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Analyse: Suites (A)


Concept 1 : Suite de nombres complexes

Prérequis

  • Ensembles de nombres : entiers naturels (N\mathbb{N}) et nombres complexes (C\mathbb{C}).
  • Notion de fonction (ou application) d’un ensemble de départ vers un ensemble d’arrivée.
  • Opérations de base sur les nombres complexes (addition, multiplication, module).

Définition

Une suite de nombres complexes est une fonction uu dont l’ensemble de départ est l’ensemble des entiers naturels N\mathbb{N} (ou une partie de N\mathbb{N} de la forme {nNnn0}\{n \in \mathbb{N} \mid n \ge n_0\}) et dont l’ensemble d’arrivée est l’ensemble des nombres complexes C\mathbb{C}.

u:NCu : \mathbb{N} \to \mathbb{C}

Pour un entier nn, l’image u(n)u(n) est appelée le terme d’indice n (ou le n-ième terme) de la suite. On le note plus couramment unu_n. La suite elle-même est notée (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} ou simplement (un)(u_n).

Il existe deux manières principales de définir une suite :

  1. Formule explicite : Le terme unu_n est donné par une formule qui dépend directement de nn.
  2. Relation de récurrence : Le terme un+1u_{n+1} (ou un+ku_{n+k}) est défini à partir d’un ou plusieurs termes précédents (un,un1,u_n, u_{n-1}, \dots). Il faut alors aussi spécifier les premiers termes de la suite (par exemple u0u_0).

Propriétés Clés

  • Ordre des termes : Une suite est une liste ordonnée de nombres. L’ordre est donné par les indices n=0,1,2,n=0, 1, 2, \dots.
  • Nombre infini de termes : Sauf mention contraire, une suite a une infinité de termes.
  • Indexation : L’indexation commence souvent à n=0n=0 ou n=1n=1, mais peut commencer à n’importe quel entier n0n_0. On note alors la suite (un)nn0(u_n)_{n \ge n_0}.

Exemples

Exemple 1 : Formule explicite

Soit la suite (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} définie par la formule un=nn+1+i(1)nu_n = \frac{n}{n+1} + i \cdot (-1)^n.

C’est une suite de nombres complexes. Pour trouver un terme, on remplace nn par sa valeur.

  • Pour n=0n=0, u0=00+1+i(1)0=0+i1=iu_0 = \frac{0}{0+1} + i \cdot (-1)^0 = 0 + i \cdot 1 = i.
  • Pour n=1n=1, u1=11+1+i(1)1=12iu_1 = \frac{1}{1+1} + i \cdot (-1)^1 = \frac{1}{2} - i.
  • Pour n=2n=2, u2=22+1+i(1)2=23+iu_2 = \frac{2}{2+1} + i \cdot (-1)^2 = \frac{2}{3} + i.

Exemple 2 : Suite géométrique (par récurrence)

Une suite géométrique est définie par son premier terme u0Cu_0 \in \mathbb{C} et une raison λC\lambda \in \mathbb{C} via la relation de récurrence :

nN,un+1=λun\forall n \in \mathbb{N}, \quad u_{n+1} = \lambda \cdot u_n

Si u0=3u_0 = 3 et λ=2i\lambda = 2i, les premiers termes sont :

  • u0=3u_0 = 3
  • u1=λu0=(2i)3=6iu_1 = \lambda u_0 = (2i) \cdot 3 = 6i
  • u2=λu1=(2i)(6i)=12i2=12u_2 = \lambda u_1 = (2i) \cdot (6i) = 12i^2 = -12
  • u3=λu2=(2i)(12)=24iu_3 = \lambda u_2 = (2i) \cdot (-12) = -24i

On peut montrer par récurrence que la formule explicite est un=λnu0u_n = \lambda^n u_0. Pour notre exemple, un=(2i)n3u_n = (2i)^n \cdot 3.

Exemple 3 : Suite de Fibonacci (par récurrence)

La suite de Fibonacci est une suite de nombres réels (qui sont un cas particulier de nombres complexes) définie par ses deux premiers termes u0=1,u1=1u_0 = 1, u_1 = 1 et la relation de récurrence :

nN,un+2=un+1+un\forall n \in \mathbb{N}, \quad u_{n+2} = u_{n+1} + u_n

Chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent.

  • u0=1u_0 = 1
  • u1=1u_1 = 1
  • u2=u1+u0=1+1=2u_2 = u_1 + u_0 = 1 + 1 = 2
  • u3=u2+u1=2+1=3u_3 = u_2 + u_1 = 2 + 1 = 3
  • u4=u3+u2=3+2=5u_4 = u_3 + u_2 = 3 + 2 = 5

Les termes sont 1,1,2,3,5,8,13,1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, \dots

Contre-exemples

  1. Une fonction sur R\mathbb{R} : La fonction f(x)=x2f(x) = x^2 pour xRx \in \mathbb{R} n’est pas une suite. Son ensemble de départ est R\mathbb{R}, un ensemble continu, et non N\mathbb{N}, un ensemble discret.
  2. Un ensemble non ordonné : L’ensemble {1,1,i,i}\{1, -1, i, -i\} est un ensemble de quatre nombres complexes. Ce n’est pas une suite car il n’y a pas d’ordre défini entre les éléments (pas de premier terme, de deuxième terme, etc.). La suite (in)(i^n) contient ces valeurs, mais dans un ordre précis.

Concepts Connexes

  • Fonctions : Une suite est un cas particulier de fonction.
  • Séries numériques : Une série est la somme des termes d’une suite.
  • Convergence de suites : Le concept le plus important lié aux suites est leur comportement lorsque l’indice nn devient très grand.

