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Principes de dénombrement (B)
Concept 1: Cardinalité d’un ensemble fini
Prérequis
- Théorie des ensembles : ensembles, sous-ensembles, ensemble vide (), opérations ensemblistes.
- Fonctions : application, injection, surjection, bijection, composition, application réciproque.
- Logique mathématique : raisonnement par récurrence.
Définition
Un ensemble est dit fini s’il existe un entier naturel et une bijection , où pour et .
Le Théorème de l’unicité du cardinal (Corollaire 1.2) garantit que si un ensemble est en bijection avec et avec , alors nécessairement . Cet entier unique est appelé le cardinal de , noté ou .
Propriétés Clés
- Comparaison des cardinaux (Théorème 1.1) : Soient . Il existe une injection de dans si et seulement si .
- Démonstration :
- () Si , l’application identité restreinte à , définie par , est injective.
- () Par récurrence sur . Soit l’assertion : “pour tout , si injective, alors ”.
- Initialisation () : est l’application vide. L’assertion est toujours vraie pour .
- Hérédité : Supposons vraie. Soit une injection. L’ensemble étant non vide, l’est aussi, donc .
- Cas 1 : . La restriction est injective. Par hypothèse de récurrence, , donc .
- Cas 2 : . Soit la transposition qui échange et . L’application est injective et . On est ramené au Cas 1, ce qui donne .
- La propriété est donc vraie. Par le principe de récurrence, est vraie pour tout .
- Démonstration :
- Cardinalité d’un sous-ensemble (Proposition 1.5 & Corollaire 1.12) : Toute partie d’un ensemble fini est finie et . De plus, si et seulement si .
- Démonstration (esquisse) : Soit et une bijection. La restriction de à est une injection de dans , donc une bijection de sur une partie . On montre par récurrence que toute partie de est finie de cardinal au plus , avec égalité ssi la partie est lui-même. Le résultat pour et s’en déduit.
Exemples
Exemple 1
Soit . L’application définie par est une bijection. Donc .
Exemple 2
Soit l’alphabet binaire. L’ensemble des mots binaires de longueur 2 est . L’application définie par est une bijection. Donc .
Exemple 3
L’ensemble des nombres premiers inférieurs à 15 est . Une bijection avec est . Donc .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
L’ensemble des entiers naturels n’est pas fini.
Preuve par l’absurde : Supposons que pour un certain . Il existerait donc une bijection . Considérons l’inclusion définie par . L’application est injective. Alors est une injection. D’après le Théorème 1.1, cela implique , ce qui est une contradiction.
Contre-exemple 2
Une application ne peut pas établir que . En effet, d’après le Théorème 1.1, il n’existe pas d’injection de dans (qui est en bijection avec ), donc il n’existe pas de bijection.
Concepts liés
- Ordinaux et cardinaux : En théorie des ensembles axiomatique (ZFC), les cardinaux sont définis comme des ordinaux spécifiques. Pour les ensembles finis, cette construction coïncide avec la définition ci-dessus. Pour les ensembles infinis, elle permet de définir une hiérarchie de “tailles” d’infini (cardinaux transfinis).
Concept 2: Principe de bijection
Prérequis
- Cardinalité d’un ensemble fini
- Bijections
Définition
(Proposition 1.6) Soient et deux ensembles finis. S’il existe une bijection , alors et ont le même cardinal : .
Ce principe est la base des preuves bijectives (ou preuves combinatoires) : pour dénombrer un ensemble , il suffit de trouver un ensemble de cardinal connu et de construire une bijection entre et .
Propriétés Clés
-
Relation d’équivalence : La relation “être en bijection avec” (ou “être équipotent à”) est une relation d’équivalence sur la collection de tous les ensembles. Les classes d’équivalence sont les cardinaux.
-
Stratégie de preuve : Pour prouver , on peut :
- Définir une application .
- Prouver que est injective.
- Prouver que est surjective.
Alternativement, on peut construire l’application réciproque et montrer que and .
