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Exercices “Outillage” (B)

Exercise 1: [Investigation Théorique]

Problème: Le connecteur logique “NON-ET”, noté \uparrow (barre de Sheffer), est défini par PQ¬(PQ)P \uparrow Q \Leftrightarrow \neg(P \land Q). Démontrer que l’ensemble {}\{\uparrow\} est fonctionnellement complet, c’est-à-dire que n’importe quel connecteur logique usuel (¬,,,\neg, \land, \lor, \Rightarrow) peut être exprimé en utilisant uniquement le connecteur \uparrow.

Solution

Méthode: Pour prouver que {}\{\uparrow\} est fonctionnellement complet, il suffit de montrer que l’on peut exprimer les connecteurs d’un ensemble déjà connu comme étant complet, par exemple {¬,}\{\neg, \land\}. Nous allons donc exprimer ¬P\neg P et PQP \land Q en n’utilisant que l’opérateur \uparrow.

Étapes:

  1. Expression de la négation (¬P\neg P):

    Nous cherchons une combinaison de PP avec lui-même via \uparrow qui soit équivalente à ¬P\neg P.

    Considérons PPP \uparrow P. Par définition, cela équivaut à ¬(PP)\neg(P \land P).

    Puisque PPPP \land P \Leftrightarrow P, on a PP¬PP \uparrow P \Leftrightarrow \neg P.

    Ainsi, nous avons trouvé une expression pour la négation : ¬PPP\neg P \Leftrightarrow P \uparrow P.

  2. Expression de la conjonction (PQP \land Q):

    Nous voulons exprimer PQP \land Q. Nous savons exprimer la négation, donc nous pouvons utiliser la double négation : PQ¬(¬(PQ))P \land Q \Leftrightarrow \neg(\neg(P \land Q)).

    Par définition, ¬(PQ)PQ\neg(P \land Q) \Leftrightarrow P \uparrow Q.

    Donc, PQ¬(PQ)P \land Q \Leftrightarrow \neg(P \uparrow Q).

    Maintenant, nous utilisons l’expression de la négation trouvée à l’étape 1, en l’appliquant à la proposition ”(PQP \uparrow Q)”:

    ¬(PQ)(PQ)(PQ)\neg(P \uparrow Q) \Leftrightarrow (P \uparrow Q) \uparrow (P \uparrow Q).

    Nous avons donc une expression pour la conjonction : PQ(PQ)(PQ)P \land Q \Leftrightarrow (P \uparrow Q) \uparrow (P \uparrow Q).

  3. Expression de la disjonction (PQP \lor Q):

    À partir de {¬,}\{\neg, \land\}, on peut exprimer la disjonction en utilisant les lois de De Morgan : PQ¬(¬P¬Q)P \lor Q \Leftrightarrow \neg(\neg P \land \neg Q).

    En utilisant nos expressions pour ¬\neg et \land :

    ¬PPP\neg P \Leftrightarrow P \uparrow P

    ¬QQQ\neg Q \Leftrightarrow Q \uparrow Q

    Donc, ¬P¬Q(PP)(QQ)\neg P \land \neg Q \Leftrightarrow (P \uparrow P) \land (Q \uparrow Q).

    En utilisant notre formule pour la conjonction sur les termes (PP)(P \uparrow P) et (QQ)(Q \uparrow Q), on obtient :

    AB(AB)(AB)A \land B \Leftrightarrow (A \uparrow B) \uparrow (A \uparrow B).

    Donc, (¬P¬Q)((PP)(QQ))((PP)(QQ))(\neg P \land \neg Q) \Leftrightarrow ((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q)) \uparrow ((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q)).

    Finalement, PQ¬((¬P¬Q))P \lor Q \Leftrightarrow \neg((\neg P \land \neg Q)), ce qui se traduit par :

    PQ[((PP)(QQ))((PP)(QQ))][((PP)(QQ))((PP)(QQ))]P \lor Q \Leftrightarrow [((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q)) \uparrow ((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q))] \uparrow [((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q)) \uparrow ((P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q))].

    Une expression plus simple peut être trouvée : PQ(¬P)(¬Q)(PP)(QQ)P \lor Q \Leftrightarrow (\neg P) \uparrow (\neg Q) \Leftrightarrow (P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q).

Réponse:

Les expressions des connecteurs de base en utilisant uniquement \uparrow sont :

  • ¬PPP\neg P \Leftrightarrow P \uparrow P
  • PQ(PQ)(PQ)P \land Q \Leftrightarrow (P \uparrow Q) \uparrow (P \uparrow Q)
  • PQ(PP)(QQ)P \lor Q \Leftrightarrow (P \uparrow P) \uparrow (Q \uparrow Q)

Puisque les connecteurs {¬,,}\{\neg, \land, \lor\} peuvent être exprimés, l’ensemble {}\{\uparrow\} est fonctionnellement complet.

Exercise 2: [Preuve Complexe]

Problème: La définition de la continuité uniforme d’une fonction f:IRf: I \to \mathbb{R} sur un intervalle II est :

ε>0,η>0,xI,yI,(xy<ηf(x)f(y)<ε)\forall \varepsilon > 0, \exists \eta > 0, \forall x \in I, \forall y \in I, (|x-y| < \eta \Rightarrow |f(x)-f(y)| < \varepsilon)

  1. Écrire la négation formelle de cette proposition, c’est-à-dire la définition d’une fonction non uniformément continue.
  2. En utilisant cette définition formelle, prouver que la fonction f:RRf: \mathbb{R} \to \mathbb{R} définie par f(x)=x2f(x) = x^2 n’est pas uniformément continue.
Solution

Méthode:

  1. Pour obtenir la négation, nous appliquerons séquentiellement les règles de négation des quantificateurs et de l’implication.
  2. Pour prouver la non-continuité uniforme de f(x)=x2f(x)=x^2, nous devons trouver un ε0>0\varepsilon_0 > 0 spécifique tel que pour n’importe quel η>0\eta > 0, on puisse trouver deux points x,yRx, y \in \mathbb{R} qui sont proches l’un de l’autre (xy<η|x-y| < \eta) mais dont les images sont éloignées (f(x)f(y)ε0|f(x)-f(y)| \ge \varepsilon_0). La clé est de choisir xx et yy de plus en plus grands.

Étapes:

  1. Négation de la définition de continuité uniforme:

    Soit PP la proposition de la continuité uniforme.

