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Exercices “Algèbre bilinéaire” (A)


Exercice 1 : Base Duale

Problème :

Soit E=R3E = \mathbb{R}^3. On considère la base canonique B0=(e1,e2,e3)\mathcal{B}_0 = (e_1, e_2, e_3) et une nouvelle famille de vecteurs B=(u1,u2,u3)\mathcal{B} = (u_1, u_2, u_3) définie par :

u1=(1,0,0),u2=(1,1,0),u3=(1,1,1)u_1 = (1, 0, 0), \quad u_2 = (1, 1, 0), \quad u_3 = (1, 1, 1)

  1. Montrer que B\mathcal{B} est une base de R3\mathbb{R}^3.
  2. Déterminer la base duale B=(u1,u2,u3)\mathcal{B}^* = (u_1^*, u_2^*, u_3^*). On exprimera chaque forme linéaire uiu_i^* en fonction des coordonnées (x,y,z)(x, y, z) dans la base canonique.
Solution

Méthode :

Pour trouver la base duale, on cherche les formes linéaires uiu_i^* telles que ui(uj)=δiju_i^*(u_j) = \delta_{ij}. Si on note ui(x,y,z)=aix+biy+cizu_i^*(x,y,z) = a_i x + b_i y + c_i z, cela revient à inverser la matrice de passage ou à résoudre le système d’équations défini par les conditions de dualité.

Étapes :

  1. Vérification de la base :

    La matrice formée par les vecteurs (u1,u2,u3)(u_1, u_2, u_3) en colonnes est :

    P=(111011001)P = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 0 & 1 & 1 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}

    C’est une matrice triangulaire supérieure avec des 1 sur la diagonale. Son déterminant vaut 1 (non nul), donc B\mathcal{B} est bien une base.

  2. Recherche de u1u_1^* :

    Par définition, u1(u1)=1u_1^*(u_1) = 1, u1(u2)=0u_1^*(u_2) = 0, u1(u3)=0u_1^*(u_3) = 0.

    Soit v=(x,y,z)v = (x, y, z). Exprimons vv dans la base B\mathcal{B} : v=λ1u1+λ2u2+λ3u3v = \lambda_1 u_1 + \lambda_2 u_2 + \lambda_3 u_3.

    Alors par définition des formes coordonnées, u1(v)=λ1u_1^*(v) = \lambda_1.

    Résolvons le système :

    (x,y,z)=λ1(1,0,0)+λ2(1,1,0)+λ3(1,1,1)(x, y, z) = \lambda_1(1, 0, 0) + \lambda_2(1, 1, 0) + \lambda_3(1, 1, 1)

    {x=λ1+λ2+λ3y=λ2+λ3z=λ3\begin{cases} x = \lambda_1 + \lambda_2 + \lambda_3 \\ y = \lambda_2 + \lambda_3 \\ z = \lambda_3 \end{cases}

    On remonte le système (substitution arrière) :

    • λ3=z\lambda_3 = z
    • λ2=yλ3=yz\lambda_2 = y - \lambda_3 = y - z
    • λ1=xλ2λ3=x(yz)z=xy\lambda_1 = x - \lambda_2 - \lambda_3 = x - (y - z) - z = x - y
  3. Identification des formes duales :

    D’après les résultats ci-dessus :

    • u1(x,y,z)=λ1=xyu_1^*(x, y, z) = \lambda_1 = x - y
    • u2(x,y,z)=λ2=yzu_2^*(x, y, z) = \lambda_2 = y - z
    • u3(x,y,z)=λ3=zu_3^*(x, y, z) = \lambda_3 = z

Réponse :

La base duale est définie par les formes linéaires :

u1(x,y,z)=xy,u2(x,y,z)=yz,u3(x,y,z)=zu_1^*(x, y, z) = x - y, \quad u_2^*(x, y, z) = y - z, \quad u_3^*(x, y, z) = z


Exercice 2 : Matrice d’une Forme Bilinéaire

Problème :

Soit E=R3E = \mathbb{R}^3. On définit l’application φ:E×ER\varphi : E \times E \to \mathbb{R} par :

φ((x1,x2,x3),(y1,y2,y3))=2x1y1x1y2x2y1+3x2y2+x2y3+x3y2+x3y3\varphi((x_1, x_2, x_3), (y_1, y_2, y_3)) = 2x_1y_1 - x_1y_2 - x_2y_1 + 3x_2y_2 + x_2y_3 + x_3y_2 + x_3y_3