Exemples
Exemple 1
Soit un ensemble de cardinal . Le cardinal de son ensemble des parties est .
Preuve bijective : On établit une bijection entre et l’ensemble des fonctions de dans , noté . Une fonction a pour cardinal et pour codomaine de cardinal 2. Le nombre de telles fonctions est .
La bijection associe à chaque sous-ensemble sa fonction caractéristique définie par :
Cette application est une bijection. Donc .
Exemple 2
Soit l’ensemble des parties de cardinal de . Son cardinal est noté . On a l’identité .
Preuve bijective : L’application “passage au complémentaire” définie par est une bijection. En effet, si a éléments, son complémentaire en a . L’application réciproque est elle-même, donc c’est une involution et une bijection.
Exemple 3
Le nombre de chemins sur un quadrillage allant de à en n’utilisant que des pas vers la droite (R) ou vers le haut (U) est .
Preuve bijective : Un tel chemin est une séquence de pas R et pas U, pour un total de pas. La séquence est entièrement déterminée par la position des pas R (ou des pas U) parmi les positions totales. L’ensemble de ces chemins est donc en bijection avec l’ensemble des sous-ensembles de cardinal de l’ensemble des positions . Le cardinal est donc .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Une injection ne suffit pas pour garantir l’égalité des cardinaux. L’application définie par est injective, mais .
Contre-exemple 2
Une surjection ne suffit pas. L’application définie par est surjective, mais .
Concepts liés
- Dénombrement double (Double counting) : Une technique qui consiste à compter un même ensemble de deux manières différentes pour établir une identité combinatoire.
- Théorème de Cantor-Bernstein : Si il existe une injection de dans et une injection de dans , alors il existe une bijection entre et .
Concept 3: Principe des tiroirs de Dirichlet
Prérequis
- Cardinalité, Injections, Fonctions.
Définition
(Corollaire 1.9) Soient et deux ensembles finis. Si , alors il n’existe aucune application injective de dans .
En d’autres termes, pour toute application , il existe au moins un élément qui a au moins deux antécédents, i.e., .
L’énoncé classique est : “Si l’on range objets dans tiroirs avec , alors au moins un tiroir contient au moins deux objets.”
Propriétés Clés
- Principe d’existence : Ce principe garantit l’existence d’une configuration particulière (un tiroir “plein”) sans toutefois la construire explicitement.
- Principe des tiroirs généralisé : Si objets sont rangés dans tiroirs (), alors au moins un tiroir contient au moins objets.
- Démonstration : Soit avec . Supposons par l’absurde que pour tout , . Puisque est un entier, cela signifie . Alors, . Or, on sait que , donc . On obtient , ce qui contredit .
- Principe d’injection (Corollaire 1.8) : La contraposée du principe des tiroirs. Il existe une injection si et seulement si .
Exemples
Exemple 1
Soit un sous-ensemble de de taille . Montrer qu’il existe distincts tels que divise .
Démonstration : Les “objets” sont les entiers de . Pour définir les “tiroirs”, on écrit chaque sous la forme où est un entier impair. Les appartiennent à l’ensemble des nombres impairs dans , qui sont . Il y a tels nombres impairs, ce sont nos “tiroirs”. L’application est définie par . Comme , par le principe des tiroirs, il existe deux éléments distincts tels que . On a donc et . Si , alors divise .
Exemple 2
Parmi 13 personnes, au moins deux sont nées le même mois.
Démonstration : Objets : 13 personnes. Tiroirs : les 12 mois de l’année. L’application associe à chaque personne son mois de naissance. Comme , le principe s’applique.
Exemple 3 (Théorème d’Erdos-Szekeres, cas simple)
Toute séquence de nombres réels distincts contient une sous-séquence monotone (croissante ou décroissante) de longueur .
