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Exercices “Principes de dénombrement” (A)


Exercice 1

Problème: Soit V={a,e,i,o,u,y}V = \{a, e, i, o, u, y\} l’ensemble des voyelles de l’alphabet français. Déterminez le cardinal de VV en construisant une bijection explicite entre VV et un ensemble [n][n] pour un certain entier nn.

Solution

Méthode: Pour trouver le cardinal d’un ensemble fini VV, il faut, par définition, trouver un entier naturel nn et une bijection f:V[n]f: V \to [n], où [n]={1,2,,n}[n] = \{1, 2, \dots, n\}. Nous allons lister les éléments de VV et leur assigner un numéro unique de 1 jusqu’à ce que tous les éléments soient numérotés.

Étapes:

  1. Listons les éléments de l’ensemble VV: a,e,i,o,u,ya, e, i, o, u, y.
  2. Nous devons construire une application ff qui associe chaque voyelle à un entier unique. Le premier entier que nous utilisons est 1, le deuxième est 2, et ainsi de suite.
  3. Définissons l’application f:V{1,2,3,4,5,6}f: V \to \{1, 2, 3, 4, 5, 6\} comme suit :
    • f(a)=1f(a) = 1
    • f(e)=2f(e) = 2
    • f(i)=3f(i) = 3
    • f(o)=4f(o) = 4
    • f(u)=5f(u) = 5
    • f(y)=6f(y) = 6
  4. L’ensemble d’arrivée est [6]={1,2,3,4,5,6}[6] = \{1, 2, 3, 4, 5, 6\}.
  5. Vérifions que ff est une bijection :
    • Injectivité: Chaque voyelle est associée à un numéro différent. Il n’y a pas deux voyelles qui ont la même image.
    • Surjectivité: Tous les numéros de 1 à 6 sont l’image d’une voyelle. Il n’y a pas de numéro “oublié” dans l’ensemble d’arrivée.
  6. Puisqu’il existe une bijection entre VV et [6][6], le cardinal de VV est, par définition, 6.

Réponse: V=6|V| = 6


Exercice 2

Problème: Soit EE l’ensemble des nombres entiers pairs entre 1 et 100 (inclus) et FF l’ensemble des nombres entiers impairs entre 101 et 200 (inclus). Montrez que E=F|E| = |F| en construisant une bijection explicite de EE vers FF.

Solution

Méthode: Le principe de bijection stipule que s’il existe une bijection entre deux ensembles, alors ils ont le même cardinal. Notre objectif est de trouver une fonction f:EFf: E \to F et de prouver qu’elle est à la fois injective et surjective.

Étapes:

  1. Identifions les ensembles.

    • E={2,4,6,,100}E = \{2, 4, 6, \dots, 100\}. Un élément de EE peut s’écrire sous la forme 2k2k pour k{1,2,,50}k \in \{1, 2, \dots, 50\}. Donc E=50|E|=50.
    • F={101,103,105,,199}F = \{101, 103, 105, \dots, 199\}. Un élément de FF peut s’écrire sous la forme 2j+12j+1 pour j{50,51,,99}j \in \{50, 51, \dots, 99\}. Le nombre d’éléments est 9950+1=5099 - 50 + 1 = 50. Donc F=50|F|=50.
    • Nous savons déjà que les cardinaux sont égaux. L’exercice demande de le prouver via une bijection.
  2. Cherchons une règle simple pour transformer un élément de EE en un élément de FF. Essayons une fonction linéaire simple. Prenons un élément xEx \in E. On veut lui associer un élément yFy \in F.

    • Prenons le plus petit élément de EE, x=2x=2. On pourrait l’associer au plus petit élément de FF, y=101y=101. Une idée est d’ajouter une constante : 2+99=1012 + 99 = 101.
    • Vérifions si cette règle fonctionne pour d’autres éléments. Si x=4x=4, 4+99=1034+99 = 103, qui est bien dans FF. Si x=100x=100, 100+99=199100+99=199, qui est le dernier élément de FF.
    • La fonction semble être f(x)=x+99f(x) = x+99.
  3. Définissons formellement l’application f:EFf: E \to F par f(x)=x+99f(x) = x + 99.

