Avertissement

Ce contenu a été généré par une intelligence artificielle (LLM) et peut contenir des imprécisions ou des erreurs malgré notre relecture attentive. Il s'agit d'un outil d'apprentissage et non d'une référence académique.

Si vous constatez des erreurs, merci de nous les signaler via la page "À propos".

Séries formelles (A)


Concept 1 : L’Anneau des Séries Formelles

Prérequis

  • Anneaux commutatifs : Structures algébriques avec addition et multiplication (ex: Z,R,C\mathbb{Z}, \mathbb{R}, \mathbb{C}).
  • Suites numériques : Notation (an)nN(a_n)_{n \in \mathbb{N}}.
  • Polynômes : Expressions de la forme aiXi\sum a_i X^i (sommes finies).

Définition

Soit A\mathcal{A} un anneau commutatif (souvent R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}). Une série formelle est une façon de représenter une suite infinie (an)nN(a_n)_{n \in \mathbb{N}} sous la forme d’une somme infinie formelle :

A(X)=n0anXn=a0+a1X+a2X2+ A(X) = \sum_{n \ge 0} a_n X^n = a_0 + a_1 X + a_2 X^2 + \cdots

L’ensemble de toutes les séries formelles à coefficients dans A\mathcal{A} est noté A[[X]]\mathcal{A}[[X]].

La variable XX est purement symbolique (un “marque-page”) ; elle sert à repérer la position du coefficient ana_n (le coefficient devant XnX^n correspond au terme d’indice nn de la suite). Contrairement aux séries entières en analyse, on ne se soucie jamais de la convergence de la somme, car on ne remplace pas XX par une valeur numérique.

L’ensemble A[[X]]\mathcal{A}[[X]] est muni de deux opérations fondamentales :

  1. L’addition (terme à terme) :

    n0anXn+n0bnXn=n0(an+bn)Xn \sum_{n \ge 0} a_n X^n + \sum_{n \ge 0} b_n X^n = \sum_{n \ge 0} (a_n + b_n) X^n
  2. Le produit de Cauchy (convolution) :

    (n0anXn)(n0bnXn)=n0cnXn \left(\sum_{n \ge 0} a_n X^n\right) \cdot \left(\sum_{n \ge 0} b_n X^n\right) = \sum_{n \ge 0} c_n X^n

    où le coefficient cnc_n est obtenu en regroupant toutes les façons d’obtenir une puissance nn par multiplication :

    cn=k=0nakbnk=a0bn+a1bn1++anb0 c_n = \sum_{k=0}^n a_k b_{n-k} = a_0 b_n + a_1 b_{n-1} + \cdots + a_n b_0

Propriétés Clés

  • Structure d’Anneau : A[[X]]\mathcal{A}[[X]] muni de ces lois est un anneau commutatif.
  • Éléments neutres :
    • Neutre additif : La série nulle 0=0+0X+0X2+0 = 0 + 0X + 0X^2 + \cdots.
    • Neutre multiplicatif : La série unité 1=1+0X+0X2+1 = 1 + 0X + 0X^2 + \cdots.
  • Généralisation des polynômes : L’anneau des polynômes A[X]\mathcal{A}[X] est un sous-ensemble de A[[X]]\mathcal{A}[[X]]. Un polynôme est simplement une série formelle où tous les coefficients sont nuls à partir d’un certain rang (suite à support fini).

Exemples

Exemple 1 : Somme de séries

Soit A(X)=1+X+X2+A(X) = 1 + X + X^2 + \cdots (suite constante 1) et B(X)=2+4X+8X2+B(X) = 2 + 4X + 8X^2 + \cdots (suite des puissances de 2).

Leur somme est :

A(X)+B(X)=(1+2)+(1+4)X+(1+8)X2+=3+5X+9X2+ A(X) + B(X) = (1+2) + (1+4)X + (1+8)X^2 + \cdots = 3 + 5X + 9X^2 + \cdots

Exemple 2 : Produit de Cauchy simple

Soit A(X)=1+XA(X) = 1 + X (polynôme) et B(X)=n0XnB(X) = \sum_{n \ge 0} X^n.

