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Introduction à la théorie de graphes (A)


Concept 1 : Graphe Simple Non-Orienté

Prérequis

  • Théorie des ensembles (ensembles finis, sous-ensembles).
  • Paires non ordonnées (ensemble des parties à 2 éléments P2(S)\mathcal{P}_2(S)).

Définition

Un graphe (simple non-orienté) est un couple G=(S,A)G = (S, A), où :

  • SS est un ensemble fini non vide appelé l’ensemble des sommets (ou nœuds).
  • AA est un sous-ensemble de P2(S)\mathcal{P}_2(S), appelé l’ensemble des arêtes.

Une arête est donc une paire de sommets {x,y}\{x, y\} distincts.

  • Si {x,y}A\{x, y\} \in A, on dit que xx et yy sont adjacents ou voisins.
  • xx et yy sont les extrémités de l’arête.
  • On dit que le sommet xx est incident à l’arête aa si xax \in a.
  • L’ordre du graphe est le nombre de sommets, noté S|S|.

Propriétés Clés

  • Symétrie de l’adjacence : Dans un graphe non-orienté, la relation est symétrique. Si xx est voisin de yy, alors yy est voisin de xx (car {x,y}={y,x}\{x, y\} = \{y, x\}).
  • Simplicité :
    • Pas de boucles : une arête ne peut pas relier un sommet à lui-même (car les éléments de P2(S)\mathcal{P}_2(S) sont des paires d’éléments distincts).
    • Pas d’arêtes multiples : il existe au plus une arête entre deux sommets donnés.
  • Représentation graphique : Un graphe peut être dessiné de multiples façons (placement des points, courbure des lignes) tant que les connexions (la topologie) restent identiques.

Exemples

Exemple 1 : Le graphe triangle

Soit S={1,2,3}S = \{1, 2, 3\}. L’ensemble de toutes les paires possibles est P2(S)={{1,2},{2,3},{1,3}}\mathcal{P}_2(S) = \{\{1,2\}, \{2,3\}, \{1,3\}\}.

Si on prend A={{1,2},{2,3},{1,3}}A = \{\{1,2\}, \{2,3\}, \{1,3\}\}, on obtient le graphe complet sur 3 sommets (un triangle).

G=({1,2,3},{{1,2},{2,3},{1,3}})G = (\{1, 2, 3\}, \{\{1, 2\}, \{2, 3\}, \{1, 3\}\})

Exemple 2 : Un graphe linéaire

Soit S={a,b,c,d}S = \{a, b, c, d\}. On définit les arêtes pour former une ligne :

G=({a,b,c,d},{{a,b},{b,c},{c,d}})G = (\{a, b, c, d\}, \{\{a, b\}, \{b, c\}, \{c, d\}\})

Ici, aa est voisin de bb, mais aa n’est pas voisin de cc. L’ordre du graphe est 4.

Exemple 3 : Un graphe déconnecté

Soit S={x,y,z,w}S = \{x, y, z, w\}.

G=({x,y,z,w},{{x,y},{z,w}})G = (\{x, y, z, w\}, \{\{x, y\}, \{z, w\}\})

Ce graphe possède deux arêtes disjointes. Il n’y a aucun chemin pour aller de xx à zz.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Multigraphe

Un objet où l’on aurait deux arêtes distinctes reliant les mêmes sommets aa et bb n’est pas un graphe simple. Dans notre définition, AA est un ensemble, donc l’élément {a,b}\{a, b\} ne peut y apparaître qu’une seule fois.

Contre-exemple 2 : Graphe Orienté

Si la relation a un sens (par exemple, une flèche de aa vers bb mais pas l’inverse), ce n’est pas un graphe non-orienté. Dans un graphe orienté, les arêtes sont des couples (a,b)(a,b) et non des paires {a,b}\{a,b\}.

Concepts Associés

  • Isomorphisme : La structure structurelle indépendante du nom des sommets.
  • Sous-graphe : Une partie du graphe.
  • Multigraphe : Généralisation acceptant les arêtes multiples.

Applications

  • Modélisation de réseaux sociaux (amis sur Facebook).
  • Réseaux physiques (routes reliant des villes, câbles reliant des ordinateurs).
  • Structure de molécules chimiques.

Concept 2 : Isomorphisme de Graphes

Prérequis

  • Concept de Graphe (Sommets, Arêtes).
  • Bijections.

Définition

Deux graphes G=(S,A)G = (S, A) et G=(S,A)G' = (S', A') sont isomorphes, noté GGG \cong G', s’il existe une bijection φ:SS\varphi : S \to S' telle que pour tous sommets x,ySx, y \in S :

{x,y}A    {φ(x),φ(y)}A\{x, y\} \in A \iff \{\varphi(x), \varphi(y)\} \in A'

L’application φ\varphi est appelée un isomorphisme.

Propriétés Clés

  • Préservation de la structure : L’isomorphisme préserve l’adjacence. Si deux sommets sont reliés dans GG, leurs images sont reliées dans GG'. S’ils ne le sont pas, leurs images ne le sont pas non plus.
  • Invariants : Deux graphes isomorphes ont nécessairement :
    • Le même ordre (nombre de sommets).
    • Le même nombre d’arêtes.
    • La même suite de degrés (voir Concept 4).
  • Relation d’équivalence : La relation d’isomorphisme est réflexive, symétrique et transitive.

Exemples

Exemple 1 : Renommage

Soit G1G_1 un graphe triangle sur {1,2,3}\{1, 2, 3\} et G2G_2 un graphe triangle sur {A,B,C}\{A, B, C\}.

A(G1)={{1,2},{2,3},{1,3}},A(G2)={{A,B},{B,C},{A,C}}A(G_1) = \{\{1,2\}, \{2,3\}, \{1,3\}\}, \quad A(G_2) = \{\{A,B\}, \{B,C\}, \{A,C\}\}

La fonction φ(1)=A,φ(2)=B,φ(3)=C\varphi(1)=A, \varphi(2)=B, \varphi(3)=C est un isomorphisme. Les graphes sont structurellement identiques.

Exemple 2 : Dessins différents

Considérons un cycle de 4 sommets 123411-2-3-4-1.

  • GG : Dessiné comme un carré (1,2,3,41,2,3,4 dans le sens horaire).
  • GG' : Dessiné comme un “papillon” ou sablier croisé, mais où les connexions restent 11 avec 22, 22 avec 33, 33 avec 44, 44 avec 11.

Bien que les dessins diffèrent (lignes croisées vs non croisées), les graphes sont isomorphes car les listes d’adjacences sont identiques.

Exemple 3 : Isomorphisme non trivial

Soit GG un pentagone (cycle C5C_5). Soit HH le graphe formé par une étoile à 5 branches connectant les sommets {1,2,3,4,5}\{1,2,3,4,5\} dans l’ordre 1352411-3-5-2-4-1.

