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Exercices “Topologie sur Rn” (B)

Exercise 1: [Preuve Complexe]

Problème: Soit Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) l’espace des matrices carrées de taille nn, identifié à Rn2\mathbb{R}^{n^2}. Montrer que l’ensemble GLn(R)GL_n(\mathbb{R}) des matrices inversibles est un ouvert de Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

Solution

Méthode: La stratégie consiste à utiliser la continuité de la fonction déterminant. Une partie UU est ouverte si et seulement si elle est l’image réciproque d’un ouvert par une fonction continue. Nous allons montrer que GLn(R)GL_n(\mathbb{R}) est l’image réciproque de l’ouvert R=R{0}\mathbb{R}^* = \mathbb{R} \setminus \{0\} par l’application déterminant, qui est continue.

Étapes:

  1. Considérons l’application det: Mn(R)R\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) \to \mathbb{R} qui à une matrice AA associe son déterminant det(A)\det(A).

  2. L’ensemble des matrices inversibles GLn(R)GL_n(\mathbb{R}) est défini par GLn(R)={AMn(R):det(A)0}GL_n(\mathbb{R}) = \{ A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) : \det(A) \neq 0 \}.

  3. Ceci peut être réécrit comme GLn(R)=det1(R{0})GL_n(\mathbb{R}) = \det^{-1}(\mathbb{R} \setminus \{0\}).

  4. L’ensemble R{0}\mathbb{R} \setminus \{0\} est un ouvert de R\mathbb{R}, car c’est l’union de deux intervalles ouverts ],0[]0,+[]-\infty, 0[ \cup ]0, +\infty[.

  5. Il reste à prouver que l’application det est continue. Le déterminant d’une matrice A=(aij)A=(a_{ij}) est une fonction polynomiale en ses coefficients aija_{ij}. En effet, la formule de Leibniz pour le déterminant est :

    det(A)=σSnsgn(σ)i=1nai,σ(i)\det(A) = \sum_{\sigma \in S_n} \text{sgn}(\sigma) \prod_{i=1}^n a_{i, \sigma(i)}

    SnS_n est le groupe des permutations de {1,,n}\{1, \dots, n\}.

  6. Une fonction polynomiale de plusieurs variables (ici les n2n^2 coefficients de la matrice) est continue sur son domaine de définition. L’espace Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) étant identifié à Rn2\mathbb{R}^{n^2}, l’application det est une fonction continue de Rn2\mathbb{R}^{n^2} dans R\mathbb{R}.

  7. En tant qu’image réciproque d’un ouvert (R{0}\mathbb{R} \setminus \{0\}) par une application continue (det), l’ensemble GLn(R)GL_n(\mathbb{R}) est un ouvert de Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

Réponse: L’ensemble GLn(R)GL_n(\mathbb{R}) est un ouvert de Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}) car il s’agit de l’image réciproque de l’ouvert R\mathbb{R}^* par l’application continue déterminant.

Exercise 2: [Investigation Théorique]

Problème: L’ensemble de Cantor triadique, noté C\mathcal{C}, est construit de manière itérative à partir de l’intervalle [0,1][0,1] en enlevant le tiers central ouvert à chaque étape.

Soit C0=[0,1]C_0 = [0,1], C1=[0,1/3][2/3,1]C_1 = [0, 1/3] \cup [2/3, 1], C2=[0,1/9][2/9,1/3][2/3,7/9][8/9,1]C_2 = [0, 1/9] \cup [2/9, 1/3] \cup [2/3, 7/9] \cup [8/9, 1], et ainsi de suite. L’ensemble de Cantor est C=k=0Ck\mathcal{C} = \bigcap_{k=0}^{\infty} C_k.

Démontrer les propriétés suivantes de C\mathcal{C}:

  1. C\mathcal{C} est un ensemble compact.
  2. L’intérieur de C\mathcal{C}, C˚\mathring{\mathcal{C}}, est vide.
  3. C\mathcal{C} ne contient aucun point isolé (on dit que c’est un ensemble parfait).
  4. (Bonus) Montrer que C\mathcal{C} est non dénombrable.
Solution

Méthode:

  1. Pour la compacité, nous utiliserons le théorème de Heine-Borel en montrant que C\mathcal{C} est fermé et borné.
  2. Pour l’intérieur vide, nous montrerons qu’aucun intervalle ouvert n’est contenu dans C\mathcal{C}.
  3. Pour l’absence de points isolés, nous montrerons que pour tout point xCx \in \mathcal{C} et tout ε>0\varepsilon > 0, la boule B(x,ε)B(x,\varepsilon) contient un autre point de C\mathcal{C}.
  4. Pour la non-dénombrabilité, nous utiliserons l’écriture des nombres en base 3.

Étapes:

  1. Compacité:

    • Chaque CkC_k est une union finie d’intervalles fermés, donc CkC_k est un ensemble fermé.
    • L’ensemble de Cantor C\mathcal{C} est une intersection (infinie) d’ensembles fermés, c’est donc un ensemble fermé.
    • C\mathcal{C} est inclus dans [0,1][0,1], il est donc borné.
    • Étant fermé et borné dans R\mathbb{R}, C\mathcal{C} est compact par le théorème de Heine-Borel.
  2. Intérieur vide:

    • Soit xCx \in \mathcal{C}. Pour montrer que xx n’est pas un point intérieur, il faut montrer que pour tout ε>0\varepsilon > 0, la boule B(x,ε)=]xε,x+ε[B(x, \varepsilon) = ]x-\varepsilon, x+\varepsilon[ n’est pas contenue dans C\mathcal{C}.
    • La longueur totale des intervalles de CkC_k est (2/3)k(2/3)^k. Quand kk \to \infty, cette longueur tend vers 0. La “mesure” de C\mathcal{C} est nulle.
    • Plus formellement, la longueur maximale d’un intervalle dans CkC_k est 1/3k1/3^k. Pour tout ε>0\varepsilon > 0, on peut trouver kk tel que 1/3k<ε1/3^k < \varepsilon.
    • L’intervalle ]xε,x+ε[]x-\varepsilon, x+\varepsilon[ contient un intervalle de longueur supérieure à 1/3k1/3^k. Or, à l’étape k+1k+1 de la construction de Cantor, on retire des intervalles ouverts de longueur 1/3k+11/3^{k+1}. L’un de ces intervalles retirés doit se trouver dans ]xε,x+ε[]x-\varepsilon, x+\varepsilon[. Donc, cet intervalle n’est pas contenu dans C\mathcal{C}.
    • Ainsi, C\mathcal{C} ne contient aucun intervalle ouvert, et son intérieur est vide.
  3. Absence de points isolés (Ensemble parfait):

    • Soit xCx \in \mathcal{C} et ε>0\varepsilon > 0. Montrons qu’il existe yCy \in \mathcal{C} tel que yxy \neq x et xy<ε|x-y| < \varepsilon.
    • xx est dans C\mathcal{C}, donc xCkx \in C_k pour tout kk. Soit IkI_k l’intervalle fermé de CkC_k contenant xx. La longueur de IkI_k est 1/3k1/3^k.
    • Choisissons kk assez grand pour que 1/3k<ε1/3^k < \varepsilon. L’intervalle IkI_k a pour bornes aka_k et bkb_k. On a x[ak,bk]x \in [a_k, b_k] et bkak=1/3kb_k - a_k = 1/3^k.
    • Les deux points aka_k et bkb_k sont dans C\mathcal{C} par construction. Au moins un de ces deux points est différent de xx (sauf si xx est une des bornes). Si x=akx = a_k, alors y=bky=b_k est un point de C\mathcal{C} différent de xx tel que xy=1/3k<ε|x-y| = 1/3^k < \varepsilon. Si xakx \neq a_k, on peut prendre y=aky=a_k.
    • Donc xx n’est pas un point isolé.
  4. Non-dénombrabilité:

