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Fonctions différentiables - preuves (A)

Unicité de la différentielle

Prouver que si une fonction f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est différentiable en un point aUa \in U, alors son application différentielle en ce point est unique.

Indice

Supposez par l'absurde qu'il existe deux applications linéaires distinctes, L1L_1 et L2L_2, qui satisfont toutes deux à la définition de la différentielle de ff en aa.

Écrivez les deux développements limités correspondants, puis soustrayez l'un de l'autre. Vous obtiendrez une expression pour la différence (L1L2)(h)(L_1 - L_2)(h).

Analysez le comportement de cette expression lorsque h0\|h\| \to 0 pour montrer que l'application linéaire L=L1L2L = L_1 - L_2 doit être l'application nulle.

Solution

Soit f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p une fonction différentiable au point aUa \in U. Supposons qu'il existe deux applications linéaires L1,L2:RnRpL_1, L_2 : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p qui satisfont à la définition de la différentielle.

Par définition, nous avons pour tout hRnh \in \mathbb{R}^n tel que a+hUa+h \in U :

  1. f(a+h)=f(a)+L1(h)+o1(h)f(a+h) = f(a) + L_1(h) + o_1(\|h\|)
  2. f(a+h)=f(a)+L2(h)+o2(h)f(a+h) = f(a) + L_2(h) + o_2(\|h\|)

limh0o1(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{\|o_1(\|h\|)\|}{\|h\|} = 0 et limh0o2(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{\|o_2(\|h\|)\|}{\|h\|} = 0.

Étape 1 : Isoler la différence des applications linéaires

En soustrayant la deuxième équation de la première, nous obtenons :

0=(L1(h)L2(h))+(o1(h)o2(h))0 = (L_1(h) - L_2(h)) + (o_1(\|h\|) - o_2(\|h\|))

Soit L=L1L2L = L_1 - L_2. Comme L1L_1 et L2L_2 sont des applications linéaires, leur différence LL est aussi une application linéaire. L'équation devient :

L(h)=o2(h)o1(h)L(h) = o_2(\|h\|) - o_1(\|h\|)

Étape 2 : Montrer que LL est l'application nulle

Pour tout h0h \neq 0, divisons par h\|h\|:

L(h)h=o2(h)ho1(h)h\frac{L(h)}{\|h\|} = \frac{o_2(\|h\|)}{\|h\|} - \frac{o_1(\|h\|)}{\|h\|}

Prenons la limite lorsque h0h \to 0:

limh0L(h)h=limh0o2(h)hlimh0o1(h)h=00=0\lim_{h \to 0} \frac{L(h)}{\|h\|} = \lim_{h \to 0} \frac{o_2(\|h\|)}{\|h\|} - \lim_{h \to 0} \frac{o_1(\|h\|)}{\|h\|} = 0 - 0 = 0

Soit maintenant un vecteur quelconque non nul vRnv \in \mathbb{R}^n. Considérons les vecteurs hh de la forme h=tvh=tv avec tRt \in \mathbb{R}^*. Lorsque t0t \to 0, h0h \to 0.

Par linéarité de LL, on a L(h)=L(tv)=tL(v)L(h) = L(tv) = tL(v). De plus, h=tv=tv\|h\| = \|tv\| = |t|\|v\|.

L'expression de la limite devient :

limt0tL(v)tv=0\lim_{t \to 0} \frac{tL(v)}{|t|\|v\|} = 0

Si on prend t0+t \to 0^+, on a t=t|t|=t, donc L(v)v=0\frac{L(v)}{\|v\|} = 0, ce qui implique L(v)=0L(v) = 0.

Si on prend t0t \to 0^-, on a t=t|t|=-t, donc L(v)v=0\frac{-L(v)}{\|v\|} = 0, ce qui implique aussi L(v)=0L(v)=0.

Comme ceci est vrai pour tout vecteur vRnv \in \mathbb{R}^n, l'application linéaire LL est l'application nulle.

Conclusion

Nous avons montré que L1L2=0L_1 - L_2 = 0, soit L1=L2L_1 = L_2. L'application différentielle, si elle existe, est donc unique. On la note dfadf_a.

La différentiabilité implique la continuité

Prouver que si une fonction f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est différentiable en un point aUa \in U, alors elle est nécessairement continue en ce point.

Indice

La continuité de ff en aa signifie que limxaf(x)=f(a)\lim_{x \to a} f(x) = f(a), ce qui est équivalent à limh0f(a+h)=f(a)\lim_{h \to 0} f(a+h) = f(a), ou encore limh0(f(a+h)f(a))=0\lim_{h \to 0} (f(a+h) - f(a)) = 0.

Commencez par la définition de la différentiabilité de ff en aa. Isolez le terme f(a+h)f(a)f(a+h) - f(a) et étudiez sa limite lorsque h0h \to 0.

Rappelez-vous qu'une application linéaire L:RnRpL: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est toujours continue.

Solution

Soit f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p une fonction différentiable en aUa \in U. Par définition, il existe une application linéaire dfa:RnRpdf_a : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p telle que :

f(a+h)=f(a)+dfa(h)+o(h)f(a+h) = f(a) + df_a(h) + o(\|h\|)

limh0o(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{\|o(\|h\|)\|}{\|h\|} = 0.

Étape 1 : Isoler la variation de la fonction

Réarrangeons l'équation pour exprimer la variation de la fonction :

f(a+h)f(a)=dfa(h)+o(h)f(a+h) - f(a) = df_a(h) + o(\|h\|)

Pour prouver la continuité en aa, nous devons montrer que limh0(f(a+h)f(a))=0\lim_{h \to 0} (f(a+h) - f(a)) = 0.

Il suffit donc de montrer que la limite du membre de droite est nulle lorsque h0h \to 0.

Étape 2 : Analyser la limite de chaque terme

Nous étudions la limite de chaque terme du membre de droite.

  1. Terme linéaire dfa(h)df_a(h):

    Toute application linéaire entre des espaces vectoriels normés de dimension finie (comme Rn\mathbb{R}^n et Rp\mathbb{R}^p) est continue. En particulier, elle est continue en 00.

    Donc, limh0dfa(h)=dfa(0)=0\lim_{h \to 0} df_a(h) = df_a(0) = 0 (car une application linéaire envoie le vecteur nul sur le vecteur nul).

