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Principes de dénombrement (B)


Concept 1: Cardinalité d’un ensemble fini

Prérequis

  • Théorie des ensembles : ensembles, sous-ensembles, ensemble vide (\emptyset), opérations ensemblistes.
  • Fonctions : application, injection, surjection, bijection, composition, application réciproque.
  • Logique mathématique : raisonnement par récurrence.

Définition

Un ensemble EE est dit fini s’il existe un entier naturel nNn \in \mathbb{N} et une bijection f:E[n]f : E \to [n], où [n]={1,2,,n}[n] = \{1, 2, \dots, n\} pour nNn \in \mathbb{N}^* et [0]=[0] = \emptyset.

Le Théorème de l’unicité du cardinal (Corollaire 1.2) garantit que si un ensemble EE est en bijection avec [n][n] et avec [m][m], alors nécessairement n=mn=m. Cet entier unique nn est appelé le cardinal de EE, noté E|E| ou Card(E)\text{Card}(E).

E=n    f:E[n] bijective.|E|=n \iff \exists f: E \to [n] \text{ bijective.}

Propriétés Clés

  • Comparaison des cardinaux (Théorème 1.1) : Soient n,mNn, m \in \mathbb{N}. Il existe une injection de [n][n] dans [m][m] si et seulement si nmn \le m.
    • Démonstration :
      • (    \impliedby) Si nmn \le m, l’application identité restreinte à [n][n], ι:[n][m]\iota : [n] \to [m] définie par ι(k)=k\iota(k)=k, est injective.
      • (    \implies) Par récurrence sur nn. Soit P(n)P(n) l’assertion : “pour tout mNm \in \mathbb{N}, si f:[n][m]\exists f: [n] \to [m] injective, alors nmn \le m”.
        • Initialisation (n=0n=0) : f:[0][m]f: [0] \to [m] est l’application vide. L’assertion 0m0 \le m est toujours vraie pour mNm \in \mathbb{N}.
        • Hérédité : Supposons P(n)P(n) vraie. Soit f:[n+1][m]f: [n+1] \to [m] une injection. L’ensemble [n+1][n+1] étant non vide, [m][m] l’est aussi, donc m1m \ge 1.
          • Cas 1 : f(n+1)=mf(n+1) = m. La restriction f[n]:[n][m1]f|_{[n]} : [n] \to [m-1] est injective. Par hypothèse de récurrence, nm1n \le m-1, donc n+1mn+1 \le m.
          • Cas 2 : f(n+1)=kmf(n+1) = k \neq m. Soit σ\sigma la transposition qui échange kk et mm. L’application g=σfg = \sigma \circ f est injective et g(n+1)=mg(n+1)=m. On est ramené au Cas 1, ce qui donne n+1mn+1 \le m.
        • La propriété P(n+1)P(n+1) est donc vraie. Par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  • Cardinalité d’un sous-ensemble (Proposition 1.5 & Corollaire 1.12) : Toute partie FF d’un ensemble fini EE est finie et FE|F| \le |E|. De plus, F=E|F|=|E| si et seulement si F=EF=E.
    • Démonstration (esquisse) : Soit E=n|E|=n et g:E[n]g: E \to [n] une bijection. La restriction de gg à FF est une injection de FF dans [n][n], donc une bijection de FF sur une partie G[n]G \subseteq [n]. On montre par récurrence que toute partie de [n][n] est finie de cardinal au plus nn, avec égalité ssi la partie est [n][n] lui-même. Le résultat pour FF et EE s’en déduit.

Exemples

Exemple 1

Soit E={a,b,c}E = \{a, b, c\}. L’application f:E[3]f: E \to [3] définie par f(a)=1,f(b)=2,f(c)=3f(a)=1, f(b)=2, f(c)=3 est une bijection. Donc E=3|E|=3.

Exemple 2

Soit Σ={0,1}\Sigma = \{0, 1\} l’alphabet binaire. L’ensemble Σ2\Sigma^2 des mots binaires de longueur 2 est Σ2={(0,0),(0,1),(1,0),(1,1)}\Sigma^2 = \{(0,0), (0,1), (1,0), (1,1)\}. L’application f:Σ2[4]f: \Sigma^2 \to [4] définie par f((x,y))=2x+y+1f((x,y)) = 2x+y+1 est une bijection. Donc Σ2=4|\Sigma^2|=4.

Exemple 3

L’ensemble des nombres premiers inférieurs à 15 est P15={2,3,5,7,11,13}P_{15} = \{2, 3, 5, 7, 11, 13\}. Une bijection avec [6][6] est f(2)=1,f(3)=2,f(5)=3,f(7)=4,f(11)=5,f(13)=6f(2)=1, f(3)=2, f(5)=3, f(7)=4, f(11)=5, f(13)=6. Donc P15=6|P_{15}|=6.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

L’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N} n’est pas fini.