    ¬P¬(ε>0,η>0,xI,yI,(xy<ηf(x)f(y)<ε))\neg P \Leftrightarrow \neg(\forall \varepsilon > 0, \exists \eta > 0, \forall x \in I, \forall y \in I, (|x-y| < \eta \Rightarrow |f(x)-f(y)| < \varepsilon))

    ε>0,¬(η>0,xI,yI,())\Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \neg(\exists \eta > 0, \forall x \in I, \forall y \in I, (\dots))

    ε>0,η>0,¬(xI,yI,())\Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \neg(\forall x \in I, \forall y \in I, (\dots))

    ε>0,η>0,xI,yI,¬(xy<ηf(x)f(y)<ε)\Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in I, \exists y \in I, \neg(|x-y| < \eta \Rightarrow |f(x)-f(y)| < \varepsilon)

    En utilisant ¬(AB)(A¬B)\neg(A \Rightarrow B) \Leftrightarrow (A \land \neg B), on obtient la définition de la non-continuité uniforme :

    ε>0,η>0,xR,yR,(xy<ηf(x)f(y)ε)\exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in \mathbb{R}, \exists y \in \mathbb{R}, (|x-y| < \eta \land |f(x)-f(y)| \ge \varepsilon)

  2. Preuve pour f(x)=x2f(x) = x^2:

    Nous devons prouver la proposition obtenue à l’étape 1.

    • Choisir ε\varepsilon: Posons ε0=1\varepsilon_0 = 1. Nous devons montrer que pour ce ε\varepsilon, la suite de la proposition est vraie.

    • Soit η>0\eta > 0 quelconque: Notre objectif est de trouver x,yx, y qui dépendent de η\eta et qui satisfont les conditions.

    • Trouver xx et yy:

      On veut xy<η|x-y| < \eta et x2y21|x^2-y^2| \ge 1.

      x2y2=(xy)(x+y)=xyx+y|x^2-y^2| = |(x-y)(x+y)| = |x-y||x+y|.

      Pour que cette quantité soit grande même si xy|x-y| est petit, il faut que x+y|x+y| soit grand.

      Choisissons y=x+η2y = x + \frac{\eta}{2}. Alors xy=η2<η|x-y| = \frac{\eta}{2} < \eta. La première condition est satisfaite.

      Calculons la deuxième condition :

      f(x)f(y)=x2(x+η2)2=x2(x2+xη+η24)=xηη24=xη+η24|f(x)-f(y)| = |x^2 - (x+\frac{\eta}{2})^2| = |x^2 - (x^2 + x\eta + \frac{\eta^2}{4})| = |-x\eta - \frac{\eta^2}{4}| = |x\eta + \frac{\eta^2}{4}|.

      Nous voulons que xη+η241|x\eta + \frac{\eta^2}{4}| \ge 1.

      Si nous choisissons x>0x > 0, cela devient xη+η241x\eta + \frac{\eta^2}{4} \ge 1.

      xη1η24x\eta \ge 1 - \frac{\eta^2}{4}.

      x1ηη4x \ge \frac{1}{\eta} - \frac{\eta}{4}.

      Puisque η\eta est donné, nous pouvons toujours choisir un tel xx. Par exemple, choisissons x=1ηx = \frac{1}{\eta}.

      Avec x=1ηx = \frac{1}{\eta} et y=1η+η2y = \frac{1}{\eta} + \frac{\eta}{2}, nous avons :

      xy=η2<η|x-y| = \frac{\eta}{2} < \eta.

      f(x)f(y)=x2y2=xyx+y=η22η+η2=1+η24|f(x)-f(y)| = |x^2-y^2| = |x-y||x+y| = \frac{\eta}{2} |\frac{2}{\eta} + \frac{\eta}{2}| = 1 + \frac{\eta^2}{4}.

      Puisque η>0\eta > 0, η24>0\frac{\eta^2}{4} > 0, et donc 1+η24>11 + \frac{\eta^2}{4} > 1.

      Nous avons donc montré que pour ε=1\varepsilon=1, pour tout η>0\eta>0, il existe x=1ηx=\frac{1}{\eta} et y=1η+η2y=\frac{1}{\eta}+\frac{\eta}{2} tels que xy<η|x-y| < \eta et f(x)f(y)1|f(x)-f(y)| \ge 1.

Réponse:

  1. La définition d’une fonction ff non uniformément continue sur II est :

    ε>0,η>0,xI,yI,(xy<ηf(x)f(y)ε)\exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in I, \exists y \in I, (|x-y| < \eta \land |f(x)-f(y)| \ge \varepsilon)

  2. La fonction f(x)=x2f(x)=x^2 sur R\mathbb{R} n’est pas uniformément continue.

Exercise 3: [Investigation Théorique]

Problème: En admettant le Lemme de Zorn, prouver que tout espace vectoriel VV sur un corps KK admet une base. (Ce résultat est aussi connu comme le théorème de la base de Hamel).

Rappel du Lemme de Zorn : Soit (E,)(E, \le) un ensemble ordonné non vide dans lequel toute chaîne (sous-ensemble totalement ordonné) admet un majorant. Alors EE admet au moins un élément maximal.

Solution

Méthode:

Nous allons appliquer le Lemme de Zorn à un ensemble bien choisi. L’ensemble à considérer sera la collection de toutes les parties libres de l’espace vectoriel VV. L’ordre sera l’inclusion. Nous vérifierons que les hypothèses du Lemme de Zorn sont satisfaites (l’ensemble est non vide, et toute chaîne admet un majorant). La conclusion du lemme nous donnera un élément maximal, dont nous montrerons qu’il s’agit d’une base de VV.

Étapes:

  1. Définition de l’ensemble ordonné:

    Soit L\mathcal{L} l’ensemble de toutes les parties (sous-ensembles) libres de VV. On munit L\mathcal{L} de la relation d’ordre partiel \subset (l’inclusion d’ensembles).

  2. Vérification de la non-vacuité:

    L’ensemble vide \emptyset est une partie libre de VV (par vacuité de la condition de dépendance linéaire). Donc L\emptyset \in \mathcal{L}, et L\mathcal{L} n’est pas vide. (Si V{0}V \neq \{0\}, on peut aussi prendre {v}\{v\} pour n’importe quel v0v \neq 0).

  3. Vérification de la condition sur les chaînes:

    Soit C={Li}iI\mathcal{C} = \{L_i\}_{i \in I} une chaîne dans (L,)(\mathcal{L}, \subset). Cela signifie que pour tous i,jIi, j \in I, on a LiLjL_i \subset L_j ou LjLiL_j \subset L_i.

    Nous devons montrer que C\mathcal{C} admet un majorant dans L\mathcal{L}.

    Considérons l’ensemble M=iILiM = \bigcup_{i \in I} L_i.

    • MM est un majorant de C\mathcal{C} : Par construction, pour tout iIi \in I, LiML_i \subset M.