  2. Terme d'erreur o(h)o(\|h\|):

    Le terme o(h)o(\|h\|) peut s'écrire ϵ(h)h\epsilon(h)\|h\| avec limh0ϵ(h)=0\lim_{h \to 0} \epsilon(h) = 0.

    Donc, limh0o(h)=limh0ϵ(h)h=00=0\lim_{h \to 0} o(\|h\|) = \lim_{h \to 0} \epsilon(h)\|h\| = 0 \cdot 0 = 0.

Étape 3 : Conclure

En prenant la limite de l'équation complète lorsque h0h \to 0, nous obtenons :

limh0(f(a+h)f(a))=limh0(dfa(h)+o(h))=limh0dfa(h)+limh0o(h)=0+0=0\lim_{h \to 0} (f(a+h) - f(a)) = \lim_{h \to 0} (df_a(h) + o(\|h\|)) = \lim_{h \to 0} df_a(h) + \lim_{h \to 0} o(\|h\|) = 0 + 0 = 0

Conclusion

Puisque limh0(f(a+h)f(a))=0\lim_{h \to 0} (f(a+h) - f(a)) = 0, la fonction ff est continue au point aa.

Différentiabilité d'une application linéaire

Prouver que toute application linéaire f:RnRpf: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est différentiable en tout point aRna \in \mathbb{R}^n et déterminer sa différentielle.

Indice

Pour un point aRna \in \mathbb{R}^n et un vecteur d'accroissement hh, utilisez la propriété de linéarité pour développer l'expression f(a+h)f(a+h).

Comparez le résultat avec la définition d'une fonction différentiable en aa :

f(a+h)=f(a)+La(h)+R(h)f(a+h) = f(a) + L_a(h) + R(h), où LaL_a est une application linéaire et R(h)R(h) est un o(h)o(\|h\|).

Identifiez l'application linéaire LaL_a et le terme de reste R(h)R(h). Vérifiez que le reste satisfait bien la condition limh0R(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{\|R(h)\|}{\|h\|} = 0.

Solution

Soit f:RnRpf: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p une application linéaire. Soit aa un point quelconque de Rn\mathbb{R}^n. Nous voulons vérifier si ff est différentiable en aa.

Étape 1 : Calculer f(a+h)f(a+h)

Soit hRnh \in \mathbb{R}^n. Puisque ff est une application linéaire, nous avons :

f(a+h)=f(a)+f(h)f(a+h) = f(a) + f(h)

Étape 2 : Comparer avec la définition de la différentiabilité

La définition de la différentiabilité de ff en aa stipule qu'il doit exister une application linéaire La:RnRpL_a: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p telle que :

f(a+h)=f(a)+La(h)+o(h)f(a+h) = f(a) + L_a(h) + o(\|h\|)

En comparant les deux expressions pour f(a+h)f(a+h), nous avons :

f(a)+f(h)=f(a)+La(h)+o(h)f(a) + f(h) = f(a) + L_a(h) + o(\|h\|)

Cela suggère de choisir La=fL_a = f. Vérifions si ce choix fonctionne.

Étape 3 : Vérifier la validité du choix

Posons La=fL_a = f.

  1. LaL_a est bien une application linéaire, par hypothèse sur ff.
  2. Le terme de reste R(h)R(h) est alors f(a+h)f(a)La(h)=(f(a)+f(h))f(a)f(h)=0f(a+h) - f(a) - L_a(h) = (f(a)+f(h)) - f(a) - f(h) = 0.

Nous devons vérifier que ce reste est bien un o(h)o(\|h\|). C'est-à-dire, nous devons vérifier si limh0R(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{\|R(h)\|}{\|h\|} = 0.

Puisque R(h)=0R(h) = 0 pour tout hh, nous avons :

limh00h=limh00=0\lim_{h \to 0} \frac{\|0\|}{\|h\|} = \lim_{h \to 0} 0 = 0

La condition est satisfaite.

Conclusion

L'application linéaire ff est différentiable en tout point aRna \in \mathbb{R}^n. Sa différentielle en aa est l'application linéaire ff elle-même, c'est-à-dire dfa=fdf_a = f.

Notons que la différentielle d'une application linéaire est constante (indépendante du point aa).

Lien entre différentiabilité et dérivées partielles

Soit f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p une fonction différentiable en aUa \in U. Prouver que toutes les dérivées partielles fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) existent pour k{1,,n}k \in \{1, \dots, n\}. De plus, montrer que la différentielle dfadf_a est représentée dans les bases canoniques par la matrice Jacobienne Jf(a)J_f(a).

Indice

Pour montrer l'existence de fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a), il faut évaluer la limite limt0f(a+tek)f(a)t\lim_{t \to 0} \frac{f(a+te_k) - f(a)}{t}, où eke_k est le kk-ième vecteur de la base canonique.

Utilisez la définition de la différentiabilité avec un choix judicieux de hh, c'est-à-dire h=tekh = te_k. Réarrangez l'équation et prenez la limite lorsque t0t \to 0.

Une fois que vous avez établi le lien entre fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) et dfa(ek)df_a(e_k), utilisez la linéarité de dfadf_a pour exprimer l'image d'un vecteur quelconque h=k=1nhkekh = \sum_{k=1}^n h_k e_k et en déduire la forme matricielle.

Solution

Soit f:URnRpf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p différentiable en aUa \in U. Sa différentielle est notée L=dfaL = df_a.

Par définition, f(a+h)f(a)=L(h)+o(h)f(a+h) - f(a) = L(h) + o(\|h\|).

Étape 1 : Existence des dérivées partielles

Soit k{1,,n}k \in \{1, \dots, n\} et eke_k le kk-ième vecteur de la base canonique de Rn\mathbb{R}^n.

Choisissons un vecteur d'accroissement particulier h=tekh = te_k avec tRt \in \mathbb{R}^* suffisamment petit pour que a+tekUa+te_k \in U. On a h=t\|h\| = |t|.

