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Fonctions continues - fiches de révision (A)

Qu'est-ce que le domaine de définition d'une fonction de plusieurs variables ?

Solution

Le domaine de définition d'une fonction f:DRnRpf: D \subseteq \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p, noté DfD_f, est le plus grand sous-ensemble de Rn\mathbb{R}^n pour lequel l'expression de f(x1,,xn)f(x_1, \dots, x_n) a un sens mathématique. C'est l'ensemble de tous les points pour lesquels la fonction peut être calculée.

Pour le déterminer, on identifie toutes les contraintes mathématiques imposées par l'expression de la fonction. Les plus courantes sont :

  1. Dénominateurs non nuls : Pour une fraction N(x)D(x)\frac{N(x)}{D(x)}, on doit avoir D(x)0D(x) \neq 0.
  2. Arguments de logarithmes strictement positifs : Pour ln(u(x))\ln(u(x)), on doit avoir u(x)>0u(x) > 0.
  3. Arguments de racines carrées positifs ou nuls : Pour u(x)\sqrt{u(x)}, on doit avoir u(x)0u(x) \ge 0.
  4. Autres fonctions : Fonctions comme tan(u(x))\tan(u(x)) ou arcsin(u(x))\arcsin(u(x)) ont aussi des contraintes spécifiques.

Exemple :

Soit la fonction f(x,y)=x1y2f(x, y) = \frac{\sqrt{x-1}}{y-2}.

Les contraintes sont :

  1. L'argument de la racine carrée doit être positif ou nul : x10    x1x-1 \ge 0 \implies x \ge 1.
  2. Le dénominateur doit être non nul : y20    y2y-2 \neq 0 \implies y \neq 2.

Le domaine de définition est donc Df={(x,y)R2x1 et y2}D_f = \{ (x, y) \in \mathbb{R}^2 \mid x \ge 1 \text{ et } y \neq 2 \}. C'est le demi-plan à droite de la droite verticale x=1x=1 (incluse), privé de la droite horizontale y=2y=2.

Comment déterminer le domaine de définition de la fonction f(x,y)=ln(x2+y24)f(x, y) = \ln(x^2 + y^2 - 4) ?

Solution

Pour déterminer le domaine de définition de cette fonction, nous devons identifier et résoudre les contraintes imposées par sa formule.

Étapes :

  1. Identifier la contrainte principale : La fonction utilise un logarithme népérien, ln(u)\ln(u). La seule contrainte est que son argument doit être strictement positif.

    Dans notre cas, l'argument est u(x,y)=x2+y24u(x,y) = x^2 + y^2 - 4.

  2. Poser l'inéquation : Nous devons donc résoudre l'inéquation :

    x2+y24>0x^2 + y^2 - 4 > 0

  3. Résoudre l'inéquation : En réarrangeant les termes, on obtient :

    x2+y2>4x^2 + y^2 > 4

  4. Interpréter géométriquement : L'équation x2+y2=4x^2 + y^2 = 4 représente le cercle de centre (0,0)(0,0) et de rayon r=4=2r = \sqrt{4} = 2. L'inéquation x2+y2>4x^2 + y^2 > 4 représente donc l'ensemble de tous les points (x,y)(x,y) du plan qui sont situés à l'extérieur de ce cercle.

Conclusion :

Le domaine de définition de ff est l'ensemble des points du plan situés à l'extérieur du cercle de centre l'origine et de rayon 2.

Df={(x,y)R2x2+y2>4}D_f = \{ (x, y) \in \mathbb{R}^2 \mid x^2 + y^2 > 4 \}

Qu'est-ce que la limite d'une fonction de plusieurs variables ?

Solution

Soit ff une fonction définie sur un domaine DRnD \subset \mathbb{R}^n et zz un point adhérent à DD. On dit que f(x)f(x) tend vers une limite lRpl \in \mathbb{R}^p quand xx tend vers zz si on peut rendre f(x)f(x) aussi proche que l'on veut de ll à condition de prendre xx suffisamment proche de zz.

