Avertissement

Ce contenu a été généré par une intelligence artificielle (LLM) et peut contenir des imprécisions ou des erreurs malgré notre relecture attentive. Il s'agit d'un outil d'apprentissage et non d'une référence académique.

Si vous constatez des erreurs, merci de nous les signaler via la page "À propos".

Outillage (B)


Concept 1: Calcul Propositionnel et Prédicats du Premier Ordre

Prérequis

  • Notion intuitive de vérité et de fausseté.
  • Familiarité avec le raisonnement déductif.

Définition

Une proposition est un énoncé mathématique PP auquel on peut assigner sans ambiguïté une valeur de vérité, soit Vrai (V), soit Faux (F). L’ensemble des valeurs de vérité est {V,F}\{V, F\} ou {1,0}\{1, 0\}.

Les connecteurs logiques sont des opérations sur l’ensemble des propositions. Étant donné des propositions PP et QQ, on définit :

  • La négation ¬P\neg P (ou non PP).
  • La conjonction PQP \land Q (ou PP et QQ).
  • La disjonction PQP \lor Q (ou PP ou QQ).
  • L’implication PQP \Rightarrow Q (si PP alors QQ).
  • L’équivalence PQP \Leftrightarrow Q (PP si et seulement si QQ).

Leurs définitions sont données par les tables de vérité suivantes :

| PP | QQ | ¬P\neg P | PQP \land Q | PQP \lor Q | PQP \Rightarrow Q | PQP \Leftrightarrow Q |

|:---:|:---:|:---:|:---:|:---:|:---:|:---:|

| V | V | F | V | V | V | V |

| V | F | F | F | V | F | F |

| F | V | V | F | V | V | F |

| F | F | V | F | F | V | V |

Un prédicat est une proposition P(x1,,xn)P(x_1, \dots, x_n) dont la valeur de vérité dépend de variables x1,,xnx_1, \dots, x_n appartenant à des ensembles (domaines) respectifs E1,,EnE_1, \dots, E_n.

Les quantificateurs permettent de former des propositions à partir de prédicats :

  • Quantificateur universel : xE,P(x)\forall x \in E, P(x) est vraie si et seulement si P(x)P(x) est vraie pour chaque élément xx de EE.
  • Quantificateur existentiel : xE,P(x)\exists x \in E, P(x) est vraie si et seulement s’il existe au moins un élément xx de EE pour lequel P(x)P(x) est vraie.

Propriétés Clés

  • Double négation : ¬(¬P)P\neg(\neg P) \Leftrightarrow P.
  • Lois de De Morgan :
    • ¬(PQ)(¬P)(¬Q)\neg(P \land Q) \Leftrightarrow (\neg P) \lor (\neg Q).
    • ¬(PQ)(¬P)(¬Q)\neg(P \lor Q) \Leftrightarrow (\neg P) \land (\neg Q).
  • Définition alternative de l’implication : (PQ)(¬PQ)(P \Rightarrow Q) \Leftrightarrow (\neg P \lor Q).
  • Négation de l’implication : ¬(PQ)(P¬Q)\neg(P \Rightarrow Q) \Leftrightarrow (P \land \neg Q).
  • Contraposition : L’implication PQP \Rightarrow Q est équivalente à sa contraposée ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P.
  • Réciproque : La réciproque de PQP \Rightarrow Q est QPQ \Rightarrow P. Il n’y a pas de lien logique entre une implication et sa réciproque.
  • Double implication : (PQ)((PQ)(QP))(P \Leftrightarrow Q) \Leftrightarrow ((P \Rightarrow Q) \land (Q \Rightarrow P)).
  • Négation des quantificateurs :
    • ¬(xE,P(x))(xE,¬P(x))\neg(\forall x \in E, P(x)) \Leftrightarrow (\exists x \in E, \neg P(x)).
    • ¬(xE,P(x))(xE,¬P(x))\neg(\exists x \in E, P(x)) \Leftrightarrow (\forall x \in E, \neg P(x)).
  • Permutation des quantificateurs :
    • (xE,yF,P(x,y))(yF,xE,P(x,y))(\forall x \in E, \forall y \in F, P(x, y)) \Leftrightarrow (\forall y \in F, \forall x \in E, P(x, y)).
    • (xE,yF,P(x,y))(yF,xE,P(x,y))(\exists x \in E, \exists y \in F, P(x, y)) \Leftrightarrow (\exists y \in F, \exists x \in E, P(x, y)).
    • En général, (xE,yF,P(x,y))⇎(yF,xE,P(x,y))(\forall x \in E, \exists y \in F, P(x, y)) \not\Leftrightarrow (\exists y \in F, \forall x \in E, P(x, y)).

Exemples

Exemple 1 (Démonstration par contraposition)

Proposition. Soit nZn \in \mathbb{Z}. Si n2n^2 est pair, alors nn est pair.

Hypothèses. Soit PP la proposition ”n2n^2 est pair” et QQ la proposition ”nn est pair”. L’énoncé est PQP \Rightarrow Q.