Calculons le produit C(X)=A(X)B(X)C(X) = A(X)B(X) :

Le coefficient cn=k=0nakbnkc_n = \sum_{k=0}^n a_k b_{n-k}.

  • Pour n=0n=0: c0=a0b0=11=1c_0 = a_0 b_0 = 1 \cdot 1 = 1.

  • Pour n1n \ge 1: Comme ak=0a_k=0 pour k>1k>1, la somme s’arrête vite :

    cn=a0bn+a1bn1=11+11=2c_n = a_0 b_n + a_1 b_{n-1} = 1 \cdot 1 + 1 \cdot 1 = 2

Donc A(X)B(X)=1+2X+2X2+2X3+A(X)B(X) = 1 + 2X + 2X^2 + 2X^3 + \cdots.

Exemple 3 : Carré d’une série

Soit A(X)=n0XnA(X) = \sum_{n \ge 0} X^n. Calculons A(X)2A(X)^2.

Le coefficient de XnX^n dans A(X)A(X)A(X)A(X) est k=0n11=k=0n1=n+1\sum_{k=0}^n 1 \cdot 1 = \sum_{k=0}^n 1 = n+1.

(n0Xn)2=n0(n+1)Xn=1+2X+3X2+ \left(\sum_{n \ge 0} X^n\right)^2 = \sum_{n \ge 0} (n+1) X^n = 1 + 2X + 3X^2 + \cdots

Contre-exemples

  • Évaluation : Si A(X)=n!XnA(X) = \sum n! X^n, on ne peut pas “calculer A(1)A(1)”. Cette somme divergerait en analyse. En séries formelles, l’expression A(1)A(1) n’a pas de sens car XX ne prend pas de valeur.
  • Polynômes vs Séries : La série n0Xn\sum_{n \ge 0} X^n n’est pas un polynôme car elle a une infinité de coefficients non nuls.

Concepts Liés

  • Polynômes : Cas particulier des séries formelles.
  • Séries entières (Analyse) : L’analogue analytique où la convergence est étudiée.

Applications

Modélisation de suites combinatoires (fonctions génératrices) pour résoudre des problèmes de dénombrement.


Concept 2 : Inversibilité et Inverse Multiplicatif

Prérequis

  • Concept 1 (Séries formelles).
  • Inverse dans un anneau : Un élément aa est inversible s’il existe bb tel que ab=1ab=1.

Définition

Une série formelle A(X)=n0anXnA(X) = \sum_{n \ge 0} a_n X^n admet un inverse multiplicatif s’il existe une série B(X)B(X) telle que A(X)B(X)=1A(X) \cdot B(X) = 1. On note cet inverse A(X)1A(X)^{-1} ou 1A(X)\frac{1}{A(X)}.

La condition d’existence est simple et cruciale :

Théorème : Une série A(X)A(X) est inversible si et seulement si son terme constant a0a_0 est inversible dans l’anneau de coefficients A\mathcal{A} (c’est-à-dire a00a_0 \neq 0 si A\mathcal{A} est un corps comme R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}).

Propriétés Clés

  • Unicité : Si l’inverse existe, il est unique.

  • Calcul récursif : On peut trouver les coefficients (bn)(b_n) de l’inverse pas à pas. Si a0b0=1a_0 b_0 = 1, alors b0=1/a0b_0 = 1/a_0, et pour n1n \ge 1, k=0nakbnk=0\sum_{k=0}^n a_k b_{n-k} = 0, ce qui permet d’isoler bnb_n.

  • Série Géométrique Formelle : C’est l’inverse le plus important :

    11X=n0Xn=1+X+X2+X3+ \frac{1}{1 - X} = \sum_{n \ge 0} X^n = 1 + X + X^2 + X^3 + \cdots

    Plus généralement :

    11αX=n0αnXn \frac{1}{1 - \alpha X} = \sum_{n \ge 0} \alpha^n X^n

Exemples

Exemple 1 : L’inverse fondamental

Vérifions que (1X)(1+X+X2+)=1(1-X)(1+X+X^2+\cdots) = 1.

