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Fonctions différentiables (A)
Concept 1: Fonction Différentiable
Prérequis
Calculus I: Dérivée d’une fonction d’une variable réelle, développement limité d’ordre 1.
Topologie: Espaces vectoriels normés, notion d’ouvert, limites et continuité des fonctions de plusieurs variables.
Algèbre Linéaire: Applications linéaires et leur représentation matricielle.
Définition
Soit U un ouvert de Rn et f:U→Rp une fonction. On dit que f est différentiable au point a∈U s’il existe une application linéaire La:Rn→Rp telle que pour tout vecteur h∈Rn tel que a+h∈U, on ait :
f(a+h)=f(a)+La(h)+o(∥h∥)
où o(∥h∥) désigne une fonction R(h) telle que limh→0∥h∥∥R(h)∥=0.
De manière plus formelle, cela s’écrit :
f(a+h)=f(a)+La(h)+ϵa(h)∥h∥
où la fonction ϵa:Rn→Rp vérifie limh→0ϵa(h)=0Rp.
L’application linéaire La est alors unique et est appelée la différentielle de f au point a, notée dfa.
Explications Détaillées
En calcul à une variable, la dérivée f′(a) est un nombre qui permet d’approximer la fonction f au voisinage de a par une droite (la tangente) : f(a+h)≈f(a)+f′(a)h. L’idée de la différentiabilité est de généraliser cette notion d’approximation locale par une fonction “simple”.
Pour une fonction de plusieurs variables f:Rn→Rp, une simple multiplication par un nombre ne suffit plus. L’objet le plus simple pour approximer localement une fonction est une application affine, c’est-à-dire une application de la forme x↦C+L(x), où L est une application linéaire.
La définition de la différentiabilité stipule qu’une fonction f est différentiable en a si, au voisinage de ce point, elle peut être très bien approximée par l’application affine x↦f(a)+La(x−a). L’application linéaire La (la différentielle dfa) est la “meilleure” approximation linéaire de la variation de f autour de a, c’est-à-dire de f(a+h)−f(a).
Le terme d’erreur ϵa(h)∥h∥ devient négligeable par rapport à la partie linéaire La(h) lorsque h est petit. Plus précisément, l’erreur tend vers zéro “plus vite” que ∥h∥, ce qui garantit que l’approximation est de très bonne qualité pour des petits accroissements h.
Le choix de la norme n’a pas d’importance car toutes les normes sur Rn sont équivalentes.
Propriétés Clés
Unicité de la différentielle: Si une telle application linéaire La existe, elle est unique. On peut donc parler de la différentielle de f en a, notée dfa.
Différentiabilité des composantes: Une fonction f=(f1,…,fp) est différentiable en a si et seulement si chacune de ses fonctions composantes fi:U→R est différentiable en a.
La différentiabilité implique la continuité: Si une fonction f est différentiable en un point a, alors elle est nécessairement continue en ce point. La réciproque est fausse.
Exemples
Exemple 1 : Fonction affine
Soit f:Rn→Rp une fonction affine, définie par f(x)=Mx+b, où M est une matrice de taille p×n et b∈Rp. Montrons que f est différentiable en tout point a∈Rn.
On calcule f(a+h)=M(a+h)+b=(Ma+b)+Mh=f(a)+Mh.
En posant La(h)=Mh, qui est bien une application linéaire, on a :
f(a+h)=f(a)+La(h)+0
Le terme d’erreur est nul. La définition est donc satisfaite en tout point a, et la différentielle est l’application linéaire h↦Mh, c’est-à-dire dfa(h)=Mh.
Exemple 2 : Fonction quadratique simple
Soit f:R2→R définie par f(x,y)=x2+y2. Montrons qu’elle est différentiable au point a=(a1,a2). Soit h=(h1,h2).
f(a+h)=f(a1+h1,a2+h2)=(a1+h1)2+(a2+h2)2
=(a12+2a1h1+h12)+(a22+2a2h2+h22)
=(a12+a22)+(2a1h1+2a2h2)+(h12+h22)
=f(a)+La(h)+∥h∥22
Ici, La(h)=2a1h1+2a2h2 est une application linéaire en h=(h1,h2). Le terme d’erreur est R(h)=h12+h22=∥h∥22.
Vérifions que c’est un o(∥h∥). On utilise une norme quelconque, par exemple ∥h∥2=h12+h22.