Preuve. Nous prouvons la contraposée ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P.

L’hypothèse ¬Q\neg Q signifie que nn est impair. Il existe donc un entier pZp \in \mathbb{Z} tel que n=2p+1n = 2p+1.

Alors n2=(2p+1)2=4p2+4p+1=2(2p2+2p)+1n^2 = (2p+1)^2 = 4p^2 + 4p + 1 = 2(2p^2+2p) + 1.

Puisque 2p2+2pZ2p^2+2p \in \mathbb{Z}, n2n^2 est de la forme 2k+12k+1, donc n2n^2 est impair. Ceci est ¬P\neg P.

Nous avons prouvé ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P. Par équivalence, PQP \Rightarrow Q est vraie.

Exemple 2 (Négation d’un énoncé quantifié)

Proposition. Soit la définition de la continuité d’une fonction ff en un point x0x_0 :

P:ε>0,η>0,xR,xx0<ηf(x)f(x0)<εP : \forall \varepsilon > 0, \exists \eta > 0, \forall x \in \mathbb{R}, |x-x_0|<\eta \Rightarrow |f(x)-f(x_0)| < \varepsilon

La négation de PP (la non-continuité de ff en x0x_0) est :

¬P:ε>0,η>0,xR,xx0<ηf(x)f(x0)ε\neg P : \exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in \mathbb{R}, |x-x_0|<\eta \land |f(x)-f(x_0)| \ge \varepsilon

Preuve. On applique les règles de négation successivement :

¬(ε>0,)ε>0,¬()\neg(\forall \varepsilon > 0, \dots) \Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \neg(\dots)

ε>0,¬(η>0,)ε>0,η>0,¬()\exists \varepsilon > 0, \neg(\exists \eta > 0, \dots) \Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \neg(\dots)

ε>0,η>0,¬(xR,)ε>0,η>0,xR,¬()\exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \neg(\forall x \in \mathbb{R}, \dots) \Leftrightarrow \exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in \mathbb{R}, \neg(\dots)

ε>0,η>0,xR,¬(xx0<ηf(x)f(x0)<ε)\exists \varepsilon > 0, \forall \eta > 0, \exists x \in \mathbb{R}, \neg(|x-x_0|<\eta \Rightarrow |f(x)-f(x_0)| < \varepsilon)

En utilisant ¬(AB)(A¬B)\neg(A \Rightarrow B) \Leftrightarrow (A \land \neg B), on obtient la proposition finale.

Exemple 3 (Ordre des quantificateurs)

Considérons l’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N}.

La proposition P1:xN,yN,x<yP_1 : \forall x \in \mathbb{N}, \exists y \in \mathbb{N}, x < y est vraie. Pour un xx donné, on peut choisir y=x+1y=x+1, et on a bien x<x+1x < x+1. Ici, yy dépend de xx.

La proposition P2:yN,xN,x<yP_2 : \exists y \in \mathbb{N}, \forall x \in \mathbb{N}, x < y est fausse. Elle affirme l’existence d’un entier naturel yy qui serait strictement plus grand que tous les entiers naturels, y compris lui-même (x=yx=y aboutit à y<yy < y, une contradiction). Il n’existe pas de plus grand entier.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Implication vs. Déduction)

Le symbole \Rightarrow est un connecteur logique, non un marqueur de déduction. Écrire x=2x2=4x24=0x=2 \Rightarrow x^2=4 \Rightarrow x^2-4=0 est un abus de langage. La première proposition "x=2x=2" n’implique pas la deuxième "x2=4x^2=4". Ce sont des propositions, pas des étapes de raisonnement. Un raisonnement correct serait : “Supposons x=2x=2. Alors x2=4x^2=4. Donc x24=0x^2-4=0”. Le syllogisme sous-jacent est : “On sait que (x=2x2=4)(x=2 \Rightarrow x^2=4) est une proposition vraie. On suppose que x=2x=2 est vraie. Par modus ponens, on en déduit que x2=4x^2=4 est vraie.”

Contre-exemple 2 (Réciproque)

Soit nZn \in \mathbb{Z}. L’implication “si nn est divisible par 4, alors nn est pair” est vraie. Sa réciproque “si nn est pair, alors nn est divisible par 4” est fausse. Un contre-exemple est n=2n=2, qui est pair mais non divisible par 4.

Concepts Liés

  • Théorie des modèles : Étude des relations entre la syntaxe formelle (formules) et la sémantique (structures mathématiques).
  • Logiques d’ordre supérieur : Logiques qui autorisent la quantification sur des ensembles de prédicats ou de fonctions.
  • Logique intuitionniste : Une logique qui rejette le principe du tiers exclu (P¬PP \lor \neg P) et la preuve par l’absurde.

Applications

Le calcul propositionnel et la logique des prédicats sont le fondement du langage mathématique moderne. Ils sont essentiels en informatique théorique pour la spécification et la vérification de programmes, ainsi qu’en intelligence artificielle pour la représentation des connaissances et le raisonnement automatisé.


