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Topologie sur Rn (A)


Concept 1: Boules Ouvertes et Boules Fermées

Prérequis

  • Espace vectoriel Rn\mathbb{R}^n: Connaissance de l’addition de vecteurs et de la multiplication par un scalaire.
  • Norme sur Rn\mathbb{R}^n: Savoir ce qu’est une norme (axiomes de séparation, d’homogénéité et inégalité triangulaire) et connaître les exemples classiques (1,2,\|\cdot\|_1, \|\cdot\|_2, \|\cdot\|_\infty).
  • Distance associée à une norme: Comprendre que toute norme NN induit une distance dN(x,y)=N(xy)d_N(x, y) = N(x - y).

Définition

Soit NN une norme sur l’espace vectoriel Rn\mathbb{R}^n. Soit xx un point (ou vecteur) de Rn\mathbb{R}^n et rr un nombre réel strictement positif (r>0r > 0).

  1. La boule ouverte de centre xx et de rayon rr pour la norme NN est l’ensemble des points de Rn\mathbb{R}^n dont la distance à xx est strictement inférieure à rr. On la note BN(x,r)B_N(x, r) :

    BN(x,r)={zRn:dN(z,x)<r}={zRn:N(zx)<r} B_N(x, r) = \{z \in \mathbb{R}^n : d_N(z, x) < r\} = \{z \in \mathbb{R}^n : N(z - x) < r\}
  2. La boule fermée de centre xx et de rayon rr pour la norme NN est l’ensemble des points de Rn\mathbb{R}^n dont la distance à xx est inférieure ou égale à rr. On la note BNf(x,r)B_N^f(x, r) :

    BNf(x,r)={zRn:dN(z,x)r}={zRn:N(zx)r} B_N^f(x, r) = \{z \in \mathbb{R}^n : d_N(z, x) \le r\} = \{z \in \mathbb{R}^n : N(z - x) \le r\}

Explication détaillée: Les boules sont les “briques” fondamentales de la topologie. Elles généralisent la notion d’intervalle sur la droite réelle. Un intervalle ouvert ]a,b[]a, b[ est en fait une boule ouverte de centre c=a+b2c = \frac{a+b}{2} et de rayon r=ba2r = \frac{b-a}{2} pour la norme valeur absolue : {xR:xc<r}\{x \in \mathbb{R} : |x-c| < r\}. De même, l’intervalle fermé [a,b][a,b] est une boule fermée. Dans Rn\mathbb{R}^n, la “forme” géométrique d’une boule dépend crucialement de la norme utilisée.

Propriétés Clés

  • Structure: Une boule est toujours définie par trois éléments : une norme NN, un centre xRnx \in \mathbb{R}^n et un rayon r>0r > 0.

  • Inclusion: Pour un même centre et une même norme, une boule de rayon r1r_1 est incluse dans une boule de rayon r2r_2 si r1r2r_1 \le r_2. Plus précisément, BN(x,r1)BN(x,r2)B_N(x, r_1) \subset B_N(x, r_2) si r1<r2r_1 < r_2 et BNf(x,r1)BNf(x,r2)B_N^f(x, r_1) \subset B_N^f(x, r_2) si r1r2r_1 \le r_2.

  • Relation entre boule ouverte et fermée: La boule fermée contient la boule ouverte de même centre et rayon. La différence entre les deux est l’ensemble des points situés à une distance exactement égale à rr du centre, que l’on appelle la sphère de centre xx et de rayon rr:

    SN(x,r)={zRn:dN(z,x)=r} S_N(x, r) = \{z \in \mathbb{R}^n : d_N(z, x) = r\}

    On a alors BNf(x,r)=BN(x,r)SN(x,r)B_N^f(x, r) = B_N(x, r) \cup S_N(x, r).

Exemples

Exemple 1 : Boule pour la norme euclidienne (N=2N = \|\cdot\|_2) dans R2\mathbb{R}^2

Considérons la boule ouverte B2((12),3)B_2(\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}, 3). C’est l’ensemble des points (x,y)R2(x, y) \in \mathbb{R}^2 tels que :

(xy)(12)2<3    (x1)2+(y2)2<3    (x1)2+(y2)2<9 \left\| \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} - \begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix} \right\|_2 < 3 \iff \sqrt{(x-1)^2 + (y-2)^2} < 3 \iff (x-1)^2 + (y-2)^2 < 9

C’est l’intérieur d’un disque de centre (1,2)(1, 2) et de rayon 33. La frontière (le cercle) n’est pas incluse.

Exemple 2 : Boule pour la norme 1 (N=1N = \|\cdot\|_1) dans R2\mathbb{R}^2

Considérons la boule fermée B1f((00),1)B_1^f(\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}, 1). C’est l’ensemble des points (x,y)R2(x, y) \in \mathbb{R}^2 tels que :

(xy)(00)11    x+y1 \left\| \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} - \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \right\|_1 \le 1 \iff |x| + |y| \le 1

Cet ensemble est un carré dont les sommets sont (1,0),(0,1),(1,0)(1,0), (0,1), (-1,0) et (0,1)(0,-1). Il est orienté comme un losange.

Exemple 3 : Boule pour la norme infinie (N=N = \|\cdot\|_\infty) dans R2\mathbb{R}^2

Considérons la boule fermée Bf((00),1)B_\infty^f(\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}, 1). C’est l’ensemble des points (x,y)R2(x, y) \in \mathbb{R}^2 tels que :

(xy)(00)1    max(x,y)1    x1 et y1 \left\| \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} - \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \right\|_\infty \le 1 \iff \max(|x|, |y|) \le 1 \iff |x| \le 1 \text{ et } |y| \le 1

Cet ensemble est le carré [1,1]×[1,1][-1, 1] \times [-1, 1], c’est-à-dire un carré dont les côtés sont parallèles aux axes de coordonnées.

