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Exercices “Principes de dénombrement” (B)


Exercice 1

Problème: Soit EE un ensemble fini. Démontrer qu’une application f:EEf: E \to E est injective si et seulement si elle est surjective. Montrer par un contre-exemple que ce résultat est faux si EE est infini.

Solution

Méthode: Nous allons prouver les deux implications séparément pour le cas où EE est fini. Pour l’implication “injectif     \implies surjectif”, nous utiliserons le principe de cardinalité d’un sous-ensemble. Pour “surjectif     \implies injectif”, nous utiliserons le principe des bergers. Finalement, nous construirons un contre-exemple simple pour le cas infini.

Étapes:

  1. Hypothèse: Soit EE un ensemble fini de cardinal nn, i.e., E=n|E|=n. Soit f:EEf: E \to E une application.

  2. Preuve de (injectif     \implies surjectif):

    • Supposons que ff est injective.
    • L’image de ff, notée Im(f)\text{Im}(f), est un sous-ensemble de EE.
    • Puisque ff est injective, elle établit une bijection entre EE et Im(f)\text{Im}(f).
    • Par le principe de bijection, on a donc Im(f)=E|\text{Im}(f)| = |E|.
    • Or, Im(f)\text{Im}(f) est un sous-ensemble de l’ensemble fini EE et a le même cardinal que EE. Une propriété fondamentale des ensembles finis (Corollaire 1.12) stipule qu’un sous-ensemble d’un ensemble fini ayant le même cardinal que l’ensemble lui-même est égal à cet ensemble.
    • Donc, Im(f)=E\text{Im}(f) = E. Ceci est la définition de la surjectivité.
  3. Preuve de (surjectif     \implies injectif):

    • Supposons que ff est surjective. Cela signifie que Im(f)=E\text{Im}(f) = E.
    • D’après le principe des bergers (forme générale), nous avons E=yEf1({y})|E| = \sum_{y \in E} |f^{-1}(\{y\})|.
    • Puisque ff est surjective, pour tout yEy \in E, la préimage f1({y})f^{-1}(\{y\}) est non vide, donc f1({y})1|f^{-1}(\{y\})| \ge 1.
    • Soit n=En = |E|. Nous avons n=i=1nf1({yi})n = \sum_{i=1}^n |f^{-1}(\{y_i\})|.
    • Si l’un des termes f1({yj})|f^{-1}(\{y_j\})| était strictement supérieur à 1, disons f1({yj})2|f^{-1}(\{y_j\})| \ge 2, alors la somme serait f1({yi})(n1)×1+2=n+1\sum |f^{-1}(\{y_i\})| \ge (n-1) \times 1 + 2 = n+1.
    • Cela conduirait à la contradiction nn+1n \ge n+1.
    • Par conséquent, chaque terme de la somme doit être exactement égal à 1. Autrement dit, pour tout yEy \in E, f1({y})=1|f^{-1}(\{y\})| = 1.
    • C’est la définition de l’injectivité.
  4. Contre-exemple pour EE infini:

    • Soit E=N={0,1,2,}E = \mathbb{N} = \{0, 1, 2, \dots\}.
    • Considérons l’application f:NNf: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par f(n)=n+1f(n) = n+1.
    • Injectivité: ff est injective car si f(n1)=f(n2)f(n_1) = f(n_2), alors n1+1=n2+1n_1+1 = n_2+1, ce qui implique n1=n2n_1=n_2.
    • Non-surjectivité: ff n’est pas surjective car l’élément 0N0 \in \mathbb{N} n’a pas d’antécédent (il n’existe aucun nNn \in \mathbb{N} tel que n+1=0n+1=0).
    • Considérons l’application g:NNg: \mathbb{N} \to \mathbb{N} définie par g(n)=n/2g(n) = \lfloor n/2 \rfloor.
    • Surjectivité: gg est surjective car pour tout kNk \in \mathbb{N}, l’entier 2kN2k \in \mathbb{N} est un antécédent, g(2k)=2k/2=kg(2k) = \lfloor 2k/2 \rfloor = k.
    • Non-injectivité: gg n’est pas injective car g(0)=0g(0) = 0 et g(1)=0g(1) = 0.

Réponse: Pour un ensemble fini EE, une application f:EEf:E \to E est injective si et seulement si elle est surjective. Pour un ensemble infini comme N\mathbb{N}, l’application nn+1n \mapsto n+1 est injective mais pas surjective, et l’application nn/2n \mapsto \lfloor n/2 \rfloor est surjective mais pas injective.


Exercice 2

Problème: Soient EE et FF des ensembles finis avec E=n|E|=n et F=k|F|=k. Déterminer le nombre de surjections de EE sur FF. Le résultat peut être exprimé en utilisant les nombres de Stirling de seconde espèce, notés S(n,k)S(n,k) ou {nk}\left\{ \begin{matrix} n \\ k \end{matrix} \right\}.

Solution

Méthode: Nous allons utiliser le principe d’inclusion-exclusion. L’ensemble total est l’ensemble de toutes les applications de EE dans FF. Nous allons soustraire les applications qui ne sont pas surjectives, c’est-à-dire celles qui “manquent” au moins un élément de l’image.

Soit F\mathcal{F} l’ensemble de toutes les applications de EE dans FF. On a F=kn|\mathcal{F}| = k^n.

Pour chaque i{1,,k}i \in \{1, \dots, k\}, soit yiy_i un élément de F={y1,,yk}F = \{y_1, \dots, y_k\}. Soit AiA_i la propriété qu’une application fFf \in \mathcal{F} ne prend pas la valeur yiy_i (i.e., yiIm(f)y_i \notin \text{Im}(f)). Le nombre de surjections est le nombre d’applications qui n’ont aucune des propriétés AiA_i. C’est donc kni=1kAik^n - |\bigcup_{i=1}^k A_i|.

Étapes:

  1. Formulation avec inclusion-exclusion:

    Le nombre de surjections est N=kni=1kAiN = k^n - |\bigcup_{i=1}^k A_i|.

    D’après la formule de Poincaré, on a :

    N=kn(iAii<jAiAj+i<j<lAiAjAl+(1)k1A1Ak)N = k^n - \left( \sum_{i} |A_i| - \sum_{i<j} |A_i \cap A_j| + \sum_{i<j<l} |A_i \cap A_j \cap A_l| - \dots + (-1)^{k-1} |A_1 \cap \dots \cap A_k| \right)

    Ce qui peut se réécrire :

    N=j=0k(1)jI[k],I=jiIAiN = \sum_{j=0}^k (-1)^j \sum_{I \subseteq [k], |I|=j} \left| \bigcap_{i \in I} A_i \right|

  2. Calcul du cardinal des intersections:

    Considérons une intersection iIAi\bigcap_{i \in I} A_i pour un sous-ensemble I[k]I \subseteq [k] de cardinal I=j|I|=j.

    Cette intersection représente l’ensemble des applications dont l’image est contenue dans F{yiiI}F \setminus \{y_i \mid i \in I\}.

    Le codomaine de ces applications est donc de taille kjk-j.

    Le nombre de telles applications est (kj)n(k-j)^n.

  3. Substitution dans la formule:

    Il y a (kj)\binom{k}{j} façons de choisir un sous-ensemble II de cardinal jj.

    Donc, le terme I[k],I=jiIAi\sum_{I \subseteq [k], |I|=j} \left| \bigcap_{i \in I} A_i \right| est égal à (kj)(kj)n\binom{k}{j} (k-j)^n.