  4. Prouvons que ff est une bijection :

    • L’application est bien définie: Si xEx \in E, alors xx est pair. Donc x+99x+99 est impair. De plus, si 2x1002 \le x \le 100, alors 2+99x+99100+992+99 \le x+99 \le 100+99, ce qui donne 101f(x)199101 \le f(x) \le 199. Donc f(x)f(x) est bien un élément de FF.
    • Injectivité: Supposons que f(x1)=f(x2)f(x_1) = f(x_2) pour x1,x2Ex_1, x_2 \in E. Alors x1+99=x2+99x_1+99 = x_2+99, ce qui implique x1=x2x_1=x_2. Donc ff est injective.
    • Surjectivité: Soit yy un élément quelconque de FF. Nous devons trouver un antécédent xEx \in E tel que f(x)=yf(x)=y. L’équation est x+99=yx+99=y, donc x=y99x=y-99. Puisque yFy \in F, yy est impair et 101y199101 \le y \le 199. Alors y99y-99 est pair, et 10199y9919999101-99 \le y-99 \le 199-99, ce qui donne 2x1002 \le x \le 100. Donc cet antécédent xx est bien dans EE. La fonction est surjective.
  5. Puisque nous avons construit une bijection de EE vers FF, le principe de bijection nous permet de conclure que les deux ensembles ont le même cardinal.

Réponse: La fonction f(x)=x+99f(x) = x+99 est une bijection de EE vers FF, ce qui prouve que E=F|E| = |F|.


Exercice 3

Problème: On choisit 6 nombres entiers distincts dans l’ensemble S={1,2,3,4,5,6,7,8,9,10}S = \{1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10\}. Montrez qu’il existe au moins une paire de nombres parmi ceux choisis dont la somme est égale à 11.

Solution

Méthode: C’est un problème classique d’application du principe des tiroirs. Il faut identifier les “objets” (les nombres choisis) et les “tiroirs” (des catégories dans lesquelles on range ces nombres). Si le nombre d’objets est supérieur au nombre de tiroirs, alors au moins un tiroir contiendra au moins deux objets.

Étapes:

  1. Identifier les objets : Les objets sont les 6 nombres que nous choisissons dans l’ensemble SS.

  2. Identifier les tiroirs : Nous devons regrouper les nombres de SS en paires dont la somme est 11.

    • {1,10}\{1, 10\} (somme 11)
    • {2,9}\{2, 9\} (somme 11)
    • {3,8}\{3, 8\} (somme 11)
    • {4,7}\{4, 7\} (somme 11)
    • {5,6}\{5, 6\} (somme 11)

    Nous avons ainsi 5 paires. Ces paires seront nos “tiroirs”.

  3. Définir l’application de rangement : L’application ff associe chaque nombre choisi au “tiroir” (la paire) auquel il appartient.

    • Par exemple, si on choisit le nombre 3, on le met dans le tiroir {3,8}\{3, 8\}. Si on choisit 7, on le met dans le tiroir {4,7}\{4, 7\}.
  4. Appliquer le principe des tiroirs :

    • Nous avons E=6|E| = 6 objets (les 6 nombres choisis).
    • Nous avons F=5|F| = 5 tiroirs (les 5 paires).
    • Puisque le nombre d’objets (6) est strictement supérieur au nombre de tiroirs (5), le principe des tiroirs garantit qu’il existe au moins un tiroir qui contient au moins deux objets.
  5. Interpréter le résultat : Un tiroir contenant deux objets signifie que nous avons choisi les deux nombres qui forment la paire correspondante. Par exemple, si le tiroir {3,8}\{3, 8\} reçoit deux objets, cela signifie que nous avons choisi à la fois le nombre 3 et le nombre 8. La somme de ces deux nombres est 3+8=113+8=11.