(1X)n0Xn=n0Xnn0Xn+1=(1+X+X2+)(X+X2+X3+)=1 \begin{aligned} (1-X) \sum_{n \ge 0} X^n &= \sum_{n \ge 0} X^n - \sum_{n \ge 0} X^{n+1} \\ &= (1 + X + X^2 + \cdots) - (X + X^2 + X^3 + \cdots) \\ &= 1 \end{aligned}

Exemple 2 : Inverse d’un polynôme

Quel est l’inverse de 1+X1+X ?

En utilisant la formule de la série géométrique avec α=1\alpha = -1 (car 1+X=1(1)X1+X = 1 - (-1)X) :

11+X=n0(1)nXn=1X+X2X3+ \frac{1}{1+X} = \sum_{n \ge 0} (-1)^n X^n = 1 - X + X^2 - X^3 + \cdots

Exemple 3 : Série non inversible

La série A(X)=X+X2=0+1X+1X2+A(X) = X + X^2 = 0 + 1X + 1X^2 + \cdots n’est pas inversible.

Son terme constant est a0=0a_0 = 0. Il est impossible de trouver B(X)B(X) tel que A(X)B(X)=1A(X)B(X) = 1, car le terme constant du produit serait a0b0=0b0=0a_0 b_0 = 0 \cdot b_0 = 0, alors qu’il doit être égal à 11.

Contre-exemples

  • XX n’est pas inversible dans A[[X]]\mathcal{A}[[X]].
  • 2+X2 + X n’est pas inversible dans Z[[X]]\mathbb{Z}[[X]] (car 2 n’a pas d’inverse entier), mais est inversible dans Q[[X]]\mathbb{Q}[[X]] (car 1/21/2 existe).

Concepts Liés

  • Division de séries : Définie comme A(X)/B(X)=A(X)B(X)1A(X)/B(X) = A(X) \cdot B(X)^{-1}. Possible uniquement si b0b_0 est inversible.

Concept 3 : Composition et Dérivation Formelle

Prérequis

  • Concept 1 (Séries formelles).
  • Dérivée des polynômes.

Définition

  1. Composition : Soient A(X)=anXnA(X) = \sum a_n X^n et B(X)=bnXnB(X) = \sum b_n X^n. La composition A(B(X))A(B(X)), notée aussi (AB)(X)(A \circ B)(X), consiste à remplacer XX par B(X)B(X) dans la série AA.

    Condition cruciale : Cette opération n’est valide que si le terme constant de BB est nul (b0=0b_0 = 0). Cela assure que le calcul de chaque coefficient de la composée ne nécessite qu’un nombre fini d’opérations.

    A(B(X))=n0an(B(X))n A(B(X)) = \sum_{n \ge 0} a_n (B(X))^n
  2. Dérivation : La dérivée formelle de A(X)=n0anXnA(X) = \sum_{n \ge 0} a_n X^n est définie algébriquement (sans notion de limite) par :

    A(X)=n1nanXn1=1a1+2a2X+3a3X2+ A'(X) = \sum_{n \ge 1} n a_n X^{n-1} = 1a_1 + 2a_2 X + 3a_3 X^2 + \cdots

Propriétés Clés

  • Linéarité de la dérivation : (A+B)=A+B(A+B)' = A' + B' et (λA)=λA(\lambda A)' = \lambda A'.
  • Règle du produit : (AB)=AB+AB(AB)' = A'B + AB'.
  • Règle de la chaîne : (AB)=B(AB)(A \circ B)' = B' \cdot (A' \circ B).
  • Compatibilité : Ces opérations fonctionnent exactement comme pour les fonctions en analyse.

Exemples

Exemple 1 : Composition simple

Soit A(X)=11X=1+X+X2+A(X) = \frac{1}{1-X} = 1 + X + X^2 + \cdots et B(X)=X2B(X) = X^2 (notons que b0=0b_0=0).

A(B(X))=11X2=1+(X2)+(X2)2+=1+X2+X4+ A(B(X)) = \frac{1}{1-X^2} = 1 + (X^2) + (X^2)^2 + \cdots = 1 + X^2 + X^4 + \cdots

Exemple 2 : Dérivée

Soit A(X)=n0Xn=11XA(X) = \sum_{n \ge 0} X^n = \frac{1}{1-X}.

