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Analyse: Suites récurrentes (A)


Concept 1: Suite Récurrente et Intervalle Stable

Prérequis

  • Définition d’une suite de nombres réels.
  • Notion de fonction, d’intervalle et de domaine de définition.
  • Définitions par récurrence.

Définition

Une suite récurrente réelle est une suite (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} dont les termes sont définis par une relation de récurrence de la forme :

un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)

ff est une fonction réelle (f:IRf: I \to \mathbb{R} avec II un intervalle de R\mathbb{R}) et u0u_0 est un terme initial donné, appartenant à II.

Pour que la suite (un)(u_n) soit bien définie pour tout entier nn, il faut que chaque terme unu_n reste dans le domaine de définition de ff. Une condition simple qui garantit cela est que l’intervalle II soit stable par ff.

Un intervalle II est dit stable (ou stabilisé) par une fonction ff si l’image de II par ff est incluse dans II. Autrement dit :

xI,f(x)I\forall x \in I, \quad f(x) \in I

Si II est un intervalle stable par ff et que le premier terme u0u_0 appartient à II, alors tous les termes de la suite unu_n sont bien définis et appartiennent à II.

Propriétés Clés

  • Existence de la suite : Si II est un intervalle stable par ff et que u0Iu_0 \in I, alors la suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) est bien définie pour tout nNn \in \mathbb{N}.
  • Appartenance à l’intervalle : Dans les mêmes conditions, tous les termes de la suite restent dans l’intervalle II. On peut le prouver par récurrence :
    • Initialisation : u0Iu_0 \in I par hypothèse.
    • Hérédité : Supposons que unIu_n \in I pour un certain n0n \ge 0. Alors un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) est bien défini. Comme II est stable par ff, et que unIu_n \in I, on a f(un)If(u_n) \in I, donc un+1Iu_{n+1} \in I.
    • Conclusion : Pour tout nNn \in \mathbb{N}, unIu_n \in I.

Exemples

Exemple 1

Soit la fonction f(x)=x+2f(x) = \sqrt{x+2} et l’intervalle I=[0,+[I = [0, +\infty[.

Pour montrer que II est stable par ff, on prend un xx quelconque dans II.

Hypothèse : x0x \ge 0.

Alors x+22x+2 \ge 2, donc x+22\sqrt{x+2} \ge \sqrt{2}.

Puisque 20\sqrt{2} \ge 0, on a bien f(x)=x+2[0,+[=If(x) = \sqrt{x+2} \in [0, +\infty[ = I.

L’intervalle II est donc stable par ff. Si on choisit u0=1Iu_0 = 1 \in I, la suite un+1=un+2u_{n+1} = \sqrt{u_n+2} est bien définie et tous ses termes sont positifs.

u0=1u_0 = 1, u1=3u_1 = \sqrt{3}, u2=3+2u_2 = \sqrt{\sqrt{3}+2}, etc.

Exemple 2

Soit la fonction f(x)=x2f(x) = x^2 et l’intervalle I=[0,1]I = [0, 1].

Hypothèse : x[0,1]x \in [0, 1], c’est-à-dire 0x10 \le x \le 1.

En élevant au carré (la fonction carré est croissante sur les réels positifs), on obtient 02x2120^2 \le x^2 \le 1^2, soit 0x210 \le x^2 \le 1.

Donc f(x)=x2[0,1]=If(x) = x^2 \in [0, 1] = I.

L’intervalle I=[0,1]I = [0, 1] est stable par f(x)=x2f(x) = x^2. Si on choisit u0=0.5Iu_0 = 0.5 \in I, la suite un+1=un2u_{n+1} = u_n^2 est bien définie et tous ses termes restent dans [0,1][0, 1].

u0=0.5u_0 = 0.5, u1=0.25u_1 = 0.25, u2=0.0625u_2 = 0.0625, etc.

Exemple 3

Soit la fonction f(x)=cos(x)f(x) = \cos(x) et l’intervalle I=[1,1]I = [-1, 1].

L’image de R\mathbb{R} par la fonction cosinus est l’intervalle [1,1][-1, 1].

Hypothèse : x[1,1]x \in [-1, 1].

Alors f(x)=cos(x)f(x) = \cos(x) appartient nécessairement à l’image de ff, qui est [1,1][-1, 1]. Donc f(x)If(x) \in I.

L’intervalle I=[1,1]I = [-1, 1] est stable par ff. La suite un+1=cos(un)u_{n+1} = \cos(u_n) est bien définie pour tout u0[1,1]u_0 \in [-1, 1].

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Soit la fonction f(x)=2xf(x) = 2x et l’intervalle I=[0,1]I = [0, 1].

Cet intervalle n’est pas stable par ff. En effet, si on prend x=0.8Ix=0.8 \in I, on a f(0.8)=1.6f(0.8) = 1.6, et 1.6[0,1]1.6 \notin [0, 1].

Si on définit une suite par u0=0.8u_0 = 0.8 et un+1=2unu_{n+1} = 2u_n, le terme u1=1.6u_1=1.6 sort de l’intervalle II.

Contre-exemple 2

Soit la fonction f(x)=1x2f(x) = 1-x^2 et l’intervalle I=[0,1]I = [0, 1].

Cet intervalle n’est pas stable par ff. Si l’on prend x=1Ix=1 \in I, f(1)=112=0If(1) = 1-1^2 = 0 \in I. Si l’on prend x=0.5Ix=0.5 \in I, f(0.5)=10.25=0.75If(0.5) = 1-0.25 = 0.75 \in I. Cela semble fonctionner. Cependant, si on prend x=0Ix=0 \in I, f(0)=10=1If(0)=1-0=1 \in I. Mais qu’en est-il de l’ensemble de l’intervalle ? Pour x[0,1]x \in [0, 1], x2[0,1]x^2 \in [0, 1], donc x2[1,0]-x^2 \in [-1, 0] et 1x2[0,1]1-x^2 \in [0, 1]. L’intervalle I=[0,1]I=[0,1] est bien stable.

