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Division euclidienne - fiches de révision (B)

Démontrer la propriété universelle de l'anneau des polynômes A[X]A[X].

Solution

Théorème (Propriété Universelle de A[X]A[X])

Soit AA un anneau commutatif, (B,f)(B, f) une AA-algèbre et xBx \in B un élément qui commute avec tous les éléments de f(A)f(A). Alors il existe un unique morphisme de AA-algèbres evx:A[X]B\text{ev}_x : A[X] \to B tel que evx(X)=x\text{ev}_x(X) = x.

Démonstration :

  1. Unicité :

    Supposons qu'un tel morphisme ϕ:A[X]B\phi: A[X] \to B existe. Par définition d'un morphisme de AA-algèbres, le diagramme doit commuter, ce qui signifie ϕ(a1A[X])=f(a)\phi(a \cdot 1_{A[X]}) = f(a) pour tout aAa \in A. On identifie aa avec a1A[X]a \cdot 1_{A[X]}, donc ϕ(a)=f(a)\phi(a) = f(a). De plus, on impose la condition ϕ(X)=x\phi(X) = x.

    Un polynôme P(X)A[X]P(X) \in A[X] s'écrit de manière unique comme P(X)=k=0nakXkP(X) = \sum_{k=0}^n a_k X^k. Comme ϕ\phi est un morphisme d'anneaux, il doit préserver les additions et les multiplications :

    ϕ(P(X))=ϕ(k=0nakXk)=k=0nϕ(ak)ϕ(X)k\phi(P(X)) = \phi(\sum_{k=0}^n a_k X^k) = \sum_{k=0}^n \phi(a_k) \phi(X)^k

    En utilisant les conditions ci-dessus, on obtient :

    ϕ(P(X))=k=0nf(ak)xk\phi(P(X)) = \sum_{k=0}^n f(a_k) x^k

    Cette expression définit de manière unique l'image de tout polynôme. L'unicité du morphisme est donc établie.

  2. Existence :

    Définissons l'application evx:A[X]B\text{ev}_x : A[X] \to B par la formule trouvée ci-dessus :

    evx(akXk)=f(ak)xk\text{ev}_x\left(\sum a_k X^k\right) = \sum f(a_k) x^k

    Nous devons vérifier que evx\text{ev}_x est un morphisme de AA-algèbres.

    • evx(1A[X])=evx(1X0)=f(1)x0=1B1B=1B\text{ev}_x(1_{A[X]}) = \text{ev}_x(1 \cdot X^0) = f(1)x^0 = 1_B \cdot 1_B = 1_B.

    • Additivité : Trivial par la définition de l'addition dans A[X]A[X] et BB.

    • Multiplicativité : Soient P(X)=aiXiP(X) = \sum a_i X^i et Q(X)=bjXjQ(X) = \sum b_j X^j.

      (PQ)(X)=k(i+j=kaibj)Xk(PQ)(X) = \sum_k \left(\sum_{i+j=k} a_i b_j\right) X^k

      evx(PQ)=kf(i+j=kaibj)xk=k(i+j=kf(ai)f(bj))xk\text{ev}_x(PQ) = \sum_k f\left(\sum_{i+j=k} a_i b_j\right) x^k = \sum_k \left(\sum_{i+j=k} f(a_i) f(b_j)\right) x^k

      D'autre part :

      evx(P)evx(Q)=(if(ai)xi)(jf(bj)xj)=i,jf(ai)f(bj)xixj\text{ev}_x(P) \text{ev}_x(Q) = \left(\sum_i f(a_i) x^i\right) \left(\sum_j f(b_j) x^j\right) = \sum_{i,j} f(a_i) f(b_j) x^i x^j

      Comme xx commute avec tous les f(bj)f(b_j), on a xif(bj)=f(bj)xix^i f(b_j) = f(b_j) x^i. L'expression devient :

      i,jf(ai)f(bj)xi+j=k(i+j=kf(ai)f(bj))xk=evx(PQ)\sum_{i,j} f(a_i) f(b_j) x^{i+j} = \sum_k \left(\sum_{i+j=k} f(a_i) f(b_j)\right) x^k = \text{ev}_x(PQ)

    • Morphisme de AA-algèbres : Il faut vérifier que evxiA=f\text{ev}_x \circ i_A = f, où iA:AA[X]i_A: A \to A[X] est l'injection canonique aaX0a \mapsto aX^0. Pour aAa \in A, evx(iA(a))=evx(aX0)=f(a)x0=f(a)\text{ev}_x(i_A(a)) = \text{ev}_x(aX^0) = f(a)x^0 = f(a). Le diagramme commute.

Le morphisme est donc bien défini et unique.

Démontrer que tout anneau euclidien est principal.

