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Une application φ:E×E→K est une forme bilinéaire si elle est linéaire par rapport à chacune de ses variables, i.e., pour tous u,v,w∈E et λ∈K:
φ(u+λv,w)=φ(u,w)+λφ(v,w) (linéarité à gauche)
φ(u,v+λw)=φ(u,v)+λφ(u,w) (linéarité à droite)
Forme sesquilinéaire (cas K=C):
Une application φ:E×E→C est une forme sesquilinéaire si elle est linéaire par rapport à sa première variable et semi-linéaire (ou anti-linéaire) par rapport à sa seconde, i.e., pour tous u,v,w∈E et λ∈C:
φ(u+λv,w)=φ(u,w)+λφ(v,w) (linéarité à gauche)
φ(u,v+λw)=φ(u,v)+λˉφ(u,w) (semi-linéarité à droite)
Une forme bilinéaire φ est dite symétrique si ∀x,y∈E,φ(x,y)=φ(y,x).
Une forme sesquilinéaire φ est dite hermitienne (ou à symétrie hermitienne) si ∀x,y∈E,φ(x,y)=φ(y,x).
Une forme φ (bilinéaire symétrique ou sesquilinéaire hermitienne) est dite :
Positive si ∀x∈E,φ(x,x)≥0. Notez que pour une forme hermitienne, φ(x,x)=φ(x,x), donc φ(x,x) est toujours réel.
Définie si ∀x∈E,(φ(x,x)=0⟹x=0E).
Définie positive si elle est à la fois positive et définie.
Propriétés Clés
L’ensemble des formes bilinéaires sur E, noté L2(E,K), et l’ensemble des formes sesquilinéaires sur E sont des K-espaces vectoriels.
Si φ est bilinéaire, φ(u,0E)=φ(0E,v)=0 pour tous u,v∈E.
À toute forme bilinéaire symétrique φ est associée une forme quadratiqueq:E→K définie par q(x)=φ(x,x).
Une forme sesquilinéaire hermitienne est entièrement déterminée par les valeurs de φ(x,x) via les identités de polarisation (voir Concept 4).
Exemples
Exemple 1 : Produit scalaire canonique sur Rn
Soit E=Rn. L’application φ:Rn×Rn→R définie par φ(x,y)=∑i=1nxiyi est une forme bilinéaire symétrique définie positive.
Bilinearité: découle de la distributivité de la multiplication sur l’addition dans R.
Symétrie: ∑xiyi=∑yixi.
Définie positive: φ(x,x)=∑xi2≥0, et ∑xi2=0⟺∀i,xi=0⟺x=0.
Exemple 2 : Produit scalaire canonique sur Cn
Soit E=Cn. L’application φ:Cn×Cn→C définie par φ(x,y)=∑i=1nxiyi est une forme sesquilinéaire hermitienne définie positive.
Sesquilinéarité: φ(x,λy)=∑xiλyi=∑xiλˉyi=λˉ∑xiyi=λˉφ(x,y). La linéarité à gauche est similaire.
Définie positive: φ(x,x)=∑xixi=∑∣xi∣2≥0, et ∑∣xi∣2=0⟺x=0.
Exemple 3 : Forme intégrale sur C0([a,b],C)
Soit E=C0([a,b],C) l’espace des fonctions continues de [a,b] dans C. L’application φ(f,g)=∫abf(t)g(t)dt est une forme sesquilinéaire hermitienne définie positive.
Définie positive: φ(f,f)=∫ab∣f(t)∣2dt≥0. Si ∫ab∣f(t)∣2dt=0, comme ∣f∣2 est une fonction continue et positive, cela implique ∣f(t)∣2=0 pour tout t, donc f est la fonction nulle. Cet espace est de dimension infinie.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Forme bilinéaire non symétrique
Sur E=R2, soit A=(1324). La forme φ(X,Y)=tXAY est bilinéaire, mais non symétrique car A=tA. Par exemple, φ(e1,e2)=2 mais φ(e2,e1)=3.
Contre-exemple 2 : Forme hermitienne positive mais non définie
Sur E=C2, soit φ(x,y)=x1y1. C’est une forme sesquilinéaire hermitienne. Elle est positive car φ(x,x)=∣x1∣2≥0. Cependant, elle n’est pas définie car pour x=(0,1), on a x=0 mais φ(x,x)=0. On parle de forme dégénérée.
Contre-exemple 3 : Forme de Minkowski
Sur E=R4, la forme φ(x,y)=x1y1+x2y2+x3y3−x4y4 est une forme bilinéaire symétrique, mais elle n’est pas positive. Par exemple, pour x=(0,0,0,1), φ(x,x)=−1. C’est le fondement de la géométrie de l’espace-temps en relativité restreinte.
