Avertissement
Ce contenu a été généré par une intelligence artificielle (LLM) et peut contenir des imprécisions ou des erreurs malgré notre relecture attentive. Il s'agit d'un outil d'apprentissage et non d'une référence académique.
Si vous constatez des erreurs, merci de nous les signaler via la page "À propos".
Division euclidienne (B)
Concept 1: A-algèbre
Prérequis
- Anneau
- Morphisme d’anneaux
- Centre d’un anneau
Définition
Soit un anneau commutatif et un anneau (pas nécessairement commutatif). Une structure de -algèbre sur est la donnée d’un morphisme d’anneaux tel que l’image de soit contenue dans le centre de , i.e., . L’anneau muni de est appelé une -algèbre.
Si est un anneau commutatif, la condition est toujours satisfaite. Dans le contexte de ce chapitre où les anneaux sont supposés commutatifs, une -algèbre est simplement un anneau muni d’un morphisme d’anneaux .
Un morphisme de -algèbres entre deux -algèbres et est un morphisme d’anneaux qui fait commuter le diagramme suivant :
c’est-à-dire tel que . Si et sont des inclusions canoniques, cela signifie que restreint à est l’identité.
Propriétés Clés
- Structure de -module : Une -algèbre est canoniquement munie d’une structure de -module via la multiplication externe définie par pour .
- Compatibilité des structures : La multiplication interne de l’anneau est -bilinéaire : .
- Catégorie des -algèbres : Les -algèbres et leurs morphismes forment une catégorie, notée .
- Produit tensoriel : Si et sont deux -algèbres, leur produit tensoriel peut être muni d’une structure de -algèbre (avec une multiplication définie par ). C’est le coproduit dans la catégorie des -algèbres commutatives.
Exemples
Exemple 1 : L’algèbre des matrices
Soit un anneau commutatif. L’anneau des matrices carrées est une -algèbre via le morphisme défini par , où est la matrice identité. L’image est l’ensemble des matrices scalaires, qui est contenu dans le centre . C’est une algèbre non commutative si .
Exemple 2 : Extension de corps
Toute extension de corps fait de une -algèbre. Le morphisme est simplement l’injection canonique. Comme est commutatif, la condition sur le centre est triviale. est alors un -espace vectoriel.
Exemple 3 : Algèbre de groupe
Soit un groupe (fini pour simplifier) et un anneau commutatif. L’algèbre de groupe est l’ensemble des combinaisons linéaires formelles avec . L’addition est définie composante par composante et la multiplication est étendue par distributivité à partir de la loi de groupe de . est une -algèbre via . Elle est commutative si et seulement si est abélien.
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Soit et le sous-anneau des matrices diagonales. L’injection ne fait pas de une -algèbre car n’est pas contenu dans le centre de , qui est . Par exemple, mais ne commute pas avec .
Contre-exemple 2
Soient et l’anneau des quaternions de Hamilton. Le morphisme canonique donné par fait de une -algèbre. Cependant, l’inclusion du sous-corps dans ne fait pas de une -algèbre, car n’est pas dans le centre de . (Le centre de est ).
Concepts Liés
- -module : Une -algèbre est un -module avec une multiplication interne compatible.
- Théorie des représentations : Une représentation d’un groupe sur un -espace vectoriel est équivalente à un morphisme de -algèbres de vers .
Concept 2: Algèbre de polynômes et sa propriété universelle
Prérequis
- -algèbre
- Anneau intègre
Définition
Soit un anneau commutatif. L’anneau des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans , noté , est l’ensemble des suites d’éléments de à support fini. Un élément est noté formellement .
L’addition est définie terme à terme:
La multiplication (produit de Cauchy) est définie par :
Muni de ces lois, est une -algèbre commutative via l’injection .
Le degré d’un polynôme non nul est . Par convention, . Le coefficient est le coefficient dominant.
Propriétés Clés
-
Propriétés du degré : Soient .
Preuve (2): Soient et de degrés et . Le coefficient de dans est . Si est intègre, et implique , donc . Si n’est pas intègre, peut être nul, et le degré est alors strictement inférieur.