Applications

  • Modélisation : Les suites sont utilisées pour modéliser des phénomènes qui évoluent par étapes discrètes, comme la croissance d’une population, l’évolution d’un compte en banque avec intérêts, ou des processus algorithmiques.
  • Analyse numérique : De nombreux algorithmes, comme la méthode de Newton, génèrent des suites de nombres qui approchent la solution d’un problème.

Concept 2 : Convergence d’une suite complexe

Prérequis

  • Concept 1 : Suite de nombres complexes
  • Module d’un nombre complexe et ses propriétés (en particulier l’inégalité triangulaire).
  • Distance dans le plan complexe : la distance entre z1z_1 et z2z_2 est z1z2|z_1 - z_2|.
  • Logique mathématique de base (quantificateurs universel \forall et existentiel \exists).

Définition

Une suite complexe (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} est dite convergente s’il existe un nombre complexe ll tel que les termes de la suite se rapprochent indéfiniment de ll à mesure que nn grandit.

Formellement, cela s’écrit :

Il existe un nombre lCl \in \mathbb{C} (la limite) tel que pour tout nombre réel strictement positif ε\varepsilon (la tolérance), il existe un entier naturel NN (un rang à partir duquel la condition est vraie) tel que pour tout entier nn supérieur ou égal à NN, la distance entre unu_n et ll est strictement inférieure à ε\varepsilon.

lC,ε>0,NN,nN,unl<ε.\exists l \in \mathbb{C}, \forall \varepsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \ge N, |u_n - l| < \varepsilon.

Le nombre ll est appelé la limite de la suite (un)(u_n). On note alors :

limn+un=lou(un)l\lim_{n\to+\infty} u_n = l \quad \text{ou} \quad (u_n) \to l

Interprétation géométrique :

  • unl<ε|u_n - l| < \varepsilon signifie que le point unu_n se trouve à l’intérieur du disque ouvert de centre ll et de rayon ε\varepsilon, noté D(l,ε)D(l, \varepsilon).
  • La définition dit que pour n’importe quel disque (aussi petit soit-il) centré en ll, tous les termes de la suite à partir d’un certain rang NN sont à l’intérieur de ce disque.

Propriétés Clés

  • Unicité de la limite : Si une suite converge, sa limite est unique.

    Démonstration (par l’absurde) :

    Hypothèse : Supposons que la suite (un)(u_n) converge vers deux limites distinctes, ll et ll' avec lll \neq l'.

    La distance entre ll et ll' est ll>0|l-l'| > 0. Choisissons une tolérance ε=ll4\varepsilon = \frac{|l-l'|}{4}. Ce nombre est bien strictement positif.

    Puisque (un)l(u_n) \to l, il existe un rang N1N_1 tel que pour tout nN1n \ge N_1, unl<ε|u_n - l| < \varepsilon.

    Puisque (un)l(u_n) \to l', il existe un rang N2N_2 tel que pour tout nN2n \ge N_2, unl<ε|u_n - l'| < \varepsilon.

    Prenons un entier nn plus grand que N1N_1 et N2N_2 (par exemple, nmax(N1,N2)n \ge \max(N_1, N_2)). Pour un tel nn, les deux inégalités sont vraies. On peut alors écrire :

    ll=(lun)+(unl)|l - l'| = |(l - u_n) + (u_n - l')|

    Par l’inégalité triangulaire, lllun+unl|l - l'| \le |l - u_n| + |u_n - l'|.

    En utilisant les deux conditions de convergence, on a :

    ll<ε+ε=2ε|l - l'| < \varepsilon + \varepsilon = 2\varepsilon

    Mais nous avons choisi ε=ll4\varepsilon = \frac{|l-l'|}{4}, ce qui implique ll=4ε|l - l'| = 4\varepsilon. L’inégalité devient donc 4ε<2ε4\varepsilon < 2\varepsilon. Ceci est une contradiction car ε>0\varepsilon > 0.

    Notre hypothèse de départ (lll \neq l') est donc fausse. La limite est unique.

Exemples

Exemple 1 : La suite (1/n)nN(1/n)_{n \in \mathbb{N}^*}

Montrons que limn+1n=0\lim_{n\to+\infty} \frac{1}{n} = 0.

Hypothèse : La suite est (un)nN(u_n)_{n \in \mathbb{N}^*} avec un=1/nu_n = 1/n. La limite présumée est l=0l=0.

Soit ε>0\varepsilon > 0 un réel quelconque. On cherche un rang NN tel que pour tout nNn \ge N, on ait unl<ε|u_n - l| < \varepsilon.

1n0<ε    1n<ε\left| \frac{1}{n} - 0 \right| < \varepsilon \iff \frac{1}{n} < \varepsilon

Comme nn et ε\varepsilon sont positifs, cela est équivalent à n>1εn > \frac{1}{\varepsilon}.

Il suffit donc de choisir un entier NN qui soit plus grand que 1/ε1/\varepsilon. Par exemple, on peut prendre N=1/ε+1N = \lfloor 1/\varepsilon \rfloor + 1.

Pour tout nNn \ge N, on aura n>1/εn > 1/\varepsilon, et donc 1/n0<ε|1/n - 0| < \varepsilon. La définition est satisfaite, la suite converge bien vers 0.

Exemple 2 : La suite un=2nin+1u_n = \frac{2n-i}{n+1}

Montrons que cette suite converge vers l=2l=2.

Hypothèse : (un)nN(u_n)_{n \in \mathbb{N}} avec un=2nin+1u_n = \frac{2n-i}{n+1}.