La définition de la différentiabilité devient :

f(a+tek)f(a)=L(tek)+o(t)f(a+te_k) - f(a) = L(te_k) + o(|t|)

Par linéarité de LL, L(tek)=tL(ek)L(te_k) = tL(e_k). Donc :

f(a+tek)f(a)=tL(ek)+o(t)f(a+te_k) - f(a) = tL(e_k) + o(|t|)

Divisons par tt (pour t0t \neq 0) :

f(a+tek)f(a)t=L(ek)+o(t)t\frac{f(a+te_k) - f(a)}{t} = L(e_k) + \frac{o(|t|)}{t}

Prenons la limite lorsque t0t \to 0.

La limite du membre de gauche est, par définition, la dérivée partielle fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a), si elle existe.

Pour le membre de droite :

limt0o(t)t=0\lim_{t \to 0} \frac{\|o(|t|)\|}{|t|} = 0. Donc, limt0o(t)t=0\lim_{t \to 0} \frac{o(|t|)}{t} = 0.

Ainsi, la limite existe et nous avons :

limt0f(a+tek)f(a)t=L(ek)\lim_{t \to 0} \frac{f(a+te_k) - f(a)}{t} = L(e_k)

Cela prouve que la dérivée partielle fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) existe et est égale au vecteur L(ek)RpL(e_k) \in \mathbb{R}^p.

fxk(a)=dfa(ek)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) = df_a(e_k)

Étape 2 : Représentation matricielle de la différentielle

Soit h=(h1,,hn)h = (h_1, \dots, h_n) un vecteur quelconque de Rn\mathbb{R}^n. On peut le décomposer dans la base canonique : h=k=1nhkekh = \sum_{k=1}^n h_k e_k.

Par linéarité de dfadf_a, on a :

dfa(h)=dfa(k=1nhkek)=k=1nhkdfa(ek)df_a(h) = df_a\left(\sum_{k=1}^n h_k e_k\right) = \sum_{k=1}^n h_k df_a(e_k)

En utilisant le résultat de l'étape 1 :

dfa(h)=k=1nhkfxk(a)df_a(h) = \sum_{k=1}^n h_k \frac{\partial f}{\partial x_k}(a)

Cette expression est un produit matrice-vecteur. Si hh est un vecteur colonne, alors :

dfa(h)=(fx1(a)fx2(a)fxn(a))(h1h2hn)df_a(h) = \begin{pmatrix} \frac{\partial f}{\partial x_1}(a) & \frac{\partial f}{\partial x_2}(a) & \cdots & \frac{\partial f}{\partial x_n}(a) \end{pmatrix} \begin{pmatrix} h_1 \\ h_2 \\ \vdots \\ h_n \end{pmatrix}

Les colonnes de la matrice sont les vecteurs fxk(a)Rp\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) \in \mathbb{R}^p. En écrivant ces vecteurs en colonnes, on obtient la matrice Jacobienne Jf(a)J_f(a). Si les composantes de ff sont f1,,fpf_1, \dots, f_p, alors la ii-ème composante de fxk(a)\frac{\partial f}{\partial x_k}(a) est fixk(a)\frac{\partial f_i}{\partial x_k}(a).

Conclusion

Si ff est différentiable en aa, alors toutes ses dérivées partielles en aa existent. De plus, l'application linéaire dfadf_a est celle qui, à un vecteur hh, associe le vecteur Jf(a)hJ_f(a)h, où Jf(a)J_f(a) est la matrice jacobienne de ff en aa.

Différentiabilité des fonctions composantes

Prouver qu'une fonction f=(f1,,fp):URnRpf = (f_1, \dots, f_p): U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est différentiable en aUa \in U si et seulement si chacune de ses fonctions composantes fi:URf_i: U \to \mathbb{R} est différentiable en aa.

Indice

Ceci est une équivalence, il faut donc prouver les deux implications.

L'idée principale est de passer de l'écriture vectorielle de la différentiabilité à une écriture composante par composante.

Rappelez-vous que L:RnRpL: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est une application linéaire si et seulement si ses applications composantes Li:RnRL_i: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} sont des formes linéaires.

Utilisez aussi le fait qu'un vecteur tend vers zéro si et seulement si chacune de ses composantes tend vers zéro. Cela s'applique au terme de reste ϵ(h)\epsilon(h).

Solution

Notons f(x)=(f1(x),,fp(x))f(x) = (f_1(x), \dots, f_p(x)) et aUa \in U.

Étape 1 : (\Rightarrow) Supposer que ff est différentiable et montrer que fif_i l'est.

Si ff est différentiable en aa, il existe une application linéaire dfa:RnRpdf_a: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p telle que :

f(a+h)=f(a)+dfa(h)+ϵ(h)hf(a+h) = f(a) + df_a(h) + \epsilon(h)\|h\|

limh0ϵ(h)=0Rp\lim_{h \to 0} \epsilon(h) = 0_{\mathbb{R}^p}.

Notons les composantes de dfadf_a par (dfa)i:RnR(df_a)_i : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} pour i=1,,pi=1,\dots,p. Chaque (dfa)i(df_a)_i est une forme linéaire.

De même, notons les composantes de ϵ(h)\epsilon(h) par ϵi(h)\epsilon_i(h).

L'équation vectorielle ci-dessus est équivalente au système d'équations scalaires suivant, pour chaque composante i{1,,p}i \in \{1, \dots, p\} :

fi(a+h)=fi(a)+(dfa)i(h)+ϵi(h)hf_i(a+h) = f_i(a) + (df_a)_i(h) + \epsilon_i(h)\|h\|

La condition limh0ϵ(h)=0Rp\lim_{h \to 0} \epsilon(h) = 0_{\mathbb{R}^p} est équivalente à limh0ϵi(h)=0\lim_{h \to 0} \epsilon_i(h) = 0 pour tout ii.

Pour un ii fixé, nous avons trouvé une forme linéaire Li=(dfa)iL_i = (df_a)_i et une fonction ϵi(h)\epsilon_i(h) tendant vers 0 telles que fi(a+h)=fi(a)+Li(h)+ϵi(h)hf_i(a+h) = f_i(a) + L_i(h) + \epsilon_i(h)\|h\|. C'est précisément la définition de la différentiabilité de fif_i en aa, avec dfi,a=Lidf_{i,a} = L_i.

Donc, chaque composante fif_i est différentiable en aa.

Étape 2 : (\Leftarrow) Supposer que chaque fif_i est différentiable et montrer que ff l'est.

