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Algèbre bilinéaire (A)


Concept 1: Espace Dual et Formes Linéaires

Prérequis

  • Espaces vectoriels (définition, sous-espaces)
  • Applications linéaires
  • Bases et dimension
  • Matrices (opérations élémentaires)

Définition

Soit VV un KK-espace vectoriel. L’espace dual de VV, noté VV^*, est l’ensemble des formes linéaires sur VV, c’est-à-dire l’ensemble des applications linéaires de VV dans le corps KK :

V=L(V,K)V^* = \mathcal{L}(V, K)

Les éléments de VV^* sont appelés des formes linéaires (ou covecteurs). Si φV\varphi \in V^*, alors pour tous u,vVu, v \in V et λK\lambda \in K :

φ(λu+v)=λφ(u)+φ(v)\varphi(\lambda u + v) = \lambda \varphi(u) + \varphi(v)

Propriétés Clés

  • Dimension : Si VV est de dimension finie nn, alors VV^* est aussi de dimension nn.

  • Base duale : Si B={e1,,en}\mathfrak{B} = \{e_1, \dots, e_n\} est une base de VV, il existe une base unique B={e1,,en}\mathfrak{B}^* = \{e_1^*, \dots, e_n^*\} de VV^*, appelée base duale, définie par :

    ei(ej)=δi,j={1si i=j0si ije_i^*(e_j) = \delta_{i,j} = \begin{cases} 1 & \text{si } i = j \\ 0 & \text{si } i \ne j \end{cases}

  • Orthogonal formel (XX^\perp) : L’ensemble des formes linéaires qui s’annulent sur un sous-ensemble XVX \subset V forme un sous-espace vectoriel de VV^* appelé l’orthogonal de XX :

    X={φVvX,φ(v)=0}X^\perp = \{\varphi \in V^* \mid \forall v \in X, \varphi(v) = 0\}

Exemples

Exemple 1 : Formes coordonnées

Dans V=R3V = \mathbb{R}^3, un vecteur s’écrit v=(x,y,z)v = (x, y, z).

L’application φ1:R3R\varphi_1 : \mathbb{R}^3 \to \mathbb{R} définie par φ1(x,y,z)=x\varphi_1(x, y, z) = x est une forme linéaire. C’est la première projection, ou la première coordonnée dans la base canonique. De même, φ2(v)=y\varphi_2(v) = y et φ3(v)=z\varphi_3(v) = z sont des formes linéaires. La famille (φ1,φ2,φ3)(\varphi_1, \varphi_2, \varphi_3) forme la base duale de la base canonique de R3\mathbb{R}^3.

Exemple 2 : Combinaison linéaire

L’application f:R2Rf : \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} définie par f(x,y)=2x5yf(x, y) = 2x - 5y est une forme linéaire. Sa matrice dans la base canonique est la matrice ligne [2    5][2 \;\; -5].

L’équation 2x5y=02x - 5y = 0 définit le noyau de cette forme linéaire, qui est une droite vectorielle.

Exemple 3 : Trace d’une matrice

Soit V=Mn(K)V = M_n(K) l’espace des matrices carrées. L’application Trace, définie par :

Tr(A)=i=1nAii\text{Tr}(A) = \sum_{i=1}^n A_{ii}

est une forme linéaire sur Mn(K)M_n(K). C’est un élément du dual de l’espace des matrices.

Contre-exemples

  • L’application f(x)=x2f(x) = x^2 de R\mathbb{R} dans R\mathbb{R} n’est pas une forme linéaire car elle n’est pas linéaire (f(2x)=4x22f(x)f(2x) = 4x^2 \ne 2f(x)).
  • L’application f(x,y)=x+y+1f(x, y) = x + y + 1 n’est pas une forme linéaire (car f(0,0)=10f(0,0) = 1 \ne 0). C’est une forme affine.

Concepts Liés

  • Transposition de matrice (lien entre matrice d’une application et matrice de son adjoint formel).
  • Hyperplans (noyaux de formes linéaires non nulles).

