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Topologie sur Rn (B)


Concept 1: Topologie Normée sur Rn\mathbb{R}^n et Indépendance de la Norme

Prérequis

  • Espaces vectoriels normés, distance induite par une norme
  • Suites dans Rn\mathbb{R}^n et convergence
  • Notions de base de la théorie des ensembles (union, intersection, complémentaire)

Définition

Soit (Rn,N)(\mathbb{R}^n, N) un espace vectoriel normé.

  1. Boule Ouverte: Pour xRnx \in \mathbb{R}^n et r>0r > 0, la boule ouverte de centre xx et de rayon rr est l’ensemble BN(x,r)={zRn:N(zx)<r}B_N(x, r) = \{z \in \mathbb{R}^n : N(z-x) < r\}.
  2. Ensemble Ouvert: Un sous-ensemble URnU \subseteq \mathbb{R}^n est dit ouvert si pour tout xUx \in U, il existe un réel r>0r > 0 tel que BN(x,r)UB_N(x, r) \subseteq U. La collection de tous les ensembles ouverts de (Rn,N)(\mathbb{R}^n, N) est appelée la Topologienduite par la norme NN.
  3. Ensemble Fermé: Un sous-ensemble FRnF \subseteq \mathbb{R}^n est dit fermé si son complémentaire RnF\mathbb{R}^n \setminus F est un ensemble ouvert.

La topologie sur Rn\mathbb{R}^n est l’ensemble des parties ouvertes. Elle vérifie les axiomes suivants :

  • \emptyset et Rn\mathbb{R}^n sont ouverts.
  • Toute union (finie ou infinie) d’ouverts est un ouvert.
  • Toute intersection finie d’ouverts est un ouvert.

Propriétés Clés

  • Caractère Ouvert des Boules Ouvertes (Prop 2.3) : Toute boule ouverte BN(x,r)B_N(x,r) est un ensemble ouvert.

    Démonstration : Soit zBN(x,r)z \in B_N(x, r). On a N(zx)<rN(z-x) < r. Posons δ=rN(zx)>0\delta = r - N(z-x) > 0. Montrons que BN(z,δ)BN(x,r)B_N(z, \delta) \subseteq B_N(x, r). Pour tout yBN(z,δ)y \in B_N(z, \delta), on a N(yz)<δN(y-z) < \delta. Par l’inégalité triangulaire, N(yx)N(yz)+N(zx)<δ+N(zx)=(rN(zx))+N(zx)=rN(y-x) \le N(y-z) + N(z-x) < \delta + N(z-x) = (r - N(z-x)) + N(z-x) = r. Donc, yBN(x,r)y \in B_N(x, r), ce qui prouve l’inclusion.

  • Indépendance de la Topologie par rapport à la Norme (Prop 2.5) : Toutes les normes sur Rn\mathbb{R}^n étant équivalentes, elles induisent la même topologie. Autrement dit, si NN et NN' sont deux normes sur Rn\mathbb{R}^n, un ensemble URnU \subseteq \mathbb{R}^n est ouvert pour NN si et seulement si il est ouvert pour NN'.

    Démonstration : Soient NN et NN' deux normes équivalentes. Il existe α,β>0\alpha, \beta > 0 tels que xRn,αN(x)N(x)βN(x)\forall x \in \mathbb{R}^n, \alpha N'(x) \le N(x) \le \beta N'(x).

    Supposons UU ouvert pour NN. Soit xUx \in U. Il existe r>0r > 0 tel que BN(x,r)UB_N(x, r) \subseteq U.

    On cherche r>0r' > 0 tel que BN(x,r)UB_{N'}(x, r') \subseteq U.

    Soit zBN(x,r/β)z \in B_{N'}(x, r/\beta). Alors N(zx)<r/βN'(z-x) < r/\beta.

    En utilisant l’inégalité N(zx)βN(zx)N(z-x) \le \beta N'(z-x), on obtient N(zx)<β(r/β)=rN(z-x) < \beta (r/\beta) = r.

    Donc zBN(x,r)z \in B_N(x, r). Ceci montre que BN(x,r/β)BN(x,r)UB_{N'}(x, r/\beta) \subseteq B_N(x, r) \subseteq U.

    On a trouvé un rayon r=r/β>0r' = r/\beta > 0 tel que BN(x,r)UB_{N'}(x, r') \subseteq U. Donc UU est ouvert pour NN'.

    La réciproque s’obtient par symétrie en utilisant l’inégalité N(x)1αN(x)N'(x) \le \frac{1}{\alpha} N(x).

  • Propriétés des Fermés (Prop 2.13) : Par passage au complémentaire (lois de De Morgan) :

    • Toute intersection (finie ou infinie) de fermés est un fermé.
    • Toute union finie de fermés est un fermé.

Exemples

Exemple 1 : Le demi-espace ouvert

Soit aRn{0}a \in \mathbb{R}^n \setminus \{0\} et cRc \in \mathbb{R}. L’ensemble H={xRn:a,x>c}H = \{x \in \mathbb{R}^n : \langle a, x \rangle > c\}, où ,\langle \cdot, \cdot \rangle est le produit scalaire euclidien, est un ouvert.