Preuve par l’absurde : Supposons que N=n|\mathbb{N}|=n pour un certain nNn \in \mathbb{N}. Il existerait donc une bijection f:N[n]f: \mathbb{N} \to [n]. Considérons l’inclusion ι:[n+1]N\iota: [n+1] \to \mathbb{N} définie par ι(k)=k1\iota(k)=k-1. L’application ι\iota est injective. Alors fι:[n+1][n]f \circ \iota : [n+1] \to [n] est une injection. D’après le Théorème 1.1, cela implique n+1nn+1 \le n, ce qui est une contradiction.

Contre-exemple 2

Une application g:[3]{a,b}g : [3] \to \{a,b\} ne peut pas établir que {a,b}=3|\{a,b\}|=3. En effet, d’après le Théorème 1.1, il n’existe pas d’injection de [3][3] dans [2][2] (qui est en bijection avec {a,b}\{a,b\}), donc il n’existe pas de bijection.

Concepts liés

  • Ordinaux et cardinaux : En théorie des ensembles axiomatique (ZFC), les cardinaux sont définis comme des ordinaux spécifiques. Pour les ensembles finis, cette construction coïncide avec la définition ci-dessus. Pour les ensembles infinis, elle permet de définir une hiérarchie de “tailles” d’infini (cardinaux transfinis).

Concept 2: Principe de bijection

Prérequis

  • Cardinalité d’un ensemble fini
  • Bijections

Définition

(Proposition 1.6) Soient EE et FF deux ensembles finis. S’il existe une bijection f:EFf: E \to F, alors EE et FF ont le même cardinal : E=F|E|=|F|.

Ce principe est la base des preuves bijectives (ou preuves combinatoires) : pour dénombrer un ensemble EE, il suffit de trouver un ensemble FF de cardinal connu et de construire une bijection entre EE et FF.

Propriétés Clés

  • Relation d’équivalence : La relation “être en bijection avec” (ou “être équipotent à”) est une relation d’équivalence sur la collection de tous les ensembles. Les classes d’équivalence sont les cardinaux.

  • Stratégie de preuve : Pour prouver E=F|E|=|F|, on peut :

    1. Définir une application f:EFf: E \to F.
    2. Prouver que ff est injective.
    3. Prouver que ff est surjective.

    Alternativement, on peut construire l’application réciproque g:FEg: F \to E et montrer que fg=idFf \circ g = \text{id}_F and gf=idEg \circ f = \text{id}_E.

Exemples

Exemple 1

Soit EE un ensemble de cardinal nn. Le cardinal de son ensemble des parties P(E)P(E) est 2n2^n.

Preuve bijective : On établit une bijection entre P(E)P(E) et l’ensemble des fonctions de EE dans {0,1}\{0,1\}, noté {0,1}E\{0,1\}^E. Une fonction f{0,1}Ef \in \{0,1\}^E a pour cardinal E=n|E|=n et pour codomaine de cardinal 2. Le nombre de telles fonctions est 2n2^n.

La bijection ϕ:P(E){0,1}E\phi: P(E) \to \{0,1\}^E associe à chaque sous-ensemble AEA \subseteq E sa fonction caractéristique χA:E{0,1}\chi_A: E \to \{0,1\} définie par :

χA(x)={1si xA0si xA\chi_A(x) = \begin{cases} 1 & \text{si } x \in A \\ 0 & \text{si } x \notin A \end{cases}

Cette application est une bijection. Donc P(E)={0,1}E=2n|P(E)| = |\{0,1\}^E| = 2^n.

Exemple 2

Soit Pk([n])P_k([n]) l’ensemble des parties de cardinal kk de [n][n]. Son cardinal est noté (nk)\binom{n}{k}. On a l’identité (nk)=(nnk)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k}.

Preuve bijective : L’application “passage au complémentaire” ϕ:Pk([n])Pnk([n])\phi : P_k([n]) \to P_{n-k}([n]) définie par ϕ(A)=[n]A\phi(A) = [n] \setminus A est une bijection. En effet, si AA a kk éléments, son complémentaire en a nkn-k. L’application réciproque est ϕ\phi elle-même, donc c’est une involution et une bijection.

Exemple 3

Le nombre de chemins sur un quadrillage allant de (0,0)(0,0) à (m,n)(m,n) en n’utilisant que des pas vers la droite (R) ou vers le haut (U) est (m+nm)\binom{m+n}{m}.

Preuve bijective : Un tel chemin est une séquence de mm pas R et nn pas U, pour un total de m+nm+n pas. La séquence est entièrement déterminée par la position des mm pas R (ou des nn pas U) parmi les m+nm+n positions totales. L’ensemble de ces chemins est donc en bijection avec l’ensemble des sous-ensembles de cardinal mm de l’ensemble des positions {1,2,,m+n}\{1, 2, \dots, m+n\}. Le cardinal est donc (m+nm)\binom{m+n}{m}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Une injection ne suffit pas pour garantir l’égalité des cardinaux. L’application f:[2][3]f: [2] \to [3] définie par f(x)=xf(x)=x est injective, mais [2]=23=[3]|[2]| = 2 \ne 3 = |[3]|.

