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Normes sur Rⁿ et suites convergentes (B)
Concept 1: Norme sur un Espace Vectoriel Réel
Prérequis
Structure d’espace vectoriel sur R
Propriétés de la valeur absolue sur R
Notions de base de la théorie des ensembles (applications, injectivité)
Définition
Soit E un espace vectoriel sur le corps des nombres réels R. On appelle norme sur E toute application N:E→R+ vérifiant les trois axiomes suivants pour tous vecteurs x,y∈E et tout scalaire λ∈R :
Un espace vectoriel muni d’une norme est appelé espace vectoriel normé (e.v.n.), noté (E,N) ou (E,∥⋅∥).
Propriétés Clés
Positivité : Pour tout x∈E, N(x)≥0.
Démonstration. En utilisant l’inégalité triangulaire et l’homogénéité :
0=N(0E)=N(x−x)≤N(x)+N(−x)=N(x)+∣−1∣N(x)=2N(x).
Donc N(x)≥0. La définition demande que l’image de N soit dans R+, mais cette propriété montre que c’est une conséquence des autres axiomes si l’on suppose seulement N:E→R.
Inégalité triangulaire renversée : Pour tous x,y∈E, on a ∣N(x)−N(y)∣≤N(x−y).
Démonstration. Par l’inégalité triangulaire, N(x)=N(x−y+y)≤N(x−y)+N(y), ce qui donne N(x)−N(y)≤N(x−y). De même, N(y)=N(y−x+x)≤N(y−x)+N(x)=N(x−y)+N(x), d’où N(y)−N(x)≤N(x−y), soit −(N(x)−N(y))≤N(x−y). En combinant les deux inégalités, on obtient le résultat.
Interprétation géométrique : La boule unité fermée d’un e.v.n. (E,N), définie par BN={x∈E∣N(x)≤1}, est une partie de E qui est convexe, symétrique par rapport à l’origine (ou équilibrée) et absorbante. Réciproquement, toute partie de E possédant ces propriétés définit une norme (sa jauge de Minkowski).
Transport de norme : Si NF est une norme sur un espace vectoriel F et f:E→F est une application linéaire injective, alors l’application NE(x)=NF(f(x)) est une norme sur E.
Démonstration. La vérification des axiomes est directe. Par exemple, pour la séparation : NE(x)=0⟺NF(f(x))=0⟺f(x)=0F. Comme f est injective (donc son noyau est {0E}), ceci est équivalent à x=0E.
Exemples
Exemple 1
La valeur absolue ∣⋅∣ est une norme sur l’espace vectoriel R. C’est le cas le plus simple et fondamental.
Exemple 2
Sur Rn, l’application N(x)=∑i=1n∣xi∣ est la norme 1, notée ∥⋅∥1.
Soit C([a,b],R) l’espace des fonctions continues de [a,b] dans R. L’application ∥f∥∞=supt∈[a,b]∣f(t)∣ (le sup est atteint car la fonction est continue sur un compact) est une norme, appelée norme de la convergence uniforme.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 (Semi-norme)
Sur R2, l’application p(x1,x2)=∣x1∣ n’est pas une norme. Elle vérifie l’homogénéité et l’inégalité triangulaire, mais pas la séparation. En effet, p(0,1)=∣0∣=0 bien que (0,1)=(0,0). Une telle application est appelée une semi-norme.
Contre-exemple 2 (Violation de l’homogénéité)
Sur Rn, l’application f(x)=∥x∥22=∑i=1nxi2 n’est pas une norme. Elle ne vérifie pas l’homogénéité absolue : f(λx)=∥λx∥22=λ2∥x∥22=λ2f(x), ce qui est différent de ∣λ∣f(x) sauf cas triviaux.
Concepts Connexes
Distance induite par une norme : Toute norme N sur E induit une distance d(x,y)=N(x−y), transformant (E,d) en un espace métrique.
Topologie d’un e.v.n. : La distance induite par une norme permet de définir une topologie sur E, avec des notions d’ouverts, de fermés, de voisinage et de convergence.
Espace de Banach : Un espace vectoriel normé qui est complet pour la distance induite.