Preuve : On utilise la norme euclidienne 2\|\cdot\|_2. Soit x0Hx_0 \in H. On a a,x0>c\langle a, x_0 \rangle > c. Posons δ=a,x0c>0\delta = \langle a, x_0 \rangle - c > 0. Soit r=δa2>0r = \frac{\delta}{\|a\|_2} > 0. Montrons que B2(x0,r)HB_2(x_0, r) \subseteq H. Pour tout yB2(x0,r)y \in B_2(x_0, r), on peut écrire y=x0+hy = x_0 + h avec h2<r\|h\|_2 < r. Alors, a,y=a,x0+a,h\langle a, y \rangle = \langle a, x_0 \rangle + \langle a, h \rangle. Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz, a,ha2h2<a2r=δ|\langle a, h \rangle| \le \|a\|_2 \|h\|_2 < \|a\|_2 r = \delta. Donc a,h>δ\langle a, h \rangle > -\delta.

Il s’ensuit que a,y>a,x0δ=(c+δ)δ=c\langle a, y \rangle > \langle a, x_0 \rangle - \delta = (c+\delta) - \delta = c. Ainsi, yHy \in H.

Exemple 2 : L’ensemble R2Δ\mathbb{R}^2 \setminus \Delta

Soit Δ={(x,y)R2:x=y}\Delta = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 : x=y\}. L’ensemble U=R2ΔU = \mathbb{R}^2 \setminus \Delta est ouvert.

Preuve : On utilise la norme 1\|\cdot\|_1 pour simplifier. Soit a=(a1,a2)Ua=(a_1, a_2) \in U. On a a1a2a_1 \neq a_2. Posons r=a1a22>0r = \frac{|a_1 - a_2|}{2} > 0. Soit x=(x1,x2)B1(a,r)x=(x_1, x_2) \in B_1(a, r). On a xa1=x1a1+x2a2<r\|x-a\|_1 = |x_1-a_1| + |x_2-a_2| < r.

Par l’inégalité triangulaire inversée :

x1x2=(a1a2)(a1x1)(x2a2)a1a2x1a1x2a2=a1a2xa1>2rr=r|x_1 - x_2| = |(a_1 - a_2) - (a_1 - x_1) - (x_2 - a_2)| \ge |a_1 - a_2| - |x_1 - a_1| - |x_2 - a_2| = |a_1 - a_2| - \|x-a\|_1 > 2r - r = r.

Comme r>0r>0, on a x1x2>0|x_1 - x_2| > 0, donc x1x2x_1 \neq x_2, ce qui signifie xUx \in U. Donc B1(a,r)UB_1(a, r) \subseteq U.

Exemple 3 : Produit d’ouverts

Si U1Rn1U_1 \subset \mathbb{R}^{n_1} et U2Rn2U_2 \subset \mathbb{R}^{n_2} sont ouverts, alors U1×U2U_1 \times U_2 est un ouvert de Rn1+n2\mathbb{R}^{n_1+n_2}.

Preuve : Munissons Rn1+n2\mathbb{R}^{n_1+n_2} de la norme produit (x,y)=max(x,y)\|(x,y)\|_\infty = \max(\|x\|_\infty, \|y\|_\infty). Soit (x0,y0)U1×U2(x_0, y_0) \in U_1 \times U_2. Comme U1,U2U_1, U_2 sont ouverts, il existe r1,r2>0r_1, r_2 > 0 tels que B(x0,r1)U1B_\infty(x_0, r_1) \subseteq U_1 et B(y0,r2)U2B_\infty(y_0, r_2) \subseteq U_2. Posons r=min(r1,r2)r = \min(r_1, r_2). Alors la boule B((x0,y0),r)B_\infty((x_0, y_0), r) dans Rn1+n2\mathbb{R}^{n_1+n_2} est exactement B(x0,r)×B(y0,r)B_\infty(x_0, r) \times B_\infty(y_0, r). Puisque rr1r \le r_1 et rr2r \le r_2, on a B(x0,r)×B(y0,r)B(x0,r1)×B(y0,r2)U1×U2B_\infty(x_0, r) \times B_\infty(y_0, r) \subseteq B_\infty(x_0, r_1) \times B_\infty(y_0, r_2) \subseteq U_1 \times U_2. Donc U1×U2U_1 \times U_2 est ouvert.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Intersection infinie d’ouverts

Une intersection infinie d’ouverts n’est pas nécessairement ouverte. Dans R\mathbb{R}, considérons les ouverts Un=]1/n,1/n[U_n = \left]-1/n, 1/n\right[ pour nNn \in \mathbb{N}^*. Leur intersection est n=1Un={0}\bigcap_{n=1}^\infty U_n = \{0\}, qui est un ensemble fermé et non ouvert.

Contre-exemple 2 : Union infinie de fermés

Une union infinie de fermés n’est pas nécessairement fermée. Dans Rn\mathbb{R}^n, pour nNn \in \mathbb{N}^*, les boules fermées Fn=BNf(0,11/n)F_n = B_N^f(0, 1 - 1/n) sont des ensembles fermés. Leur union est n=1Fn=BN(0,1)\bigcup_{n=1}^\infty F_n = B_N(0, 1), qui est une boule ouverte, donc un ensemble ouvert et non fermé.