Contre-exemple 2

Une surjection ne suffit pas. L’application g:[3][2]g: [3] \to [2] définie par g(1)=1,g(2)=2,g(3)=1g(1)=1, g(2)=2, g(3)=1 est surjective, mais [3]=32=[2]|[3]|=3 \ne 2=|[2]|.

Concepts liés

  • Dénombrement double (Double counting) : Une technique qui consiste à compter un même ensemble de deux manières différentes pour établir une identité combinatoire.
  • Théorème de Cantor-Bernstein : Si il existe une injection de EE dans FF et une injection de FF dans EE, alors il existe une bijection entre EE et FF.

Concept 3: Principe des tiroirs de Dirichlet

Prérequis

  • Cardinalité, Injections, Fonctions.

Définition

(Corollaire 1.9) Soient EE et FF deux ensembles finis. Si E>F|E|>|F|, alors il n’existe aucune application injective de EE dans FF.

En d’autres termes, pour toute application f:EFf: E \to F, il existe au moins un élément yFy \in F qui a au moins deux antécédents, i.e., yF,f1({y})2\exists y \in F, |f^{-1}(\{y\})| \ge 2.

L’énoncé classique est : “Si l’on range mm objets dans nn tiroirs avec m>nm>n, alors au moins un tiroir contient au moins deux objets.”

Propriétés Clés

  • Principe d’existence : Ce principe garantit l’existence d’une configuration particulière (un tiroir “plein”) sans toutefois la construire explicitement.
  • Principe des tiroirs généralisé : Si mm objets sont rangés dans nn tiroirs (n1n \ge 1), alors au moins un tiroir contient au moins m/n\lceil m/n \rceil objets.
    • Démonstration : Soit f:EFf: E \to F avec E=m,F=n|E|=m, |F|=n. Supposons par l’absurde que pour tout yFy \in F, f1({y})<m/n|f^{-1}(\{y\})| < \lceil m/n \rceil. Puisque f1({y})|f^{-1}(\{y\})| est un entier, cela signifie f1({y})m/n1|f^{-1}(\{y\})| \le \lceil m/n \rceil - 1. Alors, E=yFf1({y})n(m/n1)|E| = \sum_{y \in F} |f^{-1}(\{y\})| \le n \cdot (\lceil m/n \rceil - 1). Or, on sait que x<x+1\lceil x \rceil < x+1, donc n(m/n1)<n(m/n+11)=mn(\lceil m/n \rceil - 1) < n(m/n+1-1) = m. On obtient E<m|E|<m, ce qui contredit E=m|E|=m.
  • Principe d’injection (Corollaire 1.8) : La contraposée du principe des tiroirs. Il existe une injection f:EFf:E \to F si et seulement si EF|E| \le |F|.

Exemples

Exemple 1

Soit AA un sous-ensemble de [2n][2n] de taille n+1n+1. Montrer qu’il existe a,bAa,b \in A distincts tels que aa divise bb.

Démonstration : Les “objets” sont les n+1n+1 entiers de AA. Pour définir les “tiroirs”, on écrit chaque aiAa_i \in A sous la forme ai=2kivia_i = 2^{k_i} v_iviv_i est un entier impair. Les viv_i appartiennent à l’ensemble des nombres impairs dans [2n][2n], qui sont {1,3,5,,2n1}\{1, 3, 5, \dots, 2n-1\}. Il y a nn tels nombres impairs, ce sont nos “tiroirs”. L’application f:A{1,3,,2n1}f: A \to \{1,3,\dots,2n-1\} est définie par f(ai)=vif(a_i) = v_i. Comme A=n+1>n|A| = n+1 > n, par le principe des tiroirs, il existe deux éléments distincts ai,ajAa_i, a_j \in A tels que f(ai)=f(aj)=vf(a_i)=f(a_j)=v. On a donc ai=2kiva_i = 2^{k_i}v et aj=2kjva_j = 2^{k_j}v. Si ki<kjk_i < k_j, alors aia_i divise aja_j.

Exemple 2

Parmi 13 personnes, au moins deux sont nées le même mois.

Démonstration : Objets : 13 personnes. Tiroirs : les 12 mois de l’année. L’application associe à chaque personne son mois de naissance. Comme 13>1213>12, le principe s’applique.

Exemple 3 (Théorème d’Erdos-Szekeres, cas simple)

Toute séquence de n2+1n^2+1 nombres réels distincts contient une sous-séquence monotone (croissante ou décroissante) de longueur n+1n+1.

Démonstration : Soit la séquence a1,,aNa_1, \dots, a_{N} avec N=n2+1N=n^2+1. Pour chaque i[N]i \in [N], on associe le couple (xi,yi)(x_i, y_i), où xix_i est la longueur de la plus longue sous-séquence croissante terminant en aia_i, et yiy_i celle de la plus longue sous-séquence décroissante terminant en aia_i. Supposons qu’il n’existe aucune sous-séquence monotone de longueur n+1n+1. Alors pour tout ii, 1xi,yin1 \le x_i, y_i \le n. Il y a n2n^2 couples possibles pour (xi,yi)(x_i, y_i). Comme nous avons n2+1n^2+1 termes dans la séquence (“objets”), il existe i<ji<j tels que (xi,yi)=(xj,yj)(x_i, y_i) = (x_j, y_j) par le principe des tiroirs.