Applications

  • Résolution de systèmes d’équations linéaires (chaque équation a1x1++anxn=0a_1x_1 + \dots + a_nx_n = 0 correspond à une forme linéaire).
  • Calcul différentiel (la différentielle d’une fonction en un point est une forme linéaire).

Concept 2: Formes Bilinéaires Symétriques

Prérequis

  • Applications linéaires
  • Matrices carrées et transposées
  • Changement de base

Définition

Une forme bilinéaire sur un espace vectoriel VV est une application φ:V×VK\varphi : V \times V \to K qui est linéaire par rapport à chacune de ses variables. C’est-à-dire :

  • φ(λu+v,w)=λφ(u,w)+φ(v,w)\varphi(\lambda u + v, w) = \lambda \varphi(u, w) + \varphi(v, w) (linéarité à gauche)
  • φ(u,λv+w)=λφ(u,v)+φ(u,w)\varphi(u, \lambda v + w) = \lambda \varphi(u, v) + \varphi(u, w) (linéarité à droite)

Elle est dite symétrique si pour tout u,vVu, v \in V :

φ(u,v)=φ(v,u)\varphi(u, v) = \varphi(v, u)

Propriétés Clés

  • Matrice associée : Dans une base B=(e1,,en)\mathfrak{B} = (e_1, \dots, e_n), la forme φ\varphi est représentée par une matrice AMn(K)A \in M_n(K) définie par Ai,j=φ(ei,ej)A_{i,j} = \varphi(e_i, e_j).

  • Calcul matriciel : Si XX et YY sont les vecteurs colonnes des coordonnées de uu et vv, alors :

    φ(u,v)=tXAY\varphi(u, v) = {}^t X A Y

  • Changement de base : Si PP est la matrice de passage de la base B\mathfrak{B} à la base C\mathcal{C}, et AA' est la matrice de φ\varphi dans C\mathcal{C}, alors :

    A=tPAPA' = {}^t P A P

    On dit que les matrices AA et AA' sont congruentes.

  • Symétrie : φ\varphi est symétrique si et seulement si sa matrice AA est symétrique (tA=A{}^tA = A).

Exemples

Exemple 1 : Produit scalaire canonique

Sur V=RnV = \mathbb{R}^n, la forme définie par :

φ((xi),(yi))=i=1nxiyi=x1y1++xnyn\varphi((x_i), (y_i)) = \sum_{i=1}^n x_i y_i = x_1y_1 + \dots + x_ny_n

est une forme bilinéaire symétrique. Sa matrice dans la base canonique est l’identité InI_n.

Exemple 2 : Forme de Minkowski

Sur R4\mathbb{R}^4, la forme définie par :

φ((x,y,z,t),(x,y,z,t))=xx+yy+zzc2tt\varphi((x, y, z, t), (x', y', z', t')) = xx' + yy' + zz' - c^2 tt'

est bilinéaire symétrique. Elle est fondamentale en relativité restreinte.

Exemple 3 : Intégrale de produit de fonctions

Sur l’espace des fonctions continues V=C0([a,b],R)V = \mathcal{C}^0([a, b], \mathbb{R}), l’application :

φ(f,g)=abf(t)g(t)dt\varphi(f, g) = \int_a^b f(t)g(t) dt

est une forme bilinéaire symétrique.

Contre-exemples

  • Le déterminant sur R2\mathbb{R}^2 (det(u,v)\det(u, v)) est une forme bilinéaire, mais elle est antisymétrique (det(u,v)=det(v,u)\det(u, v) = -\det(v, u)), donc non symétrique (sauf si le corps est de caractéristique 2).
  • L’application ψ(u,v)=u×v\psi(u, v) = \|u\| \times \|v\| n’est pas bilinéaire (pas linéaire par rapport aux variables).

Concepts Liés

  • Formes quadratiques (associées aux formes bilinéaires symétriques).
  • Noyau d’une forme bilinéaire (vecteurs orthogonaux à tout l’espace).