Prenons un autre intervalle, I=[0.5,1]I'=[0.5, 1]. Il n’est pas stable. Pour x=0.5x=0.5, f(0.5)=0.75If(0.5)=0.75 \in I'. Mais pour x=1x=1, f(1)=0If(1)=0 \notin I'.

Concepts Connexes

  • Point Fixe : Un point ll tel que f(l)=lf(l) = l. Si u0=lu_0 = l, alors un=lu_n=l pour tout nn.
  • Domaine de définition : L’intervalle stable est un sous-ensemble du domaine de définition de la fonction.

Applications

  • Modélisation de l’évolution de populations (modèles logistiques).
  • Algorithmes de calcul numérique (par exemple, la méthode de Newton).
  • Systèmes dynamiques discrets.

Concept 2: Représentation Graphique d’une Suite Récurrente

Prérequis

  • Repérage dans le plan cartésien.
  • Graphe d’une fonction y=f(x)y = f(x).
  • Notion de suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n).

Définition

La représentation graphique d’une suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) est une méthode visuelle, souvent appelée diagramme en toile d’araignée (ou en escargot), qui permet de construire les termes de la suite et d’anticiper son comportement (convergence, divergence, monotonie).

La construction se fait dans un repère où l’on trace le graphe de la fonction ff, noté Gf\mathcal{G}_f, et la droite d’équation y=xy=x, appelée la première bissectrice, notée D\mathcal{D}.

Le processus est le suivant :

  1. Initialisation : On place u0u_0 sur l’axe des abscisses.
  2. Calcul de u1u_1 : On trace un segment vertical de (u0,0)(u_0, 0) jusqu’au graphe Gf\mathcal{G}_f. Le point d’intersection a pour coordonnées (u0,f(u0))(u_0, f(u_0)), soit (u0,u1)(u_0, u_1).
  3. Report de u1u_1 sur l’abscisse : Depuis le point (u0,u1)(u_0, u_1), on trace un segment horizontal jusqu’à la droite D\mathcal{D}. Le point d’intersection a pour coordonnées (u1,u1)(u_1, u_1).
  4. Itération : On répète le processus. Depuis (u1,u1)(u_1, u_1), on trace un segment vertical jusqu’à Gf\mathcal{G}_f pour trouver (u1,u2)(u_1, u_2), puis un segment horizontal vers D\mathcal{D} pour trouver (u2,u2)(u_2, u_2), et ainsi de suite.

La suite des abscisses des points sur la droite D\mathcal{D} est la suite (un)(u_n).

Propriétés Clés

  • Visualisation de la convergence :
    • Si le diagramme forme une spirale ou un escalier qui se rapproche d’un point d’intersection entre Gf\mathcal{G}_f et D\mathcal{D}, la suite converge vers l’abscisse de ce point (qui est un point fixe).
    • Si le diagramme s’éloigne de plus en plus, la suite diverge.
  • Visualisation de la monotonie :
    • Si le graphe Gf\mathcal{G}_f est au-dessus de la droite D\mathcal{D} et que la construction forme un “escalier montant”, la suite est croissante.
    • Si le graphe Gf\mathcal{G}_f est en dessous de la droite D\mathcal{D} et que la construction forme un “escalier descendant”, la suite est décroissante.
    • Si le graphe de ff est décroissant, la construction forme une “spirale” (ou un “escargot”), indiquant que la suite n’est pas monotone mais oscille.

Exemples

Exemple 1 : Escalier convergent

Soit f(x)=xf(x) = \sqrt{x} et u0=4u_0 = 4. L’intervalle I=[0,+[I=[0, +\infty[ est stable. La suite converge vers le point fixe l=1l=1. Le diagramme forme un escalier descendant qui se rapproche de (1,1)(1,1).

  • u0=4u_0 = 4
  • On va de (4,0)(4,0) à (4,4)=(4,2)(4, \sqrt{4}) = (4, 2). C’est le point (u0,u1)(u_0, u_1).
  • On va de (4,2)(4, 2) à (2,2)(2, 2).
  • On va de (2,2)(2, 2) à (2,2)(2, \sqrt{2}). C’est le point (u1,u2)(u_1, u_2).
  • u0=4>u1=2>u21.414...u_0=4 > u_1=2 > u_2 \approx 1.414... La suite est décroissante.

Exemple 2 : Spirale convergente

Soit f(x)=1x+1f(x) = \frac{1}{x+1} et u0=0.5u_0 = 0.5. L’intervalle I=[0,+[I=[0, +\infty[ est stable. Le point fixe est la solution de x=1x+1x = \frac{1}{x+1}, soit x2+x1=0x^2+x-1=0, dont la solution positive est l=5120.618l = \frac{\sqrt{5}-1}{2} \approx 0.618.

  • u0=0.5u_0 = 0.5
  • u1=11.50.667u_1 = \frac{1}{1.5} \approx 0.667
  • u2=11.6670.6u_2 = \frac{1}{1.667} \approx 0.6
  • u3=11.60.625u_3 = \frac{1}{1.6} \approx 0.625

La suite oscille autour de la limite ll: u0<u2<l<u3<u1u_0 < u_2 < l < u_3 < u_1. Le diagramme forme une spirale qui s’enroule vers le point fixe.

Exemple 3 : Escalier divergent

Soit f(x)=1.5xf(x) = 1.5x et u0=1u_0 = 1. L’intervalle I=[0,+[I=[0, +\infty[ est stable. Le seul point fixe est l=0l=0.

  • u0=1u_0 = 1
  • u1=1.5×1=1.5u_1 = 1.5 \times 1 = 1.5
  • u2=1.5×1.5=2.25u_2 = 1.5 \times 1.5 = 2.25

La suite est croissante et diverge vers ++\infty. Le diagramme forme un escalier qui monte et s’éloigne de l’origine.