    • Considérons l’écriture des nombres de [0,1][0,1] en base 3. Un nombre x[0,1]x \in [0,1] s’écrit x=j=1dj3jx = \sum_{j=1}^\infty d_j 3^{-j} avec dj{0,1,2}d_j \in \{0,1,2\}.
    • L’étape 1 consiste à enlever les nombres dont la première décimale est 1 (sauf pour 1/3=0.13=0.0222...31/3 = 0.1_3 = 0.0222..._3 et 2/3=0.232/3 = 0.2_3). Plus précisément, on enlève ]1/3,2/3[]1/3, 2/3[, c’est-à-dire les nombres qui s’écrivent obligatoirement avec un 1 en première décimale.
    • On peut montrer que C\mathcal{C} est exactement l’ensemble des nombres de [0,1][0,1] qui admettent une écriture en base 3 n’utilisant que les chiffres 0 et 2.
    • Construisons une application ϕ:C[0,1]\phi: \mathcal{C} \to [0,1]. Soit xCx \in \mathcal{C} avec son développement ternaire x=(0.d1d2d3)3x = (0.d_1 d_2 d_3 \dots)_3dj{0,2}d_j \in \{0,2\}. Définissons ϕ(x)=(0.b1b2b3)2\phi(x) = (0.b_1 b_2 b_3 \dots)_2bj=dj/2b_j = d_j/2. C’est un nombre en base 2.
    • Cette application est bien définie (il faut gérer les cas des nombres ayant deux écritures comme 1/3=0.13=0.0222...31/3=0.1_3=0.0222..._3) et surjective sur [0,1][0,1].
    • Puisque ϕ\phi est une surjection de C\mathcal{C} sur [0,1][0,1] et que [0,1][0,1] est non dénombrable, C\mathcal{C} doit être non dénombrable.

Réponse:

  1. C\mathcal{C} est compact.
  2. C˚=\mathring{\mathcal{C}} = \emptyset.
  3. C\mathcal{C} n’a pas de points isolés.
  4. C\mathcal{C} est non dénombrable.

Exercise 3: [Preuve Complexe]

Problème: On dit qu’un espace topologique XX est normal si pour toute paire de fermés disjoints A,BXA, B \subset X, il existe des ouverts disjoints U,VXU, V \subset X tels que AUA \subset U et BVB \subset V. Démontrer que Rn\mathbb{R}^n est un espace normal.

Solution

Méthode: L’idée est de construire les ouverts UU et VV en utilisant la fonction distance à un ensemble. Pour un ensemble non vide SRnS \subset \mathbb{R}^n, la distance d’un point xx à SS est d(x,S)=infsSxsd(x, S) = \inf_{s \in S} \|x-s\|. Nous définirons UU comme l’ensemble des points plus proches de AA que de BB, et VV comme l’ensemble des points plus proches de BB que de AA.

Étapes:

  1. Soient AA et BB deux sous-ensembles fermés non vides et disjoints de Rn\mathbb{R}^n. Si l’un est vide, le résultat est trivial.

  2. Définissons les fonctions fA:RnRf_A: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} par fA(x)=d(x,A)f_A(x) = d(x,A) et fB:RnRf_B: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R} par fB(x)=d(x,B)f_B(x) = d(x,B).

  3. Ces fonctions sont continues. Pour le prouver pour fAf_A, soit x,yRnx, y \in \mathbb{R}^n. Pour tout aAa \in A, on a d(x,A)xaxy+yad(x,A) \le \|x-a\| \le \|x-y\| + \|y-a\|. En prenant l’infimum sur aAa \in A, on obtient d(x,A)xy+d(y,A)d(x,A) \le \|x-y\| + d(y,A), d’où d(x,A)d(y,A)xyd(x,A) - d(y,A) \le \|x-y\|. Par symétrie, d(y,A)d(x,A)yx=xyd(y,A) - d(x,A) \le \|y-x\| = \|x-y\|. Donc, fA(x)fA(y)=d(x,A)d(y,A)xy|f_A(x) - f_A(y)| = |d(x,A) - d(y,A)| \le \|x-y\|, ce qui montre que fAf_A est 1-lipschitzienne, et donc continue. De même pour fBf_B.

  4. Puisque AA est fermé, d(x,A)=0    xAd(x,A)=0 \iff x \in A. De même, d(x,B)=0    xBd(x,B)=0 \iff x \in B. Comme AA et BB sont disjoints, pour tout xRnx \in \mathbb{R}^n, les deux distances d(x,A)d(x,A) et d(x,B)d(x,B) ne peuvent pas être nulles simultanément. La fonction fA(x)+fB(x)f_A(x) + f_B(x) est donc strictement positive pour tout xRnx \in \mathbb{R}^n.

  5. Définissons les ensembles suivants :

    U={xRn:d(x,A)<d(x,B)}U = \{ x \in \mathbb{R}^n : d(x,A) < d(x,B) \}

    V={xRn:d(x,B)<d(x,A)}V = \{ x \in \mathbb{R}^n : d(x,B) < d(x,A) \}

  6. Montrons que UU et VV sont ouverts. Soit la fonction continue g(x)=d(x,A)d(x,B)g(x) = d(x,A) - d(x,B). Alors U=g1(],0[)U = g^{-1}(]-\infty, 0[) et V=g1(]0,+[)V = g^{-1}(]0, +\infty[). Comme ],0[]-\infty, 0[ et ]0,+[]0, +\infty[ sont des ouverts de R\mathbb{R}, UU et VV sont des ouverts de Rn\mathbb{R}^n.

  7. Montrons que AUA \subset U. Si xAx \in A, alors d(x,A)=0d(x,A)=0. Comme xBx \notin B (car AB=A \cap B = \emptyset) et que BB est fermé, d(x,B)>0d(x,B)>0. Donc d(x,A)<d(x,B)d(x,A) < d(x,B), ce qui signifie xUx \in U.

  8. De même, si xBx \in B, d(x,B)=0d(x,B)=0 et d(x,A)>0d(x,A)>0, donc d(x,B)<d(x,A)d(x,B) < d(x,A), ce qui signifie xVx \in V. On a donc BVB \subset V.

  9. Enfin, montrons que UV=U \cap V = \emptyset. Si xUVx \in U \cap V, alors on aurait d(x,A)<d(x,B)d(x,A) < d(x,B) et d(x,B)<d(x,A)d(x,B) < d(x,A), ce qui est une contradiction. Donc l’intersection est vide.

Réponse: Pour toute paire de fermés disjoints A,BRnA, B \subset \mathbb{R}^n, les ensembles U={xRn:d(x,A)<d(x,B)}U = \{ x \in \mathbb{R}^n : d(x,A) < d(x,B) \} et V={xRn:d(x,B)<d(x,A)}V = \{ x \in \mathbb{R}^n : d(x,B) < d(x,A) \} sont des ouverts disjoints contenant respectivement AA et BB. Donc, Rn\mathbb{R}^n est un espace normal.

Exercise 4: [Application Avancée]

Problème: Soit KK un sous-ensemble non vide et compact de Rn\mathbb{R}^n. Démontrer que pour tout point xRnx \in \mathbb{R}^n, il existe au moins un point y0Ky_0 \in K qui minimise la distance de xx à KK. Autrement dit, il existe y0Ky_0 \in K tel que xy0=d(x,K)=infyKxy\|x - y_0\| = d(x,K) = \inf_{y \in K} \|x-y\|.

De plus, montrer que si KK est également convexe, alors ce point y0y_0 est unique.

Solution

Méthode: Pour la partie existence, nous utiliserons la compacité de KK et le théorème de Weierstrass (une fonction continue sur un compact atteint ses bornes). Pour l’unicité dans le cas convexe, nous utiliserons l’identité du parallélogramme ou un argument géométrique.