Solution

Théorème : Un anneau AA euclidien est un anneau principal.

Démonstration :

Soit AA un anneau euclidien muni d'un stathme δ:AN{}\delta: A \to \mathbb{N} \cup \{-\infty\}. Soit II un idéal de AA.

  1. Cas trivial : Si I={0}I = \{0\}, alors I=(0)I = (0), qui est un idéal principal.

  2. Cas non trivial : Supposons I{0}I \neq \{0\}. L'ensemble S={δ(x)xI{0}}S = \{\delta(x) \mid x \in I \setminus \{0\}\} est une partie non vide de N\mathbb{N}. Comme N\mathbb{N} est bien ordonné, SS admet un plus petit élément. Soit m=min(S)m = \min(S).

    Soit aI{0}a \in I \setminus \{0\} un élément tel que δ(a)=m\delta(a) = m. Nous allons montrer que I=(a)I = (a).

    • Inclusion (a)I(a) \subseteq I :

      Puisque aIa \in I et que II est un idéal, tout multiple de aa, de la forme axax avec xAx \in A, appartient à II. Donc, (a)I(a) \subseteq I.

    • Inclusion I(a)I \subseteq (a) :

      Soit bb un élément quelconque de II. Puisque AA est euclidien et a0a \neq 0, nous pouvons effectuer la division euclidienne de bb par aa. Il existe un couple (q,r)A×A(q, r) \in A \times A tel que :

      b=aq+ravecδ(r)<δ(a)b = aq + r \quad \text{avec} \quad \delta(r) < \delta(a)

      Comme bIb \in I et aIa \in I, on a aqIaq \in I. Puisque II est un sous-groupe additif de AA, le reste r=baqr = b - aq est aussi un élément de II.

      Deux cas sont possibles pour rr :

      a) Soit r=0r=0. Dans ce cas, b=aqb = aq, ce qui signifie que b(a)b \in (a).

      b) Soit r0r \neq 0. Dans ce cas, rI{0}r \in I \setminus \{0\}, donc δ(r)S\delta(r) \in S. Cependant, la propriété de la division euclidienne nous donne δ(r)<δ(a)\delta(r) < \delta(a). Or, δ(a)\delta(a) est l'élément minimal de SS. C'est une contradiction.

      Le seul cas possible est donc r=0r=0. Par conséquent, pour tout bIb \in I, on a b(a)b \in (a), ce qui prouve que I(a)I \subseteq (a).

Les deux inclusions montrent que I=(a)I=(a). Comme II était un idéal arbitraire de AA, tous les idéaux de AA sont principaux. AA est donc un anneau principal.

Soit AA un anneau intègre. Démontrer que l'ensemble des unités de A[X]A[X], noté (A[X])×(A[X])^\times, est égal à l'ensemble des unités de AA, noté A×A^\times.

Solution

Théorème : Si AA est un anneau intègre, alors (A[X])×=A×(A[X])^\times = A^\times.

Démonstration :

  1. Inclusion A×(A[X])×A^\times \subseteq (A[X])^\times :

    Soit uA×u \in A^\times. Alors il existe vAv \in A tel que uv=1Auv=1_A. En tant que polynômes constants dans A[X]A[X], uu et vv vérifient la même relation uv=1A[X]uv=1_{A[X]}. Donc uu est une unité dans A[X]A[X]. Cette inclusion est vraie pour n'importe quel anneau commutatif AA.

  2. Inclusion (A[X])×A×(A[X])^\times \subseteq A^\times :

    C'est ici que l'hypothèse d'intégrité de AA est cruciale. Soit P(X)(A[X])×P(X) \in (A[X])^\times. Par définition, il existe Q(X)A[X]Q(X) \in A[X] tel que P(X)Q(X)=1P(X)Q(X) = 1.

    Puisque AA est un anneau intègre, la formule du degré pour le produit de deux polynômes est :

    deg(PQ)=deg(P)+deg(Q)\text{deg}(PQ) = \text{deg}(P) + \text{deg}(Q)

    En appliquant cette formule à notre équation :

    deg(P(X)Q(X))=deg(1)\text{deg}(P(X)Q(X)) = \text{deg}(1)

    deg(P)+deg(Q)=0\text{deg}(P) + \text{deg}(Q) = 0

    Le degré d'un polynôme non nul est un entier naturel (un élément de N\mathbb{N}). La somme de deux entiers naturels est nulle si et seulement si chacun des deux entiers est nul. Donc :

    deg(P)=0etdeg(Q)=0\text{deg}(P) = 0 \quad \text{et} \quad \text{deg}(Q) = 0

    Cela signifie que P(X)P(X) et Q(X)Q(X) sont des polynômes constants non nuls. On peut les écrire P(X)=aP(X) = a et Q(X)=bQ(X) = b pour a,bA{0}a, b \in A \setminus \{0\}.