Concept 2: Inégalité de Cauchy-Schwarz et Norme Euclidienne
Prérequis
Espace vectoriel réel
Polynômes du second degré et signe du discriminant
(Facultatif mais recommandé) Produit scalaire
Définition
L’inégalité de Cauchy-Schwarz est un résultat fondamental concernant le produit scalaire canonique sur Rn. Le produit scalaire canonique de deux vecteurs x,y∈Rn est défini par ⟨x,y⟩=∑j=1nxjyj. La norme euclidienne, ou norme 2, est définie par ∥x∥2=⟨x,x⟩=∑j=1nxj2.
Proposition (Inégalité de Cauchy-Schwarz)
Hypothèse : Soient x=t(x1,…,xn) et y=t(y1,…,yn) deux vecteurs de Rn.
En prenant la racine carrée, on obtient l’inégalité. Le cas d’égalité Δ=0 correspond à l’existence d’une racine réelle double t0, ce qui signifie P(t0)=∥x+t0y∥22=0. Par la propriété de séparation de la norme, cela implique x+t0y=0, donc x et y sont colinéaires. Si y=0, la colinéarité et l’égalité sont triviales.
Propriétés Clés
La norme euclidienne est une norme : La séparation et l’homogénéité sont directes. L’inégalité triangulaire (parfois appelée inégalité de Minkowski pour p=2) est une conséquence de Cauchy-Schwarz.
Démonstration de l’inégalité triangulaire.
∥x+y∥22=⟨x+y,x+y⟩=∥x∥22+2⟨x,y⟩+∥y∥22.
En utilisant Cauchy-Schwarz, ⟨x,y⟩≤∣⟨x,y⟩∣≤∥x∥2∥y∥2, donc :
Sur R2, considérons la norme 1, ∥⋅∥1. Soit x=(1,0) et y=(0,1).
∥x+y∥12+∥x−y∥12=∥(1,1)∥12+∥(1,−1)∥12=22+22=8.
2(∥x∥12+∥y∥12)=2(12+12)=4.
Comme 8=4, l’identité du parallélogramme n’est pas vérifiée, donc ∥⋅∥1 n’est pas une norme euclidienne (elle n’est induite par aucun produit scalaire).
Contre-exemple 2 (Inégalité stricte)
Pour tout couple de vecteurs non colinéaires, l’inégalité de Cauchy-Schwarz est stricte. Par exemple, x=(1,1) et y=(1,0) dans R2.
⟨x,y⟩=1. ∥x∥2=2, ∥y∥2=1.
∣⟨x,y⟩∣=1<∥x∥2∥y∥2=2.
Concepts Connexes
Espace préhilbertien / Espace de Hilbert : Un espace vectoriel muni d’un produit scalaire. S’il est complet pour la norme induite, c’est un espace de Hilbert. Rn est un espace de Hilbert de dimension finie.
Orthogonalité : Deux vecteurs x,y sont orthogonaux si ⟨x,y⟩=0.
Inégalité de Hölder : Généralisation de l’inégalité de Cauchy-Schwarz.
Concept 3: Normes usuelles sur Rn (Les normes p)
Prérequis
Définition d’une norme
Sommation (∑) et maximum (max)
Définition
Pour un vecteur x=t(x1,…,xn)∈Rn, on définit les normes usuelles suivantes :
Norme 1 ou norme de Manhattan:
∥x∥1=j=1∑n∣xj∣
Norme euclidienne (déjà vue) :
∥x∥2=(j=1∑nxj2)1/2
Norme infinie ou norme du sup:
∥x∥∞=1≤j≤nmax∣xj∣
Ces trois normes sont des cas particuliers des normes p (ou normes de Hölder), définies pour p≥1 par :
∥x∥p=(j=1∑n∣xj∣p)1/p
On peut montrer que ∥x∥∞=limp→∞∥x∥p.
Propriétés Clés
Preuves de validité : Les démonstrations que ∥⋅∥1 et ∥⋅∥∞ sont des normes sont directes. Celle pour ∥⋅∥2 requiert Cauchy-Schwarz. Pour la norme p générale, l’inégalité triangulaire (inégalité de Minkowski) est non triviale et se déduit de l’inégalité de Hölder.
Géométrie des boules unités : Les boules unités Bp={x∈Rn∣∥x∥p≤1} ont des formes géométriques distinctes. Dans R2:
B1: un carré dont les sommets sont (1,0),(0,1),(−1,0),(0,−1).
B2: le disque unité usuel.
B∞: un carré dont les côtés sont parallèles aux axes, sommets à (±1,±1).