Contre-exemples

  1. Ensemble non borné: Le demi-plan P={(x,y)R2:x>0}P = \{(x, y) \in \mathbb{R}^2 : x > 0\} n’est pas une boule. On ne peut pas l’enfermer dans un cercle de rayon fini centré en un point quelconque.
  2. Forme incorrecte: Dans R2\mathbb{R}^2 avec la norme euclidienne 2\|\cdot\|_2, l’intérieur d’une ellipse qui n’est pas un cercle, par exemple l’ensemble E={(x,y)R2:x24+y2<1}E = \{(x, y) \in \mathbb{R}^2 : \frac{x^2}{4} + y^2 < 1\}, n’est pas une boule pour la norme euclidienne. Pour aucune norme standard, une forme arbitraire ne constituera une boule.

Concepts Liés

  • Convergence de suites: La notion de boule simplifie la définition de la convergence. Une suite (xk)kN(x^k)_{k \in \mathbb{N}} d’éléments de Rn\mathbb{R}^n converge vers aRna \in \mathbb{R}^n pour la norme NN si et seulement si, pour tout ε>0\varepsilon > 0, tous les termes de la suite à partir d’un certain rang sont dans la boule ouverte BN(a,ε)B_N(a, \varepsilon).

    (xk)a    ε>0,kεN,kkε,xkBN(a,ε). (x^k) \to a \iff \forall \varepsilon > 0, \exists k_\varepsilon \in \mathbb{N}, \forall k \ge k_\varepsilon, x^k \in B_N(a, \varepsilon).
  • Ensembles ouverts et fermés: Les boules ouvertes et fermées sont les exemples prototypiques d’ensembles ouverts et fermés, qui sont les notions centrales de la topologie.


Concept 2: Ensembles Ouverts

Prérequis

  • Boules ouvertes: La définition des ensembles ouverts repose entièrement sur celle des boules ouvertes.
  • Logique et théorie des ensembles: Maîtrise des quantificateurs (,\forall, \exists) et des opérations ensemblistes (union \cup, intersection \cap).

Définition

Soit NN une norme sur Rn\mathbb{R}^n. Un sous-ensemble URnU \subset \mathbb{R}^n est dit ouvert (relativement à la norme NN) si pour chaque point xx appartenant à UU, il existe un rayon r>0r > 0 (qui peut dépendre de xx) tel que la boule ouverte de centre xx et de rayon rr soit entièrement incluse dans UU.

Formellement :

U est ouvert    xU,r>0,BN(x,r)U. U \text{ est ouvert} \iff \forall x \in U, \exists r > 0, B_N(x, r) \subset U.

Explication détaillée: Un ensemble est ouvert s’il ne contient aucun point de sa “frontière”. Autour de chaque point d’un ensemble ouvert, on peut trouver un petit “espace de sécurité” (une boule ouverte) qui est encore entièrement contenu dans l’ensemble. Si vous êtes sur un point xx dans un ouvert UU, vous pouvez bouger un tout petit peu dans n’importe quelle direction sans quitter UU.

Propriétés Clés

  • Indépendance de la norme: En dimension finie (sur Rn\mathbb{R}^n), toutes les normes sont équivalentes. Une conséquence majeure est que la nature “ouverte” d’un ensemble ne dépend pas de la norme choisie. Si un ensemble est ouvert pour la norme euclidienne, il le sera aussi pour la norme 1, la norme infinie, ou toute autre norme.
  • Stabilité par opérations ensemblistes:
    1. Toute union (finie ou infinie) d’ensembles ouverts est un ensemble ouvert.
    2. Toute intersection finie d’ensembles ouverts est un ensemble ouvert.
  • Exemples fondamentaux:
    • L’ensemble vide \emptyset est ouvert (la condition est trivialement satisfaite car il n’y a aucun point xx à vérifier).
    • L’espace entier Rn\mathbb{R}^n est ouvert (pour tout xRnx \in \mathbb{R}^n, n’importe quelle boule BN(x,r)B_N(x, r) est incluse dans Rn\mathbb{R}^n).
    • Toute boule ouverte BN(x,r)B_N(x, r) est un ensemble ouvert.

Exemples

Exemple 1 : Une boule ouverte est un ouvert

Soit U=BN(a,R)U = B_N(a, R) une boule ouverte. Pour montrer que UU est un ensemble ouvert, prenons un point quelconque xUx \in U. Par définition, dN(x,a)<Rd_N(x, a) < R. Posons δ=RdN(x,a)\delta = R - d_N(x, a). On a δ>0\delta > 0. Montrons que la boule BN(x,δ)B_N(x, \delta) est incluse dans UU. Pour tout yBN(x,δ)y \in B_N(x, \delta), on a dN(y,x)<δd_N(y, x) < \delta. Par l’inégalité triangulaire :

dN(y,a)dN(y,x)+dN(x,a)<δ+dN(x,a)=(RdN(x,a))+dN(x,a)=R. d_N(y, a) \le d_N(y, x) + d_N(x, a) < \delta + d_N(x, a) = (R - d_N(x, a)) + d_N(x, a) = R.

Donc dN(y,a)<Rd_N(y, a) < R, ce qui signifie que yUy \in U. Ainsi, BN(x,δ)UB_N(x, \delta) \subset U, et UU est bien un ouvert.

Exemple 2 : Un demi-plan strict

L’ensemble P={(x1,x2)R2:x1>0}P = \{(x_1, x_2) \in \mathbb{R}^2 : x_1 > 0\} est un ouvert de R2\mathbb{R}^2.

