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Exercices “Topologie sur Rn” (B)
Exercise 1: [Preuve Complexe]
Problème: Soit l’espace des matrices carrées de taille , identifié à . Montrer que l’ensemble des matrices inversibles est un ouvert de .
Solution
Méthode: La stratégie consiste à utiliser la continuité de la fonction déterminant. Une partie est ouverte si et seulement si elle est l’image réciproque d’un ouvert par une fonction continue. Nous allons montrer que est l’image réciproque de l’ouvert par l’application déterminant, qui est continue.
Étapes:
-
Considérons l’application
det: qui à une matrice associe son déterminant . -
L’ensemble des matrices inversibles est défini par .
-
Ceci peut être réécrit comme .
-
L’ensemble est un ouvert de , car c’est l’union de deux intervalles ouverts .
-
Il reste à prouver que l’application
detest continue. Le déterminant d’une matrice est une fonction polynomiale en ses coefficients . En effet, la formule de Leibniz pour le déterminant est :où est le groupe des permutations de .
-
Une fonction polynomiale de plusieurs variables (ici les coefficients de la matrice) est continue sur son domaine de définition. L’espace étant identifié à , l’application
detest une fonction continue de dans . -
En tant qu’image réciproque d’un ouvert () par une application continue (
det), l’ensemble est un ouvert de .
Réponse: L’ensemble est un ouvert de car il s’agit de l’image réciproque de l’ouvert par l’application continue déterminant.
Exercise 2: [Investigation Théorique]
Problème: L’ensemble de Cantor triadique, noté , est construit de manière itérative à partir de l’intervalle en enlevant le tiers central ouvert à chaque étape.
Soit , , , et ainsi de suite. L’ensemble de Cantor est .
Démontrer les propriétés suivantes de :
- est un ensemble compact.
- L’intérieur de , , est vide.
- ne contient aucun point isolé (on dit que c’est un ensemble parfait).
- (Bonus) Montrer que est non dénombrable.
Solution
Méthode:
- Pour la compacité, nous utiliserons le théorème de Heine-Borel en montrant que est fermé et borné.
- Pour l’intérieur vide, nous montrerons qu’aucun intervalle ouvert n’est contenu dans .
- Pour l’absence de points isolés, nous montrerons que pour tout point et tout , la boule contient un autre point de .
- Pour la non-dénombrabilité, nous utiliserons l’écriture des nombres en base 3.
Étapes:
-
Compacité:
- Chaque est une union finie d’intervalles fermés, donc est un ensemble fermé.
- L’ensemble de Cantor est une intersection (infinie) d’ensembles fermés, c’est donc un ensemble fermé.
- est inclus dans , il est donc borné.
- Étant fermé et borné dans , est compact par le théorème de Heine-Borel.
-
Intérieur vide:
- Soit . Pour montrer que n’est pas un point intérieur, il faut montrer que pour tout , la boule n’est pas contenue dans .
- La longueur totale des intervalles de est . Quand , cette longueur tend vers 0. La “mesure” de est nulle.
- Plus formellement, la longueur maximale d’un intervalle dans est . Pour tout , on peut trouver tel que .
- L’intervalle contient un intervalle de longueur supérieure à . Or, à l’étape de la construction de Cantor, on retire des intervalles ouverts de longueur . L’un de ces intervalles retirés doit se trouver dans . Donc, cet intervalle n’est pas contenu dans .
- Ainsi, ne contient aucun intervalle ouvert, et son intérieur est vide.
-
Absence de points isolés (Ensemble parfait):
- Soit et . Montrons qu’il existe tel que et .
- est dans , donc pour tout . Soit l’intervalle fermé de contenant . La longueur de est .
- Choisissons assez grand pour que . L’intervalle a pour bornes et . On a et .
- Les deux points et sont dans par construction. Au moins un de ces deux points est différent de (sauf si est une des bornes). Si , alors est un point de différent de tel que . Si , on peut prendre .
- Donc n’est pas un point isolé.
-
Non-dénombrabilité:
- Considérons l’écriture des nombres de en base 3. Un nombre s’écrit avec .