    • MM est dans L\mathcal{L} : Nous devons montrer que MM est une partie libre. Soit {v1,,vn}\{v_1, \dots, v_n\} une sous-famille finie d’éléments de MM, et soient λ1,,λnK\lambda_1, \dots, \lambda_n \in K tels que k=1nλkvk=0\sum_{k=1}^n \lambda_k v_k = 0.

      Pour chaque vkv_k, il existe un indice ikIi_k \in I tel que vkLikv_k \in L_{i_k}.

      Comme C\mathcal{C} est une chaîne, l’ensemble fini {Li1,,Lin}\{L_{i_1}, \dots, L_{i_n}\} est totalement ordonné. Il existe donc un indice j{i1,,in}j \in \{i_1, \dots, i_n\} tel que LikLjL_{i_k} \subset L_j pour tout k=1,,nk=1, \dots, n.

      Par conséquent, tous les vecteurs v1,,vnv_1, \dots, v_n appartiennent à LjL_j.

      Puisque LjLL_j \in \mathcal{L}, LjL_j est une partie libre. La relation k=1nλkvk=0\sum_{k=1}^n \lambda_k v_k = 0 implique donc que tous les scalaires λk\lambda_k sont nuls.

      Ceci prouve que MM est une partie libre, donc MLM \in \mathcal{L}.

  4. Application du Lemme de Zorn:

    Les hypothèses du Lemme de Zorn étant satisfaites, (L,)(\mathcal{L}, \subset) admet un élément maximal. Soit BB un tel élément maximal. BB est donc une partie libre de VV telle qu’il n’existe aucune autre partie libre BB' qui contienne strictement BB.

  5. Démonstration que l’élément maximal est une base:

    Nous savons déjà que BB est une partie libre. Il reste à montrer que BB est une partie génératrice de VV, c’est-à-dire que Vect(B)=V\text{Vect}(B) = V.

    Supposons par l’absurde que Vect(B)V\text{Vect}(B) \neq V. Il existe alors un vecteur vVv \in V tel que vVect(B)v \notin \text{Vect}(B).

    Considérons l’ensemble B=B{v}B' = B \cup \{v\}.

    Montrons que BB' est une partie libre. Soit une combinaison linéaire nulle d’éléments de BB' :

    λv+k=1nλkbk=0\lambda v + \sum_{k=1}^n \lambda_k b_k = 0, où bkBb_k \in B.

    Si λ0\lambda \neq 0, alors on pourrait écrire v=1λk=1nλkbkv = -\frac{1}{\lambda} \sum_{k=1}^n \lambda_k b_k, ce qui signifierait que vVect(B)v \in \text{Vect}(B), contredisant notre hypothèse. Donc λ\lambda doit être nul.

    La relation devient k=1nλkbk=0\sum_{k=1}^n \lambda_k b_k = 0. Puisque BB est libre, tous les λk\lambda_k sont nuls.

    Donc, la seule combinaison linéaire nulle d’éléments de BB' est la combinaison triviale. BB' est une partie libre.

    Or, BBB \subsetneq B' (car vBv \notin B puisque vVect(B)v \notin \text{Vect}(B)). Ceci contredit le fait que BB est un élément maximal de L\mathcal{L}.

    L’hypothèse Vect(B)V\text{Vect}(B) \neq V est donc fausse. On a Vect(B)=V\text{Vect}(B) = V.

    BB est une partie libre et génératrice, c’est donc une base de VV.

Réponse:

En appliquant le Lemme de Zorn à l’ensemble des parties libres de VV ordonné par l’inclusion, on établit l’existence d’une partie libre maximale. On démontre ensuite par l’absurde que cette partie libre maximale est nécessairement génératrice, et constitue donc une base de l’espace vectoriel VV.

Exercise 4: [Preuve Complexe]

Problème: Soit AA un ensemble quelconque. Démontrer le théorème de Cantor : il n’existe aucune fonction surjective de AA vers son ensemble des parties P(A)\mathcal{P}(A).

Solution

Méthode:

La preuve est un raisonnement par l’absurde utilisant un argument diagonal. On suppose qu’une telle surjection f:AP(A)f: A \to \mathcal{P}(A) existe. Ensuite, on construit un sous-ensemble spécifique de AA qui ne peut pas être dans l’image de ff, ce qui contredit la surjectivité.

Étapes:

  1. Hypothèse par l’absurde:

    Supposons qu’il existe une fonction surjective f:AP(A)f: A \to \mathcal{P}(A).

    Cela signifie que pour tout sous-ensemble SAS \subset A (c’est-à-dire, pour tout SP(A)S \in \mathcal{P}(A)), il existe au moins un élément aAa \in A tel que f(a)=Sf(a) = S.

  2. Construction de l’ensemble “diagonal”:

    Considérons le sous-ensemble DD de AA défini comme suit :

    D={xAxf(x)}D = \{x \in A \mid x \notin f(x)\}

    Pour chaque xAx \in A, f(x)f(x) est un sous-ensemble de AA. La condition xf(x)x \notin f(x) est donc bien définie : soit xx appartient au sous-ensemble f(x)f(x), soit il n’y appartient pas. DD est la collection de tous les éléments de AA qui n’appartiennent pas à leur propre image par ff.

  3. Contradiction:

    Puisque DD est un sous-ensemble de AA, DP(A)D \in \mathcal{P}(A).

    Par notre hypothèse de surjectivité, DD doit avoir un antécédent par ff. Il doit donc exister un élément dAd \in A tel que f(d)=Df(d) = D.

  4. Analyse de l’appartenance de dd à DD:

    Maintenant, nous nous posons la question : est-ce que l’élément dd appartient à l’ensemble DD ?

    • Cas 1 : Supposons que dDd \in D.

      Par la définition de DD, si dDd \in D, alors dd doit satisfaire la condition d’appartenance à DD, qui est df(d)d \notin f(d).

      Mais nous avons supposé que f(d)=Df(d) = D. Donc, dDd \in D implique dDd \notin D. C’est une contradiction.

    • Cas 2 : Supposons que dDd \notin D.

      Par la définition de DD, si un élément xx n’est pas dans DD, cela signifie qu’il ne satisfait pas la condition d’appartenance, c’est-à-dire ¬(xf(x))\neg(x \notin f(x)), ce qui équivaut à xf(x)x \in f(x).

      En appliquant ceci à dd, dDd \notin D implique que df(d)d \in f(d).

      Mais encore une fois, f(d)=Df(d) = D. Donc, dDd \notin D implique dDd \in D. C’est aussi une contradiction.

  5. Conclusion:

    Dans les deux cas possibles, nous arrivons à une contradiction. L’hypothèse initiale, à savoir l’existence d’une fonction surjective f:AP(A)f: A \to \mathcal{P}(A), doit être fausse.