Contre-exemples

  • Cette méthode est purement visuelle et ne constitue pas une preuve. Elle peut être difficile à interpréter si la convergence est très lente ou si le comportement est chaotique.
  • La méthode ne s’applique qu’aux suites récurrentes réelles de la forme un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n). Elle ne fonctionne pas pour les suites complexes ou les suites définies par des récurrences d’ordre supérieur (comme un+2=un+1+unu_{n+2} = u_{n+1} + u_n).

Concepts Connexes

  • Point fixe : Les points d’intersection de Gf\mathcal{G}_f et D\mathcal{D} sont les points fixes de ff.
  • Monotonie d’une suite : Le sens de variation est souvent visible sur le diagramme.

Applications

  • Outil pédagogique puissant pour comprendre le comportement des suites récurrentes.
  • Permet de formuler des conjectures sur la convergence et la monotonie d’une suite avant de chercher une démonstration rigoureuse.

Concept 3: Monotonie d’une Suite Récurrente

Prérequis

  • Définition d’une suite croissante, décroissante, et monotone.
  • Notion de fonction croissante et décroissante.
  • Signe d’une fonction.

Définition

L’étude du sens de variation (ou monotonie) d’une suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) consiste à déterminer si la suite est croissante (un+1unu_{n+1} \ge u_n pour tout nn), décroissante (un+1unu_{n+1} \le u_n pour tout nn), ou non-monotone.

Le sens de variation de la suite (un)(u_n) dépend des propriétés de la fonction ff.

Propriétés Clés

Il existe deux critères principaux pour déterminer la monotonie d’une suite récurrente.

Critère 1 : Position du graphe de ff par rapport à la droite y=xy=x

Hypothèse : Soit une suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) avec unIu_n \in I pour tout nn.

  1. Si pour tout xIx \in I, on a f(x)xf(x) \ge x, alors la suite (un)(u_n) est croissante.

    Démonstration : Pour tout nn, unIu_n \in I. En appliquant l’hypothèse avec x=unx=u_n, on obtient f(un)unf(u_n) \ge u_n, ce qui signifie un+1unu_{n+1} \ge u_n.

  2. Si pour tout xIx \in I, on a f(x)xf(x) \le x, alors la suite (un)(u_n) est décroissante.

    Démonstration : Pour tout nn, unIu_n \in I. En appliquant l’hypothèse avec x=unx=u_n, on obtient f(un)unf(u_n) \le u_n, ce qui signifie un+1unu_{n+1} \le u_n.

Critère 2 : Monotonie de la fonction ff

Hypothèse : Soit une suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) avec unIu_n \in I pour tout nn.

  1. Si la fonction ff est croissante sur II, alors la suite (un)(u_n) est monotone.

    • Son sens de variation est donné par le signe de u1u0u_1 - u_0.
    • Si u1u0u_1 \ge u_0, la suite est croissante.
    • Si u1u0u_1 \le u_0, la suite est décroissante.

    Démonstration (pour le cas croissant) : On procède par récurrence. Supposons u1u0u_1 \ge u_0. Montrons que un+1un    un+2un+1u_{n+1} \ge u_n \implies u_{n+2} \ge u_{n+1}. Si un+1unu_{n+1} \ge u_n, comme ff est croissante, on peut appliquer ff aux deux membres : f(un+1)f(un)f(u_{n+1}) \ge f(u_n), ce qui donne un+2un+1u_{n+2} \ge u_{n+1}. La propriété est donc héréditaire.

  2. Si la fonction ff est décroissante sur II, alors la suite (un)(u_n) n’est en général pas monotone. Cependant, les sous-suites des termes de rangs pairs (u2n)(u_{2n}) et de rangs impairs (u2n+1)(u_{2n+1}) sont monotones, de sens de variation contraires.

    Justification : Si ff est décroissante, la fonction composée g=ffg = f \circ f est croissante. Les suites (u2n)(u_{2n}) et (u2n+1)(u_{2n+1}) sont des suites récurrentes définies par u2(n+1)=g(u2n)u_{2(n+1)} = g(u_{2n}) et u2(n+1)+1=g(u2n+1)u_{2(n+1)+1} = g(u_{2n+1}). D’après le point précédent, elles sont donc monotones.

Exemples

Exemple 1 (Critère 1)

Soit un+1=un+1unu_{n+1} = u_n + \frac{1}{u_n} avec u0=1u_0 = 1. Ici, f(x)=x+1xf(x) = x + \frac{1}{x}. L’intervalle stable est I=]0,+[I=]0, +\infty[.

On étudie le signe de f(x)x=1xf(x)-x = \frac{1}{x}.

Pour tout xI=]0,+[x \in I=]0, +\infty[, on a f(x)x>0f(x)-x > 0, donc f(x)>xf(x) > x.

D’après le critère 1, la suite (un)(u_n) est (strictement) croissante.

Exemple 2 (Critère 2, f croissante)

Soit un+1=un2u_{n+1} = u_n^2 avec u0=0.8u_0 = 0.8. Ici f(x)=x2f(x)=x^2 sur I=[0,1]I=[0,1].

La fonction f(x)=x2f(x)=x^2 est croissante sur I=[0,[I=[0, \infty[.

On calcule les premiers termes : u0=0.8u_0 = 0.8 et u1=(0.8)2=0.64u_1 = (0.8)^2 = 0.64.

Puisque u1<u0u_1 < u_0, la suite (un)(u_n) est décroissante.

Exemple 3 (Critère 2, f décroissante)

Soit un+1=2un+1u_{n+1} = \frac{2}{u_n+1} avec u0=1u_0=1. L’intervalle stable est [0,+[[0, +\infty[.

La fonction f(x)=2x+1f(x) = \frac{2}{x+1} a pour dérivée f(x)=2(x+1)2f'(x) = \frac{-2}{(x+1)^2}, qui est négative sur II. Donc ff est décroissante.

La suite (un)(u_n) n’est pas monotone.

u0=1u_0 = 1

u1=21+1=1u_1 = \frac{2}{1+1} = 1

La suite est constante (et donc monotone).