Il existe un isomorphisme entre GG et HH car les deux sont des cycles de longueur 5, simplement dessinés différemment.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Différents degrés

Un cycle sur 4 sommets (C4C_4, carré) et une étoile sur 4 sommets (un centre relié à 3 feuilles) ne sont pas isomorphes. Ils ont le même nombre de sommets (4) et d’arêtes (3 pour l’étoile, 4 pour le cycle - oups, le cycle a 4 arêtes). Prenons plutôt un chemin de 4 sommets (P3P_3, 3 arêtes) et une étoile de 4 sommets (3 arêtes).

Dans l’étoile, un sommet a un degré 3. Dans le chemin, le degré maximum est 2. Impossible de trouver une bijection préservant l’adjacence.

Contre-exemple 2 : Connectivité différente

Soit G1G_1 deux triangles disjoints (6 sommets, 6 arêtes). Soit G2G_2 un cycle de 6 sommets (6 sommets, 6 arêtes).

G2G_2 est connexe (d’un seul tenant), G1G_1 ne l’est pas. Ils ne sont pas isomorphes.

Concepts Associés

  • Classes d’isomorphisme : L’ensemble de tous les graphes isomorphes à un graphe donné.
  • Problème de l’isomorphisme de graphes : Problème algorithmique difficile consistant à déterminer si deux graphes finis sont isomorphes.

Applications

  • Reconnaissance de motifs en analyse d’images.
  • Vérification que deux circuits électroniques sont identiques malgré une disposition différente des composants.
  • Classification des molécules en chimie (isomères).

Concept 3 : Familles Classiques de Graphes (Bestiaire)

Prérequis

  • Définition de graphe.
  • Notations ensemblistes (n\llbracket n \rrbracket).

Définition

Quelques classes de graphes fondamentales définies par leur structure paramétrée par nn.

  1. Stable (SnS_n) : nn sommets, 0 arête.
  2. Clique / Complet (KnK_n) : nn sommets, toutes les paires sont des arêtes. A=(n2)|A| = \binom{n}{2}.
  3. Chaîne / Chemin (PnP_n) : Sommets {0,,n}\{0, \dots, n\}, arêtes {i,i+1}\{i, i+1\}. Longueur nn (nombre d’arêtes), mais ordre n+1n+1.
  4. Cycle (CnC_n) : nn sommets reliés en boucle fermée. nn arêtes.
  5. Biparti Complet (Kn,mK_{n,m}) : Sommets séparés en deux groupes de taille nn et mm. Toutes les connexions possibles entre les groupes, aucune à l’intérieur d’un groupe.
  6. Hypercube (QdQ_d) : Sommets = chaînes binaires de longueur dd. Reliés s’ils diffèrent d’exactement un bit.

Propriétés Clés

  • Régularité : KnK_n, CnC_n, QdQ_d sont des graphes réguliers (tous les sommets ont le même degré).
  • Nombre d’arêtes :
    • KnK_n a le maximum d’arêtes possible pour un graphe simple (n(n1)/2n(n-1)/2).
    • SnS_n a le minimum (0).
    • Kn,mK_{n,m} a n×mn \times m arêtes.

Exemples

Exemple 1 : Le graphe complet K4K_4

4 sommets, tous reliés entre eux. Visuellement, un carré avec ses deux diagonales. Nombre d’arêtes = 6.

Exemple 2 : Le graphe biparti K2,3K_{2,3}

Groupe A = {a1,a2}\{a_1, a_2\}, Groupe B = {b1,b2,b3}\{b_1, b_2, b_3\}.

Arêtes : {a1,b1},{a1,b2},{a1,b3},{a2,b1},{a2,b2},{a2,b3}\{a_1,b_1\}, \{a_1,b_2\}, \{a_1,b_3\}, \{a_2,b_1\}, \{a_2,b_2\}, \{a_2,b_3\}.

Total 5 sommets, 6 arêtes. Pas de triangles possibles.

Exemple 3 : L’hypercube Q3Q_3

Les sommets sont les sommets d’un cube usuel (000, 001, …, 111). Il y a 23=82^3 = 8 sommets. Chaque sommet a 3 voisins (degré 3). Total d’arêtes = (8×3)/2=12(8 \times 3) / 2 = 12.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : PnP_n vs CnC_n

Un chemin P3P_3 a 4 sommets et est ouvert (extrémités). Un cycle C4C_4 a 4 sommets mais est fermé.

Contre-exemple 2 : Biparti non complet

Un cycle C6C_6 est biparti (on peut colorier les sommets alternativement en noir et blanc), mais ce n’est pas un biparti complet K3,3K_{3,3} car il manque des arêtes (par exemple, un sommet noir n’est relié qu’à 2 des 3 sommets blancs).

Concepts Associés

  • Bipartition : Séparation des sommets en deux ensembles indépendants.
  • Connectivité : SnS_n est totalement déconnecté pour n>1n>1, KnK_n est très connecté.

Applications

  • Hypercubes : Architecture des supercalculateurs et codes correcteurs d’erreurs.
  • Bipartis : Problèmes d’affectation (tâches vs ouvriers).

Concept 4 : Degrés et Lemme des Poignées de Main

Prérequis

  • Définition de graphe.
  • Sommes finies (Σ\Sigma).

Définition

Pour un graphe G=(S,A)G = (S, A) :

  • Le degré d’un sommet ss, noté d(s)d(s), est le nombre d’arêtes incidentes à ss (le nombre de voisins).
  • δ(G)\delta(G) est le degré minimum du graphe.
  • Δ(G)\Delta(G) est le degré maximum du graphe.
  • Un graphe est kk-régulier si δ(G)=Δ(G)=k\delta(G) = \Delta(G) = k (tous les sommets ont degré kk).

Lemme des Poignées de Main :

La somme des degrés des sommets est égale à deux fois le nombre d’arêtes :

sSd(s)=2A\sum_{s \in S} d(s) = 2|A|

Propriétés Clés

  • Parité : La somme des degrés est toujours un nombre pair.
  • Nombre de sommets impairs : Le nombre de sommets ayant un degré impair est nécessairement pair.
  • Bornes : Pour un graphe simple d’ordre nn, 0d(s)n10 \leq d(s) \leq n-1.

Exemples

Exemple 1 : Calcul sur un triangle (K3K_3)

3 sommets, chacun relié aux 2 autres.

d(1)=2,d(2)=2,d(3)=2d(1)=2, d(2)=2, d(3)=2.

Somme = 2+2+2=62+2+2 = 6.

Nombre d’arêtes A=3|A|=3.

On vérifie : 6=2×36 = 2 \times 3.

Exemple 2 : Graphe “Étoile” à 4 branches (K1,4K_{1,4})

Sommet central cc de degré 4. 4 feuilles f1,f2,f3,f4f_1, f_2, f_3, f_4 de degré 1.

Liste des degrés : (4,1,1,1,1)(4, 1, 1, 1, 1).

Somme : 4+4=84+4 = 8.

Nombre d’arêtes : 4.