On calcule la distance entre unu_n et l=2l=2 :

un2=2nin+12=2ni2(n+1)n+1=i2n+1=2in+1=(2)2+(1)2n+1=5n+1|u_n - 2| = \left| \frac{2n-i}{n+1} - 2 \right| = \left| \frac{2n-i - 2(n+1)}{n+1} \right| = \left| \frac{-i-2}{n+1} \right| = \frac{|-2-i|}{n+1} = \frac{\sqrt{(-2)^2+(-1)^2}}{n+1} = \frac{\sqrt{5}}{n+1}

Soit ε>0\varepsilon > 0. On veut trouver NN tel que pour nNn \ge N, on ait 5n+1<ε\frac{\sqrt{5}}{n+1} < \varepsilon.

Ceci est équivalent à n+1>5εn+1 > \frac{\sqrt{5}}{\varepsilon}, ou encore n>5ε1n > \frac{\sqrt{5}}{\varepsilon} - 1.

On peut choisir N=5ε1+1N = \lfloor \frac{\sqrt{5}}{\varepsilon} - 1 \rfloor + 1 (ou plus simplement N=5/εN = \lceil \sqrt{5}/\varepsilon \rceil). Pour tout nNn \ge N, l’inégalité sera vérifiée. Donc, (un)2(u_n) \to 2.

Exemple 3 : Une suite constante

Soit la suite (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} définie par un=cu_n = c pour tout nn, où cc est un nombre complexe. Montrons que cette suite converge vers l=cl=c.

Hypothèse : (un)(u_n) avec un=cu_n=c.

Soit ε>0\varepsilon > 0. On calcule unc=cc=0|u_n - c| = |c - c| = 0.

Puisque 0<ε0 < \varepsilon pour tout ε>0\varepsilon > 0, l’inégalité unc<ε|u_n - c| < \varepsilon est toujours vraie. On peut donc choisir n’importe quel NN, par exemple N=0N=0. Pour tout n0n \ge 0, on a bien unc<ε|u_n - c| < \varepsilon. La suite converge donc vers cc.

Contre-exemples

  1. La suite (in)(i^n) : Les termes sont 1,i,1,i,1,i,1, i, -1, -i, 1, i, \dots. Les points de la suite “sautent” entre quatre valeurs et ne se rapprochent d’aucune valeur unique. Nous prouverons sa divergence formellement dans le concept suivant.
  2. La suite (n)(n) : Les termes 0,1,2,3,0, 1, 2, 3, \dots s’éloignent de plus en plus de l’origine et de n’importe quel point fixe ll. La distance unl=nl|u_n - l| = |n-l| grandit indéfiniment.

Concepts Connexes

  • Divergence d’une suite : Une suite qui ne converge pas est dite divergente.
  • Suite bornée : Une suite convergente est toujours bornée (ses termes ne peuvent pas “s’échapper à l’infini”).
  • Limite d’une fonction : La définition est très similaire, remplaçant l’entier n+n \to +\infty par une variable réelle xax \to a.

Applications

  • Algorithmes d’approximation : De nombreux algorithmes (ex: calcul de 2\sqrt{2}, de π\pi) produisent une suite de nombres qui converge vers la valeur désirée. La vitesse de convergence est une mesure de l’efficacité de l’algorithme.
  • Stabilité des systèmes : En physique ou en ingénierie, la convergence d’une suite décrivant l’état d’un système au cours du temps indique que le système atteint un état d’équilibre stable.

Concept 3 : Divergence d’une suite

Prérequis

Définition

Une suite (un)(u_n) est dite divergente si elle n’est pas convergente.

En utilisant la négation logique de la définition de la convergence, cela signifie :

Pour tout nombre complexe ll, il existe un réel ε>0\varepsilon > 0 tel que pour tout entier naturel NN, il existe un entier nNn \ge N pour lequel la distance unl|u_n - l| est supérieure ou égale à ε\varepsilon.

lC,ε>0,NN,nN,unlε.\forall l \in \mathbb{C}, \exists \varepsilon > 0, \forall N \in \mathbb{N}, \exists n \ge N, |u_n - l| \ge \varepsilon.

Interprétation intuitive :

Quelle que soit la cible ll que l’on propose comme limite, on peut trouver une “marge d’erreur” ε\varepsilon telle que la suite ne reste jamais indéfiniment dans le disque D(l,ε)D(l, \varepsilon). Peu importe jusqu’où on va dans la suite (pour tout NN), on trouvera toujours plus loin (il existe nNn \ge N) un terme qui est en dehors de ce disque.

Il existe plusieurs types de divergence :

  • La suite tend vers l’infini (pour les suites réelles, comme un=nu_n=n).
  • La suite oscille entre plusieurs valeurs (comme un=(1)nu_n=(-1)^n).
  • La suite a un comportement chaotique sans tendance claire.

Propriétés Clés

  • Négation de la convergence : La divergence est l’exact opposé de la convergence. Une suite est soit convergente, soit divergente.
  • Suites non bornées : Une suite non bornée est toujours divergente (voir Concept 4). C’est un critère très utile pour prouver la divergence.

Exemples

Exemple 1 : La suite (in)(i^n)

Montrons que la suite (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} définie par un=inu_n = i^n est divergente.

Hypothèse : (un)(u_n) avec un=inu_n = i^n.

Nous raisonnons par l’absurde. Supposons que (un)(u_n) converge vers une limite lCl \in \mathbb{C}.

Choisissons ε=1\varepsilon = 1. D’après la définition de la convergence, il doit exister un rang NN tel que pour tout nNn \ge N, on a inl<1|i^n - l| < 1.