  6. Conclusion : Par conséquent, parmi les 6 nombres choisis, il y en a forcément deux qui appartiennent à la même paire, et leur somme est donc égale à 11.

Réponse: En formant 5 paires de nombres dont la somme est 11, le choix de 6 nombres impose, par le principe des tiroirs, que deux des nombres choisis appartiennent à la même paire, garantissant ainsi une somme de 11.


Exercice 4

Problème: Un amphithéâtre contient 200 étudiants. Montrez qu’au moins 17 d’entre eux sont nés le même mois. Expliquez le raisonnement en utilisant la version généralisée du principe des tiroirs.

Solution

Méthode: La version généralisée du principe des tiroirs stipule que si l’on range mm objets dans nn tiroirs, il existe au moins un tiroir contenant au moins m/n\lceil m/n \rceil objets, où \lceil \cdot \rceil est la fonction partie entière supérieure.

Étapes:

  1. Identifier les objets : Les objets sont les m=200m = 200 étudiants.

  2. Identifier les tiroirs : Les tiroirs sont les n=12n = 12 mois de l’année.

  3. Définir l’application de rangement : On associe chaque étudiant (objet) à son mois de naissance (tiroir).

  4. Appliquer le principe des tiroirs généralisé :

    • Nous avons m=200m = 200 objets et n=12n = 12 tiroirs.
    • Le principe garantit qu’au moins un tiroir (un mois) contiendra au moins m/n\lceil m/n \rceil objets (étudiants).
  5. Calculer la valeur :

    20012\left\lceil \frac{200}{12} \right\rceil

    Effectuons la division : 200/12=16.666...200 / 12 = 16.666...

    La partie entière supérieure de 16.666...16.666... est 17.

    20012=17\left\lceil \frac{200}{12} \right\rceil = 17

  6. Conclusion : Le principe des tiroirs généralisé nous assure qu’il y a au moins un mois de l’année qui est le mois de naissance d’au moins 17 étudiants.

Réponse: Il y a au moins 200/12=17\lceil 200/12 \rceil = 17 étudiants nés le même mois.


Exercice 5

Problème: Une librairie propose 12 romans de science-fiction, 8 romans policiers et 5 biographies. Un client souhaite acheter un seul livre. Combien de choix différents a-t-il ?

Solution

Méthode: Le client doit choisir un livre parmi trois catégories distinctes. Les ensembles de livres de chaque catégorie sont disjoints (un livre n’est pas à la fois un roman policier et une biographie). Nous pouvons donc utiliser le principe d’addition pour les ensembles disjoints.

Étapes:

  1. Définissons les ensembles :

    • Soit SS l’ensemble des romans de science-fiction. S=12|S| = 12.
    • Soit PP l’ensemble des romans policiers. P=8|P| = 8.
    • Soit BB l’ensemble des biographies. B=5|B| = 5.
  2. Ces trois ensembles sont deux à deux disjoints. SP=S \cap P = \emptyset, SB=S \cap B = \emptyset, et PB=P \cap B = \emptyset.

  3. Le nombre total de choix est le cardinal de l’union de ces trois ensembles, SPB|S \cup P \cup B|.

  4. En appliquant le principe d’addition pour des ensembles disjoints :

    SPB=S+P+B|S \cup P \cup B| = |S| + |P| + |B|

  5. Effectuons le calcul :

    SPB=12+8+5=25|S \cup P \cup B| = 12 + 8 + 5 = 25

Réponse: Le client a 25 choix différents.


Exercice 6

Problème: Dans un groupe de 50 musiciens, 25 jouent du piano, 28 jouent de la guitare et 10 jouent des deux instruments.