Sa dérivée terme à terme est :

A(X)=n1nXn1=1+2X+3X2+ A'(X) = \sum_{n \ge 1} n X^{n-1} = 1 + 2X + 3X^2 + \cdots

Vérifions avec la formule de la dérivée de 11X\frac{1}{1-X} (règle usuelle (u1)=u/u2(u^{-1})' = -u'/u^2) :

((1X)1)=(1)(1X)2=1(1X)2 \left((1-X)^{-1}\right)' = -(-1)(1-X)^{-2} = \frac{1}{(1-X)^2}

On a donc l’identité n0(n+1)Xn=1(1X)2\sum_{n \ge 0} (n+1)X^n = \frac{1}{(1-X)^2}.

Exemple 3 : Composition interdite

Si A(X)=XnA(X) = \sum X^n et B(X)=1+XB(X) = 1+X. On ne peut pas calculer A(B(X))=(1+X)nA(B(X)) = \sum (1+X)^n.

Le terme constant serait 10+11+12+=1+1+1+1^0 + 1^1 + 1^2 + \cdots = 1+1+1+\cdots, ce qui est une somme infinie non définie. La condition b0=0b_0=0 est violée.

Contre-exemples

  • La dérivée formelle de a0a_0 (constante) est 00.
  • La primitive formelle existe toujours (contrairement aux fonctions sans primitive élémentaire), définie par anXn=ann+1Xn+1\int \sum a_n X^n = \sum \frac{a_n}{n+1} X^{n+1}.

Concepts Liés

  • Exponentielle et Logarithme formels : Définis par leurs séries de Taylor usuelles, ils permettent de définir des puissances non entières (1+X)α(1+X)^\alpha.

Concept 4 : Coefficients Binomiaux Généralisés

Prérequis

  • Factorielle (n!n!).
  • Coefficients binomiaux classiques ((nk)\binom{n}{k}).

Définition

Le coefficient binomial (nk)\binom{n}{k} compte le nombre de sous-ensembles de taille kk. On généralise cette définition algébrique pour permettre au terme “haut” (rr) d’être n’importe quel nombre réel (ou complexe), notamment un entier négatif.

Pour rRr \in \mathbb{R} et kNk \in \mathbb{N} :

  • Si k=0k = 0, (r0)=1\binom{r}{0} = 1.

  • Si k>0k > 0 :

    (rk)=r(r1)(r2)(rk+1)k! \binom{r}{k} = \frac{r(r-1)(r-2) \cdots (r-k+1)}{k!}

Propriétés Clés

  • Si rr est un entier positif nn, on retrouve la définition classique (et (nk)=0\binom{n}{k}=0 si k>nk>n).

  • Transformation pour les entiers négatifs : Pour un entier m>0m > 0, le coefficient binomial négatif s’exprime en fonction d’un positif :

    (mk)=(1)k(m+k1k) \binom{-m}{k} = (-1)^k \binom{m+k-1}{k}

    Ceci est souvent noté ( ⁣(mk) ⁣)\left(\! \binom{m}{k} \!\right) pour représenter le nombre de choix avec répétition (multiensembles).

Exemples

Exemple 1 : Coefficient négatif standard (r=1r=-1)

(1k)=1(2)(3)(k)k!=(1)kk!k!=(1)k \binom{-1}{k} = \frac{-1(-2)(-3)\cdots(-k)}{k!} = \frac{(-1)^k k!}{k!} = (-1)^k

Exemple 2 : Coefficient (r=2r=-2)

(2k)=(1)k(2+k1k)=(1)k(k+1k)=(1)k(k+1) \binom{-2}{k} = (-1)^k \binom{2+k-1}{k} = (-1)^k \binom{k+1}{k} = (-1)^k (k+1)

Vérification manuelle pour k=3k=3 : 2(3)(4)321=246=4=(1)3(3+1)\frac{-2(-3)(-4)}{3 \cdot 2 \cdot 1} = \frac{-24}{6} = -4 = (-1)^3(3+1).