    L'équation P(X)Q(X)=1P(X)Q(X)=1 devient ab=1ab=1 dans AA. Ceci est la définition d'une unité dans l'anneau AA. Par conséquent, P(X)=aP(X) = a est un élément de A×A^\times.

Ceci complète la démonstration.

Contre-exemple : Si AA n'est pas intègre, le résultat est faux. Dans A=Z/4ZA = \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}, le polynôme P(X)=2X+1P(X)=2X+1 est une unité car (2X+1)2=4X2+4X+1=1(2X+1)^2 = 4X^2+4X+1 = 1. Pourtant, P(X)P(X) n'est pas un élément de (Z/4Z)×={1,3}(\mathbb{Z}/4\mathbb{Z})^\times = \{1, 3\}.

Dans un anneau intègre AA, tout élément premier est-il irréductible ? Réciproquement, tout élément irréductible est-il premier ? Démontrer vos affirmations.

Solution

Soit AA un anneau intègre, et pAp \in A un élément non nul et non inversible.

1. Un élément premier est toujours irréductible.

Démonstration :

Soit pp un élément premier. Supposons que pp admette une factorisation p=abp=ab avec a,bAa,b \in A.

Par définition de la divisibilité, on a pabp|ab.

Puisque pp est premier, cela implique que pap|a ou pbp|b.

  • Supposons pap|a. Il existe alors cAc \in A tel que a=pca=pc.

    En substituant dans la factorisation, on obtient p=(pc)b=p(cb)p = (pc)b = p(cb).

    Comme AA est intègre et p0p \neq 0, on peut simplifier par pp, ce qui donne 1=cb1 = cb.

    Ceci signifie que bb est une unité dans AA.

  • Si on suppose pbp|b, un raisonnement symétrique montre que aa est une unité.

Ainsi, pour toute factorisation p=abp=ab, l'un des facteurs est une unité. C'est la définition d'un élément irréductible.

2. Un élément irréductible n'est pas toujours premier.

Cette implication est fausse en général. Elle est vraie dans les anneaux principaux (c'est le Lemme d'Euclide), et plus généralement dans les anneaux factoriels (UFD).

Contre-exemple :

Considérons l'anneau A=Z[i5]={a+bi5a,bZ}A = \mathbb{Z}[i\sqrt{5}] = \{a+bi\sqrt{5} \mid a,b \in \mathbb{Z}\}. Cet anneau est intègre.

Soit l'élément p=2p=2.

  • 22 est irréductible dans AA :

    Supposons 2=(a+bi5)(c+di5)2 = (a+bi\sqrt{5})(c+di\sqrt{5}). En appliquant la norme N(z)=z2N(z) = |z|^2, on a N(x+yi5)=x2+5y2N(x+yi\sqrt{5}) = x^2+5y^2.

    N(2)=N(a+bi5)N(c+di5)N(2) = N(a+bi\sqrt{5})N(c+di\sqrt{5}), ce qui donne 4=(a2+5b2)(c2+5d2)4 = (a^2+5b^2)(c^2+5d^2).

    Les termes a2+5b2a^2+5b^2 et c2+5d2c^2+5d^2 doivent être des diviseurs entiers de 4.

    Si b0b \neq 0, alors a2+5b25a^2+5b^2 \ge 5, ce qui est impossible. Donc b=0b=0. De même, d=0d=0.

    L'équation devient 4=a2c24 = a^2 c^2, ce qui correspond à une factorisation dans Z\mathbb{Z}. Les seules factorisations de 2 dans Z\mathbb{Z} sont 121 \cdot 2 et (1)(2)(-1)(-2). Cela signifie qu'un des facteurs dans AA doit être ±1\pm 1, qui sont les unités de AA. Donc, 2 est irréductible.

  • 22 n'est pas premier dans AA :

    Considérons le produit (1+i5)(1i5)=1(i5)2=1(5)=6(1+i\sqrt{5})(1-i\sqrt{5}) = 1 - (i\sqrt{5})^2 = 1 - (-5) = 6.

    On a clairement 262|6.

    Cependant, 22 ne divise ni (1+i5)(1+i\sqrt{5}) ni (1i5)(1-i\sqrt{5}) dans AA. En effet, s'il existait x+yi5Ax+yi\sqrt{5} \in A tel que 2(x+yi5)=1+i52(x+yi\sqrt{5}) = 1+i\sqrt{5}, alors 2x=12x=1 et 2y=12y=1, ce qui est impossible pour x,yZx,y \in \mathbb{Z}.

