Ce contenu a été généré par une intelligence artificielle (LLM) et peut contenir des imprécisions ou des erreurs malgré notre relecture attentive. Il s'agit d'un outil d'apprentissage et non d'une référence académique.
Si vous constatez des erreurs, merci de nous les signaler via la page "À propos".
Groupes d’isométries (B)
Concept 1: Isométrie (Endomorphismes Orthogonaux et Unitaires)
Prérequis
Espaces vectoriels euclidiens et hermitiens, produit scalaire (hermitien), norme associée.
Endomorphismes, endomorphisme adjoint (f∗).
Identités de polarisation.
Théorème du rang.
Définition
Soit (E,φ) un espace vectoriel euclidien (sur R) ou hermitien (sur C). Un endomorphisme f∈L(E) est une isométrie vectorielle si et seulement si f préserve la norme, i.e. :
∀x∈E,∥f(x)∥=∥x∥
où ∥⋅∥=φ(⋅,⋅) est la norme induite par le produit scalaire (ou hermitien).
Dans le cas réel (euclidien), une isométrie est aussi appelée transformation orthogonale.
Dans le cas complexe (hermitien), une isométrie est aussi appelée transformation unitaire.
Propriétés Clés
Caractérisations équivalentes : Soit f∈L(E). Les assertions suivantes sont équivalentes :
f est une isométrie (i.e. ∀x∈E,∥f(x)∥=∥x∥).
f préserve le produit scalaire (i.e. ∀x,y∈E,φ(f(x),f(y))=φ(x,y)).
f est un automorphisme et son inverse est son adjoint (i.e. f∈GL(E) et f−1=f∗).
Le cas hermitien est analogue en utilisant la formule de polarisation complexe.
(2)⟹(3) :
Injectivité : Soit x∈ker(f), alors f(x)=0. On a ∥f(x)∥2=φ(f(x),f(x))=φ(x,x)=∥x∥2. Donc ∥x∥=0, ce qui implique x=0. Ainsi ker(f)={0}.
En dimension finie, le théorème du rang implique que f est surjective, donc c’est un isomorphisme.
Pour tout x,y∈E, on a φ(f(x),f(y))=φ(x,y). Par définition de l’adjoint, φ(f(x),f(y))=φ(x,f∗(f(y))).
Donc φ(x,f∗f(y))=φ(x,y), soit φ(x,(f∗f−Id)(y))=0 pour tout x∈E.
Le produit scalaire étant non-dégénéré, il s’ensuit que (f∗f−Id)(y)=0 pour tout y∈E, donc f∗f=Id. Comme f est un isomorphisme, on a f−1=f∗.
(3)⟹(1) :
Pour tout x∈E, ∥f(x)∥2=φ(f(x),f(x))=φ(x,f∗f(x)).
Puisque f∗=f−1, on a f∗f=Id, d’où ∥f(x)∥2=φ(x,x)=∥x∥2.
Conservation de l’orthonormalité : Un endomorphisme f est une isométrie si et seulement si l’image par f d’une base orthonormée de E est une base orthonormée de E.
Groupe des isométries : L’ensemble des isométries de E, noté O(E) (cas euclidien) ou U(E) (cas hermitien), forme un groupe pour la loi de composition ∘. C’est un sous-groupe de GL(E).
Déterminant : Si f est une isométrie, alors ∣det(f)∣=1.
Démonstration. Soit M la matrice de f dans une base orthonormée. Alors la matrice de f∗ est M∗:=tM. La condition f∗f=Id se traduit par M∗M=I. En passant au déterminant : det(M∗M)=det(M∗)det(M)=det(M)det(M)=∣det(M)∣2=det(I)=1.
Exemples
Exemple 1 : Rotation plane
Soit E=R2 euclidien canonique. L’endomorphisme f de matrice R(θ)=(cosθsinθ−sinθcosθ) dans la base canonique est une isométrie. Pour tout x=(x1,x2), f(x)=(x1cosθ−x2sinθ,x1sinθ+x2cosθ). Un calcul direct montre que ∥f(x)∥2=(x1cosθ−x2sinθ)2+(x1sinθ+x2cosθ)2=x12+x22=∥x∥2.