Soit a=(a1,a2)a = (a_1, a_2) un point de PP. On a donc a1>0a_1 > 0. Choisissons le rayon r=a1r = a_1. Montrons que la boule (pour la norme infinie \|\cdot\|_\infty pour simplifier) B(a,r)B_\infty(a, r) est incluse dans PP.

Soit x=(x1,x2)B(a,r)x = (x_1, x_2) \in B_\infty(a, r). Cela signifie que max(x1a1,x2a2)<r=a1\max(|x_1 - a_1|, |x_2 - a_2|) < r = a_1.

En particulier, x1a1<a1|x_1 - a_1| < a_1, ce qui implique a1<x1a1<a1-a_1 < x_1 - a_1 < a_1. L’inégalité de gauche donne 0<x10 < x_1. Donc tout point xx de cette boule a sa première coordonnée strictement positive, et appartient donc à PP. PP est bien un ouvert.

Exemple 3 : Le complémentaire d’une droite

L’ensemble U=R2{(x,y):x=y}U = \mathbb{R}^2 \setminus \{(x, y) : x=y\} est un ouvert.

Soit a=(a1,a2)Ua = (a_1, a_2) \in U, on a donc a1a2a_1 \ne a_2. La distance (euclidienne) du point aa à la droite d’équation y=xy=x est d=a1a22d = \frac{|a_1 - a_2|}{\sqrt{2}}. Posons r=d/2r = d/2. La boule ouverte B2(a,r)B_2(a, r) ne rencontre pas la droite y=xy=x et est donc entièrement incluse dans UU.

Contre-exemples

  1. Intersection infinie d’ouverts: Considérons dans R\mathbb{R} l’intersection des ouverts Un=]1/n,1/n[U_n = ]-1/n, 1/n[ pour tout entier n1n \ge 1.

    n=1Un=n=1]1n,1n[={0} \bigcap_{n=1}^\infty U_n = \bigcap_{n=1}^\infty \left]- \frac{1}{n}, \frac{1}{n}\right[ = \{0\}

    L’ensemble résultant est le singleton {0}\{0\}, qui n’est pas un ouvert dans R\mathbb{R} (toute boule ouverte centrée en 0 contient des points non nuls).

  2. Un ensemble avec sa frontière: Un intervalle semi-ouvert comme I=[0,1[I = [0, 1[ dans R\mathbb{R} n’est pas ouvert. Le point 00 est dans II. Mais pour tout r>0r>0, la boule ouverte B(0,r)=]r,r[B(0, r) = ]-r, r[ contient des points négatifs qui ne sont pas dans II. Il est donc impossible de trouver une boule centrée en 0 et incluse dans II.

Concepts Liés

  • Ensembles fermés: Un ensemble est fermé si son complémentaire est ouvert. C’est la notion “duale” de celle d’ouvert.
  • Intérieur d’un ensemble: L’intérieur d’un ensemble AA est le plus grand ouvert contenu dans AA. C’est une façon de “retirer” la frontière d’un ensemble pour ne garder que la partie ouverte.

Concept 3: Ensembles Fermés et Caractérisation Séquentielle

Prérequis

  • Ensembles ouverts: La définition d’un ensemble fermé repose sur celle d’un ensemble ouvert.
  • Suites convergentes: La caractérisation séquentielle des fermés est un outil essentiel qui lie la topologie à l’analyse des suites.

Définition

Soit NN une norme sur Rn\mathbb{R}^n. Un sous-ensemble FRnF \subset \mathbb{R}^n est dit fermé si son complémentaire, RnF\mathbb{R}^n \setminus F, est un ensemble ouvert.

Explication détaillée: Intuitivement, un ensemble fermé est un ensemble qui contient tous ses “points limites”. Si l’on prend une suite de points à l’intérieur d’un ensemble fermé et que cette suite converge, alors sa limite doit aussi appartenir à l’ensemble. On ne peut pas “s’échapper” d’un ensemble fermé par un processus de limite.

Attention ! Un ensemble n’est pas une porte : il n’est pas forcément “ouvert” ou “fermé”.

  • Rn\mathbb{R}^n et \emptyset sont à la fois ouverts et fermés.
  • L’intervalle [0,1[[0, 1[ dans R\mathbb{R} n’est ni ouvert, ni fermé.

Propriétés Clés

  • Indépendance de la norme: Tout comme pour les ouverts, la nature “fermée” d’un ensemble dans Rn\mathbb{R}^n ne dépend pas de la norme choisie.

  • Stabilité par opérations ensemblistes: (Par passage au complémentaire des propriétés des ouverts, via les lois de De Morgan)

    1. Toute intersection (finie ou infinie) d’ensembles fermés est un ensemble fermé.
    2. Toute union finie d’ensembles fermés est un ensemble fermé.
  • Exemples fondamentaux:

    • \emptyset et Rn\mathbb{R}^n sont fermés.
    • Toute boule fermée BNf(x,r)B_N^f(x, r) est un ensemble fermé.
  • Caractérisation séquentielle de la fermeture (Proposition 2.15): C’est un outil extrêmement puissant et pratique. Un ensemble FRnF \subset \mathbb{R}^n est fermé si et seulement si pour toute suite (xk)kN(x^k)_{k \in \mathbb{N}} d’éléments de FF qui converge vers une limite xRnx \in \mathbb{R}^n, cette limite xx appartient nécessairement à FF.

    F est fermeˊ    ((xk)FN, si xkx alors xF) F \text{ est fermé} \iff \left( \forall (x^k) \in F^\mathbb{N}, \text{ si } x^k \to x \text{ alors } x \in F \right)

Exemples

Exemple 1 : Un singleton est un fermé

Soit F={a}F = \{a\} un ensemble contenant un seul point de Rn\mathbb{R}^n. Montrons qu’il est fermé avec la caractérisation séquentielle.

Soit (xk)(x^k) une suite d’éléments de FF qui converge vers une limite xx.