Démonstration : Soit la séquence avec . Pour chaque , on associe le couple , où est la longueur de la plus longue sous-séquence croissante terminant en , et celle de la plus longue sous-séquence décroissante terminant en . Supposons qu’il n’existe aucune sous-séquence monotone de longueur . Alors pour tout , . Il y a couples possibles pour . Comme nous avons termes dans la séquence (“objets”), il existe tels que par le principe des tiroirs.
- Si , on peut étendre la sous-séquence croissante finissant en par . Donc , ce qui contredit .
- Si , on peut étendre la sous-séquence décroissante finissant en par . Donc , ce qui contredit .
La supposition initiale est fausse, donc une telle sous-séquence existe.
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Le sous-ensemble de a un cardinal de . Ici, aucun élément ne divise un autre. En effet, pour avec , on a . Donc ne peut être un entier. Cela montre que la condition dans l’exemple 1 est stricte.
Contre-exemple 2
On lance deux dés à 6 faces. La somme des faces est un entier entre 2 et 12 (11 résultats possibles). Si on fait 11 lancers, il n’est pas garanti que deux lancers donnent la même somme. Le principe des tiroirs requiert , donc au moins 12 lancers seraient nécessaires pour garantir une répétition de la somme.
Concepts liés
- Théorie de Ramsey : Une généralisation du principe des tiroirs, qui stipule que dans toute structure suffisamment grande, un certain ordre doit apparaître.
- Arguments d’existence en analyse et théorie des nombres.
Concept 4: Principes d’addition et d’inclusion-exclusion
Prérequis
- Théorie des ensembles (union, intersection, complémentaire, partition)
- Cardinalité
Définition
- Principe d’addition (Corollaire 1.14) : Pour une famille finie d’ensembles finis deux à deux disjoints (i.e., pour ), le cardinal de leur union est la somme de leurs cardinaux :
- Principe d’inclusion-exclusion (pour 2 ensembles, Corollaire 1.15) : Pour deux ensembles finis quelconques et , on a :
Propriétés Clés
- Partitionnement : Le principe d’addition est l’outil fondamental pour compter en partitionnant un ensemble complexe en sous-ensembles plus simples et disjoints.
- Correction du surcomptage : Le principe d’inclusion-exclusion corrige le surcomptage effectué par une simple addition lorsque les ensembles ne sont pas disjoints. Chaque élément de l’intersection est compté deux fois dans , il faut donc le soustraire une fois.
- Généralisation : Le principe d’inclusion-exclusion se généralise à ensembles (formule de Poincaré ou de Sylvester) :
- Dénombrement du complémentaire : Un cas particulier du principe d’addition. Si , alors , où .
Exemples
Exemple 1
Combien d’entiers dans sont divisibles par 3 ou 5 ?
Soit l’ensemble des entiers dans divisibles par . On cherche .
.
.
.
Par le principe d’inclusion-exclusion, .
Exemple 2
Un mot de passe de 8 caractères est formé de lettres majuscules (26) ou de chiffres (10). Combien de mots de passe contiennent au moins un chiffre ?
Soit l’ensemble de tous les mots de passe possibles. .
Soit l’ensemble des mots de passe ne contenant que des lettres. .
L’ensemble recherché est le complémentaire de dans . Son cardinal est .
Exemple 3
On lance deux dés distincts. Combien de résultats ont au moins un ‘6’ ?
Soit l’événement “le premier dé est un 6” et l’événement “le second dé est un 6”.
.
.
.
Le nombre de résultats est .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Une mauvaise application du principe d’addition. On veut compter le nombre de personnes dans une salle qui parlent français ou anglais. Il y a 10 francophones et 8 anglophones. Le total n’est pas si certains sont bilingues, car les deux ensembles ne sont pas disjoints.
Contre-exemple 2
On oublie le terme d’intersection. Combien d’entiers de 1 à 10 sont pairs ou supérieurs à 7 ?
, .
.
. L’erreur vient du fait que n’est pas vide. La formule correcte donne .
Concepts liés
- Probabilités : La formule est l’analogue probabiliste du principe.
