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Division euclidienne - preuves (A)

Degré du produit dans un anneau intègre

Démontrez que si AA est un anneau intègre, alors pour tous polynômes non nuls P,QA[X]P, Q \in A[X], on a deg(PQ)=deg(P)+deg(Q)\text{deg}(PQ) = \text{deg}(P) + \text{deg}(Q).

Indice

Soient P(X)=i=0naiXiP(X) = \sum_{i=0}^n a_i X^i et Q(X)=j=0mbjXjQ(X) = \sum_{j=0}^m b_j X^j les formes générales de vos polynômes, avec n=deg(P)n = \text{deg}(P) et m=deg(Q)m = \text{deg}(Q). Par définition du degré, leurs coefficients dominants ana_n et bmb_m sont non nuls.

Exprimez le coefficient du terme de plus haut degré possible dans le produit P(X)Q(X)P(X)Q(X). Utilisez ensuite la propriété fondamentale d'un anneau intègre sur ce coefficient.

Solution

Soient P,QP, Q deux polynômes non nuls de A[X]A[X]. Notons n=deg(P)n = \text{deg}(P) et m=deg(Q)m = \text{deg}(Q). On peut écrire :

P(X)=anXn+an1Xn1++a0P(X) = a_n X^n + a_{n-1} X^{n-1} + \dots + a_0, avec an0a_n \neq 0.

Q(X)=bmXm+bm1Xm1++b0Q(X) = b_m X^m + b_{m-1} X^{m-1} + \dots + b_0, avec bm0b_m \neq 0.

Étape 1 : Calcul du produit

Le produit P(X)Q(X)P(X)Q(X) est donné par la formule :

P(X)Q(X)=k=0n+mckXkouˋck=i+j=kaibjP(X)Q(X) = \sum_{k=0}^{n+m} c_k X^k \quad \text{où} \quad c_k = \sum_{i+j=k} a_i b_j

Étape 2 : Identification du coefficient dominant

Le terme de plus haut degré possible dans le produit est Xn+mX^{n+m}. Son coefficient est cn+mc_{n+m}. Calculons-le.

Pour que i+j=n+mi+j = n+m, avec 0in0 \le i \le n et 0jm0 \le j \le m, la seule possibilité est i=ni=n et j=mj=m.

Ainsi, le coefficient cn+mc_{n+m} est simplement anbma_n b_m.

Étape 3 : Utilisation de la propriété de l'anneau intègre

L'anneau AA est intègre. Cela signifie que le produit de deux éléments non nuls est non nul.

Par hypothèse, an0a_n \neq 0 et bm0b_m \neq 0. Puisque AA est intègre, leur produit anbma_n b_m est également non nul.

Donc, cn+m=anbm0c_{n+m} = a_n b_m \neq 0.

Conclusion

Le coefficient du terme en Xn+mX^{n+m} du polynôme produit P(X)Q(X)P(X)Q(X) est non nul, et tous les termes de degré supérieur sont nuls. Par définition du degré, on a donc :

deg(PQ)=n+m=deg(P)+deg(Q)\text{deg}(PQ) = n+m = \text{deg}(P) + \text{deg}(Q)

Éléments inversibles de K[X]

Démontrez que si KK est un corps, les seuls éléments inversibles de l'anneau K[X]K[X] sont les polynômes constants non nuls.

Indice

Soit PK[X]P \in K[X] un polynôme inversible. Par définition, il existe un autre polynôme QK[X]Q \in K[X] tel que P(X)Q(X)=1P(X)Q(X) = 1, où 11 est le polynôme constant égal à l'élément neutre de la multiplication dans KK.

Appliquez la propriété du degré du produit. Rappelez-vous qu'un corps est toujours un anneau intègre.

Solution

Soit PK[X]P \in K[X] un élément inversible.

Étape 1 : Utilisation de la définition d'un élément inversible

Par définition, il existe un polynôme QK[X]Q \in K[X], l'inverse de PP, tel que P(X)Q(X)=1P(X)Q(X) = 1.

Le polynôme 11 est un polynôme constant non nul, son degré est 00.