Cette condition doit être vraie pour tous les entiers au-delà de NN. Choisissons deux tels entiers, par exemple n1=4Nn_1 = 4N et n2=4N+2n_2 = 4N + 2 (ils sont bien N\ge N).

Pour n1=4Nn_1 = 4N, un1=i4N=(i4)N=1N=1u_{n_1} = i^{4N} = (i^4)^N = 1^N = 1. L’inégalité devient 1l<1|1 - l| < 1.

Pour n2=4N+2n_2 = 4N+2, un2=i4N+2=i4Ni2=1(1)=1u_{n_2} = i^{4N+2} = i^{4N} \cdot i^2 = 1 \cdot (-1) = -1. L’inégalité devient 1l<1|-1 - l| < 1.

Maintenant, utilisons l’inégalité triangulaire :

2=1(1)=(1l)+(l(1))=(1l)+(l+1)1l+l+1=1l+1l2 = |1 - (-1)| = |(1-l) + (l - (-1))| = |(1-l) + (l+1)| \le |1-l| + |l+1| = |1-l| + |-1-l|

En utilisant les deux conditions que nous avons trouvées, on obtient :

21l+1l<1+1=22 \le |1-l| + |-1-l| < 1 + 1 = 2

On arrive à la contradiction 2<22 < 2. L’hypothèse que la suite converge est donc fausse. La suite (in)(i^n) est divergente.

Exemple 2 : La suite un=(1)nu_n = (-1)^n

C’est un cas particulier de l’exemple précédent pour une suite réelle. Les termes sont 1,1,1,1,1, -1, 1, -1, \dots.

Supposons qu’elle converge vers lRl \in \mathbb{R}. Soit ε=1/2\varepsilon = 1/2. Il existerait un NN tel que pour nNn \ge N, (1)nl<1/2|(-1)^n - l| < 1/2.

Pour un nn pair, nNn \ge N, on a 1l<1/2|1-l| < 1/2, ce qui signifie 1/2<l<3/21/2 < l < 3/2.

Pour un nn impair, nNn \ge N, on a 1l<1/2|-1-l| < 1/2, ce qui signifie 3/2<l<1/2-3/2 < l < -1/2.

La limite ll devrait être à la fois dans ]1/2,3/2[]1/2, 3/2[ et dans ]3/2,1/2[]-3/2, -1/2[. Ces deux intervalles sont disjoints, c’est impossible. Donc la suite diverge.

Exemple 3 : La suite un=nu_n = n

Montrons que la suite réelle (n)nN(n)_{n\in\mathbb{N}} diverge.

Soit lRl \in \mathbb{R} un candidat pour la limite. Choisissons ε=1\varepsilon = 1.

On veut montrer qu’il n’existe pas de rang NN à partir duquel tous les termes sont dans l’intervalle ]l1,l+1[]l-1, l+1[.

Par l’absurde, supposons que la suite converge vers ll. Alors, il existe NN tel que pour tout nNn \ge N, nl<1|n-l| < 1.

Ceci implique que tous les entiers N,N+1,N+2,N, N+1, N+2, \dots sont contenus dans l’intervalle de longueur 2, ]l1,l+1[]l-1, l+1[. C’est impossible, car cet intervalle ne peut contenir au plus que deux entiers. La suite est donc divergente. (Plus formellement, cette suite n’est pas bornée, donc elle diverge, voir concept suivant).

Contre-exemples

  1. Une suite convergente n’est pas divergente : La suite (1/n)(1/n) n’est pas divergente, car elle est convergente (vers 0).
  2. Une suite dont les termes se rapprochent sans converger : La suite un=k=1n1ku_n = \sum_{k=1}^n \frac{1}{k} (série harmonique) est divergente. Ses termes augmentent sans cesse, mais de plus en plus lentement (un+1un=1/(n+1)0u_{n+1}-u_n = 1/(n+1) \to 0). La condition un+1un0u_{n+1}-u_n \to 0 ne suffit pas pour garantir la convergence.

Concepts Connexes

  • Convergence d’une suite : La divergence est la négation de la convergence.
  • Suite bornée : Le fait d’être non borné est une condition suffisante pour diverger.
  • Limite infinie (pour les suites réelles) : Certaines suites réelles divergentes ont un comportement prévisible, elles “tendent vers ++\infty” ou "-\infty". C’est un type particulier de divergence.

Applications

  • Détection d’instabilité : En sciences, si une suite modélisant un système est divergente, cela peut indiquer une instabilité, une résonance, ou un phénomène d’emballement.
  • Analyse d’algorithmes : Certains algorithmes peuvent ne pas converger vers une solution pour certaines entrées. L’étude de la divergence permet de comprendre les limites de ces algorithmes.

Concept 4 : Suite bornée

Prérequis

Définition

Une suite de nombres complexes (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb{N}} est dite bornée si l’ensemble des modules de ses termes est majoré.

Formellement, cela signifie qu’il existe un nombre réel positif MM tel que pour tout entier naturel nn, le module de unu_n est inférieur ou égal à MM.

MR+,nN,unM.\exists M \in \mathbb{R}_+, \forall n \in \mathbb{N}, |u_n| \le M.

Interprétation géométrique :

Une suite est bornée si tous ses termes (vus comme des points dans le plan complexe) sont contenus à l’intérieur d’un même disque centré à l’origine, de rayon MM.

Pour une suite réelle, être bornée signifie être à la fois majorée et minorée :

m,MR,nN,munM.\exists m, M \in \mathbb{R}, \forall n \in \mathbb{N}, m \le u_n \le M.

Cette définition est équivalente à la définition complexe pour une suite réelle, car si munMm \le u_n \le M, alors unmax(m,M)|u_n| \le \max(|m|, |M|).