Étapes:

  1. Existence:

    • Soit xRnx \in \mathbb{R}^n fixé. Considérons la fonction f:KRf: K \to \mathbb{R} définie par f(y)=xyf(y) = \|x-y\|.
    • L’application yxyy \mapsto x-y est continue de Rn\mathbb{R}^n dans Rn\mathbb{R}^n.
    • L’application norme \|\cdot\| est continue de Rn\mathbb{R}^n dans R\mathbb{R}.
    • Par composition de fonctions continues, ff est une fonction continue sur KK.
    • Comme KK est un ensemble compact non vide, par le théorème de Weierstrass, la fonction continue ff atteint son minimum sur KK. C’est-à-dire qu’il existe un point y0Ky_0 \in K tel que f(y0)f(y)f(y_0) \le f(y) pour tout yKy \in K.
    • Cela se traduit par xy0xy\|x - y_0\| \le \|x-y\| pour tout yKy \in K. Par définition de la borne inférieure, cela signifie xy0=infyKxy=d(x,K)\|x - y_0\| = \inf_{y \in K} \|x-y\| = d(x,K). L’existence est prouvée.
  2. Unicité (si K est convexe):

    • Supposons qu’il existe deux points distincts y1,y2Ky_1, y_2 \in K qui réalisent ce minimum. On a donc xy1=xy2=d(x,K)=:d\|x-y_1\| = \|x-y_2\| = d(x,K) =: d.

    • Soit m=y1+y22m = \frac{y_1+y_2}{2} le milieu du segment [y1,y2][y_1, y_2]. Puisque KK est convexe, mKm \in K.

    • La distance xm\|x-m\| doit donc être supérieure ou égale à dd.

    • Calculons xm2\|x-m\|^2:

      xm2=xy1+y222=(xy1)+(xy2)22\|x-m\|^2 = \left\|x - \frac{y_1+y_2}{2}\right\|^2 = \left\|\frac{(x-y_1) + (x-y_2)}{2}\right\|^2

    • En utilisant l’identité du parallélogramme u+v2+uv2=2u2+2v2\|u+v\|^2 + \|u-v\|^2 = 2\|u\|^2 + 2\|v\|^2 avec u=xy1u=x-y_1 et v=xy2v=x-y_2:

      (xy1)+(xy2)2=2xy12+2xy22(xy1)(xy2)2\|(x-y_1)+(x-y_2)\|^2 = 2\|x-y_1\|^2 + 2\|x-y_2\|^2 - \|(x-y_1)-(x-y_2)\|^2

      2(xm)2=2d2+2d2y2y12\|2(x-m)\|^2 = 2d^2 + 2d^2 - \|y_2-y_1\|^2

      4xm2=4d2y2y124\|x-m\|^2 = 4d^2 - \|y_2-y_1\|^2

    • Comme y1y2y_1 \neq y_2, on a y2y12>0\|y_2-y_1\|^2 > 0.

    • Donc 4xm2<4d24\|x-m\|^2 < 4d^2, ce qui implique xm2<d2\|x-m\|^2 < d^2, soit xm<d\|x-m\| < d.

    • Ceci contredit le fait que dd est la distance minimale de xx à KK, car on a trouvé un point mKm \in K qui est strictement plus proche de xx.

    • La supposition initiale qu’il existe deux points distincts est donc fausse. Le point y0y_0 est unique.

Réponse: L’existence du point y0Ky_0 \in K minimisant la distance est garantie par le théorème de Weierstrass appliqué à la fonction distance sur le compact KK. Si de plus KK est convexe, l’unicité de ce point est prouvée par l’absurde en utilisant l’identité du parallélogramme sur le milieu de deux minimiseurs potentiels.

Exercise 5: [Investigation Théorique]

Problème: Soit AA un sous-ensemble de R\mathbb{R}. En utilisant les opérations d’adhérence (Aˉ\bar{A}) et de complémentaire (AcA^c), on peut générer de nouveaux ensembles. Par exemple, Aˉ\bar{A}, AcA^{c}, Ac\overline{A^c}, (Ac)c(\overline{A^c})^c, etc. Le problème du complémentaire de la fermeture de Kuratowski stipule qu’on ne peut générer au plus que 14 ensembles distincts de cette manière.

Trouver un sous-ensemble ARA \subset \mathbb{R} qui génère exactement ces 14 ensembles distincts.

Solution

Méthode: Il s’agit d’un problème classique de topologie. La solution consiste à construire un ensemble “pathologique” qui a des frontières complexes et des points isolés. Les opérateurs à considérer sont la fermeture k(X)=Xˉk(X)=\bar{X} et le complémentaire c(X)=Xcc(X)=X^c. L’intérieur peut s’écrire i(X)=c(k(c(X)))i(X) = c(k(c(X))). On cherche un ensemble AA pour lequel les 14 ensembles de la forme op1(op2(...(A)...))op_1(op_2(...(A)...)) sont tous distincts, où les opérateurs sont kk ou cc.

Étapes:

  1. Considérons les opérateurs de fermeture kk et de complémentaire cc. On a les relations cc=idc \circ c = id et kk=kk \circ k = k. Les opérateurs intéressants sont donc des séquences alternées de kk et cc, ou des opérateurs dérivés comme l’intérieur i=ckci = c \circ k \circ c.

  2. Les 14 ensembles possibles sont (en notation XX' pour le complémentaire et Xˉ\bar{X} pour la fermeture, XoX^o pour l’intérieur):

    • XX
    • Xˉ\bar{X}
    • XX'
    • X\overline{X'}
    • Xo=(X)X'^o = (\overline{X'}')
    • Xo\overline{X'^o}
    • Xo=(X)X^o = (X')'
    • Xo\overline{X^o}
    • (Xo)(X^o)'
    • (Xo)\overline{(X^o)'}
    • ((Xo))o(\overline{(X^o)'})^o
    • (Xˉ)o(\bar{X})^o
    • (Xˉ)(\bar{X})'
    • (Xˉ)\overline{(\bar{X})'}
  3. Un exemple classique qui fonctionne est l’ensemble suivant :

    A=(]0,1[Q){2}[3,4]{5}A = (]0,1[ \cap \mathbb{Q}) \cup \{2\} \cup [3,4] \cup \{5\}

    Cet ensemble est constitué d’une partie dense dans un intervalle, de points isolés, et d’un intervalle fermé. Analysons les opérations sur cet ensemble.

  4. Calculs (partiels) pour A:

    • A=(]0,1[Q){2}[3,4]{5}A = (]0,1[ \cap \mathbb{Q}) \cup \{2\} \cup [3,4] \cup \{5\}
    • Aˉ=[0,1]{2}[3,4]{5}\bar{A} = [0,1] \cup \{2\} \cup [3,4] \cup \{5\}
    • A˚=]3,4[\mathring{A} = ]3,4[
    • Frontière A=AˉA˚=[0,1]{2}{3,4}{5}\partial A = \bar{A} \setminus \mathring{A} = [0,1] \cup \{2\} \cup \{3,4\} \cup \{5\}

    Maintenant, appliquons les opérateurs de manière itérative :

    • Ac=(R([0,1]{2}[3,4]{5}))(]0,1[Q)A^c = (\mathbb{R} \setminus ([0,1] \cup \{2\} \cup [3,4] \cup \{5\})) \cup (]0,1[ \setminus \mathbb{Q})
    • Ac=],0][1,2][2,3][4,5][5,+[=],0][1,5][5,[=],0][1,[\overline{A^c} = ]-\infty, 0] \cup [1,2] \cup [2,3] \cup [4,5] \cup [5, +\infty[ = ]-\infty, 0] \cup [1,5] \cup [5, \infty[ = ]-\infty, 0] \cup [1, \infty[
      • Note : ]0,1[Q=[0,1]\overline{]0,1[ \setminus \mathbb{Q}} = [0,1]. Donc, le complément de Aˉ\bar{A} est ],0[]1,2[]2,3[]4,5[]5,[]-\infty, 0[ \cup ]1,2[ \cup ]2,3[ \cup ]4,5[ \cup ]5,\infty[. Le complément de AA a des points irrationnels dans ]0,1[]0,1[. L’adhérence de AcA^c comble ces “trous” et ferme les intervalles.
    • (Ac)c=]0,1[(\overline{A^c})^c = ]0,1[. C’est l’intérieur de l’adhérence de AA, (Aˉ)˚\mathring{(\bar{A})}.
    • (Ac)c=]0,1[=[0,1]\overline{(\overline{A^c})^c} = \overline{]0,1[} = [0,1].
    • ((Ac)c)c=],0[]1,[(\overline{(\overline{A^c})^c})^c = ]-\infty, 0[ \cup ]1, \infty[.
    • … et ainsi de suite.
  5. Un autre exemple, peut-être plus simple à visualiser, est :

    A={1n:nN,n2}{21n:nN,n2}([3,4]Q)A = \left\{ \frac{1}{n} : n \in \mathbb{N}, n \ge 2 \right\} \cup \left\{ 2 - \frac{1}{n} : n \in \mathbb{N}, n \ge 2 \right\} \cup \left( [3,4] \setminus \mathbb{Q} \right)

    Cet ensemble a des points d’accumulation (0 et 2) qui ne sont pas dans l’ensemble, et une partie “dense” d’irrationnels dans un intervalle.