- Théorie de la mesure : Le cardinal est une mesure (la mesure de comptage) et la formule d’additivité est une propriété fondamentale des mesures.
- Dérangements : Le problème de compter les permutations sans point fixe est une application classique du principe d’inclusion-exclusion généralisé.
Concept 5: Principe des bergers
Prérequis
- Fonctions (image, préimage/fibre)
- Principe d’addition
- Partition d’un ensemble
Définition
Soient et deux ensembles finis et une application.
- Forme générale (Proposition 1.16) : Le cardinal de est la somme des cardinaux des préimages (ou fibres) des éléments de .
(Note : Si n’est pas dans l’image de , alors et sa contribution est 0).
- Cas régulier (Corollaire 1.18) : S’il existe un entier tel que la préimage de chaque élément de l’image de est de cardinal (i.e. ), alors :
Si de plus est surjective, et donc .
Propriétés Clés
- Raffinement du comptage : Ce principe permet de déduire le cardinal d’un ensemble (les “moutons”) en comptant un ensemble plus facile à appréhender (les “pattes”) et en divisant par la taille constante des fibres (le nombre de pattes par mouton). C’est la base des raisonnements par quotient.
- Lien avec les partitions : La famille d’ensembles forme une partition de . Le principe général n’est donc qu’une reformulation du principe d’addition pour cette partition spécifique.
- Application en algèbre : Ce principe est fondamental en théorie des groupes, notamment dans la preuve du théorème de Lagrange.
Exemples
Exemple 1
Combien y a-t-il de façons de disposer personnes autour d’une table circulaire, si les dispositions sont considérées identiques à rotation près ?
Soit l’ensemble des permutations linéaires des personnes, .
Soit l’ensemble des dispositions circulaires.
On définit une application qui associe à une permutation linéaire la disposition circulaire correspondante.
Pour une disposition circulaire donnée, il y a permutations linéaires qui lui correspondent (en choisissant l’une des personnes comme “début” de la ligne). Donc, pour tout , .
Par le principe des bergers, , donc .
Exemple 2
Combien d’anagrammes distinctes peut-on former avec les lettres du mot “CELLULE” ?
Le mot a 7 lettres: C(1), E(2), L(3), U(1).
Soit l’ensemble des permutations des 7 lettres si on les supposait toutes distinctes (e.g., ). .
Soit l’ensemble des anagrammes distinctes.
On définit qui “oublie” les indices.
Pour une anagramme donnée, par exemple “CELLULE”, combien de permutations dans lui correspondent ? On peut permuter les deux E de façons, et les trois L de façons. La taille de chaque fibre est donc .
Par le principe des bergers, .
Exemple 3 (Théorème de Lagrange)
Soit un groupe fini et un sous-groupe de . Alors l’ordre de divise l’ordre de .
Preuve : Soit l’ensemble des classes à gauche . Soit l’application . Cette application est surjective par définition. Les fibres sont les classes elles-mêmes : . Toutes les classes ont le même cardinal que , soit .
En appliquant le principe des bergers (cas régulier), on a . Ainsi, divise .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
On ne peut pas appliquer la formule de division si les fibres n’ont pas la même taille. Soit et . Soit définie par . Les fibres sont de taille 3 et de taille 1. On doit utiliser la forme générale : .
Contre-exemple 2
L’application doit être bien définie. Si on essaie de compter les paires non ordonnées de en partant des couples ordonnés sans répétition (taille ), on peut définir une application . Chaque paire a exactement 2 antécédents, et . La formule donne , ce qui est correct. Si l’on inclut les couples avec répétition comme , la fibre pour est juste , de taille 1. Le principe de division ne s’applique pas directement à l’ensemble de tous les couples.
Concepts liés
- Théorie des groupes : Action de groupe, orbites, stabilisateurs. Le Théorème orbite-stabilisateur est une généralisation du principe des bergers.
- Topologie : Revêtements. Si est un revêtement à feuillets, alors pour tout ensemble “gentil” , on a .