On vérifie : 8=2×48 = 2 \times 4.

Nombre de sommets de degré impair (1) : 4 (qui est bien un nombre pair).

Exemple 3 : Régularité

Le cube Q3Q_3 a 8 sommets de degré 3.

Somme des degrés = 8×3=248 \times 3 = 24.

Nombre d’arêtes = 24/2=1224 / 2 = 12.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Graphe impossible (Somme impaire)

Il est impossible de construire un graphe avec les degrés (3,3,3)(3, 3, 3). Somme = 9 (impair). Cela violerait le lemme.

Contre-exemple 2 : Graphe impossible (Nombre impair de degrés impairs)

La suite de degrés (3,2,2)(3, 2, 2) est impossible. Il y a un seul sommet de degré impair (le 3). Or, le corollaire dit que ce nombre doit être pair.

Concepts Associés

  • Suites graphiques (Havel-Hakimi) : Algorithme pour décider si une suite d’entiers peut correspondre aux degrés d’un graphe.

Applications

  • Vérification de cohérence dans les bases de données de réseaux.
  • Chimie : La valence des atomes correspond à leur degré (Carbone = 4, Hydrogène = 1). La somme des valences doit être paire pour former une molécule stable fermée.

Concept 5 : Représentation Matricielle (Incidence et Adjacence)

Prérequis

  • Calcul matriciel de base (lignes, colonnes, matrices symétriques).
  • Degrés des sommets.

Définition

Pour un graphe GG avec nn sommets {s1,,sn}\{s_1, \dots, s_n\} et mm arêtes {a1,,am}\{a_1, \dots, a_m\} :

  1. Matrice d’incidence (MM) : Matrice de taille n×mn \times m.

    mi,j=1 si le sommet si appartient aˋ l’areˆte aj, sinon 0.m_{i,j} = 1 \text{ si le sommet } s_i \text{ appartient à l'arête } a_j, \text{ sinon } 0.

    Chaque colonne contient exactement deux “1”.

  2. Matrice d’adjacence (AGA_G) : Matrice carrée n×nn \times n.

    ai,j=1 si {si,sj}A, sinon 0.a_{i,j} = 1 \text{ si } \{s_i, s_j\} \in A, \text{ sinon } 0.

    C’est une matrice symétrique (ai,j=aj,ia_{i,j} = a_{j,i}) avec des 0 sur la diagonale (pour les graphes simples).

Propriétés Clés

  • Lien avec les degrés :
    • Dans la matrice d’incidence, la somme de la ligne ii est d(si)d(s_i).
    • Dans la matrice d’adjacence, la somme de la ligne ii (ou colonne ii) est d(si)d(s_i).
  • Symétrie : La matrice d’adjacence d’un graphe non-orienté est toujours symétrique par rapport à la diagonale principale.

Exemples

Exemple 1 : Matrice d’adjacence de K3K_3

Sommets 1, 2, 3 tous connectés.

AK3=(011101110)A_{K_3} = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 1 \\ 1 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 0 \end{pmatrix}

Exemple 2 : Matrice d’incidence d’un chemin P2P_2 (1231-2-3)

Sommets s1,s2,s3s_1, s_2, s_3. Arêtes a1={1,2},a2={2,3}a_1=\{1,2\}, a_2=\{2,3\}.

M=a1a2s110s211s301M = \begin{matrix} & a_1 & a_2 \\ s_1 & 1 & 0 \\ s_2 & 1 & 1 \\ s_3 & 0 & 1 \end{matrix}

La ligne s2s_2 somme à 2 (degré 2). Les colonnes somment à 2.

Exemple 3 : Matrice d’adjacence avec sommet isolé

Graphe : 121-2 et 33 isolé.

AG=(010100000)A_G = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}

La ligne 3 ne contient que des 0.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Matrice non symétrique

La matrice (0100)\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} ne peut pas être la matrice d’adjacence d’un graphe non-orienté car elle n’est pas symétrique (a1,2=1a_{1,2}=1 mais a2,1=0a_{2,1}=0). Elle représenterait un graphe orienté.

Contre-exemple 2 : Diagonale non nulle

Si la matrice d’adjacence a un “1” sur la diagonale (ai,i=1a_{i,i}=1), le graphe n’est pas simple (il contient une boucle sur le sommet ii).

Concepts Associés

  • Algèbre linéaire spectrale : Étude des valeurs propres de la matrice d’adjacence.
  • Chemins : La puissance kk-ième de la matrice d’adjacence (AGkA_G^k) donne le nombre de chemins de longueur kk entre deux sommets.

Applications

  • Stockage de graphes en informatique (Adjacence pour graphes denses, Listes pour graphes creux).
  • Algorithmes de recherche (PageRank de Google utilise une variante de la matrice d’adjacence).

Concept 6 : Théorème de Havel-Hakimi (Suites Graphiques)

Prérequis

  • Degrés.
  • Tri de suites numériques.
  • Raisonnement algorithmique.

Définition

Une suite d’entiers (d1,,dn)(d_1, \dots, d_n) est dite graphique s’il existe au moins un graphe simple dont ce sont les degrés.

Théorème : Une suite décroissante d1d2dnd_1 \geq d_2 \geq \dots \geq d_n est graphique si et seulement si la suite réduite suivante est graphique :

On supprime d1d_1, et on soustrait 1 aux d1d_1 termes suivants.

La suite résultante doit être réordonnée si nécessaire.

Processus itératif : On répète l’opération jusqu’à obtenir une suite de zéros (graphique) ou des nombres négatifs/impossibles (non graphique).

Propriétés Clés

  • Condition nécessaire et suffisante : L’algorithme donne une réponse définitive.
  • Construction : La méthode fournit une “recette” pour construire le graphe en reliant le sommet de plus haut degré aux sommets suivants.

Exemples

Exemple 1 : Suite valide (3,3,2,2,2)(3, 3, 2, 2, 2)

  1. On retire le premier 3. On doit retirer 1 aux 3 suivants (3, 2, 2).
  2. Nouvelle suite : (31,21,21,2)(2,1,1,2)(3-1, 2-1, 2-1, 2) \to (2, 1, 1, 2).
  3. On trie : (2,2,1,1)(2, 2, 1, 1).
  4. On retire le premier 2. On retire 1 aux 2 suivants.
  5. Nouvelle suite : (21,11,1)(1,0,1)(2-1, 1-1, 1) \to (1, 0, 1).
  6. On trie : (1,1,0)(1, 1, 0).
  7. On retire le 1. On retire 1 au suivant.
  8. Nouvelle suite : (11,0)(0,0)(1-1, 0) \to (0, 0).
  9. (0,0)(0, 0) correspond à 2 sommets isolés (graphe valide).

Conclusion : La suite initiale est graphique.