La fonction est donc différentiable en a, et sa différentielle est dfa(h1,h2)=2a1h1+2a2h2.
Exemple 3 : Fonction de R dans R2
Soit f:R→R2 définie par f(t)=(cos(t),sin(t)). Cette fonction décrit un cercle.
Une fonction de R dans Rp est différentiable si et seulement si ses composantes sont dérivables (au sens usuel).
Ici, f1(t)=cos(t) et f2(t)=sin(t) sont dérivables sur R, avec f1′(t)=−sin(t) et f2′(t)=sin′(t)=cos(t).
Donc f est différentiable. Sa différentielle en a∈R est l’application linéaire dfa:R→R2 définie par :
dfa(h)=h⋅(f1′(a)f2′(a))=h(−sin(a)cos(a))
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Fonction non continue
Soit f:R2→R définie par
f(x,y)={x2+y2xy0si (x,y)=(0,0)si (x,y)=(0,0)
Cette fonction n’est pas continue en (0,0) (en s’approchant de l’origine le long de la droite y=x, la limite est 1/2=f(0,0)). Puisque la différentiabilité implique la continuité, f ne peut pas être différentiable en (0,0).
Contre-exemple 2 : Fonction avec un “coin”
Soit f:R2→R définie par f(x,y)=∣x∣+∣y∣. Cette fonction est continue en (0,0).
Cherchons s’il existe une application linéaire L(h1,h2)=c1h1+c2h2 telle que :
f(h1,h2)=f(0,0)+L(h1,h2)+o(∥h∥)
∣h1∣+∣h2∣=0+c1h1+c2h2+o(∥h∥)
Si on prend h=(t,0) avec t>0, on a t=c1t+o(t), ce qui donne c1=1 en divisant par t et en faisant t→0.
Si on prend h=(t,0) avec t<0, on a −t=c1t+o(t), ce qui donne c1=−1.
Il est impossible d’avoir c1=1 et c1=−1 en même temps. Donc, il n’existe pas d’application linéaire qui convienne. La fonction n’est pas différentiable en (0,0).
Concepts Liés
Continuité: La différentiabilité est une condition plus forte que la continuité.
Dérivée Partielle et Matrice Jacobienne: La différentielle dfa, si elle existe, est représentée par la matrice Jacobienne, dont les coefficients sont les dérivées partielles de f en a. C’est le lien entre le concept abstrait de différentielle et son calcul pratique.
Concept 2: Dérivée Partielle
Prérequis
Calculus I: Définition de la dérivée d’une fonction d’une variable réelle et techniques de dérivation.
Fonctions de plusieurs variables: Compréhension du domaine de définition et de la notation f(x1,…,xn).
Définition
Soit f une fonction définie sur un ouvert U⊂Rn à valeurs dans Rp. Soit a=(a1,…,an)∈U.
On dit que f admet une dérivée partielle par rapport à sa k-ième variable (pour k∈{1,…,n}) au point a si la limite suivante existe :
limt→0tf(a1,…,ak+t,…,an)−f(a1,…,an)
Lorsque cette limite existe, on la note ∂xk∂f(a) ou ∂kf(a). C’est un vecteur de Rp.
Explications Détaillées
L’idée de la dérivée partielle est très intuitive. Pour comprendre comment une fonction de plusieurs variables change, on peut simplifier le problème en ne faisant varier qu’une seule variable à la fois, tout en considérant les autres comme des constantes.
Calculer la dérivée partielle ∂xk∂f(a) revient à :
Fixer toutes les variables de f sauf la k-ième, xk. On obtient une fonction d’une seule variable, t↦g(t)=f(a1,…,ak−1,t,ak+1,…,an).
Dériver cette fonction g(t) de la manière habituelle par rapport à t.
Évaluer cette dérivée au point t=ak.
La dérivée partielle ∂xk∂f(a) mesure le taux de variation instantané de f au point a lorsqu’on se déplace dans la direction de l’axe des xk. Si f est à valeurs dans Rp, ses dérivées partielles sont aussi des vecteurs de Rp. Le calcul se fait alors composante par composante.
Propriétés Clés
Règles de calcul: Les règles de dérivation usuelles (somme, produit, quotient, composition de fonctions d’une variable) s’appliquent directement au calcul des dérivées partielles, en traitant les autres variables comme des constantes.