Concept 3: Orthogonalité (Cadre Général)

Prérequis

  • Formes bilinéaires symétriques
  • Sous-espaces vectoriels
  • Systèmes linéaires

Définition

Soit φ\varphi une forme bilinéaire symétrique sur VV. Deux vecteurs x,yVx, y \in V sont dits orthogonaux pour φ\varphi (noté xφyx \perp_\varphi y) si :

φ(x,y)=0\varphi(x, y) = 0

L’orthogonal d’un sous-ensemble XVX \subset V, noté XX^\perp, est l’ensemble des vecteurs orthogonaux à tous les vecteurs de XX :

X={vVxX,φ(v,x)=0}X^\perp = \{v \in V \mid \forall x \in X, \varphi(v, x) = 0\}

Propriétés Clés

  • Sous-espace : XX^\perp est toujours un sous-espace vectoriel de VV.

  • Noyau : Le noyau de la forme bilinéaire est l’orthogonal de l’espace entier : Ker(φ)=V\text{Ker}(\varphi) = V^\perp. La forme est dite non dégénérée si Ker(φ)={0}\text{Ker}(\varphi) = \{0\}.

  • Dimension : Si VV est de dimension finie nn et φ\varphi est non dégénérée, pour tout sous-espace FF :

    dim(F)=ndim(F)\dim(F^\perp) = n - \dim(F)

    et on a (F)=F(F^\perp)^\perp = F.

  • Somme directe : Si la restriction de φ\varphi à FF est non dégénérée (c’est-à-dire FF={0}F \cap F^\perp = \{0\}), alors V=FFV = F \oplus F^\perp.

Exemples

Exemple 1 : Géométrie Euclidienne

Dans R2\mathbb{R}^2 avec le produit scalaire usuel, si FF est la droite engendrée par le vecteur (1,0)(1, 0), alors FF^\perp est la droite engendrée par (0,1)(0, 1) (l’axe des ordonnées). Ici, FF=R2F \oplus F^\perp = \mathbb{R}^2.

Exemple 2 : Vecteurs isotropes

Un vecteur xx est dit isotrope si φ(x,x)=0\varphi(x, x) = 0, c’est-à-dire s’il est orthogonal à lui-même.

Pour la forme φ((x,y),(x,y))=xxyy\varphi((x,y), (x',y')) = x x' - y y' sur R2\mathbb{R}^2, le vecteur u=(1,1)u = (1, 1) est isotrope car :

φ((1,1),(1,1))=1111=0\varphi((1,1), (1,1)) = 1\cdot1 - 1\cdot1 = 0

Dans ce cas, u(Vect(u))u \in (\text{Vect}(u))^\perp. La somme n’est pas directe : Vect(u)Vect(u){0}\text{Vect}(u) \cap \text{Vect}(u)^\perp \ne \{0\}.

Exemple 3 : Noyau de la forme

Si φ\varphi sur R3\mathbb{R}^3 est définie par φ(u,v)=x1y1+x2y2\varphi(u, v) = x_1 y_1 + x_2 y_2 (la troisième coordonnée n’intervient pas), alors le vecteur e3=(0,0,1)e_3 = (0, 0, 1) est orthogonal à tout vecteur vv. Donc e3V=Ker(φ)e_3 \in V^\perp = \text{Ker}(\varphi). La forme est dégénérée.

Contre-exemples

  • Dans un espace euclidien (produit scalaire défini positif), le seul vecteur isotrope est le vecteur nul.
  • FF et FF^\perp ne sont pas toujours supplémentaires (voir Exemple 2).

Concepts Liés

  • Bases orthogonales.
  • Projection orthogonale (si la somme est directe).

Concept 4: Formes Quadratiques et Réduction de Gauss

Prérequis

  • Formes bilinéaires symétriques
  • Polynômes homogènes de degré 2

Définition

Une forme quadratique sur un espace vectoriel VV est une application q:VKq: V \to K telle qu’il existe une forme bilinéaire symétrique φ\varphi vérifiant :

q(v)=φ(v,v)q(v) = \varphi(v, v)

On peut retrouver φ\varphi à partir de qq grâce à la formule de polarisation :

φ(u,v)=12(q(u+v)q(u)q(v))\varphi(u, v) = \frac{1}{2} (q(u + v) - q(u) - q(v))

On appelle φ\varphi la forme polaire de qq.