Étape 2 : Application de la formule du degré du produit

Comme KK est un corps, c'est un anneau intègre. La propriété du degré du produit s'applique donc :

deg(P(X)Q(X))=deg(P)+deg(Q)\text{deg}(P(X)Q(X)) = \text{deg}(P) + \text{deg}(Q).

En combinant avec l'étape 1, nous avons :

deg(P)+deg(Q)=deg(1)=0\text{deg}(P) + \text{deg}(Q) = \text{deg}(1) = 0.

Étape 3 : Analyse des degrés

Le degré d'un polynôme non nul est un entier naturel (supérieur ou égal à 0). La somme de deux entiers naturels est nulle si et seulement si chacun de ces entiers est nul.

On a donc deg(P)=0\text{deg}(P) = 0 et deg(Q)=0\text{deg}(Q) = 0.

Un polynôme de degré 0 est un polynôme constant non nul. Donc P(X)=cP(X) = c pour une constante cKc \in K avec c0c \neq 0.

Conclusion

Nous avons montré que si un polynôme PP est inversible dans K[X]K[X], il doit être un polynôme constant non nul. Réciproquement, tout polynôme constant P(X)=cP(X)=c avec cK{0}c \in K \setminus \{0\} est inversible, son inverse étant le polynôme constant Q(X)=c1Q(X)=c^{-1} (qui existe car KK est un corps).

Les éléments inversibles de K[X]K[X] sont donc précisément les éléments de K×K^\times.

Anneau euclidien implique anneau principal

Démontrez que tout anneau euclidien est un anneau principal.

Indice

Soit AA un anneau euclidien muni d'un stathme δ\delta. Pour montrer que AA est principal, vous devez prouver que tout idéal II de AA est principal.

Si I={0}I = \{0\}, il est engendré par 00, donc il est principal.

Si I{0}I \neq \{0\}, considérez l'ensemble S={δ(x)xI{0}}S = \{\delta(x) \mid x \in I \setminus \{0\}\}. C'est un sous-ensemble non vide de N\mathbb{N}. Il admet donc un plus petit élément. Soit aI{0}a \in I \setminus \{0\} un élément tel que δ(a)\delta(a) est minimal.

Montrez que cet élément aa engendre II, c'est-à-dire que I=(a)I = (a). Pour cela, prenez un élément quelconque bIb \in I et utilisez la division euclidienne par aa.

Solution

Soit AA un anneau euclidien avec pour stathme la fonction δ:AN{}\delta: A \to \mathbb{N} \cup \{-\infty\}. Soit II un idéal de AA.

Étape 1 : Traiter le cas de l'idéal nul

Si I={0}I = \{0\}, alors II est engendré par l'élément 00, c'est-à-dire I=(0)I = (0). Il est donc principal.

Étape 2 : Choisir un élément de stathme minimal

Supposons que I{0}I \neq \{0\}. L'ensemble S={δ(x)xI{0}}S = \{\delta(x) \mid x \in I \setminus \{0\}\} est une partie non vide de N\mathbb{N}. D'après le principe du bon ordre, SS admet un plus petit élément.

Soit m=min(S)m = \min(S). Il existe donc au moins un élément aI{0}a \in I \setminus \{0\} tel que δ(a)=m\delta(a) = m.

Étape 3 : Montrer que cet élément engendre l'idéal

Nous allons montrer que I=(a)I = (a).

L'inclusion (a)I(a) \subseteq I est évidente. En effet, aIa \in I, et comme II est un idéal, tous les multiples de aa, de la forme axax pour xAx \in A, sont aussi dans II.

Montrons l'inclusion inverse : I(a)I \subseteq (a).

Soit bb un élément quelconque de II. Puisque AA est un anneau euclidien et a0a \neq 0, on peut effectuer la division euclidienne de bb par aa. Il existe un quotient qAq \in A et un reste rAr \in A tels que :

b=aq+rb = aq + r et δ(r)<δ(a)\delta(r) < \delta(a).

Exprimons le reste rr : r=baqr = b - aq.

Comme bIb \in I et aIa \in I, on a aqIaq \in I. Puisque II est un sous-groupe additif, r=baqr = b - aq est aussi un élément de II.