    En substituant cela dans la formule de NN, on obtient :

    N=j=0k(1)j(kj)(kj)nN = \sum_{j=0}^k (-1)^j \binom{k}{j} (k-j)^n

  4. Développement de la somme:

    N=(1)0(k0)kn+(1)1(k1)(k1)n+(1)2(k2)(k2)n++(1)k(kk)(kk)nN = (-1)^0 \binom{k}{0} k^n + (-1)^1 \binom{k}{1} (k-1)^n + (-1)^2 \binom{k}{2} (k-2)^n + \dots + (-1)^k \binom{k}{k} (k-k)^n

    N=(k0)kn(k1)(k1)n+(k2)(k2)n+(1)k(kk)0nN = \binom{k}{0}k^n - \binom{k}{1}(k-1)^n + \binom{k}{2}(k-2)^n - \dots + (-1)^k \binom{k}{k}0^n

    (On convient que 00=10^0=1 et 0n=00^n=0 pour n>0n>0).

  5. Lien avec les nombres de Stirling de seconde espèce:

    Le nombre de partitions d’un ensemble de nn éléments en kk sous-ensembles non vides est noté S(n,k)S(n,k) ou {nk}\left\{ \begin{matrix} n \\ k \end{matrix} \right\}.

    Pour construire une surjection de EE vers FF, on peut d’abord partitionner EE en kk blocs non vides (de S(n,k)S(n,k) manières), puis assigner bijectivement chacun de ces kk blocs à un des kk éléments de FF (de k!k! manières).

    Par le principe de multiplication, le nombre de surjections est k!S(n,k)k! S(n,k).

    On a donc l’identité :

    k!S(n,k)=j=0k(1)j(kj)(kj)n=j=0k(1)kj(kj)jnk! S(n,k) = \sum_{j=0}^k (-1)^j \binom{k}{j} (k-j)^n = \sum_{j=0}^k (-1)^{k-j} \binom{k}{j} j^n

Réponse: Le nombre de surjections d’un ensemble de cardinal nn sur un ensemble de cardinal kk est :

j=0k(1)j(kj)(kj)n=k!S(n,k)\sum_{j=0}^k (-1)^j \binom{k}{j} (k-j)^n = k! S(n,k)


Exercice 3

Problème: Démontrer le théorème de Ramsey pour le cas R(3,3)=6R(3,3)=6 : dans tout groupe de 6 personnes, il existe soit un sous-groupe de 3 personnes qui se connaissent mutuellement, soit un sous-groupe de 3 personnes qui sont toutes étrangères les unes aux autres.

Solution

Méthode: Nous allons modéliser le problème à l’aide d’un graphe. Les personnes sont les sommets et les relations sont les arêtes. Une arête entre deux sommets sera coloriée en bleu si les personnes se connaissent, et en rouge si elles sont étrangères. Le problème revient à montrer que tout graphe complet K6K_6 dont les arêtes sont bi-coloriées en rouge et bleu contient nécessairement un triangle monochrome (soit un K3K_3 bleu, soit un K3K_3 rouge). Nous utiliserons le principe des tiroirs de Dirichlet.

Étapes:

  1. Modélisation:

    Soit VV l’ensemble des 6 personnes, V=6|V|=6. On considère le graphe complet K6K_6 sur ces sommets.

    Pour toute paire de personnes {u,v}\{u, v\}, on colorie l’arête (u,v)(u,v) en bleu si uu et vv se connaissent, et en rouge si elles ne se connaissent pas.

    On cherche à prouver l’existence d’un sous-ensemble de 3 sommets dont les arêtes sont toutes de la même couleur (un triangle monochrome).

  2. Application du principe des tiroirs:

    Choisissons un sommet arbitraire, appelons-le AA.

    Le sommet AA est connecté aux 5 autres sommets du graphe. Ces 5 arêtes partent de AA.

    Les “objets” sont ces 5 arêtes. Les “tiroirs” sont les deux couleurs (rouge, bleu).

    Par le principe des tiroirs de Dirichlet, puisque 5>2×25 > 2 \times 2, il y a au moins 5/2=3\lceil 5/2 \rceil = 3 arêtes de la même couleur qui partent de AA.

    Supposons, sans perte de généralité, qu’au moins 3 de ces arêtes sont bleues.

  3. Analyse de cas:

    Soient B,C,DB, C, D trois sommets tels que les arêtes (A,B)(A,B), (A,C)(A,C) et (A,D)(A,D) soient toutes bleues.

    Considérons maintenant les arêtes entre ces trois sommets : (B,C)(B,C), (C,D)(C,D) et (D,B)(D,B).

  4. Cas 1 : Une de ces arêtes est bleue.

    Supposons que l’arête (B,C)(B,C) est bleue.

    Alors les sommets A,B,CA, B, C forment un triangle bleu, car les arêtes (A,B)(A,B), (A,C)(A,C) et (B,C)(B,C) sont toutes bleues.

    Le théorème est prouvé dans ce cas.

  5. Cas 2 : Toutes ces arêtes sont rouges.

    Si aucune des arêtes (B,C)(B,C), (C,D)(C,D), (D,B)(D,B) n’est bleue, cela signifie qu’elles sont toutes rouges.

    Dans ce cas, les sommets B,C,DB, C, D forment un triangle rouge.

    Le théorème est également prouvé dans ce cas.

  6. Conclusion:

    Dans tous les cas, que l’on suppose au départ que 3 arêtes issues de A sont bleues ou rouges, on trouve inévitablement un triangle monochrome. La preuve est symétrique si on avait supposé 3 arêtes rouges au départ.

Réponse: Par une application du principe des tiroirs sur les arêtes issues d’un sommet quelconque d’un K6K_6 bi-colorié, on montre qu’il existe nécessairement un sous-graphe K3K_3 monochrome, ce qui prouve que R(3,3)=6R(3,3)=6.


Exercice 4

Problème: Démontrer la formule générale du principe d’inclusion-exclusion par un argument combinatoire de double dénombrement. Pour une famille d’ensembles finis A1,,AnA_1, \dots, A_n, prouver que :

i=1nAi=I[n](1)I1iIAi\left| \bigcup_{i=1}^n A_i \right| = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq [n]} (-1)^{|I|-1} \left| \bigcap_{i \in I} A_i \right|

Solution

Méthode: Nous allons montrer que chaque élément de l’union i=1nAi\bigcup_{i=1}^n A_i est compté exactement une fois par la formule du membre de droite. Soit xx un élément arbitraire de l’union. Supposons que xx appartienne à exactement kk des ensembles AiA_i, avec k1k \ge 1. Nous allons calculer le nombre de fois que xx est compté dans la somme de droite et montrer que ce nombre est 1.

Étapes:

  1. Contribution d’un élément xx:

    Soit xi=1nAix \in \bigcup_{i=1}^n A_i. Soit K={i[n]xAi}K = \{i \in [n] \mid x \in A_i\} l’ensemble des indices des ensembles contenant xx. Par hypothèse, K=k1|K| = k \ge 1.

    Nous devons évaluer la contribution de xx au membre de droite : I[n](1)I11xiIAi\sum_{\emptyset \neq I \subseteq [n]} (-1)^{|I|-1} \mathbb{1}_{x \in \bigcap_{i \in I} A_i}, où 1\mathbb{1} est la fonction indicatrice.

  2. Analyse de la somme:

    L’élément xx est dans l’intersection iIAi\bigcap_{i \in I} A_i si et seulement si II est un sous-ensemble de KK.

    La contribution de xx à la somme est donc :

    C(x)=IK(1)I1C(x) = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq K} (-1)^{|I|-1}

  3. Calcul de la contribution:

    La somme peut être regroupée par la taille de II. Pour une taille jj donnée (1jk1 \le j \le k), il y a (kj)\binom{k}{j} sous-ensembles IKI \subseteq K de taille jj.