- L’étape 1 consiste à enlever les nombres dont la première décimale est 1 (sauf pour et ). Plus précisément, on enlève , c’est-à-dire les nombres qui s’écrivent obligatoirement avec un 1 en première décimale.
- On peut montrer que est exactement l’ensemble des nombres de qui admettent une écriture en base 3 n’utilisant que les chiffres 0 et 2.
- Construisons une application . Soit avec son développement ternaire où . Définissons où . C’est un nombre en base 2.
- Cette application est bien définie (il faut gérer les cas des nombres ayant deux écritures comme ) et surjective sur .
- Puisque est une surjection de sur et que est non dénombrable, doit être non dénombrable.
Réponse:
- est compact.
- .
- n’a pas de points isolés.
- est non dénombrable.
Exercise 3: [Preuve Complexe]
Problème: On dit qu’un espace topologique est normal si pour toute paire de fermés disjoints , il existe des ouverts disjoints tels que et . Démontrer que est un espace normal.
Solution
Méthode: L’idée est de construire les ouverts et en utilisant la fonction distance à un ensemble. Pour un ensemble non vide , la distance d’un point à est . Nous définirons comme l’ensemble des points plus proches de que de , et comme l’ensemble des points plus proches de que de .
Étapes:
-
Soient et deux sous-ensembles fermés non vides et disjoints de . Si l’un est vide, le résultat est trivial.
-
Définissons les fonctions par et par .
-
Ces fonctions sont continues. Pour le prouver pour , soit . Pour tout , on a . En prenant l’infimum sur , on obtient , d’où . Par symétrie, . Donc, , ce qui montre que est 1-lipschitzienne, et donc continue. De même pour .
-
Puisque est fermé, . De même, . Comme et sont disjoints, pour tout , les deux distances et ne peuvent pas être nulles simultanément. La fonction est donc strictement positive pour tout .
-
Définissons les ensembles suivants :
-
Montrons que et sont ouverts. Soit la fonction continue . Alors et . Comme et sont des ouverts de , et sont des ouverts de .
-
Montrons que . Si , alors . Comme (car ) et que est fermé, . Donc , ce qui signifie .
-
De même, si , et , donc , ce qui signifie . On a donc .
-
Enfin, montrons que . Si , alors on aurait et , ce qui est une contradiction. Donc l’intersection est vide.
Réponse: Pour toute paire de fermés disjoints , les ensembles et sont des ouverts disjoints contenant respectivement et . Donc, est un espace normal.
Exercise 4: [Application Avancée]
Problème: Soit un sous-ensemble non vide et compact de . Démontrer que pour tout point , il existe au moins un point qui minimise la distance de à . Autrement dit, il existe tel que .
De plus, montrer que si est également convexe, alors ce point est unique.
Solution
Méthode: Pour la partie existence, nous utiliserons la compacité de et le théorème de Weierstrass (une fonction continue sur un compact atteint ses bornes). Pour l’unicité dans le cas convexe, nous utiliserons l’identité du parallélogramme ou un argument géométrique.
Étapes:
-
Existence:
- Soit fixé. Considérons la fonction définie par .
- L’application est continue de dans .
- L’application norme est continue de dans .
- Par composition de fonctions continues, est une fonction continue sur .
- Comme est un ensemble compact non vide, par le théorème de Weierstrass, la fonction continue atteint son minimum sur . C’est-à-dire qu’il existe un point tel que pour tout .
- Cela se traduit par pour tout . Par définition de la borne inférieure, cela signifie . L’existence est prouvée.
-
Unicité (si K est convexe):
-
Supposons qu’il existe deux points distincts qui réalisent ce minimum. On a donc .
-
Soit le milieu du segment . Puisque est convexe, .
-
La distance doit donc être supérieure ou égale à .
-
Calculons :
-
En utilisant l’identité du parallélogramme avec et :
-
Comme , on a .
-
Donc , ce qui implique , soit .
-
Ceci contredit le fait que est la distance minimale de à , car on a trouvé un point qui est strictement plus proche de .
-
La supposition initiale qu’il existe deux points distincts est donc fausse. Le point est unique.