Supposons maintenant que chaque fonction composante fi:URf_i: U \to \mathbb{R} est différentiable en aa.

Pour chaque i{1,,p}i \in \{1, \dots, p\}, il existe une forme linéaire dfi,a:RnRdf_{i,a}: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} telle que :

fi(a+h)=fi(a)+dfi,a(h)+ϵi(h)hf_i(a+h) = f_i(a) + df_{i,a}(h) + \epsilon_i(h)\|h\|

limh0ϵi(h)=0\lim_{h \to 0} \epsilon_i(h) = 0.

Construisons une application L:RnRpL: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p en assemblant ces formes linéaires :

L(h)=(df1,a(h),df2,a(h),,dfp,a(h))L(h) = (df_{1,a}(h), df_{2,a}(h), \dots, df_{p,a}(h)).

Cette application LL est linéaire car chacune de ses composantes l'est.

Empilons les pp équations de différentiabilité pour former une équation vectorielle :

(f1(a+h)fp(a+h))=(f1(a)fp(a))+(df1,a(h)dfp,a(h))+(ϵ1(h)hϵp(h)h)\begin{pmatrix} f_1(a+h) \\ \vdots \\ f_p(a+h) \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} f_1(a) \\ \vdots \\ f_p(a) \end{pmatrix} + \begin{pmatrix} df_{1,a}(h) \\ \vdots \\ df_{p,a}(h) \end{pmatrix} + \begin{pmatrix} \epsilon_1(h)\|h\| \\ \vdots \\ \epsilon_p(h)\|h\| \end{pmatrix}

Ce qui s'écrit :

f(a+h)=f(a)+L(h)+ϵ(h)hf(a+h) = f(a) + L(h) + \epsilon(h)\|h\|

ϵ(h)=(ϵ1(h),,ϵp(h))\epsilon(h) = (\epsilon_1(h), \dots, \epsilon_p(h)).

Il reste à vérifier que limh0ϵ(h)=0Rp\lim_{h \to 0} \epsilon(h) = 0_{\mathbb{R}^p}.

Par hypothèse, nous savons que pour chaque ii, limh0ϵi(h)=0\lim_{h \to 0} \epsilon_i(h) = 0.

La limite d'une fonction vectorielle est le vecteur des limites de ses composantes. Donc :

limh0ϵ(h)=(limh0ϵ1(h),,limh0ϵp(h))=(0,,0)=0Rp\lim_{h \to 0} \epsilon(h) = \left(\lim_{h \to 0} \epsilon_1(h), \dots, \lim_{h \to 0} \epsilon_p(h)\right) = (0, \dots, 0) = 0_{\mathbb{R}^p}

Ceci prouve que ff est différentiable en aa et que sa différentielle est l'application LL que nous avons construite, c'est-à-dire dfa(h)=(df1,a(h),,dfp,a(h))df_a(h) = (df_{1,a}(h), \dots, df_{p,a}(h)).

Conclusion

Une fonction à valeurs vectorielles est différentiable si et seulement si toutes ses fonctions composantes le sont.

Règle de la chaîne (cas simple)

Soient f:RRnf: \mathbb{R} \to \mathbb{R}^n une fonction différentiable en t0Rt_0 \in \mathbb{R}, et g:RnRg: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une fonction différentiable en a=f(t0)a = f(t_0). Prouver que la fonction composée h=gf:RRh = g \circ f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} est différentiable en t0t_0 et que sa dérivée est donnée par h(t0)=g(a),f(t0)h'(t_0) = \langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle.

Indice

L'objectif est de montrer que limk0h(t0+k)h(t0)k\lim_{k \to 0} \frac{h(t_0+k) - h(t_0)}{k} existe et vaut l'expression attendue.

Écrivez les développements limités d'ordre 1 pour ff et gg aux points respectifs t0t_0 et a=f(t0)a=f(t_0).

  • f(t0+k)=f(t0)+kf(t0)+o(k)f(t_0+k) = f(t_0) + k f'(t_0) + o(k)
  • g(a+u)=g(a)+g(a),u+o(u)g(a+u) = g(a) + \langle \nabla g(a), u \rangle + o(\|u\|)

Substituez le développement de ff dans celui de gg en posant u=f(t0+k)f(t0)u = f(t_0+k) - f(t_0). Analysez soigneusement le terme de reste pour montrer qu'il est bien un o(k)o(k).

Solution

Soient f:RRnf: \mathbb{R} \to \mathbb{R}^n et g:RnRg: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} différentiables respectivement en t0t_0 et a=f(t0)a=f(t_0).

Leurs développements limités d'ordre 1 sont :

  1. f(t0+k)=f(t0)+kf(t0)+ϵf(k)kf(t_0+k) = f(t_0) + k f'(t_0) + \epsilon_f(k) k, où f(t0)Rnf'(t_0) \in \mathbb{R}^n et limk0ϵf(k)=0\lim_{k \to 0} \epsilon_f(k) = 0.
  2. g(a+u)=g(a)+g(a),u+ϵg(u)ug(a+u) = g(a) + \langle \nabla g(a), u \rangle + \epsilon_g(u) \|u\|, où g(a)Rn\nabla g(a) \in \mathbb{R}^n et limu0ϵg(u)=0\lim_{u \to 0} \epsilon_g(u) = 0.

Étape 1 : Exprimer la variation de h=gfh=g \circ f

On veut analyser h(t0+k)h(t0)=g(f(t0+k))g(f(t0))h(t_0+k) - h(t_0) = g(f(t_0+k)) - g(f(t_0)).

Posons u=f(t0+k)f(t0)=f(t0+k)au = f(t_0+k) - f(t_0) = f(t_0+k) - a.

Alors h(t0+k)h(t0)=g(a+u)g(a)=g(a),u+ϵg(u)uh(t_0+k) - h(t_0) = g(a+u) - g(a) = \langle \nabla g(a), u \rangle + \epsilon_g(u) \|u\|.

Étape 2 : Substituer l'expression de uu

Remplaçons uu par son expression en fonction de kk :

u=kf(t0)+ϵf(k)k=k(f(t0)+ϵf(k))u = k f'(t_0) + \epsilon_f(k) k = k (f'(t_0) + \epsilon_f(k)).