Exemple 2 : Réflexion (symétrie orthogonale)
Soit F un sous-espace vectoriel de E. La réflexion par rapport à F est l’endomorphisme sF défini par sF(x)=xF−xF⊥, où x=xF+xF⊥ est la décomposition orthogonale de x. On a ∥sF(x)∥2=∥xF−xF⊥∥2=∥xF∥2+∥−xF⊥∥2=∥xF∥2+∥xF⊥∥2=∥x∥2. C’est une isométrie.
Exemple 3 : Isométrie unitaire
Dans E=C2 hermitien canonique, l’endomorphisme f de matrice U=21(1ii1) est une isométrie. On a U∗=tU=21(1−i−i1). Un calcul montre UU∗=21(1−i2i−i−i+i−i2+1)=(1001)=I2. Donc U est unitaire et f est une isométrie.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Homothétie
L’homothétie hλ:x↦λx pour λ∈R∖{±1} n’est pas une isométrie. En effet, ∥hλ(x)∥=∥λx∥=∣λ∣∥x∥=∥x∥ pour x=0.
Contre-exemple 2 : Projection orthogonale
Soit pF la projection orthogonale sur un sous-espace strict non nul F⊂E. Pour x∈F⊥∖{0}, on a pF(x)=0, donc ∥pF(x)∥=0 alors que ∥x∥=0. La norme n’est pas préservée.
Concepts liés
Groupes orthogonaux On(R) et unitaires Un(C) : Ce sont les réalisations matricielles des groupes d’isométries O(Rn) et U(Cn) dans une base orthonormée.
Automorphismes d’espaces préhilbertiens : La notion d’isométrie se généralise aux espaces de dimension infinie, où elle est un concept central en analyse fonctionnelle (e.g., opérateurs unitaires sur les espaces de Hilbert).
Théorème de Cartan-Dieudonné : Toute isométrie d’un espace euclidien de dimension n se décompose en un produit d’au plus n réflexions hyperplanes.
Concept 2: Groupes Orthogonaux et Unitaires
Prérequis
Concept d’isométrie, algèbre matricielle.
Théorie des groupes (définition d’un groupe, sous-groupe, sous-groupe distingué).
Définition
Soit n∈N∗. On définit les groupes matriciels suivants :
Le groupe orthogonal d’ordre n :
On(R)={M∈Mn(R)∣tMM=In}
Le groupe spécial orthogonal d’ordre n :
SOn(R)={M∈On(R)∣det(M)=1}
Le groupe unitaire d’ordre n :
Un(C)={M∈Mn(C)∣M∗M=In}, ouˋM∗=tM
Le groupe spécial unitaire d’ordre n :
SUn(C)={M∈Un(C)∣det(M)=1}
Ces ensembles sont des groupes pour la multiplication matricielle.
Propriétés Clés
Structure de groupe : Ces quatre ensembles sont des sous-groupes de GLn(K) (avec K=R ou C). La stabilité par produit et par inversion est une vérification directe. Par exemple, si M,N∈On(R), alors t(MN)(MN)=tNtMMN=tNInN=tNN=In. De plus, t(M−1)M−1=(Mt)−1M−1=(MtM)−1=In−1=In.
Interprétation géométrique : La matrice d’une isométrie d’un espace euclidien (resp. hermitien) de dimension n dans une base orthonormée est un élément de On(R) (resp. Un(C)). Réciproquement, toute matrice de On(R) (resp. Un(C)) définit une isométrie sur Rn (resp. Cn) muni de son produit scalaire canonique.
Structure de sous-groupe distingué :
SOn(R) est un sous-groupe distingué de On(R). L’application det:On(R)→{−1,1} est un morphisme de groupe surjectif dont le noyau est SOn(R). Le groupe quotient On(R)/SOn(R) est isomorphe à Z/2Z. Les éléments de SOn(R) sont appelés isométries directes (ou rotations), ceux de On(R)∖SOn(R) sont les isométries indirectes.
De même, SUn(C) est un sous-groupe distingué de Un(C).
Propriétés topologiques : Vus comme sous-ensembles de Mn(K)≅Kn2, ces groupes sont des compacts de Mn(K). Ce sont des exemples fondamentaux de groupes de Lie.