    Donc, 262|6 mais 2(1+i5)2 \nmid (1+i\sqrt{5}) et 2(1i5)2 \nmid (1-i\sqrt{5}). 22 n'est pas un élément premier.

Énoncer et démontrer le théorème de Bézout dans un anneau principal.

Solution

Théorème de Bézout :

Soit AA un anneau principal et soient a,bAa, b \in A. Un élément dAd \in A est un plus grand commun diviseur (PGCD) de aa et bb si et seulement si dd est un diviseur commun de aa et bb et il existe u,vAu, v \in A (coefficients de Bézout) tels que au+bv=dau+bv=d.

Démonstration :

Dans un anneau principal AA, le PGCD de aa et bb est défini comme un générateur de l'idéal somme I=(a)+(b)={ax+byx,yA}I = (a) + (b) = \{ax+by \mid x,y \in A\}. Notons d=pgcd(a,b)d = \text{pgcd}(a,b), de sorte que (d)=(a,b)(d) = (a,b).

(\Rightarrow) Partie directe : Supposons que d=pgcd(a,b)d = \text{pgcd}(a,b).

  1. Par définition, (d)=(a,b)(d)=(a,b). Puisque d(d)d \in (d), on a d(a,b)d \in (a,b). Cela signifie qu'il existe u,vAu,v \in A tels que d=au+bvd = au+bv.
  2. On a a(a)(a,b)=(d)a \in (a) \subseteq (a,b) = (d). Donc aa est un multiple de dd, c'est-à-dire dad|a.
  3. De même, b(b)(a,b)=(d)b \in (b) \subseteq (a,b) = (d). Donc dbd|b.

Ainsi, dd est un diviseur commun de aa et bb et il existe une relation de Bézout.

(\Leftarrow) Partie réciproque : Supposons que dd est un diviseur commun de aa et bb, et qu'il existe u,vAu,v \in A tels que au+bv=dau+bv=d.

Il nous faut montrer que dd est le plus grand commun diviseur.

Soit cc un diviseur commun quelconque de aa et bb. Il existe donc a,bAa', b' \in A tels que a=caa=ca' et b=cbb=cb'.

Substituons ces expressions dans l'identité de Bézout :

d=(ca)u+(cb)vd = (ca')u + (cb')v

d=c(au+bv)d = c(a'u + b'v)

Cette équation montre que cc divise dd.

Puisque tout diviseur commun cc de aa et bb divise dd, dd est bien un plus grand commun diviseur de aa et bb.

Soit KK un corps de caractéristique p>0p > 0. Démontrer que l'application de Frobenius F:xxpF: x \mapsto x^p est un endomorphisme du corps KK.

Solution

Soit KK un corps de caractéristique pp, où pp est un nombre premier. Soit F:KKF: K \to K l'application définie par F(x)=xpF(x) = x^p. Pour montrer que FF est un endomorphisme de corps, nous devons vérifier les trois propriétés suivantes :

  1. F(x+y)=F(x)+F(y)F(x+y) = F(x) + F(y)
  2. F(xy)=F(x)F(y)F(xy) = F(x)F(y)
  3. F(1K)=1KF(1_K) = 1_K

Démonstration :

  • Multiplicativité : F(xy)=(xy)p=xpyp=F(x)F(y)F(xy) = (xy)^p = x^p y^p = F(x)F(y), car la multiplication dans un corps est commutative.

  • Image de l'unité : F(1K)=(1K)p=1KF(1_K) = (1_K)^p = 1_K.

  • Additivité : C'est la propriété la plus importante. Nous utilisons la formule du binôme de Newton :

    F(x+y)=(x+y)p=k=0p(pk)xpkykF(x+y) = (x+y)^p = \sum_{k=0}^p \binom{p}{k} x^{p-k} y^k

    (x+y)p=(p0)xp+(p1)xp1y++(pp1)xyp1+(pp)yp(x+y)^p = \binom{p}{0}x^p + \binom{p}{1}x^{p-1}y + \dots + \binom{p}{p-1}xy^{p-1} + \binom{p}{p}y^p

    Les coefficients extrêmes sont (p0)=1\binom{p}{0} = 1 et (pp)=1\binom{p}{p} = 1.

    Considérons les coefficients binomiaux intermédiaires (pk)\binom{p}{k} pour 1kp11 \le k \le p-1. La formule est :

    (pk)=p!k!(pk)!\binom{p}{k} = \frac{p!}{k!(p-k)!}

    Puisque pp est un nombre premier, et que 1kp11 \le k \le p-1, le dénominateur k!(pk)!k!(p-k)! n'est pas divisible par pp (car tous ses facteurs sont strictement inférieurs à pp). Cependant, le numérateur p!p! est divisible par pp.