Linéarité: L’opérateur de dérivation partielle est linéaire :
∂xk∂(f+λg)(a)=∂xk∂f(a)+λ∂xk∂g(a)
Exemples
Exemple 1 : Fonction polynomiale
Soit f:R3→R définie par f(x,y,z)=x2y3+5yz2−cos(x).
Dérivée partielle par rapport à x: On traite y et z comme des constantes.
Cette limite n’existe pas (elle vaut 1 pour t→0+ et -1 pour t→0−). Donc, ∂x∂f(0,0) n’existe pas.
Concepts Liés
Fonction Différentiable: Si une fonction est différentiable en un point, alors toutes ses dérivées partielles existent en ce point. La réciproque est fausse.
Matrice Jacobienne: C’est la matrice qui contient toutes les dérivées partielles d’une fonction vectorielle.
Gradient: Pour une fonction à valeurs réelles, le gradient est le vecteur de ses dérivées partielles.
Concept 3: Matrice Jacobienne
Prérequis
Dérivée Partielle: Savoir calculer les dérivées partielles d’une fonction.
Fonction Différentiable: Définition de la différentielle.
Définition
Soit f:U⊂Rn→Rp une fonction définie sur un ouvert U. On suppose que f admet des dérivées partielles par rapport à toutes ses variables en un point a∈U. Les composantes de f sont notées f=(f1,…,fp).
La matrice jacobienne de f au point a, notée Jf(a), est la matrice de taille p×n dont les coefficients sont les dérivées partielles des fonctions composantes fi par rapport aux variables xj :
L’élément à la ligne i et la colonne j est (Jf(a))ij=∂xj∂fi(a).
Explications Détaillées
La matrice jacobienne est l’outil qui concrétise la notion de différentielle. Si une fonction f est différentiable en a, sa différentielle dfa est une application linéaire de Rn dans Rp. Comme toute application linéaire entre ces espaces, elle peut être représentée par une matrice. Cette matrice est précisément la matrice jacobienne Jf(a).
Comment se souvenir de sa structure ?
Nombre de lignes (p) = dimension de l’espace d’arrivée (Rp). Chaque ligne correspond à une fonction composante fi.
Nombre de colonnes (n) = dimension de l’espace de départ (Rn). Chaque colonne correspond à une variable de départ xj.
La matrice jacobienne rassemble toute l’information sur les variations de f au premier ordre le long des directions des axes de coordonnées.
Propriétés Clés
Représentation de la différentielle: (Théorème 4.10) Si f est différentiable en a, alors sa différentielle dfa est l’application linéaire dont la matrice dans les bases canoniques est Jf(a). On a pour tout vecteur h∈Rn :
dfa(h)=Jf(a)h
où h est vu comme un vecteur colonne.
Développement limité d’ordre 1: Si f est différentiable en a, on peut écrire :
f(a+h)=f(a)+Jf(a)h+o(∥h∥)
Ceci est la formulation la plus pratique de la différentiabilité.
Exemples
Exemple 1 : Fonction de R3 dans R2
Soit f:R3→R2 définie par f(x,y,z)=(x2y,sin(z)+y).
Ici n=3,p=2. La jacobienne sera une matrice 2×3.
Les composantes sont f1(x,y,z)=x2y et f2(x,y,z)=sin(z)+y.
Calculons les dérivées partielles :
∂x∂f1=2xy, ∂y∂f1=x2, ∂z∂f1=0
∂x∂f2=0, ∂y∂f2=1, ∂z∂f2=cos(z)
La matrice jacobienne en un point (x,y,z) est :
Jf(x,y,z)=(2xy0x210cos(z))
Par exemple, au point a=(1,2,0), on a Jf(1,2,0)=(401101).
Exemple 2 : Coordonnées polaires
Considérons la fonction P:R2→R2 qui convertit les coordonnées polaires en coordonnées cartésiennes : P(r,θ)=(rcosθ,rsinθ).
Ici n=2,p=2. Les variables sont (r,θ) et les composantes sont x(r,θ)=rcosθ et y(r,θ)=rsinθ.
∂r∂x=cosθ, ∂θ∂x=−rsinθ
∂r∂y=sinθ, ∂θ∂y=rcosθ
La matrice jacobienne est :
JP(r,θ)=(cosθsinθ−rsinθrcosθ)
Le déterminant de cette matrice est det(JP(r,θ))=rcos2θ−(−rsin2θ)=r, qui est le facteur de changement d’aire pour les intégrales en coordonnées polaires.