  • Si ai<aja_i < a_j, on peut étendre la sous-séquence croissante finissant en aia_i par aja_j. Donc xjxi+1x_j \ge x_i+1, ce qui contredit xi=xjx_i=x_j.
  • Si ai>aja_i > a_j, on peut étendre la sous-séquence décroissante finissant en aia_i par aja_j. Donc yjyi+1y_j \ge y_i+1, ce qui contredit yi=yjy_i=y_j.

La supposition initiale est fausse, donc une telle sous-séquence existe.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Le sous-ensemble A={n+1,n+2,,2n}A = \{n+1, n+2, \dots, 2n\} de [2n][2n] a un cardinal de nn. Ici, aucun élément ne divise un autre. En effet, pour a,bAa, b \in A avec a<ba < b, on a 1<b/a<2n/(n+1)<21 < b/a < 2n/(n+1) < 2. Donc b/ab/a ne peut être un entier. Cela montre que la condition A=n+1|A|=n+1 dans l’exemple 1 est stricte.

Contre-exemple 2

On lance deux dés à 6 faces. La somme des faces est un entier entre 2 et 12 (11 résultats possibles). Si on fait 11 lancers, il n’est pas garanti que deux lancers donnent la même somme. Le principe des tiroirs requiert m>nm > n, donc au moins 12 lancers seraient nécessaires pour garantir une répétition de la somme.

Concepts liés

  • Théorie de Ramsey : Une généralisation du principe des tiroirs, qui stipule que dans toute structure suffisamment grande, un certain ordre doit apparaître.
  • Arguments d’existence en analyse et théorie des nombres.

Concept 4: Principes d’addition et d’inclusion-exclusion

Prérequis

  • Théorie des ensembles (union, intersection, complémentaire, partition)
  • Cardinalité

Définition

  • Principe d’addition (Corollaire 1.14) : Pour une famille finie d’ensembles finis {E1,,En}\{E_1, \dots, E_n\} deux à deux disjoints (i.e., EiEj=E_i \cap E_j = \emptyset pour iji \ne j), le cardinal de leur union est la somme de leurs cardinaux :

i=1nEi=i=1nEi\left| \bigcup_{i=1}^n E_i \right| = \sum_{i=1}^n |E_i|

  • Principe d’inclusion-exclusion (pour 2 ensembles, Corollaire 1.15) : Pour deux ensembles finis quelconques EE et FF, on a :

EF=E+FEF|E \cup F| = |E| + |F| - |E \cap F|

Propriétés Clés

  • Partitionnement : Le principe d’addition est l’outil fondamental pour compter en partitionnant un ensemble complexe en sous-ensembles plus simples et disjoints.
  • Correction du surcomptage : Le principe d’inclusion-exclusion corrige le surcomptage effectué par une simple addition lorsque les ensembles ne sont pas disjoints. Chaque élément de l’intersection est compté deux fois dans E+F|E|+|F|, il faut donc le soustraire une fois.
  • Généralisation : Le principe d’inclusion-exclusion se généralise à nn ensembles (formule de Poincaré ou de Sylvester) :

i=1nEi=I[n](1)I1iIEi\left| \bigcup_{i=1}^n E_i \right| = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq [n]} (-1)^{|I|-1} \left| \bigcap_{i \in I} E_i \right|

  • Dénombrement du complémentaire : Un cas particulier du principe d’addition. Si AUA \subseteq U, alors A=UAˉ|A| = |U| - |\bar{A}|, où Aˉ=UA\bar{A} = U \setminus A.

Exemples

Exemple 1

Combien d’entiers dans {1,,500}\{1, \dots, 500\} sont divisibles par 3 ou 5 ?

Soit AkA_k l’ensemble des entiers dans [500][500] divisibles par kk. On cherche A3A5|A_3 \cup A_5|.

A3=500/3=166|A_3| = \lfloor 500/3 \rfloor = 166.

A5=500/5=100|A_5| = \lfloor 500/5 \rfloor = 100.

A3A5=A15=500/15=33|A_3 \cap A_5| = |A_{15}| = \lfloor 500/15 \rfloor = 33.

Par le principe d’inclusion-exclusion, A3A5=166+10033=233|A_3 \cup A_5| = 166 + 100 - 33 = 233.

Exemple 2

Un mot de passe de 8 caractères est formé de lettres majuscules (26) ou de chiffres (10). Combien de mots de passe contiennent au moins un chiffre ?

Soit UU l’ensemble de tous les mots de passe possibles. U=(26+10)8=368|U| = (26+10)^8 = 36^8.

Soit AA l’ensemble des mots de passe ne contenant que des lettres. A=268|A| = 26^8.