Exemple 2 : Suite invalide (3,3,3,1)(3, 3, 3, 1)

  1. On retire 3. On retire 1 aux 3 suivants (3, 3, 1).
  2. Nouvelle suite : (2,2,0)(2, 2, 0).
  3. On retire 2. On retire 1 aux 2 suivants.
  4. Nouvelle suite : (21,01)(1,1)(2-1, 0-1) \to (1, -1).
  5. Un degré négatif est impossible.

Conclusion : Pas graphique.

Exemple 3 : Élimination rapide par parité

Suite (3,3,1)(3, 3, 1). Somme = 7. Impair. Pas besoin de Havel-Hakimi, on sait déjà que c’est impossible par le lemme des poignées de main.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : L’ordre compte

Si on applique l’algorithme sans trier la suite à chaque étape (si on soustrait 1 à des termes qui ne sont pas les plus grands restants), le théorème ne garantit pas le résultat. Il faut toujours considérer la suite triée décroissante pour appliquer la réduction.

Contre-exemple 2 : Unicité

Le fait qu’une suite soit graphique ne signifie pas que le graphe est unique. (2,2,2,2,2,2)(2, 2, 2, 2, 2, 2) peut être deux triangles (2×K32 \times K_3) ou un hexagone (C6C_6). Havel-Hakimi prouve l’existence, pas l’unicité.

Concepts Associés

  • Réalisation de graphes : Problème consistant à construire un graphe donné des contraintes.

Concept 7 : Sous-graphes et Théorème de Turán

Prérequis

  • Inclusions d’ensembles.
  • Graphes complets (KnK_n).
  • Optimisation.

Définition

  1. Sous-graphe : G=(S,A)G'=(S', A') est un sous-graphe de G=(S,A)G=(S, A) si SSS' \subseteq S et AAA' \subseteq A.

  2. Sous-graphe induit : On garde une partie des sommets SS' et on garde toutes les arêtes de GG qui relient ces sommets entre eux. A=AP2(S)A' = A \cap \mathcal{P}_2(S').

  3. Théorème de Turán : Quelle est le nombre maximum d’arêtes qu’un graphe à nn sommets peut avoir sans contenir de clique de taille rr (KrK_r) ?

    Réponse : m(11r1)n22m \leq (1 - \frac{1}{r-1})\frac{n^2}{2}.

Propriétés Clés

  • Induction : Un sous-graphe induit est déterminé uniquement par le choix des sommets.
  • Densité : Le théorème de Turán donne une borne de densité. Si un graphe est “trop rempli” d’arêtes, il contient forcément une clique KrK_r.
  • Graphe de Turán : La configuration optimale (nombre max d’arêtes sans KrK_r) est un graphe multipartite complet (sommets divisés en r1r-1 groupes, toutes les arêtes entre groupes, aucune dans les groupes).

Exemples

Exemple 1 : Sous-graphe induit

Soit un carré abcdaa-b-c-d-a avec une diagonale aca-c.

Si on prend S={a,b,c}S'=\{a, b, c\}, le sous-graphe induit contient les arêtes {a,b},{b,c}\{a,b\}, \{b,c\} et la diagonale {a,c}\{a,c\}. C’est un triangle (K3K_3).

Si on prend juste un sous-graphe (non induit) sur ces sommets, on pourrait choisir de ne pas inclure {a,c}\{a,c\}.

Exemple 2 : Turán pour K3K_3 (sans triangle)

On veut éviter K3K_3 (r=3r=3) avec n=4n=4 sommets.

Formule : m(11/2)162=0.5×8=4m \leq (1 - 1/2) \frac{16}{2} = 0.5 \times 8 = 4.

Le graphe biparti complet K2,2K_{2,2} (carré) a 4 arêtes et pas de triangle. Si on ajoute une 5ème arête (diagonale), on crée forcément deux triangles.

Exemple 3 : Turán pour K4K_4

Pour éviter K4K_4, la meilleure stratégie est de diviser les sommets en 3 groupes (graphe tri-parti).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Sous-graphe vs Induit

Dans K3K_3 (triangle abcabc), le graphe avec sommets {a,b,c}\{a,b,c\} et arêtes {{a,b},{b,c}}\{\{a,b\}, \{b,c\}\} (chemin) est un sous-graphe de K3K_3, mais ce n’est PAS un sous-graphe induit, car dans K3K_3, aa et cc sont reliés, donc cette arête devrait être présente.

Contre-exemple 2 : Borne non atteinte

Un pentagone C5C_5 n’a pas de triangle (K3K_3). Il a 5 sommets et 5 arêtes. La borne de Turán pour n=5,r=3n=5, r=3 est 52/4=6\lfloor 5^2/4 \rfloor = 6. Le pentagone respecte la borne (565 \leq 6) mais ne l’atteint pas (le graphe optimal serait K2,3K_{2,3} avec 6 arêtes).

Concepts Associés

  • Théorie extrémale : Étude des valeurs extrêmes (max/min arêtes) sous contraintes structurelles.
  • Clique maximale : La plus grande clique contenue dans un graphe.

Applications

  • Géométrie : Problème d’Erdős sur les distances (Concept 6.15 du chapitre). Combien de paires de points peuvent être à une distance >d> d ?
  • Allocation de ressources : Si les arêtes représentent des conflits, Turán aide à comprendre la densité maximale de conflits tolérable sans créer de “conflit total” entre rr parties.

Concept 8 : Théorie de Ramsey

Prérequis

  • Graphes complets (KnK_n).
  • Stables (ensemble de sommets sans aucune arête entre eux).
  • Principe des tiroirs (Pigeonhole Principle).

Définition

Le nombre de Ramsey R(s,t)R(s, t) est le plus petit entier nn tel que :

Tout graphe GG d’ordre nn contient soit :

  • Une clique d’ordre ss (KsK_s, ss sommets tous reliés).
  • Un stable d’ordre tt (StS_t, tt sommets aucun relié, ce qui équivaut à une clique dans le complémentaire G\overline{G}).

En termes simples : “Dans tout graphe suffisamment grand, on trouve de l’ordre (soit beaucoup d’amis, soit beaucoup d’étrangers).”

Propriétés Clés

  • Symétrie : R(s,t)=R(t,s)R(s, t) = R(t, s).
  • Valeurs limites : R(2,t)=tR(2, t) = t. (Si on veut éviter un stable de taille tt, dès qu’on a une arête, on a un K2K_2. Si on n’a aucune arête, on a un SnS_n. Donc il faut n=tn=t).
  • Croissance : Les nombres de Ramsey grandissent très vite avec ss et tt.

Exemples

Exemple 1 : R(3,3)=6R(3, 3) = 6 (Le problème de la soirée)

Dans n’importe quel groupe de 6 personnes, il y a toujours soit 3 personnes qui se connaissent toutes mutuellement (triangle K3K_3), soit 3 personnes qui ne se connaissent pas du tout (stable S3S_3).

Ce n’est pas garanti avec 5 personnes (on peut former un cycle C5C_5 où il n’y a ni triangle ni 3 sommets indépendants).