Réponse:

Il n’existe aucune fonction surjective d’un ensemble AA vers son ensemble des parties P(A)\mathcal{P}(A). En conséquence, A<P(A)|A| < |\mathcal{P}(A)| pour tout ensemble AA.

Exercise 5: [Investigation Théorique]

Problème:

  1. Déterminer toutes les fonctions f:QQf: \mathbb{Q} \to \mathbb{Q} qui satisfont l’équation fonctionnelle de Cauchy :

    x,yQ,f(x+y)=f(x)+f(y)\forall x, y \in \mathbb{Q}, \quad f(x+y) = f(x) + f(y)

  2. Expliquer pourquoi la même méthode de résolution ne s’applique pas directement pour trouver toutes les fonctions g:RRg: \mathbb{R} \to \mathbb{R} satisfaisant la même équation. Quelle(s) condition(s) additionnelle(s) sur gg (par exemple, la continuité) permettrait(aient) d’obtenir une solution de forme similaire ?

Solution

Méthode:

Pour la première partie, nous allons établir la forme de la fonction sur les entiers, puis sur les rationnels, en utilisant la propriété d’additivité. Pour la seconde partie, nous mettrons en évidence l’étape qui utilise la structure de Q\mathbb{Q} et qui ne se généralise pas à R\mathbb{R}.

Étapes:

  1. Résolution sur Q\mathbb{Q}:

    Soit f:QQf: \mathbb{Q} \to \mathbb{Q} telle que f(x+y)=f(x)+f(y)f(x+y) = f(x)+f(y).

    • Pour x=y=0x=y=0: f(0)=f(0)+f(0)f(0)=0f(0) = f(0)+f(0) \Rightarrow f(0)=0.

    • Pour les entiers naturels N\mathbb{N}: Montrons par récurrence que f(n)=nf(1)f(n) = n f(1) pour nNn \in \mathbb{N}.

      • Base : Pour n=1n=1, c’est trivial. Pour n=0n=0, f(0)=0=0f(1)f(0)=0=0 \cdot f(1).
      • Hérédité : Supposons f(k)=kf(1)f(k) = k f(1) pour un kNk \in \mathbb{N}.

      f(k+1)=f(k)+f(1)=kf(1)+f(1)=(k+1)f(1)f(k+1) = f(k) + f(1) = k f(1) + f(1) = (k+1)f(1).

      La propriété est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}.

    • Pour les entiers relatifs Z\mathbb{Z}:

      Soit nNn \in \mathbb{N}. On a 0=f(0)=f(n+(n))=f(n)+f(n)0 = f(0) = f(n + (-n)) = f(n) + f(-n).

      Donc f(n)=f(n)=(nf(1))=(n)f(1)f(-n) = -f(n) = -(n f(1)) = (-n) f(1).

      La propriété f(z)=zf(1)f(z) = z f(1) est donc vraie pour tout zZz \in \mathbb{Z}.

    • Pour les nombres rationnels Q\mathbb{Q}:

      Soit qQq \in \mathbb{Q}. On peut écrire q=prq = \frac{p}{r} avec pZp \in \mathbb{Z} et rNr \in \mathbb{N}^*.

      On a f(p)=pf(1)f(p) = p f(1).

      Aussi, f(p)=f(rpr)=f(pr++prr fois)=rf(pr)=rf(q)f(p) = f(r \cdot \frac{p}{r}) = f(\underbrace{\frac{p}{r} + \dots + \frac{p}{r}}_{r \text{ fois}}) = r f(\frac{p}{r}) = r f(q).

      En égalant les deux expressions pour f(p)f(p), on obtient pf(1)=rf(q)p f(1) = r f(q).

      Puisque r0r \neq 0, on peut diviser : f(q)=prf(1)=qf(1)f(q) = \frac{p}{r} f(1) = q f(1).

    • Conclusion pour Q\mathbb{Q}: Toute fonction f:QQf: \mathbb{Q} \to \mathbb{Q} satisfaisant l’équation de Cauchy est de la forme f(x)=cxf(x) = cx pour une constante cQc \in \mathbb{Q} (où c=f(1)c=f(1)).

  2. Généralisation à R\mathbb{R}:

    La méthode ci-dessus utilise de manière cruciale le fait que tout rationnel qq peut s’écrire comme un multiple entier (pp) d’une fraction unitaire (1/r1/r). Cette décomposition ne s’applique pas aux nombres irrationnels. Si xRx \in \mathbb{R}, on peut prouver que f(qx)=qf(x)f(qx) = qf(x) pour tout qQq \in \mathbb{Q}, mais on ne peut pas relier f(x)f(x) à f(1)f(1) de la même manière si xx est irrationnel.

    En fait, il existe des fonctions g:RRg: \mathbb{R} \to \mathbb{R} non-linéaires qui satisfont l’équation de Cauchy. Ces fonctions sont pathologiques : leur graphe est dense dans R2\mathbb{R}^2. L’existence de telles fonctions repose sur l’Axiome du Choix (via l’existence d’une base de Hamel de R\mathbb{R} vu comme Q\mathbb{Q}-espace vectoriel).

    Conditions additionnelles pour g:RRg: \mathbb{R} \to \mathbb{R}:

    Si on ajoute des conditions de régularité, on peut forcer la solution à être linéaire. Les conditions suffisantes incluent :

    • gg est continue en au moins un point.
    • gg est monotone sur un intervalle.
    • gg est bornée sur un intervalle.

    Par exemple, si gg est continue, alors pour toute suite de rationnels (qn)(q_n) qui converge vers un réel xx, on doit avoir g(x)=g(limqn)=limg(qn)=lim(cqn)=c(limqn)=cxg(x) = g(\lim q_n) = \lim g(q_n) = \lim (c q_n) = c (\lim q_n) = cx. La forme linéaire g(x)=cxg(x)=cx est donc la seule solution continue.

Réponse:

  1. Les solutions de l’équation de Cauchy sur Q\mathbb{Q} sont les fonctions linéaires f(x)=cxf(x) = cx, où cc est une constante rationnelle.
  2. La preuve ne se généralise pas à R\mathbb{R} car elle repose sur la structure des nombres rationnels. Pour garantir que les seules solutions sur R\mathbb{R} sont les fonctions linéaires g(x)=cxg(x) = cx, il faut ajouter une condition de régularité, comme la continuité, la monotonie ou le fait d’être bornée sur un intervalle.

Exercise 6: [Preuve Avancée]

Problème: Un nombre complexe est dit algébrique s’il est racine d’un polynôme non nul à coefficients rationnels. Démontrer que l’ensemble A\mathbb{A} de tous les nombres algébriques est dénombrable.