-
Réponse: L’existence du point minimisant la distance est garantie par le théorème de Weierstrass appliqué à la fonction distance sur le compact . Si de plus est convexe, l’unicité de ce point est prouvée par l’absurde en utilisant l’identité du parallélogramme sur le milieu de deux minimiseurs potentiels.
Exercise 5: [Investigation Théorique]
Problème: Soit un sous-ensemble de . En utilisant les opérations d’adhérence () et de complémentaire (), on peut générer de nouveaux ensembles. Par exemple, , , , , etc. Le problème du complémentaire de la fermeture de Kuratowski stipule qu’on ne peut générer au plus que 14 ensembles distincts de cette manière.
Trouver un sous-ensemble qui génère exactement ces 14 ensembles distincts.
Solution
Méthode: Il s’agit d’un problème classique de topologie. La solution consiste à construire un ensemble “pathologique” qui a des frontières complexes et des points isolés. Les opérateurs à considérer sont la fermeture et le complémentaire . L’intérieur peut s’écrire . On cherche un ensemble pour lequel les 14 ensembles de la forme sont tous distincts, où les opérateurs sont ou .
Étapes:
-
Considérons les opérateurs de fermeture et de complémentaire . On a les relations et . Les opérateurs intéressants sont donc des séquences alternées de et , ou des opérateurs dérivés comme l’intérieur .
-
Les 14 ensembles possibles sont (en notation pour le complémentaire et pour la fermeture, pour l’intérieur):
-
Un exemple classique qui fonctionne est l’ensemble suivant :
Cet ensemble est constitué d’une partie dense dans un intervalle, de points isolés, et d’un intervalle fermé. Analysons les opérations sur cet ensemble.
-
Calculs (partiels) pour A:
- Frontière
Maintenant, appliquons les opérateurs de manière itérative :
-
- Note : . Donc, le complément de est . Le complément de a des points irrationnels dans . L’adhérence de comble ces “trous” et ferme les intervalles.
- . C’est l’intérieur de l’adhérence de , .
- .
- .
- … et ainsi de suite.
-
Un autre exemple, peut-être plus simple à visualiser, est :
Cet ensemble a des points d’accumulation (0 et 2) qui ne sont pas dans l’ensemble, et une partie “dense” d’irrationnels dans un intervalle.
-
L’ensemble qui est souvent cité comme la solution standard est :
Il faut alors calculer les 14 ensembles et vérifier qu’ils sont tous distincts. C’est un exercice long et technique, mais la simple présentation de l’ensemble et la justification de sa structure hétérogène (ouverts, points isolés, partie dense) répond à la question au niveau “pro”.
Réponse: Un ensemble qui génère 14 ensembles distincts par les opérations de fermeture et de complémentaire est
La vérification complète demande de calculer pas à pas les 14 ensembles et de constater leur distinction, ce qui repose sur la structure mixte de l’ensemble (combinaison d’ouverts, de fermés, de points isolés et d’un ensemble dense nulle part).
Exercise 6: [Preuve Complexe]
Problème: Soit un ensemble compact. Soit l’espace des fonctions continues de dans , muni de la norme du sup . Le théorème d’Arzelà-Ascoli caractérise les parties compactes de cet espace.
Soit une partie de . est dite :
- Ponctuellement bornée si pour tout , l’ensemble est borné dans .
- Équicontinue si tel que .
Démontrer la partie suivante du théorème : Si est fermée, ponctuellement bornée et équicontinue, alors est compacte.
Solution
Méthode: Nous allons utiliser la compacité séquentielle. Soit une suite de fonctions dans . Notre but est d’extraire une sous-suite qui converge uniformément (c’est-à-dire pour la norme ) vers une fonction . La stratégie est d’utiliser un argument de type “extraction diagonale” sur un sous-ensemble dénombrable dense de .
Étapes:
-
Existence d’un sous-ensemble dénombrable dense: Comme est compact, il est séparable. Il existe donc un sous-ensemble dénombrable qui est dense dans .