Changeons u0=2u_0=2.

u0=2u_0=2, u1=23u_1 = \frac{2}{3}, u2=22/3+1=65=1.2u_2=\frac{2}{2/3+1} = \frac{6}{5} = 1.2, u3=21.2+1=22.20.909u_3 = \frac{2}{1.2+1} = \frac{2}{2.2} \approx 0.909.

On observe que u0>u2u_0 > u_2 et u1<u3u_1 < u_3. La sous-suite (u2n)(u_{2n}) semble décroissante et (u2n+1)(u_{2n+1}) semble croissante.

Contre-exemples

Contre-exemple 1

Soit f(x)=4x(1x)f(x) = 4x(1-x) sur I=[0,1]I=[0,1]. La fonction n’est ni croissante, ni décroissante sur tout l’intervalle.

Si u0=0.2u_0 = 0.2, u1=4(0.2)(0.8)=0.64u_1 = 4(0.2)(0.8) = 0.64 (u1>u0u_1 > u_0).

u2=4(0.64)(0.36)=0.9216u_2 = 4(0.64)(0.36) = 0.9216 (u2>u1u_2 > u_1).

u3=4(0.9216)(0.0784)0.289u_3 = 4(0.9216)(0.0784) \approx 0.289 (u3<u2u_3 < u_2).

La suite n’est pas monotone. Les critères ne s’appliquent pas directement.

Contre-exemple 2

Il faut bien vérifier que tous les termes de la suite restent dans l’intervalle où la propriété de ff est vérifiée.

Soit f(x)=xf(x) = \sqrt{x}. ff est croissante sur [0,[[0, \infty[.

Si on définit u0=1u_0 = -1 et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), la suite n’est même pas définie car u0u_0 n’est pas dans le domaine de ff.

Concepts Connexes

  • Théorème de la convergence monotone : Une suite réelle croissante et majorée converge. Une suite réelle décroissante et minorée converge. L’étude de la monotonie est donc une étape clé pour prouver la convergence.

Applications

  • Déterminer si un processus modélisé par une suite récurrente va augmenter ou diminuer constamment.
  • Établir la convergence d’une suite en montrant qu’elle est monotone et bornée.

Concept 4: Point Fixe et Convergence d’une Suite Récurrente

Prérequis

  • Limite d’une suite.
  • Fonction continue.
  • Caractérisation séquentielle de la continuité.
  • Notion d’intervalle fermé.

Définition

Un point fixe d’une fonction ff est un nombre réel ll tel que f(l)=lf(l) = l.

Graphiquement, les points fixes sont les abscisses des points d’intersection entre le graphe de la fonction ff et la droite d’équation y=xy=x.

Les points fixes jouent un rôle central dans l’étude de la convergence des suites récurrentes, car ce sont les seules limites possibles pour une telle suite, sous certaines conditions.

Propriétés Clés

Théorème de la Limite et du Point Fixe (“Énoncé indispensable 17”)

Hypothèses :

  1. Soit ff une fonction continue sur un intervalle II.
  2. L’intervalle II est stable par ff (f(I)If(I) \subset I).
  3. L’intervalle II est fermé (ex: [a,b][a,b], [a,+[[a, +\infty[, etc.).
  4. La suite (un)(u_n) définie par u0Iu_0 \in I et un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) converge vers une limite ll.

Conclusion :

Alors, la limite ll est un point fixe de ff. C’est-à-dire :

f(l)=lf(l) = l

De plus, la limite ll appartient à l’intervalle II.

Idée de la démonstration :

  • Puisque tous les unu_n sont dans l’intervalle fermé II, leur limite ll doit aussi être dans II.
  • On part de la relation de récurrence : un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n).
  • On passe à la limite quand n+n \to +\infty des deux côtés : limn+un+1=limn+f(un)\lim_{n \to +\infty} u_{n+1} = \lim_{n \to +\infty} f(u_n).
  • Le membre de gauche tend vers ll.
  • Pour le membre de droite, comme ff est continue et limun=l\lim u_n = l, on a limf(un)=f(limun)=f(l)\lim f(u_n) = f(\lim u_n) = f(l).
  • Par unicité de la limite, on conclut que l=f(l)l = f(l).

Théorème d’Existence du Point Fixe (Proposition 17)

Hypothèses :

  1. Soit ff une fonction continue sur un intervalle II.
  2. L’intervalle II est stable, fermé et borné (c’est un segment de la forme [a,b][a, b]).

Conclusion :

Alors, ff admet au moins un point fixe dans l’intervalle II.

Exemples

Exemple 1

Soit la suite un+1=12(un+3un)u_{n+1} = \frac{1}{2}(u_n + \frac{3}{u_n}) avec u0=2u_0=2. On admet que cette suite converge.

Ici, f(x)=12(x+3x)f(x) = \frac{1}{2}(x + \frac{3}{x}). La fonction ff est continue sur I=]0,+[I=]0, +\infty[.

Si la suite converge vers une limite l>0l>0, alors ll doit être un point fixe de ff.

On résout l’équation f(l)=lf(l)=l :

l=12(l+3l)    2l=l+3l    l=3l    l2=3l = \frac{1}{2}(l + \frac{3}{l}) \implies 2l = l + \frac{3}{l} \implies l = \frac{3}{l} \implies l^2 = 3.

Comme l>0l>0, la seule limite possible est l=3l=\sqrt{3}.

Exemple 2

Soit la suite un+1=cos(un)u_{n+1} = \cos(u_n) avec u0=0u_0=0.

La fonction f(x)=cos(x)f(x)=\cos(x) est continue sur I=[1,1]I=[-1,1]. Cet intervalle est stable, fermé et borné.

D’après le théorème d’existence, il existe au moins un point fixe l[1,1]l \in [-1, 1].

On peut montrer que la suite converge. Par conséquent, elle converge vers ce point fixe ll qui vérifie cos(l)=l\cos(l)=l. Il n’y a pas de solution analytique simple, mais sa valeur est approximativement 0.7390.739.