Exemple 3 : Fonction à valeurs réelles (cas du Gradient)
Soit g:Rn→R. Ici p=1. La matrice jacobienne est une matrice 1×n, c’est-à-dire un vecteur ligne.
Jg(a)=(∂x1∂g(a)∂x2∂g(a)⋯∂xn∂g(a))
Cette matrice est la transposée du vecteur gradient ∇g(a).
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : L’existence de la Jacobienne n’implique pas la différentiabilité
Reprenons la fonction f(x,y)=x2+y2xy pour (x,y)=(0,0) et f(0,0)=0.
Nous avons vu que ∂x∂f(0,0)=0 et ∂y∂f(0,0)=0.
La matrice jacobienne en (0,0) existe donc et est la matrice nulle : Jf(0,0)=(00).
Cependant, la fonction n’est pas différentiable en (0,0) car elle n’y est pas continue.
Contre-exemple 2 : Mauvais usage de la Jacobienne
Il est crucial de ne pas confondre l’existence de la Jacobienne avec la différentiabilité. Si une fonction n’est pas différentiable, la formule f(a+h)≈f(a)+Jf(a)h peut donner une très mauvaise approximation. Pour la fonction précédente, l’approximation serait f(h)≈f(0)+Jf(0)h=0+0=0. Or, sur la droite y=x, la fonction vaut 1/2, ce qui est loin de 0.
Concepts Liés
Fonction Différentiable: La jacobienne est la représentation matricielle de la différentielle.
Dérivée Partielle: Les entrées de la jacobienne sont les dérivées partielles.
Règle de la chaîne (Chain Rule): La différentiation des fonctions composées se traduit élégamment par un produit des matrices jacobiennes.
Gradient: Pour une fonction scalaire, le gradient est la transposée de la matrice jacobienne.
Concept 4: Fonction de Classe C1
Prérequis
Dérivée Partielle: Savoir calculer les dérivées partielles.
Continuité: Comprendre la continuité des fonctions de plusieurs variables.
Définition
Une fonction f:U⊂Rn→Rp, définie sur un ouvert U, est dite de classe C1 sur U si :
f admet des dérivées partielles par rapport à toutes ses variables en tout point de U.
Chacune de ces fonctions dérivées partielles a↦∂xk∂f(a) est continue sur U.
L’ensemble des fonctions de classe C1 sur U à valeurs dans Rp est noté C1(U;Rp).
Explications Détaillées
Être de classe C1 est une condition de régularité plus forte que la simple existence des dérivées partielles ou même que la différentiabilité. Cela signifie non seulement que la fonction peut être approchée localement par une application affine (différentiabilité), mais aussi que cette approximation linéaire (la différentielle, ou matrice jacobienne) varie de manière continue lorsque l’on se déplace dans le domaine.
En pratique, pour vérifier qu’une fonction est de classe C1, on suit deux étapes :
On calcule formellement toutes ses dérivées partielles ∂xj∂fi.
On étudie la continuité de chacune des fonctions obtenues. Si elles sont toutes continues sur le domaine U, alors la fonction est de classe C1. Les fonctions usuelles (polynômes, sin, cos, exp, log) et leurs compositions donnent généralement des fonctions C1 sur leur domaine de définition.
La hiérarchie de la régularité est la suivante :
Classe C1⟹Diffeˊrentiable⟹{ContinueExistence des deˊriveˊes partielles
Attention, aucune des implications inverses n’est vraie !
Propriétés Clés
Théorème fondamental (Théorème 4.14): Si une fonction est de classe C1 sur un ouvert U, alors elle est différentiable en tout point de U.
C’est le résultat le plus important concernant les fonctions C1. Il fournit un critère pratique et puissant pour prouver qu’une fonction est différentiable, ce qui est souvent plus simple que de revenir à la définition de la différentiabilité.
Stabilité par opérations: L’ensemble C1(U;Rp) est un espace vectoriel. De plus, le produit et la composition de fonctions de classe C1 (quand c’est possible) sont aussi de classe C1.
Exemples
Exemple 1 : Fonction polynomiale
Soit f(x,y)=x3−3xy2+y sur R2.