Propriétés Clés

  • Partie réelle et partie imaginaire : Une suite complexe (un)(u_n) est bornée si et seulement si les deux suites réelles (Re(un))(\text{Re}(u_n)) et (Im(un))(\text{Im}(u_n)) sont bornées.

    • Preuve ()(\Rightarrow) : Si unM|u_n| \le M, alors Re(un)unM|\text{Re}(u_n)| \le |u_n| \le M et Im(un)unM|\text{Im}(u_n)| \le |u_n| \le M. Les suites des parties réelle et imaginaire sont donc bornées.
    • Preuve ()(\Leftarrow) : Si Re(un)M1|\text{Re}(u_n)| \le M_1 et Im(un)M2|\text{Im}(u_n)| \le M_2, alors un=Re(un)2+Im(un)2M12+M22|u_n| = \sqrt{\text{Re}(u_n)^2 + \text{Im}(u_n)^2} \le \sqrt{M_1^2 + M_2^2}. En posant M=M12+M22M = \sqrt{M_1^2 + M_2^2}, on voit que (un)(u_n) est bornée.
  • Lien fondamental avec la convergence : Toute suite convergente est bornée.

    Démonstration :

    Hypothèse : La suite (un)(u_n) converge vers une limite lCl \in \mathbb{C}.

    En appliquant la définition de la convergence avec ε=1\varepsilon = 1, on sait qu’il existe un rang NN tel que pour tout nNn \ge N, unl<1|u_n - l| < 1.

    En utilisant l’inégalité triangulaire, pour ces mêmes nNn \ge N, on a :

    un=unl+lunl+l<1+l|u_n| = |u_n - l + l| \le |u_n - l| + |l| < 1 + |l|

    Cela signifie que tous les termes de la suite à partir du rang N sont bornés par 1+l1+|l|.

    Et les premiers termes ? Les termes u0,u1,,uN1u_0, u_1, \dots, u_{N-1} sont en nombre fini. L’ensemble de leurs modules {u0,u1,,uN1}\{|u_0|, |u_1|, \dots, |u_{N-1}|\} est donc fini et admet un plus grand élément.

    Posons M=max(u0,u1,,uN1,1+l)M = \max(|u_0|, |u_1|, \dots, |u_{N-1}|, 1 + |l|).

    Alors, pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a unM|u_n| \le M. La suite est donc bornée.

  • Contraposée : Toute suite non bornée est divergente. C’est une conséquence directe de la propriété précédente et c’est un outil très puissant pour prouver la divergence.

Exemples

Exemple 1 : La suite (in)(i^n)

La suite un=inu_n = i^n est bornée. Pour tout nNn \in \mathbb{N}, on a un=in=in=1n=1|u_n| = |i^n| = |i|^n = 1^n = 1.

On peut donc choisir M=1M=1 (ou n’importe quel M1M \ge 1). Pour tout nn, un1|u_n| \le 1.

Cette suite est bornée mais divergente.

Exemple 2 : La suite un=sin(n)n+icos(n)u_n = \frac{\sin(n)}{n} + i \cos(n)

Cette suite est bornée. On a :

un=sin(n)n+icos(n)=(sin(n)n)2+(cos(n))2|u_n| = \left|\frac{\sin(n)}{n} + i \cos(n)\right| = \sqrt{\left(\frac{\sin(n)}{n}\right)^2 + (\cos(n))^2}

Puisque sin(n)1|\sin(n)| \le 1 et cos(n)1|\cos(n)| \le 1, et pour n1n \ge 1, 1/n11/n \le 1:

un(1n)2+1212+12=2|u_n| \le \sqrt{\left(\frac{1}{n}\right)^2 + 1^2} \le \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2}

Pour n=0n=0, le terme n’est pas défini (ou si on le définit à part). Si on prend (un)n1(u_n)_{n \ge 1}, la suite est bornée par M=2M=\sqrt{2}.

Exemple 3 : Une suite convergente

La suite un=3nn+1=31+1/nu_n = \frac{3n}{n+1} = \frac{3}{1+1/n} converge vers 3. Elle est donc bornée.

En effet, pour tout n0n \ge 0, n<n+1n < n+1, donc nn+1<1\frac{n}{n+1} < 1. Ainsi, 0un=3nn+1<30 \le u_n = 3 \frac{n}{n+1} < 3.

La suite est bornée, par exemple par M=3M=3.

Contre-exemples

  1. La suite un=nu_n = n : Cette suite n’est pas bornée. Pour tout réel M>0M > 0, on peut trouver un entier nn (par exemple n=M+1n = \lfloor M \rfloor + 1) tel que un=n>M|u_n| = n > M. Il n’existe aucun majorant pour l’ensemble des termes. Par conséquent, cette suite est divergente.
  2. La suite un=neiarctannu_n = n e^{i \arctan n} : Le module de unu_n est un=neiarctann=n1=n|u_n| = |n| \cdot |e^{i \arctan n}| = n \cdot 1 = n. C’est la même situation que l’exemple précédent. La suite n’est pas bornée et donc diverge.

Concepts Connexes

  • Convergence et Divergence : Le lien entre être borné et converger/diverger est fondamental. Convergent \Rightarrow Borné. Non borné \Rightarrow Divergent.
  • Théorème de Bolzano-Weierstrass : Ce théorème stipule que de toute suite bornée (même si elle diverge), on peut extraire une sous-suite qui converge.