  1. Vérifier que φ\varphi est une forme bilinéaire symétrique.
  2. Écrire la matrice AA de φ\varphi dans la base canonique.
  3. Calculer φ(u,v)\varphi(u, v) pour u=(1,1,0)u = (1, 1, 0) et v=(0,1,1)v = (0, 1, 1) en utilisant le calcul matriciel.
Solution

Méthode :

Pour la matrice, le coefficient aija_{ij} correspond au coefficient devant le terme xiyjx_i y_j. La symétrie se lit sur la matrice (tA=A{}^tA = A) ou sur l’expression (coeff xiyj=coeff xjyi\text{coeff } x_i y_j = \text{coeff } x_j y_i). Le calcul se fait par tXAY{}^t X A Y.

Étapes :

  1. Vérification de la symétrie :

    Regardons les coefficients croisés :

    • Coeff de x1y2x_1y_2 est 1-1, coeff de x2y1x_2y_1 est 1-1. (Égaux)
    • Coeff de x2y3x_2y_3 est 11, coeff de x3y2x_3y_2 est 11. (Égaux)
    • Coeff de x1y3x_1y_3 est 00, coeff de x3y1x_3y_1 est 00. (Égaux)

    Puisque φ\varphi est une expression polynomiale homogène de degré 1 en xx et 1 en yy, c’est une forme bilinéaire. La symétrie des coefficients assure qu’elle est symétrique.

  2. Construction de la matrice AA :

    A=(coeff x1y1coeff x1y2coeff x1y3coeff x2y1coeff x2y2coeff x2y3coeff x3y1coeff x3y2coeff x3y3)A = \begin{pmatrix} \text{coeff } x_1y_1 & \text{coeff } x_1y_2 & \text{coeff } x_1y_3 \\ \text{coeff } x_2y_1 & \text{coeff } x_2y_2 & \text{coeff } x_2y_3 \\ \text{coeff } x_3y_1 & \text{coeff } x_3y_2 & \text{coeff } x_3y_3 \end{pmatrix}

    A=(210131011)A = \begin{pmatrix} 2 & -1 & 0 \\ -1 & 3 & 1 \\ 0 & 1 & 1 \end{pmatrix}

  3. Calcul matriciel :

    Soient X=(110)X = \begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 0 \end{pmatrix} et Y=(011)Y = \begin{pmatrix} 0 \\ 1 \\ 1 \end{pmatrix}.

    On calcule φ(u,v)=tXAY\varphi(u, v) = {}^t X A Y.

    D’abord AY=(210131011)(011)=(142)A Y = \begin{pmatrix} 2 & -1 & 0 \\ -1 & 3 & 1 \\ 0 & 1 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0 \\ 1 \\ 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 \\ 4 \\ 2 \end{pmatrix}.

    Ensuite tX(AY)=(110)(142)=1(1)+1(4)+0(2)=3{}^t X (AY) = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} -1 \\ 4 \\ 2 \end{pmatrix} = 1(-1) + 1(4) + 0(2) = 3.

Réponse :

La matrice est A=(210131011)A = \begin{pmatrix} 2 & -1 & 0 \\ -1 & 3 & 1 \\ 0 & 1 & 1 \end{pmatrix} et φ(u,v)=3\varphi(u, v) = 3.


Exercice 3 : Réduction de Gauss et Signature

Problème :

Soit qq la forme quadratique sur R3\mathbb{R}^3 définie par :

q(x,y,z)=x2+2y2+5z2+2xy4yzq(x, y, z) = x^2 + 2y^2 + 5z^2 + 2xy - 4yz

  1. Appliquer l’algorithme de réduction de Gauss pour écrire qq comme une somme (ou différence) de carrés de formes linéaires indépendantes.
  2. Donner la signature et le rang de qq.
  3. La forme quadratique est-elle définie positive ?
Solution

Méthode :

On regroupe les termes contenant la première variable (xx) pour former une identité remarquable, puis on itère sur les variables restantes.

Étapes :

  1. Regroupement en xx :

    Les termes contenant xx sont x2+2xyx^2 + 2xy. On reconnaît le début de (x+y)2=x2+2xy+y2(x+y)^2 = x^2 + 2xy + y^2.