Propriétés Clés

  • Homogénéité : Pour tout λK\lambda \in K et vVv \in V, q(λv)=λ2q(v)q(\lambda v) = \lambda^2 q(v).

  • Expression matricielle : Si AA est la matrice de φ\varphi, alors q(X)=tXAXq(X) = {}^t X A X. En coordonnées (xi)(x_i), c’est un polynôme homogène de degré 2 :

    q(x)=i=1naiixi2+i<j2aijxixjq(x) = \sum_{i=1}^n a_{ii}x_i^2 + \sum_{i < j} 2a_{ij}x_ix_j

  • Réduction en carrés (Gauss) : Toute forme quadratique peut s’écrire comme une combinaison linéaire de carrés de formes linéaires indépendantes :

    q(v)=i=1rλi(i(v))2q(v) = \sum_{i=1}^r \lambda_i (\ell_i(v))^2

    rr est le rang de la forme quadratique.

Exemples

Exemple 1 : Norme euclidienne au carré

Sur R3\mathbb{R}^3, q(x,y,z)=x2+y2+z2q(x, y, z) = x^2 + y^2 + z^2 est la forme quadratique associée au produit scalaire standard.

Exemple 2 : Algorithme de Gauss (Réduction)

Soit q(x,y)=x2+2xy+2y2q(x, y) = x^2 + 2xy + 2y^2. On veut l’écrire comme somme de carrés.

  1. On repère le début d’une identité remarquable avec xx : x2+2xy=(x+y)2y2x^2 + 2xy = (x+y)^2 - y^2.

  2. On remplace dans qq :

    q(x,y)=((x+y)2y2)+2y2=(x+y)2+y2q(x, y) = ((x+y)^2 - y^2) + 2y^2 = (x+y)^2 + y^2

    En posant X=x+yX = x+y et Y=yY = y, on a diagonalisé la forme quadratique.

Exemple 3 : Signature (Théorème de Sylvester)

Sur R\mathbb{R}, le nombre de coefficients positifs (ss) et négatifs (tt) dans la décomposition en carrés ne dépend pas de la base choisie. Le couple (s,t)(s, t) est la signature de qq.

Pour q(x,y,z)=x2y2z2q(x,y,z) = x^2 - y^2 - z^2, la signature est (1,2)(1, 2).

Contre-exemples

  • f(x)=x2+xf(x) = x^2 + x n’est pas une forme quadratique (terme de degré 1).
  • f(x)=x3f(x) = x^3 n’est pas une forme quadratique (terme de degré 3, f(λx)=λ3f(x)λ2f(x)f(\lambda x) = \lambda^3 f(x) \ne \lambda^2 f(x)).

Concepts Liés

  • Bases orthogonales (bases dans lesquelles la matrice de qq est diagonale).
  • Coniques et quadriques (lieux géométriques définis par q(v)=kq(v) = k).

Concept 5: Espace Euclidien et Inégalité de Cauchy-Schwarz

Prérequis

  • Formes bilinéaires symétriques
  • Formes quadratiques (définies positives)
  • Nombres réels (propriété de positivité)

Définition

Un espace euclidien est un espace vectoriel réel EE de dimension finie muni d’un produit scalaire.

Un produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique φ\varphi qui est :

  1. Positive : xE,φ(x,x)0\forall x \in E, \varphi(x, x) \ge 0.
  2. Définie : φ(x,x)=0    x=0\varphi(x, x) = 0 \iff x = 0.

On note souvent le produit scalaire (xy)(x | y) ou x,y\langle x, y \rangle, et la norme associée x=(xx)\|x\| = \sqrt{(x | x)}.

Propriétés Clés

  • Inégalité de Cauchy-Schwarz : Pour tous vecteurs x,yEx, y \in E :

    (xy)xy|(x | y)| \le \|x\| \cdot \|y\|

    L’égalité a lieu si et seulement si xx et yy sont colinéaires (liés).