Concept 2: Théorie Élémentaire des Ensembles

Prérequis

  • Calcul Propositionnel et Prédicats du Premier Ordre.

Définition

Un ensemble est une collection d’objets distincts, appelés éléments. Si xx est un élément de l’ensemble EE, on note xEx \in E.

  • Inclusion : Un ensemble AA est un sous-ensemble (ou une partie) de EE, noté AEA \subset E, si tout élément de AA est aussi un élément de EE.

    AE(x,xAxE)A \subset E \Leftrightarrow (\forall x, x \in A \Rightarrow x \in E)

  • Égalité : Deux ensembles AA et BB sont égaux, noté A=BA = B, s’ils ont exactement les mêmes éléments.

    A=B(ABBA)(x,xAxB)A=B \Leftrightarrow (A \subset B \land B \subset A) \Leftrightarrow (\forall x, x \in A \Leftrightarrow x \in B)

  • Opérations ensemblistes : Pour des ensembles A,BA, B inclus dans un ensemble de référence EE:

    • Union : AB={xExAxB}A \cup B = \{x \in E \mid x \in A \lor x \in B\}.
    • Intersection : AB={xExAxB}A \cap B = \{x \in E \mid x \in A \land x \in B\}.
    • Complémentaire : Ac=EA={xExA}A^c = E \setminus A = \{x \in E \mid x \notin A\}.

Propriétés Clés

  • Distributivité :
    • A(BC)=(AB)(AC)A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)
    • A(BC)=(AB)(AC)A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C)
  • Lois de De Morgan :
    • (AB)c=AcBc(A \cup B)^c = A^c \cap B^c
    • (AB)c=AcBc(A \cap B)^c = A^c \cup B^c
  • Ensemble vide : Il existe un unique ensemble sans élément, noté \emptyset. Pour tout ensemble AA, A\emptyset \subset A.
  • Ensemble des parties : Pour un ensemble AA, l’ensemble de tous ses sous-ensembles est noté P(A)\mathcal{P}(A).

Exemples

Exemple 1 (Preuve de la distributivité)

Proposition. A(BC)=(AB)(AC)A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C).

Preuve. On procède par double inclusion.

  1. Montrons que A(BC)(AB)(AC)A \cap (B \cup C) \subset (A \cap B) \cup (A \cap C).

    Soit xA(BC)x \in A \cap (B \cup C). Par définition, xAx \in A et xBCx \in B \cup C.

    xBCx \in B \cup C signifie que xBx \in B ou xCx \in C.

    • Si xBx \in B, alors comme xAx \in A, on a xABx \in A \cap B. Donc x(AB)(AC)x \in (A \cap B) \cup (A \cap C).
    • Si xCx \in C, alors comme xAx \in A, on a xACx \in A \cap C. Donc x(AB)(AC)x \in (A \cap B) \cup (A \cap C).

    Dans tous les cas, x(AB)(AC)x \in (A \cap B) \cup (A \cap C). L’inclusion est prouvée.

  2. Montrons que (AB)(AC)A(BC)(A \cap B) \cup (A \cap C) \subset A \cap (B \cup C).

    Soit x(AB)(AC)x \in (A \cap B) \cup (A \cap C). Par définition, xABx \in A \cap B ou xACx \in A \cap C.

    • Si xABx \in A \cap B, alors xAx \in A et xBx \in B. Comme xBx \in B, on a xBCx \in B \cup C. Donc xA(BC)x \in A \cap (B \cup C).
    • Si xACx \in A \cap C, alors xAx \in A et xCx \in C. Comme xCx \in C, on a xBCx \in B \cup C. Donc xA(BC)x \in A \cap (B \cup C).

    Dans tous les cas, xA(BC)x \in A \cap (B \cup C). L’inclusion est prouvée.

L’égalité est donc démontrée.

Exemple 2 (Caractérisation d’un ensemble à au plus un élément)

Un ensemble EE a au plus un élément si, quels que soient les deux éléments que l’on choisit dans EE, ils sont en fait identiques. Formellement :

x1E,x2E,x1=x2\forall x_1 \in E, \forall x_2 \in E, x_1 = x_2

Cette proposition est vraie si EE est vide (les quantificateurs sont sur un domaine vide) ou si EE est un singleton {a}\{a\} (car x1=ax_1=a et x2=ax_2=a impliquent x1=x2x_1=x_2).

Exemple 3 (Loi de De Morgan ensembliste)

Proposition. (AB)c=AcBc(A \cup B)^c = A^c \cap B^c.

Preuve. On peut raisonner par équivalences logiques. Pour un élément xx de l’ensemble de référence :

x(AB)c¬(xAB)x \in (A \cup B)^c \Leftrightarrow \neg(x \in A \cup B)

¬(xAxB)\Leftrightarrow \neg(x \in A \lor x \in B)

¬(xA)¬(xB)\Leftrightarrow \neg(x \in A) \land \neg(x \in B) (Loi de De Morgan logique)

xAcxBc\Leftrightarrow x \in A^c \land x \in B^c

xAcBc\Leftrightarrow x \in A^c \cap B^c.