On a donc :

h(t0+k)h(t0)=g(a),k(f(t0)+ϵf(k))+ϵg(u)uh(t_0+k) - h(t_0) = \langle \nabla g(a), k(f'(t_0) + \epsilon_f(k)) \rangle + \epsilon_g(u) \|u\|

Par linéarité du produit scalaire :

h(t0+k)h(t0)=kg(a),f(t0)+kg(a),ϵf(k)+ϵg(u)uh(t_0+k) - h(t_0) = k \langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle + k \langle \nabla g(a), \epsilon_f(k) \rangle + \epsilon_g(u) \|u\|

Étape 3 : Analyser les termes et diviser par kk

Divisons par kk (pour k0k \neq 0) :

h(t0+k)h(t0)k=g(a),f(t0)+g(a),ϵf(k)+ϵg(u)uk\frac{h(t_0+k) - h(t_0)}{k} = \langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle + \langle \nabla g(a), \epsilon_f(k) \rangle + \epsilon_g(u) \frac{\|u\|}{k}

Pour prouver la différentiabilité de hh et trouver sa dérivée, nous devons prendre la limite de cette expression lorsque k0k \to 0.

  • Le premier terme, g(a),f(t0)\langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle, est constant.
  • Pour le deuxième terme : comme limk0ϵf(k)=0\lim_{k \to 0} \epsilon_f(k) = 0, on a limk0g(a),ϵf(k)=g(a),0=0\lim_{k \to 0} \langle \nabla g(a), \epsilon_f(k) \rangle = \langle \nabla g(a), 0 \rangle = 0.
  • Pour le troisième terme :
    • D'abord, notons que lorsque k0k \to 0, u=k(f(t0)+ϵf(k))0u = k (f'(t_0) + \epsilon_f(k)) \to 0. Puisque limu0ϵg(u)=0\lim_{u \to 0} \epsilon_g(u) = 0, on a limk0ϵg(u)=0\lim_{k \to 0} \epsilon_g(u) = 0.
    • Ensuite, regardons le quotient uk=k(f(t0)+ϵf(k))k=kkf(t0)+ϵf(k)\frac{\|u\|}{k} = \frac{\|k (f'(t_0) + \epsilon_f(k))\|}{k} = \frac{|k|}{k} \|f'(t_0) + \epsilon_f(k)\|.
    • Lorsque k0k \to 0, la limite de f(t0)+ϵf(k)\|f'(t_0) + \epsilon_f(k)\| est f(t0)\|f'(t_0)\|. Le terme kk\frac{|k|}{k} est borné (il vaut 1 ou -1).
    • Le produit ϵg(u)uk\epsilon_g(u) \frac{\|u\|}{k} tend donc vers 0×f(t0)=00 \times \|f'(t_0)\| = 0.

Conclusion

En prenant la limite lorsque k0k \to 0, nous obtenons :

limk0h(t0+k)h(t0)k=g(a),f(t0)+0+0\lim_{k \to 0} \frac{h(t_0+k) - h(t_0)}{k} = \langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle + 0 + 0

La limite existe et est finie. Par conséquent, h=gfh = g \circ f est différentiable (dérivable) en t0t_0, et sa dérivée est :

h(t0)=g(a),f(t0)=Jg(f(t0))Jf(t0)h'(t_0) = \langle \nabla g(a), f'(t_0) \rangle = J_g(f(t_0)) \cdot J_f(t_0)

Le gradient est orthogonal aux lignes de niveau

Soit f:URnRf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une fonction de classe C1\mathcal{C}^1 et aUa \in U un point tel que f(a)0\nabla f(a) \neq 0. Soit Sc={xUf(x)=c}S_c = \{x \in U \mid f(x) = c\} la surface de niveau de ff passant par aa (avec c=f(a)c=f(a)). Prouver que le vecteur gradient f(a)\nabla f(a) est orthogonal à tout vecteur tangent à la surface ScS_c en aa.

Indice

Un vecteur tangent à la surface ScS_c en aa peut être représenté par le vecteur vitesse γ(0)\gamma'(0) d'une courbe γ:]ϵ,ϵ[Sc\gamma: ]-\epsilon, \epsilon[ \to S_c tracée sur la surface, telle que γ(0)=a\gamma(0) = a.

Considérez la fonction composée h(t)=f(γ(t))h(t) = f(\gamma(t)). Quelle est la valeur de cette fonction pour tout tt dans son domaine ?

Dérivez h(t)h(t) par rapport à tt en utilisant la règle de la chaîne, puis évaluez le résultat en t=0t=0.

Solution

Étape 1 : Formaliser la notion de vecteur tangent

Un vecteur vRnv \in \mathbb{R}^n est dit tangent à la surface de niveau ScS_c au point aa s'il existe une courbe (arc paramétré) différentiable γ:ISc\gamma: I \to S_c, où II est un intervalle ouvert contenant 0, telle que :

  • γ(0)=a\gamma(0) = a
  • γ(0)=v\gamma'(0) = v

Étape 2 : Utiliser la propriété de la surface de niveau

Par définition, pour tout point γ(t)\gamma(t) sur la courbe, on a f(γ(t))=cf(\gamma(t)) = c, où c=f(a)c=f(a).

Considérons la fonction h:IRh: I \to \mathbb{R} définie par h(t)=f(γ(t))h(t) = f(\gamma(t)). D'après ce qui précède, h(t)h(t) est une fonction constante, h(t)=ch(t)=c.

Par conséquent, sa dérivée est nulle pour tout tIt \in I : h(t)=0h'(t) = 0.

Étape 3 : Appliquer la règle de la chaîne

La fonction hh est la composée de γ:RRn\gamma: \mathbb{R} \to \mathbb{R}^n et f:RnRf: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}. Comme ff et γ\gamma sont différentiables, on peut appliquer la règle de la chaîne pour calculer h(t)h'(t):

h(t)=d(fγ)t(1)=dfγ(t)dγt(1)h'(t) = d(f \circ \gamma)_t(1) = df_{\gamma(t)} \circ d\gamma_t(1)

En termes de jacobiennes (ou de gradient et vecteur vitesse) :

h(t)=Jf(γ(t))γ(t)=f(γ(t)),γ(t)h'(t) = J_f(\gamma(t)) \cdot \gamma'(t) = \langle \nabla f(\gamma(t)), \gamma'(t) \rangle

Étape 4 : Évaluer en t=0t=0 et conclure

Nous savons que h(t)=0h'(t) = 0 pour tout tt, donc en particulier pour t=0t=0.