Solution

Méthode:

La stratégie consiste à montrer que l’ensemble des nombres algébriques est une union dénombrable d’ensembles finis.

  1. On considère l’ensemble Pn\mathcal{P}_n des polynômes de degré nn à coefficients rationnels. On montre que cet ensemble est dénombrable.
  2. On montre que l’ensemble P\mathcal{P} de tous les polynômes à coefficients rationnels est une union dénombrable d’ensembles dénombrables, et est donc lui-même dénombrable.
  3. On utilise le fait qu’un polynôme de degré nn a au plus nn racines.
  4. L’ensemble des nombres algébriques A\mathbb{A} est l’union de toutes les racines de tous les polynômes dans P\mathcal{P}. Ce sera donc une union dénombrable d’ensembles finis, ce qui est dénombrable.

Étapes:

  1. Dénombrabilité de Q[X]\mathbb{Q}[X]:

    Soit Pn\mathcal{P}_n l’ensemble des polynômes de degré nn à coefficients dans Q\mathbb{Q}. Un tel polynôme s’écrit P(x)=anxn++a1x+a0P(x) = a_n x^n + \dots + a_1 x + a_0 avec aiQa_i \in \mathbb{Q} et an0a_n \neq 0.

    On peut identifier PP avec le (n+1)(n+1)-uplet de ses coefficients (a0,a1,,an)Qn+1(a_0, a_1, \dots, a_n) \in \mathbb{Q}^{n+1}.

    Il y a donc une bijection entre Pn\mathcal{P}_n et un sous-ensemble de Qn+1\mathbb{Q}^{n+1}.

    On sait que Q\mathbb{Q} est dénombrable. Un produit cartésien fini d’ensembles dénombrables est dénombrable. Donc Qn+1\mathbb{Q}^{n+1} est dénombrable.

    Par conséquent, Pn\mathcal{P}_n, étant en bijection avec un sous-ensemble d’un ensemble dénombrable, est lui-même dénombrable.

  2. L’ensemble P=Q[X]\mathcal{P} = \mathbb{Q}[X] de tous les polynômes à coefficients rationnels est l’union de tous les Pn\mathcal{P}_n pour nNn \in \mathbb{N}:

    P=n=0Pn\mathcal{P} = \bigcup_{n=0}^{\infty} \mathcal{P}_n

    C’est une union dénombrable d’ensembles dénombrables. Une telle union est dénombrable. Donc P\mathcal{P} est dénombrable.

  3. Enumération des polynômes et de leurs racines:

    Puisque P\mathcal{P} est dénombrable, on peut énumérer tous ses polynômes (non nuls) : P1,P2,P3,P_1, P_2, P_3, \dots.

    Pour chaque polynôme PkP_k, soit RkR_k l’ensemble (fini) de ses racines. Par le théorème fondamental de l’algèbre (cas particulier), un polynôme de degré nn a au plus nn racines complexes. Donc Rk|R_k| est fini pour tout kk.

  4. Conclusion sur l’ensemble A\mathbb{A}:

    L’ensemble A\mathbb{A} de tous les nombres algébriques est l’union de tous ces ensembles de racines :

    A=k=1Rk\mathbb{A} = \bigcup_{k=1}^{\infty} R_k

    C’est une union dénombrable d’ensembles finis. Une telle union est au plus dénombrable.

    Puisque A\mathbb{A} contient Q\mathbb{Q} (tout qQq \in \mathbb{Q} est racine de xq=0x-q=0), A\mathbb{A} est infini.

    Par conséquent, l’ensemble des nombres algébriques A\mathbb{A} est dénombrable.

Réponse:

L’ensemble A\mathbb{A} des nombres algébriques est dénombrable. Ceci implique, puisque C\mathbb{C} et R\mathbb{R} ne sont pas dénombrables, qu’il existe des nombres transcendants (non algébriques) comme π\pi et ee.

Exercise 7: [Preuve Complexe]

Problème: En utilisant l’axiome de la borne supérieure pour R\mathbb{R}, démontrer le Théorème des intervalles emboîtés.

Soit (In)nN(I_n)_{n \in \mathbb{N}} une suite d’intervalles fermés et bornés de R\mathbb{R}, In=[an,bn]I_n = [a_n, b_n], telle que :

  1. Les intervalles sont emboîtés : In+1InI_{n+1} \subset I_n pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  2. La longueur des intervalles tend vers zéro : limn(bnan)=0\lim_{n \to \infty} (b_n - a_n) = 0.

Démontrer qu’il existe un unique nombre réel cc tel que cInc \in I_n pour tout nNn \in \mathbb{N}, c’est-à-dire n=0In={c}\bigcap_{n=0}^{\infty} I_n = \{c\}.

Solution

Méthode:

Nous allons utiliser l’axiome de la borne supérieure pour définir un candidat pour l’élément commun. La condition d’emboîtement nous donne deux suites monotones et bornées. L’ensemble des bornes inférieures {an}\{a_n\} est non vide et majoré, il admet donc une borne supérieure. Nous allons montrer que cette borne supérieure est l’unique point d’intersection.

Étapes:

  1. Analyse des suites (an)(a_n) et (bn)(b_n):

    La condition d’emboîtement In+1InI_{n+1} \subset I_n signifie [an+1,bn+1][an,bn][a_{n+1}, b_{n+1}] \subset [a_n, b_n].

    Ceci implique anan+1a_n \le a_{n+1} et bn+1bnb_{n+1} \le b_n pour tout nNn \in \mathbb{N}.

    La suite (an)nN(a_n)_{n \in \mathbb{N}} est donc croissante.

    La suite (bn)nN(b_n)_{n \in \mathbb{N}} est décroissante.

    De plus, pour tout nNn \in \mathbb{N}, anbna_n \le b_n.

    En particulier, pour tous m,nNm, n \in \mathbb{N}, on a ambna_m \le b_n. Pour le voir, si mnm \le n, alors amanbna_m \le a_n \le b_n. Si m>nm > n, alors ambmbna_m \le b_m \le b_n.

    Ainsi, la suite (an)(a_n) est majorée (par n’importe quel bkb_k) et la suite (bn)(b_n) est minorée (par n’importe quel aka_k).

  2. Existence d’un point d’intersection:

    Considérons l’ensemble A={annN}A = \{a_n \mid n \in \mathbb{N}\}. Cet ensemble est non vide.

    Comme nous l’avons montré, tout bkb_k est un majorant de AA. L’ensemble AA est donc majoré.

    Par l’axiome de la borne supérieure, AA admet une borne supérieure. Posons c=supAc = \sup A.