Applications

  • Analyse de stabilité : En physique et ingénierie, si une suite décrivant un système est bornée, cela signifie que le système ne “diverge” pas de manière explosive, même s’il n’atteint pas un équilibre stable (il peut osciller par exemple). C’est une première condition pour la stabilité.
  • Analyse théorique : La propriété “convergente implique bornée” est un lemme crucial dans de nombreuses démonstrations d’analyse.

Concept 5 : Opérations sur les limites de suites

Prérequis

Définition

Ce concept décrit comment la convergence se comporte vis-à-vis des opérations arithmétiques de base. Si on connaît les limites de deux suites, on peut en déduire les limites de leur somme, produit, etc.

Soient (un)(u_n) et (vn)(v_n) deux suites complexes.

Hypothèse : On suppose que (un)(u_n) converge vers lCl \in \mathbb{C} et (vn)(v_n) converge vers kCk \in \mathbb{C}.

Alors on a les résultats suivants :

  1. Limite de la somme : La suite (un+vn)(u_n + v_n) converge et sa limite est la somme des limites.

    limn+(un+vn)=l+k\lim_{n\to+\infty} (u_n + v_n) = l + k

  2. Limite du produit : La suite (unvn)(u_n v_n) converge et sa limite est le produit des limites.

    limn+(unvn)=lk\lim_{n\to+\infty} (u_n v_n) = l k

  3. Limite de l’inverse : Si l0l \ne 0, alors à partir d’un certain rang, les termes unu_n sont non nuls, et la suite (1/un)(1/u_n) converge vers 1/l1/l.

    limn+1un=1l\lim_{n\to+\infty} \frac{1}{u_n} = \frac{1}{l}

  4. Limite du quotient : En combinant le produit et l’inverse, si k0k \ne 0,

    limn+unvn=lk\lim_{n\to+\infty} \frac{u_n}{v_n} = \frac{l}{k}

Propriétés Clés

  • Stabilité par les opérations : L’ensemble des suites convergentes est stable par addition, multiplication et passage à l’inverse (pour les limites non nulles). C’est ce qu’on appelle une algèbre.

  • Convergence des parties réelle et imaginaire : Une suite complexe (un)(u_n) converge vers l=a+ibl = a+ib si et seulement si sa partie réelle (Re(un))(\text{Re}(u_n)) converge vers a=Re(l)a=\text{Re}(l) et sa partie imaginaire (Im(un))(\text{Im}(u_n)) converge vers b=Im(l)b=\text{Im}(l).

    Démonstration :

    Hypothèse ()(\Rightarrow) : Supposons (un)l(u_n) \to l. On a les inégalités Re(un)Re(l)=Re(unl)unl|\text{Re}(u_n) - \text{Re}(l)| = |\text{Re}(u_n-l)| \le |u_n-l| et Im(un)Im(l)unl|\text{Im}(u_n) - \text{Im}(l)| \le |u_n-l|. Comme unl0|u_n-l| \to 0, les deux termes de gauche tendent aussi vers 0. Donc (Re(un))Re(l)(\text{Re}(u_n)) \to \text{Re}(l) et (Im(un))Im(l)(\text{Im}(u_n)) \to \text{Im}(l).

    Hypothèse ()(\Leftarrow) : Supposons (Re(un))a(\text{Re}(u_n)) \to a et (Im(un))b(\text{Im}(u_n)) \to b. La suite unu_n s’écrit un=Re(un)+iIm(un)u_n = \text{Re}(u_n) + i \cdot \text{Im}(u_n). En utilisant les opérations sur les limites (somme et produit par une constante ii), la suite (un)(u_n) converge vers a+iba+ib.

  • Passage à la limite du module : Si (un)l(u_n) \to l, alors (un)l(|u_n|) \to |l|.

    Démonstration : D’après l’inégalité triangulaire inversée, on a unlunl||u_n| - |l|| \le |u_n - l|. Comme le terme de droite tend vers 0, celui de gauche aussi.

Exemples

Exemple 1 : Somme et produit

Soit un=1/nu_n = 1/n et vn=2+1/n2v_n = 2 + 1/n^2. On sait que limun=0\lim u_n = 0 et limvn=2\lim v_n = 2.

  • Somme : lim(un+vn)=lim(1/n+2+1/n2)=(limun)+(limvn)=0+2=2\lim (u_n+v_n) = \lim (1/n + 2 + 1/n^2) = (\lim u_n) + (\lim v_n) = 0+2=2.
  • Produit : lim(unvn)=lim(1n(2+1n2))=lim(2n+1n3)=(limun)(limvn)=02=0\lim (u_n v_n) = \lim (\frac{1}{n}(2+\frac{1}{n^2})) = \lim (\frac{2}{n} + \frac{1}{n^3}) = (\lim u_n) \cdot (\lim v_n) = 0 \cdot 2 = 0.

Exemple 2 : Quotient

Calculons la limite de un=3n24in+12n2+5iu_n = \frac{3n^2 - 4in + 1}{2n^2 + 5i}.

On factorise par le terme de plus haut degré au numérateur et au dénominateur :

un=n2(34i/n+1/n2)n2(2+5i/n2)=34i/n+1/n22+5i/n2u_n = \frac{n^2(3 - 4i/n + 1/n^2)}{n^2(2 + 5i/n^2)} = \frac{3 - 4i/n + 1/n^2}{2 + 5i/n^2}

Le numérateur est une somme de suites convergentes : 333 \to 3, 4i/n0-4i/n \to 0 et 1/n201/n^2 \to 0. Donc le numérateur tend vers 3+0+0=33+0+0=3.

Le dénominateur tend vers 2+0=22+0=2.