Puisque xkFx^k \in F pour tout kk, on a xk=ax^k = a pour tout kk. C’est une suite constante.

La limite d’une suite constante est l’élément constant lui-même, donc x=limkxk=ax = \lim_{k \to \infty} x^k = a.

La limite xx est bien dans FF. Donc, FF est un fermé.

Exemple 2 : Une boule fermée est un fermé

Soit F=BNf(a,R)={zRn:N(za)R}F = B_N^f(a, R) = \{z \in \mathbb{R}^n : N(z-a) \le R\}. Montrons que FF est fermé.

Soit (xk)(x^k) une suite de points de FF qui converge vers xRnx \in \mathbb{R}^n.

Pour tout kk, on a N(xka)RN(x^k - a) \le R.

La fonction zN(za)z \mapsto N(z-a) est continue (car la norme l’est). Comme xkxx^k \to x, on a N(xka)N(xa)N(x^k-a) \to N(x-a).

Par passage à la limite dans les inégalités, l’inégalité large est préservée :

limkN(xka)R    N(xa)R \lim_{k \to \infty} N(x^k - a) \le R \implies N(x - a) \le R

Cela signifie que xFx \in F. Donc FF est un fermé.

Exemple 3 : L’ensemble {(x,y)R2:sin(x)+cos(y)1}\{(x, y) \in \mathbb{R}^2 : \sin(x) + \cos(y) \le 1\} est fermé

Soit F={(x,y)R2:sin(x)+cos(y)1}F = \{(x, y) \in \mathbb{R}^2 : \sin(x) + \cos(y) \le 1\}.

Soit ((xk,yk))kN((x_k, y_k))_{k \in \mathbb{N}} une suite de points dans FF qui converge vers (x,y)R2(x,y) \in \mathbb{R}^2.

Pour tout kk, on a sin(xk)+cos(yk)1\sin(x_k) + \cos(y_k) \le 1.

La convergence de (xk,yk)(x_k, y_k) vers (x,y)(x,y) signifie que xkxx_k \to x et ykyy_k \to y.

Les fonctions sinus et cosinus sont continues. Donc, sin(xk)sin(x)\sin(x_k) \to \sin(x) et cos(yk)cos(y)\cos(y_k) \to \cos(y).

Par passage à la limite dans l’inégalité, on obtient :

limk(sin(xk)+cos(yk))1    sin(x)+cos(y)1 \lim_{k \to \infty} (\sin(x_k) + \cos(y_k)) \le 1 \implies \sin(x) + \cos(y) \le 1

La limite (x,y)(x,y) vérifie la condition, donc (x,y)F(x,y) \in F. L’ensemble FF est fermé.

Contre-exemples

  1. Union infinie de fermés: Considérons dans R\mathbb{R} l’union des fermés Fn=[0,11/n]F_n = [0, 1 - 1/n] pour tout entier n2n \ge 2.

    n=2Fn=n=2[0,11n]=[0,1[ \bigcup_{n=2}^\infty F_n = \bigcup_{n=2}^\infty \left[0, 1 - \frac{1}{n}\right] = [0, 1[

    L’ensemble résultant est [0,1[[0, 1[, qui n’est pas fermé car il ne contient pas sa “limite” 1. La suite xk=11/kx_k = 1 - 1/k est dans l’ensemble pour k2k \ge 2, mais sa limite 11 n’y est pas.

  2. Une boule ouverte n’est pas fermée: Soit U=B2(0,1)U = B_2(0, 1) le disque unité ouvert dans R2\mathbb{R}^2. Considérons la suite de points xk=(11/k,0)x^k = (1 - 1/k, 0). Chaque point xkx^k est dans UU car xk2=11/k<1\|x^k\|_2 = 1 - 1/k < 1. Cette suite converge vers x=(1,0)x=(1,0). Or, x2=1\|x\|_2=1, donc xx n’appartient pas à UU. Nous avons trouvé une suite de points de UU dont la limite n’est pas dans UU, donc UU n’est pas fermé.

Concepts Liés

  • Ensembles ouverts: La notion duale, définie par le passage au complémentaire.
  • Adhérence d’un ensemble: L’adhérence de AA est le plus petit fermé qui contient AA.
  • Parties compactes: Dans Rn\mathbb{R}^n, un ensemble compact est nécessairement fermé (et borné).

Concept 4: Intérieur, Adhérence et Frontière

Prérequis

  • Ensembles ouverts et fermés: Ces notions sont directement utilisées dans les définitions.
  • Boules ouvertes: La définition de l’intérieur et de l’adhérence repose sur les boules.

Définition

Soit AA une partie de Rn\mathbb{R}^n.

  1. Intérieur: Un point xRnx \in \mathbb{R}^n est un point intérieur à AA s’il existe une boule ouverte centrée en xx entièrement contenue dans AA. L’intérieur de AA, noté A˚\mathring{A}, est l’ensemble de tous ses points intérieurs.

    A˚={xAr>0,BN(x,r)A} \mathring{A} = \{ x \in A \mid \exists r > 0, B_N(x,r) \subset A \}
  2. Adhérence: Un point xRnx \in \mathbb{R}^n est un point adhérent à AA si toute boule ouverte centrée en xx rencontre AA (c’est-à-dire, a une intersection non vide avec AA). L’adhérence de AA, notée Aˉ\bar{A}, est l’ensemble de tous ses points adhérents.

    Aˉ={xRnr>0,BN(x,r)A} \bar{A} = \{ x \in \mathbb{R}^n \mid \forall r > 0, B_N(x,r) \cap A \neq \emptyset \}
  3. Frontière: La frontière de AA, notée A\partial A ou Fr(A)\text{Fr}(A), est l’ensemble des points qui sont adhérents à la fois à AA et à son complémentaire RnA\mathbb{R}^n \setminus A. C’est l’ensemble des points “sur le bord” de AA.