Pour 1≤p≤q≤∞, on a l’inclusion Bp⊆Bq.
Exemples
Exemple 1
Soit le vecteur u=t(1,−1,2,−3,1)∈R5.
∥u∥1=∣1∣+∣−1∣+∣2∣+∣−3∣+∣1∣=1+1+2+3+1=8.
∥u∥2=12+(−1)2+22+(−3)2+12=1+1+4+9+1=16=4.
∥u∥∞=max(∣1∣,∣−1∣,∣2∣,∣−3∣,∣1∣)=3.
Exemple 2
Dans R2, soit x=(−3,4).
∥x∥1=∣−3∣+∣4∣=7.
∥x∥2=(−3)2+42=9+16=25=5.
∥x∥∞=max(∣−3∣,∣4∣)=4.
On observe que ∥x∥∞≤∥x∥2≤∥x∥1.
Exemple 3
Considérons la norme N(x,y)=∣x+2y∣+3∣y∣ sur R2.
Séparation: Si N(x,y)=0, alors ∣x+2y∣=0 et 3∣y∣=0. La seconde équation implique y=0. En substituant dans la première, ∣x∣=0, donc x=0.
L’application ∥x∥p=(∑∣xi∣p)1/p pour 0<p<1 n’est pas une norme car elle ne vérifie pas l’inégalité triangulaire. Soit x=(1,0) et y=(0,1) dans R2, et p=1/2.
∥x∥1/2=(11/2)2=1. ∥y∥1/2=1.
∥x+y∥1/2=∥(1,1)∥1/2=(11/2+11/2)2=22=4.
On a ∥x+y∥1/2=4>∥x∥1/2+∥y∥1/2=2.
Contre-exemple 2 (Norme “zéro”)
Parfois notée ∥x∥0, l’application qui compte le nombre de composantes non nulles n’est pas une norme. Elle viole l’homogénéité : si x=(1,1), ∥x∥0=2. Alors ∥2x∥0=∥(2,2)∥0=2, mais ∣2∣∥x∥0=2⋅2=4.
Concepts Connexes
Équivalence des normes : En dimension finie, toutes ces normes sont équivalentes.
Espaces Lp et ℓp : Généralisations de ces normes aux espaces de fonctions et aux espaces de suites, qui sont des concepts centraux en analyse fonctionnelle.
Concept 4: Équivalence des Normes
Prérequis
Définition d’une norme
Relation d’équivalence
Définition
Soient N1 et N2 deux normes sur un même espace vectoriel E. On dit que N1 est équivalente à N2 s’il existe deux constantes réelles strictement positives α et β telles que :
∀x∈E,αN1(x)≤N2(x)≤βN1(x).
Il s’agit d’une relation d’équivalence (réflexive, symétrique, transitive).
Propriétés Clés
Équivalence des normes usuelles sur Rn : Les normes ∥⋅∥1,∥⋅∥2,∥⋅∥∞ sont toutes équivalentes sur Rn.
Proposition. Pour tout x∈Rn, on a les inégalités suivantes :
∥x∥∞≤∥x∥2≤∥x∥1≤n∥x∥2≤n∥x∥∞.
Démonstration (esquisse).
∥x∥∞≤∥x∥2: Soit ∣xj∣=∥x∥∞. Alors ∥x∥∞2=xj2≤∑k=1nxk2=∥x∥22.
∥x∥1≤n∥x∥2: C’est Cauchy-Schwarz appliqué aux vecteurs (∣x1∣,…,∣xn∣) et (1,…,1).
∥x∥2≤n∥x∥∞: ∥x∥22=∑xj2≤∑(∥x∥∞)2=n∥x∥∞2.
De ces inégalités, on déduit par exemple que ∥x∥∞≤∥x∥1≤n∥x∥∞, montrant l’équivalence entre ∥⋅∥1 et ∥⋅∥∞.
Théorème fondamental de la dimension finie : Sur un espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.
Idée de la preuve. On montre que toute norme N est équivalente à la norme infinie ∥⋅∥∞ dans une base donnée. L’inégalité N(x)≤C∥x∥∞ découle de l’inégalité triangulaire. L’autre inégalité, α∥x∥∞≤N(x), est plus délicate et repose sur un argument de compacité : la sphère unité pour la norme ∥⋅∥∞ est compacte, et la fonction N (qui est continue) y atteint son minimum, qui est strictement positif par l’axiome de séparation.