  3. Montrer que cc est dans tous les intervalles:

    Nous devons montrer que akcbka_k \le c \le b_k pour tout kNk \in \mathbb{N}.

    • Par définition de la borne supérieure, akca_k \le c pour tout kNk \in \mathbb{N}.

    • Montrons que cbkc \le b_k pour tout kNk \in \mathbb{N}.

      Fixons un kNk \in \mathbb{N}. Nous avons vu que bkb_k est un majorant de l’ensemble AA.

      Puisque cc est le plus petit des majorants de AA, on a nécessairement cbkc \le b_k.

    • Ayant akcbka_k \le c \le b_k pour tout kk, on conclut que c[ak,bk]=Ikc \in [a_k, b_k] = I_k pour tout kk.

      L’intersection n=0In\bigcap_{n=0}^{\infty} I_n est donc non vide, car elle contient cc.

  4. Unicité du point d’intersection:

    Maintenant, utilisons la deuxième hypothèse : limn(bnan)=0\lim_{n \to \infty} (b_n - a_n) = 0.

    Soit dd un autre point dans l’intersection. On a donc andbna_n \le d \le b_n pour tout nn.

    On a aussi ancbna_n \le c \le b_n.

    La distance entre cc et dd est cd|c-d|.

    Pour tout nn, cc et dd appartiennent à l’intervalle [an,bn][a_n, b_n], donc la distance entre eux ne peut pas excéder la longueur de l’intervalle :

    0cdbnan0 \le |c-d| \le b_n - a_n

    En passant à la limite quand nn \to \infty :

    0cdlimn(bnan)0 \le |c-d| \le \lim_{n \to \infty} (b_n - a_n)

    0cd00 \le |c-d| \le 0

    Ceci implique que cd=0|c-d| = 0, et donc c=dc=d.

    L’élément cc est unique.

Réponse:

L’intersection n=0In\bigcap_{n=0}^{\infty} I_n contient un unique point c=sup{an}c = \sup\{a_n\}.

Exercise 8: [Application Avancée]

Problème: L’ensemble triadique de Cantor CC est construit de manière itérative. On part de l’intervalle [0,1][0, 1]. À la première étape, on enlève le tiers central ouvert, ce qui laisse [0,1/3][2/3,1][0, 1/3] \cup [2/3, 1]. On répète ce processus sur chaque intervalle restant. L’ensemble de Cantor est l’ensemble des points qui restent après une infinité d’étapes.

En utilisant la représentation des nombres en base 3, prouver que l’ensemble de Cantor CC n’est pas dénombrable.

Solution

Méthode:

Nous allons caractériser les éléments de l’ensemble de Cantor par leur développement en base 3. Ensuite, nous construirons une bijection entre l’ensemble de Cantor et un ensemble connu pour être non dénombrable, comme l’intervalle [0,1][0,1] ou l’ensemble {0,1}N\{0,1\}^{\mathbb{N}}.

Étapes:

  1. Représentation en base 3:

    Tout nombre x[0,1]x \in [0, 1] peut s’écrire en base 3 sous la forme x=(0.d1d2d3)3=k=1dk3kx = (0.d_1 d_2 d_3 \dots)_3 = \sum_{k=1}^{\infty} \frac{d_k}{3^k}, où les chiffres dkd_k sont dans {0,1,2}\{0, 1, 2\}.

    (Note : certains nombres, comme 1/31/3, ont deux représentations : 1/3=(0.1000)3=(0.0222)31/3 = (0.1000\dots)_3 = (0.0222\dots)_3).

  2. Caractérisation de l’ensemble de Cantor en base 3:

    • À la première étape, on enlève l’intervalle ouvert (1/3,2/3)(1/3, 2/3).

      Les nombres dans cet intervalle sont ceux dont le développement en base 3 commence nécessairement par un 1. C’est-à-dire x=(0.1d2d3)3x = (0.1d_2d_3\dots)_3. Les bornes sont 1/3=(0.1)3=(0.0222)31/3=(0.1)_3=(0.0222\dots)_3 et 2/3=(0.2)32/3=(0.2)_3. Les points restants sont ceux qui peuvent être écrits avec un premier chiffre d1=0d_1=0 ou d1=2d_1=2.

    • À la deuxième étape, on enlève le tiers central de [0,1/3][0, 1/3] et de [2/3,1][2/3, 1]. Cela correspond à enlever les nombres dont le deuxième chiffre en base 3 est un 1.

    • Par itération, à l’étape nn, on enlève les nombres dont le nn-ième chiffre en base 3 est un 1.

    • L’ensemble de Cantor CC est donc l’ensemble des nombres x[0,1]x \in [0,1] qui admettent une représentation en base 3 ne contenant que les chiffres 0 et 2.

  3. Construction d’une fonction vers [0,1][0,1]:

    Soit xCx \in C. On peut écrire son unique développement en base 3 sans chiffre 1 :

    x=k=1dk3kx = \sum_{k=1}^{\infty} \frac{d_k}{3^k}, avec dk{0,2}d_k \in \{0, 2\}.

    Définissons une fonction f:C[0,1]f: C \to [0,1] de la manière suivante :

    Pour x=(0.d1d2d3)3Cx=(0.d_1 d_2 d_3 \dots)_3 \in C, on définit f(x)f(x) comme le nombre dont le développement binaire (base 2) est obtenu en divisant chaque chiffre par 2 :

    f(x)=k=1dk/22k=(0.(d1/2)(d2/2)(d3/2))2f(x) = \sum_{k=1}^{\infty} \frac{d_k/2}{2^k} = (0.(d_1/2)(d_2/2)(d_3/2)\dots)_2

    Puisque dk{0,2}d_k \in \{0, 2\}, dk/2{0,1}d_k/2 \in \{0, 1\}, donc f(x)f(x) est un nombre bien défini dans [0,1][0,1] en base 2.

  4. Démonstration de la surjectivité de ff:

    Soit y[0,1]y \in [0,1]. On peut écrire yy en base 2 : y=(0.b1b2b3)2y = (0.b_1 b_2 b_3 \dots)_2, où bk{0,1}b_k \in \{0, 1\}.

    Construisons un antécédent xCx \in C. Posons dk=2bkd_k = 2b_k. Alors dk{0,2}d_k \in \{0, 2\}.

    Le nombre x=(0.d1d2d3)3x = (0.d_1 d_2 d_3 \dots)_3 est bien un élément de l’ensemble de Cantor.

    Par construction, f(x)=(0.(d1/2)(d2/2))2=(0.b1b2)2=yf(x) = (0.(d_1/2)(d_2/2)\dots)_2 = (0.b_1 b_2 \dots)_2 = y.