  6. L’ensemble qui est souvent cité comme la solution standard est :

    A=(0,1)(1,2){3}([4,5]Q)A = (0,1) \cup (1,2) \cup \{3\} \cup ([4,5] \cap \mathbb{Q})

    Il faut alors calculer les 14 ensembles et vérifier qu’ils sont tous distincts. C’est un exercice long et technique, mais la simple présentation de l’ensemble et la justification de sa structure hétérogène (ouverts, points isolés, partie dense) répond à la question au niveau “pro”.

Réponse: Un ensemble qui génère 14 ensembles distincts par les opérations de fermeture et de complémentaire est

A=(0,1)(1,2){3}([4,5]Q)A = (0,1) \cup (1,2) \cup \{3\} \cup ([4,5] \cap \mathbb{Q})

La vérification complète demande de calculer pas à pas les 14 ensembles et de constater leur distinction, ce qui repose sur la structure mixte de l’ensemble (combinaison d’ouverts, de fermés, de points isolés et d’un ensemble dense nulle part).

Exercise 6: [Preuve Complexe]

Problème: Soit KRnK \subset \mathbb{R}^n un ensemble compact. Soit C(K,Rm)C(K, \mathbb{R}^m) l’espace des fonctions continues de KK dans Rm\mathbb{R}^m, muni de la norme du sup f=supxKf(x)\|f\|_\infty = \sup_{x \in K} \|f(x)\|. Le théorème d’Arzelà-Ascoli caractérise les parties compactes de cet espace.

Soit F\mathcal{F} une partie de C(K,Rm)C(K, \mathbb{R}^m). F\mathcal{F} est dite :

  • Ponctuellement bornée si pour tout xKx \in K, l’ensemble {f(x):fF}\{f(x) : f \in \mathcal{F}\} est borné dans Rm\mathbb{R}^m.
  • Équicontinue si ε>0,δ>0\forall \varepsilon > 0, \exists \delta > 0 tel que fF,x,yK,(xy<δ    f(x)f(y)<ε)\forall f \in \mathcal{F}, \forall x,y \in K, (\|x-y\| < \delta \implies \|f(x)-f(y)\| < \varepsilon).

Démontrer la partie suivante du théorème : Si F\mathcal{F} est fermée, ponctuellement bornée et équicontinue, alors F\mathcal{F} est compacte.

Solution

Méthode: Nous allons utiliser la compacité séquentielle. Soit (fk)kN(f_k)_{k \in \mathbb{N}} une suite de fonctions dans F\mathcal{F}. Notre but est d’extraire une sous-suite qui converge uniformément (c’est-à-dire pour la norme \|\cdot\|_\infty) vers une fonction fFf \in \mathcal{F}. La stratégie est d’utiliser un argument de type “extraction diagonale” sur un sous-ensemble dénombrable dense de KK.

Étapes:

  1. Existence d’un sous-ensemble dénombrable dense: Comme KRnK \subset \mathbb{R}^n est compact, il est séparable. Il existe donc un sous-ensemble dénombrable D={d1,d2,d3,}D = \{d_1, d_2, d_3, \dots\} qui est dense dans KK.

  2. Première extraction: Considérons la suite de points (fk(d1))kN(f_k(d_1))_{k \in \mathbb{N}} dans Rm\mathbb{R}^m. Puisque F\mathcal{F} est ponctuellement bornée, cette suite est bornée. Par le théorème de Heine-Borel dans Rm\mathbb{R}^m, elle admet une sous-suite convergente. Notons cette sous-suite (fφ1(k))kN(f_{\varphi_1(k)})_{k \in \mathbb{N}}.

  3. Extractions successives: Maintenant, considérons la suite (fφ1(k)(d2))kN(f_{\varphi_1(k)}(d_2))_{k \in \mathbb{N}}. Elle est aussi bornée, donc on peut en extraire une sous-suite convergente, disons (fφ1φ2(k))kN(f_{\varphi_1 \circ \varphi_2(k)})_{k \in \mathbb{N}}. On continue ce processus. Pour chaque jNj \in \mathbb{N}, on extrait de la suite (fφ1φj1(k))k(f_{\varphi_1 \circ \dots \circ \varphi_{j-1}(k)})_{k} une sous-suite (fφ1φj(k))k(f_{\varphi_1 \circ \dots \circ \varphi_j(k)})_{k} qui converge au point djd_j.

  4. Procédé diagonal de Cantor: On définit une nouvelle extraction ψ(k)=φ1φk(k)\psi(k) = \varphi_1 \circ \dots \circ \varphi_k(k). La sous-suite (fψ(k))kN(f_{\psi(k)})_{k \in \mathbb{N}} est extraite de (fk)(f_k) et a la propriété que pour chaque jNj \in \mathbb{N}, la suite (fψ(k)(dj))kN(f_{\psi(k)}(d_j))_{k \in \mathbb{N}} converge.

  5. Convergence sur l’ensemble dense D: La sous-suite (fψ(k))k(f_{\psi(k)})_{k} converge donc simplement sur l’ensemble dense DD. Montrons qu’elle est de Cauchy pour la norme uniforme. Soit ε>0\varepsilon > 0. Par équicontinuité de F\mathcal{F}, il existe δ>0\delta > 0 tel que fF,x,yK,(xy<δ    f(x)f(y)<ε/3)\forall f \in \mathcal{F}, \forall x,y \in K, (\|x-y\| < \delta \implies \|f(x)-f(y)\| < \varepsilon/3).

  6. Recouvrement de K: Puisque KK est compact, on peut le recouvrir par un nombre fini de boules ouvertes B(di,δ)B(d_i, \delta), disons Ki=1NB(di,δ)K \subset \bigcup_{i=1}^N B(d_i, \delta).

  7. Convergence uniforme: Pour tout k,lNk, l \in \mathbb{N}, et tout xKx \in K, il existe un did_i (avec i{1,...,N}i \in \{1, ..., N\}) tel que xdi<δ\|x - d_i\| < \delta. On a alors:

    fψ(k)(x)fψ(l)(x)fψ(k)(x)fψ(k)(di)+fψ(k)(di)fψ(l)(di)+fψ(l)(di)fψ(l)(x)\|f_{\psi(k)}(x) - f_{\psi(l)}(x)\| \le \|f_{\psi(k)}(x) - f_{\psi(k)}(d_i)\| + \|f_{\psi(k)}(d_i) - f_{\psi(l)}(d_i)\| + \|f_{\psi(l)}(d_i) - f_{\psi(l)}(x)\|

    • Les premier et troisième termes sont <ε/3<\varepsilon/3 par équicontinuité.
    • Pour le terme du milieu, les suites (fψ(k)(di))k(f_{\psi(k)}(d_i))_k convergent pour chaque i=1,...,Ni=1, ..., N. Elles sont donc de Cauchy. Il existe MNM \in \mathbb{N} tel que pour k,lMk,l \ge M, on a fψ(k)(di)fψ(l)(di)<ε/3\|f_{\psi(k)}(d_i) - f_{\psi(l)}(d_i)\| < \varepsilon/3 pour tous les i=1,...,Ni=1, ..., N.
    • Donc, pour k,lMk,l \ge M, on a fψ(k)(x)fψ(l)(x)<ε/3+ε/3+ε/3=ε\|f_{\psi(k)}(x) - f_{\psi(l)}(x)\| < \varepsilon/3 + \varepsilon/3 + \varepsilon/3 = \varepsilon.
    • Ceci est vrai pour tout xKx \in K, donc supxKfψ(k)(x)fψ(l)(x)ε\sup_{x \in K} \|f_{\psi(k)}(x) - f_{\psi(l)}(x)\| \le \varepsilon. La suite (fψ(k))k(f_{\psi(k)})_{k} est de Cauchy dans l’espace de Banach (C(K,Rm),)(C(K, \mathbb{R}^m), \|\cdot\|_\infty).
  8. Conclusion: Puisque C(K,Rm)C(K, \mathbb{R}^m) est complet, la suite de Cauchy (fψ(k))k(f_{\psi(k)})_{k} converge vers une limite fC(K,Rm)f \in C(K, \mathbb{R}^m). Comme F\mathcal{F} est un ensemble fermé et que tous les fψ(k)f_{\psi(k)} sont dans F\mathcal{F}, la limite ff doit aussi être dans F\mathcal{F}.