-
Unités de : L’ensemble des éléments inversibles est égal à si est un anneau intègre.
Preuve : Si , il existe tel que . Comme est intègre, . Comme les degrés sont des entiers naturels, ceci implique . Donc et sont des constantes non nulles, éléments de . L’inversibilité dans est alors équivalente à l’inversibilité dans .
-
Propriété universelle de : Soit une -algèbre et un élément quelconque qui commute avec tous les éléments de . Alors il existe un unique morphisme de -algèbres tel que . Ce morphisme est appelé morphisme d’évaluation en .
Preuve : L’unicité est claire : si un tel morphisme existe, il doit envoyer sur et sur . Comme tout polynôme est une somme de termes de la forme , le morphisme doit être . L’existence est vérifiée en posant cette formule comme définition et en vérifiant que c’est bien un morphisme d’anneaux, ce qui découle de la distributivité et du fait que commute avec les .
Exemples
Exemple 1 :
L’anneau des polynômes à coefficients entiers. C’est un anneau intègre car l’est. Ses unités sont . Il n’est pas principal (l’idéal n’est pas principal).
Exemple 2 :
L’anneau des polynômes à coefficients dans . Cet anneau n’est pas intègre. Par exemple, si et , alors .
dans .
On a .
Exemple 3 : Évaluation dans
Soit . La propriété universelle garantit l’existence d’un unique morphisme de -algèbres tel que . Le noyau de ce morphisme, , est un idéal de , appelé l’idéal annulateur de .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Séries formelles
L’anneau des séries formelles n’est pas l’anneau des polynômes car les suites de coefficients n’ont pas à être de support fini. Par exemple, est une unité dans , mais pas un polynôme.
Contre-exemple 2 : Fractions rationnelles
Le corps des fractions rationnelles contient mais n’est pas égal à lui. L’élément est dans mais pas dans .
Concepts Liés
- Séries formelles : Une généralisation des polynômes où un nombre infini de coefficients peuvent être non nuls.
- Polynômes en plusieurs indéterminées : Obtenu par itération .
Concept 3: Anneau euclidien et anneau principal
Prérequis
- Anneau intègre
- Idéal, Idéal engendré
Définition
-
Un idéal d’un anneau est dit principal s’il peut être engendré par un seul élément, i.e., pour un certain .
-
Un anneau intègre est dit principal si tous ses idéaux sont principaux.
-
Un anneau intègre est dit euclidien s’il existe une fonction , appelée stathme euclidien, satisfaisant :
(i) .
(ii) (Division euclidienne) Pour tous avec , il existe tels que et .
(iii) Pour tous , .
(Note : La condition (iii) est parfois omise ou modifiée. Elle est utile pour prouver l’existence de la factorisation en irréductibles.)
Propriétés Clés
-
Théorème : Tout anneau euclidien est principal.
Preuve : Soit un anneau euclidien de stathme et un idéal de . Si , alors est principal. Sinon, est non vide. L’ensemble est une partie non vide de , donc il admet un plus petit élément. Soit tel que soit minimal.
Montrons que . L’inclusion est claire car .
Pour , soit . Par division euclidienne par , il existe tels que et .
Comme et , on a .
Par minimalité de , si , on aurait , ce qui contredit . Donc .
Ainsi, . Ceci étant vrai pour tout , on a . D’où .
-
Hiérarchie des anneaux : On a la chaîne d’implications strictes pour les anneaux intègres :
Corps Euclidien Principal Factoriel (UFD) Intègre.
Exemples
Exemple 1 : L’anneau
est euclidien avec le stathme pour et . Il est donc principal.
Exemple 2 : L’anneau (K un corps)
est euclidien avec le stathme . Il est donc principal.
Exemple 3 : Les entiers de Gauss
L’anneau est euclidien avec le stathme (la norme complexe au carré).
Contre-exemples
Contre-exemple 1 :
L’anneau n’est pas principal. L’idéal n’est pas principal. S’il l’était, , alors devrait diviser 2 et . Donc doit être une constante . Si , alors . Or, les polynômes de ont un terme constant pair, donc . Contradiction.