Exemple 3

Soit la suite un+1=un2u_{n+1} = u_n^2 avec u0=0.5u_0=0.5. L’intervalle stable est I=[0,1]I=[0,1].

La fonction f(x)=x2f(x)=x^2 est continue sur II, qui est fermé. La suite est décroissante et minorée par 0, donc elle converge vers une limite l[0,1]l \in [0,1].

Cette limite ll doit être un point fixe de ff. On résout f(l)=lf(l)=l :

l2=l    l2l=0    l(l1)=0l^2=l \implies l^2-l=0 \implies l(l-1)=0.

Les points fixes sont l=0l=0 et l=1l=1. Les limites possibles sont donc 0 et 1.

Comme la suite est décroissante et part de u0=0.5u_0=0.5, elle ne peut pas converger vers 1. La limite est donc l=0l=0.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (f non continue)

Soit f(x)={x/2si x20si x=2f(x) = \begin{cases} x/2 & \text{si } x \neq 2 \\ 0 & \text{si } x=2 \end{cases}.

Considérons la suite u0=4u_0=4 et un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n).

u0=4u_0=4, u1=f(4)=2u_1=f(4)=2, u2=f(2)=0u_2=f(2)=0, u3=f(0)=0,u_3=f(0)=0, \dots.

La suite converge vers l=0l=0.

Cherchons les points fixes. f(x)=x    x/2=x    x=0f(x)=x \implies x/2=x \implies x=0. Donc l=0l=0 est un point fixe.

Mais la suite v0=2v_0=2 donne v1=0,v2=0,v_1=0, v_2=0, \dots, qui converge vers l=0l=0. Or f(v0)=f(2)=02f(v_0)=f(2)=0 \ne 2. Le point de départ n’est pas un point fixe. Le théorème ne s’applique pas si la continuité n’est pas vérifiée au point de la limite.

Contre-exemple 2 (Intervalle non fermé)

Soit f(x)=x+22f(x) = \frac{x+2}{2} sur l’intervalle ouvert I=]2,+[I=]2, +\infty[.

Si x>2x>2, alors x+2>4x+2>4 et x+22>2\frac{x+2}{2}>2. Donc II est stable.

ff est continue sur II.

Le seul point fixe de ff est la solution de x=x+22x = \frac{x+2}{2}, soit 2x=x+22x=x+2, donc x=2x=2.

Ce point fixe l=2l=2 n’appartient pas à l’intervalle II.

Une suite définie par u0=3u_0=3 et un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) est décroissante et minorée par 2, elle converge donc vers l=2l=2. La limite n’est pas dans l’intervalle de travail.

Concepts Connexes

  • Théorème des valeurs intermédiaires : Utilisé pour prouver l’existence d’un point fixe sur un segment.
  • Théorème de la convergence monotone : Souvent utilisé en conjonction avec le théorème du point fixe pour prouver la convergence.

Applications

  • Ce théorème est fondamental pour analyser le comportement à long terme des systèmes dynamiques.
  • Il permet de restreindre l’ensemble des limites possibles à un petit nombre de candidats (les points fixes), qu’il suffit ensuite de tester.

Concept 5: Fonction Contractante et Théorème du Point Fixe

Prérequis

  • Valeur absolue et inégalité triangulaire.
  • Limite d’une suite géométrique.
  • Dérivée d’une fonction et inégalité des accroissements finis.

Définition

Une fonction f:IRf: I \to \mathbb{R} est dite contractante sur un intervalle II s’il existe une constante réelle kk telle que 0k<10 \le k < 1 et qui vérifie, pour tous les points xx et yy de II :

f(x)f(y)kxy|f(x) - f(y)| \le k |x - y|

La constante kk est appelée le rapport de contraction.

Intuitivement, une fonction contractante “rapproche” les points. L’image de deux points quelconques est toujours plus proche que les points de départ, avec un facteur de réduction d’au moins kk.

Propriétés Clés

  • Continuité : Toute fonction contractante est continue.

  • Unicité du point fixe : Une fonction contractante sur un intervalle II admet au plus un point fixe.

  • Condition suffisante de contraction (via la dérivée) :

    Hypothèse : Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II.

    Conclusion : Si la valeur absolue de sa dérivée est majorée par une constante k<1k < 1 sur tout l’intervalle II (c’est-à-dire supxIf(x)k<1\sup_{x \in I} |f'(x)| \le k < 1), alors ff est kk-contractante sur II. Ceci est une conséquence directe de l’inégalité des accroissements finis.

Théorème du Point Fixe Contractant (“Énoncé indispensable 18”)

Hypothèses :

  1. Soit ff une fonction k-contractante (avec 0k<10 \le k < 1) sur un intervalle II.
  2. L’intervalle II est stable par ff.
  3. L’intervalle II est fermé et contient au moins un point.

Conclusion :

  1. La fonction ff admet un unique point fixe ll dans II.

  2. Pour n’importe quel point de départ u0Iu_0 \in I, la suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) converge vers cet unique point fixe ll.

  3. La convergence est rapide (géométrique), et on peut estimer la distance à la limite :

    unlknu0l|u_n - l| \le k^n |u_0 - l|

Exemples

Exemple 1

Soit f(x)=13cos(x)+1f(x) = \frac{1}{3}\cos(x) + 1 sur I=RI = \mathbb{R}.

Calculons la dérivée : f(x)=13sin(x)f'(x) = -\frac{1}{3}\sin(x).

Pour tout xRx \in \mathbb{R}, f(x)=13sin(x)13|f'(x)| = |-\frac{1}{3}\sin(x)| \le \frac{1}{3}.

Donc ff est 1/31/3-contractante sur R\mathbb{R}. L’intervalle R\mathbb{R} est stable et fermé.

Le théorème s’applique : il existe un unique point fixe ll, et toute suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) converge vers ll.

Exemple 2

On cherche à résoudre x3+3x1=0x^3 + 3x - 1 = 0. On peut réécrire ceci comme x=1x33x = \frac{1-x^3}{3}.