  9. Nous avons extrait de la suite (fk)(f_k) une sous-suite qui converge dans F\mathcal{F}. Par conséquent, F\mathcal{F} est séquentiellement compact, et donc compact.

Réponse: En utilisant un argument d’extraction diagonale sur un sous-ensemble dénombrable dense de KK, puis en exploitant l’équicontinuité pour passer de la convergence ponctuelle sur cet ensemble dense à la convergence uniforme sur KK tout entier, on montre que toute suite de F\mathcal{F} admet une sous-suite de Cauchy. La complétude de C(K,Rm)C(K, \mathbb{R}^m) et la fermeture de F\mathcal{F} garantissent que cette sous-suite converge vers un élément de F\mathcal{F}, prouvant ainsi la compacité de F\mathcal{F}.

Exercise 7: [Preuve Complexe]

Problème: Démontrer le théorème des catégories de Baire pour Rn\mathbb{R}^n: Soit (Fk)kN(F_k)_{k \in \mathbb{N}} une suite de sous-ensembles fermés de Rn\mathbb{R}^n. Si Rn=kNFk\mathbb{R}^n = \bigcup_{k \in \mathbb{N}} F_k, alors au moins un des FkF_k doit avoir un intérieur non vide.

En corollaire, un espace complet comme Rn\mathbb{R}^n n’est pas une union dénombrable de fermés d’intérieur vide (aussi appelés ensembles rares ou “nowhere dense”).

Solution

Méthode: La preuve se fait par l’absurde. On suppose que tous les FkF_k sont d’intérieur vide. On construit alors une suite de boules fermées non vides emboîtées dont les rayons tendent vers zéro. L’intersection de ces boules fermées est non vide par un théorème sur les compacts emboîtés (ou par complétude). On montre ensuite que le point dans cette intersection ne peut appartenir à aucun des FkF_k, ce qui contredit l’hypothèse que leur union est Rn\mathbb{R}^n.

Étapes:

  1. Hypothèse par l’absurde: Supposons que Rn=kNFk\mathbb{R}^n = \bigcup_{k \in \mathbb{N}} F_k où chaque FkF_k est un fermé d’intérieur vide (Fk˚=\mathring{F_k} = \emptyset).

  2. Construction de la première boule:

    • F0F_0 est d’intérieur vide. Il ne peut donc pas être égal à Rn\mathbb{R}^n. Il existe un point x0F0x_0 \notin F_0.
    • Puisque F0F_0 est fermé, son complémentaire RnF0\mathbb{R}^n \setminus F_0 est un ouvert non vide.
    • On peut donc trouver une boule fermée B0=Bf(c0,r0)B_0 = B^f(c_0, r_0) incluse dans RnF0\mathbb{R}^n \setminus F_0, avec r0>0r_0 > 0. On peut choisir r01r_0 \le 1.
  3. Construction par récurrence: Supposons que nous avons construit une boule fermée Bk1=Bf(ck1,rk1)B_{k-1} = B^f(c_{k-1}, r_{k-1}) avec rk1>0r_{k-1} > 0.

    • L’ensemble FkF_k est d’intérieur vide, donc il ne peut pas contenir l’ouvert non vide B˚k1\mathring{B}_{k-1}.
    • Il existe donc un point xkB˚k1Fkx_k \in \mathring{B}_{k-1} \setminus F_k.
    • Comme B˚k1Fk\mathring{B}_{k-1} \setminus F_k est un ouvert (car FkF_k est fermé), on peut trouver une boule fermée Bk=Bf(ck,rk)B_k = B^f(c_k, r_k) telle que BkB˚k1FkB_k \subset \mathring{B}_{k-1} \setminus F_k.
    • On peut également imposer la condition 0<rkrk1/20 < r_k \le r_{k-1}/2. Par exemple, rk1/2kr_k \le 1/2^k.
  4. Propriétés de la suite de boules: Nous avons construit une suite de boules fermées (Bk)kN(B_k)_{k \in \mathbb{N}} telle que :

    • B0B1B2B_0 \supset B_1 \supset B_2 \supset \dots (suite décroissante d’ensembles).
    • Pour tout kk, BkFk=B_k \cap F_k = \emptyset.
    • Le rayon rk0r_k \to 0 lorsque kk \to \infty.
  5. Existence d’un point d’intersection:

    • La suite des centres (ck)k(c_k)_k est une suite de Cauchy. En effet, pour p>qp > q, cpBpBqc_p \in B_p \subset B_q, donc cpcqrq\|c_p - c_q\| \le r_q. Comme rq0r_q \to 0, la suite est de Cauchy.
    • Puisque Rn\mathbb{R}^n est complet, la suite (ck)(c_k) converge vers une limite cRnc \in \mathbb{R}^n.
    • Pour tout qNq \in \mathbb{N}, les points ckc_k pour kqk \ge q sont tous dans la boule fermée BqB_q. La limite cc doit donc aussi appartenir à BqB_q.
    • Ceci est vrai pour tout qq, donc ckNBkc \in \bigcap_{k \in \mathbb{N}} B_k. L’intersection est donc non vide.
  6. Contradiction:

    • Soit ckNBkc \in \bigcap_{k \in \mathbb{N}} B_k.
    • Par construction, pour chaque kk, on a BkFk=B_k \cap F_k = \emptyset.
    • Puisque cBkc \in B_k, on a cFkc \notin F_k pour tout kNk \in \mathbb{N}.
    • Par conséquent, ckNFkc \notin \bigcup_{k \in \mathbb{N}} F_k.
    • Mais ceci contredit notre hypothèse de départ que Rn=kNFk\mathbb{R}^n = \bigcup_{k \in \mathbb{N}} F_k.
  7. Conclusion: L’hypothèse que tous les FkF_k sont d’intérieur vide est fausse. Au moins l’un d’eux doit avoir un intérieur non vide.

Réponse: Par une construction par récurrence d’une suite de boules fermées emboîtées et de rayons tendant vers zéro, en évitant à chaque étape un des fermés d’intérieur vide, on utilise la complétude de Rn\mathbb{R}^n pour garantir l’existence d’un point dans leur intersection. Ce point, par construction, n’appartient à aucun des fermés, contredisant l’hypothèse que leur union recouvre Rn\mathbb{R}^n.

Exercise 8: [Investigation Théorique]

Problème: Le théorème de Heine-Borel (un ensemble dans Rn\mathbb{R}^n est compact si et seulement si il est fermé et borné) est une caractéristique de la dimension finie. Montrer que ce n’est pas vrai en dimension infinie.

Pour cela, prouver le lemme de Riesz : Soit EE un espace vectoriel normé et FF un sous-espace vectoriel propre et fermé de EE. Alors pour tout θ]0,1[\theta \in ]0,1[, il existe xθEx_\theta \in E tel que xθ=1\|x_\theta\|=1 et d(xθ,F):=infyFxθyθd(x_\theta, F) := \inf_{y \in F} \|x_\theta - y\| \ge \theta.

Utiliser ce lemme pour prouver que la boule unité fermée dans un espace vectoriel normé de dimension infinie n’est jamais compacte.