    Donc x2+2xy=(x+y)2y2x^2 + 2xy = (x+y)^2 - y^2.

    On substitue dans qq :

    q(x,y,z)=[(x+y)2y2]+2y2+5z24yzq(x, y, z) = \left[(x+y)^2 - y^2\right] + 2y^2 + 5z^2 - 4yz

    q(x,y,z)=(x+y)2+y24yz+5z2q(x, y, z) = (x+y)^2 + y^2 - 4yz + 5z^2

  2. Regroupement en yy :

    On travaille sur le reste : y24yzy^2 - 4yz.

    C’est le début de (y2z)2=y24yz+4z2(y - 2z)^2 = y^2 - 4yz + 4z^2.

    Donc y24yz=(y2z)24z2y^2 - 4yz = (y - 2z)^2 - 4z^2.

    On substitue :

    q(x,y,z)=(x+y)2+[(y2z)24z2]+5z2q(x, y, z) = (x+y)^2 + \left[(y - 2z)^2 - 4z^2\right] + 5z^2

    q(x,y,z)=(x+y)2+(y2z)2+z2q(x, y, z) = (x+y)^2 + (y - 2z)^2 + z^2

  3. Analyse du résultat :

    On a q(v)=L1(v)2+L2(v)2+L3(v)2q(v) = L_1(v)^2 + L_2(v)^2 + L_3(v)^2 avec :

    L1=x+yL_1 = x+y

    L2=y2zL_2 = y-2z

    L3=zL_3 = z

    Ces formes sont linéairement indépendantes (le système est triangulaire).

  4. Signature et rang :

    Il y a 3 coefficients positifs (+1,+1,+1+1, +1, +1) et 0 négatif.

    Signature : (3,0)(3, 0).

    Rang : 3.

  5. Définie positive ?

    Le rang est égal à la dimension (3) et la signature est (3,0)(3, 0). Donc q(v)0q(v) \ge 0 et q(v)=0    L1=L2=L3=0    v=0q(v) = 0 \iff L_1=L_2=L_3=0 \iff v=0. Elle est définie positive.

Réponse :

q(x,y,z)=(x+y)2+(y2z)2+z2q(x, y, z) = (x+y)^2 + (y-2z)^2 + z^2

Signature (3,0)(3, 0), Rang 3. Elle est définie positive.


Exercice 4 : Procédé de Gram-Schmidt

Problème :

Muni du produit scalaire canonique sur R3\mathbb{R}^3, on considère la famille libre F=(v1,v2)\mathcal{F} = (v_1, v_2) suivante :

v1=(1,1,0),v2=(2,0,1)v_1 = (1, 1, 0), \quad v_2 = (2, 0, 1)

Construire une base orthonormée (e1,e2)(e_1, e_2) du sous-espace F=Vect(v1,v2)F = \text{Vect}(v_1, v_2) en utilisant le procédé de Gram-Schmidt.

Solution

Méthode :

On construit d’abord une base orthogonale (u1,u2)(u_1, u_2), puis on normalise.

  1. u1=v1u_1 = v_1
  2. u2=v2(v2u1)u12u1u_2 = v_2 - \frac{(v_2 | u_1)}{\|u_1\|^2} u_1 (projection de v2v_2 sur l’orthogonal de u1u_1)
  3. Normaliser pour obtenir ei=ui/uie_i = u_i / \|u_i\|.

Étapes :

  1. Premier vecteur u1u_1 :

    On pose u1=v1=(1,1,0)u_1 = v_1 = (1, 1, 0).

    Norme carrée : u12=12+12+02=2\|u_1\|^2 = 1^2 + 1^2 + 0^2 = 2.

    Premier vecteur normalisé : e1=12(1,1,0)e_1 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1, 1, 0).

  2. Deuxième vecteur orthogonal u2u_2 :

    On calcule le produit scalaire (v2u1)(v_2 | u_1) :

    (v2u1)=2×1+0×1+1×0=2(v_2 | u_1) = 2\times 1 + 0\times 1 + 1\times 0 = 2

    On applique la formule :

    u2=v2(v2u1)u12u1=(2,0,1)22(1,1,0)u_2 = v_2 - \frac{(v_2 | u_1)}{\|u_1\|^2} u_1 = (2, 0, 1) - \frac{2}{2} (1, 1, 0)

    u2=(2,0,1)(1,1,0)=(1,1,1)u_2 = (2, 0, 1) - (1, 1, 0) = (1, -1, 1)

    Vérifions l’orthogonalité : (u2u1)=1(1)+(1)(1)+1(0)=0(u_2 | u_1) = 1(1) + (-1)(1) + 1(0) = 0. C’est bon.