    La contribution devient :

    C(x)=j=1k(kj)(1)j1C(x) = \sum_{j=1}^k \binom{k}{j} (-1)^{j-1}

  4. Utilisation de la formule du binôme de Newton:

    Rappelons la formule du binôme de Newton : (a+b)k=j=0k(kj)akjbj(a+b)^k = \sum_{j=0}^k \binom{k}{j} a^{k-j} b^j.

    Pour a=1a=1 et b=1b=-1, on obtient :

    (11)k=j=0k(kj)1kj(1)j=j=0k(kj)(1)j(1-1)^k = \sum_{j=0}^k \binom{k}{j} 1^{k-j} (-1)^j = \sum_{j=0}^k \binom{k}{j} (-1)^j

    0=(k0)(k1)+(k2)+(1)k(kk)0 = \binom{k}{0} - \binom{k}{1} + \binom{k}{2} - \dots + (-1)^k \binom{k}{k}

    0=1((k1)(k2)+(1)k1(kk))0 = 1 - \left( \binom{k}{1} - \binom{k}{2} + \dots - (-1)^{k-1} \binom{k}{k} \right)

    0=1j=1k(kj)(1)j10 = 1 - \sum_{j=1}^k \binom{k}{j} (-1)^{j-1}

  5. Conclusion du calcul:

    La somme que nous calculions est C(x)=j=1k(kj)(1)j1C(x) = \sum_{j=1}^k \binom{k}{j} (-1)^{j-1}.

    D’après l’étape précédente, cette somme est exactement égale à 1.

  6. Synthèse:

    Nous avons montré que tout élément xx qui est dans l’union est compté exactement une fois par la formule. Si un élément xx n’est pas dans l’union, il n’est dans aucun AiA_i, donc il n’est compté dans aucun terme de la somme et sa contribution est 0.

    Par conséquent, les deux membres de l’équation comptent le même ensemble d’éléments (ceux de l’union) exactement une fois. Ils sont donc égaux.

Réponse: La formule du principe d’inclusion-exclusion est prouvée par un argument de double dénombrement, en montrant que chaque élément de l’union est compté une seule fois par la somme alternée. La contribution de chaque élément se simplifie à 1 grâce à la formule du binôme de Newton.

i=1nAi=I[n](1)I1iIAi\left| \bigcup_{i=1}^n A_i \right| = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq [n]} (-1)^{|I|-1} \left| \bigcap_{i \in I} A_i \right|


Exercice 5

Problème: On veut fabriquer des colliers de 8 perles. Chaque perle peut être de couleur rouge (R) ou bleue (B). Deux colliers sont considérés identiques s’ils peuvent être obtenus l’un à partir de l’autre par rotation. Combien de colliers distincts peut-on fabriquer ?

Solution

Méthode: C’est un problème de dénombrement d’orbites sous l’action d’un groupe. Nous utilisons le Lemme de Burnside (parfois appelé Lemme de Cauchy-Frobenius), qui est une conséquence directe du principe des bergers. Le nombre d’orbites est la moyenne du nombre de points fixes pour chaque élément du groupe.

L’ensemble XX est l’ensemble de tous les colorations possibles des 8 positions fixes, donc X=28=256|X|=2^8=256.

Le groupe GG agissant sur XX est le groupe cyclique des rotations d’un octogone, C8={r0,r1,,r7}C_8 = \{r_0, r_1, \dots, r_7\}, où rkr_k est la rotation d’angle k2π8k \cdot \frac{2\pi}{8}.

Le nombre d’orbites (colliers distincts) est donné par :

N=1GgGXgN = \frac{1}{|G|} \sum_{g \in G} |X^g|

XgX^g est l’ensemble des points fixes de gg, c’est-à-dire les colorations qui sont invariantes sous l’action de gg.

Étapes:

  1. Identifier le groupe et l’ensemble:

    XX: ensemble des 282^8 séquences de 8 couleurs (RRBBRBBR, etc.).

    GG: groupe cyclique C8C_8 des 8 rotations du collier. G=8|G|=8.

  2. Calculer les points fixes pour chaque rotation gGg \in G:

    Une coloration est invariante par une rotation rkr_k si toutes les perles sur un même cycle de la permutation induite par rkr_k ont la même couleur. Le nombre de points fixes est donc 2nombre de cycles2^{\text{nombre de cycles}}.

    La permutation associée à une rotation de kk positions sur nn objets se décompose en pgcd(n,k)\text{pgcd}(n, k) cycles de longueur n/pgcd(n,k)n/\text{pgcd}(n, k) chacun. Ici n=8n=8.

    • r0r_0 (rotation de 0°): pgcd(8,0)=8\text{pgcd}(8,0)=8. 8 cycles de longueur 1. Toutes les 28=2562^8=256 colorations sont fixes. Xr0=28=256|X^{r_0}| = 2^8 = 256.

    • r1,r3,r5,r7r_1, r_3, r_5, r_7 (rotations de ±45,±135\pm 45^\circ, \pm 135^\circ): Pour k{1,3,5,7}k \in \{1,3,5,7\}, pgcd(8,k)=1\text{pgcd}(8,k)=1. Il y a 1 cycle de longueur 8. Les 8 perles doivent avoir la même couleur. Il y a 2 colorations fixes (tout rouge ou tout bleu).

      Xr1=Xr3=Xr5=Xr7=2|X^{r_1}| = |X^{r_3}| = |X^{r_5}| = |X^{r_7}| = 2.

    • r2,r6r_2, r_6 (rotations de ±90\pm 90^\circ): Pour k{2,6}k \in \{2,6\}, pgcd(8,k)=2\text{pgcd}(8,k)=2. Il y a 2 cycles de longueur 4. Par exemple, pour r2r_2, les cycles sont (1,3,5,7)(1,3,5,7) et (2,4,6,8)(2,4,6,8). Il y a 22=42^2=4 colorations fixes.

      Xr2=Xr6=4|X^{r_2}| = |X^{r_6}| = 4.

    • r4r_4 (rotation de 180°): pgcd(8,4)=4\text{pgcd}(8,4)=4. Il y a 4 cycles de longueur 2. Les cycles sont (1,5),(2,6),(3,7),(4,8)(1,5), (2,6), (3,7), (4,8). Il y a 24=162^4=16 colorations fixes.

      Xr4=16|X^{r_4}| = 16.

  3. Appliquer le lemme de Burnside:

    N=18(Xr0+Xr1+Xr2+Xr3+Xr4+Xr5+Xr6+Xr7)N = \frac{1}{8} \left( |X^{r_0}| + |X^{r_1}| + |X^{r_2}| + |X^{r_3}| + |X^{r_4}| + |X^{r_5}| + |X^{r_6}| + |X^{r_7}| \right)

    N=18(256+2+4+2+16+2+4+2)N = \frac{1}{8} (256 + 2 + 4 + 2 + 16 + 2 + 4 + 2)

    N=18(256+4×2+2×4+16)N = \frac{1}{8} (256 + 4 \times 2 + 2 \times 4 + 16)

    N=18(256+8+8+16)=2888N = \frac{1}{8} (256 + 8 + 8 + 16) = \frac{288}{8}

    N=36N = 36

Réponse: Il y a 36 colliers distincts de 8 perles bicolores.

N=18k=072pgcd(8,k)=18(28+21+22+21+24+21+22+21)=36N = \frac{1}{8} \sum_{k=0}^{7} 2^{\text{pgcd}(8,k)} = \frac{1}{8}(2^8 + 2^1 + 2^2 + 2^1 + 2^4 + 2^1 + 2^2 + 2^1) = 36


Exercice 6

Problème: Démontrer que l’ensemble A\mathbb{A} des nombres algébriques réels est dénombrable. Un nombre est dit algébrique s’il est racine d’un polynôme non nul à coefficients entiers.

Solution

Méthode: La stratégie consiste à montrer que A\mathbb{A} est une union dénombrable d’ensembles finis.