L’égalité est donc établie.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

L’égalité AB=ACA \cup B = A \cup C n’implique pas B=CB = C.

Soit A={1,2}A=\{1,2\}, B={3}B=\{3\}, C={2,3}C=\{2,3\}.

Alors AB={1,2,3}A \cup B = \{1,2,3\} et AC={1,2,3}A \cup C = \{1,2,3\}.

On a bien AB=ACA \cup B = A \cup C, mais BCB \neq C.

Contre-exemple 2

L’appartenance n’est pas transitive. xAx \in A et ABA \in B n’implique pas xBx \in B.

Soit x=1x = 1, A={1}A = \{1\}. On a xAx \in A.

Soit B={{1}}B = \{\{1\}\}. On a ABA \in B.

Cependant, x=1x=1 n’est pas un élément de BB. Le seul élément de BB est l’ensemble {1}\{1\}.

Concepts Liés

  • Théorie axiomatique des ensembles (ZFC) : Formalisation rigoureuse de la théorie des ensembles pour éviter les paradoxes (comme le paradoxe de Russell).
  • Cardinaux et ordinaux : Théories permettant de mesurer la “taille” des ensembles, y compris infinis.
  • Algèbre de Boole : Structure algébrique qui généralise les opérations sur les ensembles et les connecteurs logiques.

Applications

La théorie des ensembles est le langage fondamental de presque toutes les branches des mathématiques modernes, notamment la topologie, la théorie de la mesure, l’algèbre abstraite et l’analyse.


Concept 3: Fonctions et Applications

Prérequis

  • Théorie Élémentaire des Ensembles.
  • Produit cartésien d’ensembles.

Définition

Soient AA et BB deux ensembles. Une fonction (ou application) ff de AA dans BB, notée f:ABf: A \to B, est la donnée d’un sous-ensemble ΓfA×B\Gamma_f \subset A \times B, appelé graphe de ff, satisfaisant la condition :

aA,!bB,(a,b)Γf\forall a \in A, \exists! b \in B, (a, b) \in \Gamma_f

L’unique bb associé à aa est noté f(a)f(a) et est appelé l’image de aa par ff. AA est le domaine (ou ensemble de départ) et BB est le codomaine (ou ensemble d’arrivée). Un élément aAa \in A tel que f(a)=bf(a)=b est un antécédent de bb.

  • Injectivité : ff est injective si tout élément du codomaine admet au plus un antécédent.

    a1,a2A,(f(a1)=f(a2)a1=a2)\forall a_1, a_2 \in A, (f(a_1) = f(a_2) \Rightarrow a_1 = a_2)

  • Surjectivité : ff est surjective si tout élément du codomaine admet au moins un antécédent.

    bB,aA,f(a)=b\forall b \in B, \exists a \in A, f(a) = b

  • Bijectivité : ff est bijective si elle est à la fois injective et surjective. Tout élément du codomaine admet alors un unique antécédent.

Propriétés Clés

  • Composition : Soient f:ABf: A \to B et g:BCg: B \to C. La composée gfg \circ f est la fonction de AA dans CC définie par (gf)(a)=g(f(a))(g \circ f)(a) = g(f(a)).

    • La composition est associative : h(gf)=(hg)fh \circ (g \circ f) = (h \circ g) \circ f.
    • La composition n’est pas commutative en général.
  • Stabilité par composition :

    • La composée de deux injections est une injection.
    • La composée de deux surjections est une surjection.
    • La composée de deux bijections est une bijection.
  • Fonction identité : Pour tout ensemble AA, idA:AA\text{id}_A: A \to A définie par idA(a)=a\text{id}_A(a)=a est une bijection.

  • Fonction réciproque : Une fonction f:ABf: A \to B est bijective si et seulement s’il existe une fonction f1:BAf^{-1}: B \to A, appelée sa réciproque, telle que :

    f1f=idAetff1=idBf^{-1} \circ f = \text{id}_A \quad \text{et} \quad f \circ f^{-1} = \text{id}_B

Exemples

Exemple 1 (Analyse d’injectivité/surjectivité)

Considérons la fonction f(x)=x2f(x)=x^2.

  • f1:RRf_1: \mathbb{R} \to \mathbb{R} n’est ni injective (f1(1)=f1(1)=1f_1(-1)=f_1(1)=1) ni surjective (1-1 n’a pas d’antécédent).
  • f2:R+Rf_2: \mathbb{R}_+ \to \mathbb{R} est injective (x12=x22x1=x2x_1^2 = x_2^2 \Rightarrow x_1=x_2 pour x1,x20x_1, x_2 \ge 0) mais non surjective.
  • f3:RR+f_3: \mathbb{R} \to \mathbb{R}_+ est surjective (tout y0y \ge 0 a un antécédent y\sqrt{y}) mais non injective.
  • f4:R+R+f_4: \mathbb{R}_+ \to \mathbb{R}_+ est bijective. Sa réciproque est f41(y)=yf_4^{-1}(y) = \sqrt{y}.