Formellement, avec la notation εδ\varepsilon-\delta :

ε>0,δ>0:xD,(d(x,z)<δ    d(f(x),l)<ε)\forall \varepsilon > 0, \exists \delta > 0 : \forall x \in D, (d(x, z) < \delta \implies d(f(x), l) < \varepsilon)

Explication intuitive :

  • ε\varepsilon est la marge d'erreur tolérée à l'arrivée : "Je veux que f(x)f(x) soit à une distance de ll inférieure à ε\varepsilon".
  • δ\delta est la condition de proximité au départ : "Si vous prenez n'importe quel xx à une distance de zz inférieure à δ\delta, alors je vous garantis que f(x)f(x) respectera la marge ε\varepsilon".

Une propriété fondamentale est que cette définition ne dépend pas de la norme choisie dans Rn\mathbb{R}^n ou Rp\mathbb{R}^p.

Caractérisation séquentielle (souvent plus simple en pratique) :

limxzf(x)=l\lim_{x\to z} f(x) = l si et seulement si pour toute suite (xk)(x^k) de points de DD qui converge vers zz, la suite des images (f(xk))(f(x^k)) converge vers ll.

Comment prouver qu'une limite d'une fonction de plusieurs variables n'existe pas ?

Solution

Pour qu'une limite existe en un point zz, la valeur de la limite doit être la même quel que soit le chemin par lequel on s'approche de zz. Contrairement aux fonctions d'une variable (où il n'y a que la gauche et la droite), dans Rn\mathbb{R}^n avec n2n \ge 2, il y a une infinité de chemins possibles (droites, paraboles, etc.).

Pour prouver que la limite n'existe pas, il suffit de trouver deux chemins d'approche différents qui mènent à deux limites différentes.

Étapes :

  1. Choisir un premier chemin simple : Souvent une droite, comme l'axe des abscisses (y=0y=0) ou l'axe des ordonnées (x=0x=0). On calcule la limite le long de ce chemin.
  2. Choisir un deuxième chemin : Une autre droite (par ex. y=xy=x ou plus généralement y=mxy=mx) ou une courbe (par ex. une parabole y=x2y=x^2). On calcule la limite le long de ce nouveau chemin.
  3. Comparer les résultats : Si les deux limites calculées sont différentes, alors la limite globale n'existe pas.

Exemple : Montrer que lim(x,y)(0,0)xyx2+y2\lim_{(x,y) \to (0,0)} \frac{xy}{x^2 + y^2} n'existe pas.

  • Chemin 1 (axe des x, y=0y=0) :

    Pour x0x \neq 0, la fonction devient f(x,0)=x0x2+02=0f(x, 0) = \frac{x \cdot 0}{x^2 + 0^2} = 0.

    La limite le long de ce chemin est limx00=0\lim_{x \to 0} 0 = 0.

  • Chemin 2 (droite y=xy=x) :

    Pour x0x \neq 0, la fonction devient f(x,x)=xxx2+x2=x22x2=12f(x, x) = \frac{x \cdot x}{x^2 + x^2} = \frac{x^2}{2x^2} = \frac{1}{2}.

    La limite le long de ce chemin est limx012=12\lim_{x \to 0} \frac{1}{2} = \frac{1}{2}.

Comme 0120 \neq \frac{1}{2}, la limite en (0,0)(0,0) n'existe pas.

Quelles sont les conditions équivalentes pour qu'une fonction ff soit continue en un point aa ?

Solution

Soit f:DRnRpf: D \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p une fonction et aa un point de DD. On dit que ff est continue en aa si l'une des trois conditions équivalentes suivantes est vérifiée :

  1. Définition avec la limite : C'est la plus intuitive. La fonction doit avoir une limite en aa et cette limite doit être exactement la valeur de la fonction en aa.

    limxaf(x)=f(a)\lim_{x\to a} f(x) = f(a)

  2. Définition avec εδ\varepsilon-\delta : C'est la définition formelle. Elle est très similaire à celle de la limite, mais la limite ll est remplacée par f(a)f(a).

    ε>0,δ>0:xD,(d(x,a)<δ    d(f(x),f(a))<ε)\forall \varepsilon > 0, \exists \delta > 0 : \forall x \in D, (d(x, a) < \delta \implies d(f(x), f(a)) < \varepsilon)

  3. Caractérisation séquentielle : Très utile pour prouver la continuité ou la non-continuité. Pour toute suite de points (xk)(x^k) qui converge vers aa, la suite des images (f(xk))(f(x^k)) doit converger vers l'image de aa, c'est-à-dire f(a)f(a).