L’ensemble recherché est le complémentaire de AA dans UU. Son cardinal est UA=368268|U| - |A| = 36^8 - 26^8.

Exemple 3

On lance deux dés distincts. Combien de résultats ont au moins un ‘6’ ?

Soit EE l’événement “le premier dé est un 6” et FF l’événement “le second dé est un 6”.

E={(6,1),(6,2),,(6,6)}=6|E| = |\{(6,1), (6,2), \dots, (6,6)\}| = 6.

F={(1,6),(2,6),,(6,6)}=6|F| = |\{(1,6), (2,6), \dots, (6,6)\}| = 6.

EF={(6,6)}=1|E \cap F| = |\{(6,6)\}| = 1.

Le nombre de résultats est EF=E+FEF=6+61=11|E \cup F| = |E| + |F| - |E \cap F| = 6 + 6 - 1 = 11.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Une mauvaise application du principe d’addition. On veut compter le nombre de personnes dans une salle qui parlent français ou anglais. Il y a 10 francophones et 8 anglophones. Le total n’est pas 10+8=1810+8=18 si certains sont bilingues, car les deux ensembles ne sont pas disjoints.

Contre-exemple 2

On oublie le terme d’intersection. Combien d’entiers de 1 à 10 sont pairs ou supérieurs à 7 ?

E={2,4,6,8,10}E = \{2,4,6,8,10\}, F={8,9,10}F = \{8,9,10\}.

EF={2,4,6,8,9,10}=6|E \cup F| = |\{2,4,6,8,9,10\}| = 6.

E+F=5+3=8|E|+|F|=5+3=8. L’erreur vient du fait que EF={8,10}E \cap F = \{8,10\} n’est pas vide. La formule correcte donne 5+32=65+3-2=6.

Concepts liés

  • Probabilités : La formule P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A \cup B) = P(A)+P(B)-P(A \cap B) est l’analogue probabiliste du principe.
  • Théorie de la mesure : Le cardinal est une mesure (la mesure de comptage) et la formule d’additivité est une propriété fondamentale des mesures.
  • Dérangements : Le problème de compter les permutations sans point fixe est une application classique du principe d’inclusion-exclusion généralisé.

Concept 5: Principe des bergers

Prérequis

  • Fonctions (image, préimage/fibre)
  • Principe d’addition
  • Partition d’un ensemble

Définition

Soient EE et FF deux ensembles finis et f:EFf: E \to F une application.

  • Forme générale (Proposition 1.16) : Le cardinal de EE est la somme des cardinaux des préimages (ou fibres) des éléments de FF.

E=yFf1({y})|E| = \sum_{y \in F} |f^{-1}(\{y\})|

(Note : Si yy n’est pas dans l’image de ff, alors f1({y})=f^{-1}(\{y\}) = \emptyset et sa contribution est 0).

  • Cas régulier (Corollaire 1.18) : S’il existe un entier pNp \in \mathbb{N}^* tel que la préimage de chaque élément de l’image de ff est de cardinal pp (i.e. yIm(f),f1({y})=p\forall y \in \text{Im}(f), |f^{-1}(\{y\})|=p), alors :

E=pIm(f)|E| = p \cdot |\text{Im}(f)|

Si de plus ff est surjective, Im(f)=F|\text{Im}(f)|=|F| et donc E=pF|E| = p \cdot |F|.

Propriétés Clés

  • Raffinement du comptage : Ce principe permet de déduire le cardinal d’un ensemble FF (les “moutons”) en comptant un ensemble EE plus facile à appréhender (les “pattes”) et en divisant par la taille constante pp des fibres (le nombre de pattes par mouton). C’est la base des raisonnements par quotient.
  • Lien avec les partitions : La famille d’ensembles {f1({y})}yF\{ f^{-1}(\{y\}) \}_{y \in F} forme une partition de EE. Le principe général n’est donc qu’une reformulation du principe d’addition pour cette partition spécifique.
  • Application en algèbre : Ce principe est fondamental en théorie des groupes, notamment dans la preuve du théorème de Lagrange.

Exemples

Exemple 1

Combien y a-t-il de façons de disposer nn personnes autour d’une table circulaire, si les dispositions sont considérées identiques à rotation près ?

Soit EE l’ensemble des permutations linéaires des nn personnes, E=n!|E| = n!.

Soit FF l’ensemble des dispositions circulaires.

On définit une application f:EFf: E \to F qui associe à une permutation linéaire la disposition circulaire correspondante.

Pour une disposition circulaire donnée, il y a nn permutations linéaires qui lui correspondent (en choisissant l’une des nn personnes comme “début” de la ligne). Donc, pour tout yFy \in F, f1({y})=n|f^{-1}(\{y\})|=n.

Par le principe des bergers, E=nF|E| = n \cdot |F|, donc F=E/n=n!/n=(n1)!|F| = |E|/n = n!/n = (n-1)!.

Exemple 2

Combien d’anagrammes distinctes peut-on former avec les lettres du mot “CELLULE” ?

Le mot a 7 lettres: C(1), E(2), L(3), U(1).