En évaluant l'expression ci-dessus en t=0t=0, on obtient :

h(0)=f(γ(0)),γ(0)=0h'(0) = \langle \nabla f(\gamma(0)), \gamma'(0) \rangle = 0

Sachant que γ(0)=a\gamma(0)=a et γ(0)=v\gamma'(0)=v, cela se traduit par :

f(a),v=0\langle \nabla f(a), v \rangle = 0

Conclusion

Le produit scalaire entre le gradient de ff en aa, f(a)\nabla f(a), et n'importe quel vecteur tangent vv à la surface de niveau ScS_c en aa est nul. Cela signifie que f(a)\nabla f(a) est orthogonal à l'espace tangent à la surface de niveau en aa.

Inégalité des accroissements finis

Soit f:URnRf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une fonction différentiable sur un ouvert UU. Soient a,bUa, b \in U deux points tels que le segment [a,b][a,b] soit inclus dans UU. Prouver qu'il existe un point cc sur le segment ouvert ]a,b[]a,b[ tel que :

f(b)f(a)=f(c),baf(b) - f(a) = \langle \nabla f(c), b-a \rangle

En déduire l'inégalité : f(b)f(a)ba2supx[a,b]f(x)2|f(b)-f(a)| \le \|b-a\|_2 \sup_{x \in [a,b]} \|\nabla f(x)\|_2.

Indice

Ce théorème est une généralisation du théorème des accroissements finis en dimension 1. La stratégie est de se ramener à ce cas connu.

Définissez une fonction auxiliaire d'une seule variable réelle ϕ:[0,1]R\phi: [0,1] \to \mathbb{R} en considérant la restriction de ff au segment [a,b][a,b]. Une paramétrisation naturelle du segment est x(t)=a+t(ba)x(t) = a+t(b-a).

Appliquez le théorème des accroissements finis à ϕ\phi sur l'intervalle [0,1][0,1]. Vous devrez calculer la dérivée ϕ(t)\phi'(t) en utilisant la règle de la chaîne.

Pour la deuxième partie, utilisez l'inégalité de Cauchy-Schwarz sur l'égalité obtenue.

Solution

Étape 1 : Se ramener à une fonction d'une variable

Soit le segment [a,b]={a+t(ba)t[0,1]}[a,b] = \{ a+t(b-a) \mid t \in [0,1] \}.

Considérons la fonction auxiliaire ϕ:[0,1]R\phi : [0,1] \to \mathbb{R} définie par ϕ(t)=f(a+t(ba))\phi(t) = f(a+t(b-a)).

  • ϕ\phi est définie et continue sur [0,1][0,1] car elle est la composée de ta+t(ba)t \mapsto a+t(b-a) (continue) et de ff (différentiable donc continue).
  • ϕ\phi est dérivable sur ]0,1[]0,1[ car ff est différentiable sur UU qui contient le segment ouvert ]a,b[]a,b[.

Étape 2 : Appliquer le théorème des accroissements finis en 1D

Selon le théorème des accroissements finis pour les fonctions d'une variable réelle, il existe θ]0,1[\theta \in ]0,1[ tel que :

ϕ(1)ϕ(0)=ϕ(θ)(10)=ϕ(θ)\phi(1) - \phi(0) = \phi'(\theta) (1-0) = \phi'(\theta)

Par définition de ϕ\phi, on a ϕ(1)=f(a+1(ba))=f(b)\phi(1) = f(a+1(b-a)) = f(b) et ϕ(0)=f(a+0(ba))=f(a)\phi(0) = f(a+0(b-a)) = f(a).

L'équation devient :

f(b)f(a)=ϕ(θ)f(b) - f(a) = \phi'(\theta)

Étape 3 : Calculer ϕ(t)\phi'(t) en utilisant la règle de la chaîne

La fonction ϕ(t)\phi(t) est la composée de γ(t)=a+t(ba)\gamma(t) = a+t(b-a) et de ff.

La dérivée de γ(t)\gamma(t) est γ(t)=ba\gamma'(t) = b-a.

Par la règle de la chaîne, la dérivée de ϕ(t)=f(γ(t))\phi(t) = f(\gamma(t)) est :

ϕ(t)=f(γ(t)),γ(t)=f(a+t(ba)),ba\phi'(t) = \langle \nabla f(\gamma(t)), \gamma'(t) \rangle = \langle \nabla f(a+t(b-a)), b-a \rangle

Étape 4 : Combiner les résultats pour obtenir l'égalité

En substituant l'expression de ϕ(θ)\phi'(\theta) dans l'équation de l'étape 2, on obtient :

f(b)f(a)=f(a+θ(ba)),baf(b) - f(a) = \langle \nabla f(a+\theta(b-a)), b-a \rangle

Posons c=a+θ(ba)c = a+\theta(b-a). Comme θ]0,1[\theta \in ]0,1[, le point cc appartient au segment ouvert ]a,b[]a,b[.

Nous avons donc bien prouvé qu'il existe c]a,b[c \in ]a,b[ tel que :

f(b)f(a)=f(c),baf(b) - f(a) = \langle \nabla f(c), b-a \rangle

Étape 5 : En déduire l'inégalité

Appliquons l'inégalité de Cauchy-Schwarz à l'égalité précédente :

f(c),baf(c)2ba2|\langle \nabla f(c), b-a \rangle| \le \|\nabla f(c)\|_2 \cdot \|b-a\|_2

Donc,

f(b)f(a)f(c)2ba2|f(b) - f(a)| \le \|\nabla f(c)\|_2 \cdot \|b-a\|_2

Le point cc dépend de aa et bb. Pour obtenir une borne qui ne dépend que du segment, on majore f(c)2\|\nabla f(c)\|_2 par le supremum de la norme du gradient sur tout le segment :

f(c)2supx[a,b]f(x)2\|\nabla f(c)\|_2 \le \sup_{x \in [a,b]} \|\nabla f(x)\|_2

Conclusion

Nous obtenons finalement l'inégalité des accroissements finis :

f(b)f(a)ba2supx[a,b]f(x)2|f(b)-f(a)| \le \|b-a\|_2 \sup_{x \in [a,b]} \|\nabla f(x)\|_2

Gradient nul sur un ouvert connexe par arcs

Soit f:URnRf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une fonction différentiable sur un ouvert UU qui est connexe par arcs. Prouver que si f(x)=0\nabla f(x) = 0 pour tout xUx \in U, alors ff est une fonction constante sur UU.