    ((xk)DN,limkxk=a)    (limkf(xk)=f(a))( \forall (x^k) \in D^{\mathbb{N}}, \lim_{k\to\infty} x^k = a ) \implies ( \lim_{k\to\infty} f(x^k) = f(a) )

Si les fonctions partielles d'une fonction f(x,y)f(x,y) sont continues, la fonction ff est-elle nécessairement continue ?

Solution

Non, absolument pas. C'est un piège classique. La continuité des fonctions partielles est une condition nécessaire mais non suffisante pour la continuité de la fonction de plusieurs variables.

La continuité en un point (x0,y0)(x_0, y_0) signifie que la fonction se comporte bien dans toutes les directions simultanément, et pas seulement le long des axes parallèles aux axes de coordonnées.

Contre-exemple classique :

Considérons la fonction f:R2Rf: \mathbb{R}^2 \to \mathbb{R} définie par :

f(x,y)={xyx2+y2si (x,y)(0,0)0si (x,y)=(0,0)f(x, y) = \begin{cases} \frac{xy}{x^2 + y^2} & \text{si } (x, y) \neq (0, 0) \\ 0 & \text{si } (x, y) = (0, 0) \end{cases}

Étudions les fonctions partielles en (0,0)(0,0) :

  1. Fonction partielle en xx (on fixe y=0y=0) :

    xf(x,0)=x0x2+02=0x \mapsto f(x, 0) = \frac{x \cdot 0}{x^2+0^2} = 0. C'est la fonction nulle, qui est continue partout.

  2. Fonction partielle en yy (on fixe x=0x=0) :

    yf(0,y)=0y02+y2=0y \mapsto f(0, y) = \frac{0 \cdot y}{0^2+y^2} = 0. C'est aussi la fonction nulle, continue partout.

Les deux fonctions partielles sont donc continues en (0,0)(0,0).

Cependant, comme nous l'avons vu précédemment, la limite de f(x,y)f(x,y) en (0,0)(0,0) n'existe pas (elle vaut 0 le long des axes mais 1/21/2 le long de la droite y=xy=x). Puisque la limite n'existe pas, la fonction ff n'est pas continue en (0,0)(0,0), bien que ses fonctions partielles le soient.

Quelles sont les propriétés de stabilité de la continuité par rapport aux opérations usuelles ?

Solution

Les fonctions continues se comportent très bien avec les opérations algébriques et la composition. Ces propriétés permettent de construire des fonctions continues complexes à partir de fonctions continues simples.

Soient f,g:DRnRpf, g: D \subset \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p deux fonctions continues en un point aDa \in D.

  1. Stabilité par combinaison linéaire : Pour tous scalaires λ,μR\lambda, \mu \in \mathbb{R}, la fonction λf+μg\lambda f + \mu g est continue en aa. L'ensemble des fonctions continues est un espace vectoriel.

  2. Stabilité par produit (pour p=1p=1) : Si les fonctions sont à valeurs réelles (f,g:DRf, g: D \to \mathbb{R}), alors le produit fgf \cdot g est continu en aa.

  3. Stabilité par quotient (pour p=1p=1) : Si les fonctions sont à valeurs réelles et si g(a)0g(a) \neq 0, alors la fonction f/gf/g est continue en aa.

  4. Stabilité par composition : Si f:RnRpf: \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p est continue en aa, et g:RpRrg: \mathbb{R}^p \to \mathbb{R}^r est continue en f(a)f(a), alors la fonction composée gfg \circ f est continue en aa.

Exemple d'application :

La fonction h(x,y)=exp(sin(xy))h(x, y) = \exp(\sin(xy)) est continue sur R2\mathbb{R}^2.

  • Les projections (x,y)x(x,y) \mapsto x et (x,y)y(x,y) \mapsto y sont continues.
  • Leur produit xyxy est continu.
  • sin(t)\sin(t) est continue, donc par composition, sin(xy)\sin(xy) est continue.
  • exp(u)\exp(u) est continue, donc par composition, exp(sin(xy))\exp(\sin(xy)) est continue.

Quand dit-on qu'une fonction est "prolongeable par continuité" en un point ?