Concepts Liés

  • Espaces topologiques: La notion d’ensemble ouvert est axiomatisée pour définir des structures plus générales appelées espaces topologiques, où la notion de distance n’est pas forcément présente.
  • Connexité: Rn\mathbb{R}^n est un espace connexe, ce qui implique que les seules parties à la fois ouvertes et fermées (clopen) sont \emptyset et Rn\mathbb{R}^n lui-même.
  • Continuité: La topologie est le cadre fondamental pour définir la continuité des fonctions entre espaces normés. Une fonction f:RnRmf: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^m est continue si et seulement si l’image réciproque de tout ouvert de Rm\mathbb{R}^m est un ouvert de Rn\mathbb{R}^n.

Applications

  • Analyse fonctionnelle: La topologie des espaces normés est la base de l’analyse fonctionnelle, qui étudie les espaces de fonctions de dimension infinie.
  • Géométrie différentielle: Les variétés différentielles sont des espaces topologiques qui localement “ressemblent” à Rn\mathbb{R}^n. La topologie est donc cruciale pour leur définition.
  • Optimisation: Les conditions d’optimalité pour des problèmes avec contraintes font souvent appel à des propriétés topologiques des ensembles de contraintes (ouverts, fermés).

Concept 2: Adhérence, Intérieur et Densité

Prérequis

  • Concept 1: Topologie normée (ensembles ouverts et fermés)
  • Suites convergentes

Définition

Soit AA une partie de Rn\mathbb{R}^n muni d’une norme NN.

  1. Point intérieur: xRnx \in \mathbb{R}^n est un point intérieur à AA s’il existe r>0r>0 tel que BN(x,r)AB_N(x, r) \subseteq A. L’ensemble des points intérieurs de AA est l’intérieur de AA, noté A˚\mathring{A}.
  2. Point adhérent: xRnx \in \mathbb{R}^n est un point adhérent à AA si pour tout r>0r>0, la boule BN(x,r)B_N(x,r) a une intersection non vide avec AA (BN(x,r)AB_N(x, r) \cap A \neq \emptyset). L’ensemble des points adhérents à AA est l’adhérence (ou la fermeture) de AA, noté Aˉ\bar{A}.
  3. Densité: Soit ABRnA \subseteq B \subseteq \mathbb{R}^n. On dit que AA est dense dans BB si BAˉB \subseteq \bar{A}.

Propriétés Clés

  • Caractérisation de l’Intérieur (Thm 2.17): A˚\mathring{A} est le plus grand ouvert contenu dans AA.

    Démonstration:

    • A˚\mathring{A} est ouvert : Soit xA˚x \in \mathring{A}. Il existe r>0r>0 tel que BN(x,r)AB_N(x, r) \subseteq A. Pour tout yBN(x,r)y \in B_N(x, r), la boule BN(x,r)B_N(x,r) est elle-même un ouvert, donc il existe r>0r' > 0 tel que BN(y,r)BN(x,r)AB_N(y, r') \subseteq B_N(x, r) \subseteq A. Ceci montre que yA˚y \in \mathring{A}. Donc BN(x,r)A˚B_N(x, r) \subseteq \mathring{A}, prouvant que A˚\mathring{A} est ouvert.
    • C’est le plus grand : Soit OO un ouvert tel que OAO \subseteq A. Pour tout xOx \in O, comme OO est ouvert, il existe r>0r>0 tel que BN(x,r)OAB_N(x, r) \subseteq O \subseteq A. Par définition, xA˚x \in \mathring{A}. Donc OA˚O \subseteq \mathring{A}.
  • Caractérisation de l’Adhérence (Thm 2.19): Aˉ\bar{A} est le plus petit fermé contenant AA.

    Démonstration:

    • Aˉ\bar{A} est fermé : Montrons que son complémentaire RnAˉ\mathbb{R}^n \setminus \bar{A} est ouvert. xAˉ    r>0,BN(x,r)A=x \notin \bar{A} \iff \exists r>0, B_N(x, r) \cap A = \emptyset. Soit yBN(x,r)y \in B_N(x,r). Cette boule étant ouverte, il existe r>0r'>0 t.q. BN(y,r)BN(x,r)B_N(y,r') \subseteq B_N(x,r). Donc BN(y,r)A=B_N(y,r') \cap A = \emptyset, ce qui signifie que yAˉy \notin \bar{A}. Ainsi, BN(x,r)RnAˉB_N(x,r) \subseteq \mathbb{R}^n \setminus \bar{A}, prouvant que RnAˉ\mathbb{R}^n \setminus \bar{A} est ouvert.
    • C’est le plus petit : Soit FF un fermé tel que AFA \subseteq F. Alors RnF\mathbb{R}^n \setminus F est un ouvert disjoint de AA. Pour tout xRnFx \in \mathbb{R}^n \setminus F, il existe r>0r>0 t.q. BN(x,r)RnFB_N(x,r) \subseteq \mathbb{R}^n \setminus F, donc BN(x,r)A=B_N(x,r) \cap A = \emptyset. Cela implique que xAˉx \notin \bar{A}. On a donc RnFRnAˉ\mathbb{R}^n \setminus F \subseteq \mathbb{R}^n \setminus \bar{A}, ce qui est équivalent à AˉF\bar{A} \subseteq F.
  • Caractérisation Séquentielle de l’Adhérence (Prop 2.21): xAˉx \in \bar{A} si et seulement s’il existe une suite (xk)kN(x_k)_{k \in \mathbb{N}} d’éléments de AA qui converge vers xx.