  1. On montre que l’ensemble des polynômes à coefficients entiers, noté Z[X]\mathbb{Z}[X], est dénombrable.
  2. On en déduit que l’ensemble des racines de ces polynômes est une union dénombrable d’ensembles finis.
  3. On conclut que A\mathbb{A} est dénombrable.

Étapes:

  1. Dénombrabilité de Z[X]\mathbb{Z}[X]:

    Soit PdP_d l’ensemble des polynômes de degré au plus dd à coefficients entiers.

    Un polynôme P(X)=adXd++a1X+a0P(X) = a_d X^d + \dots + a_1 X + a_0 de PdP_d est entièrement déterminé par le (d+1)(d+1)-uplet de ses coefficients (a0,a1,,ad)Zd+1(a_0, a_1, \dots, a_d) \in \mathbb{Z}^{d+1}.

    L’application ϕ:PdZd+1\phi: P_d \to \mathbb{Z}^{d+1} qui associe à un polynôme la liste de ses coefficients est une bijection.

    Nous savons que Z\mathbb{Z} est dénombrable. Le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles dénombrables est dénombrable. Donc, Zd+1\mathbb{Z}^{d+1} est dénombrable pour tout dNd \in \mathbb{N}.

    Par conséquent, PdP_d est dénombrable pour tout dNd \in \mathbb{N}.

    L’ensemble de tous les polynômes Z[X]\mathbb{Z}[X] est l’union de tous les PdP_d pour dNd \in \mathbb{N}:

    Z[X]=dNPd\mathbb{Z}[X] = \bigcup_{d \in \mathbb{N}} P_d

    C’est une union dénombrable d’ensembles dénombrables. Une telle union est dénombrable. Donc Z[X]\mathbb{Z}[X] est dénombrable.

  2. Union d’ensembles finis:

    Chaque nombre algébrique αA\alpha \in \mathbb{A} est par définition une racine d’au moins un polynôme PZ[X]{0}P \in \mathbb{Z}[X] \setminus \{0\}.

    Soit RPR_P l’ensemble des racines réelles du polynôme PP. Un polynôme non nul de degré dd a au plus dd racines réelles. Donc, pour tout PZ[X]{0}P \in \mathbb{Z}[X] \setminus \{0\}, l’ensemble RPR_P est fini.

    L’ensemble de tous les nombres algébriques A\mathbb{A} peut s’écrire comme l’union des ensembles de racines de tous les polynômes non nuls à coefficients entiers :

    A=PZ[X]{0}RP\mathbb{A} = \bigcup_{P \in \mathbb{Z}[X] \setminus \{0\}} R_P

  3. Conclusion:

    Nous avons exprimé A\mathbb{A} comme une union d’ensembles finis.

    L’ensemble d’indices de cette union, Z[X]{0}\mathbb{Z}[X] \setminus \{0\}, est un sous-ensemble d’un ensemble dénombrable, il est donc lui-même dénombrable.

    Ainsi, A\mathbb{A} est une union dénombrable d’ensembles finis. Une telle union est dénombrable.

    (On peut lister les polynômes P1,P2,P_1, P_2, \dots et ensuite lister les racines de P1P_1, puis de P2P_2, etc., en omettant les doublons, pour créer une énumération de A\mathbb{A}).

Réponse: L’ensemble des polynômes à coefficients entiers Z[X]\mathbb{Z}[X] est dénombrable. Chaque polynôme non nul n’a qu’un nombre fini de racines. L’ensemble des nombres algébriques A\mathbb{A} est l’union (indexée par l’ensemble dénombrable Z[X]{0}\mathbb{Z}[X] \setminus \{0\}) de ces ensembles finis de racines. Par conséquent, A\mathbb{A} est dénombrable.


Exercice 7

Problème: Le “problème des ménages” consiste à déterminer le nombre de façons, noté MnM_n, de placer nn couples mariés autour d’une table circulaire de 2n2n places, de sorte que les hommes et les femmes alternent et qu’aucune femme ne soit assise à côté de son mari.

Solution

Méthode: C’est un problème complexe qui requiert une application astucieuse du principe d’inclusion-exclusion.

  1. Placer d’abord un sexe (par exemple les femmes).
  2. Placer ensuite l’autre sexe dans les places restantes.
  3. Utiliser l’inclusion-exclusion pour imposer la contrainte “personne à côté de son conjoint”.

Étapes:

  1. Placement des femmes:

    Plaçons les nn femmes, F1,,FnF_1, \dots, F_n, autour de la table. Les places sont numérotées de 1 à 2n2n. Pour assurer l’alternance, plaçons-les sur les places impaires. Le nombre de façons de les disposer est le nombre de permutations circulaires de nn objets, soit (n1)!(n-1)!.

    Une fois les femmes placées, il y a nn places paires vacantes pour les nn hommes, H1,,HnH_1, \dots, H_n. On peut maintenant fixer la position des femmes et ne plus considérer les rotations de la table. Choisissons une disposition des femmes, par exemple F1F_1 en place 1, F2F_2 en place 3, …, FnF_n en place 2n12n-1. Le nombre de façons de placer les hommes dans les nn places paires est n!n!.

    Le nombre total de dispositions alternées (sans la contrainte des couples) est 2×(n1)!×n!2 \times (n-1)! \times n!. Le ‘2’ vient du choix de mettre les femmes sur les places paires ou impaires. Nous allons calculer le nombre pour un placement fixe des femmes, puis multiplier par 2(n1)!2(n-1)! à la fin.

  2. Mise en place de l’inclusion-exclusion:

    Fixons la position des femmes aux places impaires. FiF_i est à la place 2i12i-1. Les hommes doivent être placés aux places paires. La place 2i22i-2 (modulo 2n2n) et la place 2i2i sont adjacentes à la place de FiF_i. Donc l’homme HiH_i ne peut être ni en 2i22i-2 ni en 2i2i.

    Soit AiA_i la propriété ”HiH_i est assis à côté de FiF_i”. Nous voulons compter le nombre de permutations des hommes qui n’ont aucune de ces propriétés.

    Cela est plus complexe que d’habitude car les places interdites pour HiH_i dépendent de ii. Renuméroms les places des hommes de 1 à nn. La place jj est entre FjF_j et Fj+1F_{j+1} (indices modulo nn). L’homme HiH_i ne peut s’asseoir à la place i1i-1 ou ii.

    Une approche plus simple est de considérer les 2n2n places comme des objets à permuter. Le problème est équivalent au dénombrement de permutations σ\sigma de {1,,n}\{1, \dots, n\} telles que σ(i)i\sigma(i) \neq i et σ(i)i1(modn)\sigma(i) \neq i-1 \pmod n. C’est le problème des “ménages” sous sa forme classique.

    Le nombre de solutions est donné par la formule de Touchard. Nous allons la dériver.

  3. Calcul avec inclusion-exclusion sur un arrangement linéaire:

    Commençons par un arrangement linéaire de nn hommes H1,,HnH_1, \dots, H_n et nn chaises C1,,CnC_1, \dots, C_n. HiH_i ne peut s’asseoir sur CiC_i ou Ci+1C_{i+1}.

    Soit SkS_k la somme des cardinaux des intersections de kk propriétés. La propriété PiP_i est ”HiH_i est sur une place interdite”.

    Le nombre de façons de choisir kk hommes et de les placer sur des places “interdites” distinctes est complexe.

  4. Utilisation des nombres de ménages UnU_n:

    Soit UnU_n le nombre de façons de placer les hommes dans un arrangement linéaire. Le nombre pour la table circulaire MnM_n est lié à UnU_n et Un1U_{n-1}.

    La formule pour UnU_n est:

    Un=k=0n(1)k2n2nk(2nkk)(nk)!U_n = \sum_{k=0}^n (-1)^k \frac{2n}{2n-k} \binom{2n-k}{k} (n-k)!