Exemples
Exemple 1
Dans R2, montrons l’équivalence de N(x,y)=∣x∣+∣y∣ (∥⋅∥1) et M(x,y)=max(∣x∣,∣y∣) (∥⋅∥∞).
D’après la proposition générale, ∥(x,y)∥∞≤∥(x,y)∥1≤2∥(x,y)∥∞.
En effet, max(∣x∣,∣y∣)≤∣x∣+∣y∣. Et ∣x∣+∣y∣≤max(∣x∣,∣y∣)+max(∣x∣,∣y∣)=2max(∣x∣,∣y∣).
Les constantes sont α=1 et β=2.
Exemple 2
Sur R2, montrons que N(x,y)=∣x+2y∣+3∣y∣ est équivalente à ∥(x,y)∥∞=max(∣x∣,∣y∣).
Majoration de N: N(x,y)≤∣x∣+2∣y∣+3∣y∣=∣x∣+5∣y∣≤∥(x,y)∥∞+5∥(x,y)∥∞=6∥(x,y)∥∞.
Minoration de N: ∣x∣=∣(x+2y)−2y∣≤∣x+2y∣+2∣y∣.
Donc ∥(x,y)∥∞=max(∣x∣,∣y∣)≤max(∣x+2y∣+2∣y∣,∣y∣).
Si ∥(x,y)∥∞=∣y∣, alors ∥(x,y)∥∞≤31N(x,y).
Si ∥(x,y)∥∞=∣x∣, alors ∥(x,y)∥∞≤∣x+2y∣+2∣y∣≤∣x+2y∣+3∣y∣=N(x,y).
Dans tous les cas, ∥(x,y)∥∞≤N(x,y).
Finalement, ∥(x,y)∥∞≤N(x,y)≤6∥(x,y)∥∞. Elles sont équivalentes.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 (Dimension infinie)
Sur C([0,1],R), les normes ∥f∥∞=supt∈[0,1]∣f(t)∣ et ∥f∥1=∫01∣f(t)∣dt ne sont pas équivalentes.
Considérons la suite de fonctions fn(t)=tn. On a ∥fn∥∞=1 pour tout n≥1.
Cependant, ∥fn∥1=∫01tndt=n+11.
Si les normes étaient équivalentes, il existerait α>0 tel que α∥fn∥∞≤∥fn∥1. Cela donnerait α⋅1≤n+11 pour tout n, soit α≤n+11. En faisant tendre n→∞, on obtient α≤0, ce qui contredit α>0.
Contre-exemple 2 (Espaces de suites)
Considérons l’espace des suites réelles. Soit ℓ1 l’espace des suites (un) telles que ∑∣un∣<∞ (norme ∥⋅∥1) et ℓ2 l’espace des suites telles que ∑un2<∞ (norme ∥⋅∥2). On a ℓ1⊂ℓ2. La suite un=1/n est dans ℓ2 (série de Riemann) mais pas dans ℓ1 (série harmonique). Cela montre que les normes ne peuvent pas être équivalentes sur un espace contenant ces deux types de suites.
Concepts Connexes
Topologie : Deux normes équivalentes engendrent la même topologie. Ainsi, en dimension finie, toutes les normes définissent la même notion de “proximité”, de “convergence”, d‘“ouvert”, etc.
Analyse fonctionnelle : La non-équivalence des normes en dimension infinie est un point central de l’analyse fonctionnelle, menant à l’étude de différentes notions de convergence (forte, faible, etc.).
Concept 5: Suites Convergentes et Suites de Cauchy
Prérequis
Norme, espace vectoriel normé
Définition de la convergence d’une suite réelle
Quantificateurs logiques (∀,∃)
Définition
Soit (E,∥⋅∥) un espace vectoriel normé.
Convergence d’une suite : Une suite (xk)k∈N d’éléments de Econverge vers un élément a∈E si la suite réelle ∥xk−a∥ converge vers 0. Formellement :
∀ε>0,∃K∈N,∀k≥K⟹∥xk−a∥<ε.
On note alors limk→∞xk=a ou xk→a.
Suite de Cauchy : Une suite (xk)k∈N d’éléments de E est une suite de Cauchy si ses termes se rapprochent arbitrairement les uns des autres pour les grands indices. Formellement :
∀ε>0,∃K∈N,∀p,q≥K⟹∥xp−xq∥<ε.