    Démonstration:

    (    \implies) Soit xAˉx \in \bar{A}. Pour tout kNk \in \mathbb{N}^*, BN(x,1/k)AB_N(x, 1/k) \cap A \neq \emptyset. On peut donc choisir un élément xkBN(x,1/k)Ax_k \in B_N(x, 1/k) \cap A. La suite (xk)(x_k) est une suite d’éléments de AA et vérifie N(xkx)<1/kN(x_k-x) < 1/k, donc xkxx_k \to x.

    (    \impliedby) Soit (xk)(x_k) une suite d’éléments de AA convergeant vers xx. Pour tout r>0r>0, il existe KNK \in \mathbb{N} tel que pour kKk \ge K, N(xkx)<rN(x_k-x) < r, i.e., xkBN(x,r)x_k \in B_N(x,r). Comme xkAx_k \in A, on a xkBN(x,r)Ax_k \in B_N(x,r) \cap A, donc cette intersection est non vide. Ceci étant vrai pour tout r>0r>0, xAˉx \in \bar{A}.

  • Corollaire (Caractérisation séquentielle des fermés) : FF est fermé si et seulement si pour toute suite (xk)(x_k) d’éléments de FF qui converge vers xRnx \in \mathbb{R}^n, on a xFx \in F. (C’est-à-dire F=FˉF = \bar{F}).

Exemples

Exemple 1 : L’ensemble des rationnels

Dans R\mathbb{R}, soit A=QA = \mathbb{Q}.

  • A˚=\mathring{A} = \emptyset. Pour tout xQx \in \mathbb{Q} et tout r>0r>0, l’intervalle ]xr,x+r[]x-r, x+r[ contient des nombres irrationnels.
  • Aˉ=R\bar{A} = \mathbb{R}. Pour tout xRx \in \mathbb{R}, on peut construire une suite de rationnels (par exemple, par troncature décimale) qui converge vers xx.
  • Q\mathbb{Q} est dense dans R\mathbb{R}.

Exemple 2 : Une boule ouverte

Dans Rn\mathbb{R}^n, soit A=BN(x,r)A = B_N(x,r).

  • A˚=A\mathring{A} = A, car une boule ouverte est un ensemble ouvert.
  • Aˉ=BNf(x,r)={zRn:N(zx)r}\bar{A} = B_N^f(x,r) = \{z \in \mathbb{R}^n : N(z-x) \le r\}. Pour tout zz tel que N(zx)=rN(z-x)=r, la suite xk=x+(11/k)(zx)x_k = x + (1 - 1/k)(z-x) est dans AA et converge vers zz.

Exemple 3 : Un ensemble mixte

Soit A={(x,y)R2:x>0,y0}A = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 : x>0, y \ge 0\}.

  • A˚={(x,y)R2:x>0,y>0}\mathring{A} = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 : x>0, y > 0\}. Un point (x0,0)(x_0, 0) avec x0>0x_0>0 n’est pas intérieur car toute boule centrée en ce point contient des points avec une ordonnée négative.
  • Aˉ={(x,y)R2:x0,y0}\bar{A} = \{(x,y) \in \mathbb{R}^2 : x \ge 0, y \ge 0\}. Les points de la forme (0,y0)(0, y_0) avec y00y_0 \ge 0 sont adhérents car la suite (1/k,y0)(1/k, y_0) est dans AA et converge vers (0,y0)(0, y_0).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : L’intérieur de l’adhérence

En général, (Aˉ)˚A˚\mathring{(\bar{A})} \neq \mathring{A}.

Soit A=QnRnA = \mathbb{Q}^n \subset \mathbb{R}^n. On a A˚=\mathring{A} = \emptyset.

Cependant, Aˉ=Rn\bar{A} = \mathbb{R}^n, donc (Aˉ)˚=(Rn)˚=Rn\mathring{(\bar{A})} = \mathring{(\mathbb{R}^n)} = \mathbb{R}^n.

Contre-exemple 2 : L’adhérence de l’intérieur

En général, (A˚)Aˉ\overline{(\mathring{A})} \neq \bar{A}.

Soit A={xRn:x21}{(2,0,...,0)}A = \{x \in \mathbb{R}^n : \|x\|_2 \le 1\} \cup \{ (2,0,...,0) \}. AA est fermé, donc Aˉ=A\bar{A}=A.

L’intérieur est A˚={xRn:x2<1}\mathring{A} = \{x \in \mathbb{R}^n : \|x\|_2 < 1\}.

L’adhérence de l’intérieur est (A˚)={xRn:x21}\overline{(\mathring{A})} = \{x \in \mathbb{R}^n : \|x\|_2 \le 1\}.

Clairement, (A˚)Aˉ\overline{(\mathring{A})} \neq \bar{A} car le point (2,0,...,0)(2,0,...,0) a disparu.

Concepts Liés

  • Frontière: La frontière d’un ensemble AA est définie par A=AˉA˚\partial A = \bar{A} \setminus \mathring{A}. C’est l’ensemble des points qui sont adhérents à la fois à AA et à son complémentaire. C’est toujours un ensemble fermé.
  • Points d’accumulation et points isolés: Un point xx est un point d’accumulation de AA si toute boule centrée en xx contient un point de AA autre que xx. Un point xAx \in A est un point isolé s’il n’est pas un point d’accumulation. On a Aˉ=AA\bar{A} = A \cup A'AA' est l’ensemble des points d’accumulation de AA.