  3. Normalisation de u2u_2 :

    Norme carrée : u22=12+(1)2+12=3\|u_2\|^2 = 1^2 + (-1)^2 + 1^2 = 3.

    Norme : u2=3\|u_2\| = \sqrt{3}.

    Deuxième vecteur normalisé : e2=13(1,1,1)e_2 = \frac{1}{\sqrt{3}}(1, -1, 1).

Réponse :

Une base orthonormée de FF est :

e1=12(110),e2=13(111)e_1 = \frac{1}{\sqrt{2}}\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 0 \end{pmatrix}, \quad e_2 = \frac{1}{\sqrt{3}}\begin{pmatrix} 1 \\ -1 \\ 1 \end{pmatrix}


Exercice 5 : Projection Orthogonale et Distance

Problème :

Dans R3\mathbb{R}^3 muni du produit scalaire canonique, soit le plan PP d’équation cartésienne :

xy+z=0x - y + z = 0

Soit le vecteur v=(2,3,4)v = (2, 3, 4).

  1. Déterminer un vecteur normal nn au plan PP.
  2. Calculer la projection orthogonale πP(v)\pi_P(v) de vv sur PP.
  3. En déduire la distance d(v,P)d(v, P) du vecteur vv au plan PP.
Solution

Méthode :

Il est souvent plus rapide de projeter d’abord sur la droite orthogonale PP^\perp engendrée par le vecteur normal nn.

La formule de décomposition est : v=πP(v)+πP(v)v = \pi_P(v) + \pi_{P^\perp}(v).

Donc πP(v)=vπP(v)\pi_P(v) = v - \pi_{P^\perp}(v), avec πP(v)=(vn)n2n\pi_{P^\perp}(v) = \frac{(v | n)}{\|n\|^2} n.

Étapes :

  1. Vecteur normal :

    L’équation est 1x+(1)y+1z=01\cdot x + (-1)\cdot y + 1\cdot z = 0.

    Un vecteur normal est n=(1,1,1)n = (1, -1, 1).

  2. Projection sur la normale (PP^\perp) :

    Calculons (vn)=2(1)+3(1)+4(1)=23+4=3(v | n) = 2(1) + 3(-1) + 4(1) = 2 - 3 + 4 = 3.

    Calculons n2=12+(1)2+12=3\|n\|^2 = 1^2 + (-1)^2 + 1^2 = 3.

    πP(v)=33n=n=(1,1,1)\pi_{P^\perp}(v) = \frac{3}{3} n = n = (1, -1, 1)

  3. Projection sur le plan PP :

    πP(v)=vπP(v)=(2,3,4)(1,1,1)=(1,4,3)\pi_P(v) = v - \pi_{P^\perp}(v) = (2, 3, 4) - (1, -1, 1) = (1, 4, 3)

    Vérifions que ce point est dans le plan : 14+3=01 - 4 + 3 = 0. C’est correct.

  4. Calcul de la distance :

    La distance est la norme de la composante orthogonale (le vecteur projeté sur la normale).

    d(v,P)=πP(v)=(1,1,1)=12+(1)2+12=3d(v, P) = \|\pi_{P^\perp}(v)\| = \|(1, -1, 1)\| = \sqrt{1^2 + (-1)^2 + 1^2} = \sqrt{3}

Réponse :

πP(v)=(1,4,3)\pi_P(v) = (1, 4, 3) et la distance est 3\sqrt{3}.


Exercice 6 : Diagonalisation de Matrice Symétrique (Théorème Spectral)

Problème :

Soit la matrice symétrique réelle :

A=(2112)A = \begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 1 & 2 \end{pmatrix}

  1. Déterminer les valeurs propres de AA.
  2. Trouver une base orthonormée de vecteurs propres.
  3. Écrire la matrice de passage orthogonale PP et la matrice diagonale DD telles que A=PDP1A = PDP^{-1}.
Solution

Méthode :

Calculer le polynôme caractéristique pour trouver les valeurs propres. Résoudre les systèmes (AλI)X=0(A - \lambda I)X = 0 pour trouver les sous-espaces propres. Normaliser les vecteurs pour obtenir une base orthonormée.