Exemple 2 (Preuve de la stabilité par composition)

Proposition. Si f:ABf: A \to B et g:BCg: B \to C sont injectives, alors gf:ACg \circ f: A \to C est injective.

Hypothèses. ff injective : a1,a2A,f(a1)=f(a2)a1=a2\forall a_1, a_2 \in A, f(a_1)=f(a_2) \Rightarrow a_1=a_2.

gg injective : b1,b2B,g(b1)=g(b2)b1=b2\forall b_1, b_2 \in B, g(b_1)=g(b_2) \Rightarrow b_1=b_2.

Preuve. Soient a1,a2Aa_1, a_2 \in A tels que (gf)(a1)=(gf)(a2)(g \circ f)(a_1) = (g \circ f)(a_2).

Par définition de la composition, g(f(a1))=g(f(a2))g(f(a_1)) = g(f(a_2)).

Posons b1=f(a1)b_1 = f(a_1) et b2=f(a2)b_2 = f(a_2). On a g(b1)=g(b2)g(b_1) = g(b_2).

Comme gg est injective, on en déduit b1=b2b_1 = b_2, c’est-à-dire f(a1)=f(a2)f(a_1) = f(a_2).

Comme ff est injective, on en déduit a1=a2a_1 = a_2.

La proposition est démontrée.

Exemple 3 (Preuve de l’existence de l’inverse)

La preuve de la Proposition 1 du texte est un excellent exemple.

Proposition. f:ABf: A \to B est bijective g:BA\Leftrightarrow \exists g: B \to A telle que gf=idAg \circ f = \text{id}_A et fg=idBf \circ g = \text{id}_B.

Preuve.

(\Rightarrow) Supposons ff bijective. Pour tout bBb \in B, il existe un unique aAa \in A tel que f(a)=bf(a)=b. On définit g(b)=ag(b) = a. Ceci définit une fonction g:BAg: B \to A. Par construction, f(g(b))=f(a)=bf(g(b)) = f(a) = b pour tout bBb \in B, donc fg=idBf \circ g = \text{id}_B. De plus, pour tout aAa \in A, si on pose b=f(a)b=f(a), alors l’unique antécédent de bb est aa, donc g(b)=ag(b)=a, ce qui signifie g(f(a))=ag(f(a))=a. Ainsi gf=idAg \circ f = \text{id}_A.

(\Leftarrow) Supposons qu’un tel gg existe.

Injectivité : Soient a1,a2Aa_1, a_2 \in A avec f(a1)=f(a2)f(a_1)=f(a_2). En appliquant gg, on a g(f(a1))=g(f(a2))g(f(a_1))=g(f(a_2)). Comme gf=idAg \circ f = \text{id}_A, il vient a1=a2a_1=a_2. Donc ff est injective.

Surjectivité : Soit bBb \in B. Posons a=g(b)Aa = g(b) \in A. Alors f(a)=f(g(b))f(a) = f(g(b)). Comme fg=idBf \circ g = \text{id}_B, on a f(a)=bf(a) = b. Donc bb a un antécédent. ff est surjective.

Finalement, ff est bijective.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Relation non fonctionnelle)

Le cercle unité C={(x,y)R2x2+y2=1}C = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 \mid x^2+y^2=1\} n’est pas le graphe d’une fonction de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R}. Pour x=0x=0, il existe deux valeurs de yy (1 et -1) telles que (x,y)C(x,y) \in C, ce qui viole la condition d’unicité.

Contre-exemple 2 (Non-commutativité de la composition)

Soient f,g:RRf, g: \mathbb{R} \to \mathbb{R} avec f(x)=x+1f(x) = x+1 et g(x)=x2g(x) = x^2.

(gf)(x)=g(f(x))=g(x+1)=(x+1)2=x2+2x+1(g \circ f)(x) = g(f(x)) = g(x+1) = (x+1)^2 = x^2+2x+1.

(fg)(x)=f(g(x))=f(x2)=x2+1(f \circ g)(x) = f(g(x)) = f(x^2) = x^2+1.

Clairement, gffgg \circ f \neq f \circ g.

Concepts Liés

  • Théorie des catégories : Étude des structures mathématiques via les “morphismes” (fonctions préservant la structure) et leur composition. Les fonctions sont les morphismes de la catégorie des ensembles.
  • Homomorphismes : Fonctions entre structures algébriques (groupes, anneaux, etc.) qui préservent les opérations.
  • Permutations : Bijections d’un ensemble fini sur lui-même, formant une structure de groupe pour la composition.

Applications

Les fonctions sont omniprésentes en mathématiques. Elles modélisent les transformations, les dépendances entre variables (analyse), les opérations (algèbre), les algorithmes (informatique), et les lois physiques.