    Par conséquent, (pk)\binom{p}{k} est un entier divisible par pp.

    Dans le corps KK de caractéristique pp, tout multiple de pp est nul. Donc, pour 1kp11 \le k \le p-1, le terme (pk)1K\binom{p}{k} \cdot 1_K est égal à 0K0_K.

    La somme se réduit donc à ses termes extrêmes :

    (x+y)p=1xp+0++0+1yp=xp+yp(x+y)^p = 1 \cdot x^p + 0 + \dots + 0 + 1 \cdot y^p = x^p + y^p

    F(x+y)=F(x)+F(y)F(x+y) = F(x) + F(y)

Les trois propriétés sont vérifiées, donc FF est un endomorphisme de corps de KK. On l'appelle l'endomorphisme de Frobenius.

Note : De plus, un morphisme de corps est toujours injectif. Si KK est un corps fini, FF est aussi surjectif, c'est donc un automorphisme.

Expliquer la construction et la structure de l'anneau quotient R[X]/(X2+1)\mathbb{R}[X]/(X^2+1), et montrer qu'il est isomorphe au corps des nombres complexes C\mathbb{C}.

Solution

Construction et Structure

Soit l'anneau A=R[X]A = \mathbb{R}[X] et l'idéal I=(X2+1)I = (X^2+1) engendré par le polynôme P(X)=X2+1P(X) = X^2+1.

L'anneau quotient est B=A/I=R[X]/(X2+1)B = A/I = \mathbb{R}[X]/(X^2+1).

  1. Représentants des classes :

    Puisque R[X]\mathbb{R}[X] est un anneau euclidien pour le degré, toute classe d'équivalence FˉB\bar{F} \in B admet un représentant unique qui est le reste de la division euclidienne de F(X)F(X) par X2+1X^2+1. Le degré du reste est strictement inférieur à deg(X2+1)=2\text{deg}(X^2+1)=2.

    Ainsi, chaque classe d'équivalence a un représentant unique de la forme aX+baX+b avec a,bRa, b \in \mathbb{R}.

    R[X]/(X2+1)={aX+ba,bR}\mathbb{R}[X]/(X^2+1) = \{ \overline{aX+b} \mid a,b \in \mathbb{R} \}

  2. Structure de R\mathbb{R}-algèbre :

    Cet ensemble est un R\mathbb{R}-espace vectoriel de dimension 2, avec pour base (1ˉ,Xˉ)(\bar{1}, \bar{X}).

  3. Opérations :

    L'addition se fait composante par composante. La multiplication est la multiplication des polynômes modulo X2+1X^2+1. La relation clé est X2+1=0ˉ\overline{X^2+1} = \bar{0}, ce qui implique Xˉ2=1\bar{X}^2 = \overline{-1}.

    Calculons le produit de deux éléments généraux :

    (aX+b)(cX+d)=(aX+b)(cX+d)=acX2+(ad+bc)X+bd(\overline{aX+b}) \cdot (\overline{cX+d}) = \overline{(aX+b)(cX+d)} = \overline{acX^2 + (ad+bc)X + bd}

    =ac(1)+(ad+bc)X+bd=(ad+bc)X+(bdac)= \overline{ac(-1) + (ad+bc)X + bd} = \overline{(ad+bc)X + (bd-ac)}

Isomorphisme avec C\mathbb{C}

Le polynôme X2+1X^2+1 est irréductible sur R\mathbb{R} car son discriminant Δ=4<0\Delta = -4 < 0. Puisque R[X]\mathbb{R}[X] est principal, l'idéal (X2+1)(X^2+1) est maximal, et donc le quotient R[X]/(X2+1)\mathbb{R}[X]/(X^2+1) est un corps.

Définissons l'application ϕ:R[X]/(X2+1)C\phi : \mathbb{R}[X]/(X^2+1) \to \mathbb{C} par :

ϕ(aX+b)=ai+b\phi(\overline{aX+b}) = ai+b

Montrons que ϕ\phi est un isomorphisme de corps.

  • Bien définie et bijective : L'application est clairement une bijection entre l'ensemble des représentants et C\mathbb{C}.
  • Morphisme d'anneaux :
    • ϕ(1ˉ)=ϕ(0X+1)=1\phi(\bar{1}) = \phi(\overline{0X+1}) = 1.