Indice

Pour prouver que ff est constante, il faut montrer que f(a)=f(b)f(a) = f(b) pour deux points quelconques a,bUa, b \in U.

  1. Commencez par montrer que ff est constante sur n'importe quel segment [x,y][x,y] entièrement contenu dans UU. Utilisez l'inégalité des accroissements finis.
  2. Utilisez l'hypothèse de connexité par arcs. Par définition, pour tous a,bUa, b \in U, il existe un chemin continu γ:[0,1]U\gamma: [0,1] \to U tel que γ(0)=a\gamma(0)=a et γ(1)=b\gamma(1)=b.
  3. L'image du chemin, γ([0,1])\gamma([0,1]), est un compact. On peut le recouvrir par un nombre fini de boules ouvertes contenues dans UU. Cela permet de construire une ligne brisée (une suite de segments) joignant aa à bb, où chaque segment est contenu dans UU.
  4. Appliquez le résultat du point 1 à chaque segment de la ligne brisée pour conclure que f(a)=f(b)f(a)=f(b).
Solution

Étape 1 : Montrer que ff est constante sur tout segment dans UU

Soient x,yUx, y \in U tels que le segment [x,y][x,y] soit entièrement contenu dans UU.

Comme UU est ouvert, il existe un ouvert UUU' \subset U contenant [x,y][x,y] sur lequel ff est différentiable.

D'après le théorème des accroissements finis, il existe c]x,y[c \in ]x,y[ tel que :

f(y)f(x)=f(c),yxf(y) - f(x) = \langle \nabla f(c), y-x \rangle

Par hypothèse, f(c)=0\nabla f(c) = 0 car cUc \in U.

Donc, f(y)f(x)=0,yx=0f(y) - f(x) = \langle 0, y-x \rangle = 0, ce qui signifie f(y)=f(x)f(y) = f(x).

Ainsi, la fonction ff est constante sur tout segment contenu dans UU.

Étape 2 : Utiliser la connexité par arcs pour relier deux points quelconques

Soient aa et bb deux points quelconques dans UU. Puisque UU est connexe par arcs, il existe un chemin continu γ:[0,1]U\gamma: [0,1] \to U tel que γ(0)=a\gamma(0) = a et γ(1)=b\gamma(1) = b.

L'image K=γ([0,1])K = \gamma([0,1]) est un compact dans Rn\mathbb{R}^n.

Pour chaque point zKz \in K, il existe un rayon rz>0r_z > 0 tel que la boule ouverte B(z,rz)B(z, r_z) soit incluse dans UU (car UU est un ouvert).

La famille de boules {B(z,rz)}zK\{B(z, r_z)\}_{z \in K} forme un recouvrement ouvert de KK.

Puisque KK est compact, on peut en extraire un sous-recouvrement fini. C'est-à-dire qu'il existe un nombre fini de points z1,,zmz_1, \dots, z_m dans KK tels que Ki=1mB(zi,rzi)K \subset \bigcup_{i=1}^m B(z_i, r_{z_i}).

Étape 3 : Construire une ligne brisée de aa à bb

On peut maintenant construire une suite de points a=p0,p1,,pk=ba=p_0, p_1, \dots, p_k=b telle que pour chaque j{0,,k1}j \in \{0, \dots, k-1\}, le segment [pj,pj+1][p_j, p_{j+1}] est entièrement contenu dans l'une des boules B(zi,rzi)B(z_i, r_{z_i}), et donc dans UU. Une telle construction est possible en utilisant la compacité de l'intervalle [0,1][0,1] et le lemme de Lebesgue.

Étape 4 : Conclure en appliquant le résultat de l'étape 1

Nous avons une chaîne de points p0,p1,,pkp_0, p_1, \dots, p_k reliant aa à bb.

Pour chaque segment [pj,pj+1][p_j, p_{j+1}], nous pouvons appliquer le résultat de l'étape 1, puisque ce segment est contenu dans UU.

  • f(p1)=f(p0)=f(a)f(p_1) = f(p_0) = f(a)
  • f(p2)=f(p1)f(p_2) = f(p_1)
  • ...
  • f(pk)=f(pk1)f(p_k) = f(p_{k-1})

Par transitivité, on obtient :

f(b)=f(pk)=f(pk1)==f(p1)=f(p0)=f(a)f(b) = f(p_k) = f(p_{k-1}) = \dots = f(p_1) = f(p_0) = f(a)

Conclusion

Puisque f(a)=f(b)f(a) = f(b) pour n'importe quelle paire de points (a,b)(a,b) dans UU, la fonction ff est constante sur UU.

Le critère C1\mathcal{C}^1 pour la différentiabilité

Soit f:URnRf: U \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} une fonction de classe C1\mathcal{C}^1 sur un ouvert UU. Prouver que ff est différentiable en tout point aUa \in U.

Indice

L'objectif est de montrer que le reste R(h)=f(a+h)f(a)L(h)R(h) = f(a+h) - f(a) - L(h) est un o(h)o(\|h\|), où L(h)L(h) est l'application linéaire candidate naturelle : L(h)=Jf(a)h=i=1nfxi(a)hiL(h) = J_f(a)h = \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a) h_i.

Pour analyser la différence f(a+h)f(a)f(a+h) - f(a), décomposez le chemin de aa à a+ha+h en une suite de nn segments parallèles aux axes. Écrivez f(a+h)f(a)f(a+h) - f(a) comme une somme télescopique.

Appliquez le théorème des accroissements finis pour une variable réelle à chaque terme de la somme.

Utilisez la continuité des dérivées partielles fxi\frac{\partial f}{\partial x_i} au point aa pour montrer que la limite du reste divisé par h\|h\| est bien nulle.