Exemple 2 : R(3,4)=9R(3, 4) = 9

Dans un graphe de 9 sommets, on est sûr d’avoir un triangle (K3K_3) ou un stable de 4 sommets (S4S_4).

Exemple 3 : Calcul théorique simple

R(s,2)=sR(s, 2) = s.

On cherche soit un KsK_s, soit un S2S_2 (deux sommets non reliés).

Si le graphe est un graphe complet Ks1K_{s-1}, il n’a pas de S2S_2 et pas de KsK_s.

Si on ajoute un sommet pour avoir ss sommets, soit c’est un KsK_s, soit il manque une arête et on a un S2S_2.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : n<R(s,t)n < R(s,t)

Pour n=5n=5 et on cherche K3K_3 ou S3S_3. Le pentagone C5C_5 est le contre-exemple qui prouve que R(3,3)>5R(3,3) > 5. Il ne contient ni triangle, ni 3 sommets indépendants.

Contre-exemple 2 : Connaissance exacte

On ne connait pas la valeur exacte de R(5,5)R(5, 5). On sait juste qu’elle est entre 43 et 48. C’est un exemple de problème simple à énoncer mais extrêmement difficile à résoudre numériquement.

Concepts Associés

  • Graphe complémentaire : G\overline{G} a les mêmes sommets que GG, mais les arêtes sont inversées (présentes \leftrightarrow absentes). Ramsey dit que GG contient KsK_s ou G\overline{G} contient KtK_t.
  • Principe des tiroirs : Outil fondamental pour prouver l’existence de ces structures.

Applications

  • Théorie de l’information.
  • Mathématiques pures (Théorie des nombres, Géométrie combinatoire).
  • Prouve que le désordre total est impossible à grande échelle.

Introduction à la théorie de graphes (A)


Concept 1 : Définition d’un Graphe Simple Non-Orienté

Prérequis

  • Théorie des ensembles (ensembles finis, cardinalité, sous-ensembles).
  • Notion de paires (ensembles à 2 éléments).

Définition

Un graphe simple non-orienté GG est défini comme un couple G=(S,A)G = (S, A) où :

  1. SS est un ensemble fini non vide appelé l’ensemble des sommets (ou nœuds).
  2. AA est un sous-ensemble de P2(S)\mathcal{P}_2(S), l’ensemble des parties de SS à deux éléments. Les éléments de AA sont appelés les arêtes.

Si {s,s}A\{s, s'\} \in A, on dit que les sommets ss et ss' sont adjacents ou voisins. Ces sommets sont les extrémités de l’arête.

L’ordre du graphe est le nombre de sommets, noté S|S|.

Propriétés Clés

  • Symétrie de l’adjacence : Dans un graphe non-orienté, la relation “être voisin de” est symétrique. Si ss est relié à ss', alors ss' est relié à ss.
  • Absence de boucle : Une arête est une paire de sommets distincts (car c’est un élément de P2(S)\mathcal{P}_2(S)). Un sommet ne peut pas être relié à lui-même.
  • Unicité de l’arête : Entre deux sommets donnés, il existe au plus une arête (pas d’arêtes multiples).
  • Représentation graphique : Un graphe peut être dessiné de multiples façons (placement des points, tracé des lignes), mais le dessin n’est qu’une représentation de la structure mathématique (S,A)(S, A).

Exemples

Exemple 1 : Le Carré

Soit le graphe G1=(S1,A1)G_1 = (S_1, A_1) défini par :

S1={a,b,c,d}S_1 = \{a, b, c, d\}

A1={{a,b},{b,c},{c,d},{d,a}}A_1 = \{\{a, b\}, \{b, c\}, \{c, d\}, \{d, a\}\}

C’est un graphe d’ordre 4. Visuellement, cela correspond aux côtés d’un carré.

Exemple 2 : Le Triangle avec un sommet isolé

Soit le graphe G2=(S2,A2)G_2 = (S_2, A_2) défini par :

S2={1,2,3,4}S_2 = \{1, 2, 3, 4\}

A2={{1,2},{2,3},{1,3}}A_2 = \{\{1, 2\}, \{2, 3\}, \{1, 3\}\}

Ici, les sommets {1,2,3}\{1, 2, 3\} forment un triangle, et le sommet 44 n’a aucune arête incidente.

Exemple 3 : Graphe sur un ensemble abstrait

Soit S3={,{},{{}}}S_3 = \{ \emptyset, \{\emptyset\}, \{\{\emptyset\}\} \} et on définit une arête entre deux ensembles si l’un est inclus dans l’autre.

A3={{,{}},{{},{{}}},{,{{}}}}A_3 = \{ \{ \emptyset, \{\emptyset\} \}, \{ \{\emptyset\}, \{\{\emptyset\}\} \}, \{ \emptyset, \{\{\emptyset\}\} \} \}

Ceci forme un triangle complet (K3K_3) sur ces 3 éléments.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Multigraphe

Le couple ({a,b},{e1,e2})(\{a, b\}, \{e_1, e_2\})e1e_1 et e2e_2 relient tous deux aa et bb n’est pas un graphe simple, car il y a deux arêtes entre les mêmes sommets.

Contre-exemple 2 : Graphe avec boucles

Si AA contient l’élément {a,a}\{a, a\} (ou simplement {a}\{a\} selon la notation), ce n’est pas un graphe simple, car une arête doit relier deux sommets distincts.

Concepts Liés

  • Sous-graphe : Partie d’un graphe.
  • Multigraphe : Extension autorisant les arêtes multiples.
  • Graphe orienté : Où les arêtes sont des couples ordonnés (u,v)(u, v).

Concept 2 : Isomorphisme de Graphes

Prérequis

  • Concept de graphe (Concept 1).
  • Bijections et fonctions.

Définition

Deux graphes G=(S,A)G = (S, A) et G=(S,A)G' = (S', A') sont dits isomorphes (noté GGG \cong G') s’il existe une bijection φ:SS\varphi : S \to S' telle que pour tout couple de sommets {x,y}P2(S)\{x, y\} \in \mathcal{P}_2(S) :

{x,y}A    {φ(x),φ(y)}A\{x, y\} \in A \iff \{\varphi(x), \varphi(y)\} \in A'

La bijection φ\varphi est appelée un isomorphisme.

Propriétés Clés

  • Préservation de la structure : L’isomorphisme préserve l’adjacence. Deux sommets sont voisins dans GG si et seulement si leurs images sont voisines dans GG'.
  • Relation d’équivalence : La relation “être isomorphe” est réflexive, symétrique et transitive.
  • Invariants : Deux graphes isomorphes ont nécessairement le même ordre, le même nombre d’arêtes et la même suite de degrés.
  • Renommage : Intuitivement, deux graphes sont isomorphes si l’on peut passer de l’un à l’autre simplement en renommant les sommets et en redessinant les arêtes sans les couper.