Solution

Méthode:

  1. Pour le lemme de Riesz, on construit le vecteur xθx_\theta à partir d’un élément qui n’est pas dans FF et en le “normalisant” de façon adéquate par rapport à sa distance à FF.
  2. Pour la non-compacité de la boule unité, on utilise le lemme de Riesz pour construire par récurrence une suite de vecteurs de norme 1 qui sont “éloignés” les uns des autres. Une telle suite ne peut pas avoir de sous-suite de Cauchy, et donc pas de sous-suite convergente.

Étapes:

  1. Preuve du lemme de Riesz:

    • Soit FF un sous-espace propre et fermé de EE. Il existe donc un vecteur zEFz \in E \setminus F.
    • Puisque FF est fermé, la distance d(z,F)=infyFzyd(z,F) = \inf_{y \in F} \|z-y\| est strictement positive. Notons d=d(z,F)>0d = d(z,F) > 0.
    • Soit θ]0,1[\theta \in ]0,1[. Par définition de l’infimum, il existe y0Fy_0 \in F tel que dzy0<d/θd \le \|z-y_0\| < d/\theta.
    • Posons x0=zy0x_0 = z - y_0. On a dx0<d/θd \le \|x_0\| < d/\theta.
    • Définissons xθ=x0x0x_\theta = \frac{x_0}{\|x_0\|}. Clairement, xθ=1\|x_\theta\|=1.
    • Il reste à montrer que d(xθ,F)θd(x_\theta, F) \ge \theta. Soit yFy \in F quelconque.

    xθy=x0x0y=1x0x0x0y\|x_\theta - y\| = \left\| \frac{x_0}{\|x_0\|} - y \right\| = \frac{1}{\|x_0\|} \|x_0 - \|x_0\|y\|

    • Puisque y0Fy_0 \in F et yFy \in F, le vecteur y=y0+x0yy' = y_0 + \|x_0\|y est aussi dans FF (car FF est un sous-espace vectoriel).
    • Alors x0x0y=(zy0)x0y=z(y0+x0y)=zy\|x_0 - \|x_0\|y\| = \|(z-y_0) - \|x_0\|y\| = \|z - (y_0 + \|x_0\|y)\| = \|z-y'\|.
    • Par définition de dd, on a zyd\|z-y'\| \ge d.
    • Donc, xθydx0\|x_\theta - y\| \ge \frac{d}{\|x_0\|}. Or, on a choisi y0y_0 tel que x0<d/θ\|x_0\| < d/\theta, ce qui implique dx0>θ\frac{d}{\|x_0\|} > \theta.
    • Finalement, xθy>θ\|x_\theta - y\| > \theta pour tout yFy \in F, donc d(xθ,F)=infyFxθyθd(x_\theta, F) = \inf_{y \in F} \|x_\theta - y\| \ge \theta.
  2. Preuve de la non-compacité de la boule unité fermée Bf(0,1)B^f(0,1):

    • Soit EE un espace vectoriel normé de dimension infinie.

    • Construisons une suite (xk)kN(x_k)_{k \in \mathbb{N}} dans la sphère unité S(0,1)Bf(0,1)S(0,1) \subset B^f(0,1).

    • Choisissons x0x_0 un vecteur quelconque de norme 1. Soit F0=Vect(x0)F_0 = \text{Vect}(x_0). C’est un sous-espace de dimension 1, donc il est fermé et propre.

    • Par le lemme de Riesz (avec θ=1/2\theta = 1/2), il existe x1S(0,1)x_1 \in S(0,1) tel que d(x1,F0)1/2d(x_1, F_0) \ge 1/2.

    • Soit F1=Vect(x0,x1)F_1 = \text{Vect}(x_0, x_1). C’est un sous-espace de dimension 2, donc fermé et propre. Il existe x2S(0,1)x_2 \in S(0,1) tel que d(x2,F1)1/2d(x_2, F_1) \ge 1/2.

    • On construit ainsi par récurrence une suite (xk)k(x_k)_k de vecteurs de norme 1 telle que pour tout k1k \ge 1, xkS(0,1)x_k \in S(0,1) et d(xk,Vect(x0,,xk1))1/2d(x_k, \text{Vect}(x_0, \dots, x_{k-1})) \ge 1/2.

    • Considérons la distance entre deux termes de la suite. Pour p>qp > q:

      xpxq=xp(xq)\|x_p - x_q\| = \|x_p - (-x_q)\|

      Le vecteur xq-x_q est dans Vect(x0,,xp1)\text{Vect}(x_0, \dots, x_{p-1}). Donc, par construction, la distance de xpx_p à ce sous-espace est 1/2\ge 1/2.

      xpxqd(xp,Vect(x0,,xp1))1/2\|x_p - x_q\| \ge d(x_p, \text{Vect}(x_0, \dots, x_{p-1})) \ge 1/2

    • La suite (xk)(x_k) est une suite de la boule unité fermée dont tous les termes sont à une distance d’au moins 1/21/2 les uns des autres.

    • Cette suite ne peut donc pas admettre de sous-suite de Cauchy. En effet, si elle en admettait une, pour ε=1/4\varepsilon=1/4, tous les termes de la sous-suite à partir d’un certain rang devraient être à une distance inférieure à 1/41/4.

    • Puisque la suite (xk)(x_k) n’admet aucune sous-suite de Cauchy, elle ne peut admettre aucune sous-suite convergente.

    • La boule unité fermée Bf(0,1)B^f(0,1) contient une suite qui n’a pas de sous-suite convergente. Elle n’est donc pas (séquentiellement) compacte.

Réponse: Le lemme de Riesz permet de construire, dans tout espace normé de dimension infinie, une suite de vecteurs unitaires (xk)(x_k) telle que xpxq1/2\|x_p - x_q\| \ge 1/2 pour pqp \neq q. Une telle suite ne peut admettre de sous-suite convergente, ce qui prouve que la boule unité fermée n’est pas compacte, en contraste direct avec le cas de la dimension finie.

Exercise 9: [Application Avancée]

Problème: Utiliser le théorème du point fixe de Banach pour prouver l’existence et l’unicité de la solution à une équation intégrale de Fredholm.

Soit K(s,t)K(s,t) une fonction continue sur [a,b]2[a,b]^2, et g(s)g(s) une fonction continue sur [a,b][a,b]. Soit λR\lambda \in \mathbb{R}. On cherche une fonction continue ϕ(s)\phi(s) sur [a,b][a,b] telle que :

ϕ(s)=g(s)+λabK(s,t)ϕ(t)dt\phi(s) = g(s) + \lambda \int_a^b K(s,t) \phi(t) dt

Montrer que si λ<1M(ba)|\lambda| < \frac{1}{M(b-a)}, où M=max(s,t)[a,b]2K(s,t)M = \max_{(s,t) \in [a,b]^2} |K(s,t)|, alors il existe une solution unique ϕ\phi dans l’espace C([a,b])C([a,b]) des fonctions continues sur [a,b][a,b].

Solution

Méthode: Nous allons appliquer le théorème du point fixe de Banach. Pour cela, il faut :

  1. Définir un espace métrique complet approprié.
  2. Définir un opérateur sur cet espace dont les points fixes sont les solutions de l’équation.
  3. Montrer que, sous la condition donnée sur λ\lambda, cet opérateur est une contraction.

Le théorème de Banach garantit alors l’existence et l’unicité du point fixe.

Étapes:

  1. L’espace métrique: L’espace de travail naturel est E=C([a,b])E = C([a,b]), l’ensemble des fonctions continues de [a,b][a,b] dans R\mathbb{R}. Muni de la norme du sup, f=sups[a,b]f(s)\|f\|_\infty = \sup_{s \in [a,b]} |f(s)|, c’est un espace de Banach, donc un espace métrique complet.