  1. Combien de musiciens jouent au moins d’un de ces deux instruments ?
  2. Combien de musiciens ne jouent ni du piano, ni de la guitare ?
Solution

Méthode: Ce problème implique deux ensembles non-disjoints (les pianistes et les guitaristes). Nous devons utiliser la formule d’inclusion-exclusion pour deux ensembles : AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|. Pour la deuxième question, nous utiliserons le principe du complémentaire.

Étapes:

  1. Définir les ensembles :

    • Soit MM l’ensemble de tous les musiciens, M=50|M|=50.
    • Soit PP l’ensemble des musiciens qui jouent du piano, P=25|P|=25.
    • Soit GG l’ensemble des musiciens qui jouent de la guitare, G=28|G|=28.
    • L’ensemble des musiciens qui jouent des deux est l’intersection PGP \cap G. On nous donne PG=10|P \cap G|=10.
  2. Combien de musiciens jouent au moins d’un de ces deux instruments ?

    • Cela correspond au cardinal de l’union PGP \cup G.
    • On applique la formule d’inclusion-exclusion :

    PG=P+GPG|P \cup G| = |P| + |G| - |P \cap G|

    • Calcul :

    PG=25+2810=43|P \cup G| = 25 + 28 - 10 = 43

    • Il y a donc 43 musiciens qui jouent du piano ou de la guitare (ou les deux).
  3. Combien de musiciens ne jouent ni du piano, ni de la guitare ?

    • Cela correspond au nombre de musiciens qui ne sont pas dans l’ensemble PGP \cup G. C’est le cardinal du complémentaire de PGP \cup G dans l’ensemble total MM.
    • Le nombre de musiciens ne jouant d’aucun des deux instruments est MPG|M| - |P \cup G|.
    • Calcul :

    5043=750 - 43 = 7

    • Il y a donc 7 musiciens qui ne jouent ni du piano ni de la guitare.

Réponse:

  1. Nombre de musiciens jouant au moins d’un instrument : 4343.
  2. Nombre de musiciens ne jouant d’aucun des deux instruments : 77.

Exercice 7

Problème: On souhaite créer un mot de passe de 4 caractères. Le premier caractère doit être une lettre majuscule (26 choix), les deux suivants doivent être des chiffres (0-9), et le dernier caractère doit être un des symboles suivants : {@, #, $, %}. Combien de mots de passe différents peut-on créer ?

Solution

Méthode: La création du mot de passe est une séquence de 4 choix indépendants. Le nombre total de possibilités est le produit du nombre de possibilités pour chaque choix. C’est une application directe du principe de multiplication.

Étapes:

  1. Analyser la structure du mot de passe : Un mot de passe est un quadruplet (c1,c2,c3,c4)(c_1, c_2, c_3, c_4).

  2. Dénombrer les choix pour chaque position :

    • Position 1 (c1c_1): Une lettre majuscule. Il y a 26 possibilités.
    • Position 2 (c2c_2): Un chiffre de 0 à 9. Il y a 10 possibilités.
    • Position 3 (c3c_3): Un chiffre de 0 à 9. Il y a 10 possibilités.
    • Position 4 (c4c_4): Un symbole parmi {@, #, $, %}. Il y a 4 possibilités.
  3. Appliquer le principe de multiplication : Le nombre total de mots de passe est le produit du nombre de choix pour chaque position.

    Nombre total=(choix pour c1)×(choix pour c2)×(choix pour c3)×(choix pour c4)\text{Nombre total} = (\text{choix pour } c_1) \times (\text{choix pour } c_2) \times (\text{choix pour } c_3) \times (\text{choix pour } c_4)

  4. Effectuer le calcul :

    Nombre total=26×10×10×4=10400\text{Nombre total} = 26 \times 10 \times 10 \times 4 = 10400

Réponse: Il est possible de créer 1040010\,400 mots de passe différents.


Exercice 8

Problème: 6 personnes souhaitent s’asseoir autour d’une table ronde. Deux arrangements sont considérés identiques si chaque personne a les mêmes voisins (la même personne à sa gauche et la même à sa droite). Combien y a-t-il de manières distinctes de les placer ?