Exemples
Exemple 1 : Le groupe SO2(R)
Ce groupe est l’ensemble des matrices R(θ)=(cosθsinθ−sinθcosθ) pour θ∈R. Il est abélien : R(θ1)R(θ2)=R(θ1+θ2). Topologiquement, il est homéomorphe au cercle unité S1.
Exemple 2 : Le groupe O2(R)
Il est constitué de SO2(R) (les rotations) et des matrices de la forme S(θ)=(cosθsinθsinθ−cosθ) (les réflexions). Ce groupe n’est pas abélien.
Exemple 3 : Le groupe SU2(C)
Toute matrice de SU2(C) s’écrit sous la forme U=(α−βˉβαˉ) avec α,β∈C tels que ∣α∣2+∣β∣2=1. Cet ensemble est en bijection avec la sphère S3⊂R4.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Matrice de SLn(R) non orthogonale
La matrice M=(2111) a un déterminant det(M)=1, donc M∈SL2(R). Cependant, tMM=(2111)(2111)=(5332)=I2. Donc M∈/O2(R).
Contre-exemple 2 : Groupe non compact
Le groupe GLn(R) n’est pas compact car il n’est pas borné (considérer les matrices λIn avec λ→∞).
Concepts liés
Groupes de Lie : Les groupes orthogonaux et unitaires sont des exemples paradigmatiques de groupes de Lie compacts, qui sont des variétés différentielles munies d’une structure de groupe compatible.
Algèbres de Lie : À chaque groupe de Lie est associée une algèbre de Lie, qui est l’espace tangent à l’identité. Les algèbres de Lie so(n), su(n) (matrices antisymétriques et antihermitiennes de trace nulle) sont cruciales pour l’étude locale de ces groupes.
Théorie des représentations : Ces groupes jouent un rôle central dans la théorie des représentations des groupes compacts et en physique (e.g., symétries du modèle standard).
Concept 3: Classification des isométries en dimension 2 et 3
La classification des isométries vectorielles d’un espace euclidien de petite dimension repose sur l’analyse de leurs sous-espaces invariants et de leur déterminant.
Théorème 2.4.1 (Classification dans O2(R))
Soit f une isométrie de R2.
Si det(f)=1 (f∈SO2(R)), alors f est une rotation. Sa matrice dans toute base orthonormée directe est de la forme R(θ)=(cosθsinθ−sinθcosθ) pour un certain θ∈R.
Si det(f)=−1 (f∈O2(R)∖SO2(R)), alors f est une réflexion orthogonale (ou symétrie axiale). Il existe une base orthonormée dans laquelle sa matrice est S=(100−1).
Théorème 2.4.2 (Classification dans O3(R) - Théorème d’Euler)
Soit f une isométrie de R3.
Si det(f)=1 (f∈SO3(R)), alors f est une rotation (non triviale si f=Id). Il existe un axe (droite vectorielle de vecteurs invariants) et un angle de rotation θ. Dans une base orthonormée directe adaptée, sa matrice est R=cosθsinθ0−sinθcosθ0001.
Si det(f)=−1, alors f est une isométrie indirecte. C’est la composée d’une rotation et d’une réflexion par rapport au plan orthogonal à l’axe de la rotation. Dans une base orthonormée directe adaptée, sa matrice est S=cosθsinθ0−sinθcosθ000−1.
Propriétés Clés
Existence d’un axe de rotation (Théorème d’Euler) : Toute isométrie de SO3(R) admet la valeur propre 1.
Démonstration. Soit M∈SO3(R). Son polynôme caractéristique χM(λ)=det(M−λI3) est de degré 3 à coefficients réels. On a limλ→±∞χM(λ)=∓∞. Par le théorème des valeurs intermédiaires, χM a au moins une racine réelle λ0. Comme M est une isométrie, ses valeurs propres réelles ne peuvent être que ±1. Les valeurs propres complexes sont de module 1 et viennent par paires conjuguées eiθ,e−iθ. Le déterminant est le produit des valeurs propres.
Si toutes les valeurs propres sont réelles, elles sont ±1. Pour avoir det(M)=1, les possibilités sont (1,1,1) ou (1,−1,−1). Dans les deux cas, 1 est valeur propre.
Si il y a des valeurs propres complexes, elles sont eiθ,e−iθ et la troisième λ0 doit être réelle. On a det(M)=eiθe−iθλ0=λ0=1. Donc 1 est valeur propre.