Étapes :

  1. Valeurs propres :

    Polynôme caractéristique PA(λ)=det(AλI)=2λ112λP_A(\lambda) = \det(A - \lambda I) = \begin{vmatrix} 2-\lambda & 1 \\ 1 & 2-\lambda \end{vmatrix}.

    PA(λ)=(2λ)21=λ24λ+3P_A(\lambda) = (2-\lambda)^2 - 1 = \lambda^2 - 4\lambda + 3.

    Racines : Δ=1612=4\Delta = 16 - 12 = 4.

    λ1=422=1\lambda_1 = \frac{4-2}{2} = 1 et λ2=4+22=3\lambda_2 = \frac{4+2}{2} = 3.

  2. Vecteurs propres :

    • Pour λ1=1\lambda_1 = 1 :

      (1111)(xy)=(00)    x+y=0    x=y\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 1 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \implies x + y = 0 \implies x = -y.

      Vecteur directeur : u1=(1,1)u_1 = (1, -1).

      Normalisation : u1=2\|u_1\| = \sqrt{2}. Donc e1=12(1,1)e_1 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1, -1).

    • Pour λ2=3\lambda_2 = 3 :

      (1111)(xy)=(00)    x+y=0    x=y\begin{pmatrix} -1 & 1 \\ 1 & -1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \implies -x + y = 0 \implies x = y.

      Vecteur directeur : u2=(1,1)u_2 = (1, 1).

      Normalisation : u2=2\|u_2\| = \sqrt{2}. Donc e2=12(1,1)e_2 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1, 1).

    Note : Comme la matrice est symétrique, les vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes sont nécessairement orthogonaux (u1u2u_1 \perp u_2), ce qu’on vérifie : 1(1)+(1)(1)=01(1) + (-1)(1) = 0.

  3. Matrices PP et DD :

    La matrice de passage orthogonale PP contient les vecteurs e1,e2e_1, e_2 en colonnes.

    P=12(1111)P = \frac{1}{\sqrt{2}} \begin{pmatrix} 1 & 1 \\ -1 & 1 \end{pmatrix}

    La matrice diagonale contient les valeurs propres :

    D=(1003)D = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 3 \end{pmatrix}

Réponse :

P=(12121212)P = \begin{pmatrix} \frac{1}{\sqrt{2}} & \frac{1}{\sqrt{2}} \\ -\frac{1}{\sqrt{2}} & \frac{1}{\sqrt{2}} \end{pmatrix}, D=(1003)D = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 3 \end{pmatrix}.


Exercice 7 : Produit Scalaire et Polynômes

Problème :

Soit E=R1[X]E = \mathbb{R}_1[X] l’espace vectoriel des polynômes de degré inférieur ou égal à 1.

On définit l’application :

P,Q=01P(t)Q(t)dt\langle P, Q \rangle = \int_0^1 P(t)Q(t) dt

  1. Calculer le produit scalaire 1,X\langle 1, X \rangle et les normes carrées 12\|1\|^2 et X2\|X\|^2.
  2. Trouver un polynôme orthogonal au polynôme constant P(X)=1P(X) = 1.
  3. Vérifier l’inégalité de Cauchy-Schwarz pour les polynômes P(X)=1P(X) = 1 et Q(X)=XQ(X) = X.
Solution

Méthode :

Calcul intégral simple des monômes 01tkdt=1k+1\int_0^1 t^k dt = \frac{1}{k+1}.

Étapes :

  1. Calculs de base :

    • 12=0111dt=[t]01=1\|1\|^2 = \int_0^1 1\cdot 1 dt = [t]_0^1 = 1.
    • X2=01ttdt=01t2dt=[t33]01=13\|X\|^2 = \int_0^1 t\cdot t dt = \int_0^1 t^2 dt = [\frac{t^3}{3}]_0^1 = \frac{1}{3}.
    • 1,X=011tdt=[t22]01=12\langle 1, X \rangle = \int_0^1 1\cdot t dt = [\frac{t^2}{2}]_0^1 = \frac{1}{2}.
  2. Recherche de l’orthogonal :

    On cherche R(X)=aX+bR(X) = aX + b tel que 1,R=0\langle 1, R \rangle = 0.