Concept 4: Structure du Corps Ordonné des Nombres Réels

Prérequis

  • Théorie Élémentaire des Ensembles.
  • Connaissances de base sur les ensembles de nombres N,Z,Q\mathbb{N}, \mathbb{Z}, \mathbb{Q}.

Définition

L’ensemble des nombres réels, noté R\mathbb{R}, peut être défini axiomatiquement comme l’unique corps totalement ordonné complet.

  • Corps : (R,+,×)(\mathbb{R}, +, \times) est un corps commutatif.
  • Ordre total : La relation \le est une relation d’ordre total compatible avec les opérations du corps :
    • x,y,zR,xyx+zy+z\forall x,y,z \in \mathbb{R}, x \le y \Rightarrow x+z \le y+z.
    • x,yR,(x0y0)xy0\forall x,y \in \mathbb{R}, (x \ge 0 \land y \ge 0) \Rightarrow xy \ge 0.
  • Complétude (Axiome de la borne supérieure) : Toute partie non vide et majorée de R\mathbb{R} admet une borne supérieure dans R\mathbb{R}.
  • Valeur absolue : Pour xRx \in \mathbb{R}, x={xsi x0xsi x<0|x| = \begin{cases} x & \text{si } x \ge 0 \\ -x & \text{si } x < 0 \end{cases}. Géométriquement, c’est la distance de xx à 0. On a x=max(x,x)=x2|x| = \max(x,-x) = \sqrt{x^2}.

Propriétés Clés

  • Propriété d’Archimède : Pour tout xRx \in \mathbb{R}, il existe nNn \in \mathbb{N} tel que n>xn > x. (Ceci est une conséquence de l’axiome de la borne supérieure).
  • Partie entière : Pour tout xRx \in \mathbb{R}, il existe un unique entier E(x)ZE(x) \in \mathbb{Z} tel que E(x)x<E(x)+1E(x) \le x < E(x)+1.
  • Densité de Q\mathbb{Q} dans R\mathbb{R} : Pour tous réels x<yx < y, il existe un rationnel qq tel que x<q<yx < q < y.
  • Densité de RQ\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q} dans R\mathbb{R} : Pour tous réels x<yx < y, il existe un irrationnel zz tel que x<z<yx < z < y.
  • Propriétés de la valeur absolue : Pour tous x,yRx, y \in \mathbb{R},
    1. xy=xy|xy| = |x||y|.
    2. x+yx+y|x+y| \le |x|+|y| (Inégalité triangulaire).
    3. xyx+y||x|-|y|| \le |x+y| (Inégalité triangulaire inversée).

Exemples

Exemple 1 (Preuve de l’inégalité triangulaire)

Proposition. x,yR,x+yx+y\forall x, y \in \mathbb{R}, |x+y| \le |x|+|y|.

Preuve. On utilise le fait que z2=z2|z|^2=z^2 pour tout zRz \in \mathbb{R} et que la fonction racine carrée est croissante sur R+\mathbb{R}_+.

x+y2=(x+y)2=x2+2xy+y2|x+y|^2 = (x+y)^2 = x^2+2xy+y^2.

On sait que xyxy=xyxy \le |xy| = |x||y|.

Donc, x2+2xy+y2x2+2xy+y2=x2+2xy+y2=(x+y)2x^2+2xy+y^2 \le x^2+2|x||y|+y^2 = |x|^2+2|x||y|+|y|^2 = (|x|+|y|)^2.

On a donc x+y2(x+y)2|x+y|^2 \le (|x|+|y|)^2. En prenant la racine carrée des deux membres (qui sont positifs), on obtient x+yx+y|x+y| \le |x|+|y|.

Exemple 2 (Preuve de la densité de Q\mathbb{Q})

Proposition. x,yR\forall x, y \in \mathbb{R} avec x<yx < y, qQ\exists q \in \mathbb{Q} tel que x<q<yx < q < y.

Preuve.

Puisque yx>0y-x > 0, par la propriété d’Archimède, il existe un entier nNn \in \mathbb{N}^* tel que n>1yxn > \frac{1}{y-x}.

Ceci implique n(yx)>1n(y-x) > 1, soit nynx>1ny - nx > 1.

Il existe donc un entier mm entre nxnx et nyny. Précisément, soit m=E(nx)+1m = E(nx)+1. On a E(nx)nx<E(nx)+1=mE(nx) \le nx < E(nx)+1=m.

De plus, m1=E(nx)nx<ny1m-1 = E(nx) \le nx < ny-1, donc m<nym < ny.

On a donc nx<m<nynx < m < ny. En divisant par n>0n > 0, il vient x<mn<yx < \frac{m}{n} < y.

Le nombre q=mnq = \frac{m}{n} est un rationnel qui satisfait la condition.

Exemple 3 (Construction par coupures de Dedekind)

Un réel peut être défini comme une “coupure” de Q\mathbb{Q}, c’est-à-dire une partition (A,B)(A, B) de Q\mathbb{Q} telle que AB=QA \cup B = \mathbb{Q}, AA \neq \emptyset, BB \neq \emptyset, aA,bB,a<b\forall a \in A, \forall b \in B, a < b, et AA n’a pas de plus grand élément.