Concepts Connexes
Formes quadratiques: Une forme quadratique q est une application q:E→K pour laquelle il existe une forme bilinéaire φ telle que q(x)=φ(x,x). Si K n’est pas de caractéristique 2, on peut choisir φ symétrique et unique.
Dualité: Une forme bilinéaire non-dégénérée φ induit un isomorphisme de E sur son dual E∗. C’est la base du théorème de Riesz (Concept 14).
Tenseurs: Une forme bilinéaire est un tenseur de type (0,2).
Concept 2: Espaces Euclidiens et Hermitiens
Prérequis
Concept 1 : Formes bilinéaires et sesquilinéaires.
Algèbre linéaire : Espaces vectoriels de dimension finie.
Définition
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie.
Un espace préhilbertien réel (resp. complexe) est un R-espace vectoriel (resp. C-espace vectoriel) E muni d’une forme bilinéaire symétrique définie positive (resp. sesquilinéaire hermitienne définie positive). Cette forme est appelée produit scalaire et est souvent notée ⟨⋅,⋅⟩ ou (⋅∣⋅).
Un espace Euclidien est un espace préhilbertien réel de dimension finie.
Un espace Hermitien est un espace préhilbertien complexe de dimension finie.
Le terme “espace préhilbertien” est généralement utilisé pour les espaces de dimension potentiellement infinie. Dans le contexte de ce chapitre (dimension finie), les termes préhilbertien, euclidien et hermitien sont souvent utilisés de manière interchangeable, le corps sous-jacent clarifiant la situation.
Propriétés Clés
Structure métrique: Tout espace euclidien ou hermitien est un espace normé (voir Concept 3), et donc un espace métrique. En dimension finie, il est complet pour cette métrique (c’est un espace de Banach).
Existence de bases orthonormées: Tout espace euclidien ou hermitien de dimension n≥1 admet une base orthonormée (voir Concept 5 et 7).
Isomorphisme canonique: Tous les espaces euclidiens (resp. hermitiens) de même dimension n sont isométriquement isomorphes à Rn (resp. Cn) muni de son produit scalaire canonique.
Exemples
Exemple 1 : L’espace des polynômes Rn[X]
Soit E=Rn[X]. L’application ⟨P,Q⟩=∫−11P(t)Q(t)dt définit un produit scalaire.
C’est une forme bilinéaire symétrique.
Elle est définie positive : ⟨P,P⟩=∫−11P(t)2dt≥0. Si l’intégrale est nulle, comme P2 est continue et positive, P(t)2=0 pour tout t∈[−1,1]. Un polynôme ayant une infinité de racines est le polynôme nul. Donc P=0.
E muni de ce produit scalaire est un espace euclidien de dimension n+1.
Exemple 2 : L’espace des polynômes trigonométriques Tn
Soit E=Tn=VectC(eikt)k=−n,...,n l’espace des polynômes trigonométriques de degré au plus n. L’application
⟨P,Q⟩=2π1∫02πP(t)Q(t)dt
définit un produit scalaire qui fait de Tn un espace hermitien de dimension 2n+1.
Exemple 3 : L’espace des matrices Mp(K)
Soit E=Mp(K). L’application ⟨A,B⟩=Tr(AB∗) où B∗=tB (conjuguée de la transposée) est un produit scalaire.
Si K=R, B∗=tB et c’est un produit scalaire euclidien.
Si K=C, c’est un produit scalaire hermitien.
⟨A,A⟩=Tr(AA∗)=∑i=1p∑j=1paijaij=∑i,j∣aij∣2. Cette quantité est positive et n’est nulle que si A est la matrice nulle.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Espace non préhilbertien
Soit E=C0([0,1],R) muni de la norme uniforme ∥f∥∞=supt∈[0,1]∣f(t)∣. Cet espace normé n’est pas un espace préhilbertien, car sa norme ne dérive pas d’un produit scalaire (elle ne vérifie pas l’identité du parallélogramme, voir Concept 4).
Contre-exemple 2 : Espace avec une forme non définie
Soit E=R2 avec φ(x,y)=x1y1. C’est un espace vectoriel avec une forme bilinéaire symétrique positive, mais ce n’est pas un espace euclidien car la forme n’est pas définie (le vecteur (0,1) est non nul mais de “norme” nulle).
Concepts Connexes
Espace de Hilbert: Un espace préhilbertien qui est complet pour la distance induite par la norme. Tout espace euclidien ou hermitien est un espace de Hilbert. Des exemples de dimension infinie incluent L2([a,b]) ou les espaces de Sobolev Hk(Ω).