Contre-exemple 2 :
L’anneau n’est pas factoriel (UFD), donc il ne peut être ni principal ni euclidien. On a la double factorisation , où tous les facteurs sont irréductibles.
Contre-exemple 3 : Anneau principal non euclidien
L’anneau des entiers du corps quadratique est . On peut démontrer que est principal mais pas euclidien.
Concepts Liés
- Anneau factoriel (UFD) : Un anneau intègre où tout élément non nul et non inversible admet une décomposition unique (à l’ordre et aux associés près) en produit d’éléments irréductibles. Tout anneau principal est factoriel.
- Anneau de Dedekind : Un anneau intègre noethérien, intégralement clos, dans lequel tout idéal premier non nul est maximal. Les anneaux principaux sont des anneaux de Dedekind.
Concept 4: Anneaux Quotients et
Prérequis
- Anneau euclidien
- Relation d’équivalence, Ensemble quotient
- Idéal, Anneau quotient
Définition
Soit un anneau euclidien et un idéal principal non nul engendré par . L’anneau quotient est l’ensemble des classes d’équivalence pour la relation .
La division euclidienne fournit un système de représentants uniques pour les classes d’équivalence.
-
Pour et avec :
Pour tout , il existe un unique couple tel que avec . Le reste est noté .
On a .
L’application induit une bijection canonique :
-
Pour (K corps) et avec :
Pour tout , il existe un unique couple tel que avec . Le reste est noté .
On a .
L’application induit une bijection canonique qui est un isomorphisme de -espaces vectoriels :
Propriétés Clés
-
Structure d’espace vectoriel : Si est un corps, est une -algèbre de dimension finie égale à . Une base est donnée par les classes de .
-
Cardinalité : Si est un corps fini , alors .
-
Calcul dans l’anneau quotient : Les opérations dans se font sur les représentants.
Dans la pratique, on calcule et .
Exemples
Exemple 1 :
L’ensemble des représentants est . C’est un anneau non intègre. Par exemple, . Les inversibles sont et (ceux qui sont premiers avec 6).
Exemple 2 :
L’ensemble des représentants est l’espace vectoriel des polynômes de degré , . C’est un corps isomorphe à .
L’isomorphisme est donné par .
Vérifions la multiplication : . Et .
Exemple 3 : Construction de corps finis
Soit et . Ce polynôme est irréductible sur car il n’a pas de racine ( ).
Alors est un corps. Ses éléments sont les représentants . C’est un corps à 4 éléments, noté .
La table de multiplication est déterminée par la relation (car on est en caractéristique 2).
Par exemple, .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Dans l’anneau non principal , l’idéal n’est pas engendré par un seul polynôme, donc la méthode de représentation via une seule division euclidienne n’est pas directement applicable. Le quotient est isomorphe à .
Contre-exemple 2
Si l’anneau n’est pas euclidien, il n’y a pas de garantie d’un système unique de représentants de “plus petite taille”. Par exemple, dans , comment représenter “simplement” les classes de ?
Concepts Liés
- Théorèmes d’isomorphisme : Le premier théorème d’isomorphisme pour les anneaux stipule que si est un morphisme d’anneaux, alors . L’exemple de est une application de ce théorème avec .
- Corps fini : Tout corps fini de caractéristique est isomorphe à un quotient pour un polynôme irréductible.
Concept 5: PGCD, PPCM, et Algorithme d’Euclide-Bézout
Prérequis
- Anneau principal
- Divisibilité
- Idéal engendré
Définition
Soit un anneau principal et .
- Le plus grand commun diviseur (PGCD) de et est un générateur de l’idéal somme . On le note . Il est défini à une unité (un élément inversible) près. Un élément est un PGCD de et si :
- et (diviseur commun).
- Pour tout , si et , alors (le plus grand).
- Le plus petit commun multiple (PPCM) de et est un générateur de l’idéal intersection . On le note .
- Deux éléments sont premiers entre eux (ou étrangers) si , c’est-à-dire si leur PGCD est une unité.
Propriétés Clés
-
Théorème de Bézout : Soit un anneau principal. Un élément est un PGCD de et si et seulement si est un diviseur commun de et et il existe (appelés coefficients de Bézout) tels que .