Calcul des dérivées partielles:
∂x∂f(x,y)=3x2−3y2
∂y∂f(x,y)=−6xy+1
Continuité des dérivées partielles:
Les fonctions (x,y)↦3x2−3y2 et (x,y)↦−6xy+1 sont des fonctions polynomiales en x et y. Elles sont donc continues sur R2.
Conclusion : f est de classe C1 sur R2. Par le théorème fondamental, f est aussi différentiable sur R2.
Exemple 2 : Fonction avec un sinus
Soit f(x,y,z)=−2xcos(y) sur R3.
Calcul des dérivées partielles:
∂x∂f(x,y,z)=−2cos(y)
∂y∂f(x,y,z)=−2x(−sin(y))=2xsin(y)
∂z∂f(x,y,z)=0
Continuité des dérivées partielles:
(x,y,z)↦−2cos(y) est continue car c’est la composition d’une projection et de la fonction cosinus.
(x,y,z)↦2xsin(y) est continue comme produit de fonctions continues.
(x,y,z)↦0 est une fonction constante, donc continue.
Conclusion : f est de classe C1 sur R3.
Exemple 3 : Une fonction vectorielle
Soit g(x,y)=(ex+y,ln(1+x2)) sur R2.
Les composantes sont g1(x,y)=ex+y et g2(x,y)=ln(1+x2).
Pour g1: ∂x∂g1=ex+y et ∂y∂g1=ex+y. Ces fonctions sont continues sur R2.
Pour g2: ∂x∂g2=1+x22x et ∂y∂g2=0. Ces fonctions sont continues sur R2.
Toutes les dérivées partielles des composantes sont continues, donc g est de classe C1 sur R2.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Différentiable mais pas C1
Considérons la fonction f:R→R définie par f(x)=x2sin(1/x) si x=0 et f(0)=0.
Cette fonction est dérivable en 0, avec f′(0)=limh→0hh2sin(1/h)=limh→0hsin(1/h)=0.
Pour x=0, f′(x)=2xsin(1/x)−cos(1/x).
La fonction dérivée f′(x) n’a pas de limite en 0 (à cause du terme cos(1/x)). Elle n’est donc pas continue en 0.
La fonction f est dérivable (donc différentiable) partout, mais n’est pas de classe C1. Un exemple similaire peut être construit pour les fonctions de plusieurs variables.
Contre-exemple 2 : Dérivées partielles existantes mais non continues
Reprenons f(x,y)=x2+y2xy pour (x,y)=(0,0) et f(0,0)=0.
Nous avons vu que ∂x∂f(0,0)=0.
Pour (x,y)=(0,0), on calcule ∂x∂f(x,y)=(x2+y2)2y(x2+y2)−xy(2x)=(x2+y2)2y3−xy2.
Cette fonction n’est pas continue en (0,0). Par exemple, le long de l’axe y (en posant x=t,y=c), la limite quand t→0 dépend de c. La fonction n’est donc pas de classe C1.
Concepts Liés
Différentiabilité: Être C1 est la condition suffisante la plus couramment utilisée pour prouver la différentiabilité.
Dérivées d’ordre supérieur: La notion de classe C1 se généralise aux classes Ck (toutes les dérivées partielles jusqu’à l’ordre k existent et sont continues) et C∞ (infiniment différentiable).
Concept 5: Règles de Calcul Différentiel (Opérations)
Prérequis
Fonction Différentiable et de Classe C1.
Matrice Jacobienne.
Algèbre Linéaire: Produit matriciel.
Définition et Propriétés
Les opérations algébriques usuelles (somme, produit par un scalaire, produit de fonctions) et la composition se comportent bien avec la différentiation. Si les fonctions sont différentiables (ou de classe C1), le résultat de l’opération l’est aussi, et on dispose de formules pour calculer la nouvelle différentielle (ou matrice jacobienne).
1. Combinaison linéaire (Proposition 4.16)
Hypothèses: Soient f,g:U⊂Rn→Rp différentiables en a∈U et λ∈R.
Conclusion: La fonction h=f+λg est différentiable en a et sa différentielle est :
d(f+λg)a=dfa+λdga
En termes de Jacobiennes:
Jf+λg(a)=Jf(a)+λJg(a)
Régularité: Si f et g sont de classe C1, alors f+λg l’est aussi. L’ensemble C1(U,Rp) est un espace vectoriel.