Concept 6: Principe de multiplication
Prérequis
- Produit cartésien d’ensembles
- Principe des bergers
Définition
(Corollaire 1.20) Soient des ensembles finis. Le cardinal de leur produit cartésien est le produit de leurs cardinaux :
Ce principe est souvent formulé en termes de tâches séquentielles : si une procédure peut être décomposée en étapes successives, et que l’étape peut être réalisée de manières (indépendamment des choix précédents), alors la procédure complète peut être réalisée de manières.
Propriétés Clés
- Comptage de structures ordonnées : Ce principe est la clé pour compter des structures où l’ordre des éléments importe (tuples, séquences, permutations, mots).
- Preuve par récurrence ou par le principe des bergers : La preuve pour (Proposition 1.19) utilise le principe des bergers sur la projection , où les fibres sont toutes de taille . Le cas général suit par une simple récurrence.
- Arbres de décision : Le principe peut être visualisé par un arbre de décision où chaque niveau correspond à une étape. Le nombre total de feuilles de l’arbre est le produit du nombre de branches à chaque niveau.
Exemples
Exemple 1
Soient des ensembles finis avec . Le nombre de fonctions de dans est .
Démonstration : Soit . Définir une fonction revient à choisir une image , puis une image , et ainsi de suite jusqu’à . Chaque choix est indépendant et peut être fait de manières. Il y a choix à faire. Le nombre total de fonctions est donc ( fois), soit . Formellement, on établit une bijection entre l’ensemble des fonctions et le produit cartésien .
Exemple 2
Le nombre d’injections d’un ensemble de cardinal dans un ensemble de cardinal () est l’arrangement .
Démonstration : Soit . Pour définir une injection , on choisit de façons. Puis doit être différent de , donc on a choix. Pour , on a choix. Le nombre total d’injections est donc .
Exemple 3
Combien y a-t-il de diviseurs positifs de l’entier ?
La décomposition en facteurs premiers de est . Un diviseur de est de la forme avec et . Choisir un diviseur revient à choisir un exposant pour 2 (parmi , 4 choix) et un exposant pour 3 (parmi , 3 choix). Par le principe de multiplication, le nombre de diviseurs est .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Les choix ne sont pas indépendants. Combien de mots de 3 lettres distinctes peut-on former avec l’alphabet ?
Premier choix : 3 lettres. Deuxième choix : 2 lettres. Troisième choix : 1 lettre. Total : . Un raisonnement naïf “3 choix pour la première, 3 pour la seconde, 3 pour la troisième” donnerait , ce qui compte les mots avec répétitions. Le principe s’applique, mais le nombre de choix à une étape dépend des choix précédents (mais seulement de manière à réduire l’ensemble des options, pas à en changer la nature). C’est le cas de l’exemple 2.
Contre-exemple 2
L’ordre ne compte pas. Combien de paires de fruits peut-on choisir parmi {pomme, banane, orange} ?
Le principe de multiplication donne paires ordonnées. Mais {pomme, banane} est la même paire que {banane, pomme}. Le principe de multiplication seul surcompte. Il faut le combiner au principe des bergers pour diviser par le nombre de permutations (), donnant paires.
Concepts liés
- Combinations et Arrangements : Le principe de multiplication est utilisé pour dériver les formules pour les arrangements () et, combiné au principe des bergers, pour les combinaisons ().
- Probabilités d’événements indépendants : Si des événements sont indépendants, la probabilité de leur intersection est le produit de leurs probabilités.
Concept 7: Équipotence et Ensembles Dénombrables
Prérequis
- Théorie des ensembles, fonctions (injection, bijection)
- Ensembles finis et infinis
Définition
-
Équipotence : Deux ensembles et sont dits équipotents s’il existe une bijection entre eux. On note ou .
-
Ensemble infini dénombrable : Un ensemble est dit infini dénombrable s’il est équipotent à l’ensemble des entiers naturels . Son cardinal est noté (aleph-zéro).