Soit f(x)=1x33f(x) = \frac{1-x^3}{3} sur l’intervalle I=[0,1]I=[0,1].

  • Stabilité : Si x[0,1]x \in [0,1], alors x3[0,1]x^3 \in [0,1], x3[1,0]-x^3 \in [-1,0], 1x3[0,1]1-x^3 \in [0,1] et f(x)[0,1/3][0,1]f(x) \in [0, 1/3] \subset [0,1]. Donc II est stable.
  • Contraction : f(x)=x2f'(x) = -x^2. Sur I=[0,1]I=[0,1], supx[0,1]f(x)=supx[0,1]x2=1\sup_{x \in [0,1]}|f'(x)| = \sup_{x \in [0,1]}|-x^2|=1. La condition f<1|f'|<1 n’est pas strictement vérifiée sur tout l’intervalle.

Changeons d’intervalle. Prenons I=[0,0.5]I=[0, 0.5].

  • Stabilité : Si x[0,0.5]x \in [0, 0.5], f(x)[1(0.5)33,13]=[0.8753,13][0,0.5]f(x) \in [\frac{1-(0.5)^3}{3}, \frac{1}{3}] = [\frac{0.875}{3}, \frac{1}{3}] \subset [0, 0.5]. II est stable.
  • Contraction : f(x)=x2(0.5)2=0.25<1|f'(x)|=x^2 \le (0.5)^2=0.25 < 1. Donc ff est 0.250.25-contractante sur II.

Le théorème garantit l’existence d’une unique solution dans [0,0.5][0, 0.5] et que la suite convergera vers elle.

Exemple 3

Soit f(x)=12(x+ax)f(x) = \frac{1}{2}(x+\frac{a}{x}) sur I=[a,+[I=[\sqrt{a}, +\infty[, pour a>0a>0.

  • Stabilité : On peut montrer que si xax \ge \sqrt{a}, alors f(x)af(x) \ge \sqrt{a}. Donc II est stable.
  • Contraction : f(x)=12(1ax2)f'(x) = \frac{1}{2}(1 - \frac{a}{x^2}). Pour x[a,+[x \in [\sqrt{a}, +\infty[, on a x2ax^2 \ge a, donc 0<a/x210 < a/x^2 \le 1, et 1a/x2<0-1 \le -a/x^2 < 0. Ainsi, 01a/x2<10 \le 1-a/x^2 < 1 et 0f(x)<1/20 \le f'(x) < 1/2.

La fonction est donc 1/21/2-contractante sur II. L’unique point fixe est a\sqrt{a}, et la suite converge vers a\sqrt{a} pour tout u0au_0 \ge \sqrt{a}.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Rapport k=1k=1)

Soit f(x)=xsin(x)+π/2f(x) = x - \sin(x) + \pi/2 sur I=[0,π]I = [0, \pi].

Le point fixe est l=π/2l=\pi/2. La dérivée est f(x)=1cos(x)f'(x) = 1-\cos(x).

Au point fixe, f(π/2)=1cos(π/2)=1f'(\pi/2) = 1-\cos(\pi/2) = 1.

La fonction n’est pas contractante. La convergence de la suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) vers π/2\pi/2 sera extrêmement lente. Le théorème ne s’applique pas.

Contre-exemple 2 (Intervalle non stable)

Soit f(x)=x/2+5f(x)=x/2 + 5 sur I=[0,1]I=[0,1].

ff est 1/21/2-contractante sur R\mathbb{R}. Cependant, l’intervalle I=[0,1]I=[0,1] n’est pas stable, car f(1)=5.5If(1)=5.5 \notin I.

Le théorème ne garantit pas la convergence pour un u0u_0 dans II, car la suite quitte l’intervalle. (Le point fixe l=10l=10 est loin de II).

Concepts Connexes

  • Point fixe attractif : Un point fixe ll tel que f(l)<1|f'(l)|<1 est localement contractant. Le théorème du point fixe contractant est une version globale de cette idée.
  • Suites de Cauchy : La démonstration du théorème dans des espaces plus généraux repose sur le fait que les suites générées par des fonctions contractantes sont des suites de Cauchy.

Applications

  • Résolution numérique d’équations : L’équation g(x)=0g(x)=0 peut être transformée en un problème de point fixe x=xg(x)=f(x)x = x - g(x) = f(x). Si ff est contractante, la méthode itérative convergera.
  • Existence et unicité de solutions d’équations différentielles (Théorème de Cauchy-Lipschitz).

Concept 6: Points Fixes Répulsifs et Attractifs (Stabilité locale)

Prérequis

  • Notion de point fixe.
  • Calcul de dérivées.
  • Comportement local d’une fonction (approximation affine).

Définition

L’étude de la stabilité locale d’un point fixe ll d’une fonction ff consiste à déterminer le comportement de la suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) lorsque le terme initial u0u_0 est très proche de ll.

  • Un point fixe ll est dit attractif (ou stable) si, pour tout u0u_0 suffisamment proche de ll, la suite (un)(u_n) converge vers ll.
  • Un point fixe ll est dit répulsif (ou instable) si, pour tout u0u_0 proche de ll (mais différent de ll), la suite (un)(u_n) s’éloigne de ll.

La valeur de la dérivée de ff au point fixe, f(l)f'(l), permet de caractériser cette stabilité.

Propriétés Clés

Hypothèse générale : Soit ff une fonction de classe C1C^1 sur un intervalle stable II, et lIl \in I un point fixe de ff.

  1. Cas Attractif : Si f(l)<1|f'(l)| < 1, alors le point fixe ll est attractif.

    Explication : Pour xx proche de ll, on a l’approximation f(x)f(l)+f(l)(xl)f(x) \approx f(l) + f'(l)(x-l). Comme f(l)=lf(l)=l, cela devient f(x)lf(l)(xl)f(x)-l \approx f'(l)(x-l).

    Pour la suite, cela signifie que un+1lf(l)(unl)u_{n+1}-l \approx f'(l)(u_n-l). La distance à la limite unl|u_n-l| est approximativement multipliée par f(l)<1|f'(l)| < 1 à chaque étape. Elle tend donc géométriquement vers 0.