Géométrie Riemannienne: Une variété différentielle où chaque espace tangent est muni d’une structure d’espace euclidien qui varie de façon lisse. Le produit scalaire est appelé métrique riemannienne.
Concept 3: Norme associée et Inégalité de Cauchy-Schwarz
Prérequis
Concept 2 : Espaces Euclidiens et Hermitiens.
Analyse : notions de norme, discriminant d’un polynôme du second degré.
Définition
Soit (E,⟨⋅,⋅⟩) un espace préhilbertien (euclidien ou hermitien).
La norme associée au produit scalaire est l’application ∥⋅∥:E→R+ définie par :
∥x∥=⟨x,x⟩
Cette définition a un sens car ⟨x,x⟩≥0.
Propriétés Clés
Inégalité de Cauchy-Schwarz: Pour tous x,y∈E, on a
∣⟨x,y⟩∣≤∥x∥∥y∥
L’égalité a lieu si et seulement si la famille (x,y) est liée (i.e., x et y sont colinéaires).
Preuve (cas K=C)
Si y=0E, l’inégalité est triviale (0≤0). Supposons y=0E. Pour tout λ∈C, on a ∥x−λy∥2≥0.
Choisissons λ=∥y∥2⟨x,y⟩. Ce choix est optimal car il minimise la distance ∥x−λy∥.
Alors 0≤∥x∥2−∥y∥2⟨x,y⟩⟨x,y⟩−∥y∥2⟨x,y⟩⟨x,y⟩+∥y∥4∣⟨x,y⟩∣2∥y∥2=∥x∥2−∥y∥2∣⟨x,y⟩∣2.
Donc ∥x∥2∥y∥2≥∣⟨x,y⟩∣2, ce qui donne l’inégalité.
En cas d’égalité, ∥x−λy∥2=0, ce qui implique x−λy=0E car la norme est définie. Donc x et y sont colinéaires. Réciproquement, si x=αy, il est aisé de vérifier l’égalité.
Propriétés de la norme: L’application ∥⋅∥ est une norme sur E:
Dans un espace euclidien, l’inégalité de Cauchy-Schwarz −1≤∥x∥∥y∥⟨x,y⟩≤1 permet de définir l’angle (non orienté) θ∈[0,π] entre deux vecteurs non nuls x et y par :
cos(θ)=∥x∥∥y∥⟨x,y⟩
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Normes non-euclidiennes
Sur R2, la norme p, ∥x∥p=(∣x1∣p+∣x2∣p)1/p pour p∈[1,∞),p=2, ou la norme infinie ∥x∥∞=max(∣x1∣,∣x2∣), ne proviennent pas d’un produit scalaire. Elles ne satisfont pas l’identité du parallélogramme (voir Concept 4). Par conséquent, l’inégalité de Cauchy-Schwarz n’a pas de sens direct pour ces normes.
Contre-exemple 2 : Forme indéfinie
Dans l’espace de Minkowski R4 avec φ(x,y)=x1y1+x2y2+x3y3−x4y4, on peut avoir φ(x,x)<0. La “norme” n’est pas bien définie. Il existe une version de l’inégalité de Cauchy-Schwarz pour les formes indéfinies, mais elle est plus complexe. Par exemple, pour x=(1,0,0,2) et y=(1,0,0,0), φ(x,y)=1, φ(x,x)=−3, φ(y,y)=1. On a ∣φ(x,y)∣2=1 mais φ(x,x)φ(y,y)=−3. L’inégalité est inversée.
Concepts Connexes
Espaces Lp: L’inégalité de Cauchy-Schwarz est un cas particulier (p=2) de l’inégalité de Hölder pour les espaces Lp.
Analyse fonctionnelle: L’inégalité de Cauchy-Schwarz garantit la continuité du produit scalaire par rapport à la Topologienduite par la norme.
Concept 4: Orthogonalité et Identités Remarquables
Prérequis
Concept 3 : Norme associée et Inégalité de Cauchy-Schwarz.
Définition
Soit (E,⟨⋅,⋅⟩) un espace préhilbertien.
Deux vecteurs x,y∈E sont dits orthogonaux si ⟨x,y⟩=0. On note alors x⊥y.
Une famille de vecteurs (vi)i∈I est dite :
orthogonale si ses vecteurs sont deux à deux orthogonaux : ∀i=j,⟨vi,vj⟩=0.
orthonormée (ou orthonormale) si elle est orthogonale et que tous ses vecteurs sont unitaires : ∀i,∥vi∥=1.
Cela peut s’écrire de manière compacte : ⟨vi,vj⟩=δij (symbole de Kronecker).