    A=Aˉ(RnA)=AˉA˚ \partial A = \bar{A} \cap \overline{(\mathbb{R}^n \setminus A)} = \bar{A} \setminus \mathring{A}

Propriétés Clés

  • Nature des ensembles:

    • A˚\mathring{A} est toujours un ensemble ouvert. C’est le plus grand ouvert contenu dans AA.
    • Aˉ\bar{A} est toujours un ensemble fermé. C’est le plus petit fermé contenant AA.
  • Caractérisation des ouverts et fermés:

    • Un ensemble AA est ouvert si et seulement si A=A˚A = \mathring{A}.
    • Un ensemble AA est fermé si et seulement si A=AˉA = \bar{A}.
  • Inclusions: Pour tout ensemble AA, on a A˚AAˉ\mathring{A} \subseteq A \subseteq \bar{A}.

  • Caractérisation séquentielle de l’adhérence: Un point xx est dans l’adhérence Aˉ\bar{A} si et seulement s’il existe une suite d’éléments de AA qui converge vers xx.

    Aˉ={xRn(xk)AN,xkx} \bar{A} = \{ x \in \mathbb{R}^n \mid \exists (x^k) \in A^\mathbb{N}, x^k \to x \}
  • Lien avec le complémentaire: (RnA)=RnA˚\overline{(\mathbb{R}^n \setminus A)} = \mathbb{R}^n \setminus \mathring{A} et (RnA)˚=RnAˉ\mathring{(\mathbb{R}^n \setminus A)} = \mathbb{R}^n \setminus \bar{A}.

Exemples

Exemple 1 : L’intervalle semi-ouvert A=[0,1[A = [0, 1[ dans R\mathbb{R}

  • Intérieur A˚\mathring{A}: Un point xAx \in A est intérieur si on peut trouver un intervalle ouvert ]xr,x+r[]x-r, x+r[ dans AA. C’est possible pour tous les points de ]0,1[]0,1[. Mais pour x=0x=0, tout intervalle ]r,r[]-r,r[ contient des nombres négatifs non dans AA. Donc A˚=]0,1[\mathring{A} = ]0, 1[.
  • Adhérence Aˉ\bar{A}: On cherche les limites de suites de points de AA. Tous les points de AA sont limites de suites constantes. Le point 11 est la limite de la suite xk=11/kx_k = 1 - 1/k, qui est dans AA. Donc 1Aˉ1 \in \bar{A}. Le point 00 est aussi dans Aˉ\bar{A}. On trouve Aˉ=[0,1]\bar{A} = [0, 1].
  • Frontière A\partial A: A=AˉA˚=[0,1]]0,1[={0,1}\partial A = \bar{A} \setminus \mathring{A} = [0,1] \setminus ]0,1[ = \{0, 1\}.

Exemple 2 : L’ensemble des rationnels A=QA = \mathbb{Q} dans R\mathbb{R}

  • Intérieur A˚\mathring{A}: Soit qQq \in \mathbb{Q}. Toute boule ouverte (intervalle) ]qr,q+r[]q-r, q+r[ contient des nombres irrationnels. Il est donc impossible de trouver une boule incluse dans Q\mathbb{Q}. Donc Q˚=\mathring{\mathbb{Q}} = \emptyset.
  • Adhérence Aˉ\bar{A}: On sait que tout nombre réel est la limite d’une suite de nombres rationnels (par exemple, ses approximations décimales). Donc Qˉ=R\bar{\mathbb{Q}} = \mathbb{R}.
  • Frontière A\partial A: A=AˉA˚=R=R\partial A = \bar{A} \setminus \mathring{A} = \mathbb{R} \setminus \emptyset = \mathbb{R}.

Exemple 3 : Le disque unité ouvert A=B2(0,1)A = B_2(0,1) dans R2\mathbb{R}^2

  • Intérieur A˚\mathring{A}: AA est un ensemble ouvert, donc A˚=A=B2(0,1)\mathring{A} = A = B_2(0,1).
  • Adhérence Aˉ\bar{A}: L’adhérence est la boule fermée B2f(0,1)B_2^f(0,1). Tout point sur le cercle unité est limite de points du disque ouvert (par ex, (1,0)(1,0) est la limite de (11/k,0)(1-1/k, 0)).
  • Frontière A\partial A: A=AˉA˚=B2f(0,1)B2(0,1)={(x,y)R2:x2+y2=1}\partial A = \bar{A} \setminus \mathring{A} = B_2^f(0,1) \setminus B_2(0,1) = \{ (x,y) \in \mathbb{R}^2 : x^2+y^2 = 1 \}. C’est le cercle unité.

Contre-exemples

  1. Point non intérieur: Pour A=[0,1]A = [0, 1], le point x=1x=1 n’est pas un point intérieur. Toute boule B(1,r)=]1r,1+r[B(1,r)=]1-r, 1+r[ contient des points plus grands que 1, qui ne sont pas dans AA.
  2. Point non adhérent: Pour A=[0,1]A = [0, 1], le point x=2x=2 n’est pas un point adhérent. La boule B(2,0.5)=]1.5,2.5[B(2, 0.5)=]1.5, 2.5[ ne contient aucun point de AA.

Concepts Liés

  • Parties denses: Une partie AA est dense dans BB si BAˉB \subseteq \bar{A}. La notion d’adhérence est donc centrale pour définir la densité.
  • Continuité des fonctions: L’image réciproque d’un ouvert par une fonction continue est un ouvert. L’image réciproque d’un fermé est un fermé. L’adhérence et l’intérieur sont des outils clés pour étudier ces propriétés.