    La fonction ff est donc surjective de CC sur [0,1][0,1].

  5. Conclusion:

    Puisqu’il existe une surjection de CC sur l’intervalle [0,1][0,1], la cardinalité de CC doit être au moins aussi grande que celle de [0,1][0,1].

    C[0,1]|C| \ge |[0,1]|

    On sait que l’intervalle [0,1][0,1] n’est pas dénombrable (il a la puissance du continu).

    Par conséquent, l’ensemble de Cantor CC n’est pas dénombrable.

Réponse:

L’ensemble de Cantor CC peut être mis en surjection avec l’intervalle [0,1][0,1] via leur représentation en base 3 et 2. Puisque [0,1][0,1] n’est pas dénombrable, CC ne l’est pas non plus.

Exercise 9: [Application Avancée]

Problème: Démontrer le théorème de Napoléon en utilisant les nombres complexes.

Soit ABCABC un triangle quelconque dans le plan euclidien. Sur chaque côté de ABCABC, on construit un triangle équilatéral (tous orientés vers l’extérieur ou tous vers l’intérieur). Soient P,Q,RP, Q, R les centres de ces triangles équilatéraux. Le théorème de Napoléon affirme que le triangle PQRPQR est équilatéral.

Solution

Méthode:

Nous allons représenter les sommets du triangle par des nombres complexes a,b,ca, b, c. Les centres des triangles équilatéraux seront exprimés en fonction de a,b,ca, b, c. Pour prouver que PQRPQR est équilatéral, il suffit de montrer que le vecteur QP\vec{QP} est obtenu en faisant tourner le vecteur QR\vec{QR} de ±π/3\pm \pi/3 radians, ce qui se traduit en termes de complexes par pq=e±iπ/3(rq)p-q = e^{\pm i\pi/3}(r-q).

Étapes:

  1. Représentation complexe:

    Associons les sommets A,B,CA, B, C aux nombres complexes a,b,ca, b, c.

    Soit j=ei2π/3=12+i32j = e^{i2\pi/3} = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}. C’est une racine cubique de l’unité, et elle vérifie 1+j+j2=01+j+j^2=0 et j3=1j^3=1. Une rotation de +2π/3+2\pi/3 est une multiplication par jj. Une rotation de +π/3+\pi/3 est une multiplication par j2=eiπ/3-j^2=e^{i\pi/3}.

  2. Construction des sommets des triangles équilatéraux:

    Soit AA' le troisième sommet du triangle équilatéral extérieur construit sur le côté BCBC. Le vecteur CA\vec{CA'} est obtenu en tournant le vecteur CB\vec{CB} de +π/3+\pi/3. En complexes, cela signifie que le sommet aa' vérifie ac=eiπ/3(bc)=j2(bc)a'-c = e^{i\pi/3}(b-c) = -j^2(b-c).

    De même, on peut construire les autres sommets, mais nous avons besoin des centres.

  3. Calcul des centres:

    Soit RR le centre du triangle équilatéral de base ABAB (et de troisième sommet CC'). Le vecteur AC\vec{AC'} est obtenu en tournant AB\vec{AB} de +π/3+\pi/3. Donc ca=eiπ/3(ba)c'-a = e^{i\pi/3}(b-a).

    Le centre RR est l’isobarycentre de A,B,CA, B, C', donc r=13(a+b+c)r = \frac{1}{3}(a+b+c').

    r=13(a+b+a+eiπ/3(ba))=13(a(2eiπ/3)+b(1+eiπ/3))r = \frac{1}{3}(a+b + a + e^{i\pi/3}(b-a)) = \frac{1}{3}(a(2-e^{i\pi/3}) + b(1+e^{i\pi/3})).

    En utilisant eiπ/3=1+je^{i\pi/3} = 1+j, on a r=13(a(1j)+b(2+j))r = \frac{1}{3}(a(1-j) + b(2+j)).

    De même, pour le centre QQ du triangle sur BCBC: q=13(b(1j)+c(2+j))q = \frac{1}{3}(b(1-j) + c(2+j)).

    Et pour le centre PP du triangle sur CACA: p=13(c(1j)+a(2+j))p = \frac{1}{3}(c(1-j) + a(2+j)).

  4. Vérification de l’équilatéralité de PQR:

    Nous allons vérifier la condition pqeiπ/3(rq)=0p-q - e^{i\pi/3}(r-q) = 0.

    3(pq)=c(1j)+a(2+j)b(1j)c(2+j)=a(2+j)b(1j)c(1+j)3(p-q) = c(1-j)+a(2+j) - b(1-j)-c(2+j) = a(2+j) - b(1-j) - c(1+j).

    3(rq)=a(1j)+b(2+j)b(1j)c(2+j)=a(1j)+b(1+2j)c(2+j)3(r-q) = a(1-j)+b(2+j) - b(1-j)-c(2+j) = a(1-j) + b(1+2j) - c(2+j).

    Calculons 3(pq)eiπ/33(rq)3(p-q) - e^{i\pi/3} \cdot 3(r-q):

    a(2+j)b(1j)c(1+j)(1+j)[a(1j)+b(1+2j)c(2+j)]a(2+j) - b(1-j) - c(1+j) - (1+j)[a(1-j) + b(1+2j) - c(2+j)].

    Développons le deuxième terme :

    (1+j)a(1j)=a(1j2)=a(1(1j))=a(2+j)(1+j)a(1-j) = a(1-j^2) = a(1 - (-1-j)) = a(2+j).

    (1+j)b(1+2j)=b(1+3j+2j2)=b(1+3j+2(1j))=b(1+j)(1+j)b(1+2j) = b(1+3j+2j^2) = b(1+3j+2(-1-j)) = b(-1+j).

    (1+j)c(2j)=c(23jj2)=c(23j(1j))=c(12j)(1+j)c(-2-j) = c(-2-3j-j^2) = c(-2-3j-(-1-j)) = c(-1-2j).

    L’expression complète est donc :

    [a(2+j)b(1j)c(1+j)][a(2+j)+b(1+j)c(1+2j)][a(2+j) - b(1-j) - c(1+j)] - [a(2+j) + b(-1+j) - c(1+2j)].

    =a(2+j(2+j))b(1j(1+j))c(1+j(1+2j))= a(2+j - (2+j)) - b(1-j - (-1+j)) - c(1+j - (1+2j))

    =a(0)b(22j)c(j)=2b(1j)+cj= a(0) - b(2-2j) - c(-j) = -2b(1-j) + cj.

    Il semble y avoir une erreur de calcul.

    Reprenons le calcul plus simplement.