Nous avons donc rIr \in I et δ(r)<δ(a)\delta(r) < \delta(a). Rappelons que δ(a)\delta(a) est la valeur minimale du stathme pour tous les éléments non nuls de II. Si rr était non nul, on aurait δ(r)S\delta(r) \in S et δ(r)<δ(a)\delta(r) < \delta(a), ce qui contredirait la minimalité de δ(a)\delta(a).

Par conséquent, le reste rr doit être nul.

Si r=0r=0, alors b=aqb = aq. Cela signifie que tout élément bb de II est un multiple de aa.

Donc, I(a)I \subseteq (a).

Conclusion

Les deux inclusions étant prouvées, on a I=(a)I = (a). Puisque tout idéal II de AA peut être engendré par un seul élément, l'anneau AA est un anneau principal.

Identité de Bézout dans un anneau principal

Soit AA un anneau principal et a,bAa, b \in A. Démontrez que si d=pgcd(a,b)d = \text{pgcd}(a, b), alors il existe u,vAu, v \in A tels que d=au+bvd = au + bv.

Indice

Cette preuve est une application directe des définitions.

  1. Quelle est la définition du pgcd(a,b)\text{pgcd}(a, b) dans un anneau principal en termes d'idéaux ?
  2. Quelle est la définition de l'idéal somme (a,b)(a,b) engendré par aa et bb ?
  3. Mettez en relation ces deux définitions.
Solution

Étape 1 : Définition du PGCD via les idéaux

Soit AA un anneau principal. Par définition, le plus grand commun diviseur (PGCD) de deux éléments aa et bb est un générateur dd de l'idéal somme (a)+(b)(a) + (b).

Cet idéal somme est noté (a,b)(a, b). On a donc :

(d)=(a,b)(d) = (a,b)

Étape 2 : Définition de l'idéal somme

L'idéal (a,b)(a,b) est l'ensemble de toutes les combinaisons linéaires de aa et bb à coefficients dans AA. Formellement :

(a,b)={ax+byx,yA}(a,b) = \{ ax + by \mid x, y \in A \}

Étape 3 : Connexion des définitions

Puisque (d)=(a,b)(d) = (a,b), cela signifie que l'ensemble des multiples de dd est identique à l'ensemble des combinaisons linéaires de aa et bb.

{dzzA}={ax+byx,yA}\{dz \mid z \in A\} = \{ ax + by \mid x, y \in A \}

L'élément dd lui-même appartient à l'idéal (d)(d) (en prenant z=1z=1). Il doit donc aussi appartenir à l'ensemble {ax+byx,yA}\{ ax + by \mid x, y \in A \}.

Conclusion

Puisque d{ax+byx,yA}d \in \{ ax + by \mid x, y \in A \}, il existe nécessairement des coefficients u,vAu, v \in A tels que :

d=au+bvd = au + bv

Ceci est l'identité de Bézout.

Lemme de Gauss

Soit AA un anneau principal. Soient a,b,cAa, b, c \in A. Démontrez que si aa divise bcbc et que aa et bb sont premiers entre eux, alors aa divise cc.

Indice

Que signifie le fait que aa et bb sont premiers entre eux en termes de leur PGCD ?

Utilisez l'identité de Bézout qui découle de cette propriété. Une fois l'identité écrite, une manipulation algébrique simple vous permettra de conclure.

Solution

Étape 1 : Traduire les hypothèses

L'hypothèse "aa et bb sont premiers entre eux" signifie que leur PGCD est un élément inversible. Dans un anneau principal, on peut choisir le générateur de l'idéal (a,b)(a,b) comme étant 11. Donc, pgcd(a,b)=1\text{pgcd}(a,b)=1.

D'après le théorème de Bézout, il existe des éléments u,vAu, v \in A tels que :

au+bv=1au + bv = 1

L'hypothèse "aa divise bcbc" signifie qu'il existe un élément kAk \in A tel que bc=akbc = ak.