Exemples

Exemple 1 : Le chemin à 3 sommets

Soit G=({1,2,3},{{1,2},{2,3}})G = (\{1, 2, 3\}, \{\{1, 2\}, \{2, 3\}\}) et H=({a,b,c},{{a,c},{c,b}})H = (\{a, b, c\}, \{\{a, c\}, \{c, b\}\}).

Ces graphes sont isomorphes via la bijection φ\varphi :

φ(1)=a,φ(2)=c,φ(3)=b\varphi(1) = a, \quad \varphi(2) = c, \quad \varphi(3) = b

On vérifie les arêtes : {1,2}{a,c}A(H)\{1, 2\} \to \{a, c\} \in A(H) et {2,3}{c,b}A(H)\{2, 3\} \to \{c, b\} \in A(H).

Exemple 2 : Le carré et le “huit”

Un graphe dessiné comme un carré abcdaa-b-c-d-a est isomorphe à un graphe dessiné comme un sablier où les arêtes se croisent (aa relié à bb, bb à cc, cc à dd, dd à aa), tant que la connectivité reste identique. La position géométrique ne compte pas.

Exemple 3 : Complémentarité

Si GHG \cong H, alors leurs complémentaires sont aussi isomorphes : GH\overline{G} \cong \overline{H}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Inégalité des arêtes

Un graphe GG avec 4 sommets et 3 arêtes ne peut pas être isomorphe à un graphe HH avec 4 sommets et 4 arêtes, car aucune bijection ne peut satisfaire la condition d’équivalence des arêtes.

Contre-exemple 2 : Structure différente malgré même ordre et taille

Soit GG un cycle de 4 sommets (C4C_4) et HH un triangle avec un sommet rattaché à l’un des sommets du triangle. Ils ont tous deux 4 sommets et 4 arêtes. Cependant, dans HH, il y a un sommet de degré 3 (celui du triangle relié à l’extérieur) et un sommet de degré 1. Dans C4C_4, tous les sommets ont degré 2. Ils ne sont pas isomorphes.

Concepts Liés

  • Classes d’isomorphisme : Regroupement de tous les graphes isomorphes entre eux.
  • Complexité algorithmique : Le problème de l’isomorphisme de graphe est notoirement difficile à résoudre algorithmiquement pour de grands graphes.

Applications

  • Chimie : Identifier si deux molécules ont la même structure topologique.
  • Reconnaissance de motifs : Identifier des structures similaires dans des réseaux sociaux ou informatiques.

Concept 3 : Familles Classiques de Graphes (Bestiaire)

Prérequis

  • Définition de graphe et notations d’ensembles.
  • Arithmétique modulaire (pour les cycles).

Définition

Voici les définitions formelles de certaines familles de graphes fondamentales d’ordre nn :

  1. Stable (SnS_n) : Graphe sans aucune arête. A(Sn)=A(S_n) = \varnothing.
  2. Graphe Complet (KnK_n) : (ou Clique). Tous les sommets sont connectés deux à deux. A(Kn)=P2(S)A(K_n) = \mathcal{P}_2(S).
  3. Chaîne (PnP_n) : (Attention : PnP_n est souvent défini par sa longueur nn, donc n+1n+1 sommets). Sommets {0,,n}\{0, \dots, n\}, arêtes {i,i+1}\{i, i+1\}.
  4. Cycle (CnC_n) : Sommets {1,,n}\{1, \dots, n\}, arêtes {i,j}\{i, j\} si ij=1|i-j|=1 ou si {i,j}={1,n}\{i, j\} = \{1, n\}.
  5. Graphe Biparti Complet (Kn,mK_{n,m}) : Sommets partitionnés en deux ensembles UU (taille nn) et VV (taille mm). Toutes les arêtes possibles entre UU et VV existent, aucune arête à l’intérieur de UU ou de VV.

Propriétés Clés

  • Taille de KnK_n : Un graphe complet d’ordre nn possède exactement (n2)=n(n1)2\binom{n}{2} = \frac{n(n-1)}{2} arêtes.
  • Régularité : KnK_n est (n1)(n-1)-régulier. CnC_n est 2-régulier.
  • Bipartition : CnC_n est biparti si et seulement si nn est pair. Kn,mK_{n,m} est par définition biparti.

Exemples

Exemple 1 : K3K_3 (Le Triangle)

S={1,2,3}S = \{1, 2, 3\}, A={{1,2},{2,3},{1,3}}A = \{\{1, 2\}, \{2, 3\}, \{1, 3\}\}. C’est aussi isomorphe à C3C_3.

Exemple 2 : K1,3K_{1,3} (L’Étoile)

Un sommet central relié à 3 feuilles. S={c,f1,f2,f3}S = \{c, f_1, f_2, f_3\}, A={{c,f1},{c,f2},{c,f3}}A = \{\{c, f_1\}, \{c, f_2\}, \{c, f_3\}\}.

Exemple 3 : Q2Q_2 (L’Hypercube de dimension 2)

Sommets {00,01,10,11}\{00, 01, 10, 11\}. Arêtes entre sommets différant d’un bit : {00,01},{00,10},{11,01},{11,10}\{00, 01\}, \{00, 10\}, \{11, 01\}, \{11, 10\}. C’est isomorphe à un cycle C4C_4.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

P3P_3 (chaîne de longueur 3, donc 4 sommets) n’est pas isomorphe à C4C_4 car P3P_3 a deux sommets de degré 1 (les extrémités), alors que C4C_4 n’en a aucun.

Contre-exemple 2

K2,2K_{2,2} (carré) est un graphe biparti complet, mais K3K_3 (triangle) ne l’est pas car on ne peut pas partitionner ses sommets en deux ensembles indépendants.

Concepts Liés

  • Connexité : SnS_n est totalement déconnecté (pour n>1n>1), tandis que KnK_n, PnP_n, CnC_n sont connexes.

Concept 4 : Degrés et Lemme des Poignées de Main

Prérequis

  • Définition de graphe.
  • Sommations.

Définition

Le degré d’un sommet xx, noté d(x)d(x), est le nombre de ses voisins (le cardinal de son voisinage).

d(x)={yS{x}:{x,y}A}d(x) = |\{y \in S \setminus \{x\} : \{x, y\} \in A\}|

Le Lemme des poignées de main (Théorème 6.6) énonce que pour tout graphe G=(S,A)G=(S, A) :

sSd(s)=2A\sum_{s \in S} d(s) = 2|A|

Propriétés Clés

  • Parité de la somme : La somme des degrés est toujours paire.
  • Lien sommets/arêtes : Ce théorème relie une propriété locale (degré) à une propriété globale (nombre d’arêtes).
  • Corollaire important : Dans tout graphe, le nombre de sommets de degré impair est pair.

Exemples

Exemple 1 : Calcul sur un graphe simple

Soit un triangle K3K_3. Chaque sommet a un degré 2.

Somme des degrés = 2+2+2=62 + 2 + 2 = 6.

Nombre d’arêtes A=3|A| = 3.

On vérifie : 6=2×36 = 2 \times 3.