    1,aX+b=a1,X+b1,1=a(12)+b(1)=0\langle 1, aX+b \rangle = a\langle 1, X \rangle + b\langle 1, 1 \rangle = a(\frac{1}{2}) + b(1) = 0

    Donc b=a2b = -\frac{a}{2}.

    Si on prend a=2a=2, alors b=1b=-1. Le polynôme R(X)=2X1R(X) = 2X - 1 est orthogonal à 1.

  3. Cauchy-Schwarz :

    L’inégalité stipule : P,Q2P2Q2|\langle P, Q \rangle|^2 \le \|P\|^2 \cdot \|Q\|^2.

    • Carré du produit scalaire : (12)2=14(\frac{1}{2})^2 = \frac{1}{4}.
    • Produit des normes carrées : 113=131 \cdot \frac{1}{3} = \frac{1}{3}.
    • Comparaison : On a bien 1413\frac{1}{4} \le \frac{1}{3} (puisque 0.250.330.25 \le 0.33).

Réponse :

1,X=1/2\langle 1, X \rangle = 1/2. Un polynôme orthogonal à 1 est 2X12X-1. L’inégalité 1/41/31/4 \le 1/3 est vérifiée.


Exercice 8 : Symétrie Orthogonale (Réflexion)

Problème :

Dans R3\mathbb{R}^3 euclidien, on considère le plan HH d’équation x+y+z=0x + y + z = 0.

Soit ss la symétrie orthogonale par rapport au plan HH.

  1. Donner un vecteur unitaire nn normal au plan HH.
  2. Écrire la formule de la réflexion : s(v)=v2v,nns(v) = v - 2\langle v, n \rangle n.
  3. Déterminer la matrice SS de ss dans la base canonique.
Solution

Méthode :

La matrice de la projection sur la droite normale engendrée par n=(nx,ny,nz)n=(n_x, n_y, n_z) (unitaire) est N=ntnN = n {}^t n.

La matrice de la réflexion est S=I2NS = I - 2N.

Étapes :

  1. Vecteur normal unitaire :

    Un vecteur normal est u=(1,1,1)u = (1, 1, 1).

    Sa norme est u=1+1+1=3\|u\| = \sqrt{1+1+1} = \sqrt{3}.

    Le vecteur unitaire est n=13(1,1,1)n = \frac{1}{\sqrt{3}}(1, 1, 1).

  2. Construction de la matrice N=ntnN = n {}^t n :

    ntn=13(111)(111)=13(111111111)n {}^t n = \frac{1}{3} \begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \end{pmatrix} = \frac{1}{3} \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 1 & 1 & 1 \\ 1 & 1 & 1 \end{pmatrix}

  3. Calcul de la matrice S=I2ntnS = I - 2n {}^t n :

    S=(100010001)23(111111111)S = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} - \frac{2}{3} \begin{pmatrix} 1 & 1 & 1 \\ 1 & 1 & 1 \\ 1 & 1 & 1 \end{pmatrix}

    Calculons terme à terme :

    • Diagonale : 123=131 - \frac{2}{3} = \frac{1}{3}.
    • Hors diagonale : 023=230 - \frac{2}{3} = -\frac{2}{3}.

Réponse :

S=13(122212221)S = \frac{1}{3} \begin{pmatrix} 1 & -2 & -2 \\ -2 & 1 & -2 \\ -2 & -2 & 1 \end{pmatrix}

C’est une matrice orthogonale et symétrique.


Exercice 9 : Isométries et Matrices Orthogonales

Problème :

Parmi les matrices suivantes, lesquelles sont des matrices orthogonales (représentant des isométries dans une base orthonormée) ? Pour celles qui le sont, préciser s’il s’agit d’une rotation ou d’une rotation composée avec une réflexion (antidéplacement), en calculant le déterminant.

A=(cosθsinθsinθcosθ),B=(1101),C=(0110)A = \begin{pmatrix} \cos \theta & -\sin \theta \\ \sin \theta & \cos \theta \end{pmatrix}, \quad B = \begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, \quad C = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}

Solution

Méthode :

Une matrice MM est orthogonale si tMM=In{}^t M M = I_n.

Si det(M)=1\det(M) = 1, c’est une rotation (groupe SO(n)SO(n)).