L’espace propre associé à la valeur propre 1 est l’axe de rotation.
Commutativité : SO2(R) est un groupe abélien, mais SO3(R) ne l’est pas.
Exemples
Exemple 1 : Rotation dans R3
La rotation d’angle π/2 autour de l’axe e3=(0,0,1) dans R3 a pour matrice dans la base canonique (qui est orthonormée directe) M=010−100001. C’est un élément de SO3(R).
Exemple 2 : Réflexion dans R2
La réflexion par rapport à la droite y=x (dirigée par e1′=(1/2,1/2)) a pour matrice S=(0110) dans la base canonique. det(S)=−1. Dans la base orthonormée (e1′,e2′), avec e2′=(1/2,−1/2), la matrice est (100−1).
Exemple 3 : Rotation-réflexion (roto-réflexion)
L’inversion centrale f(x)=−x dans R3 a pour matrice −I3. det(−I3)=−1. C’est la rotation d’angle π autour de n’importe quel axe, composée avec la réflexion par rapport au plan orthogonal à cet axe. Par exemple, avec l’axe e3, la matrice est −1000−1000−1=cosπsinπ0−sinπcosπ000110001000−1.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Isométrie de R4
Une isométrie de R4 n’a pas nécessairement d’axe invariant (de dimension 1). Par exemple, la double rotation de matrice M=cosθsinθ00−sinθcosθ0000cosϕsinϕ00−sinϕcosϕ avec θ,ϕ∈/πZ n’a que le sous-espace {0} comme espace de vecteurs invariants.
Contre-exemple 2 : Isométrie affine
Une translation tv:x↦x+v (pour v=0) est une isométrie de l’espace affine euclidien, mais n’est pas une isométrie vectorielle car elle n’est pas linéaire et ne fixe pas l’origine.
Concepts liés
Angles d’Euler : Une méthode pour paramétrer toute rotation de SO3(R) par trois angles, en la décomposant en une succession de trois rotations autour d’axes canoniques.
Quaternions : Les quaternions de norme 1 fournissent une représentation efficace et numériquement stable des rotations de SO3(R), évitant le problème du blocage de cardan des angles d’Euler.
Formes linéaires, théorème de représentation de Riesz.
Définition
Soit R3 l’espace euclidien canonique, orienté par sa base canonique. Pour tout couple de vecteurs (U,V)∈R3×R3, le produit vectoriel de U et V, noté U∧V, est l’unique vecteur de R3 tel que :
∀W∈R3,det(U,V,W)=⟨U∧V,W⟩
L’existence et l’unicité de ce vecteur sont garanties par le théorème de représentation de Riesz, car l’application ϕU,V:W↦det(U,V,W) est une forme linéaire sur R3.
Propriétés Clés
Bilinéarité : L’application (U,V)↦U∧V est bilinéaire.
Antisymétrie : V∧U=−U∧V. (Conséquence de det(V,U,W)=−det(U,V,W)).
Condition de colinéarité : U∧V=0⟺(U,V) est une famille liée.
Orthogonalité : Le vecteur U∧V est orthogonal à U et à V.
Démonstration.⟨U∧V,U⟩=det(U,V,U)=0 car la famille (U,V,U) est liée. De même pour V.
Orientation : Si (U,V) est libre, la base (U,V,U∧V) est directe.
Démonstration.det(U,V,U∧V)=⟨U∧V,U∧V⟩=∥U∧V∥2>0.
Norme : ∥U∧V∥=∥U∥∥V∥∣sinθ∣, où θ est l’angle (non orienté) entre U et V. Cette norme est l’aire du parallélogramme engendré par U et V.
Expression en coordonnées : Dans une base orthonormée directe (e1,e2,e3), si U=(u1,u2,u3) et V=(v1,v2,v3), alors :
Le plan vectoriel engendré par U=(1,1,0) et V=(0,1,1) a pour vecteur normal N=U∧V=(1,−1,1). Tout vecteur normal est colinéaire à N.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Non-associativité
Le produit vectoriel n’est pas associatif. Soit (e1,e2,e3) une base orthonormée directe.
(e1∧e1)∧e2=0∧e2=0.
Mais e1∧(e1∧e2)=e1∧e3=−e2.