Applications

  • Théorie de l’approximation: La densité de certains ensembles de fonctions (polynômes, fonctions trigonométriques) dans des espaces fonctionnels plus larges (fonctions continues) est un résultat fondamental (Théorèmes de Stone-Weierstrass).
  • Analyse numérique: La convergence d’un schéma numérique vers la solution d’une équation est une notion d’adhérence. L’ensemble des solutions approchées doit avoir la vraie solution comme point adhérent.
  • Définition de la complétion: Un espace métrique (X,d)(X,d) peut être “complété” en construisant un nouvel espace Xˉ\bar{X} dans lequel XX est un sous-ensemble dense et qui est complet. R\mathbb{R} est la complétion de Q\mathbb{Q}.

Concept 3: Compacité Séquentielle et Théorème de Heine-Borel

Prérequis

  • Suites, sous-suites (suites extraites)
  • Concept 1 et 2 (ensembles fermés, adhérence)
  • Théorème de Bolzano-Weierstrass dans R\mathbb{R}

Définition

  1. Ensemble Borné: Une partie ARnA \subset \mathbb{R}^n est dite bornée s’il existe R>0R > 0 tel que ABN(0,R)A \subseteq B_N(0, R). (Cette définition est indépendante de la norme choisie car toutes les normes sont équivalentes).
  2. Ensemble Compact (Définition Séquentielle): Une partie KRnK \subset \mathbb{R}^n est dite compacte si de toute suite d’éléments de KK, on peut extraire une sous-suite qui converge vers un élément de KK.

Propriétés Clés

  • Un compact est fermé et borné (Lemme 2.28 et preuve de Thm 2.31)

    Preuve: Soit KK un compact de Rn\mathbb{R}^n.

    • KK est fermé: Utilisons la caractérisation séquentielle des fermés. Soit (xk)(x_k) une suite d’éléments de KK qui converge vers xRnx \in \mathbb{R}^n. Il faut montrer que xKx \in K. Comme KK est compact, il existe une sous-suite (xkj)(x_{k_j}) qui converge vers une limite yKy \in K. Or, toute sous-suite d’une suite convergente converge vers la même limite. Donc y=xy=x. Ainsi, xKx \in K.
    • KK est borné: Procédons par l’absurde. Si KK n’est pas borné, alors pour tout entier kNk \in \mathbb{N}^*, il existe xkKx_k \in K tel que N(xk)kN(x_k) \ge k. La suite (xk)(x_k) est une suite d’éléments de KK. Toute sous-suite (xkj)(x_{k_j}) vérifiera N(xkj)kjN(x_{k_j}) \ge k_j \to \infty. Une telle sous-suite ne peut donc pas converger (car toute suite convergente est bornée). Ceci contredit la compacité de KK. Donc KK est borné.
  • Théorème de Heine-Borel (Thm 2.31): Une partie KRnK \subset \mathbb{R}^n est compacte si et seulement si elle est fermée et bornée.

    Démonstration: Le sens direct a été prouvé ci-dessus.

    (    \impliedby) Supposons KK fermé et borné. Soit (x(k))kN(x^{(k)})_{k \in \mathbb{N}} une suite d’éléments de KK. Puisque les normes sont équivalentes, nous travaillons avec la norme \|\cdot\|_\infty.

    Le fait que KK soit borné signifie qu’il existe R>0R>0 tel que KB(0,R)=[R,R]nK \subseteq B_\infty(0,R) = [-R,R]^n.

    La suite des premières coordonnées (x1(k))k(x_1^{(k)})_k est une suite réelle bornée dans [R,R][-R,R]. Par le théorème de Bolzano-Weierstrass, on peut en extraire une sous-suite convergente (x1(φ1(k)))k(x_1^{(\varphi_1(k))})_k vers un certain x1[R,R]x_1 \in [-R,R].

    Considérons maintenant la suite des deuxièmes coordonnées de la sous-suite extraite, (x2(φ1(k)))k(x_2^{(\varphi_1(k))})_k. C’est aussi une suite réelle bornée. On peut en extraire une sous-suite convergente (x2(φ1φ2(k)))k(x_2^{(\varphi_1 \circ \varphi_2(k))})_k vers un x2[R,R]x_2 \in [-R,R].

    En répétant ce procédé nn fois (extraction diagonale), on construit une fonction d’extraction φ=φ1φn\varphi = \varphi_1 \circ \dots \circ \varphi_n telle que pour chaque composante i{1,,n}i \in \{1, \dots, n\}, la suite (xi(φ(k)))k(x_i^{(\varphi(k))})_k converge vers une limite xi[R,R]x_i \in [-R,R].

    La sous-suite (x(φ(k)))k(x^{(\varphi(k))})_k converge donc vers le vecteur x=(x1,,xn)x = (x_1, \dots, x_n) dans Rn\mathbb{R}^n (pour la norme \|\cdot\|_\infty).

    Puisque x(k)Kx^{(k)} \in K pour tout kk et que KK est fermé, la limite xx de la sous-suite convergente doit appartenir à KK.

    Nous avons donc extrait une sous-suite de (x(k))k(x^{(k)})_k qui converge dans KK. KK est donc compact.

Exemples

Exemple 1 : La sphère unité

L’ensemble Sn1={xRn:x2=1}S^{n-1} = \{x \in \mathbb{R}^n : \|x\|_2 = 1\} est compact.