Comme la limite du dénominateur est non nulle, la limite du quotient est le quotient des limites :

limn+un=32\lim_{n\to+\infty} u_n = \frac{3}{2}

Exemple 3 : Partie réelle et imaginaire

Soit la suite un=nn+1+i(1)nnu_n = \frac{n}{n+1} + i \frac{(-1)^n}{n}.

  • La partie réelle est Re(un)=nn+1=11+1/n\text{Re}(u_n) = \frac{n}{n+1} = \frac{1}{1+1/n}, qui converge vers 1.

  • La partie imaginaire est Im(un)=(1)nn\text{Im}(u_n) = \frac{(-1)^n}{n}. Montrons qu’elle converge vers 0.

    Im(un)0=(1)nn=1n|\text{Im}(u_n) - 0| = |\frac{(-1)^n}{n}| = \frac{1}{n}. Comme 1/n01/n \to 0, on a Im(un)0\text{Im}(u_n) \to 0.

Puisque les parties réelle et imaginaire convergent, la suite (un)(u_n) converge. Sa limite est limRe(un)+ilimIm(un)=1+i0=1\lim \text{Re}(u_n) + i \lim \text{Im}(u_n) = 1 + i \cdot 0 = 1.

Contre-exemples

  1. Formes indéterminées : Les règles ne s’appliquent pas si les opérations mènent à des formes indéterminées. Soit un=nu_n = n et vn=1/nv_n = 1/n. (un)(u_n) et (vn)(v_n) ne convergent pas toutes les deux (la première diverge). On ne peut pas calculer lim(unvn)\lim (u_n v_n) comme (limun)(limvn)(\lim u_n)(\lim v_n). Ici, unvn=1u_n v_n = 1, qui converge vers 1.
  2. Quotient avec limite nulle au dénominateur : Soit un=1u_n = 1 et vn=1/nv_n = 1/n. limun=1\lim u_n = 1 et limvn=0\lim v_n = 0. On ne peut pas appliquer la règle du quotient. La suite un/vn=nu_n/v_n = n diverge.
  3. La réciproque de unl|u_n| \to |l| est fausse : La suite un=(1)nu_n = (-1)^n est divergente. Pourtant, la suite des modules un=1|u_n| = 1 est constante et converge vers l=1|l|=1. La convergence des modules n’implique pas la convergence de la suite.

Concepts Connexes

  • Continuité : Les opérations sur les limites de suites sont à la base de la démonstration des propriétés de la continuité (la somme de deux fonctions continues est continue, etc.) via la caractérisation séquentielle de la continuité.

Applications

  • Calcul de limites : Ces propriétés sont les outils de base pour calculer la plupart des limites de suites, en les décomposant en suites plus simples.
  • Stabilité des calculs numériques : Elles garantissent que si des suites d’approximations convergent, les combiner par des opérations arithmétiques produira de nouvelles suites d’approximations qui convergent également de manière prévisible.

Concept 6 : Comparaison asymptotique de suites (Notations de Landau)

Prérequis

Définition

Les notations de Landau (ou “comparaisons asymptotiques”) permettent de décrire le comportement d’une suite (un)(u_n) par rapport à une autre suite de référence (vn)(v_n) lorsque n+n \to +\infty.

Hypothèse : Soient (un)(u_n) et (vn)(v_n) deux suites complexes, avec vn0v_n \neq 0 à partir d’un certain rang.

  1. Négligeable (petit o) : On dit que unu_n est négligeable devant vnv_n, et on note un=o(vn)u_n = o(v_n), si le quotient unvn\frac{u_n}{v_n} tend vers 0.

    un=o(vn)    limn+unvn=0u_n = o(v_n) \iff \lim_{n\to+\infty} \frac{u_n}{v_n} = 0

    Intuitivement, cela signifie que unu_n devient infiniment plus petite que vnv_n quand nn est grand.

  2. Équivalente : On dit que unu_n est équivalente à vnv_n, et on note unvnu_n \sim v_n, si le quotient unvn\frac{u_n}{v_n} tend vers 1.

    unvn    limn+unvn=1u_n \sim v_n \iff \lim_{n\to+\infty} \frac{u_n}{v_n} = 1

    Intuitivement, unu_n et vnv_n ont le même comportement à l’infini.

  3. Dominée (grand O) : On dit que unu_n est dominée par vnv_n, et on note un=O(vn)u_n = O(v_n), si le quotient unvn\frac{u_n}{v_n} est une suite bornée.

    un=O(vn)    MR+,NN,nN,unvnMu_n = O(v_n) \iff \exists M \in \mathbb{R}_+, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \ge N, \left|\frac{u_n}{v_n}\right| \le M

    Intuitivement, unu_n ne grandit pas plus vite que vnv_n (à un facteur constant près).

Propriétés Clés

  • Liens entre les notations :

    • Si un=o(vn)u_n = o(v_n), alors un=O(vn)u_n = O(v_n). (Une suite qui tend vers 0 est bornée).
    • Si unvnu_n \sim v_n, alors un=O(vn)u_n = O(v_n). (Une suite qui tend vers 1 est bornée).
  • Caractérisation de l’équivalence :

    unvn    unvn=o(vn)u_n \sim v_n \iff u_n - v_n = o(v_n)

    Démonstration : unvnvn=unvn1\frac{u_n - v_n}{v_n} = \frac{u_n}{v_n} - 1. Ce quotient tend vers 0 si et seulement si unvn\frac{u_n}{v_n} tend vers 1.

    On écrit souvent cela sous la forme un=vn+o(vn)u_n = v_n + o(v_n).