Solution

Soit aUa \in U. Puisque UU est ouvert, il existe une boule B(a,r)B(a,r) contenue dans UU. Soit hRnh \in \mathbb{R}^n tel que h<r\|h\| < r. L'application linéaire candidate pour la différentielle est L(h)=Jf(a)h=i=1nfxi(a)hiL(h) = J_f(a)h = \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a) h_i. Nous devons montrer que f(a+h)f(a)L(h)=o(h)f(a+h) - f(a) - L(h) = o(\|h\|).

Étape 1 : Décomposition en somme télescopique

Posons h=(h1,,hn)h = (h_1, \dots, h_n). Définissons les points intermédiaires :

v0=av_0 = a

v1=a+h1e1v_1 = a + h_1 e_1

v2=a+h1e1+h2e2v_2 = a + h_1 e_1 + h_2 e_2

...

vn=a+h1e1++hnen=a+hv_n = a + h_1 e_1 + \dots + h_n e_n = a+h

La différence f(a+h)f(a)f(a+h) - f(a) peut s'écrire comme une somme télescopique :

f(a+h)f(a)=f(vn)f(v0)=i=1n(f(vi)f(vi1))f(a+h) - f(a) = f(v_n) - f(v_0) = \sum_{i=1}^n (f(v_i) - f(v_{i-1}))

Notons que vivi1=hieiv_i - v_{i-1} = h_i e_i. Le segment [vi1,vi][v_{i-1}, v_i] est contenu dans B(a,r)UB(a,r) \subset U.

Étape 2 : Appliquer le TAF 1D à chaque terme

Pour chaque i{1,,n}i \in \{1, \dots, n\}, le terme f(vi)f(vi1)f(v_i) - f(v_{i-1}) est la variation de ff le long d'un segment parallèle à l'axe des xix_i.

Considérons la fonction d'une variable gi(t)=f(vi1+thiei)g_i(t) = f(v_{i-1} + t h_i e_i) pour t[0,1]t \in [0,1].

f(vi)f(vi1)=gi(1)gi(0)f(v_i) - f(v_{i-1}) = g_i(1) - g_i(0).

Par le TAF 1D, il existe θi]0,1[\theta_i \in ]0,1[ tel que gi(1)gi(0)=gi(θi)g_i(1) - g_i(0) = g_i'(\theta_i).

La dérivée gi(t)g_i'(t) est la dérivée partielle de ff par rapport à sa ii-ème variable :

gi(t)=fxi(vi1+thiei)hig_i'(t) = \frac{\partial f}{\partial x_i}(v_{i-1} + t h_i e_i) \cdot h_i.

Donc, il existe un point ci=vi1+θihieic_i = v_{i-1} + \theta_i h_i e_i sur le segment ]vi1,vi[]v_{i-1}, v_i[ tel que :

f(vi)f(vi1)=fxi(ci)hif(v_i) - f(v_{i-1}) = \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) h_i

Étape 3 : Construire le reste et utiliser la continuité des dérivées partielles

En sommant sur ii, on obtient :

f(a+h)f(a)=i=1nfxi(ci)hif(a+h) - f(a) = \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) h_i

Le reste R(h)R(h) est donc :

R(h)=f(a+h)f(a)L(h)=i=1nfxi(ci)hii=1nfxi(a)hiR(h) = f(a+h) - f(a) - L(h) = \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) h_i - \sum_{i=1}^n \frac{\partial f}{\partial x_i}(a) h_i

R(h)=i=1n(fxi(ci)fxi(a))hiR(h) = \sum_{i=1}^n \left( \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) - \frac{\partial f}{\partial x_i}(a) \right) h_i

Lorsque h0h \to 0, chaque point cic_i tend vers aa (car ciah\|c_i - a\| \le \|h\|).

Puisque ff est de classe C1\mathcal{C}^1, chaque fonction dérivée partielle fxi\frac{\partial f}{\partial x_i} est continue en aa.

Donc, limh0fxi(ci)=fxi(a)\lim_{h \to 0} \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) = \frac{\partial f}{\partial x_i}(a).

Posons δi(h)=fxi(ci)fxi(a)\delta_i(h) = \frac{\partial f}{\partial x_i}(c_i) - \frac{\partial f}{\partial x_i}(a). On a limh0δi(h)=0\lim_{h \to 0} \delta_i(h) = 0.

Étape 4 : Montrer que le reste est un o(h)o(\|h\|)

Nous devons montrer que limh0R(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{|R(h)|}{\|h\|} = 0.

R(h)h=i=1nδi(h)hih\frac{|R(h)|}{\|h\|} = \frac{|\sum_{i=1}^n \delta_i(h) h_i|}{\|h\|}

En utilisant l'inégalité triangulaire et le fait que hihh|h_i| \le \|h\|_\infty \le \|h\| (selon la norme choisie),

R(h)hi=1nδi(h)hihi=1nδi(h)hh=i=1nδi(h)\frac{|R(h)|}{\|h\|} \le \frac{\sum_{i=1}^n |\delta_i(h)| |h_i|}{\|h\|} \le \frac{\sum_{i=1}^n |\delta_i(h)| \|h\|}{\|h\|} = \sum_{i=1}^n |\delta_i(h)|

En prenant la limite lorsque h0h \to 0:

0limh0R(h)hlimh0i=1nδi(h)=i=1n0=00 \le \lim_{h \to 0} \frac{|R(h)|}{\|h\|} \le \lim_{h \to 0} \sum_{i=1}^n |\delta_i(h)| = \sum_{i=1}^n 0 = 0

Par le théorème des gendarmes, limh0R(h)h=0\lim_{h \to 0} \frac{|R(h)|}{\|h\|} = 0.

Conclusion

Le reste R(h)R(h) est bien un o(h)o(\|h\|). Par conséquent, la fonction ff est différentiable en aa, et sa différentielle est bien l'application linéaire dont la matrice représentative est la jacobienne Jf(a)J_f(a).

Pour une fonction f:URpf: U \to \mathbb{R}^p, on applique ce raisonnement à chacune de ses composantes fjf_j, qui sont de classe C1\mathcal{C}^1. Comme chaque fjf_j est différentiable, la fonction ff est différentiable.