    • Additivité :

      ϕ(aX+b+cX+d)=ϕ((a+c)X+(b+d))=(a+c)i+(b+d)\phi(\overline{aX+b} + \overline{cX+d}) = \phi(\overline{(a+c)X+(b+d)}) = (a+c)i+(b+d)

      (ai+b)+(ci+d)=(a+c)i+(b+d)=ϕ(aX+b)+ϕ(cX+d)(ai+b) + (ci+d) = (a+c)i+(b+d) = \phi(\overline{aX+b}) + \phi(\overline{cX+d})

    • Multiplicativité :

      ϕ((aX+b)(cX+d))=ϕ((ad+bc)X+(bdac))=(ad+bc)i+(bdac)\phi((\overline{aX+b}) \cdot (\overline{cX+d})) = \phi(\overline{(ad+bc)X+(bd-ac)}) = (ad+bc)i+(bd-ac)

      ϕ(aX+b)ϕ(cX+d)=(ai+b)(ci+d)=aci2+adi+bci+bd=ac+(ad+bc)i+bd\phi(\overline{aX+b}) \cdot \phi(\overline{cX+d}) = (ai+b)(ci+d) = aci^2 + adi+bci+bd = -ac + (ad+bc)i + bd

      Les deux résultats sont identiques.

Puisque ϕ\phi est un morphisme d'anneaux bijectif, c'est un isomorphisme. Le corps C\mathbb{C} peut donc être construit comme le quotient de l'anneau des polynômes réels par l'idéal engendré par X2+1X^2+1. Dans cette construction, la classe Xˉ\bar{X} joue le rôle de l'unité imaginaire ii.

Démontrer que les racines du polynôme minimal d'un endomorphisme uu sont exactement ses valeurs propres.

Solution

Soit VV un KK-espace vectoriel de dimension finie, uL(V)u \in \mathcal{L}(V) un endomorphisme, et Mu(X)M_u(X) son polynôme minimal. Soit λK\lambda \in K un scalaire.

Théorème : Mu(λ)=0    λM_u(\lambda)=0 \iff \lambda est une valeur propre de uu.

Démonstration :

(\Rightarrow) Si Mu(λ)=0M_u(\lambda)=0, alors λ\lambda est une valeur propre.

Si Mu(λ)=0M_u(\lambda)=0, alors (Xλ)(X-\lambda) est un facteur de Mu(X)M_u(X) dans K[X]K[X]. On peut donc écrire :

Mu(X)=(Xλ)Q(X)M_u(X) = (X-\lambda)Q(X)

Q(X)Q(X) est un polynôme de K[X]K[X].

Comme Mu(X)M_u(X) est le polynôme annulateur unitaire de plus bas degré, deg(Q)<deg(Mu)\text{deg}(Q) < \text{deg}(M_u).

Par minimalité de MuM_u, le polynôme Q(X)Q(X) ne peut pas être un polynôme annulateur de uu. Donc, Q(u)0Q(u) \neq 0.

Puisque l'endomorphisme Q(u)Q(u) n'est pas l'endomorphisme nul, il existe au moins un vecteur vVv \in V tel que w=Q(u)(v)0w = Q(u)(v) \neq 0.

Appliquons l'endomorphisme Mu(u)M_u(u) au vecteur vv :

Mu(u)(v)=0(v)=0VM_u(u)(v) = 0(v) = 0_V

En utilisant la factorisation, on a :

(uλId)Q(u)(v)=0V(u - \lambda \cdot \text{Id}) \circ Q(u) (v) = 0_V

(uλId)(w)=0V(u - \lambda \cdot \text{Id})(w) = 0_V

u(w)=λwu(w) = \lambda w

Comme w0Vw \neq 0_V, l'équation u(w)=λwu(w) = \lambda w signifie que λ\lambda est une valeur propre de uu associée au vecteur propre ww.

(\Leftarrow) Si λ\lambda est une valeur propre, alors Mu(λ)=0M_u(\lambda)=0.

Si λ\lambda est une valeur propre de uu, il existe par définition un vecteur non nul vVv \in V (un vecteur propre) tel que u(v)=λvu(v) = \lambda v.

Montrons par récurrence que pour tout kNk \in \mathbb{N}, uk(v)=λkvu^k(v) = \lambda^k v.

  • Base : Pour k=0k=0, u0(v)=Id(v)=v=λ0vu^0(v) = \text{Id}(v) = v = \lambda^0 v. Pour k=1k=1, c'est la définition.
  • Hérédité : Supposons uk(v)=λkvu^k(v) = \lambda^k v. Alors uk+1(v)=u(uk(v))=u(λkv)=λku(v)=λk(λv)=λk+1vu^{k+1}(v) = u(u^k(v)) = u(\lambda^k v) = \lambda^k u(v) = \lambda^k(\lambda v) = \lambda^{k+1}v.

La propriété est donc vraie pour tout k0k \ge 0.