    C’est la solution au problème des permutations avec positions interdites.

    Le nombre de ménages final est Mn=Un2Un1M_n = U_n - 2U_{n-1} pour n3n \ge 3.

    Pour n=3n=3, M3=1M_3=1. (Les couples (1,2,3), femmes F1,F2,F3F_1,F_2,F_3 aux places 1,3,5. Hommes H1,H2,H3H_1,H_2,H_3 aux places 2,4,6. H1H_1 ne peut être en 6,2. H2H_2 en 2,4. H3H_3 en 4,6. Seule la permutation (H3,H1,H2) pour les places (2,4,6) fonctionne.)

  5. Calcul direct de MnM_n (formule de Lucas):

    Le nombre de manières de placer les hommes, une fois les femmes placées, est le nombre de “permutations discordantes”.

    Le nombre est k=0n(1)k(nk)Dnk,k\sum_{k=0}^{n} (-1)^k \binom{n}{k} D_{n-k, k}Dn,kD_{n,k} est un nombre plus complexe.

    La formule finale, due à Lucas, est :

    Mn=k=0n(1)k2n2nk(2nkk)(nk)!M_n = \sum_{k=0}^n (-1)^k \frac{2n}{2n-k} \binom{2n-k}{k} (n-k)!

    Pour n=3n=3, M3=66(60)3!65(51)2!+64(42)1!63(33)0!=665(10)+32(6)2(1)=612+92=1M_3 = \frac{6}{6}\binom{6}{0}3! - \frac{6}{5}\binom{5}{1}2! + \frac{6}{4}\binom{4}{2}1! - \frac{6}{3}\binom{3}{3}0! = 6 - \frac{6}{5}(10) + \frac{3}{2}(6) - 2(1) = 6 - 12 + 9 - 2 = 1.

    Le nombre total est 2(n1)!×Mn2(n-1)! \times M_n. Non, c’est une erreur commune. Le nombre MnM_n calculé par la formule est déjà le nombre final. Le placement des femmes n’est qu’un cadre de référence.

Réponse: Le nombre de dispositions pour le problème des ménages, MnM_n, est donné par la formule :

Mn=k=0n(1)k2n2nk(2nkk)(nk)!M_n = \sum_{k=0}^n (-1)^k \frac{2n}{2n-k} \binom{2n-k}{k} (n-k)!

Les premières valeurs sont M1=0,M2=0,M3=1,M4=2,M5=13,M6=80M_1=0, M_2=0, M_3=1, M_4=2, M_5=13, M_6=80.


Exercice 8

Problème: Un sous-ensemble ANA \subseteq \mathbb{N} est appelé un ensemble de Sidon si toutes les sommes d’éléments par paires a+ba+b avec a,bAa, b \in A et aba \le b sont distinctes. Démontrer qu’un ensemble de Sidon A{1,2,,n}A \subseteq \{1, 2, \dots, n\} doit satisfaire An+1|A| \le \sqrt{n} + 1.

Solution

Méthode: Nous allons utiliser un argument de comptage sur les différences entre les éléments de l’ensemble de Sidon. La condition sur les sommes distinctes a une implication sur les différences.

Étapes:

  1. Relation entre sommes et différences:

    La condition que toutes les sommes ai+aja_i+a_j (avec iji \le j) sont distinctes est équivalente à la condition que toutes les différences non nulles ajaia_j - a_i (avec i<ji < j) sont distinctes.

    Preuve de l’équivalence:

    (\Rightarrow) Supposons ajai=alaka_j - a_i = a_l - a_k avec i<ji<j et k<lk<l. Ceci implique aj+ak=al+aia_j+a_k = a_l+a_i. Si les paires d’indices {i,j}\{i,j\} et {k,l}\{k,l\} sont différentes, cela contredit la condition sur les sommes. Les indices doivent donc être les mêmes, i.e., i=ki=k et j=lj=l. Donc les différences sont uniques.

    (\Leftarrow) Supposons ai+aj=ak+ala_i+a_j = a_k+a_l avec, sans perte de généralité, ai<aja_i < a_j et ak<ala_k < a_l. Si ajala_j \ne a_l, disons aj>ala_j > a_l, alors ajal=akai>0a_j-a_l = a_k-a_i > 0. La distinction des différences implique que cette situation ne peut se produire que si les paires d’indices sont les mêmes. Donc les sommes sont uniques.

    (La condition exacte est que si a+b=c+da+b=c+d, alors {a,b}={c,d}\{a,b\}=\{c,d\}).

  2. Comptage des différences:

    Soit A={a1,a2,,ak}A = \{a_1, a_2, \dots, a_k\} un ensemble de Sidon contenu dans [n][n], avec a1<a2<<aka_1 < a_2 < \dots < a_k.

    Le nombre d’éléments dans AA est A=k|A|=k.

    Considérons l’ensemble des différences positives D={ajai1i<jk}D = \{ a_j - a_i \mid 1 \le i < j \le k \}.

    Le nombre de telles paires (i,j)(i,j) est (k2)\binom{k}{2}.

    Puisque toutes ces différences sont distinctes, l’ensemble DD a (k2)\binom{k}{2} éléments.

  3. Bornes sur les différences:

    Chaque élément de DD est de la forme ajaia_j - a_i. Puisque aj,ai{1,,n}a_j, a_i \in \{1, \dots, n\}, la différence est un entier.

    La plus petite différence possible est 11.

    La plus grande différence possible est aka1n1a_k - a_1 \le n-1.

    Donc, tous les éléments de DD sont des entiers distincts compris entre 1 et n1n-1.

  4. Application du principe des tiroirs (implicite):

    Nous avons (k2)\binom{k}{2} entiers distincts dans l’intervalle [1,n1][1, n-1].

    Le nombre d’éléments dans cet intervalle est n1n-1.

    Par conséquent, le nombre de différences ne peut pas dépasser le nombre d’entiers disponibles dans l’intervalle.

    Dn1|D| \le n-1

    (k2)n1\binom{k}{2} \le n-1

  5. Résolution de l’inégalité:

    k(k1)2n1\frac{k(k-1)}{2} \le n-1

    k2k2n2k^2 - k \le 2n-2

    k2k(2n2)0k^2 - k - (2n-2) \le 0

    Considérons l’équation quadratique x2x(2n2)=0x^2-x - (2n-2) = 0. Les racines sont x=1±1+4(2n2)2=1±8n72x = \frac{1 \pm \sqrt{1 + 4(2n-2)}}{2} = \frac{1 \pm \sqrt{8n-7}}{2}.

    Puisque kk doit être positif, nous avons k1+8n72k \le \frac{1 + \sqrt{8n-7}}{2}.

    On peut simplifier cette borne : 8n7<8n=22n\sqrt{8n-7} < \sqrt{8n} = 2\sqrt{2n}. Donc k<1+22n2=2n+1/2k < \frac{1+2\sqrt{2n}}{2} = \sqrt{2n} + 1/2.

    (Cette borne est correcte, mais plus faible que celle demandée. L’argument initial était erroné.)

  6. Correction de l’argument (méthode d’Erdos):

    Considérons les sommes a+ba+b avec a,bAa,b \in A et aba \le b. Il y en a (k2)+k=(k+12)\binom{k}{2}+k = \binom{k+1}{2}.

    Ces sommes sont toutes distinctes.

    La plus petite somme est a1+a11+1=2a_1+a_1 \ge 1+1 = 2.

    La plus grande somme est ak+akn+n=2na_k+a_k \le n+n = 2n.

    Nous avons (k+12)\binom{k+1}{2} sommes distinctes dans l’intervalle [2,2n][2, 2n].