Preuve :
() Si , alors . Comme , il existe tels que . De plus, et . Donc est un diviseur commun.
() Soit un diviseur commun tel que . Soit un autre diviseur commun de et . Alors et pour .
, donc . Ainsi, est bien un PGCD.
-
Corollaire : et sont premiers entre eux si et seulement si il existe tels que .
-
Algorithme d’Euclide étendu : Si est un anneau euclidien de stathme , cet algorithme calcule ainsi que les coefficients .
-
Initialisation : et .
-
Itération : Tant que , calculer la division euclidienne (avec ).
Définir .
Définir .
-
Terminaison : Si , l’algorithme s’arrête. Le dernier reste non nul est le PGCD. On a .
Preuve de correction : Par récurrence, on montre que à chaque étape. La suite est strictement décroissante dans , donc l’algorithme termine. À la fin, divise , et par récurrence divise tous les , donc divise et . Comme s’exprime comme combinaison linéaire de et , c’est un PGCD.
-
Exemples
Exemple 1 : Dans
Calculer et les coefficients de Bézout.
Le PGCD est 1.
Remontons l’algorithme :
.
Donc .
Exemple 2 : Dans
Calculer .
Le PGCD est le dernier reste non nul, (à une constante multiplicative près).
Exemple 3 : Inverse dans
Calculer l’inverse de dans . On cherche tel que . C’est l’identité de Bézout . L’exemple 1 donne . Donc . L’inverse de est .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Dans l’anneau non principal , le PGCD n’est pas toujours une combinaison linéaire. Par exemple, . Mais on ne peut pas trouver tels que . En évaluant en , on aurait , impossible dans .
Contre-exemple 2
Dans l’anneau non factoriel , le concept de PGCD est problématique. Par exemple, quel est le PGCD de et ? Les diviseurs de sont . Les diviseurs de incluent . Les diviseurs communs sont . Mais est aussi un diviseur commun (car ). Le “plus grand” diviseur n’est pas bien défini car ne divise pas et vice-versa.
Concepts Liés
- Lemme de Gauss : Si est un anneau principal, et et sont premiers entre eux, alors . C’est une conséquence directe de Bézout.
- Théorème chinois des restes : Si sont premiers entre eux dans un anneau principal , alors .
Concept 6: Irréductibilité, Primalité et Factorisation Unique
Prérequis
- Anneau euclidien
- Divisibilité, Unités (éléments inversibles)
- PGCD et identité de Bézout
Définition
Soit un anneau intègre et un élément non nul et non inversible.
- est irréductible si pour toute factorisation avec , alors soit soit est une unité.
- est premier si pour tous , ou . (Ceci est équivalent à dire que l’idéal est un idéal premier).
Propriétés Clés
-
Premier Irréductible : Dans tout anneau intègre, un élément premier est toujours irréductible.
Preuve : Soit premier et . Alors . Comme est premier, ou . Supposons . Alors pour un . On a . Comme est intègre, on peut simplifier par , donc . Ainsi, est une unité.
-
Lemme d’Euclide : Dans un anneau principal (et donc euclidien), si est irréductible et , alors ou .
Preuve : Supposons que . Comme est irréductible, ses seuls diviseurs (à association près) sont 1 et . Puisque , . Par le théorème de Bézout, il existe tels que . En multipliant par , on obtient . Comme , il existe tel que . Donc , ce qui donne . D’où .
-
Équivalence dans les anneaux principaux : Dans un anneau principal , un élément est premier si et seulement si il est irréductible.
Preuve : L’implication premier irréductible est toujours vraie. L’implication irréductible premier est le Lemme d’Euclide.
-
Théorème de la factorisation unique : Soit un anneau euclidien. Tout élément , non nul et non inversible, se décompose en un produit fini d’éléments irréductibles . Cette décomposition est unique à l’ordre des facteurs et à la multiplication par des unités près (association).