  • Inégalité triangulaire : x+yx+y\|x + y\| \le \|x\| + \|y\|.

  • Identité de Pythagore : Si (xy)=0(x | y) = 0 (vecteurs orthogonaux), alors x+y2=x2+y2\|x + y\|^2 = \|x\|^2 + \|y\|^2.

Exemples

Exemple 1 : Espace vectoriel canonique

Rn\mathbb{R}^n muni de (xy)=xiyi(x | y) = \sum x_i y_i est l’espace euclidien standard.

Cauchy-Schwarz s’écrit ici : xiyixi2yi2|\sum x_i y_i| \le \sqrt{\sum x_i^2} \sqrt{\sum y_i^2}.

Exemple 2 : Espace de fonctions

Sur l’espace des fonctions continues sur [0,1][0, 1], le produit scalaire (fg)=01f(t)g(t)dt(f | g) = \int_0^1 f(t)g(t)dt définit une structure (pré)euclidienne.

Cauchy-Schwarz devient :

01f(t)g(t)dt01f2(t)dt01g2(t)dt|\int_0^1 f(t)g(t) dt| \le \sqrt{\int_0^1 f^2(t) dt} \sqrt{\int_0^1 g^2(t) dt}

Exemple 3 : Angle

Dans un espace euclidien, l’angle θ\theta entre deux vecteurs non nuls uu et vv est défini par :

cos(θ)=(uv)uv\cos(\theta) = \frac{(u | v)}{\|u\| \cdot \|v\|}

Ceci est bien défini grâce à Cauchy-Schwarz qui garantit que le rapport est dans [1,1][-1, 1].

Contre-exemples

  • La forme de Minkowski sur R4\mathbb{R}^4 (x2+y2+z2c2t2x^2+y^2+z^2-c^2t^2) n’est pas un produit scalaire car elle n’est pas positive (il existe des vecteurs avec q(v)<0q(v) < 0).
  • La norme 1 sur R2\mathbb{R}^2, (x,y)1=x+y\|(x,y)\|_1 = |x| + |y|, ne provient pas d’un produit scalaire (elle ne vérifie pas l’identité du parallélogramme).

Concepts Liés

  • Norme et distance.
  • Orthonormalisation.

Concept 6: Bases Orthonormées et Procédé de Gram-Schmidt

Prérequis

  • Espace Euclidien
  • Familles libres et génératrices
  • Projection orthogonale

Définition

Une famille de vecteurs (e1,,en)(e_1, \dots, e_n) dans un espace euclidien EE est dite orthonormée si :

  1. Les vecteurs sont deux à deux orthogonaux : (eiej)=0(e_i | e_j) = 0 pour iji \ne j.
  2. Chaque vecteur est unitaire (de norme 1) : (eiei)=1(e_i | e_i) = 1.

C’est-à-dire : (eiej)=δi,j(e_i | e_j) = \delta_{i,j}.

Le théorème de Gram-Schmidt affirme que toute famille libre (v1,,vn)(v_1, \dots, v_n) peut être transformée en une famille orthonormée (e1,,en)(e_1, \dots, e_n) engendrant le même espace, telle que pour tout kk, Vect(e1,,ek)=Vect(v1,,vk)\text{Vect}(e_1, \dots, e_k) = \text{Vect}(v_1, \dots, v_k).

Propriétés Clés

  • Liberté : Une famille orthonormée est toujours libre.

  • Coordonnées : Dans une base orthonormée B=(e1,,en)\mathfrak{B} = (e_1, \dots, e_n), les coordonnées d’un vecteur xx sont données simplement par les produits scalaires :

    x=i=1n(xei)eix = \sum_{i=1}^n (x | e_i) e_i

  • Norme (Parseval) : x2=i=1n(xei)2\|x\|^2 = \sum_{i=1}^n (x | e_i)^2.

Exemples

Exemple 1 : Construction (Gram-Schmidt)

Soit (v1,v2)(v_1, v_2) une base de R2\mathbb{R}^2.