  2. Cas Répulsif (Proposition 18) : Si f(l)>1|f'(l)| > 1, alors le point fixe ll est répulsif.

    Explication : L’approximation un+1lf(l)(unl)u_{n+1}-l \approx f'(l)(u_n-l) est toujours valable. Comme f(l)>1|f'(l)| > 1, la distance à la limite unl|u_n-l| est approximativement multipliée par un facteur plus grand que 1 à chaque étape. La suite s’éloigne donc de ll (sauf si un=lu_n=l exactement).

  3. Cas Douteux : Si f(l)=1|f'(l)| = 1, on ne peut pas conclure sur la stabilité du point fixe avec la seule information de la dérivée première. Le comportement dépendra des dérivées d’ordre supérieur. Le point peut être attractif, répulsif, ou semi-stable.

Exemples

Exemple 1 (Attractif)

Soit f(x)=x2+22xf(x) = \frac{x^2+2}{2x} et la suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n) pour a=2a=2. Le point fixe est l=2l=\sqrt{2}.

f(x)=2x(2x)2(x2+2)4x2=4x22x244x2=x222x2f'(x) = \frac{2x(2x) - 2(x^2+2)}{4x^2} = \frac{4x^2-2x^2-4}{4x^2} = \frac{x^2-2}{2x^2}.

Au point fixe l=2l=\sqrt{2}, on a f(2)=(2)222(2)2=224=0f'(\sqrt{2}) = \frac{(\sqrt{2})^2-2}{2(\sqrt{2})^2} = \frac{2-2}{4} = 0.

Puisque f(2)=0<1|f'(\sqrt{2})|=0 < 1, le point fixe 2\sqrt{2} est très attractif.

Exemple 2 (Répulsif)

Soit f(x)=x22x+2f(x) = x^2 - 2x + 2. Les points fixes sont les solutions de x=x22x+2x = x^2 - 2x + 2, soit x23x+2=0x^2-3x+2=0, qui donne l1=1l_1=1 et l2=2l_2=2.

La dérivée est f(x)=2x2f'(x) = 2x-2.

  • Pour l1=1l_1=1: f(1)=2(1)2=0f'(1) = 2(1)-2 = 0. Comme f(1)<1|f'(1)|<1, le point fixe l1=1l_1=1 est attractif.
  • Pour l2=2l_2=2: f(2)=2(2)2=2f'(2) = 2(2)-2 = 2. Comme f(2)>1|f'(2)|>1, le point fixe l2=2l_2=2 est répulsif.

Exemple 3 (Cas Douteux)

Soit f(x)=x+x2f(x) = x + x^2. Le seul point fixe est l=0l=0.

f(x)=1+2xf'(x) = 1+2x, donc f(0)=1f'(0)=1. C’est un cas douteux.

Regardons le comportement de la suite près de 0. Si unu_n est petit et positif, un+1=un+un2>unu_{n+1} = u_n+u_n^2 > u_n. La suite s’éloigne de 0. Si unu_n est petit et négatif (ex: -0.1), un+1=0.1+(0.1)2=0.09u_{n+1} = -0.1+(-0.1)^2 = -0.09, ce qui est plus proche de 0. Le point est donc répulsif à droite et attractif à gauche (on parle de semi-stabilité).

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Fonction non-dérivable)

Soit f(x)=2xf(x) = |2x|. Le point fixe est l=0l=0. La fonction n’est pas dérivable en 0.

Pour x>0x>0, la suite est un+1=2unu_{n+1}=2u_n, elle s’éloigne de 0.

Pour x<0x<0, la suite est un+1=2unu_{n+1}=-2u_n, elle s’éloigne aussi de 0 en valeur absolue.

Le point est répulsif, mais le critère de la dérivée ne s’applique pas.

Contre-exemple 2 (Analyse globale vs locale)

Le critère est local. Il ne garantit un comportement que pour les points de départ suffisamment proches du point fixe.

Soit f(x)=2xf(x) = -2x sur l’intervalle I=[1,1]I=[-1, 1]. l=0l=0 est un point fixe. f(0)=2f'(0)=-2, donc f(0)=2>1|f'(0)|=2>1, le point est répulsif. Si on part de u0=0.1u_0=0.1, on a u1=0.2u_1=-0.2, u2=0.4u_2=0.4, u3=0.8u_3=-0.8, u4=1.6u_4=1.6, ce qui sort de l’intervalle. Le comportement répulsif est bien observé.

Concepts Connexes

  • Développement limité : L’approximation f(x)l+f(l)(xl)f(x) \approx l + f'(l)(x-l) est le développement limité d’ordre 1 de ff en ll.
  • Théorie des bifurcations : Étudie comment le nombre et la stabilité des points fixes changent lorsque l’on modifie un paramètre dans la fonction ff.

Applications

  • En physique et en biologie, la stabilité des points d’équilibre d’un système (par exemple, un pendule, une population) est cruciale pour comprendre son comportement à long terme.
  • En économie, pour analyser la stabilité des équilibres de marché.

Concept 7: Méthode de Newton

Prérequis

  • Recherche de zéros (racines) d’une fonction F(x)=0F(x)=0.
  • Dérivée et équation de la tangente à une courbe.
  • Notion de suite récurrente et de point fixe.

Définition

La méthode de Newton est un algorithme itératif puissant pour trouver des approximations de plus en plus précises des racines (ou zéros) d’une fonction réelle dérivable FF.

Étant donnée une approximation initiale u0u_0 de la racine, la méthode construit une suite (un)(u_n) où chaque terme est l’abscisse de l’intersection de la tangente au graphe de FF en (un,F(un))(u_n, F(u_n)) avec l’axe des abscisses.

La relation de récurrence est donnée par :

un+1=unF(un)F(un)u_{n+1} = u_n - \frac{F(u_n)}{F'(u_n)}

Cette suite est une suite récurrente de la forme un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) où la fonction d’itération est f(x)=xF(x)F(x)f(x) = x - \frac{F(x)}{F'(x)}.