Preuve (Existence) : On procède par récurrence sur la valeur du stathme . Soit . Supposons non vide et soit son minimum. ne peut être irréductible (sinon il est son propre produit). Donc avec non-inversibles. Pour de nombreux stathmes (comme le degré ou la valeur absolue), on a et . Par minimalité, se factorisent en irréductibles. Le produit de leurs factorisations donne une factorisation pour , une contradiction. Donc est vide.
Unicité : Repose sur le Lemme d’Euclide. Si , alors divise le produit des . Comme est premier, il doit diviser l’un des , disons . Comme est irréductible, et sont associés. On simplifie et on conclut par récurrence.
Exemples
Exemple 1 : Dans
Les éléments irréductibles sont les nombres premiers et leurs opposés . La factorisation de est . L’unicité est à un signe près, par exemple . On normalise en choisissant des premiers positifs.
Exemple 2 : Dans
Les polynômes irréductibles dépendent du corps .
- Dans , les irréductibles sont les polynômes de degré 1 (Théorème de d’Alembert-Gauss).
- Dans , les irréductibles sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 à discriminant négatif (e.g. ).
- Dans , il existe des polynômes irréductibles de tout degré (e.g. les polynômes cyclotomiques). est irréductible pour tout .
Exemple 3 : Dans
L’entier premier n’est pas irréductible dans car . est irréductible (premier de Gauss). Un premier est irréductible dans si et seulement si .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Irréductible mais pas premier
Dans l’anneau non factoriel , l’élément est irréductible. (Si , en prenant la norme on a , ce qui force l’un des facteurs à être une unité). Cependant, n’est pas premier car , mais et .
Contre-exemple 2 : Pas de factorisation unique
Dans , l’élément a deux factorisations distinctes en irréductibles :
Les éléments sont tous irréductibles et ne sont pas associés.
Concepts Liés
- Anneau factoriel (UFD) : C’est la généralisation des anneaux euclidiens/principaux où la factorisation unique est la propriété définissante.
- Critères d’irréductibilité (pour les polynômes) : Critère d’Eisenstein, réduction modulo .
Concept 7: Caractéristique d’un corps et corps finis
Prérequis
- Corps
- Morphisme d’anneaux
- Anneau quotient
Définition
Soit un corps. Il existe un unique morphisme d’anneaux défini par . Le noyau de ce morphisme, , est un idéal de , qui est un anneau principal.
- est un idéal premier de car son image est un sous-anneau d’un corps, donc est intègre.
- Les idéaux premiers de sont et pour un nombre premier.
La caractéristique du corps , notée , est le générateur non-négatif de .
- Si , on dit que est de caractéristique nulle. Le morphisme est injectif.
- Si pour un nombre premier, on dit que est de caractéristique . Dans ce cas, induit une injection .
Propriétés Clés
-
La caractéristique d’un corps est soit 0, soit un nombre premier.
-
Si , alors pour tout , .
-
Endomorphisme de Frobenius : Si , l’application définie par est un endomorphisme de corps (un morphisme de dans lui-même).
Preuve : . . Pour , le coefficient binomial est un multiple de car est premier. En caractéristique , ces termes sont nuls. Il reste . Donc .
-
Sous-corps premier : Tout corps contient une copie de (si ) ou de (si ). Ce sous-corps est appelé le sous-corps premier de .
-
Structure des corps finis : Un corps fini a nécessairement une caractéristique . Il est alors un espace vectoriel de dimension finie sur son sous-corps premier . Son cardinal est donc .
Exemples
Exemple 1 : Corps de caractéristique 0
Les corps sont de caractéristique nulle. Le corps des fractions rationnelles a la même caractéristique que .
Exemple 2 : Corps de caractéristique
Pour tout nombre premier , l’anneau est un corps (noté ) de caractéristique . C’est le plus petit corps de cette caractéristique.
Exemple 3 : Construction de corps finis
Soit un premier et un polynôme irréductible de degré . Alors le quotient est un corps. En tant que -espace vectoriel, sa dimension est . Son cardinal est donc . Ce corps est de caractéristique .
On peut montrer que pour tout premier et tout entier , il existe un corps de cardinal , et qu’il est unique à isomorphisme près. On le note .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
L’anneau n’est pas un corps et n’a pas de caractéristique au sens des corps. Le morphisme a pour noyau . Or, 6 n’est pas premier.