Exemple 2 : Graphe 33-régulier

Si un graphe a 10 sommets et que chaque sommet a un degré 3.

Somme des degrés = 10×3=3010 \times 3 = 30.

Nombre d’arêtes = 30/2=1530 / 2 = 15.

Exemple 3 : Application du Corollaire

Est-il possible d’avoir un groupe de 5 personnes où chacun connaît exactement 3 autres personnes ?

Cela correspondrait à un graphe d’ordre 5 où chaque degré est 3 (impair).

Nombre de sommets de degré impair = 5.

Or, 5 est impair. D’après le corollaire, ce graphe est impossible.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Suite de degrés impossible

La suite de degrés (1,1,1,2)(1, 1, 1, 2) est impossible. Somme = 5 (impair), ce qui viole le lemme des poignées de main.

Contre-exemple 2

Un graphe où d(s)=A\sum d(s) = |A| est impossible (sauf si le graphe est vide), car chaque arête contribue pour 2 à la somme (une fois pour chaque extrémité).

Concepts Liés

  • Matrices d’incidence : Le lemme peut être prouvé via la matrice d’incidence.
  • Graphes eulériens : L’existence de cycles eulériens dépend de la parité des degrés.

Concept 5 : Matrices Associées (Incidence et Adjacence)

Prérequis

  • Matrices, dimensions, indices lignes/colonnes.
  • Degrés de sommets.

Définition

Pour un graphe GG avec sommets s1,,sns_1, \dots, s_n et arêtes a1,,ama_1, \dots, a_m :

  1. Matrice d’incidence (MMn,mM \in \mathcal{M}_{n,m}) :

    mi,j=1 si siaj,0 sinon.m_{i,j} = 1 \text{ si } s_i \in a_j, \quad 0 \text{ sinon.}

  2. Matrice d’adjacence (AGMn,nA_G \in \mathcal{M}_{n,n}) :

    ai,j=1 si {si,sj}A,0 sinon.a_{i,j} = 1 \text{ si } \{s_i, s_j\} \in A, \quad 0 \text{ sinon.}

Propriétés Clés

  • Matrice d’incidence : La somme de chaque colonne est exactement 2 (chaque arête a 2 extrémités). La somme de la ligne ii est le degré d(si)d(s_i).
  • Matrice d’adjacence : Elle est symétrique (ai,j=aj,ia_{i,j} = a_{j,i}) pour les graphes non-orientés. Sa diagonale est nulle (pas de boucles). La somme de la ligne ii est d(si)d(s_i).
  • Spectre : Les valeurs propres de la matrice d’adjacence donnent des informations profondes sur le graphe (théorie spectrale).

Exemples

Exemple 1 : Matrice d’adjacence de P2P_2

Graphe 1231-2-3. Sommets {1,2,3}\{1, 2, 3\}.

AG=(010101010)A_G = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 1 \\ 0 & 1 & 0 \end{pmatrix}

Exemple 2 : Matrice d’incidence d’un triangle K3K_3

Sommets {1,2,3}\{1, 2, 3\}, Arêtes e1={1,2},e2={2,3},e3={1,3}e_1=\{1,2\}, e_2=\{2,3\}, e_3=\{1,3\}.

M=(101110011)M = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 1 \\ 1 & 1 & 0 \\ 0 & 1 & 1 \end{pmatrix}

Colonne 1 (pour e1e_1) a des 1 aux lignes 1 et 2.

Exemple 3 : Lien avec les degrés

Dans l’exemple précédent, la somme de la première ligne est 1+0+1=21+0+1 = 2, ce qui est bien le degré du sommet 1 dans un triangle.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Une matrice d’adjacence avec des 11 sur la diagonale représente un graphe avec des boucles, pas un graphe simple au sens strict du chapitre.

Contre-exemple 2

Une matrice non symétrique ne peut pas être la matrice d’adjacence d’un graphe non-orienté.

Concepts Liés

  • Marches aléatoires : Utilisent la matrice d’adjacence normalisée.
  • Compter les chemins : La puissance kk-ième de la matrice d’adjacence, (AG)k(A_G)^k, donne le nombre de chemins de longueur kk entre deux sommets.

Concept 6 : Théorème de Havel-Hakimi (Suites Graphiques)

Prérequis

  • Tri de suites d’entiers.
  • Notion de degré.
  • Récurrence / Algorithmique.

Définition

Une suite d’entiers est dite graphique si elle correspond à la suite des degrés d’un graphe simple.

Le Théorème de Havel-Hakimi fournit un algorithme pour déterminer si une suite est graphique :

Une suite triée d1dnd_1 \leq \dots \leq d_n est graphique si et seulement si la suite réduite obtenue en supprimant dnd_n et en soustrayant 1 aux dnd_n plus grands éléments restants est graphique (après re-tri éventuel).

La condition d’arrêt est qu’une suite de zéros est toujours graphique (graphe sans arêtes).

Propriétés Clés

  • Algorithmique : Ce théorème est constructif. Il permet non seulement de dire oui/non, mais de construire le graphe étape par étape.
  • Condition Nécessaire : La somme des termes doit être paire (Lemme des poignées de main), mais ce n’est pas suffisant. Havel-Hakimi est nécessaire et suffisant.

Exemples

Exemple 1 : Test de la suite (1,1,1,3,4)(1, 1, 1, 3, 4)

  1. Suite : (1,1,1,3,4)(1, 1, 1, 3, 4). On retire 4. Il faut réduire les 4 termes restants.
  2. Réduction : (11,11,11,31)=(0,0,0,2)(1-1, 1-1, 1-1, 3-1) = (0, 0, 0, 2).
  3. On retire 2. Il faut réduire 2 termes restants parmi les plus grands.
  4. Réduction sur (0,0,0)(0, 0, 0) en retirant le dernier 0 (non, on retire le 2): reste (0,0,0)(0, 0, 0). On retire 1 aux deux plus grands (les 0).
  5. On obtiendrait (1,1,0)(-1, -1, 0). Impossible (degré négatif).

Conclusion : La suite n’est pas graphique.

Exemple 2 : Test de la suite (3,3,2,2,2)(3, 3, 2, 2, 2) (Décroissant pour faciliter le calcul)

  1. On retire le premier 3. On soustrait 1 aux 3 suivants : (31,21,21,2)(2,1,1,2)(3-1, 2-1, 2-1, 2) \to (2, 1, 1, 2).
  2. On re-trie : (2,2,1,1)(2, 2, 1, 1).
  3. On retire un 2. On soustrait 1 aux 2 suivants : (21,11,1)(1,0,1)(2-1, 1-1, 1) \to (1, 0, 1).
  4. On re-trie : (1,1,0)(1, 1, 0).
  5. On retire 1. On soustrait 1 au suivant : (11,0)(0,0)(1-1, 0) \to (0, 0).
  6. (0,0)(0, 0) est graphique (2 sommets isolés).

Conclusion : La suite initiale est graphique.