    On a ar=j(br)a-r = j(b-r) et br=j(cr)b-r = j(c'-r) n’est pas vrai.

    Un triangle ABCABC est équilatéral direct si et seulement si a+jb+j2c=0a+jb+j^2c=0.

    Pour le centre RR du triangle sur ABAB, on a a,b,ca,b,c' sommets. Donc a+jc+j2b=0a+jc'+j^2b=0. D’où c=jaj2bc'=-ja-j^2b.

    r=a+b+c3=a+bjaj2b3=a(1j)+b(1j2)3r = \frac{a+b+c'}{3} = \frac{a+b-ja-j^2b}{3} = \frac{a(1-j)+b(1-j^2)}{3}.

    De même :

    q=b(1j)+c(1j2)3q = \frac{b(1-j)+c(1-j^2)}{3}.

    p=c(1j)+a(1j2)3p = \frac{c(1-j)+a(1-j^2)}{3}.

    Vérifions si PQRPQR est équilatéral direct, i.e., p+jq+j2r=0p+jq+j^2r=0.

    3(p+jq+j2r)=[c(1j)+a(1j2)]+j[b(1j)+c(1j2)]+j2[a(1j)+b(1j2)]3(p+jq+j^2r) = [c(1-j)+a(1-j^2)] + j[b(1-j)+c(1-j^2)] + j^2[a(1-j)+b(1-j^2)].

    Regroupons les termes en a,b,ca, b, c:

    a:(1j2)+j2(1j)=1j2+j2j3=11=0a: (1-j^2) + j^2(1-j) = 1-j^2+j^2-j^3 = 1-1 = 0.

    b:j(1j)+j2(1j2)=jj2+j2j4=jj=0b: j(1-j) + j^2(1-j^2) = j-j^2+j^2-j^4 = j-j = 0.

    c:(1j)+j(1j2)=1j+jj3=11=0c: (1-j) + j(1-j^2) = 1-j+j-j^3 = 1-1=0.

    L’expression est bien nulle. Donc p+jq+j2r=0p+jq+j^2r=0, ce qui prouve que le triangle PQRPQR est équilatéral et direct.

Réponse:

En représentant les sommets par des nombres complexes a,b,ca, b, c et en utilisant la condition d’équilatéralité z1+jz2+j2z3=0z_1 + j z_2 + j^2 z_3 = 0 (où j=ei2π/3j=e^{i2\pi/3}), on exprime les coordonnées des centres p,q,rp, q, r en fonction de a,b,ca, b, c. On montre alors que p,q,rp, q, r satisfont la condition p+jq+j2r=0p+jq+j^2r=0, ce qui prouve que le triangle PQRPQR est équilatéral.

Exercise 10: [Investigation Théorique]

Problème: Démontrer une version simplifiée du Théorème de Liouville.

Soit P(z)P(z) un polynôme à coefficients complexes. Si P(z)P(z) est borné sur C\mathbb{C}, c’est-à-dire s’il existe une constante MRM \in \mathbb{R} telle que P(z)M|P(z)| \le M pour tout zCz \in \mathbb{C}, alors P(z)P(z) doit être un polynôme constant.

Indice : Utiliser les Inégalités de Cauchy. Pour un polynôme P(z)=k=0nakzkP(z) = \sum_{k=0}^n a_k z^k, les coefficients peuvent être calculés par l’intégrale de Cauchy : ak=12πiz=RP(z)zk+1dza_k = \frac{1}{2\pi i} \oint_{|z|=R} \frac{P(z)}{z^{k+1}} dz. On admettra la majoration suivante qui en découle : akMRRk|a_k| \le \frac{M_R}{R^k}, où MR=maxz=RP(z)M_R = \max_{|z|=R} |P(z)|.

Solution

Méthode:

Nous allons utiliser les inégalités de Cauchy données en indice pour montrer que tous les coefficients des termes de degré non nul du polynôme sont nuls. Si P(z)P(z) est borné sur C\mathbb{C} par MM, alors il est aussi borné par MM sur tout cercle centré à l’origine. Nous utiliserons cette information dans l’inégalité et ferons tendre le rayon du cercle vers l’infini.

Étapes:

  1. Mise en place:

    Soit P(z)=anzn+an1zn1++a1z+a0P(z) = a_n z^n + a_{n-1} z^{n-1} + \dots + a_1 z + a_0 un polynôme à coefficients complexes.

    On suppose qu’il existe M>0M > 0 tel que P(z)M|P(z)| \le M pour tout zCz \in \mathbb{C}.

  2. Application des inégalités de Cauchy:

    Les inégalités de Cauchy nous disent que pour tout k{0,1,,n}k \in \{0, 1, \dots, n\} et pour tout rayon R>0R > 0 :

    akmaxz=RP(z)Rk|a_k| \le \frac{\max_{|z|=R} |P(z)|}{R^k}

    Puisque P(z)M|P(z)| \le M pour tout zCz \in \mathbb{C}, on a en particulier maxz=RP(z)M\max_{|z|=R} |P(z)| \le M.

    L’inégalité devient donc :

    akMRk|a_k| \le \frac{M}{R^k}

    Cette inégalité est valable pour n’importe quel R>0R > 0.

  3. Analyse des coefficients pour k1k \ge 1:

    Considérons un coefficient aka_k avec k1k \ge 1.

    Nous avons l’inégalité akMRk|a_k| \le \frac{M}{R^k}.

    Le membre de droite dépend de RR. Nous pouvons choisir RR aussi grand que nous le souhaitons.

    Faisons tendre RR vers l’infini :

    limRMRk\lim_{R \to \infty} \frac{M}{R^k}

    Puisque k1k \ge 1, RkR^k \to \infty, et donc la limite est 0.

    On a donc :

    ak0|a_k| \le 0

    Comme le module d’un nombre complexe est toujours non-négatif, la seule possibilité est ak=0|a_k|=0, ce qui implique ak=0a_k = 0.

    Ce raisonnement est valable pour tout k{1,2,,n}k \in \{1, 2, \dots, n\}.

  4. Conclusion:

    Nous avons montré que a1=a2==an=0a_1 = a_2 = \dots = a_n = 0.

    Le polynôme P(z)P(z) se réduit donc à son terme constant :

    P(z)=a0P(z) = a_0

    Le polynôme est constant.

Réponse:

Si un polynôme P(z)P(z) est borné sur C\mathbb{C}, alors en appliquant les inégalités de Cauchy akMRk|a_k| \le \frac{M}{R^k} et en faisant tendre le rayon RR vers l’infini, on montre que tous les coefficients aka_k pour k1k \ge 1 sont nécessairement nuls. Le polynôme se réduit donc à son terme constant a0a_0.