Preuve:

  • Fermé: C’est l’image réciproque du singleton {1}\{1\} (qui est fermé dans R\mathbb{R}) par l’application continue xx2x \mapsto \|x\|_2.
  • Borné: Pour tout xSn1x \in S^{n-1}, x2=1\|x\|_2 = 1, donc Sn1B2(0,2)S^{n-1} \subset B_2(0,2).

Par Heine-Borel, Sn1S^{n-1} est compact.

Exemple 2 : Le tore

Dans R3\mathbb{R}^3, le tore de grand rayon RR et petit rayon r<Rr < R est l’ensemble des points à distance rr d’un cercle de rayon RR dans le plan xyxy. Paramétriquement, T={((R+rcosθ)cosϕ,(R+rcosθ)sinϕ,rsinθ):θ,ϕ[0,2π]}T = \{((R+r\cos\theta)\cos\phi, (R+r\cos\theta)\sin\phi, r\sin\theta) : \theta, \phi \in [0, 2\pi]\}. C’est l’image du compact [0,2π]2R2[0, 2\pi]^2 \subset \mathbb{R}^2 par une fonction continue, c’est donc un compact.

Exemple 3 : Graphe d’une fonction continue sur un compact

Soit KRnK \subset \mathbb{R}^n un compact et f:KRmf: K \to \mathbb{R}^m une fonction continue. Le graphe de ff, Gf={(x,f(x))Rn+m:xK}G_f = \{(x, f(x)) \in \mathbb{R}^{n+m} : x \in K\}, est compact.

Preuve: Soit (zk)k=(xk,f(xk))k(z_k)_k = (x_k, f(x_k))_k une suite dans GfG_f. Puisque xkKx_k \in K et KK est compact, il existe une sous-suite (xkj)j(x_{k_j})_j qui converge vers xKx \in K. Par continuité de ff, f(xkj)f(x)f(x_{k_j}) \to f(x). Donc, la sous-suite (zkj)j=(xkj,f(xkj))j(z_{k_j})_j = (x_{k_j}, f(x_{k_j}))_j converge vers (x,f(x))(x, f(x)), qui est un point de GfG_f. GfG_f est donc compact.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Ensemble fermé non borné

L’axe des abscisses F={(x,0)R2:xR}F = \{(x, 0) \in \mathbb{R}^2 : x \in \mathbb{R}\} est fermé mais non borné. Il n’est pas compact. La suite (xk)k=((k,0))k(x_k)_k = ((k, 0))_k est dans FF mais n’admet aucune sous-suite convergente.

Contre-exemple 2 : Ensemble borné non fermé

La boule unité ouverte B2(0,1)B_2(0, 1) dans Rn\mathbb{R}^n est bornée mais non fermée. Elle n’est pas compacte. La suite (xk)k(x_k)_k avec xk=(11/k,0,,0)x_k = (1 - 1/k, 0, \dots, 0) est dans B2(0,1)B_2(0, 1), converge vers (1,0,,0)(1, 0, \dots, 0), mais cette limite n’est pas dans B2(0,1)B_2(0, 1).

Concepts Liés

  • Topologie compacte-ouverte: En analyse fonctionnelle, la notion de compacité est utilisée pour définir des topologies sur des espaces de fonctions, comme la topologie de la convergence uniforme sur les compacts.
  • Théorème de Weierstrass: L’image d’un compact par une fonction continue à valeurs réelles est un compact. Par conséquent, toute fonction continue sur un compact est bornée et atteint ses bornes.
  • Continuité uniforme: Toute fonction continue sur un compact est uniformément continue.

Applications

  • Théorèmes d’existence en analyse: De nombreux théorèmes d’existence reposent sur la compacité. Par exemple, le théorème de Peano-Arzelà pour l’existence de solutions à des équations différentielles ordinaires utilise la compacité dans l’espace des fonctions continues C(K)C(K).
  • Optimisation: Le théorème de Weierstrass garantit l’existence d’un minimum et d’un maximum pour une fonction continue définie sur un ensemble de contraintes compact.
  • Analyse numérique: La compacité est utilisée pour prouver la convergence de méthodes d’approximation, par exemple dans la théorie des éléments finis.

Concept 4: Complétude de Rn\mathbb{R}^n et Équivalence des Normes

Prérequis

  • Suites de Cauchy
  • Concept 3: Compacité

Définition

  1. Suite de Cauchy: Une suite (xk)kN(x_k)_{k \in \mathbb{N}} dans un espace normé (Rn,N)(\mathbb{R}^n, N) est une suite de Cauchy si ε>0,KN\forall \varepsilon > 0, \exists K \in \mathbb{N} tel que pour tous p,qKp, q \ge K, N(xpxq)<εN(x_p - x_q) < \varepsilon.
  2. Espace complet: Un espace normé est dit complet si toute suite de Cauchy y est convergente.

Propriétés Clés

  • Théorème d’Équivalence des Normes (Thm 2.33): Toutes les normes sur un espace vectoriel de dimension finie Rn\mathbb{R}^n sont équivalentes.

    Démonstration:

    Il suffit de montrer que toute norme NN sur Rn\mathbb{R}^n est équivalente à la norme euclidienne 2\|\cdot\|_2.