Solution

Méthode: C’est un problème classique qui se résout avec le principe des bergers. On commence par compter un ensemble plus grand et plus simple (les permutations en ligne), puis on “divise” par le nombre de permutations qui correspondent à un même arrangement circulaire.

Étapes:

  1. Compter un ensemble plus simple (E) : Comptons d’abord le nombre de façons de placer les 6 personnes en ligne (sur un banc). C’est le nombre de permutations de 6 éléments.

    E=6!=6×5×4×3×2×1=720|E| = 6! = 6 \times 5 \times 4 \times 3 \times 2 \times 1 = 720

  2. Définir l’ensemble que l’on veut compter (F) : Soit FF l’ensemble des arrangements distincts autour de la table ronde. Nous cherchons F|F|.

  3. Définir l’application (f) : Soit f:EFf: E \to F l’application qui à un arrangement en ligne associe l’arrangement circulaire obtenu en joignant les deux bouts de la ligne. Par exemple, la ligne (A, B, C, D, E, F) devient un cercle où A est assis entre F et B.

  4. Trouver le nombre d’antécédents (p) : Pour un arrangement circulaire donné, combien d’arrangements en ligne lui correspondent ?

    • Prenons un arrangement circulaire, par exemple celui où l’ordre est A-B-C-D-E-F.
    • Les arrangements en ligne suivants donneront tous ce même arrangement circulaire :
      • (A, B, C, D, E, F)
      • (B, C, D, E, F, A) (une rotation)
      • (C, D, E, F, A, B) (une autre rotation)
      • (F, A, B, C, D, E)
    • Il y a 6 rotations possibles pour un même arrangement circulaire. Donc, chaque arrangement dans FF a exactement p=6p=6 antécédents dans EE.
    • Formellement, f1({y})=6|f^{-1}(\{y\})| = 6 pour tout yFy \in F.
  5. Appliquer le principe des bergers : Ce principe nous dit que E=pF|E| = p \cdot |F|.

    720=6F720 = 6 \cdot |F|

  6. Calculer |F| :

    F=Ep=7206=120|F| = \frac{|E|}{p} = \frac{720}{6} = 120

    Une autre façon de voir le résultat est (n1)!(n-1)! pour nn personnes, soit (61)!=5!=120(6-1)! = 5! = 120.

Réponse: Il y a 120120 manières distinctes de placer les 6 personnes.


Exercice 9

Problème: Combien de nombres entiers entre 1 et 1000 (inclus) sont soit des multiples de 5, soit des multiples de 7 ?

Solution

Méthode: Nous cherchons le cardinal de l’union de deux ensembles : les multiples de 5 et les multiples de 7. Ces ensembles ne sont pas disjoints (par exemple, 35 est dans les deux). Nous devons donc utiliser la formule d’inclusion-exclusion : AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|.

Étapes:

  1. Définir les ensembles :

    • Soit S={1,2,,1000}S = \{1, 2, \dots, 1000\}.
    • Soit AA l’ensemble des nombres dans SS qui sont multiples de 5.
    • Soit BB l’ensemble des nombres dans SS qui sont multiples de 7.
    • Nous cherchons AB|A \cup B|.
  2. Calculer le cardinal de chaque ensemble :

    • Pour trouver le nombre de multiples de kk jusqu’à NN, on calcule N/k\lfloor N/k \rfloor.
    • A=1000/5=200|A| = \lfloor 1000 / 5 \rfloor = 200.
    • B=1000/7=142|B| = \lfloor 1000 / 7 \rfloor = 142.
  3. Calculer le cardinal de l’intersection :

    • L’intersection ABA \cap B contient les nombres qui sont multiples de 5 ET de 7. Ce sont les multiples du plus petit commun multiple de 5 et 7, qui est 5×7=355 \times 7 = 35.
    • AB=1000/35=28|A \cap B| = \lfloor 1000 / 35 \rfloor = 28.
  4. Appliquer la formule d’inclusion-exclusion :

    AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|

    AB=200+14228|A \cup B| = 200 + 142 - 28

    AB=34228=314|A \cup B| = 342 - 28 = 314

Réponse: Il y a 314314 nombres entiers entre 1 et 1000 qui sont multiples de 5 ou de 7.