Exemple 3 : Construction

Si la suite réduite est graphique, on remonte les étapes en ajoutant un sommet et en le connectant aux sommets dont on a réduit le degré.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

La suite (2,2,2)(2, 2, 2) pour 3 sommets est graphique (K3K_3).

Mais la suite (3,3,3)(3, 3, 3) pour 3 sommets est impossible (le degré max est n1=2n-1 = 2). Havel-Hakimi donnerait des degrés négatifs ou un manque de termes à réduire.

Contre-exemple 2

Toute suite dont la somme est impaire échoue immédiatement, mais Havel-Hakimi le détectera en finissant par une incohérence (comme un besoin de réduire plus de termes qu’il n’en reste).

Concepts Liés

  • Théorème d’Erdős-Gallai : Autre caractérisation des suites graphiques basée sur des inégalités.

Concept 7 : Sous-graphes et Théorème de Turán

Prérequis

  • Inclusion d’ensembles.
  • Graphes complets (KnK_n).
  • Optimisation sous contrainte.

Définition

  • Sous-graphe induit G[S]G[S'] : On garde un sous-ensemble de sommets SSS' \subset S et toutes les arêtes de GG qui relient deux sommets de SS'.
  • Théorème de Turán : Soit GG un graphe d’ordre nn ne contenant pas de KrK_r (clique de taille rr). Alors le nombre maximal d’arêtes mm est :

m(11r1)n22m \leq \left( 1 - \frac{1}{r - 1} \right) \frac{n^2}{2}

Propriétés Clés

  • Graphe de Turán : La borne est atteinte par le graphe de Turán, qui est un graphe multipartite complet équilibré (les sommets sont divisés en r1r-1 groupes de tailles aussi égales que possible).
  • Extrémal : C’est un résultat fondateur de la “Théorie extrémale des graphes” : combien d’arêtes peut-on avoir sans créer une certaine structure ?

Exemples

Exemple 1 : Graphe sans triangle (r=3r=3)

On cherche le max d’arêtes pour un graphe d’ordre nn sans K3K_3.

Formule : m(112)n22=n24m \leq (1 - \frac{1}{2}) \frac{n^2}{2} = \frac{n^2}{4}.

Pour n=4n=4, max arêtes = 4. C’est le graphe biparti complet K2,2K_{2,2} (le carré). Il n’a pas de triangle.

Exemple 2 : Graphe induit

Si GG est un carré abcdaa-b-c-d-a. Le sous-graphe induit par {a,c}\{a, c\} est deux sommets isolés (car pas d’arête {a,c}\{a, c\} dans GG). Le sous-graphe induit par {a,b,c}\{a, b, c\} est une chaîne abca-b-c.

Exemple 3 : Application géométrique (Erdős)

Dans un ensemble de nn points de diamètre 1, le nombre de paires distantes de plus de 1/21/\sqrt{2} est borné par n2/3n^2/3. Cela vient du fait que le graphe des “grandes distances” ne peut pas contenir de K4K_4 géométriquement.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : Sous-graphe non induit

Prendre K3K_3 (sommets {1,2,3}\{1,2,3\}, arêtes toutes présentes). Le graphe avec les mêmes sommets mais juste l’arête {1,2}\{1,2\} est un sous-graphe, mais pas un sous-graphe induit, car l’arête {2,3}\{2,3\} existe dans GG mais a été omise.

Contre-exemple 2 : Dépassement de la borne

Un graphe d’ordre 4 avec 5 arêtes contient nécessairement un K3K_3. En effet, la borne de Turán pour r=3,n=4r=3, n=4 est 4. Si on a 5 arêtes, on dépasse la borne, donc l’hypothèse “ne contient pas K3K_3” est fausse.

Concepts Liés

  • Clique maximale : La taille de la plus grande clique est notée ω(G)\omega(G).
  • Nombre chromatique : Le graphe de Turán est (r1)(r-1)-coloriable.

Concept 8 : Nombre de Ramsey

Prérequis

  • Clique (KsK_s) et Stable (StS_t).
  • Complémentaire d’un graphe.
  • Principe des tiroirs.

Définition

Le nombre de Ramsey R(s,t)R(s, t) est le plus petit entier nn tel que tout graphe d’ordre nn contient :

  • Soit une clique d’ordre ss (KsK_s).
  • Soit un stable d’ordre tt (StS_t).

De manière équivalente, quelle que soit la façon dont on colorie les arêtes d’un KnK_n en bleu ou rouge, il y a soit un KsK_s tout bleu, soit un KtK_t tout rouge.

Propriétés Clés

  • Existence : R(s,t)R(s, t) est fini (Théorème de Ramsey).
  • Symétrie : R(s,t)=R(t,s)R(s, t) = R(t, s).
  • Borne supérieure : R(s,t)(s+t2s1)R(s, t) \leq \binom{s+t-2}{s-1}.
  • Valeurs limites : R(2,t)=tR(2, t) = t.

Exemples

Exemple 1 : R(3,3)=6R(3, 3) = 6

Dans tout groupe de 6 personnes, il y a soit 3 personnes qui se connaissent toutes (K3K_3), soit 3 personnes qui ne se connaissent pas du tout (S3S_3).

Pour 5 personnes, ce n’est pas garanti (le cycle C5C_5 ne contient ni triangle ni stable de 3 sommets).

Exemple 2 : Calcul avec la borne

Estimation de R(3,4)R(3, 4).

Formule : R(3,4)R(2,4)+R(3,3)=4+6=10R(3, 4) \leq R(2, 4) + R(3, 3) = 4 + 6 = 10.

(La valeur réelle est R(3,4)=9R(3, 4) = 9).

Exemple 3 : R(s,2)R(s, 2)

On cherche nn pour avoir KsK_s ou S2S_2. Un stable S2S_2 signifie deux sommets non reliés.

Si le graphe n’a pas de S2S_2, c’est que toutes les paires sont reliées. Donc c’est un graphe complet.

Pour avoir KsK_s, il faut ss sommets. Donc R(s,2)=sR(s, 2) = s.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 : n<R(s,t)n < R(s, t)

Si n=5n=5, on peut construire un graphe (le pentagone C5C_5) qui n’a ni K3K_3 ni S3S_3. Donc R(3,3)>5R(3, 3) > 5.

Contre-exemple 2

Penser que R(s,t)=(s1)(t1)+1R(s, t) = (s-1)(t-1) + 1. C’est une borne inférieure commune mais pas la valeur exacte. La croissance est exponentielle.

Concepts Liés

  • Théorie de Ramsey : “Le désordre complet est impossible”. Toute structure assez grande contient une sous-structure ordonnée.
  • Principe des tiroirs : Utilisé fondamentalement dans la preuve de l’existence des nombres de Ramsey.

Applications

  • Théorie de l’information : Bornes sur les capacités de communication.
  • Géométrie combinatoire : Problèmes de type “Happy Ending Problem” (polygones convexes dans des ensembles de points).