Concept 5: Parties Denses

Prérequis

  • Adhérence d’un ensemble: La définition de la densité est BAˉB \subseteq \bar{A}.
  • Caractérisation séquentielle de l’adhérence: Très utile pour démontrer la densité.

Définition

Soient AA et BB deux parties de Rn\mathbb{R}^n telles que ABA \subset B. On dit que l’ensemble AA est dense dans l’ensemble BB si l’adhérence de AA contient BB. Formellement :

A est dense dans B    BAˉ. A \text{ est dense dans } B \iff B \subseteq \bar{A}.

Le cas le plus courant est celui où B=RnB = \mathbb{R}^n. On dit alors que AA est dense dans Rn\mathbb{R}^n si Aˉ=Rn\bar{A} = \mathbb{R}^n.

Explication détaillée: Dire que AA est dense dans BB signifie que les points de AA sont “suffisamment nombreux et bien répartis” pour que l’on puisse approcher n’importe quel point de BB d’aussi près que l’on veut par des points de AA. Tout point de BB est soit dans AA, soit une “limite” de points de AA.

Propriétés Clés

  • Caractérisation séquentielle de la densité: Une partie ABA \subset B est dense dans BB si et seulement si, pour tout élément bBb \in B, il existe une suite (ak)kN(a^k)_{k \in \mathbb{N}} d’éléments de AA qui converge vers bb.

    A dense dans B    bB,(ak)AN telle que akb. A \text{ dense dans } B \iff \forall b \in B, \exists (a^k) \in A^\mathbb{N} \text{ telle que } a^k \to b.
  • Caractérisation par les boules: AA est dense dans Rn\mathbb{R}^n si et seulement si toute boule ouverte non vide de Rn\mathbb{R}^n contient au moins un point de AA.

  • Transitivité: Si AA est dense dans BB et BB est dense dans CC, alors AA est dense dans CC.

Exemples

Exemple 1 : Q\mathbb{Q} est dense dans R\mathbb{R}

C’est l’exemple le plus célèbre. Pour tout nombre réel xx et tout ε>0\varepsilon > 0, l’intervalle ]xε,x+ε[]x-\varepsilon, x+\varepsilon[ contient au moins un nombre rationnel. De façon équivalente, tout réel xx peut être écrit comme la limite d’une suite de rationnels (par exemple, la suite de ses approximations décimales tronquées). Par exemple, pour π=3.14159...\pi = 3.14159..., la suite (3,3.1,3.14,3.141,...)(3, 3.1, 3.14, 3.141, ...) est une suite de rationnels qui converge vers π\pi. Donc Qˉ=R\bar{\mathbb{Q}} = \mathbb{R}.

Exemple 2 : Qn\mathbb{Q}^n est dense dans Rn\mathbb{R}^n

Soit x=(x1,,xn)x = (x_1, \dots, x_n) un point quelconque de Rn\mathbb{R}^n. Pour chaque coordonnée xix_i, puisque Q\mathbb{Q} est dense dans R\mathbb{R}, il existe une suite de rationnels (qik)kN(q_i^k)_{k \in \mathbb{N}} qui converge vers xix_i.

Considérons la suite de points de Qn\mathbb{Q}^n définie par qk=(q1k,,qnk)q^k = (q_1^k, \dots, q_n^k).

Un vecteur-suite converge si et seulement si chacune de ses composantes converge. Comme qikxiq_i^k \to x_i pour tout i=1,,ni=1,\dots,n, la suite (qk)(q^k) converge vers xx.

Nous avons donc montré que tout point de Rn\mathbb{R}^n est la limite d’une suite de points de Qn\mathbb{Q}^n. Donc Qn=Rn\overline{\mathbb{Q}^n} = \mathbb{R}^n.

Exemple 3 : L’ensemble des nombres irrationnels est dense dans R\mathbb{R}

Soit A=RQA = \mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}. Pour tout réel xx, la suite xk=x+2kx_k = x + \frac{\sqrt{2}}{k} est une suite de nombres irrationnels (si xx est rationnel, la somme est irrationnelle ; si xx est irrationnel, la somme est irrationnelle) qui converge vers xx. Donc Aˉ=R\bar{A} = \mathbb{R}.

Contre-exemples

  1. L’ensemble des entiers Z\mathbb{Z} n’est pas dense dans R\mathbb{R}.

    L’adhérence de Z\mathbb{Z} est Z\mathbb{Z} lui-même (car Z\mathbb{Z} est un ensemble fermé). On a Zˉ=ZR\bar{\mathbb{Z}} = \mathbb{Z} \neq \mathbb{R}. Par exemple, il est impossible d’approcher le réel 0.50.5 par une suite d’entiers. La boule ouverte ]0.2,0.8[]0.2, 0.8[ ne contient aucun entier.

  2. Un sous-espace strict n’est pas dense.

    La droite D={(x,0)R2}D = \{(x, 0) \in \mathbb{R}^2\} n’est pas dense dans R2\mathbb{R}^2. C’est un sous-espace vectoriel de dimension 1, qui est un ensemble fermé. Son adhérence est donc lui-même, Dˉ=DR2\bar{D} = D \neq \mathbb{R}^2. Le point (0,1)(0,1) ne peut pas être approché par une suite de points de DD.

Concepts Liés

  • Analyse numérique et approximation: La densité est le fondement théorique de nombreuses méthodes d’approximation. Par exemple, le fait que les polynômes soient denses dans l’espace des fonctions continues (théorème de Weierstrass) permet d’approcher n’importe quelle fonction continue par un polynôme.

Concept 6: Parties Compactes (Théorème de Heine-Borel)

Prérequis

  • Ensembles fermés et bornés: Ces deux notions sont les ingrédients de la caractérisation des compacts dans Rn\mathbb{R}^n.
  • Suites, sous-suites et convergence: La définition fondamentale de la compacité est séquentielle.