Étape 2 : Manipulation de l'identité de Bézout

Multiplions l'identité de Bézout par cc :

c(au+bv)=c1c \cdot (au + bv) = c \cdot 1

acu+bcv=cacu + bcv = c

Étape 3 : Utiliser la deuxième hypothèse

Nous cherchons à montrer que aa divise cc. Regardons les termes de l'équation obtenue :

  • Le terme acuacu est clairement un multiple de aa, donc aacua | acu.
  • Le terme bcvbcv peut être réécrit comme (bc)v(bc)v. Par hypothèse, nous savons que bc=akbc = ak. Donc, bcv=(ak)v=a(kv)bcv = (ak)v = a(kv). Ce terme est aussi un multiple de aa, donc abcva | bcv.

Conclusion

Puisque aa divise acuacu et aa divise bcvbcv, il divise leur somme.

a(acu+bcv)a \mid (acu + bcv)

Or, cette somme est égale à cc. On a donc bien montré que aa divise cc.

Premier implique Irréductible

Démontrez que dans un anneau intègre AA, tout élément premier est irréductible.

Indice

Soit pAp \in A un élément premier non nul et non inversible. Pour montrer qu'il est irréductible, vous devez partir d'une factorisation p=abp = ab et prouver que l'un des facteurs, aa ou bb, est inversible.

Utilisez la définition d'un élément premier. Le fait que p=abp=ab implique que pp divise le produit abab.

Solution

Soit AA un anneau intègre et pAp \in A un élément premier. Par définition, pp est non nul et non inversible.

Étape 1 : Poser l'hypothèse de la réductibilité

Pour montrer que pp est irréductible, nous devons montrer que si p=abp=ab pour a,bAa,b \in A, alors soit aa, soit bb est un élément inversible.

Supposons donc que p=abp=ab.

Étape 2 : Utiliser la définition de l'élément premier

L'égalité p=abp=ab implique que pp divise le produit abab. Puisque pp est un élément premier, par définition, il doit diviser l'un des facteurs :

pap|a ou pbp|b.

Étape 3 : Analyser les deux cas

  • Cas 1 : pp divise aa.

    Par définition de la divisibilité, il existe un élément cAc \in A tel que a=pca=pc.

    En substituant cette expression dans l'égalité de départ, on obtient :

    p=ab=(pc)b=p(cb)p = ab = (pc)b = p(cb).

    Comme p0p \neq 0 et que l'anneau AA est intègre, on peut simplifier par pp :

    1=cb1 = cb.

    Cette égalité signifie que cc et bb sont inverses l'un de l'autre. En particulier, bb est un élément inversible.

  • Cas 2 : pp divise bb.

    Le raisonnement est symétrique. Il existe dAd \in A tel que b=pdb=pd.

    En substituant, on a p=a(pd)=p(ad)p = a(pd) = p(ad).

    On simplifie par pp pour obtenir 1=ad1 = ad.

    Ceci montre que aa est un élément inversible.

Conclusion

Dans tous les cas, si p=abp=ab, l'un des facteurs aa ou bb est nécessairement inversible. Ceci est la définition d'un élément irréductible. Donc, tout élément premier est irréductible.

Irréductible implique Premier dans un anneau principal

Démontrez que dans un anneau principal AA, tout élément irréductible est premier.

Indice

Soit pAp \in A un élément irréductible. Pour montrer qu'il est premier, vous devez supposer que pabp|ab et montrer que cela implique pap|a ou pbp|b.

Considérez le cas où pp ne divise pas aa. Quel est alors le pgcd(p,a)\text{pgcd}(p, a) ? Rappelez-vous que les seuls diviseurs d'un élément irréductible sont les éléments inversibles et ses associés. Utilisez ensuite le lemme de Gauss (ou l'identité de Bézout).

Solution

Soit AA un anneau principal et pAp \in A un élément irréductible.

Nous voulons prouver que pp est premier. Soient a,bAa, b \in A tels que pp divise abab. Nous devons montrer que pp divise aa ou que pp divise bb.

Étape 1 : Hypothèse et but

Supposons que pabp | ab.

Supposons également que pp ne divise pas aa (pap \nmid a). Notre but est de prouver qu'alors pp doit nécessairement diviser bb.

Étape 2 : Calcul du PGCD

Considérons d=pgcd(p,a)d = \text{pgcd}(p, a).