Exemple 3 : Coefficient fractionnaire

(1/22)=1/2(1/21)2!=1/2(1/2)2=1/42=18 \binom{1/2}{2} = \frac{1/2 \cdot (1/2 - 1)}{2!} = \frac{1/2 \cdot (-1/2)}{2} = \frac{-1/4}{2} = -\frac{1}{8}

Contre-exemples

  • (rk)\binom{r}{k} n’est pas défini si kk n’est pas un entier naturel (par exemple (51.5)\binom{5}{1.5} n’est pas couvert par cette définition simple).
  • La symétrie (nk)=(nnk)\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k} n’est pas valide pour rr négatif ou non entier (car nkn-k n’est pas un indice valide ou n’a pas de sens).

Concepts Liés

  • Combinatoire : Le lien avec le comptage de multiensembles.
  • Formule de Taylor : Les coefficients binomiaux généralisés apparaissent dans le développement de Taylor de (1+x)r(1+x)^r.

Concept 5 : Théorème du Binôme Généralisé (Exposants Négatifs)

Prérequis

  • Concept 2 (Inverse multiplicatif).
  • Concept 4 (Coefficients binomiaux généralisés).

Définition

Le théorème du binôme généralisé étend l’identité (1+X)n=(nk)Xk(1+X)^n = \sum \binom{n}{k} X^k aux exposants réels α\alpha.

Pour tout αA\alpha \in \mathcal{A} (si QA\mathbb{Q} \subseteq \mathcal{A}), on a :

(1+X)α=n0(αn)Xn (1+X)^\alpha = \sum_{n \ge 0} \binom{\alpha}{n} X^n

Le cas le plus utile pour le dénombrement et les récurrences est celui des exposants entiers négatifs. Pour un entier m1m \ge 1 :

(1X)m=1(1X)m=n0(n+m1n)Xn (1-X)^{-m} = \frac{1}{(1-X)^m} = \sum_{n \ge 0} \binom{n+m-1}{n} X^n

Propriétés Clés

  • Lien avec les multiensembles : Le coefficient de XnX^n dans (1X)m(1-X)^{-m} est (n+m1n)\binom{n+m-1}{n}, qui est le nombre de façons de choisir nn objets parmi mm types avec répétition autorisée (ou le nombre de solutions entières à x1++xm=nx_1 + \dots + x_m = n).
  • Généralité : Fonctionne pour (1αX)m(1-\alpha X)^{-m} en remplaçant XX par αX\alpha X.

Exemples

Exemple 1 : L’inverse de 1X1-X (m=1m=1)

(1X)1=n0(n+0n)Xn=n01Xn=1+X+X2+ (1-X)^{-1} = \sum_{n \ge 0} \binom{n+0}{n} X^n = \sum_{n \ge 0} 1 X^n = 1 + X + X^2 + \cdots

On retrouve la série géométrique.

Exemple 2 : L’inverse du carré (m=2m=2)

1(1X)2=(1X)2=n0(n+1n)Xn=n0(n+1)Xn \frac{1}{(1-X)^2} = (1-X)^{-2} = \sum_{n \ge 0} \binom{n+1}{n} X^n = \sum_{n \ge 0} (n+1) X^n

Cela correspond à 1+2X+3X2+1 + 2X + 3X^2 + \cdots.

Exemple 3 : Avec un coefficient α\alpha

Développons 1(12X)3\frac{1}{(1-2X)^3}. Ici α=2,m=3\alpha=2, m=3.

(12X)3=n0(n+31n)(2X)n=n0(n+2n)2nXn (1-2X)^{-3} = \sum_{n \ge 0} \binom{n+3-1}{n} (2X)^n = \sum_{n \ge 0} \binom{n+2}{n} 2^n X^n

Pour n=2n=2 (terme en X2X^2) : Coefficient = (42)22=64=24\binom{4}{2} 2^2 = 6 \cdot 4 = 24.

Contre-exemples

  • Le développement de (1+X)α(1+X)^\alpha est une somme infinie si α\alpha n’est pas un entier naturel positif. Ce n’est un polynôme que si αN\alpha \in \mathbb{N}.

Concepts Liés

  • Décomposition en éléments simples : Ce théorème est l’outil principal pour revenir d’une fraction rationnelle à une série (terme général d’une suite).

Concept 6 : Résolution de Récurrences Linéaires par Séries Génératrices

Prérequis

  • Tous les concepts précédents.
  • Fractions rationnelles (Décomposition en éléments simples).
  • Équations linéaires.