Propriétés Clés

  • Lien avec les points fixes : Les points fixes de la fonction d’itération f(x)f(x) sont les solutions de f(x)=xf(x)=x.

    x=xF(x)F(x)    F(x)F(x)=0    F(x)=0x = x - \frac{F(x)}{F'(x)} \iff \frac{F(x)}{F'(x)} = 0 \iff F(x) = 0 (en supposant F(x)0F'(x) \ne 0).

    Ainsi, les racines de FF sont les points fixes de ff.

  • Condition de convergence (Proposition 20) :

    Hypothèse : Soit ll une racine de FF (c’est-à-dire F(l)=0F(l)=0) telle que F(l)0F'(l) \ne 0 (on dit que ll est une racine simple).

    Conclusion : Le point fixe ll est super-attractif. En effet, la dérivée de la fonction d’itération ff en ll est nulle : f(l)=0f'(l) = 0.

    Démonstration rapide : f(x)=1F(x)F(x)F(x)F(x)(F(x))2f'(x) = 1 - \frac{F'(x)F'(x) - F(x)F''(x)}{(F'(x))^2}. En x=lx=l, comme F(l)=0F(l)=0, on a f(l)=1(F(l))2(F(l))2=11=0f'(l) = 1 - \frac{(F'(l))^2}{(F'(l))^2} = 1 - 1 = 0.

    Puisque f(l)=0<1|f'(l)| = 0 < 1, le point fixe ll est attractif. Si u0u_0 est choisi suffisamment proche de ll, la suite (un)(u_n) converge vers ll.

  • Vitesse de convergence : La convergence de la méthode de Newton est généralement quadratique. Cela signifie que le nombre de chiffres décimaux corrects double approximativement à chaque itération, ce qui est extrêmement rapide.

Exemples

Exemple 1 : Calcul de a\sqrt{a}

Pour calculer a\sqrt{a} (avec a>0a>0), on cherche la racine positive de la fonction F(x)=x2aF(x) = x^2 - a.

La dérivée est F(x)=2xF'(x) = 2x.

La formule de récurrence de Newton est :

un+1=unun2a2un=2un2(un2a)2un=un2+a2un=12(un+aun)u_{n+1} = u_n - \frac{u_n^2 - a}{2u_n} = \frac{2u_n^2 - (u_n^2 - a)}{2u_n} = \frac{u_n^2 + a}{2u_n} = \frac{1}{2}\left(u_n + \frac{a}{u_n}\right)

On retrouve l’algorithme de Héron, connu pour sa convergence très rapide.

Exemple 2 : Résolution de cos(x)=x\cos(x) = x

On cherche la racine de F(x)=cos(x)xF(x) = \cos(x) - x.

La dérivée est F(x)=sin(x)1F'(x) = -\sin(x) - 1.

La récurrence de Newton est :

un+1=uncos(un)unsin(un)1=un+cos(un)unsin(un)+1u_{n+1} = u_n - \frac{\cos(u_n) - u_n}{-\sin(u_n) - 1} = u_n + \frac{\cos(u_n) - u_n}{\sin(u_n) + 1}

Si on part de u0=0.5u_0 = 0.5:

u10.5+cos(0.5)0.5sin(0.5)+10.7552u_1 \approx 0.5 + \frac{\cos(0.5)-0.5}{\sin(0.5)+1} \approx 0.7552

u20.7552+0.7391u_2 \approx 0.7552 + \dots \approx 0.7391

u30.739085...u_3 \approx 0.739085... (très proche de la vraie solution).

Exemple 3 : Calcul de 1/a1/a sans division

Pour calculer l’inverse d’un nombre aa, on peut chercher la racine de F(x)=1xaF(x) = \frac{1}{x} - a.

La dérivée est F(x)=1/x2F'(x) = -1/x^2.

La récurrence de Newton est :

un+1=un1/una1/un2=un+un2(1una)=un+unaun2=un(2aun)u_{n+1} = u_n - \frac{1/u_n - a}{-1/u_n^2} = u_n + u_n^2(\frac{1}{u_n} - a) = u_n + u_n - a u_n^2 = u_n(2 - a u_n)

Cet algorithme n’utilise que des multiplications et des soustractions pour calculer un inverse.

Contre-exemples

Contre-exemple 1 (Mauvais point de départ)

Pour F(x)=x32x+2F(x)=x^3-2x+2, si on part de u0=0u_0=0, la tangente en (0,2)(0,2) coupe l’axe des x en x=1x=1. La tangente en (1,1)(1,1) coupe l’axe des x en x=0x=0. La suite oscille 0,1,0,1,0, 1, 0, 1, \dots et ne converge pas.

Contre-exemple 2 (Dérivée nulle)

Pour F(x)=(x1)2F(x) = (x-1)^2, la racine est l=1l=1. Mais F(1)=0F'(1)=0.

La récurrence est un+1=un(un1)22(un1)=unun12=un+12u_{n+1} = u_n - \frac{(u_n-1)^2}{2(u_n-1)} = u_n - \frac{u_n-1}{2} = \frac{u_n+1}{2}.

La fonction d’itération est f(x)=x+12f(x) = \frac{x+1}{2}. La dérivée est f(x)=1/2f'(x)=1/2.

La convergence est assurée, mais elle est seulement linéaire (géométrique de raison 1/2) et non quadratique.

Concepts Connexes

  • Analyse numérique : La méthode de Newton est un des algorithmes fondamentaux de cette discipline.
  • Optimisation : Pour trouver un minimum ou maximum d’une fonction G(x)G(x), on peut chercher les racines de sa dérivée G(x)G'(x) en utilisant la méthode de Newton.

Applications

  • Utilisée partout en sciences et ingénierie pour résoudre des équations non-linéaires complexes qui n’ont pas de solution analytique.
  • Au cœur de nombreux logiciels de calcul scientifique (calculatrices, Matlab, etc.).