  1. On pose e1=v1v1e_1 = \frac{v_1}{\|v_1\|}.

  2. On cherche e2e'_2 orthogonal à e1e_1 dans le plan engendré par v1,v2v_1, v_2. On projette v2v_2 sur l’orthogonal de e1e_1 :

    e2=v2(v2e1)e1e'_2 = v_2 - (v_2 | e_1)e_1

  3. On normalise : e2=e2e2e_2 = \frac{e'_2}{\|e'_2\|}.

Exemple 2 : Base canonique

La base canonique de Rn\mathbb{R}^n est orthonormée pour le produit scalaire standard.

Exemple 3 : Polynômes de Legendre

En appliquant Gram-Schmidt à la base canonique (1,X,X2,)(1, X, X^2, \dots) de R[X]\mathbb{R}[X] muni du produit scalaire 11P(t)Q(t)dt\int_{-1}^1 P(t)Q(t)dt, on obtient (à une constante multiplicative près) les polynômes de Legendre.

Contre-exemples

  • Une base orthogonale n’est pas forcément orthonormée (les vecteurs peuvent avoir une norme 1\ne 1).
  • Le procédé de Gram-Schmidt ne fonctionne pas si la famille de départ est liée (on obtiendrait un vecteur nul à une étape).

Concepts Liés

  • Matrices orthogonales (O(n)O(n)).
  • Décomposition QR d’une matrice.

Concept 7: Projection Orthogonale et Isométries

Prérequis

  • Espace Euclidien
  • Bases orthonormées
  • Somme directe

Définition

Soit FF un sous-espace vectoriel d’un espace euclidien EE.

La projection orthogonale sur FF, notée πF\pi_F, est l’application qui à tout vecteur xEx \in E associe l’unique vecteur πF(x)F\pi_F(x) \in F tel que le vecteur différence soit orthogonal à FF :

xπF(x)Fx - \pi_F(x) \in F^\perp

Une isométrie (ou endomorphisme orthogonal) est une application linéaire u:EEu : E \to E qui conserve la norme :

xE,u(x)=x\forall x \in E, \|u(x)\| = \|x\|

Propriétés Clés

  • Calcul de projection : Si (e1,,ek)(e_1, \dots, e_k) est une base orthonormée de FF, alors :

    πF(x)=i=1k(xei)ei\pi_F(x) = \sum_{i=1}^k (x | e_i) e_i

  • Distance : πF(x)\pi_F(x) est le vecteur de FF le plus proche de xx. La distance de xx à FF est xπF(x)\|x - \pi_F(x)\|.

  • Groupe Orthogonal O(n)O(n) : L’ensemble des matrices des isométries dans une base orthonormée forme le groupe orthogonal :

    O(n)={MMn(R)tMM=In}O(n) = \{M \in M_n(\mathbb{R}) \mid {}^t M M = I_n\}

    Les colonnes d’une matrice orthogonale forment une base orthonormée.

Exemples

Exemple 1 : Projection sur une droite

Si F=RuF = \mathbb{R}u avec u0u \ne 0, la projection orthogonale de xx sur la droite dirigée par uu est :

πF(x)=(xu)u2u\pi_F(x) = \frac{(x | u)}{\|u\|^2} u

Exemple 2 : Symétrie orthogonale

La symétrie orthogonale par rapport à un hyperplan HH (réflexion) est une isométrie donnée par :

sH(x)=x2πH(x)s_H(x) = x - 2\pi_{H^\perp}(x)

Si HH^\perp est dirigé par un vecteur unitaire nn, alors sH(x)=x2(xn)ns_H(x) = x - 2(x | n)n.

Exemple 3 : Matrices de rotation

Dans R2\mathbb{R}^2, la matrice (cosθsinθsinθcosθ)\begin{pmatrix} \cos \theta & -\sin \theta \\ \sin \theta & \cos \theta \end{pmatrix} est une matrice orthogonale. Elle représente une rotation d’angle θ\theta, qui est une isométrie.

Contre-exemples

  • Une projection oblique (où la direction de projection n’est pas orthogonale au sous-espace) n’est pas une projection orthogonale.
  • Une homothétie de rapport k±1k \ne \pm 1 n’est pas une isométrie (elle multiplie les distances par k|k|).