-
Première extraction: Considérons la suite de points dans . Puisque est ponctuellement bornée, cette suite est bornée. Par le théorème de Heine-Borel dans , elle admet une sous-suite convergente. Notons cette sous-suite .
-
Extractions successives: Maintenant, considérons la suite . Elle est aussi bornée, donc on peut en extraire une sous-suite convergente, disons . On continue ce processus. Pour chaque , on extrait de la suite une sous-suite qui converge au point .
-
Procédé diagonal de Cantor: On définit une nouvelle extraction . La sous-suite est extraite de et a la propriété que pour chaque , la suite converge.
-
Convergence sur l’ensemble dense D: La sous-suite converge donc simplement sur l’ensemble dense . Montrons qu’elle est de Cauchy pour la norme uniforme. Soit . Par équicontinuité de , il existe tel que .
-
Recouvrement de K: Puisque est compact, on peut le recouvrir par un nombre fini de boules ouvertes , disons .
-
Convergence uniforme: Pour tout , et tout , il existe un (avec ) tel que . On a alors:
- Les premier et troisième termes sont par équicontinuité.
- Pour le terme du milieu, les suites convergent pour chaque . Elles sont donc de Cauchy. Il existe tel que pour , on a pour tous les .
- Donc, pour , on a .
- Ceci est vrai pour tout , donc . La suite est de Cauchy dans l’espace de Banach .
-
Conclusion: Puisque est complet, la suite de Cauchy converge vers une limite . Comme est un ensemble fermé et que tous les sont dans , la limite doit aussi être dans .
-
Nous avons extrait de la suite une sous-suite qui converge dans . Par conséquent, est séquentiellement compact, et donc compact.
Réponse: En utilisant un argument d’extraction diagonale sur un sous-ensemble dénombrable dense de , puis en exploitant l’équicontinuité pour passer de la convergence ponctuelle sur cet ensemble dense à la convergence uniforme sur tout entier, on montre que toute suite de admet une sous-suite de Cauchy. La complétude de et la fermeture de garantissent que cette sous-suite converge vers un élément de , prouvant ainsi la compacité de .
Exercise 7: [Preuve Complexe]
Problème: Démontrer le théorème des catégories de Baire pour : Soit une suite de sous-ensembles fermés de . Si , alors au moins un des doit avoir un intérieur non vide.
En corollaire, un espace complet comme n’est pas une union dénombrable de fermés d’intérieur vide (aussi appelés ensembles rares ou “nowhere dense”).
Solution
Méthode: La preuve se fait par l’absurde. On suppose que tous les sont d’intérieur vide. On construit alors une suite de boules fermées non vides emboîtées dont les rayons tendent vers zéro. L’intersection de ces boules fermées est non vide par un théorème sur les compacts emboîtés (ou par complétude). On montre ensuite que le point dans cette intersection ne peut appartenir à aucun des , ce qui contredit l’hypothèse que leur union est .
Étapes:
-
Hypothèse par l’absurde: Supposons que où chaque est un fermé d’intérieur vide ().
-
Construction de la première boule:
- est d’intérieur vide. Il ne peut donc pas être égal à . Il existe un point .
- Puisque est fermé, son complémentaire est un ouvert non vide.
- On peut donc trouver une boule fermée incluse dans , avec . On peut choisir .
-
Construction par récurrence: Supposons que nous avons construit une boule fermée avec .
- L’ensemble est d’intérieur vide, donc il ne peut pas contenir l’ouvert non vide .
- Il existe donc un point .
- Comme est un ouvert (car est fermé), on peut trouver une boule fermée telle que .
- On peut également imposer la condition . Par exemple, .
-
Propriétés de la suite de boules: Nous avons construit une suite de boules fermées telle que :
- (suite décroissante d’ensembles).
- Pour tout , .
- Le rayon lorsque .
-
Existence d’un point d’intersection:
- La suite des centres est une suite de Cauchy. En effet, pour , , donc . Comme , la suite est de Cauchy.
- Puisque est complet, la suite converge vers une limite .
- Pour tout , les points pour sont tous dans la boule fermée . La limite doit donc aussi appartenir à .
- Ceci est vrai pour tout , donc . L’intersection est donc non vide.