Solution

Soit une fonction ff définie sur un domaine DD, et soit zz un point qui n'est pas dans DD mais qui est "au bord" de DD (un point adhérent à DD).

On dit que ff est prolongeable par continuité en zz s'il est possible de définir une valeur pour ff en zz de telle manière que la nouvelle fonction obtenue, notée f~\tilde{f}, soit continue en zz.

Condition d'existence et unicité :

Une fonction ff admet un prolongement continu en zz si et seulement si la limite limxzf(x)\lim_{x\to z} f(x) existe et est finie.

Si cette limite existe et vaut \ell, alors le prolongement par continuité est unique et est défini par :

f~(x)={f(x)si xD,si x=z.\tilde{f}(x) = \begin{cases} f(x) & \text{si } x \in D, \\ \ell & \text{si } x = z. \end{cases}

Exemple :

La fonction f(x,y)=x2yx2+y2f(x, y) = \frac{x^2 y}{x^2 + y^2} est définie sur D=R2{(0,0)}D = \mathbb{R}^2 \setminus \{(0,0)\}.

On a montré que lim(x,y)(0,0)f(x,y)=0\lim_{(x,y) \to (0,0)} f(x,y) = 0.

La limite existe et est finie. Donc, ff est prolongeable par continuité en (0,0)(0,0). Son prolongement est :

f~(x,y)={x2yx2+y2si (x,y)(0,0)0si (x,y)=(0,0)\tilde{f}(x, y) = \begin{cases} \frac{x^2 y}{x^2 + y^2} & \text{si } (x, y) \neq (0, 0) \\ 0 & \text{si } (x, y) = (0, 0) \end{cases}

Cette fonction f~\tilde{f} est continue sur R2\mathbb{R}^2.

Comment la continuité est-elle caractérisée par les ensembles ouverts et fermés ?

Solution

La continuité d'une fonction f:RnRpf : \mathbb{R}^n \to \mathbb{R}^p peut être décrite globalement par la manière dont elle interagit avec la structure topologique (les ensembles ouverts et fermés) des espaces de départ et d'arrivée.

Les trois affirmations suivantes sont équivalentes :

(i) ff est continue sur Rn\mathbb{R}^n.

(ii) Pour tout ensemble ouvert VV de Rp\mathbb{R}^p, son image réciproque f1(V)f^{-1}(V) est un ensemble ouvert de Rn\mathbb{R}^n.

(iii) Pour tout ensemble fermé FF de Rp\mathbb{R}^p, son image réciproque f1(F)f^{-1}(F) est un ensemble fermé de Rn\mathbb{R}^n.

Rappel : L'image réciproque de BRpB \subset \mathbb{R}^p est f1(B)={xRnf(x)B}f^{-1}(B) = \{ x \in \mathbb{R}^n \mid f(x) \in B \}.

Cette caractérisation est très puissante pour prouver qu'un ensemble est ouvert ou fermé.

Exemple : Montrer que l'ensemble E={(x,y)R2cos(xy)1/2}E = \{ (x, y) \in \mathbb{R}^2 \mid \cos(xy) \le 1/2 \} est un fermé.

  1. Considérons la fonction f(x,y)=cos(xy)f(x,y) = \cos(xy). C'est une fonction continue sur R2\mathbb{R}^2.

  2. L'ensemble EE peut s'écrire E={(x,y)f(x,y)],1/2]}E = \{ (x,y) \mid f(x,y) \in ]-\infty, 1/2] \}.

  3. C'est donc l'image réciproque par ff de l'intervalle F=],1/2]F = ]-\infty, 1/2].

    E=f1(F)E = f^{-1}(F)

  4. L'intervalle FF est un fermé de R\mathbb{R}. Comme ff est continue, son image réciproque EE est un fermé de R2\mathbb{R}^2.

Attention : Cette propriété ne s'applique qu'à l'image réciproque. L'image directe d'un ouvert par une fonction continue n'est pas forcément un ouvert.

Qu'énonce le théorème sur l'image d'un ensemble compact par une fonction continue ?

Solution

Ce théorème fondamental stipule que la propriété de compacité est préservée par les applications continues.

Théorème : L'image d'une partie compacte par une fonction continue est une partie compacte.