Soit EE l’ensemble des permutations des 7 lettres si on les supposait toutes distinctes (e.g., C1E1L1L2U1L3E2C_1 E_1 L_1 L_2 U_1 L_3 E_2). E=7!|E|=7!.

Soit FF l’ensemble des anagrammes distinctes.

On définit f:EFf: E \to F qui “oublie” les indices.

Pour une anagramme donnée, par exemple “CELLULE”, combien de permutations dans EE lui correspondent ? On peut permuter les deux E de 2!2! façons, et les trois L de 3!3! façons. La taille de chaque fibre est donc p=1!2!3!1!=12p = 1! \cdot 2! \cdot 3! \cdot 1! = 12.

Par le principe des bergers, F=E/p=7!/(2!3!)=420|F| = |E|/p = 7! / (2! \cdot 3!) = 420.

Exemple 3 (Théorème de Lagrange)

Soit GG un groupe fini et HH un sous-groupe de GG. Alors l’ordre de HH divise l’ordre de GG.

Preuve : Soit l’ensemble des classes à gauche G/H={gHgG}G/H = \{gH \mid g \in G\}. Soit f:GG/Hf: G \to G/H l’application f(g)=gHf(g)=gH. Cette application est surjective par définition. Les fibres sont les classes elles-mêmes : f1({gH})=gHf^{-1}(\{gH\}) = gH. Toutes les classes ont le même cardinal que HH, soit H|H|.

En appliquant le principe des bergers (cas régulier), on a G=HG/H|G| = |H| \cdot |G/H|. Ainsi, H|H| divise G|G|.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

On ne peut pas appliquer la formule de division si les fibres n’ont pas la même taille. Soit E={a,b,c,d}E=\{a,b,c,d\} et F={1,2}F=\{1,2\}. Soit f:EFf: E \to F définie par f(a)=1,f(b)=1,f(c)=1,f(d)=2f(a)=1, f(b)=1, f(c)=1, f(d)=2. Les fibres sont f1({1})={a,b,c}f^{-1}(\{1\})=\{a,b,c\} de taille 3 et f1({2})={d}f^{-1}(\{2\})=\{d\} de taille 1. On doit utiliser la forme générale : E=f1({1})+f1({2})=3+1=4|E|=|f^{-1}(\{1\})| + |f^{-1}(\{2\})| = 3+1=4.

Contre-exemple 2

L’application doit être bien définie. Si on essaie de compter les paires non ordonnées de {1,2,3,4}\{1,2,3,4\} en partant des couples ordonnés sans répétition (taille 4×3=124 \times 3=12), on peut définir une application f((a,b))={a,b}f((a,b))=\{a,b\}. Chaque paire {a,b}\{a,b\} a exactement 2 antécédents, (a,b)(a,b) et (b,a)(b,a). La formule 12=2F12 = 2 \cdot |F| donne F=6|F|=6, ce qui est correct. Si l’on inclut les couples avec répétition comme (1,1)(1,1), la fibre pour {1,1}\{1,1\} est juste {(1,1)}\{(1,1)\}, de taille 1. Le principe de division ne s’applique pas directement à l’ensemble de tous les couples.

Concepts liés

  • Théorie des groupes : Action de groupe, orbites, stabilisateurs. Le Théorème orbite-stabilisateur est une généralisation du principe des bergers.
  • Topologie : Revêtements. Si p:X~Xp: \tilde{X} \to X est un revêtement à kk feuillets, alors pour tout ensemble “gentil” AXA \subset X, on a aire(p1(A))=kaire(A)|\text{aire}|(p^{-1}(A)) = k \cdot |\text{aire}|(A).

Concept 6: Principe de multiplication

Prérequis

  • Produit cartésien d’ensembles
  • Principe des bergers

Définition

(Corollaire 1.20) Soient E1,,EnE_1, \dots, E_n des ensembles finis. Le cardinal de leur produit cartésien est le produit de leurs cardinaux :

E1×E2××En=i=1nEi|E_1 \times E_2 \times \cdots \times E_n| = \prod_{i=1}^n |E_i|

Ce principe est souvent formulé en termes de tâches séquentielles : si une procédure peut être décomposée en nn étapes successives, et que l’étape ii peut être réalisée de kik_i manières (indépendamment des choix précédents), alors la procédure complète peut être réalisée de k1k2knk_1 \cdot k_2 \cdots k_n manières.

Propriétés Clés

  • Comptage de structures ordonnées : Ce principe est la clé pour compter des structures où l’ordre des éléments importe (tuples, séquences, permutations, mots).
  • Preuve par récurrence ou par le principe des bergers : La preuve pour n=2n=2 (Proposition 1.19) utilise le principe des bergers sur la projection f:E×FFf: E \times F \to F, où les fibres sont toutes de taille E|E|. Le cas général suit par une simple récurrence.
  • Arbres de décision : Le principe peut être visualisé par un arbre de décision où chaque niveau correspond à une étape. Le nombre total de feuilles de l’arbre est le produit du nombre de branches à chaque niveau.