Propriétés Clés
Unicité de la limite : Si une suite converge, sa limite est unique.
Démonstration. Supposons que xk→a and xk→b. Pour tout ε>0, il existe Ka,Kb tels que pour k≥max(Ka,Kb), on a ∥xk−a∥<ε/2 et ∥xk−b∥<ε/2. Par l’inégalité triangulaire, ∥a−b∥≤∥a−xk∥+∥xk−b∥<ε/2+ε/2=ε. Ceci étant vrai pour tout ε>0, on a ∥a−b∥=0, d’où a=b par séparation.
Indépendance de la norme (en cas d’équivalence) : Si N1 et N2 sont deux normes équivalentes sur E, une suite converge pour N1 si et seulement si elle converge pour N2 (vers la même limite). La propriété d’être une suite de Cauchy est également préservée.
Démonstration. Soit αN1(x)≤N2(x)≤βN1(x). Si xk→a pour N1, alors N1(xk−a)→0. L’encadrement implique que N2(xk−a)→0 également. La réciproque est identique.
Convergence dans Rn : Une suite (xk)k∈N de vecteurs de Rn converge vers a∈Rn si et seulement si chacune de ses suites de coordonnées (xjk)k∈N converge vers la coordonnée correspondante aj dans R (pour j=1,…,n).
Démonstration. C’est une conséquence directe du point 2 et des inégalités liant n’importe quelle norme à la norme infinie, par exemple : ∣xjk−aj∣≤∥xk−a∥∞. Si ∥xk−a∥∞→0, alors chaque ∣xjk−aj∣→0. Réciproquement, si pour tout j, ∣xjk−aj∣→0, alors maxj∣xjk−aj∣=∥xk−a∥∞→0.
Convergence implique Cauchy : Dans tout e.v.n., une suite convergente est une suite de Cauchy.
Démonstration. Si xk→a, alors pour tout ε>0, il existe K tel que pour k≥K, ∥xk−a∥<ε/2. Alors pour p,q≥K, on a ∥xp−xq∥=∥(xp−a)−(xq−a)∥≤∥xp−a∥+∥xq−a∥<ε/2+ε/2=ε.
Complétude de Rn : L’espace Rn est complet. C’est-à-dire que toute suite de Cauchy dans Rn est convergente. C’est une propriété fondamentale qui garantit l’absence de “trous”.
Exemples
Exemple 1
La suite dans R3 définie par xk=k+1k(1+k1)kksin(k).
On étudie la convergence de chaque composante :
x1k=k+1k→1.
x2k=(1+k1)k→e.
x3k=ksin(k)→0 (par encadrement, car ∣sin(k)∣≤1).
La suite (xk) converge donc vers le vecteur a=1e0.
Exemple 2 (Suite géométrique)
Dans R2, soit xk=(2k1,3k(−1)k). Les deux suites de coordonnées sont des suites géométriques de raison en valeur absolue <1, elles convergent donc vers 0. La suite (xk) converge vers (0,0).
Exemple 3 (Suite de Cauchy)
Considérons la suite de réels définie par x0=1 et xk+1=21(xk+xk2). C’est la suite de Héron pour le calcul de 2. On peut montrer qu’elle est de Cauchy. Puisque R est complet, elle converge. Sa limite L vérifie L=21(L+L2), soit L2=2. Comme la suite est à termes positifs, L=2.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 (Suite non-convergente)
La suite xk=((−1)k,k1) dans R2. La seconde composante converge vers 0, mais la première ((−1)k) diverge. La suite vectorielle (xk) est donc divergente. Elle n’est pas de Cauchy, car ∥xk+1−xk∥∞=∣(−1)k+1−(−1)k∣=2 pour tout k.
Contre-exemple 2 (Espace non-complet)
Soit E=Q l’ensemble des nombres rationnels, avec la norme ∣⋅∣. La suite de Héron de l’Exemple 3 est une suite d’éléments de Q qui est de Cauchy, mais sa limite 2 n’est pas dans Q. Donc, dans l’espace normé Q, cette suite de Cauchy ne converge pas. Q n’est pas complet.
Concepts Connexes
Espace de Banach : Un espace vectoriel normé qui est complet. Rn est l’exemple prototypique d’un espace de Banach de dimension finie.
Continuité : La notion de convergence des suites est fondamentale pour définir la continuité des applications entre espaces vectoriels normés (continuité séquentielle).