Plus formellement :

Soit KK une partie compacte de Rn\mathbb{R}^n et f:KRpf : K \to \mathbb{R}^p une fonction continue. Alors l'ensemble image f(K)f(K) est une partie compacte de Rp\mathbb{R}^p.

Implication pratique :

Rappelons que dans Rn\mathbb{R}^n, un ensemble est compact si et seulement s'il est fermé et borné. Le théorème signifie donc que si vous prenez un ensemble de départ fermé et borné et que vous lui appliquez une fonction continue, l'ensemble d'arrivée que vous obtiendrez sera également fermé et borné.

Exemple :

Soit γ:[0,2π]R2\gamma: [0, 2\pi] \to \mathbb{R}^2 la fonction définie par γ(t)=(cos(t),sin(t))\gamma(t) = (\cos(t), \sin(t)).

  • Le domaine de départ, l'intervalle K=[0,2π]K = [0, 2\pi], est un compact de R\mathbb{R} (car fermé et borné).
  • La fonction γ\gamma est continue.
  • Le théorème nous assure que l'image, γ(K)\gamma(K), est un compact de R2\mathbb{R}^2.

En effet, l'image est le cercle unité, qui est bien un ensemble fermé et borné dans R2\mathbb{R}^2.

Qu'énonce le Théorème des bornes atteintes (ou Théorème de Weierstrass) ?

Solution

Ce théorème garantit l'existence d'un minimum et d'un maximum globaux pour une fonction continue définie sur un compact.

Théorème :

Soit KK une partie compacte et non vide de Rn\mathbb{R}^n et f:KRf : K \to \mathbb{R} une fonction continue à valeurs réelles.

Alors ff est bornée sur KK et atteint ses bornes. Cela signifie qu'il existe des points aKa \in K et bKb \in K tels que :

f(a)=infxKf(x)=minxKf(x)f(a) = \inf_{x \in K} f(x) = \min_{x \in K} f(x)

f(b)=supxKf(x)=maxxKf(x)f(b) = \sup_{x \in K} f(x) = \max_{x \in K} f(x)

Explication :

Les deux hypothèses sont cruciales :

  1. Le domaine KK doit être compact (fermé et borné).
  2. La fonction ff doit être continue sur KK.

Si ces conditions sont remplies, le théorème nous assure non seulement que la fonction ne peut pas "partir vers l'infini" (elle est bornée), mais aussi que son minimum et son maximum existent et sont des valeurs effectivement prises par la fonction en des points du domaine.

Exemple d'application (Optimisation) :

Soit f(x,y)=x22xy+3y2f(x,y) = x^2 - 2xy + 3y^2 sur le disque unité fermé K={(x,y)R2x2+y21}K = \{ (x,y) \in \mathbb{R}^2 \mid x^2+y^2 \le 1 \}.

  • Le domaine KK est compact.
  • La fonction ff est un polynôme, donc elle est continue.

Le théorème nous garantit l'existence d'un point (x0,y0)K(x_0, y_0) \in Kff atteint son maximum global, et d'un point (x1,y1)K(x_1, y_1) \in K où elle atteint son minimum global. Le théorème ne donne pas la valeur de ces points, mais il prouve leur existence.

Qu'est-ce qu'un ensemble "connexe par arcs" ?

Solution

Intuitivement, un ensemble connexe par arcs est un ensemble "d'un seul tenant", dans lequel on peut se déplacer d'un point à un autre sans jamais quitter l'ensemble.

Définition formelle :

Une partie AA de Rn\mathbb{R}^n est dite connexe par arcs si pour tout couple de points (a,b)(a, b) dans AA, il existe une application continue γ:[0,1]A\gamma : [0, 1] \to A, appelée un chemin (ou un arc), telle que :

  • γ(0)=a\gamma(0) = a (le point de départ)
  • γ(1)=b\gamma(1) = b (le point d'arrivée)

La condition importante est que l'image du chemin, γ([0,1])\gamma([0,1]), est entièrement contenue dans AA.

Exemples :

  • Tout ensemble convexe (comme une boule, un carré, ou Rn\mathbb{R}^n entier) est connexe par arcs. On peut toujours relier deux points par le segment de droite qui les joint.
  • Une sphère ou un tore sont des exemples d'ensembles connexes par arcs mais non convexes.
  • Le plan privé de l'origine, R2{(0,0)}\mathbb{R}^2 \setminus \{(0,0)\}, est connexe par arcs.