Exercice 10

Problème: Montrez que l’ensemble E={,6,3,0,3,6,}E = \{\dots, -6, -3, 0, 3, 6, \dots\} des entiers multiples de 3 est un ensemble dénombrable en construisant une bijection explicite entre Z\mathbb{Z} et EE.

Solution

Méthode: Un ensemble est dénombrable s’il est équipotent à N\mathbb{N} ou Z\mathbb{Z}. Comme l’ensemble Z\mathbb{Z} des entiers relatifs est lui-même dénombrable, il suffit de montrer que EE est en bijection avec Z\mathbb{Z} pour prouver qu’il est dénombrable. Nous allons construire une fonction simple f:ZEf: \mathbb{Z} \to E et prouver qu’elle est une bijection.

Étapes:

  1. Analyser les ensembles :

    • Z={,2,1,0,1,2,}\mathbb{Z} = \{\dots, -2, -1, 0, 1, 2, \dots\}
    • E={,6,3,0,3,6,}E = \{\dots, -6, -3, 0, 3, 6, \dots\}. Chaque élément de EE est de la forme 3k3k pour un certain kZk \in \mathbb{Z}.
  2. Proposer une bijection : L’association la plus naturelle est de relier chaque entier kZk \in \mathbb{Z} à son multiple par 3, qui est 3kE3k \in E.

    Définissons l’application f:ZEf: \mathbb{Z} \to E par :

    f(k)=3kf(k) = 3k

  3. Vérifier que ff est une bijection :

    • L’application est bien définie : Pour tout kZk \in \mathbb{Z}, 3k3k est par définition un multiple de 3, donc f(k)f(k) appartient bien à EE.

    • Injectivité : Supposons f(k1)=f(k2)f(k_1) = f(k_2) pour k1,k2Zk_1, k_2 \in \mathbb{Z}.

      Alors 3k1=3k23k_1 = 3k_2. En divisant par 3, on obtient k1=k2k_1 = k_2. L’application est donc injective.

    • Surjectivité : Soit yy un élément quelconque de EE. Par définition de EE, yy est un multiple de 3, donc il existe un entier kk tel que y=3ky = 3k. Cet entier kk est un élément de Z\mathbb{Z} et il est l’antécédent de yy car f(k)=3k=yf(k) = 3k = y. L’application est donc surjective.

  4. Conclusion : Puisque f(k)=3kf(k)=3k est une bijection de Z\mathbb{Z} vers EE, les deux ensembles sont équipotents. Comme Z\mathbb{Z} est un ensemble dénombrable, EE l’est aussi.

Réponse: L’application f(k)=3kf(k)=3k est une bijection de Z\mathbb{Z} à EE, prouvant que EE est dénombrable.


Exercice 11

Problème: Expliquez pourquoi l’ensemble de toutes les suites infinies de 0 et de 1 (par exemple, s=01101000...s = 01101000...) est un ensemble non dénombrable. Utilisez l’argument diagonal de Cantor.

Solution

Méthode: Pour montrer qu’un ensemble est non dénombrable, on doit prouver qu’il ne peut pas être mis en bijection avec N\mathbb{N}. On utilise un raisonnement par l’absurde. On suppose qu’une telle bijection existe (c’est-à-dire qu’on peut lister toutes les suites), puis on construit une nouvelle suite qui ne peut pas être dans la liste, ce qui mène à une contradiction.