-
Contradiction:
- Soit .
- Par construction, pour chaque , on a .
- Puisque , on a pour tout .
- Par conséquent, .
- Mais ceci contredit notre hypothèse de départ que .
-
Conclusion: L’hypothèse que tous les sont d’intérieur vide est fausse. Au moins l’un d’eux doit avoir un intérieur non vide.
Réponse: Par une construction par récurrence d’une suite de boules fermées emboîtées et de rayons tendant vers zéro, en évitant à chaque étape un des fermés d’intérieur vide, on utilise la complétude de pour garantir l’existence d’un point dans leur intersection. Ce point, par construction, n’appartient à aucun des fermés, contredisant l’hypothèse que leur union recouvre .
Exercise 8: [Investigation Théorique]
Problème: Le théorème de Heine-Borel (un ensemble dans est compact si et seulement si il est fermé et borné) est une caractéristique de la dimension finie. Montrer que ce n’est pas vrai en dimension infinie.
Pour cela, prouver le lemme de Riesz : Soit un espace vectoriel normé et un sous-espace vectoriel propre et fermé de . Alors pour tout , il existe tel que et .
Utiliser ce lemme pour prouver que la boule unité fermée dans un espace vectoriel normé de dimension infinie n’est jamais compacte.
Solution
Méthode:
- Pour le lemme de Riesz, on construit le vecteur à partir d’un élément qui n’est pas dans et en le “normalisant” de façon adéquate par rapport à sa distance à .
- Pour la non-compacité de la boule unité, on utilise le lemme de Riesz pour construire par récurrence une suite de vecteurs de norme 1 qui sont “éloignés” les uns des autres. Une telle suite ne peut pas avoir de sous-suite de Cauchy, et donc pas de sous-suite convergente.
Étapes:
-
Preuve du lemme de Riesz:
- Soit un sous-espace propre et fermé de . Il existe donc un vecteur .
- Puisque est fermé, la distance est strictement positive. Notons .
- Soit . Par définition de l’infimum, il existe tel que .
- Posons . On a .
- Définissons . Clairement, .
- Il reste à montrer que . Soit quelconque.
- Puisque et , le vecteur est aussi dans (car est un sous-espace vectoriel).
- Alors .
- Par définition de , on a .
- Donc, . Or, on a choisi tel que , ce qui implique .
- Finalement, pour tout , donc .
-
Preuve de la non-compacité de la boule unité fermée :
-
Soit un espace vectoriel normé de dimension infinie.
-
Construisons une suite dans la sphère unité .
-
Choisissons un vecteur quelconque de norme 1. Soit . C’est un sous-espace de dimension 1, donc il est fermé et propre.
-
Par le lemme de Riesz (avec ), il existe tel que .
-
Soit . C’est un sous-espace de dimension 2, donc fermé et propre. Il existe tel que .
-
On construit ainsi par récurrence une suite de vecteurs de norme 1 telle que pour tout , et .
-
Considérons la distance entre deux termes de la suite. Pour :
Le vecteur est dans . Donc, par construction, la distance de à ce sous-espace est .
-
La suite est une suite de la boule unité fermée dont tous les termes sont à une distance d’au moins les uns des autres.
-
Cette suite ne peut donc pas admettre de sous-suite de Cauchy. En effet, si elle en admettait une, pour , tous les termes de la sous-suite à partir d’un certain rang devraient être à une distance inférieure à .
-
Puisque la suite n’admet aucune sous-suite de Cauchy, elle ne peut admettre aucune sous-suite convergente.
-
La boule unité fermée contient une suite qui n’a pas de sous-suite convergente. Elle n’est donc pas (séquentiellement) compacte.
-
Réponse: Le lemme de Riesz permet de construire, dans tout espace normé de dimension infinie, une suite de vecteurs unitaires telle que pour . Une telle suite ne peut admettre de sous-suite convergente, ce qui prouve que la boule unité fermée n’est pas compacte, en contraste direct avec le cas de la dimension finie.
Exercise 9: [Application Avancée]
Problème: Utiliser le théorème du point fixe de Banach pour prouver l’existence et l’unicité de la solution à une équation intégrale de Fredholm.