  2. L’opérateur: Définissons l’opérateur T:C([a,b])C([a,b])T: C([a,b]) \to C([a,b]) par :

    (Tϕ)(s)=g(s)+λabK(s,t)ϕ(t)dt(T\phi)(s) = g(s) + \lambda \int_a^b K(s,t) \phi(t) dt

    • Il faut vérifier que si ϕ\phi est continue, alors TϕT\phi l’est aussi. C’est vrai par les théorèmes de continuité des intégrales à paramètre.
    • Un point fixe de TT est une fonction ϕ\phi telle que Tϕ=ϕT\phi = \phi, ce qui est exactement l’équation intégrale à résoudre.
  3. Montrer que T est une contraction: Nous devons montrer qu’il existe une constante k[0,1)k \in [0,1) telle que pour toutes ϕ1,ϕ2C([a,b])\phi_1, \phi_2 \in C([a,b]), on ait Tϕ1Tϕ2kϕ1ϕ2\|T\phi_1 - T\phi_2\|_\infty \le k \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty.

    • Calculons (Tϕ1)(s)(Tϕ2)(s)(T\phi_1)(s) - (T\phi_2)(s):

      (Tϕ1)(s)(Tϕ2)(s)=(g(s)+λabK(s,t)ϕ1(t)dt)(g(s)+λabK(s,t)ϕ2(t)dt)(T\phi_1)(s) - (T\phi_2)(s) = \left( g(s) + \lambda \int_a^b K(s,t) \phi_1(t) dt \right) - \left( g(s) + \lambda \int_a^b K(s,t) \phi_2(t) dt \right)

      =λabK(s,t)(ϕ1(t)ϕ2(t))dt= \lambda \int_a^b K(s,t) (\phi_1(t) - \phi_2(t)) dt

    • Prenons la valeur absolue :

      (Tϕ1)(s)(Tϕ2)(s)λabK(s,t)ϕ1(t)ϕ2(t)dt|(T\phi_1)(s) - (T\phi_2)(s)| \le |\lambda| \int_a^b |K(s,t)| |\phi_1(t) - \phi_2(t)| dt

    • Majorons les termes dans l’intégrale :

      K(s,t)M=max[a,b]2K(s,t)|K(s,t)| \le M = \max_{[a,b]^2} |K(s,t)|

      ϕ1(t)ϕ2(t)ϕ1ϕ2|\phi_1(t) - \phi_2(t)| \le \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty

    • On obtient :

      (Tϕ1)(s)(Tϕ2)(s)λabMϕ1ϕ2dt|(T\phi_1)(s) - (T\phi_2)(s)| \le |\lambda| \int_a^b M \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty dt

      (Tϕ1)(s)(Tϕ2)(s)λMϕ1ϕ2abdt=λM(ba)ϕ1ϕ2|(T\phi_1)(s) - (T\phi_2)(s)| \le |\lambda| M \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty \int_a^b dt = |\lambda| M (b-a) \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty

    • Cette majoration est indépendante de ss. On peut donc prendre le supremum sur s[a,b]s \in [a,b]:

      Tϕ1Tϕ2λM(ba)ϕ1ϕ2\|T\phi_1 - T\phi_2\|_\infty \le |\lambda| M (b-a) \|\phi_1 - \phi_2\|_\infty

    • L’opérateur TT est donc une contraction si la constante k=λM(ba)k = |\lambda| M (b-a) est strictement inférieure à 1.

  4. Conclusion: La condition donnée est précisément λ<1M(ba)|\lambda| < \frac{1}{M(b-a)}, ce qui est équivalent à k=λM(ba)<1k = |\lambda| M(b-a) < 1.

    • L’espace (C([a,b]),)(C([a,b]), \|\cdot\|_\infty) est complet.
    • L’opérateur TT est une contraction sur cet espace.
    • Par le théorème du point fixe de Banach, TT admet un unique point fixe ϕ\phi. Cette fonction ϕ\phi est l’unique solution continue de l’équation intégrale.

Réponse: En modélisant le problème sur l’espace de Banach C([a,b])C([a,b]) et en montrant que l’opérateur intégral TT est une application contractante sous la condition λM(ba)<1|\lambda| M(b-a) < 1, le théorème du point fixe de Banach garantit l’existence et l’unicité d’une solution continue à l’équation de Fredholm.

Exercise 10: [Application Avancée]

Problème: Soit (E1,N1),,(Ek,Nk)(E_1, N_1), \dots, (E_k, N_k) une famille d’espaces vectoriels normés de dimension finie. On définit l’espace produit E=E1××EkE = E_1 \times \dots \times E_k.

  1. Montrer que les applications pi:x=(x1,,xk)xip_i: x=(x_1, \dots, x_k) \mapsto x_i (projections canoniques) sont continues pour les normes-produit usuelles sur EE (e.g., N(x)=maxiNi(xi)N_\infty(x) = \max_i N_i(x_i), N1(x)=iNi(xi)N_1(x) = \sum_i N_i(x_i), N2(x)=iNi(xi)2N_2(x) = \sqrt{\sum_i N_i(x_i)^2}).
  2. Soit AA un sous-ensemble de EE. Montrer que AA est compact si et seulement si pi(A)p_i(A) est compact pour tout i=1,,ki=1, \dots, k. (C’est une version du théorème de Tychonoff pour un produit fini d’espaces métrisables).
  3. En déduire une autre preuve que le produit fini d’ouverts est un ouvert.
Solution

Méthode:

  1. La continuité des projections se démontre directement à partir de la définition des normes produit.
  2. Le sens direct (    )(\implies) utilise le fait que l’image d’un compact par une application continue est un compact. Le sens réciproque (    )(\impliedby) utilise un argument d’extraction diagonale, similaire à la preuve du théorème de Heine-Borel.
  3. On utilisera le résultat sur les compacts en passant aux complémentaires (fermés).

Étapes:

  1. Continuité des projections:

    • Travaillons avec la norme N(x)=maxj=1,,kNj(xj)N_\infty(x) = \max_{j=1,\dots,k} N_j(x_j) sur EE.
    • Soit pi:EEip_i: E \to E_i la i-ème projection. Pour x=(x1,,xk)Ex=(x_1, \dots, x_k) \in E, on a Ni(pi(x))=Ni(xi)maxjNj(xj)=N(x)N_i(p_i(x)) = N_i(x_i) \le \max_j N_j(x_j) = N_\infty(x).
    • Pour x,yEx, y \in E, on a Ni(pi(x)pi(y))=Ni(xiyi)N(xy)N_i(p_i(x) - p_i(y)) = N_i(x_i - y_i) \le N_\infty(x-y).
    • Ceci montre que pip_i est 1-lipschitzienne pour la norme NN_\infty, et donc continue.
    • Puisque toutes les normes sur EE sont équivalentes (car EE est de dimension finie), les projections sont continues quelle que soit la norme produit choisie.
  2. Caractérisation de la compacité:

    • (    \implies) Supposons AA compact.
      • Pour chaque ii, pip_i est une application continue. L’image du compact AA par l’application continue pip_i est le compact pi(A)p_i(A). Le résultat est immédiat.
    • (    \impliedby) Supposons que chaque pi(A)p_i(A) est compact.
      • Soit (x(m))mN(x^{(m)})_{m \in \mathbb{N}} une suite d’éléments de AA. Chaque x(m)x^{(m)} s’écrit (x1(m),,xk(m))(x_1^{(m)}, \dots, x_k^{(m)}).
      • Pour chaque ii, la suite (xi(m))m(x_i^{(m)})_m est une suite d’éléments du compact pi(A)p_i(A).
      • Commençons par i=1i=1. La suite (x1(m))m(x_1^{(m)})_m dans le compact p1(A)p_1(A) admet une sous-suite convergente. Il existe une extractrice φ1\varphi_1 telle que (x1(φ1(m)))m(x_1^{(\varphi_1(m))})_m converge vers x1p1(A)x_1 \in p_1(A).
      • Considérons maintenant la suite (x2(φ1(m)))m(x_2^{(\varphi_1(m))})_m dans le compact p2(A)p_2(A). Elle admet une sous-suite convergente. Il existe φ2\varphi_2 telle que (x2(φ1φ2(m)))m(x_2^{(\varphi_1 \circ \varphi_2(m))})_m converge vers x2p2(A)x_2 \in p_2(A).
      • En répétant ce processus kk fois, on obtient une extractrice φ=φ1φk\varphi = \varphi_1 \circ \dots \circ \varphi_k telle que pour chaque i=1,,ki=1, \dots, k, la suite (xi(φ(m)))m(x_i^{(\varphi(m))})_m converge vers une limite xipi(A)x_i \in p_i(A).
      • La sous-suite (x(φ(m)))m(x^{(\varphi(m))})_m converge donc dans EE vers x=(x1,,xk)x = (x_1, \dots, x_k).
      • Il reste à montrer que xAx \in A. On sait que AA est fermé. Pourquoi ? Parce que son complémentaire est ouvert. Ah, on ne sait pas que A est fermé.
      • Correction : Le théorème de Tychonoff est plus général. Ici, on est dans un espace métrique. Un ensemble est compact si et seulement si il est fermé et borné. Si chaque pi(A)p_i(A) est compact, alors il est borné. Donc il existe MiM_i tel que pour tout aipi(A)a_i \in p_i(A), Ni(ai)MiN_i(a_i) \le M_i. Alors pour aAa \in A, N(a)=maxiNi(pi(a))maxMiN_\infty(a) = \max_i N_i(p_i(a)) \le \max M_i. Donc AA est borné.
      • Il faut aussi montrer que AA est fermé. Soit (am)(a_m) une suite dans AA qui converge vers aEa \in E. Alors pour chaque ii, pi(am)p_i(a_m) converge vers pi(a)p_i(a). Comme pi(A)p_i(A) est compact, il est fermé. Donc pi(a)pi(A)p_i(a) \in p_i(A) pour tout ii. Cela ne garantit pas que aAa \in A.
      • Reprenons l’argument séquentiel jusqu’au bout. La sous-suite x(φ(m))x^{(\varphi(m))} converge vers x=(x1,...,xk)x=(x_1, ..., x_k). On doit montrer xAx \in A. Si AA est fermé, c’est fini. Prouvons que AA est fermé. Si chaque pi(A)p_i(A) est compact, alors Ap1(A)××pk(A)A \subseteq p_1(A) \times \dots \times p_k(A). Le produit de compacts est compact (c’est ce que nous sommes en train de prouver). Si l’on admet que le produit de compacts K1××KkK_1 \times \dots \times K_k est compact, alors AA est une partie du compact p1(A)××pk(A)p_1(A) \times \dots \times p_k(A). Pour que AA soit compact, il faut et il suffit qu’il soit fermé.
      • La proposition est correcte sans hypothèse de fermeture sur A. La limite xx de la sous-suite x(φ(m))x^{(\varphi(m))} est dans Aˉ\bar{A}. Or, si les pi(A)p_i(A) sont compacts, AA est inclus dans le compact K=p1(A)××pk(A)K = p_1(A) \times \dots \times p_k(A). Donc AˉK\bar{A} \subseteq K. Si on prouve que KK est compact (ce qui est l’objet de la preuve), alors il est fermé. Donc Aˉ\bar{A} est compact. Ce n’est pas la bonne voie.
      • L’argument séquentiel est le bon, mais il faut conclure que xAx \in A. Ah, l’énoncé est “A est compact”. On doit donc montrer que la limite de la sous-suite est dans AA. Puisque AA est compact, il est fermé. L’argument séquentiel prouve que de toute suite de AA on peut extraire une sous-suite qui converge. Comme A est fermé, la limite est dans A. Donc l’hypothèse implicite dans le sens (    )(\impliedby) est que AA est fermé et que ses projections sont compactes, et on veut en déduire que AA est compact. Non. L’énoncé est un “si et seulement si”. L’argument diagonal montre que de toute suite de AA, on peut extraire une sous-suite qui converge vers un xEx \in E. On a xipi(A)x_i \in p_i(A). Donc xpi(A)x \in \prod p_i(A). Est-ce que xAx \in A? Pas nécessairement. L’énoncé est vrai pour A=pi(A)A = \prod p_i(A), c’est-à-dire un produit de compacts est compact.
      • OK, prouvons: K1×...×KkK_1 \times ... \times K_k est compact si chaque KiK_i l’est. L’argument diagonal ci-dessus montre que de toute suite de K1××KkK_1 \times \dots \times K_k, on peut extraire une sous-suite convergente. Sa limite (x1,,xk)(x_1, \dots, x_k) est dans K1××KkK_1 \times \dots \times K_k car chaque KiK_i est fermé. Donc le produit est compact.
      • Pour un AA général: Si les pi(A)p_i(A) sont compacts, AA est une partie du compact K=pi(A)K = \prod p_i(A). Pour que AA soit compact, il faut et il suffit qu’il soit fermé (dans EE, ou de manière équivalente, dans KK). L’énoncé est donc: AA est compact     \iff AA est fermé et pi(A)p_i(A) est borné pour tout ii. Non, c’est plus subtil. L’énoncé tel quel est juste. Si xAˉx \in \bar{A}, il existe une suite amxa_m \to x avec amAa_m \in A. L’argument diagonal donne une sous-suite aφ(m)ya_{\varphi(m)} \to y. On a x=yx=y. Et on sait ypi(A)y \in \prod p_i(A). Il faut yAy \in A. Si AA n’est pas fermé, l’énoncé est faux. Ex: A=B(0,1)R2A = B(0,1) \subset \mathbb{R}^2. p1(A)=p2(A)=]1,1[p_1(A)=p_2(A)=]-1,1[, non compacts. Ex: A=[0,1]2{(1/2,1/2)}A = [0,1]^2 \setminus \{(1/2, 1/2)\}. p1(A)=p2(A)=[0,1]p_1(A)=p_2(A)=[0,1] sont compacts, mais AA n’est pas compact (non fermé). Donc l’énoncé doit inclure l’hypothèse que A est fermé. AA fermé de EE. AA est compact     pi(A)\iff p_i(A) est borné pour tout ii. Ceci est vrai car AA borné     \iff chaque pi(A)p_i(A) est borné.
  3. Produit d’ouverts:

    • Soient U1,,UkU_1, \dots, U_k des ouverts dans E1,,EkE_1, \dots, E_k. Montrons que U=U1××UkU = U_1 \times \dots \times U_k est un ouvert de EE.
    • On va montrer que son complémentaire UcU^c est fermé.
    • Uc=(E1××Ek)(U1××Uk)=i=1kE1××Uic××EkU^c = (E_1 \times \dots \times E_k) \setminus (U_1 \times \dots \times U_k) = \bigcup_{i=1}^k E_1 \times \dots \times U_i^c \times \dots \times E_k.
    • L’ensemble Fi=E1××Uic××Ek=pi1(Uic)F_i = E_1 \times \dots \times U_i^c \times \dots \times E_k = p_i^{-1}(U_i^c).
    • Comme UiU_i est ouvert, UicU_i^c est fermé.
    • Il suffit de montrer que pip_i est continue, ce qui est fait au point 1.
    • L’image réciproque d’un fermé (UicU_i^c) par une application continue (pip_i) est un fermé. Donc chaque FiF_i est un fermé.
    • UcU^c est une union finie de fermés, c’est donc un fermé.
    • Par conséquent, UU est un ouvert.

Réponse:

  1. Les projections canoniques pip_i sont des applications lipschitziennes pour les normes-produit usuelles, et donc continues.
  2. Un ensemble AE1××EkA \subseteq E_1 \times \dots \times E_k est compact si et seulement si il est fermé et que chaque projection pi(A)p_i(A) est compacte. La preuve pour un produit K1××KkK_1 \times \dots \times K_k de compacts se fait par extraction diagonale.
  3. Le fait que le produit fini d’ouverts est un ouvert est une conséquence directe de la continuité des projections. Le complémentaire d’un produit d’ouverts U1××UkU_1 \times \dots \times U_k s’écrit comme une union finie d’ensembles de la forme pi1(Uic)p_i^{-1}(U_i^c). Comme les UicU_i^c sont fermés et les pip_i continues, ces ensembles sont fermés. Leur union finie est donc fermée, et le produit des ouverts est bien un ouvert.