Par exemple, le nombre irrationnel 2\sqrt{2} correspond à la coupure (A,B)(A, B)A={qQq0 ou q2<2}A = \{q \in \mathbb{Q} \mid q \le 0 \text{ ou } q^2 < 2\} et B={qQq>0 et q22}B = \{q \in \mathbb{Q} \mid q > 0 \text{ et } q^2 \ge 2\}.

Cette construction permet de définir R\mathbb{R} et ses opérations, et de prouver l’axiome de la borne supérieure.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 ( Q\mathbb{Q} n’est pas complet)

L’ensemble A={xQx2<2}A = \{x \in \mathbb{Q} \mid x^2 < 2\} est une partie de Q\mathbb{Q}. Il est non vide (1A1 \in A) et majoré dans Q\mathbb{Q} (par 2 par exemple). Cependant, AA n’admet pas de borne supérieure dans Q\mathbb{Q}. La borne supérieure dans R\mathbb{R} est 2\sqrt{2}, qui n’est pas rationnel.

Contre-exemple 2 (Un corps non ordonnable)

Le corps des nombres complexes C\mathbb{C} ne peut pas être muni d’une relation d’ordre total compatible avec sa structure de corps. Si un tel ordre existait, on aurait soit i>0i>0, soit i<0i<0.

  • Si i>0i>0, alors i2=1>0i^2 = -1 > 0, une contradiction.
  • Si i<0i<0, alors i>0-i>0, donc (i)2=i2=1>0(-i)^2 = i^2 = -1 > 0, une autre contradiction.

Comme i0i \neq 0, ceci est impossible.

Concepts Liés

  • Espaces métriques : La valeur absolue xy|x-y| définit une distance sur R\mathbb{R}, qui en fait un espace métrique complet.
  • Topologie de la droite réelle : Les intervalles ouverts forment la base d’une topologie sur R\mathbb{R}.
  • Analyse non standard : Une approche alternative de l’analyse qui utilise des nombres infinitésimaux et infiniment grands.

Applications

La structure de R\mathbb{R} est le fondement de toute l’analyse réelle, du calcul différentiel et intégral à la théorie de la mesure. Elle est indispensable en physique, en ingénierie et en finance.


Concept 5: Le Corps des Nombres Complexes

Prérequis

  • Structure du Corps Ordonné des Nombres Réels.
  • Géométrie du plan euclidien R2\mathbb{R}^2.

Définition

L’ensemble des nombres complexes, noté C\mathbb{C}, est l’ensemble R2\mathbb{R}^2 muni de deux opérations :

  • Addition : (a,b)+(c,d)=(a+c,b+d)(a, b) + (c, d) = (a+c, b+d).
  • Multiplication : (a,b)×(c,d)=(acbd,ad+bc)(a, b) \times (c, d) = (ac-bd, ad+bc).

On note z=a+ibz = a+ib le complexe (a,b)(a,b), où i=(0,1)i=(0,1) vérifie i2=(1,0)=1i^2 = (-1,0)=-1.

  • Partie réelle : Re(z)=a\text{Re}(z) = a.
  • Partie imaginaire : Im(z)=b\text{Im}(z) = b.
  • Conjugué : Si z=a+ibz=a+ib, son conjugué est zˉ=aib\bar{z} = a-ib.
  • Module : z=a2+b2=Re(z)2+Im(z)2|z| = \sqrt{a^2+b^2} = \sqrt{\text{Re}(z)^2 + \text{Im}(z)^2}. C’est la norme euclidienne du vecteur (a,b)(a,b).

Propriétés Clés

  • (C,+,×)(\mathbb{C}, +, \times) est un corps commutatif.
  • Lien avec la conjugaison :
    • Re(z)=z+zˉ2\text{Re}(z) = \frac{z+\bar{z}}{2} et Im(z)=zzˉ2i\text{Im}(z) = \frac{z-\bar{z}}{2i}.
    • z+w=zˉ+wˉ\overline{z+w} = \bar{z}+\bar{w} et zw=zˉwˉ\overline{zw} = \bar{z}\bar{w}.
    • zzˉ=z2z\bar{z} = |z|^2. Cette relation est fondamentale.
  • Inverse d’un complexe non nul : Si z0z \neq 0, z1=1z=zˉz2z^{-1} = \frac{1}{z} = \frac{\bar{z}}{|z|^2}.
  • Propriétés du module : Pour tous z,wCz, w \in \mathbb{C},
    1. zw=zw|zw| = |z||w|.
    2. z+wz+w|z+w| \le |z|+|w| (Inégalité triangulaire).
    3. zwz+w||z|-|w|| \le |z+w| (Inégalité triangulaire inversée).
  • Inégalités : Re(z)z| \text{Re}(z) | \le |z| et Im(z)z| \text{Im}(z) | \le |z|.
  • Cas d’égalité dans l’inégalité triangulaire : z+w=z+w|z+w|=|z|+|w| si et seulement si z=0z=0 ou w=0w=0 ou z=λwz = \lambda w avec λR+\lambda \in \mathbb{R}_+. Géométriquement, zz et ww sont colinéaires et de même sens.