    Soit (e1,,en)(e_1, \dots, e_n) la base canonique de Rn\mathbb{R}^n. Pour x=i=1nxieix = \sum_{i=1}^n x_i e_i:

    1. Existence de la borne supérieure:

      N(x)=N(xiei)xiN(ei)N(x) = N(\sum x_i e_i) \le \sum |x_i| N(e_i). Par Cauchy-Schwarz, xi1(xi2)1/2(12)1/2=x2n\sum |x_i| \cdot 1 \le (\sum x_i^2)^{1/2} (\sum 1^2)^{1/2} = \|x\|_2 \sqrt{n}.

      Alors N(x)xiN(ei)(maxjN(ej))xi(maxjN(ej))nx2N(x) \le \sum |x_i| N(e_i) \le (\max_j N(e_j)) \sum |x_i| \le (\max_j N(e_j)) \sqrt{n} \|x\|_2.

      Posons C=(maxjN(ej))nC = (\max_j N(e_j)) \sqrt{n} (ou plus simplement C=N(ei)C=\sum N(e_i) comme dans le texte). On a N(x)Cx2N(x) \le C \|x\|_2.

    2. Existence de la borne inférieure:

      Nous voulons montrer qu’il existe D>0D>0 tel que Dx2N(x)D \|x\|_2 \le N(x).

      Considérons la fonction f:(Rn,2)Rf: (\mathbb{R}^n, \|\cdot\|_2) \to \mathbb{R} définie par f(x)=N(x)f(x) = N(x).

      Montrons que ff est continue. f(x)f(y)=N(x)N(y)N(xy)Cxy2|f(x) - f(y)| = |N(x) - N(y)| \le N(x-y) \le C\|x-y\|_2. C’est une fonction CC-lipschitzienne, donc continue.

      Considérons la sphère unité S2={xRn:x2=1}S_2 = \{x \in \mathbb{R}^n : \|x\|_2 = 1\}.

      D’après le théorème de Heine-Borel, S2S_2 est un compact de (Rn,2)(\mathbb{R}^n, \|\cdot\|_2).

      Par le théorème de Weierstrass, la fonction continue ff atteint son minimum sur le compact S2S_2. Il existe x0S2x_0 \in S_2 tel que f(x0)=minxS2f(x)f(x_0) = \min_{x \in S_2} f(x). Notons D=f(x0)=N(x0)D = f(x_0) = N(x_0).

      Puisque x0S2x_0 \in S_2, on a x00x_0 \neq 0, donc par la propriété de séparation des normes, D=N(x0)>0D = N(x_0) > 0.

      Maintenant, pour tout xRn{0}x \in \mathbb{R}^n \setminus \{0\}, le vecteur x/x2x/\|x\|_2 est dans S2S_2.

      Donc N(x/x2)DN(x/\|x\|_2) \ge D. Par homogénéité, 1x2N(x)D\frac{1}{\|x\|_2} N(x) \ge D, ce qui donne N(x)Dx2N(x) \ge D\|x\|_2.

      Pour x=0x=0, l’inégalité est triviale. On a donc Dx2N(x)Cx2D \|x\|_2 \le N(x) \le C \|x\|_2.

  • Théorème de Complétude de Rn\mathbb{R}^n (Prop 2.37): L’espace Rn\mathbb{R}^n est complet pour n’importe laquelle de ses normes.

    Démonstration:

    Soit (xk)(x_k) une suite de Cauchy dans (Rn,N)(\mathbb{R}^n, N).

    1. Une suite de Cauchy est bornée: Prenons ε=1\varepsilon=1. Il existe KK tel que p,qK,N(xpxq)<1\forall p,q \ge K, N(x_p - x_q) < 1. En particulier, pour tout pKp \ge K, N(xpxK)<1N(x_p - x_K) < 1, donc N(xp)N(xpxK)+N(xK)<1+N(xK)N(x_p) \le N(x_p - x_K) + N(x_K) < 1 + N(x_K).

    L’ensemble {N(x0),...,N(xK1),1+N(xK)}\{N(x_0), ..., N(x_{K-1}), 1+N(x_K)\} est un ensemble fini de réels, il admet un maximum MM. Donc k,N(xk)M\forall k, N(x_k) \le M. La suite est bornée.

    1. Existence d’une sous-suite convergente: L’ensemble des valeurs de la suite {xk:kN}\{x_k : k \in \mathbb{N}\} est une partie bornée. Son adhérence {xk}\overline{\{x_k\}} est une partie fermée et bornée de Rn\mathbb{R}^n, donc compacte par Heine-Borel. La suite (xk)(x_k) est une suite d’éléments de ce compact. Elle admet donc une sous-suite (xkj)(x_{k_j}) qui converge vers une limite {xk}\ell \in \overline{\{x_k\}}.
    2. Convergence de la suite entière: Montrons que la suite (xk)(x_k) entière converge vers \ell.

    Soit ε>0\varepsilon > 0. Puisque (xk)(x_k) est de Cauchy, il existe K1K_1 tel que p,qK1    N(xpxq)<ε/2p, q \ge K_1 \implies N(x_p - x_q) < \varepsilon/2.

    Puisque xkjx_{k_j} \to \ell, il existe JJ tel que jJ    N(xkj)<ε/2j \ge J \implies N(x_{k_j} - \ell) < \varepsilon/2.

    On peut choisir jj assez grand pour que jJj \ge J et kjK1k_j \ge K_1. Fixons un tel jj.