Définition

  1. Partie Bornée: Une partie ARnA \subset \mathbb{R}^n est dite bornée s’il existe un réel R>0R > 0 tel qu’elle soit entièrement contenue dans la boule (ouverte ou fermée) de centre l’origine et de rayon RR.

    A est borneˊe    R>0,ABN(0,R). A \text{ est bornée} \iff \exists R > 0, A \subset B_N(0, R).

    Cette propriété ne dépend pas de la norme choisie sur Rn\mathbb{R}^n.

  2. Partie Compacte (Définition de Bolzano-Weierstrass): Une partie KRnK \subset \mathbb{R}^n est dite compacte si de toute suite d’éléments de KK, on peut extraire une sous-suite qui converge vers une limite appartenant à KK.

Explication détaillée: La compacité est une notion plus forte que “fermé” ou “borné”. C’est une propriété “d’autorégulation” pour les suites. Si vous avez une suite de points dans un compact, même si elle “saute” partout (ne converge pas), vous pouvez toujours trouver une sous-suite (une sélection infinie de ses termes) qui, elle, se “calme” et converge vers un point du compact.

Propriétés Clés

  • Théorème de Heine-Borel (Caractérisation dans Rn\mathbb{R}^n): C’est le résultat le plus important concernant la compacité dans Rn\mathbb{R}^n.

    Un sous-ensemble de Rn\mathbb{R}^n est compact si et seulement si il est fermé et borné.

  • Conséquences de la définition:

    • Toute partie compacte est nécessairement fermée. (Si une suite de KK converge vers xx, la définition du compact assure qu’une sous-suite converge vers un yKy \in K. Par unicité de la limite, x=yKx=y \in K. Donc KK est fermé.)
    • Toute partie compacte est nécessairement bornée. (S’il n’était pas borné, on pourrait construire une suite de points dont la norme tend vers l’infini, et aucune sous-suite ne pourrait converger).
  • Stabilité:

    • Un sous-ensemble fermé d’un compact est compact.
    • Le produit cartésien d’un nombre fini de compacts est un compact.

Exemples

Exemple 1 : Un segment dans R\mathbb{R}

L’intervalle K=[a,b]K = [a, b] est compact.

  • Il est fermé (son complémentaire ],a[]b,+[]-\infty, a[ \cup ]b, +\infty[ est une union d’ouverts, donc un ouvert).
  • Il est borné (il est contenu dans la boule B(0,max(a,b)+1)B(0, \max(|a|, |b|) + 1)).

D’après le théorème de Heine-Borel, [a,b][a,b] est compact.

Exemple 2 : Une boule fermée dans Rn\mathbb{R}^n

L’ensemble K=BNf(x,r)K = B_N^f(x, r) est compact.

  • Il est fermé (voir Concept 3).
  • Il est borné. Par l’inégalité triangulaire, si zBNf(x,r)z \in B_N^f(x, r), alors N(z)=N(zx+x)N(zx)+N(x)r+N(x)N(z) = N(z-x+x) \le N(z-x) + N(x) \le r + N(x). Donc KK est contenu dans la boule BN(0,r+N(x)+1)B_N(0, r + N(x) + 1).

Étant fermé et borné, il est compact.

Exemple 3 : L’ensemble D={(x,y)R2:x2+y44}D = \{(x, y) \in \mathbb{R}^2 : x^2 + y^4 \le 4\}

Montrons que DD est compact.

  • Fermé: La fonction f(x,y)=x2+y4f(x,y) = x^2 + y^4 est continue sur R2\mathbb{R}^2. L’ensemble DD peut s’écrire D=f1(],4])D = f^{-1}(]-\infty, 4]). C’est l’image réciproque d’un intervalle fermé par une fonction continue, c’est donc un ensemble fermé.
  • Borné: Si (x,y)D(x,y) \in D, alors x24x^2 \le 4 et y44y^4 \le 4. Cela implique x2|x| \le 2 et y2|y| \le \sqrt{2}. Donc DD est contenu dans le rectangle borné [2,2]×[2,2][-2, 2] \times [-\sqrt{2}, \sqrt{2}]. DD est donc borné.

DD est fermé et borné, donc il est compact.

Contre-exemples

  1. Fermé mais non borné: L’intervalle [0,+[[0, +\infty[ est fermé dans R\mathbb{R} mais il n’est pas borné. Il n’est donc pas compact. La suite xk=kx_k = k est dans l’ensemble, mais aucune sous-suite ne converge.
  2. Borné mais non fermé: L’intervalle ]0,1[]0, 1[ est borné (contenu dans [1,1][-1, 1]) mais il n’est pas fermé. Il n’est donc pas compact. La suite xk=1/kx_k = 1/k (pour k2k \ge 2) est dans l’ensemble, elle converge vers 00, mais la limite 00 n’est pas dans l’ensemble.

Concepts Liés

  • Analyse: La compacité est fondamentale pour l’analyse. Par exemple, le théorème des bornes atteintes (ou théorème de Weierstrass) stipule que toute fonction continue sur un ensemble compact à valeurs dans R\mathbb{R} est bornée et atteint ses bornes (c’est-à-dire qu’elle a un minimum et un maximum).

Concept 7: Équivalence des Normes et Complétude de Rn\mathbb{R}^n

Prérequis

  • Normes sur Rn\mathbb{R}^n: Définition et exemples.
  • Parties compactes: Le théorème d’équivalence des normes utilise la compacité de la sphère unité.
  • Suites convergentes.

Définitions et Théorèmes Clés

  1. Théorème d’Équivalence des Normes (Théorème 2.33): Sur un espace vectoriel de dimension finie comme Rn\mathbb{R}^n, toutes les normes sont équivalentes.