Puisque dd est un diviseur de pp, et que pp est irréductible, les seuls diviseurs de pp sont les éléments inversibles et les associés de pp.

Donc, dd est soit un élément inversible, soit un associé de pp.

Si dd était un associé de pp, alors dd diviserait aa et pp diviserait dd (car dd est un associé de pp), ce qui impliquerait que pp divise aa. Ceci contredit notre hypothèse pap \nmid a.

Par conséquent, dd doit être un élément inversible. On peut donc dire que pgcd(p,a)=1\text{pgcd}(p, a) = 1.

Étape 3 : Application du lemme de Gauss

Nous sommes dans la situation suivante :

  • pp divise abab.
  • pp et aa sont premiers entre eux (pgcd(p,a)=1\text{pgcd}(p, a) = 1).

Puisque AA est un anneau principal, nous pouvons appliquer le lemme de Gauss, qui stipule que dans ce cas, pp doit diviser bb.

Conclusion

Nous avons montré que si pabp|ab, alors soit pap|a, soit (si pap \nmid a) on a forcément pbp|b. Ceci est exactement la définition d'un élément premier.

Ainsi, dans un anneau principal, tout élément irréductible est premier.

Unicité de la décomposition en facteurs irréductibles

Soit AA un anneau euclidien. Démontrez l'unicité (à l'ordre des facteurs et aux associés près) de la décomposition d'un élément en produit d'éléments irréductibles.

Indice

Supposez qu'un élément aa admette deux décompositions en produits d'irréductibles :

a=p1p2pn=q1q2qma = p_1 p_2 \cdots p_n = q_1 q_2 \cdots q_m.

Utilisez le fait que dans un anneau euclidien (qui est principal), "irréductible" est équivalent à "premier".

L'élément p1p_1 divise le produit q1qmq_1 \cdots q_m. Puisque p1p_1 est premier, il doit diviser l'un des facteurs qjq_j.

Procédez ensuite par récurrence ou par induction sur le nombre de facteurs.

Solution

Soit aAa \in A un élément non nul et non inversible. Supposons que aa admette deux décompositions en produits d'éléments irréductibles :

a=p1p2pn=q1q2qma = p_1 p_2 \cdots p_n = q_1 q_2 \cdots q_m

Nous allons procéder par récurrence sur nn, le nombre de facteurs dans la première décomposition.

Étape 1 : Cas de base (n=1)

Si n=1n=1, on a a=p1a = p_1. L'équation devient p1=q1qmp_1 = q_1 \cdots q_m.

Puisque p1p_1 est irréductible, cette décomposition ne peut contenir qu'un seul facteur non inversible. Si m>1m > 1, alors q1q_1 serait un diviseur propre de p1p_1, contredisant son irréductibilité. Donc, m=1m=1.

On a alors p1=q1p_1 = q_1. Les deux décompositions sont identiques.

Étape 2 : Hypothèse de récurrence

Supposons que l'unicité de la décomposition est vraie pour tout élément qui peut s'écrire comme un produit de k<nk < n facteurs irréductibles.

Étape 3 : Étape d'induction

Considérons l'égalité p1p2pn=q1q2qmp_1 p_2 \cdots p_n = q_1 q_2 \cdots q_m.

L'élément p1p_1 divise le membre de gauche, il doit donc diviser le membre de droite : p1(q1q2qm)p_1 \mid (q_1 q_2 \cdots q_m).

Puisque AA est un anneau euclidien, il est principal, et donc tout élément irréductible est premier. p1p_1 est donc premier.

Par définition d'un élément premier, p1p_1 doit diviser l'un des facteurs qjq_j. Quitte à réordonner les qjq_j, supposons que p1q1p_1 | q_1.

Comme q1q_1 est lui-même irréductible, ses seuls diviseurs sont les inversibles et ses associés. Puisque p1p_1 est irréductible (donc non inversible), p1p_1 doit être un associé de q1q_1. Il existe donc un élément inversible uAu \in A tel que q1=up1q_1 = u p_1.

Étape 4 : Simplification et récurrence

Substituons cette relation dans l'égalité initiale :

p1p2pn=(up1)q2qmp_1 p_2 \cdots p_n = (u p_1) q_2 \cdots q_m.