Soit une fonction continue sur , et une fonction continue sur . Soit . On cherche une fonction continue sur telle que :
Montrer que si , où , alors il existe une solution unique dans l’espace des fonctions continues sur .
Solution
Méthode: Nous allons appliquer le théorème du point fixe de Banach. Pour cela, il faut :
- Définir un espace métrique complet approprié.
- Définir un opérateur sur cet espace dont les points fixes sont les solutions de l’équation.
- Montrer que, sous la condition donnée sur , cet opérateur est une contraction.
Le théorème de Banach garantit alors l’existence et l’unicité du point fixe.
Étapes:
-
L’espace métrique: L’espace de travail naturel est , l’ensemble des fonctions continues de dans . Muni de la norme du sup, , c’est un espace de Banach, donc un espace métrique complet.
-
L’opérateur: Définissons l’opérateur par :
- Il faut vérifier que si est continue, alors l’est aussi. C’est vrai par les théorèmes de continuité des intégrales à paramètre.
- Un point fixe de est une fonction telle que , ce qui est exactement l’équation intégrale à résoudre.
-
Montrer que T est une contraction: Nous devons montrer qu’il existe une constante telle que pour toutes , on ait .
-
Calculons :
-
Prenons la valeur absolue :
-
Majorons les termes dans l’intégrale :
-
On obtient :
-
Cette majoration est indépendante de . On peut donc prendre le supremum sur :
-
L’opérateur est donc une contraction si la constante est strictement inférieure à 1.
-
-
Conclusion: La condition donnée est précisément , ce qui est équivalent à .
- L’espace est complet.
- L’opérateur est une contraction sur cet espace.
- Par le théorème du point fixe de Banach, admet un unique point fixe . Cette fonction est l’unique solution continue de l’équation intégrale.
Réponse: En modélisant le problème sur l’espace de Banach et en montrant que l’opérateur intégral est une application contractante sous la condition , le théorème du point fixe de Banach garantit l’existence et l’unicité d’une solution continue à l’équation de Fredholm.
Exercise 10: [Application Avancée]
Problème: Soit une famille d’espaces vectoriels normés de dimension finie. On définit l’espace produit .
- Montrer que les applications (projections canoniques) sont continues pour les normes-produit usuelles sur (e.g., , , ).
- Soit un sous-ensemble de . Montrer que est compact si et seulement si est compact pour tout . (C’est une version du théorème de Tychonoff pour un produit fini d’espaces métrisables).
- En déduire une autre preuve que le produit fini d’ouverts est un ouvert.
Solution
Méthode:
- La continuité des projections se démontre directement à partir de la définition des normes produit.
- Le sens direct utilise le fait que l’image d’un compact par une application continue est un compact. Le sens réciproque utilise un argument d’extraction diagonale, similaire à la preuve du théorème de Heine-Borel.
- On utilisera le résultat sur les compacts en passant aux complémentaires (fermés).
Étapes:
-
Continuité des projections:
- Travaillons avec la norme sur .
- Soit la i-ème projection. Pour , on a .
- Pour , on a .
- Ceci montre que est 1-lipschitzienne pour la norme , et donc continue.
- Puisque toutes les normes sur sont équivalentes (car est de dimension finie), les projections sont continues quelle que soit la norme produit choisie.
-
Caractérisation de la compacité:
- () Supposons compact.
- Pour chaque , est une application continue. L’image du compact par l’application continue est le compact . Le résultat est immédiat.
- () Supposons que chaque est compact.
- Soit une suite d’éléments de . Chaque s’écrit .
- Pour chaque , la suite est une suite d’éléments du compact .
- Commençons par . La suite dans le compact admet une sous-suite convergente. Il existe une extractrice telle que converge vers .
- Considérons maintenant la suite dans le compact . Elle admet une sous-suite convergente. Il existe telle que converge vers .
- En répétant ce processus fois, on obtient une extractrice telle que pour chaque , la suite converge vers une limite .
- La sous-suite converge donc dans vers .
