis de même cardinal

Prouver que pour deux ensembles finis EE et FF de même cardinal (E=F=n|E|=|F|=n), une application f:EFf: E \to F est injective si et seulement si elle est surjective.

Indice

Il s'agit d'une preuve en deux parties : (1) injective     \implies surjective et (2) surjective     \implies injective.

Pour (1), considérez l'ensemble image f(E)f(E). Quel est son cardinal si ff est injective ? Utilisez ensuite la propriété fondamentale des ensembles finis.

Pour (2), raisonnez par l'absurde. Si ff est surjective mais pas injective, que dit le principe des tiroirs ?

Solution

Soient EE et FF deux ensembles finis tels que E=F=n|E|=|F|=n, et f:EFf: E \to F une application.

Partie 1 : Prouver que si ff est injective, alors ff est surjective.

Étape 1 : Supposons que ff est injective.

Par définition, cela signifie que pour tous x1,x2Ex_1, x_2 \in E, si x1x2x_1 \ne x_2, alors f(x1)f(x2)f(x_1) \ne f(x_2).

Autrement dit, chaque élément de EE est envoyé sur une image distincte dans FF.

Étape 2 : Considérons l'ensemble image de ff, noté f(E)={f(x)xE}f(E) = \{f(x) \mid x \in E\}.

Puisque ff est injective, les nn éléments de EE sont envoyés sur nn images distinctes. Le cardinal de l'ensemble image est donc égal au cardinal de l'ensemble de départ : f(E)=E=n|f(E)| = |E| = n.

Étape 3 : Nous avons f(E)f(E) qui est un sous-ensemble de FF (f(E)Ff(E) \subseteq F). Nous savons que f(E)=n|f(E)| = n et que F=n|F|=n.

Donc, nous avons un sous-ensemble f(E)f(E) de FF qui a le même cardinal que FF. D'après la propriété fondamentale des ensembles finis (prouvée plus haut), cela implique que f(E)=Ff(E) = F.

Étape 4 : Par définition, ff est surjective si son ensemble image est égal à son ensemble d'arrivée, c'est-à-dire si f(E)=Ff(E)=F.

Nous avons donc prouvé que ff est surjective.

Partie 2 : Prouver que si ff est surjective, alors ff est injective.

Étape 1 : Supposons que ff est surjective.

Par définition, cela signifie que pour tout yFy \in F, il existe au moins un xEx \in E tel que f(x)=yf(x)=y.

Étape 2 : Raisonnons par l'absurde. Supposons que ff n'est pas injective.

Si ff n'est pas injective, cela signifie qu'il existe au moins deux éléments distincts dans EE, disons x1x_1 et x2x_2, qui ont la même image : f(x1)=f(x2)f(x_1) = f(x_2).

Étape 3 : Considérons les nn éléments de EE comme des "objets" et les nn éléments de FF comme des "tiroirs". L'application ff range les objets dans les tiroirs.

Puisque x1x_1 et x2x_2 sont envoyés sur la même image, au moins un élément de FF reçoit au moins deux éléments de EE.

Le nombre total d'éléments dans l'ensemble image f(E)f(E) est donc au plus n1n-1, car deux éléments de EE "partagent" une image.

Formellement, f(E)E1=n1|f(E)| \le |E| - 1 = n-1.

Étape 4 : Or, si f(E)n1|f(E)| \le n-1 et que F=n|F|=n, alors f(E)f(E) est un sous-ensemble strict de FF. Cela signifie que f(E)Ff(E) \ne F.

Ceci contredit notre hypothèse de départ selon laquelle ff est surjective (qui implique f(E)=Ff(E)=F).

Conclusion

Notre supposition que ff n'est pas injective mène à une contradiction. Par conséquent, si ff est surjective, elle doit être injective.

Nous avons montré les deux implications : (injective     \implies surjective) et (surjective     \implies injective). Par conséquent, pour des ensembles finis de même cardinal, l'injectivité est équivalente à la surjectivité.