Définition

C’est une méthode systématique pour trouver une formule explicite an=f(n)a_n = f(n) pour une suite définie par une récurrence linéaire (ex: an=c1an1+c2an2a_n = c_1 a_{n-1} + c_2 a_{n-2}).

La Méthode en 4 étapes :

  1. Série génératrice : Poser A(X)=n0anXnA(X) = \sum_{n \ge 0} a_n X^n.
  2. Equation fonctionnelle : Multiplier la récurrence par XnX^n, sommer sur les indices valides, et exprimer le tout en fonction de A(X)A(X).
  3. Résolution : Isoler A(X)A(X) pour obtenir une fraction rationnelle P(X)Q(X)\frac{P(X)}{Q(X)}.
  4. Développement : Utiliser la décomposition en éléments simples et le théorème du binôme généralisé pour extraire le coefficient de XnX^n (qui est ana_n).

Propriétés Clés

  • Transforme un problème de suites (récurrence) en un problème algébrique (fractions).
  • Gère automatiquement les conditions initiales.
  • Fonctionne pour toute récurrence linéaire à coefficients constants.

Exemples

Exemple 1 : La suite de Fibonacci

Définition : f0=0,f1=1,fn=fn1+fn2f_0=0, f_1=1, f_n = f_{n-1} + f_{n-2}.

  1. On forme n2fnXn=n2fn1Xn+n2fn2Xn\sum_{n \ge 2} f_n X^n = \sum_{n \ge 2} f_{n-1} X^n + \sum_{n \ge 2} f_{n-2} X^n.

  2. Cela donne F(X)f0f1X=X(F(X)f0)+X2F(X)F(X) - f_0 - f_1 X = X(F(X)-f_0) + X^2 F(X).

    Avec les valeurs initiales : F(X)X=XF(X)+X2F(X)F(X) - X = X F(X) + X^2 F(X).

  3. On isole F(X)F(X) :

    F(X)(1XX2)=X    F(X)=X1XX2 F(X)(1 - X - X^2) = X \implies F(X) = \frac{X}{1-X-X^2}
  4. On factorise le dénominateur (1φX)(1φX)(1-\varphi X)(1-\varphi' X), on décompose en éléments simples, et on développe les séries géométriques pour trouver fn=15(φnφn)f_n = \frac{1}{\sqrt{5}}(\varphi^n - \varphi'^n).

Exemple 2 : Suite simple

an=2an1a_n = 2a_{n-1} pour n1n \ge 1, avec a0=3a_0 = 3.

  1. Somme : n1anXn=n12an1Xn\sum_{n \ge 1} a_n X^n = \sum_{n \ge 1} 2 a_{n-1} X^n.

  2. Equation : A(X)a0=2XA(X)A(X) - a_0 = 2X A(X).

  3. A(X)(12X)=3    A(X)=312XA(X)(1-2X) = 3 \implies A(X) = \frac{3}{1-2X}.

  4. Développement : A(X)=3n0(2X)n=n032nXnA(X) = 3 \sum_{n \ge 0} (2X)^n = \sum_{n \ge 0} 3 \cdot 2^n X^n.

    Donc an=32na_n = 3 \cdot 2^n.

Exemple 3 : Pôle multiple

Si on obtient A(X)=1(1X)2A(X) = \frac{1}{(1-X)^2}.

On utilise directement le théorème du binôme négatif :

an=(n+21n)=n+1 a_n = \binom{n+2-1}{n} = n+1

Contre-exemples

  • Cette méthode spécifique s’applique difficilement aux récurrences non linéaires (ex: an=an12a_n = a_{n-1}^2) ou à coefficients non constants (ex: an=nan1a_n = n \cdot a_{n-1}), car on n’obtient pas une fraction rationnelle simple.

Concepts Liés

  • Nombres de Fibonacci.
  • Nombre d’Or.
  • Algèbre linéaire (valeurs propres, qui correspondent aux racines du dénominateur Q(X)Q(X)).

Applications

Analyse d’algorithmes (complexité récursive), dynamique des populations (lapins de Fibonacci), structures combinatoires.