    Alors pour tout pK1p \ge K_1, on a :

    N(xp)N(xpxkj)+N(xkj)N(x_p - \ell) \le N(x_p - x_{k_j}) + N(x_{k_j} - \ell).

    Le premier terme est <ε/2< \varepsilon/2 car pK1p \ge K_1 et kjK1k_j \ge K_1.

    Le second terme est <ε/2< \varepsilon/2 car jJj \ge J.

    Donc N(xp)<ε/2+ε/2=εN(x_p - \ell) < \varepsilon/2 + \varepsilon/2 = \varepsilon.

    Ceci prouve que la suite (xk)(x_k) converge vers \ell.

Exemples

Exemple 1 : Construction de R\mathbb{R}

L’ensemble des nombres réels R\mathbb{R} peut être défini comme la complétion de l’espace métrique (Q,)(\mathbb{Q}, |\cdot|). Les suites de Cauchy de rationnels qui ne convergent pas dans Q\mathbb{Q} (par ex. celle convergeant vers 2\sqrt{2}) correspondent aux nombres irrationnels.

Exemple 2 : Suites définies par récurrence

Considérons la suite dans R2\mathbb{R}^2 définie par x0=(1,1)x_0 = (1,1) et xk+1=12(xk+(2xk,1,3xk,2))x_{k+1} = \frac{1}{2}(x_k + (\frac{2}{x_{k,1}}, \frac{3}{x_{k,2}})). C’est l’application de la méthode de Héron par composantes. On peut montrer qu’elle est de Cauchy dans R2\mathbb{R}^2. Par complétude, elle converge. Sa limite est (2,3)(\sqrt{2}, \sqrt{3}).

Exemple 3 : Convergence des séries

Une série k=0vk\sum_{k=0}^\infty v_k dans Rn\mathbb{R}^n converge si et seulement si elle est de Cauchy, c’est-à-dire si la suite des sommes partielles SN=k=0NvkS_N = \sum_{k=0}^N v_k est de Cauchy. Ceci est équivalent au critère de Cauchy pour les séries : ε>0,K,q>pK,k=p+1qvk<ε\forall \varepsilon > 0, \exists K, \forall q > p \ge K, \|\sum_{k=p+1}^q v_k\| < \varepsilon. La convergence absolue (vk<\sum \|v_k\| < \infty) implique la convergence de la série, car la complétude de R\mathbb{R} entraîne celle de Rn\mathbb{R}^n.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Espace non complet

L’espace Qn\mathbb{Q}^n muni de n’importe quelle norme usuelle n’est pas complet. La suite xkQx_k \in \mathbb{Q} définie par les premières décimales de π\pi (e.g., x0=3,x1=3.1,x2=3.14,x_0=3, x_1=3.1, x_2=3.14, \dots) est une suite de Cauchy dans Q\mathbb{Q} mais ne converge pas dans Q\mathbb{Q}.

Contre-exemple 2 : Espace de dimension infinie

Dans l’espace C([0,1])C([0,1]) des fonctions continues sur [0,1][0,1] muni de la norme L1L^1, f1=01f(t)dt\|f\|_1 = \int_0^1 |f(t)| dt, l’espace n’est pas complet. Considérons la suite de fonctions fk(t)={0si t[0,1/21/k]k(t1/2)+1si t[1/21/k,1/2]1si t[1/2,1]f_k(t) = \begin{cases} 0 & \text{si } t \in [0, 1/2-1/k] \\ k(t-1/2)+1 & \text{si } t \in [1/2-1/k, 1/2] \\ 1 & \text{si } t \in [1/2, 1] \end{cases}. C’est une suite de Cauchy, mais elle converge (au sens L1L^1) vers une fonction discontinue, qui n’est donc pas dans C([0,1])C([0,1]).

De plus, les normes ne sont pas toutes équivalentes en dimension infinie. Sur C([0,1])C([0,1]), les normes \|\cdot\|_\infty et 1\|\cdot\|_1 ne sont pas équivalentes.

Concepts Liés

  • Espaces de Banach: Un espace vectoriel normé complet est appelé un espace de Banach. Rn\mathbb{R}^n est l’exemple prototypique d’un espace de Banach de dimension finie.
  • Théorème du point fixe de Banach (ou de Picard): Dans un espace métrique complet, toute application contractante admet un unique point fixe. Ce théorème fondamental repose de manière cruciale sur la complétude.
  • Théorème de Riesz: En dimension finie, les compacts sont les fermés bornés. Le théorème de Riesz stipule que dans un espace vectoriel normé de dimension infinie, la boule unité fermée n’est jamais compacte. C’est une différence fondamentale avec la dimension finie.

Applications

  • Résolution d’équations: Le théorème du point fixe de Banach, valide grâce à la complétude, est un outil puissant pour prouver l’existence et l’unicité de solutions pour des équations différentielles (théorème de Cauchy-Lipschitz) ou des systèmes d’équations non linéaires.
  • Analyse numérique: La convergence des méthodes itératives (comme la méthode de Newton) pour trouver les zéros de fonctions est souvent prouvée en montrant que la suite des itérés est une suite de Cauchy. La complétude de Rn\mathbb{R}^n garantit alors l’existence d’une limite.
  • Fondement de l’analyse: La complétude est la propriété qui permet de faire de l’analyse “sérieusement”, en garantissant que les objets limites (intégrales, dérivées, etc.) existent bien dans l’espace considéré.