Concepts Liés

  • Moindres carrés (application de la projection orthogonale pour résoudre des systèmes approchés).
  • Théorème spectral (diagonalisation des matrices symétriques à l’aide de matrices orthogonales).

Concept 8: Théorème Spectral (Diagonalisation des matrices symétriques)

Prérequis

  • Espace Euclidien
  • Endomorphismes auto-adjoints (matrices symétriques)
  • Valeurs propres et vecteurs propres
  • Diagonalisation

Définition

Un endomorphisme uu d’un espace euclidien est dit auto-adjoint (ou symétrique) si pour tout x,yEx, y \in E, (u(x)y)=(xu(y))(u(x) | y) = (x | u(y)). Matriciellement, cela correspond à une matrice symétrique réelle (A=tAA = {}^tA).

Théorème Spectral : Tout endomorphisme auto-adjoint d’un espace euclidien est diagonalisable dans une base orthonormée.

Autrement dit, si AA est une matrice symétrique réelle, il existe une matrice orthogonale PP (P1=tPP^{-1} = {}^tP) et une matrice diagonale DD telles que :

A=PDP1=PDtPA = P D P^{-1} = P D {}^tP

Propriétés Clés

  • Valeurs propres réelles : Toutes les valeurs propres d’une matrice symétrique réelle sont réelles.
  • Espaces propres orthogonaux : Les sous-espaces propres associés à des valeurs propres distinctes sont orthogonaux entre eux.
  • Réduction simultanée : Ce théorème permet de réduire l’expression d’une forme quadratique à une somme de carrés purs λiXi2\sum \lambda_i X_i^2 en changeant de repère orthonormé (les axes principaux).

Exemples

Exemple 1 : Matrice symétrique 2x2

Soit A=(1221)A = \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}. Elle est symétrique.

Ses valeurs propres sont 33 et 1-1.

Les vecteurs propres associés sont (normalisés) v1=12(1,1)v_1 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1, 1) et v2=12(1,1)v_2 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1, -1).

On remarque que (v1v2)=0(v_1 | v_2) = 0. Ils forment une base orthonormée de vecteurs propres.

Exemple 2 : Axes principaux d’une ellipse

L’équation 5x2+4xy+5y2=15x^2 + 4xy + 5y^2 = 1 définit une ellipse tournée. La matrice associée est (5225)\begin{pmatrix} 5 & 2 \\ 2 & 5 \end{pmatrix}. En diagonalisant cette matrice (valeurs propres 3 et 7), on trouve les axes de symétrie de l’ellipse dans lesquels l’équation devient 7X2+3Y2=17X^2 + 3Y^2 = 1.

Exemple 3 : Projecteur orthogonal

La matrice d’une projection orthogonale est toujours symétrique (et idempotente : P2=PP^2=P). Elle est donc diagonalisable avec des valeurs propres 0 et 1.

Contre-exemples

  • La matrice (1101)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} n’est pas symétrique. Elle n’est même pas diagonalisable (bloc de Jordan).
  • La matrice de rotation (0110)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} est orthogonale mais pas symétrique. Elle n’a pas de valeurs propres réelles, donc pas diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Concepts Liés

  • Formes quadratiques (lien matrice symétrique <-> forme quadratique).
  • Opérateurs compacts (généralisation en dimension infinie).

Applications

Les concepts d’algèbre bilinéaire, en particulier les espaces euclidiens et le théorème spectral, sont cruciaux dans de nombreux domaines :

  1. Physique : Mécanique quantique (observables = opérateurs auto-adjoints), Relativité (métrique de Minkowski), Tenseur d’inertie en mécanique du solide.
  2. Statistiques et Analyse de Données : Analyse en Composantes Principales (ACP) qui repose sur la diagonalisation de la matrice de covariance (symétrique) pour trouver les directions de variance maximale (axes principaux).
  3. Optimisation : Étude de la convexité via la matrice Hessienne (symétrique) d’une fonction.
  4. Traitement du signal : Séries de Fourier (base orthonormée de fonctions trigonométriques).