Soit P(X)=k=0nakXkP(X) = \sum_{k=0}^n a_k X^k un polynôme quelconque de K[X]K[X]. Alors l'action de l'endomorphisme P(u)P(u) sur vv est :

P(u)(v)=(akuk)(v)=ak(uk(v))=ak(λkv)=(akλk)v=P(λ)vP(u)(v) = \left(\sum a_k u^k\right)(v) = \sum a_k (u^k(v)) = \sum a_k (\lambda^k v) = \left(\sum a_k \lambda^k\right)v = P(\lambda)v

Appliquons cette relation au polynôme minimal Mu(X)M_u(X). Par définition, Mu(u)M_u(u) est l'endomorphisme nul, donc Mu(u)(v)=0VM_u(u)(v) = 0_V.

On a donc :

Mu(u)(v)=Mu(λ)vM_u(u)(v) = M_u(\lambda)v

0V=Mu(λ)v0_V = M_u(\lambda)v

Puisque vv est un vecteur propre, v0Vv \neq 0_V. Par conséquent, le scalaire Mu(λ)M_u(\lambda) doit être nul.

Mu(λ)=0M_u(\lambda) = 0

Ceci achève la démonstration.

Analyser la factorisation de l'entier 66 dans l'anneau Z[5]\mathbb{Z}[\sqrt{-5}] et expliquer pourquoi cela contredit la factorialité de cet anneau.

Solution

Dans l'anneau intègre Z[5]={a+b5a,bZ}\mathbb{Z}[\sqrt{-5}] = \{ a+b\sqrt{-5} \mid a,b \in \mathbb{Z} \}, l'entier 66 admet deux factorisations distinctes :

6=236 = 2 \cdot 3

6=(1+5)(15)6 = (1+\sqrt{-5})(1-\sqrt{-5})

Pour que cet anneau ne soit pas factoriel (UFD), nous devons vérifier deux conditions :

  1. Les facteurs (2,3,1+5,152, 3, 1+\sqrt{-5}, 1-\sqrt{-5}) sont tous irréductibles.
  2. Les facteurs de la première décomposition ne sont pas associés aux facteurs de la seconde.

1. Irréductibilité des facteurs

Utilisons la norme N(a+b5)=a2+5b2N(a+b\sqrt{-5}) = a^2+5b^2. Si z=z1z2z = z_1 z_2, alors N(z)=N(z1)N(z2)N(z) = N(z_1)N(z_2). Un élément zz est une unité si et seulement si N(z)=1N(z)=1. Dans Z[5]\mathbb{Z}[\sqrt{-5}], les seules unités sont 11 et 1-1.

  • Pour 22 : N(2)=4N(2)=4. Si 2=z1z22=z_1 z_2 avec z1,z2z_1, z_2 non-unités, alors N(z1)N(z2)=4N(z_1)N(z_2)=4. Comme z1,z2z_1, z_2 ne sont pas des unités, N(z1)1N(z_1) \neq 1 et N(z2)1N(z_2) \neq 1. Donc N(z1)=N(z2)=2N(z_1)=N(z_2)=2. Or, l'équation a2+5b2=2a^2+5b^2=2 n'a pas de solution entière pour (a,b)(a,b). Donc 22 est irréductible.

  • Pour 33 : N(3)=9N(3)=9. Si 3=z1z23=z_1 z_2 avec z1,z2z_1, z_2 non-unités, alors N(z1)N(z2)=9N(z_1)N(z_2)=9, donc N(z1)=N(z2)=3N(z_1)=N(z_2)=3. L'équation a2+5b2=3a^2+5b^2=3 n'a pas de solution entière. Donc 33 est irréductible.

  • Pour 1+51+\sqrt{-5} : N(1+5)=12+5(1)2=6N(1+\sqrt{-5}) = 1^2+5(1)^2=6. Si 1+5=z1z21+\sqrt{-5} = z_1 z_2 avec z1,z2z_1, z_2 non-unités, alors N(z1)N(z2)=6N(z_1)N(z_2)=6. Les diviseurs de 6 sont 1, 2, 3, 6. Comme z1,z2z_1, z_2 ne sont pas des unités, N(z1)N(z_1) et N(z2)N(z_2) doivent être 2 ou 3. Comme nous l'avons vu, il n'existe aucun élément de norme 2 ou 3. Donc 1+51+\sqrt{-5} est irréductible.

  • Pour 151-\sqrt{-5} : N(15)=6N(1-\sqrt{-5}) = 6. Le même raisonnement s'applique, donc 151-\sqrt{-5} est irréductible.

2. Non-association des facteurs

Deux éléments z1,z2z_1, z_2 sont associés s'il existe une unité uu (ici ±1\pm 1) telle que z1=uz2z_1 = u z_2.