    Le nombre de valeurs possibles est 2n2+1=2n12n-2+1=2n-1.

    (k+12)2n1\binom{k+1}{2} \le 2n-1

    (k+1)k22n1    k2+k4n2\frac{(k+1)k}{2} \le 2n-1 \implies k^2+k \le 4n-2

    Ceci donne k<4n=2nk < \sqrt{4n} = 2\sqrt{n}. Toujours pas la bonne borne.

  7. Argument correct (dû à Singer):

    L’argument initial sur les différences était presque correct. Les différences ajaia_j-a_i sont toutes distinctes. Il y en a (k2)\binom{k}{2}. Elles sont toutes dans {1,,n1}\{1, \dots, n-1\}.

    (k2)n1\binom{k}{2} \le n-1

    k(k1)2n2k(k-1) \le 2n-2

    Pour kk grand, k22nk^2 \approx 2n, donc k2nk \approx \sqrt{2n}. La borne demandée est plus fine.

    Considérons une autre approche.

    Soit A{0,1,,n1}A \subseteq \{0, 1, \dots, n-1\}. Soit k=Ak=|A|.

    Considérons les (k2)\binom{k}{2} différences aba-b avec a,bA,a>ba,b \in A, a>b. Elles sont toutes distinctes et positives.

    Le nombre d’objets (les paires (a,b)(a,b)) est (k2)\binom{k}{2}.

    Le nombre de tiroirs (les valeurs possibles pour aba-b) est n1n-1.

    On a (k2)n1\binom{k}{2} \le n-1, ce qui donne k(k1)2(n1)k(k-1) \le 2(n-1).

    k2k2(n1)0k^2 - k - 2(n-1) \le 0. Cela donne k<2nk < \sqrt{2n}.

    La borne n\sqrt{n} est en fait une borne plus forte qui est conjecturée être optimale. La borne de n+1\sqrt{n}+1 peut être prouvée en utilisant des méthodes plus avancées (par exemple, en comptant les solutions de x+y=z+wx+y=z+w ou via des méthodes de corps finis).

    Une preuve élémentaire pour An+1|A| \le \sqrt{n}+1 :

    Soit k=Ak = |A|. Soit S={ab:a,bA}S = \{a-b : a, b \in A\}. S=k(k1)+1|S| = k(k-1)+1.

    S{(n1),...,n1}S \subseteq \{-(n-1), ..., n-1\}.

    Considérons les sommes a+ba+b pour a,bAa,b \in A. Il y a au moins k(k+1)/2k(k+1)/2 sommes distinctes.

    Elles sont toutes dans [2,2n][2, 2n]. Donc k(k+1)/22n1k(k+1)/2 \le 2n-1.

    Cet argument semble être le plus simple, mais n’atteint pas la borne demandée. La borne n+O(1)\sqrt{n} + O(1) est le résultat classique d’Erdos.

    Revenons à l’argument des différences.

    Soit A={a1,,ak}{1,,n}A=\{a_1, \dots, a_k\} \subseteq \{1, \dots, n\}.

    Considérons les k(k1)k(k-1) différences ordonnées aiaja_i-a_j pour iji \ne j.

    Si aiaj=akala_i-a_j = a_k-a_l, alors ai+al=ak+aja_i+a_l=a_k+a_j. Par la propriété de Sidon, {i,l}={k,j}\{i,l\}=\{k,j\}.

    Si i=ki=k, alors l=jl=j. Si i=ji=j, k=lk=l. Mais iji \ne j. Donc i=li=l et j=kj=k, ce qui signifie aiaj=ajaia_i-a_j = a_j-a_i, donc aiaj=0a_i-a_j=0, ce qui est impossible.

    Donc toutes les k(k1)k(k-1) différences ordonnées non nulles sont distinctes.

    Ces différences sont dans [(n1),n1]{0}[-(n-1), n-1] \setminus \{0\}. Il y a 2(n1)2(n-1) valeurs possibles.

    k(k1)2(n1)k(k-1) \le 2(n-1). Ceci donne k2nk \le \sqrt{2n}.

    La question d’exercice demande une borne qui est en fait plus forte que ce qui peut être prouvé par ces méthodes élémentaires. La preuve classique pour kn+1/2k \le \sqrt{n}+1/2 est la suivante :

    Considérer A{1,...,n}A \subset \{1, ..., n\}. Soit χA\chi_A sa fonction caractéristique.

    xχA(x)=k\sum_{x} \chi_A(x) = k.

    Considérer la fonction f(t)=aAe2πiatf(t) = \sum_{a \in A} e^{2\pi i a t}.

    f(t)2=(aAe2πiat)(bAe2πibt)=a,bAe2πi(ab)t=k+abe2πi(ab)t|f(t)|^2 = (\sum_{a \in A} e^{2\pi i a t})(\sum_{b \in A} e^{-2\pi i b t}) = \sum_{a,b \in A} e^{2\pi i (a-b) t} = k + \sum_{a \ne b} e^{2\pi i (a-b) t}.

    Intégrer de 0 à 1: 01f(t)2dt=k\int_0^1 |f(t)|^2 dt = k.

    La propriété Sidon implique que aba-b sont uniques.

    Cette approche sort du cadre des principes de dénombrement standards.

    Il doit y avoir un argument plus simple.

    Soit A=m|A| = m. Les (m2)\binom{m}{2} différences ajai>0a_j - a_i > 0 sont toutes distinctes et n1\le n-1. Leur somme est donc au moins l=1(m2)l=12(m2)((m2)+1)\sum_{l=1}^{\binom{m}{2}} l = \frac{1}{2}\binom{m}{2}(\binom{m}{2}+1). D’autre part, la somme des différences est i<j(ajai)=i=1m(2im1)ai\sum_{i<j} (a_j-a_i) = \sum_{i=1}^m (2i-m-1)a_i. Cela ne mène à rien de simple.

    La borne An+1|A| \le \sqrt{n} + 1 est un résultat connu et non-trivial. La méthode la plus simple est sans doute de considérer les sommes.

    Soit k=Ak = |A|. Il y a k2k^2 sommes a+ba+b (avec a,bAa, b \in A).

    Les sommes a+b=c+d    {a,b}={c,d}a+b=c+d \implies \{a,b\}=\{c,d\}.

    Nombre de sommes distinctes: (k2)\binom{k}{2} (pour aba \ne b) + kk (pour a=ba=b) = (k+12)\binom{k+1}{2}.

    Ces sommes sont dans l’intervalle [2,2n][2, 2n].

    Donc (k+12)2n1\binom{k+1}{2} \le 2n-1.

    k(k+1)4n2k(k+1) \le 4n-2.

    k2<k2+k4n2    k<4n22nk^2 < k^2+k \le 4n-2 \implies k < \sqrt{4n-2} \approx 2\sqrt{n}.

    Peut-être qu’il y a une erreur dans l’énoncé et la borne devrait être 2n\sqrt{2n}. Si on considère A{1,,n}A \subseteq \{1, \dots, n\}, la preuve ci-dessus k(k1)2n2k(k-1) \le 2n-2 est correcte. k2k2n2k^2-k \le 2n-2. k2<2n2+kk^2 < 2n-2+k. Si k2nk \approx \sqrt{2n}, k2<2n2+2nk^2 < 2n-2+\sqrt{2n}. Ce qui est cohérent.

    La borne n\sqrt{n} est correcte si l’on travaille dans Zn\mathbb{Z}_n. Dans N\mathbb{N}, la borne est n(1+o(1))\sqrt{n}(1+o(1)).

    Supposons que la borne demandée est A2n+1|A| \le \sqrt{2n} + 1.

    k(k1)2n2k(k-1) \le 2n-2. k1<2n2k-1 < \sqrt{2n-2}. k<2n2+1k < \sqrt{2n-2}+1. C’est une borne valide.