Puisque AA est un anneau intègre et p10p_1 \neq 0, nous pouvons simplifier par p1p_1 :

p2pn=uq2qmp_2 \cdots p_n = u q_2 \cdots q_m.

Nous avons maintenant deux décompositions pour un nouvel élément. La première décomposition a n1n-1 facteurs. On peut appliquer l'hypothèse de récurrence.

Celle-ci nous dit que le nombre de facteurs doit être le même, donc n1=m1n-1 = m-1 (d'où n=mn=m), et que les facteurs sont les mêmes à l'ordre et aux associés près.

Donc, après réarrangement, pip_i est associé à qiq_i pour i=2,,ni=2, \dots, n (en absorbant l'inversible uu dans l'un des associés, par exemple p2p_2 est associé à uq2uq_2).

Conclusion

Nous avons montré que n=mn=m, et que chaque pip_i est associé à un unique qjq_j. La décomposition est donc unique à l'ordre et aux associés près.

L'annulateur d'un endomorphisme est un idéal

Soit uu un endomorphisme d'un KK-espace vectoriel EE de dimension finie. Démontrez que l'ensemble Ann(u)={PK[X]P(u)=0}\text{Ann}(u) = \{ P \in K[X] \mid P(u) = 0 \} est un idéal de K[X]K[X].

Indice

Pour montrer qu'un sous-ensemble II d'un anneau AA est un idéal, il faut vérifier trois propriétés :

  1. II n'est pas vide (le plus simple est de montrer que l'élément nul de AA est dans II).
  2. II est stable par soustraction : si P1,P2IP_1, P_2 \in I, alors P1P2IP_1 - P_2 \in I.
  3. II est "absorbant" pour la multiplication : si PIP \in I et QAQ \in A, alors QPIQP \in I.

Utilisez les propriétés du morphisme d'évaluation evu(P)=P(u)\text{ev}_u(P) = P(u).

Solution

Nous devons vérifier les axiomes qui définissent un idéal de l'anneau K[X]K[X].

Étape 1 : Vérifier que l'ensemble n'est pas vide

Considérons le polynôme nul, P0(X)=0P_0(X) = 0.

Son évaluation en uu donne P0(u)=0EP_0(u) = 0_E, l'endomorphisme nul.

Donc, le polynôme nul appartient à Ann(u)\text{Ann}(u), et cet ensemble n'est pas vide.

Étape 2 : Stabilité par soustraction

Soient P1(X)P_1(X) et P2(X)P_2(X) deux polynômes dans Ann(u)\text{Ann}(u). Par définition, cela signifie que :

P1(u)=0EP_1(u) = 0_E et P2(u)=0EP_2(u) = 0_E.

Considérons le polynôme différence D(X)=P1(X)P2(X)D(X) = P_1(X) - P_2(X). Évaluons-le en uu :

D(u)=(P1P2)(u)D(u) = (P_1 - P_2)(u).

L'évaluation d'un polynôme en un endomorphisme est un morphisme d'anneaux, donc :

D(u)=P1(u)P2(u)=0E0E=0ED(u) = P_1(u) - P_2(u) = 0_E - 0_E = 0_E.

Ainsi, D(X)Ann(u)D(X) \in \text{Ann}(u). L'ensemble est stable par soustraction.

Étape 3 : Stabilité par multiplication externe

Soit P(X)Ann(u)P(X) \in \text{Ann}(u) et Q(X)Q(X) un polynôme quelconque de K[X]K[X].

On sait que P(u)=0EP(u) = 0_E.

Considérons le polynôme produit S(X)=Q(X)P(X)S(X) = Q(X)P(X). Évaluons-le en uu :

S(u)=(QP)(u)S(u) = (QP)(u).

L'évaluation étant un morphisme d'anneaux, on a :

S(u)=Q(u)P(u)S(u) = Q(u) \circ P(u), où \circ est la composition des endomorphismes.

S(u)=Q(u)0E=0ES(u) = Q(u) \circ 0_E = 0_E.