Contre-exemple 2 : Dépendance de la dimension
Un produit binaire ayant des propriétés similaires n’existe que dans R3 et R7. La généralisation du produit vectoriel en dimension n est le produit extérieur, qui à n−1 vecteurs associe un vecteur (via le même type de dualité).
Concepts liés
Algèbre extérieure : Le produit vectoriel est un cas particulier du produit extérieur ∧ dans l’algèbre extérieure Λ(R3). On a une identification entre Λ2(R3) (les bivecteurs) et R3 via la dualité de Hodge.
Algèbre de Lie : L’espace (R3,+,∧) est une algèbre de Lie. Elle est isomorphe à l’algèbre de Lie so(3) du groupe des rotations SO3(R).
Formes différentielles : Le produit vectoriel est lié à l’opérateur de différentiation extérieure en calcul vectoriel. Par exemple, ∇∧F est le rotationnel du champ de vecteurs F.
Concept 5: Formule de Rodrigues
Prérequis
Classification des rotations dans R3.
Propriétés du produit vectoriel.
Définition
La formule de Rodrigues donne une expression explicite de l’image d’un vecteur U∈R3 par une rotation RN,θ d’axe dirigé par un vecteur unitaire N et d’angle θ.
RN,θ(U)=cos(θ)U+(1−cos(θ))⟨U,N⟩N+sin(θ)(N∧U)
L’orientation de l’angle θ est donnée par la règle de la main droite selon l’axe N.
Propriétés Clés
Décomposition orthogonale : La preuve de la formule repose sur la décomposition de U en une composante parallèle à l’axe et une composante orthogonale : U=U∥+U⊥, avec U∥=⟨U,N⟩N et U⊥=U−⟨U,N⟩N.
Action de la rotation : La rotation laisse la composante parallèle inchangée (R(U∥)=U∥) et fait tourner la composante orthogonale d’un angle θ dans le plan N⊥.
Démonstration.
R(U)=R(U∥)+R(U⊥)=U∥+R(U⊥).
Dans le plan N⊥, orienté par N, le vecteur N∧U⊥=N∧U est orthogonal à U⊥ et de même norme. La famille (U⊥,N∧U) forme une base orthogonale (non normée) de ce plan. L’action de R sur U⊥ est une rotation plane :
R(U⊥)=cos(θ)U⊥+sin(θ)(N∧U).
En substituant U⊥=U−⟨U,N⟩N et U∥=⟨U,N⟩N, on obtient :
R(U)=⟨U,N⟩N+cos(θ)(U−⟨U,N⟩N)+sin(θ)(N∧U)
=cos(θ)U+(1−cos(θ))⟨U,N⟩N+sin(θ)(N∧U).
Forme matricielle : La formule permet de déduire la matrice de la rotation dans n’importe quelle base. Soit K la matrice de l’application U↦N∧U. Si N=(a,b,c), alors K=0c−b−c0ab−a0. La matrice de la rotation est R=I+(sinθ)K+(1−cosθ)K2. C’est l’exponentielle de la matrice θK.
Exemples
Exemple 1 : Rotation d’axe e3
Soit N=e3=(0,0,1). On veut calculer Re3,θ(e1).
De même, on trouve R(e2)=e3 et R(e3)=e1. C’est une permutation circulaire des axes.
Concepts liés
Exponentielle de matrice : La rotation d’angle θ autour de l’axe N est donnée par l’exponentielle de l’opérateur “produit vectoriel par θN”. Soit AN(U)=N∧U. La rotation est RN,θ=exp(θAN). La formule de Rodrigues est un cas particulier de la formule de l’exponentielle pour les matrices de so(3).
Quaternions : L’action d’une rotation représentée par un quaternion q=cos(θ/2)+sin(θ/2)N sur un vecteur U (identifié au quaternion pur U) est donnée par la conjugaison qUq−1. Le développement de cette expression redonne la formule de Rodrigues.
Concept 6: Le groupe SU2(C) et son lien avec SO3(R)
Le lien entre SU2(C) et SO3(R) s’établit via la représentation adjointe.
On considère le R-espace vectoriel V={M∈M2(C)∣M∗=M,Tr(M)=0}.
Cet espace est de dimension 3. Une base en est (T1,T2,T3) avec :
T1=(0i−i0),T2=(0110),T3=(100−1)
(Ces matrices sont proportionnelles aux matrices de Pauli σ2,σ1,σ3).