Si det(M)=1\det(M) = -1, c’est un antidéplacement (isométrie indirecte).

Étapes :

  1. Matrice A :

    tAA=(cosθsinθsinθcosθ)(cosθsinθsinθcosθ)=(cos2+sin2cossin+sincossincos+cossinsin2+cos2)=I2{}^t A A = \begin{pmatrix} \cos \theta & \sin \theta \\ -\sin \theta & \cos \theta \end{pmatrix} \begin{pmatrix} \cos \theta & -\sin \theta \\ \sin \theta & \cos \theta \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \cos^2+\sin^2 & -\cos\sin+\sin\cos \\ -\sin\cos+\cos\sin & \sin^2+\cos^2 \end{pmatrix} = I_2.

    C’est orthogonal.

    det(A)=cos2θ(sin2θ)=1\det(A) = \cos^2 \theta - (-\sin^2 \theta) = 1.

    \to Rotation d’angle θ\theta.

  2. Matrice B :

    Les colonnes ne sont pas orthogonales : (1,0)(1,1)=10(1, 0) \cdot (1, 1) = 1 \ne 0.

    Ce n’est pas une matrice orthogonale. (C’est une matrice de cisaillement).

  3. Matrice C :

    tCC=C2=(0110)(0110)=(1001){}^t C C = C^2 = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}.

    C’est orthogonal.

    det(C)=01=1\det(C) = 0 - 1 = -1.

    \to Isométrie indirecte (ici, symétrie par rapport à la droite y=xy=x).

Réponse :

  • AA est orthogonale (Rotation).
  • BB n’est pas orthogonale.
  • CC est orthogonale (Réflexion/Antidéplacement).

Exercice 10 : Orthogonal d’un Sous-Espace

Problème :

Soit E=R4E = \mathbb{R}^4 muni du produit scalaire canonique.

Soit FF le sous-espace défini par le système d’équations :

{x1+x2+x3+x4=0x1x2+x3x4=0\begin{cases} x_1 + x_2 + x_3 + x_4 = 0 \\ x_1 - x_2 + x_3 - x_4 = 0 \end{cases}

  1. Déterminer la dimension de FF.
  2. Déterminer une base de FF^\perp, l’orthogonal de FF.
Solution

Méthode :

Le lien fondamental est que l’orthogonal de l’espace engendré par les lignes d’un système homogène AX=0AX=0 est exactement l’espace engendré par les vecteurs coefficients de ces lignes. Autrement dit, si F=Ker(L1)Ker(L2)F = \text{Ker}(L_1) \cap \text{Ker}(L_2), alors F=Vect(grad L1,grad L2)F^\perp = \text{Vect}(\text{grad } L_1, \text{grad } L_2).

Étapes :

  1. Analyse du système :

    Les équations peuvent être vues comme des produits scalaires :

    • L1(x)=u1,x=0L_1(x) = \langle u_1, x \rangle = 0 avec u1=(1,1,1,1)u_1 = (1, 1, 1, 1).
    • L2(x)=u2,x=0L_2(x) = \langle u_2, x \rangle = 0 avec u2=(1,1,1,1)u_2 = (1, -1, 1, -1).

    FF est l’ensemble des vecteurs orthogonaux à u1u_1 et u2u_2. Donc F={u1,u2}F = \{u_1, u_2\}^\perp.

  2. Propriété de l’orthogonal :

    On sait que (A)=Vect(A)(A^\perp)^\perp = \text{Vect}(A).

    Donc F=({u1,u2})=Vect(u1,u2)F^\perp = (\{u_1, u_2\}^\perp)^\perp = \text{Vect}(u_1, u_2).

  3. Vérification de la liberté :

    Les vecteurs u1=(1,1,1,1)u_1 = (1, 1, 1, 1) et u2=(1,1,1,1)u_2 = (1, -1, 1, -1) ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles). Ils forment donc une base de FF^\perp.

  4. Dimensions :

    dim(F)=2\dim(F^\perp) = 2.

    Comme dim(E)=4\dim(E) = 4, on a dim(F)=42=2\dim(F) = 4 - 2 = 2.

Réponse :

dim(F)=2\dim(F) = 2. Une base de FF^\perp est ((1,1,1,1),(1,1,1,1))((1, 1, 1, 1), (1, -1, 1, -1)).