Contre-exemple :

L'union de deux disques disjoints n'est pas connexe par arcs. Il est impossible de tracer un chemin continu d'un disque à l'autre sans sortir de l'ensemble.

Propriété importante (Généralisation du TVI) :

L'image d'un ensemble connexe par arcs par une fonction continue à valeurs réelles est un intervalle.

Quelle est la différence entre la continuité simple et la continuité uniforme ?

Solution

La continuité uniforme est une forme plus forte de continuité. La différence réside dans la manière dont le paramètre δ\delta est choisi par rapport à ε\varepsilon et au point considéré.

Continuité simple (point par point) sur DD :

aD,ε>0,δ>0:xD,(d(x,a)<δ    d(f(x),f(a))<ε)\forall a \in D, \forall \varepsilon > 0, \exists \delta > 0 : \forall x \in D, (d(x, a) < \delta \implies d(f(x), f(a)) < \varepsilon)

Ici, δ\delta dépend de ε\varepsilon et du point aa. Si la fonction a une pente très forte en un point aa, il faudra un δ\delta très petit. En un autre point bb où la fonction est plus "plate", un δ\delta plus grand pourrait convenir pour le même ε\varepsilon.

On écrit : δ=δ(ε,a)\delta = \delta(\varepsilon, a).

Continuité uniforme sur DD :

ε>0,δ>0:xD,yD,(d(x,y)<δ    d(f(x),f(y))<ε)\forall \varepsilon > 0, \exists \delta > 0 : \forall x \in D, \forall y \in D, (d(x, y) < \delta \implies d(f(x), f(y)) < \varepsilon)

Ici, le δ\delta ne dépend que de ε\varepsilon. On trouve un δ\delta "universel" qui fonctionne pour n'importe quelle paire de points (x,y)(x,y) dans tout le domaine DD.

On écrit : δ=δ(ε)\delta = \delta(\varepsilon).

Intuition :

Une fonction est uniformément continue si son "degré d'oscillation" est contrôlé de la même manière partout sur son domaine. Elle ne peut pas devenir "arbitrairement raide".

Exemple :

  • f(x)=xf(x) = x est uniformément continue sur R\mathbb{R}.
  • g(x)=x2g(x) = x^2 est continue sur R\mathbb{R} mais pas uniformément continue, car sa pente devient de plus en plus raide à mesure que x|x| augmente.

Qu'affirme le Théorème de Heine ?

Solution

Le Théorème de Heine établit un lien puissant entre la continuité simple, la continuité uniforme et la compacité du domaine de définition.

Théorème de Heine :

Toute fonction continue sur une partie compacte est uniformément continue sur cette partie.

Plus formellement :

Soit KK une partie compacte de Rn\mathbb{R}^n et f:KRpf : K \to \mathbb{R}^p une fonction continue sur KK. Alors ff est uniformément continue sur KK.

Signification :

Ce théorème nous dit que sur un domaine "idéal" (c'est-à-dire compact : fermé et borné), la notion plus faible de continuité simple est automatiquement promue en la notion plus forte de continuité uniforme.

Les problèmes qui empêchent la continuité uniforme (pentes qui tendent vers l'infini ou oscillations infiniment rapides) ne peuvent pas se produire pour une fonction continue sur un domaine compact.

Exemples d'application :

  • La fonction f(x)=x2f(x) = x^2 n'est pas uniformément continue sur R\mathbb{R} (non compact). Cependant, sur tout intervalle fermé et borné comme [M,M][-M, M] (qui est compact), ff est uniformément continue d'après le théorème de Heine.
  • La fonction g(x)=sin(1/x)g(x) = \sin(1/x) n'est pas uniformément continue sur ]0,1]]0, 1] (non compact). Mais si on la considère sur [ε,1][\varepsilon, 1] avec ε>0\varepsilon > 0 (qui est compact), alors elle y est uniformément continue.

Ce théorème est essentiel, par exemple, pour démontrer que toute fonction continue sur un intervalle [a,b][a,b] est intégrable au sens de Riemann.