On munit V d’un produit scalaire euclidien φ(A,B):=21Tr(AB), pour lequel la base (T1,T2,T3) est orthonormée. (V,φ) est donc un espace euclidien de dimension 3, que l’on identifie à R3.
Pour tout U∈SU2(C), on définit l’application adjointeAdU:V→V par :
AdU(M):=UMU∗
L’application J:SU2(C)→O(V)≅O3(R) qui à U associe AdU est un morphisme de groupes.
Propriétés Clés
SU2(C) et la sphère S3 : Toute matrice U∈SU2(C) est de la forme (α−βˉβαˉ) avec ∣α∣2+∣β∣2=1. L’application qui à U associe (ℜ(α),ℑ(α),ℜ(β),ℑ(β)) est un homéomorphisme de SU2(C) sur la sphère unité S3⊂R4.
AdU est une isométrie : Pour tout M∈V, φ(AdU(M),AdU(M))=21Tr((UMU∗)(UMU∗))=21Tr(UMU∗UMU∗)=21Tr(UM2U∗)=21Tr(M2)=φ(M,M). Donc AdU∈O(V).
L’image est dans SO3(R) : Le groupe SU2(C) est connexe (car S3 l’est). L’application J est continue. L’image J(SU2(C)) est donc une partie connexe de O3(R). Comme J(I2)=Id∈SO3(R), l’image entière est contenue dans la composante connexe de l’identité, qui est SO3(R).
Surjectivité : On peut montrer que le morphisme J:SU2(C)→SO3(R) est surjectif.
Noyau : ker(J)={U∈SU2(C)∣∀M∈V,UMU∗=M}. Ceci est équivalent à U qui commute avec toutes les matrices de V, et donc avec tout M2(C). Par le lemme de Schur, U doit être une matrice scalaire. Les seules matrices scalaires dans SU2(C) sont I2 et −I2. Donc ker(J)={±I2}.
Revêtement double : Par le premier théorème d’isomorphisme, SO3(R)≅SU2(C)/{±I2}. On dit que SU2(C) est un revêtement double de SO3(R). Topologiquement, cela signifie que SU2(C) “s’enroule” deux fois sur SO3(R).
Exemples
Exemple 1 : Rotation d’axe T3
Soit U=Dθ=(eiθ00e−iθ)∈SU2(C). Un calcul direct montre que AdDθ a pour matrice dans la base (T1,T2,T3) :
cos(2θ)sin(2θ)0−sin(2θ)cos(2θ)0001
C’est la rotation d’angle 2θ autour de l’axe T3.
Exemple 2 : Le noyau
Pour U=−I2, on a Ad−I2(M)=(−I2)M(−I2)∗=(−M)(−I2)=M=Id(M). Donc −I2∈ker(J).
Exemple 3 : lien avec les quaternions
Le R-espace vectoriel des quaternions H a pour base (1,i,j,k). Le groupe des quaternions de norme 1, noté Sp(1), est isomorphe à SU(2). L’isomorphisme associe x1+x2i+x3j+x4k à la matrice (x1+ix2−x3+ix4x3+ix4x1−ix2). L’action adjointe correspond à la conjugaison p↦qpq−1 des quaternions purs.
Concepts liés
Algèbres de Lie : V est l’algèbre de Lie su(2) de SU2(C), munie du commutateur [A,B]=AB−BA. L’application AdU est la représentation adjointe du groupe de Lie sur son algèbre. On a un isomorphisme d’algèbres de Lie entre (su(2),[.,.]) et (R3,∧).
Topologie algébrique : SU(2)≅S3 est simplement connexe, tandis que SO(3)≅P3(R) (l’espace projectif réel de dimension 3) ne l’est pas (son groupe fondamental est Z/2Z). SU(2) est le revêtement universel de SO(3).
Physique quantique : Cette relation est fondamentale en mécanique quantique pour la description du spin des particules. Les états de spin sont décrits par des vecteurs dans C2 et les rotations de l’espace physique (opérateurs de SO3(R)) sont représentées par des opérateurs de SU2(C). La non-injectivité du morphisme explique des phénomènes comme le fait qu’une rotation de 2π change le signe de la fonction d’onde d’un fermion.