Étapes:

  1. Hypothèse par l’absurde : Supposons que l’ensemble SS de toutes les suites infinies de 0 et de 1 soit dénombrable. Cela signifie que nous pouvons énumérer toutes les suites de SS dans une liste infinie, une par une. Appelons-les s1,s2,s3,s_1, s_2, s_3, \dots.

  2. Représentation de la liste : Chaque suite est composée de chiffres. Notons si,js_{i,j} le jj-ième chiffre de la ii-ième suite. La liste ressemblerait à ceci :

    • s1=s1,1s1,2s1,3s1,4s_1 = s_{1,1} s_{1,2} s_{1,3} s_{1,4} \dots
    • s2=s2,1s2,2s2,3s2,4s_2 = s_{2,1} s_{2,2} s_{2,3} s_{2,4} \dots
    • s3=s3,1s3,2s3,3s3,4s_3 = s_{3,1} s_{3,2} s_{3,3} s_{3,4} \dots
    • s4=s4,1s4,2s4,3s4,4s_4 = s_{4,1} s_{4,2} s_{4,3} s_{4,4} \dots
  3. Construction de la suite “diagonale” : Nous allons construire une nouvelle suite, que nous appellerons ss^*, qui est garantie de ne pas être dans cette liste. On la construit en s’assurant qu’elle diffère de chaque suite sis_i de la liste en au moins une position. La méthode la plus simple est de s’assurer que le ii-ième chiffre de ss^* est différent du ii-ième chiffre de sis_i.

    • Pour le premier chiffre de ss^*, on regarde le premier chiffre de s1s_1 (soit s1,1s_{1,1}). On choisit le chiffre opposé. Si s1,1=0s_{1,1}=0, on prend s1=1s^*_{1}=1. Si s1,1=1s_{1,1}=1, on prend s1=0s^*_{1}=0.

    • Pour le deuxième chiffre de ss^*, on regarde le deuxième chiffre de s2s_2 (soit s2,2s_{2,2}). On choisit le chiffre opposé.

    • De manière générale, le ii-ième chiffre de ss^*, noté sis^*_{i}, est défini par :

      si=1si,is^*_{i} = 1 - s_{i,i}

      (ou si=¬si,is^*_{i} = \neg s_{i,i} en logique binaire).

  4. La contradiction : La suite ss^* que nous avons construite est une suite infinie de 0 et de 1. Elle devrait donc appartenir à l’ensemble SS et se trouver quelque part dans notre liste.

    • Supposons que ss^* soit la kk-ième suite de la liste, c’est-à-dire s=sks^* = s_k.
    • Comparons le kk-ième chiffre de ces deux suites.
    • Par construction, le kk-ième chiffre de ss^* est sk=1sk,ks^*_{k} = 1 - s_{k,k}.
    • Le kk-ième chiffre de sks_k est sk,ks_{k,k}.
    • Si s=sks^* = s_k, alors leurs kk-ièmes chiffres doivent être identiques, ce qui signifie sk=sk,ks^*_{k} = s_{k,k}.
    • Mais cela nous mène à l’équation 1sk,k=sk,k1 - s_{k,k} = s_{k,k}, qui est impossible pour des chiffres qui ne peuvent être que 0 ou 1. (Si sk,k=0s_{k,k}=0, on a 1=01=0. Si sk,k=1s_{k,k}=1, on a 0=10=1).
    • C’est une contradiction.
  5. Conclusion : L’hypothèse de départ, selon laquelle on peut lister toutes les suites, doit être fausse. Par conséquent, l’ensemble de toutes les suites infinies de 0 et de 1 n’est pas dénombrable.

Réponse: En supposant que l’ensemble est dénombrable, on peut lister toutes les suites. L’argument diagonal de Cantor permet de construire une nouvelle suite qui diffère de la ii-ième suite de la liste à la ii-ième position. Cette nouvelle suite ne peut donc pas être dans la liste, ce qui contredit l’hypothèse initiale. L’ensemble est donc non dénombrable.