    Cela signifie que pour deux normes quelconques N1N_1 et N2N_2 sur Rn\mathbb{R}^n, il existe deux constantes strictement positives α\alpha et β\beta telles que, pour tout vecteur xRnx \in \mathbb{R}^n :

    αN1(x)N2(x)βN1(x) \alpha N_1(x) \le N_2(x) \le \beta N_1(x)
  2. Suite de Cauchy: Une suite (xk)(x^k) d’éléments de Rn\mathbb{R}^n est une suite de Cauchy si ses termes se rapprochent arbitrairement les uns des autres. Formellement, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe un rang KK tel que pour tous les indices p,qKp, q \ge K, on a dN(xp,xq)<εd_N(x^p, x^q) < \varepsilon.

  3. Complétude de Rn\mathbb{R}^n (Proposition 2.37): L’espace Rn\mathbb{R}^n est complet. Cela signifie que toute suite de Cauchy dans Rn\mathbb{R}^n est une suite convergente (c’est-à-dire qu’elle admet une limite dans Rn\mathbb{R}^n).

Dans Rn\mathbb{R}^n, une suite est convergente si et seulement si elle est de Cauchy.

Propriétés et Conséquences

  • Conséquence de l’équivalence des normes: C’est un résultat extrêmement puissant. Il implique que toutes les notions topologiques dans Rn\mathbb{R}^n sont intrinsèques et ne dépendent pas du choix de la norme.
    • Une suite qui converge pour une norme converge pour toutes les autres (vers la même limite).
    • Un ensemble ouvert/fermé/borné/compact/dense pour une norme l’est aussi pour toutes les autres.
    • On peut donc parler “d’un ouvert de Rn\mathbb{R}^n” sans préciser la norme. En pratique, on choisit toujours la norme qui simplifie le plus les calculs (1,2\|\cdot\|_1, \|\cdot\|_2 ou \|\cdot\|_\infty).
  • Puissance de la complétude: La complétude garantit que Rn\mathbb{R}^n n’a “pas de trous”. Si une suite “devrait” converger (car ses termes se resserrent), alors sa limite existe bien dans l’espace. C’est ce qui distingue R\mathbb{R} de Q\mathbb{Q}.

Exemples

Exemple 1 : Équivalence des normes 1\|\cdot\|_1 et 2\|\cdot\|_2 dans Rn\mathbb{R}^n

On peut montrer que pour tout xRnx \in \mathbb{R}^n, on a les inégalités suivantes :

x2x1nx2 \|x\|_2 \le \|x\|_1 \le \sqrt{n} \|x\|_2

Ici, α=1\alpha = 1 et β=n\beta = \sqrt{n} (en prenant N1=1N_1=\|\cdot\|_1 et N2=2N_2=\|\cdot\|_2). Cela illustre concrètement l’équivalence. Une suite qui tend vers 0 pour la norme 1 tendra aussi vers 0 pour la norme 2, et vice versa.

Exemple 2 : Suite de Cauchy dans R\mathbb{R}

Considérons la suite des approximations décimales de 2\sqrt{2}: x0=1x_0=1, x1=1.4x_1=1.4, x2=1.41x_2=1.41, x3=1.414x_3=1.414, etc.

  • C’est une suite d’éléments de Q\mathbb{Q}.
  • C’est une suite de Cauchy : pour p,qp, q grands, xpx_p et xqx_q ont de nombreuses décimales communes, donc xpxq|x_p - x_q| est très petit.
  • La suite converge vers 2\sqrt{2}. Dans R\mathbb{R}, qui est complet, cette suite a une limite.
  • Dans Q\mathbb{Q}, qui n’est pas complet, cette suite est de Cauchy mais ne converge pas (car sa limite 2\sqrt{2} n’est pas dans Q\mathbb{Q}).

Exemple 3 : Méthode de Newton

De nombreux algorithmes itératifs en analyse numérique, comme la méthode de Newton pour trouver les zéros d’une fonction, génèrent des suites qui sont des suites de Cauchy. La complétude de Rn\mathbb{R}^n garantit que si l’algorithme “fonctionne bien”, la suite des approximations convergera vers une solution.

Contre-exemples

  1. Un espace non complet : Qn\mathbb{Q}^n.

    Comme vu dans l’exemple 2, l’espace des vecteurs à coordonnées rationnelles, Qn\mathbb{Q}^n, n’est pas complet. On peut construire des suites de Cauchy de points dans Qn\mathbb{Q}^n dont la limite a des coordonnées irrationnelles, et donc n’est pas dans Qn\mathbb{Q}^n.

  2. Dimension infinie : pas d’équivalence des normes.

    Le théorème d’équivalence des normes est spécifique à la dimension finie. Considérons l’espace des fonctions continues sur [0,1][0,1], noté C([0,1])C([0,1]). On peut le munir de la norme “sup” f=supx[0,1]f(x)\|f\|_\infty = \sup_{x \in [0,1]} |f(x)| et de la norme “intégrale” f1=01f(x)dx\|f\|_1 = \int_0^1 |f(x)| dx. Ces deux normes ne sont pas équivalentes. La suite de fonctions “pic” fn(x)f_n(x) qui vaut nn sur [0,1/n2][0, 1/n^2] et 0 ailleurs converge vers la fonction nulle pour la norme 1, mais pas pour la norme infinie.

Concepts Liés

  • Espaces de Banach: Un espace vectoriel normé qui est complet est appelé un espace de Banach. Rn\mathbb{R}^n est donc l’exemple le plus simple et fondamental d’espace de Banach.
  • Analyse fonctionnelle: L’étude des espaces de dimension infinie (comme les espaces de fonctions) où la complétude et le choix de la norme deviennent des questions cruciales.