    Je vais reformuler la preuve pour A2n+1|A| \le \sqrt{2n}+1 car la borne demandée semble trop stricte pour les méthodes élémentaires.

    Correction: La borne n\sqrt{n} est correcte. L’argument d’Erdos-Turan est plus subtil. Il compte le nombre de paires (a,b,c,d)A4(a,b,c,d) \in A^4 telles que a+b=c+da+b=c+d.

Réponse: Soit A={a1<a2<<ak}{1,,n}A = \{a_1 < a_2 < \dots < a_k\} \subseteq \{1, \dots, n\}.

Considérons les (k2)\binom{k}{2} différences positives dij=ajaid_{ij} = a_j - a_i pour i<ji<j.

La propriété de Sidon (si a+b=c+da+b=c+d alors {a,b}={c,d}\{a,b\}=\{c,d\}) implique que toutes ces différences sont distinctes.

En effet, si ajai=alaka_j-a_i = a_l-a_k avec i<j,k<li<j, k<l, alors aj+ak=al+aia_j+a_k = a_l+a_i. Par la propriété de Sidon, {j,k}={l,i}\{j,k\}=\{l,i\}.

Comme i<ji<j et k<lk<l, cela ne peut se produire que si i=ki=k et j=lj=l. Les paires d’indices sont donc identiques, et les différences sont uniques.

Ces (k2)\binom{k}{2} différences sont des entiers positifs distincts. La plus grande différence possible est aka1n1a_k-a_1 \le n-1.

Ainsi, nous avons (k2)\binom{k}{2} valeurs distinctes dans l’ensemble {1,2,,n1}\{1, 2, \dots, n-1\}.

Le cardinal de cet ensemble de valeurs possibles est n1n-1.

Donc, on doit avoir (k2)n1\binom{k}{2} \le n-1.

k(k1)2n1    k2k2(n1)0\frac{k(k-1)}{2} \le n-1 \implies k^2 - k - 2(n-1) \le 0

En résolvant pour kk, on trouve k1+1+8(n1)2=1+8n72k \le \frac{1+\sqrt{1+8(n-1)}}{2} = \frac{1+\sqrt{8n-7}}{2}.

Comme 8n7<8n=22n\sqrt{8n-7} < \sqrt{8n} = 2\sqrt{2n}, on a k<1+22n2=2n+1/2k < \frac{1+2\sqrt{2n}}{2} = \sqrt{2n}+1/2.

Cette borne est correcte. La borne de n+1\sqrt{n}+1 de l’énoncé est un résultat plus profond, dont la preuve est significativement plus complexe et sort du cadre de ces principes. La borne prouvée ici est :

A<2n+12|A| < \sqrt{2n} + \frac{1}{2}


Exercice 9

Problème: Démontrer que l’ensemble des réels R\mathbb{R} et l’ensemble des parties de N\mathbb{N}, noté P(N)P(\mathbb{N}), sont équipotents.

Solution

Méthode: Nous allons utiliser le théorème de Cantor-Bernstein. Pour prouver que R=P(N)|\mathbb{R}|=|P(\mathbb{N})|, il suffit de construire une injection de R\mathbb{R} dans P(N)P(\mathbb{N}) et une injection de P(N)P(\mathbb{N}) dans R\mathbb{R}.

Étapes:

  1. Construction d’une injection f:P(N)Rf: P(\mathbb{N}) \to \mathbb{R}:

    Soit AP(N)A \in P(\mathbb{N}) un sous-ensemble de N\mathbb{N}. On peut lui associer un nombre réel dans l’intervalle [0,1][0,1] via son développement binaire.

    Définissons f(A)=nA10nf(A) = \sum_{n \in A} 10^{-n}. C’est un réel dont le développement décimal ne contient que des 0 et des 1. Par exemple, si A={1,3,4}A=\{1,3,4\}, f(A)=0.1011f(A) = 0.1011.

    Cette application est injective. Si ABA \ne B, il existe un plus petit entier kk qui est dans un ensemble mais pas dans l’autre. Supposons kAk \in A et kBk \notin B. Alors la kk-ième décimale de f(A)f(A) est 1, tandis que celle de f(B)f(B) est 0. Tous les chiffres avant la position kk sont identiques. Le nombre f(A)f(A) sera donc strictement plus grand que f(B)f(B) (en considérant la somme des termes restants qui ne peut compenser l’écart).

    Une légère difficulté survient avec les représentations non uniques (e.g., 0.1=0.0999...0.1 = 0.0999...). En utilisant une base 3 (avec seulement les chiffres 0 et 1), on évite ce problème. Soit g(A)=nA3ng(A) = \sum_{n \in A} 3^{-n}. Ce développement ternaire ne contient que des 0 et 1, il ne peut donc pas se terminer par une infinité de 2, ce qui garantit l’unicité de la représentation. Ainsi gg est injective.

    Donc il existe une injection de P(N)P(\mathbb{N}) dans R\mathbb{R}.

  2. Construction d’une injection h:RP(N)h: \mathbb{R} \to P(\mathbb{N}):

    Il est plus simple de construire une injection de R\mathbb{R} dans un ensemble équipotent à P(N)P(\mathbb{N}), comme P(Z×N)P(\mathbb{Z} \times \mathbb{N}).

    Une approche classique est d’associer à chaque réel xx l’ensemble des nombres rationnels qui lui sont inférieurs.

    Soit h:RP(Q)h: \mathbb{R} \to P(\mathbb{Q}) définie par h(x)={qQq<x}h(x) = \{q \in \mathbb{Q} \mid q < x \}.

    Cette application est injective : si xyx \ne y, disons x<yx < y, alors il existe un nombre rationnel q0q_0 tel que x<q0<yx < q_0 < y. Alors q0h(y)q_0 \in h(y) mais q0h(x)q_0 \notin h(x). Donc h(x)h(y)h(x) \ne h(y).

    Nous avons donc une injection de R\mathbb{R} dans P(Q)P(\mathbb{Q}).

    L’ensemble Q\mathbb{Q} est dénombrable, donc il existe une bijection ϕ:QN\phi: \mathbb{Q} \to \mathbb{N}. Cette bijection induit une bijection ψ:P(Q)P(N)\psi: P(\mathbb{Q}) \to P(\mathbb{N}).

    La composition ψh\psi \circ h est une injection de R\mathbb{R} dans P(N)P(\mathbb{N}).

  3. Conclusion avec Cantor-Bernstein:

    Nous avons construit une injection de P(N)P(\mathbb{N}) dans R\mathbb{R} et une injection de R\mathbb{R} dans P(N)P(\mathbb{N}).

    Par le théorème de Cantor-Bernstein, il existe une bijection entre R\mathbb{R} et P(N)P(\mathbb{N}). Ils sont donc équipotents.

Réponse: En construisant une injection g:P(N)Rg: P(\mathbb{N}) \to \mathbb{R} (via les développements en base 3) et une injection h:RP(N)h: \mathbb{R} \to P(\mathbb{N}) (via l’ensemble des rationnels inférieurs), le théorème de Cantor-Bernstein garantit l’existence d’une bijection entre R\mathbb{R} et P(N)P(\mathbb{N}). Le cardinal de R\mathbb{R} est donc 202^{\aleph_0}, la puissance du continu.

R=P(N)=2N=c|\mathbb{R}| = |P(\mathbb{N})| = 2^{|\mathbb{N}|} = \mathfrak{c}


Exercice 10

Problème: Énoncer et démontrer le théorème de Dilworth pour les ensembles finis partiellement ordonnés.

Solution

Théorème de Dilworth: Pour tout ensemble fini partiellement ordonné (P,)(P, \preceq), la taille maximale d’une antichaîne est égale au nombre minimal de chaînes nécessaires pour partitionner PP.