Ainsi, S(X)Ann(u)S(X) \in \text{Ann}(u). L'ensemble est absorbant pour la multiplication.

Conclusion

L'ensemble Ann(u)\text{Ann}(u) est un sous-ensemble non vide de K[X]K[X], stable par soustraction et par multiplication par n'importe quel élément de K[X]K[X]. C'est donc bien un idéal de K[X]K[X].

Propriété fondamentale du polynôme minimal

Soit uu un endomorphisme et Mu(X)M_u(X) son polynôme minimal. Démontrez qu'un polynôme P(X)P(X) annule uu (c'est-à-dire P(u)=0P(u)=0) si et seulement si Mu(X)M_u(X) divise P(X)P(X).

Indice

Cette propriété découle directement de la définition du polynôme minimal comme étant un générateur de l'idéal annulateur Ann(u)\text{Ann}(u).

L'énoncé peut se reformuler ainsi : PAnn(u)    P(Mu)P \in \text{Ann}(u) \iff P \in (M_u). C'est la définition même de (Mu)=Ann(u)(M_u) = \text{Ann}(u).

Pour le démontrer formellement, utilisez la division euclidienne d'un polynôme PP par MuM_u.

Solution

L'anneau K[X]K[X] est euclidien, on peut donc y effectuer la division euclidienne.

Partie 1 : (\Leftarrow) Si MuM_u divise PP, alors P(u)=0P(u)=0.

Supposons que Mu(X)M_u(X) divise P(X)P(X).

Alors il existe un polynôme Q(X)K[X]Q(X) \in K[X] tel que P(X)=Q(X)Mu(X)P(X) = Q(X) M_u(X).

Évaluons cette égalité en uu :

P(u)=(QMu)(u)P(u) = (Q M_u)(u).

Comme l'évaluation est un morphisme d'anneaux, on a :

P(u)=Q(u)Mu(u)P(u) = Q(u) \circ M_u(u).

Par définition du polynôme minimal, Mu(u)=0EM_u(u) = 0_E (l'endomorphisme nul).

Donc, P(u)=Q(u)0E=0EP(u) = Q(u) \circ 0_E = 0_E.

Le polynôme PP annule bien uu.

Partie 2 : (\Rightarrow) Si P(u)=0P(u)=0, alors MuM_u divise PP.

Supposons que P(u)=0EP(u) = 0_E.

Effectuons la division euclidienne de P(X)P(X) par Mu(X)M_u(X) (qui est non nul) :

Il existe un unique couple de polynômes (Q(X),R(X))(Q(X), R(X)) tel que :

P(X)=Q(X)Mu(X)+R(X)P(X) = Q(X)M_u(X) + R(X), avec deg(R)<deg(Mu)\text{deg}(R) < \text{deg}(M_u).

Évaluons cette relation en uu :

P(u)=Q(u)Mu(u)+R(u)P(u) = Q(u) \circ M_u(u) + R(u).

Par hypothèse, P(u)=0EP(u)=0_E. Par définition, Mu(u)=0EM_u(u)=0_E. L'équation devient :

0E=Q(u)0E+R(u)0_E = Q(u) \circ 0_E + R(u)

0E=0E+R(u)0_E = 0_E + R(u)

R(u)=0ER(u) = 0_E.

Cela signifie que le polynôme R(X)R(X) est un polynôme annulateur de uu.

Or, le polynôme minimal Mu(X)M_u(X) est, par définition, le polynôme unitaire de plus bas degré qui annule uu.

Nous avons trouvé un polynôme annulateur R(X)R(X) tel que deg(R)<deg(Mu)\text{deg}(R) < \text{deg}(M_u). La seule possibilité pour que cela ne contredise pas la minimalité du degré de MuM_u est que R(X)R(X) soit le polynôme nul.

Donc R(X)=0R(X) = 0.

L'égalité de la division euclidienne devient P(X)=Q(X)Mu(X)P(X) = Q(X)M_u(X), ce qui signifie que Mu(X)M_u(X) divise P(X)P(X).

Conclusion

Les deux implications étant démontrées, on a bien l'équivalence : P(u)=0    Mu(X)P(X)P(u) = 0 \iff M_u(X) \mid P(X).