-
Ensemble dénombrable : Un ensemble est dit dénombrable s’il est fini ou infini dénombrable.
-
Ensemble non dénombrable : Un ensemble infini qui n’est pas dénombrable.
Propriétés Clés
-
Théorème de Cantor-Bernstein (Théorème 1.24) : Soient deux ensembles. S’il existe une injection de dans et une injection de dans , alors et sont équipotents. C’est un outil très puissant pour prouver l’équipotence sans construire explicitement une bijection.
-
Stabilité de la dénombrabilité :
- Tout sous-ensemble d’un ensemble dénombrable est dénombrable (Corollaire 1.28).
- L’union d’une famille finie ou dénombrable d’ensembles dénombrables est dénombrable.
- Le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles dénombrables est dénombrable.
-
Théorème de Cantor (Théorème 1.30) : Pour tout ensemble , il n’existe pas de surjection de dans son ensemble des parties . Par conséquent, et ne sont jamais équipotents. Cela implique qu’il existe une hiérarchie infinie de cardinaux infinis.
- Démonstration (argument diagonal) : Soit une application quelconque. Considérons l’ensemble “diagonal” . Cet ensemble est un élément de . Montrons qu’il ne peut pas être l’image d’un élément de par . Supposons par l’absurde qu’il existe tel que .
- Si , alors par définition de , . Mais comme , cela signifie . Contradiction.
- Si , alors par définition de , . Mais comme , cela signifie . Contradiction.
- Dans tous les cas, on aboutit à une contradiction. Donc n’a pas d’antécédent par , et n’est pas surjective.
- Démonstration (argument diagonal) : Soit une application quelconque. Considérons l’ensemble “diagonal” . Cet ensemble est un élément de . Montrons qu’il ne peut pas être l’image d’un élément de par . Supposons par l’absurde qu’il existe tel que .
Exemples
Exemple 1
Les ensembles , et sont tous dénombrables et équipotents.
- par est une bijection.
- par est une bijection (ou celle de la Proposition 1.26).
Exemple 2
L’ensemble des nombres rationnels est dénombrable.
Démonstration (esquisse) : On peut construire une injection de dans en associant à chaque rationnel sa forme irréductible . Comme et sont dénombrables, leur produit l’est aussi. On a donc une injection de dans un ensemble dénombrable. Comme , on a une injection de dans . Par le théorème de Cantor-Bernstein, est équipotent à .
Exemple 3
L’ensemble des nombres réels n’est pas dénombrable.
Démonstration : Par le théorème de Cantor, n’est pas dénombrable. On montre que est équipotent à . Il suffit de montrer que l’intervalle n’est pas dénombrable. On utilise un argument diagonal de Cantor sur les développements binaires des nombres de . Si une énumération de tous les réels de existait, on pourrait construire un nouveau réel dont la -ième décimale binaire diffère de celle de , contredisant l’exhaustivité de la liste.
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Un ensemble infini n’est pas nécessairement dénombrable. Comme vu ci-dessus, et sont des ensembles infinis non dénombrables. Le cardinal de est appelé la puissance du continu, noté .
Contre-exemple 2
L’union d’une famille non dénombrable d’ensembles peut ne pas être dénombrable. Par exemple, . C’est une union non dénombrable d’ensembles finis (donc dénombrables), et le résultat est non dénombrable.
Concepts liés
- Hypothèse du continu : L’affirmation qu’il n’existe aucun ensemble de cardinalité strictement comprise entre celle de () et celle de (). Il a été prouvé que cette hypothèse est indécidable dans le système d’axiomes ZFC.
- Cardinaux transfinis : La théorie des ensembles de Cantor définit une arithmétique des cardinaux infinis (, et ).
- Calculabilité : L’ensemble de tous les programmes informatiques (ou machines de Turing) est dénombrable. Cela implique qu’il existe des fonctions non calculables, puisque l’ensemble de toutes les fonctions de dans n’est pas dénombrable.