Contre-exemple 2
On ne peut pas construire un corps de caractéristique 1, car signifierait , ce qui définit l’anneau nul, qui n’est pas un corps par convention.
Concepts Liés
- Extension de corps : Tout corps de caractéristique est une extension de . Tout corps de caractéristique 0 est une extension de .
- Théorie de Galois : La théorie des corps finis est une branche importante de la théorie de Galois. L’automorphisme de Frobenius est un élément central de cette théorie.
Applications
- Cryptographie : La cryptographie à courbe elliptique et les chiffrements basés sur le logarithme discret utilisent intensivement l’arithmétique des corps finis.
- Codes correcteurs d’erreurs : Des codes comme les codes de Reed-Solomon sont construits sur des corps finis.
Concept 8: Polynôme minimal d’un endomorphisme
Prérequis
- -algèbre, un corps
- Algèbre des polynômes
- Morphisme d’évaluation
- Anneau principal
Définition
Soit un -espace vectoriel de dimension finie , et soit un endomorphisme. On peut aussi considérer une matrice .
Le morphisme d’évaluation en (resp. en ) est le morphisme de -algèbres :
L’image est la sous-algèbre de engendrée par .
L’idéal annulateur de est le noyau de ce morphisme :
Comme est un anneau principal, cet idéal est engendré par un unique polynôme unitaire (ou nul). L’espace étant de dimension finie , la famille est liée, donc il existe un polynôme non nul qui annule . L’idéal annulateur n’est donc pas l’idéal nul.
Le polynôme minimal de , noté , est l’unique générateur unitaire de l’idéal annulateur .
Propriétés Clés
-
Caractérisation : Le polynôme minimal est le polynôme unitaire de plus bas degré qui annule .
-
Divisibilité : Pour tout polynôme , on a si et seulement si divise .
-
Théorème de Cayley-Hamilton : Le polynôme caractéristique est un polynôme annulateur de . Par conséquent, le polynôme minimal divise le polynôme caractéristique .
-
Racines du polynôme minimal : Les racines de dans sont exactement les valeurs propres de .
Preuve : Soit .
() Si , alors . Comme , . Il existe donc un vecteur tel que . Alors . Donc et est une valeur propre.
() Si est une valeur propre, il existe tel que . Alors pour tout . En particulier, . Comme , on doit avoir .
Exemples
Exemple 1 : Matrice nilpotente
Soit .
On a .
Le polynôme minimal est le polynôme unitaire de plus bas degré annulant . C’est donc .
Le polynôme caractéristique est . Ici .
Exemple 2 : Matrice scalaire
Soit .
. Le polynôme annule . C’est un polynôme unitaire de degré 1, donc c’est le polynôme minimal : .
Le polynôme caractéristique est .
Exemple 3 : Matrice non diagonalisable
Soit .
. Le polynôme minimal divise , donc il peut être ou .
On teste . Donc .
Ainsi, .
Contre-exemples
Contre-exemple 1
Dans un espace de dimension infinie, l’idéal annulateur peut être nul. Soit l’opérateur de dérivation sur . Si pour un , alors pour tout . Mais l’évaluation de sur des polynômes de degré assez haut ne sera pas nulle. Donc .
Contre-exemple 2
Le concept de polynôme minimal n’est pas aussi direct pour les endomorphismes d’un -module libre sur un anneau qui n’est pas un corps, car n’est pas nécessairement principal.
Concepts Liés
- Diagonalisation : Un endomorphisme est diagonalisable si et seulement si son polynôme minimal est scindé (se factorise en facteurs de degré 1) sur et n’a que des racines simples.
- Décomposition de Dunford : Tout endomorphisme dont le polynôme minimal est scindé peut se décomposer de manière unique en une partie diagonalisable et une partie nilpotente qui commutent.
- Sous-espaces caractéristiques : Le théorème de décomposition des noyaux (ou lemme des noyaux) utilise la factorisation du polynôme minimal pour décomposer l’espace vectoriel en une somme directe de sous-espaces stables.