  • 22 n'est pas associé à 1±51 \pm \sqrt{-5} car ils n'ont pas la même norme (N(2)=4N(2)=4, N(1±5)=6N(1 \pm \sqrt{-5})=6).
  • 33 n'est pas associé à 1±51 \pm \sqrt{-5} car ils n'ont pas la même norme (N(3)=9N(3)=9, N(1±5)=6N(1 \pm \sqrt{-5})=6).

Conclusion

Nous avons trouvé deux décompositions de 66 en produit d'éléments irréductibles. Ces décompositions sont fondamentalement différentes car les facteurs ne sont pas les mêmes à l'ordre et à l'association près.

Ceci viole la condition d'unicité de la décomposition en facteurs irréductibles. Par conséquent, Z[5]\mathbb{Z}[\sqrt{-5}] n'est pas un anneau factoriel.

Comme tout anneau principal ou euclidien est factoriel, Z[5]\mathbb{Z}[\sqrt{-5}] n'est ni principal, ni euclidien.

Esquisser la preuve de l'existence et de l'unicité de la décomposition en facteurs irréductibles dans un anneau euclidien.

Solution

Théorème de la factorisation unique : Soit AA un anneau euclidien. Tout élément aAa \in A, non nul et non inversible, se décompose en un produit fini d'éléments irréductibles a=p1p2pna = p_1 p_2 \cdots p_n. Cette décomposition est unique à l'ordre des facteurs et à l'association près.

Démonstration :

La preuve se déroule en deux étapes : l'existence et l'unicité.

1. Existence de la décomposition

On utilise un argument de descente infinie sur le stathme euclidien δ\delta.

Soit aAa \in A, non nul et non inversible.

  • Si aa est irréductible, la décomposition est triviale (a=aa=a).

  • Si aa est réductible, il existe une factorisation a=bca = bcbb et cc ne sont pas des unités.

    Pour la plupart des stathmes usuels (valeur absolue pour Z\mathbb{Z}, degré pour K[X]K[X]), on a la propriété que si cc n'est pas une unité, alors δ(b)<δ(bc)=δ(a)\delta(b) < \delta(bc) = \delta(a).

    On peut donc appliquer le même raisonnement à bb et cc.

Formellement, supposons par l'absurde qu'il existe un ensemble SS d'éléments non nuls, non inversibles, qui n'admettent pas de décomposition en irréductibles. Soit aSa \in S un élément tel que δ(a)\delta(a) est minimal dans l'ensemble {δ(x)xS}\{\delta(x) \mid x \in S \}.

  • aa ne peut être irréductible, sinon il appartiendrait pas à SS.
  • aa est donc réductible : a=bca=bc avec b,cb,c non-inversibles.
  • On a δ(b)<δ(a)\delta(b) < \delta(a) et δ(c)<δ(a)\delta(c) < \delta(a). Par minimalité de δ(a)\delta(a), bb et cc n'appartiennent pas à SS. Ils admettent donc des décompositions en irréductibles.
  • Le produit de ces décompositions donne une décomposition pour aa. C'est une contradiction, car on a supposé que aa n'en avait pas.

Donc l'ensemble SS est vide, et l'existence est prouvée.

2. Unicité de la décomposition

L'unicité repose de manière cruciale sur le Lemme d'Euclide, qui stipule que dans un anneau principal (et donc euclidien), tout élément irréductible est premier.

Soit deux décompositions d'un même élément aa :

a=p1p2pn=q1q2qma = p_1 p_2 \cdots p_n = q_1 q_2 \cdots q_m

où tous les pip_i et qjq_j sont irréductibles.

On procède par récurrence sur nn.

  • p1p_1 divise le produit q1q2qmq_1 q_2 \cdots q_m.
  • Puisque p1p_1 est irréductible dans un anneau euclidien, il est premier.
  • Donc, p1p_1 doit diviser l'un des facteurs, disons q1q_1 (après réindexation si nécessaire).
  • Comme q1q_1 est lui-même irréductible, ses seuls diviseurs sont les unités et ses associés. Puisque p1p_1 n'est pas une unité, p1p_1 et q1q_1 doivent être associés, c'est-à-dire q1=u1p1q_1 = u_1 p_1 pour une unité u1u_1.

On substitue dans l'équation :

p1p2pn=(u1p1)q2qmp_1 p_2 \cdots p_n = (u_1 p_1) q_2 \cdots q_m

Puisque AA est intègre, on peut simplifier par p10p_1 \neq 0 :

p2pn=(u1q2)qmp_2 \cdots p_n = (u_1 q_2) \cdots q_m

On peut alors conclure par une hypothèse de récurrence sur le nombre de facteurs. Le processus se poursuit jusqu'à épuisement des facteurs des deux côtés, montrant que n=mn=m et que les facteurs sont les mêmes à l'ordre et à l'association près.