Exemples

Exemple 1 (Preuve de la multiplicativité du module)

Proposition. z,wC,zw=zw\forall z, w \in \mathbb{C}, |zw| = |z||w|.

Preuve. On utilise la propriété u2=uuˉ|u|^2 = u\bar{u}.

zw2=(zw)(zw)=(zw)(zˉwˉ)|zw|^2 = (zw)\overline{(zw)} = (zw)(\bar{z}\bar{w}) (car la conjugaison est un morphisme de corps).

Par commutativité et associativité, zw2=(zzˉ)(wwˉ)=z2w2|zw|^2 = (z\bar{z})(w\bar{w}) = |z|^2|w|^2.

Comme les modules sont des réels positifs, on peut prendre la racine carrée pour obtenir zw=zw|zw| = |z||w|.

Exemple 2 (Preuve de l’inégalité triangulaire complexe)

Proposition. z,wC,z+wz+w\forall z, w \in \mathbb{C}, |z+w| \le |z|+|w|.

Preuve.

z+w2=(z+w)(z+w)=(z+w)(zˉ+wˉ)=zzˉ+zwˉ+wzˉ+wwˉ|z+w|^2 = (z+w)\overline{(z+w)} = (z+w)(\bar{z}+\bar{w}) = z\bar{z} + z\bar{w} + w\bar{z} + w\bar{w}.

z+w2=z2+w2+zwˉ+zwˉ|z+w|^2 = |z|^2 + |w|^2 + z\bar{w} + \overline{z\bar{w}}.

Or, pour tout complexe uu, u+uˉ=2Re(u)u+\bar{u} = 2\text{Re}(u). Donc zwˉ+zwˉ=2Re(zwˉ)z\bar{w} + \overline{z\bar{w}} = 2\text{Re}(z\bar{w}).

De plus, pour tout complexe uu, Re(u)Re(u)u\text{Re}(u) \le |\text{Re}(u)| \le |u|.

Donc, 2Re(zwˉ)2zwˉ=2zwˉ=2zw2\text{Re}(z\bar{w}) \le 2|z\bar{w}| = 2|z||\bar{w}| = 2|z||w|.

Finalement, z+w2z2+w2+2zw=(z+w)2|z+w|^2 \le |z|^2 + |w|^2 + 2|z||w| = (|z|+|w|)^2.

En prenant la racine carrée, on obtient le résultat.

Exemple 3 (Forme trigonométrique/exponentielle)

Tout complexe non nul zz peut s’écrire z=z(cosθ+isinθ)=zeiθz = |z|(\cos \theta + i \sin \theta) = |z|e^{i\theta}, où θ\theta est un argument de zz. Cette forme simplifie la multiplication :

Si z1=r1eiθ1z_1 = r_1 e^{i\theta_1} et z2=r2eiθ2z_2 = r_2 e^{i\theta_2}, alors z1z2=r1r2ei(θ1+θ2)z_1z_2 = r_1r_2 e^{i(\theta_1+\theta_2)}.

Le produit correspond à une rotation-homothétie dans le plan complexe.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Pas d’ordre)

Comme vu précédemment, il n’existe pas de relation d’ordre total sur C\mathbb{C} qui soit compatible avec les opérations du corps. On ne peut pas “comparer” des nombres complexes de manière cohérente avec l’addition et la multiplication. Écrire z1<z2z_1 < z_2 pour des complexes non réels n’a pas de sens standard.

Contre-exemple 2 (La valeur absolue réelle vs. le module complexe)

Pour les réels, xRRxR|x| \le R \Leftrightarrow -R \le x \le R. Cette double inégalité n’a pas d’analogue pour les complexes. zR|z| \le R signifie que zz appartient au disque fermé de centre 0 et de rayon RR dans le plan complexe. C’est une condition sur la distance à l’origine, pas un encadrement entre deux valeurs.

Concepts Liés

  • Théorème fondamental de l’algèbre : Tout polynôme non constant à coefficients dans C\mathbb{C} a au moins une racine dans C\mathbb{C}. On dit que C\mathbb{C} est un corps algébriquement clos.
  • Analyse complexe : Étude des fonctions de variable complexe, en particulier les fonctions holomorphes (dérivables au sens complexe).
  • Quaternions (H\mathbb{H}) : Une extension de C\mathbb{C} à quatre dimensions où la multiplication n’est plus commutative.

Applications

Les nombres complexes sont fondamentaux en physique (mécanique quantique, électromagnétisme, traitement du signal), en ingénierie (analyse de circuits, automatique) et en mathématiques (géométrie, théorie des nombres, systèmes dynamiques - fractales de Mandelbrot et Julia).