- Il reste à montrer que . On sait que est fermé. Pourquoi ? Parce que son complémentaire est ouvert. Ah, on ne sait pas que A est fermé.
- Correction : Le théorème de Tychonoff est plus général. Ici, on est dans un espace métrique. Un ensemble est compact si et seulement si il est fermé et borné. Si chaque est compact, alors il est borné. Donc il existe tel que pour tout , . Alors pour , . Donc est borné.
- Il faut aussi montrer que est fermé. Soit une suite dans qui converge vers . Alors pour chaque , converge vers . Comme est compact, il est fermé. Donc pour tout . Cela ne garantit pas que .
- Reprenons l’argument séquentiel jusqu’au bout. La sous-suite converge vers . On doit montrer . Si est fermé, c’est fini. Prouvons que est fermé. Si chaque est compact, alors . Le produit de compacts est compact (c’est ce que nous sommes en train de prouver). Si l’on admet que le produit de compacts est compact, alors est une partie du compact . Pour que soit compact, il faut et il suffit qu’il soit fermé.
- La proposition est correcte sans hypothèse de fermeture sur A. La limite de la sous-suite est dans . Or, si les sont compacts, est inclus dans le compact . Donc . Si on prouve que est compact (ce qui est l’objet de la preuve), alors il est fermé. Donc est compact. Ce n’est pas la bonne voie.
- L’argument séquentiel est le bon, mais il faut conclure que . Ah, l’énoncé est “A est compact”. On doit donc montrer que la limite de la sous-suite est dans . Puisque est compact, il est fermé. L’argument séquentiel prouve que de toute suite de on peut extraire une sous-suite qui converge. Comme A est fermé, la limite est dans A. Donc l’hypothèse implicite dans le sens est que est fermé et que ses projections sont compactes, et on veut en déduire que est compact. Non. L’énoncé est un “si et seulement si”. L’argument diagonal montre que de toute suite de , on peut extraire une sous-suite qui converge vers un . On a . Donc . Est-ce que ? Pas nécessairement. L’énoncé est vrai pour , c’est-à-dire un produit de compacts est compact.
- OK, prouvons: est compact si chaque l’est. L’argument diagonal ci-dessus montre que de toute suite de , on peut extraire une sous-suite convergente. Sa limite est dans car chaque est fermé. Donc le produit est compact.
- Pour un général: Si les sont compacts, est une partie du compact . Pour que soit compact, il faut et il suffit qu’il soit fermé (dans , ou de manière équivalente, dans ). L’énoncé est donc: est compact est fermé et est borné pour tout . Non, c’est plus subtil. L’énoncé tel quel est juste. Si , il existe une suite avec . L’argument diagonal donne une sous-suite . On a . Et on sait . Il faut . Si n’est pas fermé, l’énoncé est faux. Ex: . , non compacts. Ex: . sont compacts, mais n’est pas compact (non fermé). Donc l’énoncé doit inclure l’hypothèse que A est fermé. fermé de . est compact est borné pour tout . Ceci est vrai car borné chaque est borné.
- () Supposons compact.
-
Produit d’ouverts:
- Soient des ouverts dans . Montrons que est un ouvert de .
- On va montrer que son complémentaire est fermé.
- .
- L’ensemble .
- Comme est ouvert, est fermé.
- Il suffit de montrer que est continue, ce qui est fait au point 1.
- L’image réciproque d’un fermé () par une application continue () est un fermé. Donc chaque est un fermé.
- est une union finie de fermés, c’est donc un fermé.
- Par conséquent, est un ouvert.
Réponse:
- Les projections canoniques sont des applications lipschitziennes pour les normes-produit usuelles, et donc continues.
- Un ensemble est compact si et seulement si il est fermé et que chaque projection est compacte. La preuve pour un produit de compacts se fait par extraction diagonale.
- Le fait que le produit fini d’ouverts est un ouvert est une conséquence directe de la continuité des projections. Le complémentaire d’un produit d’ouverts s’écrit comme une union finie d’ensembles de la forme . Comme les sont fermés et les continues, ces ensembles sont fermés. Leur union finie est donc fermée, et le produit des ouverts est bien un ouvert.