2. Formule de Leibniz pour le produit (Proposition 4.17)
Hypothèses: Soient f:U⊂Rn→R (scalaire) et g:U⊂Rn→Rp (vectorielle) différentiables en a∈U.
Conclusion: La fonction produit h=fg est différentiable en a.
En termes de Jacobiennes:
Jfg(a)=g(a)Jf(a)+f(a)Jg(a)
Ici, g(a) est un vecteur colonne (p×1), Jf(a) est un vecteur ligne (1×n), leur produit est une matrice p×n. f(a) est un scalaire et Jg(a) est une matrice p×n.
Régularité: Si f et g sont de classe C1, alors fg l’est aussi.
3. Composition - Règle de la chaîne (Théorème 4.19)
Hypothèses: Soient U⊂Rn et V⊂Rm des ouverts. Soient f:U→V différentiable en a∈U, et g:V→Rp différentiable en b=f(a)∈V.
Conclusion: La fonction composée g∘f:U→Rp est différentiable en a.
Formule de la différentielle:
d(g∘f)a=dgf(a)∘dfa
C’est une composition d’applications linéaires.
Formule des Jacobiennes: La règle de la chaîne se traduit par un produit matriciel.
Jg∘f(a)=Jg(f(a))⋅Jf(a)
où le produit est une multiplication de matrices.
Taille des matrices : Jg∘f(a) est p×n. Jg(f(a)) est p×m. Jf(a) est m×n. Le produit (p×m)⋅(m×n) donne bien une matrice (p×n). L’ordre est crucial !
Régularité: Si f et g sont de classe C1, alors g∘f l’est aussi.
Exemples
Exemple 1 : Règle de la chaîne (simple)
Soit f:R→R2 avec f(t)=(t2,sin(t)) et g:R2→R avec g(x,y)=xy. Calculons la dérivée de h=g∘f en t=π.
f(π)=(π2,0).
Jacobienne de f: f′(t) est Jf(t)=(2tcos(t)). Donc Jf(π)=(2π−1).
Jacobienne de g: Jg(x,y)=(∂x∂g∂y∂g)=(yx). En f(π)=(π2,0), on a Jg(f(π))=(0π2).
∂x∂h2=2xsin(x)+x2cos(x), ∂y∂h2=0. La jacobienne correspond.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Non-différentiabilité
La formule de la chaîne ne s’applique que si les fonctions sont différentiables aux points concernés. Soit f:R→R définie par f(t)=∣t∣ et g:R→R par g(x)=x2.
f n’est pas différentiable en 0. g est différentiable partout.
g∘f(t)=(∣t∣)2=t2. Cette fonction est différentiable en 0.
f∘g(t)=∣t2∣=t2. Cette fonction est aussi différentiable en 0.
Ici, la composée est différentiable, mais on ne peut pas appliquer la formule.
Contre-exemple 2 : Erreur d’ordre dans la composition
Reprenons l’Exemple 1. Jg(f(π))=(0π2) et Jf(π)=(2π−1).
Le produit Jg(f(π))⋅Jf(π) est (1×2)⋅(2×1), ce qui donne une matrice 1×1 (un scalaire).
Si on inversait l’ordre, Jf(π)⋅Jg(f(π)), on aurait un produit (2×1)⋅(1×2), ce qui donnerait une matrice 2×2. De plus, le résultat serait incorrect :
(2π−1)(0π2)=(002π3−π2)=−π2
Concepts Liés
Toutes les notions de différentiabilité : Ces règles permettent de construire des fonctions différentiables ou C1 complexes à partir de briques de base simples.
Applications en physique et géométrie: La règle de la chaîne est fondamentale pour étudier des quantités le long de trajectoires (dérivée particulaire) ou lors de changements de coordonnées (e.g., polaires, sphériques).
Concept 6: Gradient d’une Fonction Numérique
Prérequis
Dérivée Partielle.
Algèbre Linéaire: Vecteurs, produit scalaire euclidien.
Matrice Jacobienne.
Définition
Soit U un ouvert de Rn et f:U→R une fonction à valeurs réelles (un champ scalaire) qui admet des dérivées partielles en un point a∈U.
Le gradient de f au point a est le vecteur de Rn, noté ∇f(a) (lire “nabla f de a”), défini par :