Exemples

Exemple 1

Soient E,FE, F des ensembles finis avec E=n,F=m|E|=n, |F|=m. Le nombre de fonctions de EE dans FF est mnm^n.

Démonstration : Soit E={x1,,xn}E=\{x_1, \dots, x_n\}. Définir une fonction f:EFf:E \to F revient à choisir une image f(x1)Ff(x_1) \in F, puis une image f(x2)Ff(x_2) \in F, et ainsi de suite jusqu’à f(xn)Ff(x_n) \in F. Chaque choix est indépendant et peut être fait de F=m|F|=m manières. Il y a nn choix à faire. Le nombre total de fonctions est donc m×m××mm \times m \times \cdots \times m (nn fois), soit mnm^n. Formellement, on établit une bijection entre l’ensemble des fonctions FEF^E et le produit cartésien FnF^n.

Exemple 2

Le nombre d’injections d’un ensemble de cardinal nn dans un ensemble de cardinal mm (nmn \le m) est l’arrangement Amn=m!(mn)!A_m^n = \frac{m!}{(m-n)!}.

Démonstration : Soit E={x1,,xn}E=\{x_1, \dots, x_n\}. Pour définir une injection f:EFf:E \to F, on choisit f(x1)f(x_1) de mm façons. Puis f(x2)f(x_2) doit être différent de f(x1)f(x_1), donc on a m1m-1 choix. Pour f(xi)f(x_i), on a m(i1)m-(i-1) choix. Le nombre total d’injections est donc m(m1)(mn+1)=Amnm(m-1)\cdots(m-n+1) = A_m^n.

Exemple 3

Combien y a-t-il de diviseurs positifs de l’entier N=72N=72 ?

La décomposition en facteurs premiers de NN est 72=233272 = 2^3 \cdot 3^2. Un diviseur de NN est de la forme 2a3b2^a \cdot 3^b avec 0a30 \le a \le 3 et 0b20 \le b \le 2. Choisir un diviseur revient à choisir un exposant pour 2 (parmi {0,1,2,3}\{0,1,2,3\}, 4 choix) et un exposant pour 3 (parmi {0,1,2}\{0,1,2\}, 3 choix). Par le principe de multiplication, le nombre de diviseurs est 4×3=124 \times 3 = 12.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Les choix ne sont pas indépendants. Combien de mots de 3 lettres distinctes peut-on former avec l’alphabet {a,b,c}\{a,b,c\} ?

Premier choix : 3 lettres. Deuxième choix : 2 lettres. Troisième choix : 1 lettre. Total : 3×2×1=63 \times 2 \times 1 = 6. Un raisonnement naïf “3 choix pour la première, 3 pour la seconde, 3 pour la troisième” donnerait 33=273^3=27, ce qui compte les mots avec répétitions. Le principe s’applique, mais le nombre de choix à une étape dépend des choix précédents (mais seulement de manière à réduire l’ensemble des options, pas à en changer la nature). C’est le cas de l’exemple 2.

Contre-exemple 2

L’ordre ne compte pas. Combien de paires de fruits peut-on choisir parmi {pomme, banane, orange} ?

Le principe de multiplication donne 3×2=63 \times 2 = 6 paires ordonnées. Mais {pomme, banane} est la même paire que {banane, pomme}. Le principe de multiplication seul surcompte. Il faut le combiner au principe des bergers pour diviser par le nombre de permutations (2!2!), donnant 6/2=36/2=3 paires.

Concepts liés

  • Combinations et Arrangements : Le principe de multiplication est utilisé pour dériver les formules pour les arrangements (AmnA_m^n) et, combiné au principe des bergers, pour les combinaisons ((nk)\binom{n}{k}).
  • Probabilités d’événements indépendants : Si des événements sont indépendants, la probabilité de leur intersection est le produit de leurs probabilités.

Concept 7: Équipotence et Ensembles Dénombrables

Prérequis

  • Théorie des ensembles, fonctions (injection, bijection)
  • Ensembles finis et infinis

Définition

  • Équipotence : Deux ensembles EE et FF sont dits équipotents s’il existe une bijection entre eux. On note EFE \sim F ou E=F|E|=|F|.

  • Ensemble infini dénombrable : Un ensemble EE est dit infini dénombrable s’il est équipotent à l’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N}. Son cardinal est noté 0\aleph_0 (aleph-zéro).

  • Ensemble dénombrable : Un ensemble est dit dénombrable s’il est fini ou infini dénombrable.

  • Ensemble non dénombrable : Un ensemble infini qui n’est pas dénombrable.

Propriétés Clés

  • Théorème de Cantor-Bernstein (Théorème 1.24) : Soient E,FE, F deux ensembles. S’il existe une injection de EE dans FF et une injection de FF dans EE, alors EE et FF sont équipotents. C’est un outil très puissant pour prouver l’équipotence sans construire explicitement une bijection.