Propriétés Clés
Théorème de Pythagore: Si (v1,...,vn) est une famille orthogonale de vecteurs, alors :
Par orthogonalité, ⟨vi,vj⟩=0 si i=j. La somme se réduit donc à ∑i=1n⟨vi,vi⟩=∑i=1n∥vi∥2.
Liberté des familles orthogonales: Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre.
Preuve: Soit (v1,...,vn) une telle famille. Supposons ∑i=1nλivi=0E. Pour un j∈{1,...,n}, faisons le produit scalaire avec vj:
⟨∑i=1nλivi,vj⟩=⟨0E,vj⟩=0.
Par linéarité, ∑i=1nλi⟨vi,vj⟩=0.
Par orthogonalité, cette somme se réduit à λj⟨vj,vj⟩=λj∥vj∥2=0.
Comme vj=0E, ∥vj∥2=0, donc λj=0. Ceci étant vrai pour tout j, la famille est libre.
Identités de polarisation: Elles permettent de reconstituer le produit scalaire à partir de la norme.
Cas Euclidien (K=R): ⟨x,y⟩=21(∥x+y∥2−∥x∥2−∥y∥2)=41(∥x+y∥2−∥x−y∥2).
Cas Hermitien (K=C): ⟨x,y⟩=41(∥x+y∥2−∥x−y∥2+i∥x+iy∥2−i∥x−iy∥2).
Identité du parallélogramme: Pour tous x,y∈E:
∥x+y∥2+∥x−y∥2=2(∥x∥2+∥y∥2)
Cette identité caractérise les normes issues d’un produit scalaire (Théorème de Fréchet-von Neumann-Jordan).
Exemples
Exemple 1 : Polynômes de Legendre
Dans R[X] avec ⟨P,Q⟩=∫−11P(t)Q(t)dt, les premiers polynômes de Legendre, P0=1,P1=X,P2=21(3X2−1), forment une famille orthogonale.
⟨P0,P1⟩=∫−11tdt=0.
⟨P1,P2⟩=∫−112t(3t2−1)dt=0 (intégrale d’une fonction impaire sur un intervalle symétrique).
Exemple 2 : Théorème de Pythagore dans R3
Soit v1=(1,1,0),v2=(1,−1,1),v3=(−1,1,2). ⟨v1,v2⟩=1−1+0=0, ⟨v1,v3⟩=−1+1+0=0, ⟨v2,v3⟩=−1−1+2=0. La famille est orthogonale. Soit V=v1+v2+v3=(1,1,3).
∥V∥2=12+12+32=11.
∥v1∥2=2,∥v2∥2=3,∥v3∥2=6. On vérifie bien que ∥v1∥2+∥v2∥2+∥v3∥2=2+3+6=11.
Exemple 3 : Polarisation dans C
Soit E=C avec ⟨z1,z2⟩=z1z2. Soit x=1,y=i.
∥x+y∥2=∣1+i∣2=2. ∥x−y∥2=∣1−i∣2=2.
∥x+iy∥2=∣1+i2∣2=0. ∥x−iy∥2=∣1−i2∣2=∣2∣2=4.
⟨1,i⟩=1⋅iˉ=−i.
Formule de polarisation : 41(2−2+i(0)−i(4))=4−4i=−i.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Non validité de Pythagore pour des vecteurs non-orthogonaux
Dans R2, soit v1=(1,0) et v2=(1,1). ⟨v1,v2⟩=1=0.
v1+v2=(2,1). ∥v1+v2∥2=5.
∥v1∥2+∥v2∥2=12+(12+12)=1+2=3.
On a bien 5=3.
Contre-exemple 2 : Norme ne vérifiant pas l’identité du parallélogramme
Dans R2 avec la norme ∥⋅∥1, soit x=(1,0) et y=(0,1).
∥x∥1=1,∥y∥1=1.
x+y=(1,1), ∥x+y∥1=2.
x−y=(1,−1), ∥x−y∥1=2.
∥x+y∥12+∥x−y∥12=22+22=8.
2(∥x∥12+∥y∥12)=2(12+12)=4.
Comme 8=4, cette norme ne dérive pas d’un produit scalaire.
Concepts Connexes
Séries de Fourier: Dans l’espace L2([0,2π]), la famille (eint)n∈Z est orthogonale. La décomposition d’une fonction sur cette “base” est une série de Fourier. Le théorème de Pythagore devient l’identité de Parseval.
Décomposition en somme directe orthogonale: Un sous-espace vectoriel et son orthogonal sont en somme directe (Concept 8). C’est une conséquence fondamentale de l’orthogonalité.