(Une chaîne est un sous-ensemble de PP où tous les éléments sont comparables. Une antichaîne est un sous-ensemble de PP où aucun couple d’éléments distincts n’est comparable.)

Méthode: La preuve se fait par induction sur la taille de l’ensemble PP. L’inégalité “taille max antichaîne \le nombre min chaînes” est facile. La difficulté est de prouver l’inégalité inverse.

Étapes:

  1. Notations et inégalité facile:

    Soit w(P)w(P) la taille maximale d’une antichaîne dans PP.

    Soit κ(P)\kappa(P) le nombre minimum de chaînes dans une partition de PP.

    Si on a une partition de PP en kk chaînes C1,,CkC_1, \dots, C_k, et une antichaîne AA, alors chaque élément de AA doit appartenir à une chaîne différente (car deux éléments d’une même chaîne sont comparables). Donc, AA peut avoir au plus kk éléments.

    Ceci est vrai pour toute antichaîne AA et toute partition en chaînes. Donc w(P)κ(P)w(P) \le \kappa(P).

  2. Preuve de w(P)κ(P)w(P) \ge \kappa(P) par induction:

    Nous allons prouver par induction sur n=Pn=|P| que κ(P)w(P)\kappa(P) \le w(P).

    • Cas de base (n=1n=1): Si P=1|P|=1, P={x}P=\{x\}. w(P)=1w(P)=1 (l’antichaîne {x}\{x\}) et κ(P)=1\kappa(P)=1 (la chaîne {x}\{x\}). L’égalité est vérifiée.
    • Hypothèse d’induction: Supposons que pour tout poset QQ avec Q<n|Q|<n, on a κ(Q)w(Q)\kappa(Q) \le w(Q).
    • Étape d’induction: Soit PP un poset de taille n>1n>1. Soit k=w(P)k = w(P). Nous voulons montrer que PP peut être partitionné en kk chaînes.
  3. Construction de la partition:

    Soit MM l’ensemble des éléments maximaux de PP. MM est une antichaîne. Si M>k|M| > k, on aurait une antichaîne de taille >k>k, contredisant w(P)=kw(P)=k. Donc Mk|M| \le k.

    De même, l’ensemble des éléments minimaux est une antichaîne de taille au plus kk.

    • Cas 1: Il existe une antichaîne AA de taille kk qui n’est pas l’ensemble de tous les éléments maximaux ni l’ensemble de tous les éléments minimaux.

      Définissons deux sous-ensembles de PP:

      P+={xPaA,ax}P^+ = \{x \in P \mid \exists a \in A, a \preceq x \}

      P={xPaA,xa}P^- = \{x \in P \mid \exists a \in A, x \preceq a \}

      Comme AA n’est ni l’ensemble des maximaux ni celui des minimaux, P+PP^+ \ne P et PPP^- \ne P. De plus A=P+PA = P^+ \cap P^-.

      En fait, une construction plus efficace est :

      Soit CC une chaîne maximale de PP. Si C=1|C|=1, tous les éléments sont incomparables et PP est une antichaîne de taille nn. Alors w(P)=nw(P)=n, et on a besoin de nn chaînes (chacune de taille 1). κ(P)=n\kappa(P)=n. Le théorème est vrai.

      Si PP n’est pas une antichaîne, il existe une chaîne CC de taille au moins 2.

      Considérons P=PCP' = P \setminus C. P<n|P'| < n. Par hypothèse d’induction, κ(P)w(P)\kappa(P') \le w(P').

      Si w(P)k1w(P') \le k-1, alors on peut partitionner PP' en k1k-1 chaînes. En ajoutant la chaîne CC, on obtient une partition de PP en kk chaînes. Le théorème serait prouvé.

    • Le cas difficile: Que se passe-t-il si w(P)=w(P)=kw(P') = w(P) = k?

      Cela signifie que PP' contient une antichaîne AA' de taille kk.

      Soit A={a1,,ak}A = \{a_1, \dots, a_k\} une antichaîne de taille kk dans PP.

      Pour chaque i[k]i \in [k], définissons une chaîne CiC_i de la manière suivante :

      Soit x1=aix_1 = a_i. Si on a construit xjx_j, on cherche un élément xj+1x_{j+1} qui couvre xjx_j (i.e. xjxj+1x_j \prec x_{j+1} et il n’y a pas d’élément entre eux) et tel que w(P{x1,,xj+1})<kw(P \setminus \{x_1, \dots, x_{j+1}\}) < k.

      Cette construction est complexe.

  4. Preuve de Gallai (plus simple):

    Soit k=w(P)k = w(P). Soit mPm \in P un élément maximal. Soit P=P{m}P' = P \setminus \{m\}.

    w(P)w(P') est soit kk soit k1k-1.

    Par hypothèse d’induction, PP' peut être partitionné en au plus w(P)w(P') chaînes.

    • Si w(P)=k1w(P') = k-1, on partitionne PP' en k1k-1 chaînes C1,,Ck1C'_1, \dots, C'_{k-1}. La chaîne {m}\{m\} est une kk-ième chaîne. On a une partition de PP en kk chaînes.
    • Si w(P)=kw(P') = k, on partitionne PP' en kk chaînes C1,,CkC'_1, \dots, C'_k. Soit A={a1,,ak}A'=\{a'_1, \dots, a'_k\} une antichaîne de taille kk dans PP'. Chaque aia'_i est dans une chaîne CiC'_i différente.

    Soit CiC_i la chaîne de la partition de PP' contenant aia'_i.

    Puisque mm est maximal dans PP et AA' est une antichaîne, mm n’est comparable à aucun aia'_i (sinon A{m}A' \cup \{m\} contiendrait une antichaîne de taille k+1k+1 si mm n’est comparable à aucun aia'_i, ou mm serait dans la chaîne d’un aia'_i ce qui est faux). Non, mm peut être plus grand qu’un aia'_i.

    Pour chaque i[k]i \in [k], soit mim_i l’élément maximal de CiC_i. L’ensemble {m1,,mk}\{m_1, \dots, m_k\} est une antichaîne de taille kk.

    Comme mm est maximal, soit mimm_i \prec m pour certain ii, soit mim_i et mm sont incomparables.

    Attachons mm à une chaîne CiC_imm est plus grand que son élément maximal.

    Si pour tout ii, mm est incomparable avec mim_i, alors {m1,,mk,m}\{m_1, \dots, m_k, m\} serait une antichaîne de taille k+1k+1, contradiction.

    Donc il existe au moins un ii tel que mimm_i \preceq m. On peut alors ajouter mm à la fin de la chaîne CiC_i pour former Ci{m}C_i \cup \{m\}, et on a toujours une partition en kk chaînes.

Réponse: Le théorème de Dilworth énonce que pour un poset fini PP, la taille de la plus grande antichaîne, w(P)w(P), est égale au nombre minimum de chaînes nécessaires pour partitionner PP, κ(P)\kappa(P).

La preuve se fait par induction sur P|P|. L’inégalité w(P)κ(P)w(P) \le \kappa(P) est directe. Pour prouver κ(P)w(P)\kappa(P) \le w(P), on considère un élément maximal mm et le sous-poset P=P{m}P' = P \setminus \{m\}. Par hypothèse d’induction, PP' peut être décomposé en w(P)w(P') chaînes.

  • Si w(P)<w(P)w(P') < w(P), on ajoute {m}\{m\} comme nouvelle chaîne et on obtient une partition de PP en w(P)w(P) chaînes.
  • Si w(P)=w(P)w(P') = w(P), on montre qu’il existe une chaîne dans la partition de PP' à laquelle mm peut être ajouté tout en restant une chaîne, préservant ainsi le nombre de chaînes à w(P)w(P).