  • Cas particuliers avec vn=1v_n = 1 :

    • un=o(1)    limn+un=0u_n = o(1) \iff \lim_{n\to+\infty} u_n = 0.
    • un1    limn+un=1u_n \sim 1 \iff \lim_{n\to+\infty} u_n = 1.
    • un=O(1)    (un)u_n = O(1) \iff (u_n) est bornée.
  • Hiérarchie des suites de référence (croissances comparées) : Pour a>0,bR,r>1,zCa>0, b \in \mathbb{R}, r>1, z \in \mathbb{C}:

    ln(n)=o(na);nb=o(rn);zn=o(n!);n!=o(nn)\ln(n) = o(n^a) \quad ; \quad n^b = o(r^n) \quad ; \quad z^n = o(n!) \quad ; \quad n! = o(n^n)

Exemples

Exemple 1 : Polynômes

Soit un=3n22n+5u_n = 3n^2 - 2n + 5 et vn=n2v_n = n^2.

Le quotient est unvn=3n22n+5n2=32n+5n2\frac{u_n}{v_n} = \frac{3n^2 - 2n + 5}{n^2} = 3 - \frac{2}{n} + \frac{5}{n^2}.

limn+unvn=3\lim_{n\to+\infty} \frac{u_n}{v_n} = 3

  • Le quotient ne tend pas vers 1, donc un≁n2u_n \not\sim n^2. Cependant, un3n21\frac{u_n}{3n^2} \to 1, donc un3n2u_n \sim 3n^2. Un polynôme est équivalent à son monôme de plus haut degré.
  • Le quotient ne tend pas vers 0, donc uno(n2)u_n \neq o(n^2). Par contre, n=o(n2)n = o(n^2) car n/n2=1/n0n/n^2=1/n \to 0.
  • Le quotient tend vers 3, c’est une suite convergente donc bornée. Ainsi, un=O(n2)u_n = O(n^2).

Exemple 2 : Utilisation des développements limités

Considérons un=ln(1+1/n)u_n = \ln(1 + 1/n) et vn=1/nv_n = 1/n.

On sait que pour x0x \to 0, ln(1+x)=x+o(x)\ln(1+x) = x + o(x).

En posant x=1/nx = 1/n, qui tend bien vers 0 quand n+n \to +\infty, on obtient :

ln(1+1/n)=1n+o(1n)\ln(1+1/n) = \frac{1}{n} + o\left(\frac{1}{n}\right)

Ceci est une autre façon d’écrire ln(1+1/n)1/n=o(1/n)\ln(1+1/n) - 1/n = o(1/n). D’après la propriété de l’équivalence, cela signifie :

ln(1+1/n)1n\ln(1+1/n) \sim \frac{1}{n}

Exemple 3 : Grand O

Soit un=3n+sin(n)n2+1u_n = \frac{3n + \sin(n)}{n^2 + 1}. Montrons que un=O(1/n)u_n = O(1/n).

On étudie le quotient un1/n\frac{u_n}{1/n}:

un1/n=nun=3n2+nsin(n)n2+1=3+(sin(n))/n1+1/n2\frac{u_n}{1/n} = n \cdot u_n = \frac{3n^2 + n\sin(n)}{n^2+1} = \frac{3 + (\sin(n))/n}{1 + 1/n^2}

Le numérateur tend vers 3 car (sin(n))/n0(\sin(n))/n \to 0 (théorème des gendarmes). Le dénominateur tend vers 1. Le quotient tend donc vers 3.

Puisque la suite quotient est convergente, elle est bornée. Donc, un=O(1/n)u_n = O(1/n).

Contre-exemples

  1. Équivalence et addition : On n’a pas le droit de sommer les équivalents en général.

    Soit un=n+1u_n = n+1 et vn=nv_n = -n. On a unnu_n \sim n et vnnv_n \sim -n.

    Pourtant, un+vn=1u_n+v_n = 1, et la somme des équivalents n+(n)=0n+(-n)=0. On n’a pas 101 \sim 0.

  2. Fonction exponentielle : On n’a pas le droit de composer avec n’importe quelle fonction.

    n+1nn+1 \sim n. Mais en+1=eene^{n+1} = e \cdot e^n. Le quotient en+1/en=e1e^{n+1}/e^n = e \neq 1. Donc en+1≁ene^{n+1} \not\sim e^n.

Concepts Connexes

  • Développements limités : Ils sont la source principale des relations de négligeabilité et d’équivalence pour les suites qui sont des images d’entiers par des fonctions usuelles.
  • Vitesse de convergence : La notation o(vn)o(v_n) est utilisée pour quantifier la vitesse à laquelle une suite converge. Par exemple, unl=o(1/n)|u_n-l| = o(1/n) signifie que (un)(u_n) converge vers ll “plus vite que” 1/n1/n ne converge vers 0.

Applications

  • Analyse d’algorithmes : La notation OO est fondamentale en informatique pour décrire la complexité d’un algorithme, c’est-à-dire comment son temps d’exécution ou sa mémoire utilisée augmente avec la taille de l’entrée.
  • Calcul de limites : L’utilisation d’équivalents simplifie grandement le calcul de limites de produits ou de quotients. Si ununu_n \sim u'_n et vnvnv_n \sim v'_n, alors limunvn=limunvn\lim \frac{u_n}{v_n} = \lim \frac{u'_n}{v'_n}.
  • Étude de la nature des séries : Les critères de comparaison pour les séries numériques reposent sur les relations oo, OO et \sim.

CONTINUATION_NEEDED: Concepts

  1. Borne supérieure et borne inférieure d’une partie de R\mathbb{R}
  2. Théorèmes de convergence pour les suites réelles
  3. Convergence des suites monotones
  4. Sous-suites (ou suites extraites)
  5. Théorème de Bolzano-Weierstrass
  6. Valeur d’adhérence