  • Stabilité de la dénombrabilité :

    • Tout sous-ensemble d’un ensemble dénombrable est dénombrable (Corollaire 1.28).
    • L’union d’une famille finie ou dénombrable d’ensembles dénombrables est dénombrable.
    • Le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles dénombrables est dénombrable.
  • Théorème de Cantor (Théorème 1.30) : Pour tout ensemble EE, il n’existe pas de surjection de EE dans son ensemble des parties P(E)P(E). Par conséquent, EE et P(E)P(E) ne sont jamais équipotents. Cela implique qu’il existe une hiérarchie infinie de cardinaux infinis.

    • Démonstration (argument diagonal) : Soit f:EP(E)f: E \to P(E) une application quelconque. Considérons l’ensemble “diagonal” A={xExf(x)}A = \{x \in E \mid x \notin f(x) \}. Cet ensemble AA est un élément de P(E)P(E). Montrons qu’il ne peut pas être l’image d’un élément de EE par ff. Supposons par l’absurde qu’il existe yEy \in E tel que f(y)=Af(y)=A.
      • Si yAy \in A, alors par définition de AA, yf(y)y \notin f(y). Mais comme f(y)=Af(y)=A, cela signifie yAy \notin A. Contradiction.
      • Si yAy \notin A, alors par définition de AA, yf(y)y \in f(y). Mais comme f(y)=Af(y)=A, cela signifie yAy \in A. Contradiction.
    • Dans tous les cas, on aboutit à une contradiction. Donc AA n’a pas d’antécédent par ff, et ff n’est pas surjective.

Exemples

Exemple 1

Les ensembles N\mathbb{N}, Z\mathbb{Z} et 2N={0,2,4,}2\mathbb{N}=\{0,2,4,\dots\} sont tous dénombrables et équipotents.

  • f:N2Nf: \mathbb{N} \to 2\mathbb{N} par f(n)=2nf(n)=2n est une bijection.
  • g:NZg: \mathbb{N} \to \mathbb{Z} par g(n)=(1)nn/2g(n) = (-1)^n \lceil n/2 \rceil est une bijection (ou celle de la Proposition 1.26).

Exemple 2

L’ensemble Q\mathbb{Q} des nombres rationnels est dénombrable.

Démonstration (esquisse) : On peut construire une injection de Q\mathbb{Q} dans Z×N\mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* en associant à chaque rationnel sa forme irréductible p/qp/q. Comme Z\mathbb{Z} et N\mathbb{N}^* sont dénombrables, leur produit Z×N\mathbb{Z} \times \mathbb{N}^* l’est aussi. On a donc une injection de Q\mathbb{Q} dans un ensemble dénombrable. Comme NQ\mathbb{N} \subset \mathbb{Q}, on a une injection de N\mathbb{N} dans Q\mathbb{Q}. Par le théorème de Cantor-Bernstein, Q\mathbb{Q} est équipotent à N\mathbb{N}.

Exemple 3

L’ensemble R\mathbb{R} des nombres réels n’est pas dénombrable.

Démonstration : Par le théorème de Cantor, P(N)P(\mathbb{N}) n’est pas dénombrable. On montre que R\mathbb{R} est équipotent à P(N)P(\mathbb{N}). Il suffit de montrer que l’intervalle [0,1][0,1] n’est pas dénombrable. On utilise un argument diagonal de Cantor sur les développements binaires des nombres de [0,1][0,1]. Si une énumération r1,r2,r_1, r_2, \dots de tous les réels de [0,1][0,1] existait, on pourrait construire un nouveau réel rr dont la nn-ième décimale binaire diffère de celle de rnr_n, contredisant l’exhaustivité de la liste.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Un ensemble infini n’est pas nécessairement dénombrable. Comme vu ci-dessus, R\mathbb{R} et P(N)P(\mathbb{N}) sont des ensembles infinis non dénombrables. Le cardinal de R\mathbb{R} est appelé la puissance du continu, noté c\mathfrak{c}.

Contre-exemple 2

L’union d’une famille non dénombrable d’ensembles peut ne pas être dénombrable. Par exemple, R=xR{x}\mathbb{R} = \bigcup_{x \in \mathbb{R}} \{x\}. C’est une union non dénombrable d’ensembles finis (donc dénombrables), et le résultat est non dénombrable.

Concepts liés

  • Hypothèse du continu : L’affirmation qu’il n’existe aucun ensemble de cardinalité strictement comprise entre celle de N\mathbb{N} (0\aleph_0) et celle de R\mathbb{R} (c\mathfrak{c}). Il a été prouvé que cette hypothèse est indécidable dans le système d’axiomes ZFC.
  • Cardinaux transfinis : La théorie des ensembles de Cantor définit une arithmétique des cardinaux infinis (0,1,\aleph_0, \aleph_1, \dots, et c\mathfrak{c}).
  • Calculabilité : L’ensemble de tous les programmes informatiques (ou machines de Turing) est dénombrable. Cela implique qu’il existe des fonctions non calculables, puisque l’ensemble de toutes les fonctions de N\mathbb{N} dans N\mathbb{N} n’est pas dénombrable.