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Planarité (A)
Concept 1 : Graphes Planaires et Dessins Plans
Prérequis
- Définition d’un graphe (sommets et arêtes).
- Notion de sous-graphe.
- Intersection d’ensembles.
- Topologie de base de (point, courbe).
Définition
Il est crucial de distinguer le graphe (objet abstrait) de sa représentation graphique.
Un dessin plan d’un graphe est une représentation géométrique de ce graphe dans le plan telle que :
- Les sommets sont des points distincts du plan.
- Les arêtes sont des courbes (arcs) reliant les points correspondants aux sommets.
- L’intersection de deux arêtes distinctes est vide, sauf éventuellement à leurs extrémités (les sommets). Autrement dit, les arêtes ne se croisent pas.
Un graphe est dit planaire s’il admet (s’il existe) un dessin plan.
Propriétés Clés
- Existence vs Représentation : Un graphe peut être planaire même si l’on en dessine une version avec des croisements. La propriété d’être “planaire” signifie qu’il est possible de le redessiner sans croisement.
- Topologie : La définition formelle repose sur des arcs (images injectives continues de dans ).
Exemples
Exemple 1 : Le graphe complet
Le graphe complet à 4 sommets, , est planaire.
On peut le dessiner comme un carré avec ses deux diagonales.
- Si on trace les diagonales à l’intérieur du carré, elles se croisent. Ce dessin n’est pas un dessin plan.
- Cependant, on peut déplacer une des diagonales à l’extérieur du carré pour relier les deux sommets opposés. Ce nouveau dessin n’a aucun croisement. Puisqu’il existe un tel dessin, est planaire.
Exemple 2 : Les arbres
Tout arbre (graphe connexe sans cycle) est un graphe planaire. On peut toujours dessiner un arbre dans le plan sans que ses branches ne se croisent.
Exemple 3 : Cycles
Un cycle simple (avec ) est toujours planaire. Il se dessine comme un polygone à côtés.
Contre-exemples
- Dessin non-plan d’un graphe planaire : Dessiner un cycle comme un “8” (un sablier) crée un croisement au centre. Ce n’est pas un dessin plan, mais le graphe reste planaire car on peut le dessiner comme un carré.
- Graphes non planaires : Certains graphes ne peuvent jamais être dessinés sans croisements, quelle que soit la façon dont on s’y prend (voir concepts suivants sur et ).
Concepts Liés
- Faces (régions définies par le dessin plan).
- Théorème de Kuratowski (critère de planarité).
- Immersion de graphes.
Applications
- Conception de circuits imprimés (PCB) : Éviter que les pistes conductrices ne se croisent pour éviter les courts-circuits (sur une seule couche).
- Cartographie : Représentation de frontières entre pays.
Concept 2 : Théorème de la Courbe de Jordan
Prérequis
- Notion de continuité et d’injectivité.
- Notion de connexité.
Définition
Pour formaliser la planarité, on utilise des concepts de topologie.
Une courbe de Jordan est un arc fermé simple dans le plan. C’est l’image d’une fonction continue injective telle que (les extrémités se rejoignent), et injective sur (elle ne se recoupe pas elle-même).
Le Théorème de la courbe de Jordan affirme que toute courbe de Jordan divise le plan (son complémentaire) en exactement deux parties connexes disjointes :
- L’intérieur d’ (borné).
- L’extérieur d’ (non borné).
De plus, est la frontière commune de ces deux parties.
Propriétés Clés
- Frontière infranchissable : Tout arc continu joignant un point de l’intérieur à un point de l’extérieur doit nécessairement croiser la courbe .
- Fondamental pour les graphes : Ce théorème justifie rigoureusement la notion de “face” et prouve pourquoi certaines arêtes (cordes) entrent en conflit dans un cycle.
Exemples
Exemple 1 : Un cercle
Le cercle unité est une courbe de Jordan.
- L’intérieur est le disque ouvert .
- L’extérieur est la région .
- Impossible d’aller de l’origine au point sans traverser le cercle.
Exemple 2 : Un cycle dans un graphe
Dans un dessin plan d’un graphe, tout cycle constitue une courbe de Jordan. Si un sommet est dessiné à l’intérieur du cycle et un sommet à l’extérieur, toute arête devra croiser le cycle. Si le graphe ne contient pas le sommet d’intersection, l’arête ne peut pas exister sans violer la planarité.
Contre-exemples
- Le chiffre 8 : Une courbe en forme de 8 n’est pas une courbe de Jordan car elle n’est pas simple (elle se croise elle-même au centre). Elle divise le plan en 3 régions (deux boucles internes et l’extérieur).
- Un segment de droite : Ce n’est pas une courbe fermée, donc il ne définit pas un intérieur et un extérieur.
Concepts Liés
- Conflit de cordes (utilisé pour prouver la non-planarité).
- Dualité de graphes.
Concept 3 : Obstructions Fondamentales ( et )
Prérequis
- Graphes complets .
- Graphes bipartis complets .
- Théorème de la courbe de Jordan.
Définition
Il existe deux graphes fondamentaux qui ne sont pas planaires. Ils représentent les structures minimales impossibles à dessiner sans croisement.
- : Le graphe complet à 5 sommets. (5 sommets, toutes les paires reliées, 10 arêtes).
- : Le graphe biparti complet avec deux partitions de 3 sommets. (3 sommets “gauche”, 3 sommets “droite”, toutes les connexions gauche-droite, 9 arêtes).
Propriétés Clés
- Conflit de cordes : La preuve de leur non-planarité repose sur l’impossibilité de placer les arêtes (cordes) d’un cycle couvrant sans qu’elles ne se croisent.
- Dans un cycle, deux cordes sont en conflit si leurs extrémités s’alternent sur le cycle. Si elles sont en conflit, l’une doit être à l’intérieur, l’autre à l’extérieur.
- Saturation :
- possède 3 cordes en conflit deux à deux. On ne peut en mettre au plus qu’une dedans et une dehors (total 2), mais il en faut 3.
- possède 5 cordes avec des contraintes d’incompatibilité qui limitent le placement à 2 dedans et 2 dehors, ce qui est insuffisant.
Exemples
Exemple 1 : Tentative de dessin de
Imaginez 3 maisons et 3 usines (eau, gaz, électricité). On veut relier chaque maison à chaque usine sans que les tuyaux ne se croisent.
- Formons un cycle passant par Maison 1 - Eau - Maison 2 - Gaz - Maison 1.
- La Maison 3 et l’Électricité doivent être placées.
- Le théorème de Jordan montre que peu importe où on les place (intérieur ou extérieur du cycle), il y aura forcément un croisement pour relier la dernière paire.
Exemple 2 : Tentative de dessin de
Dessinez un pentagone (les 5 sommets reliés en cycle). Il reste à dessiner les diagonales (formant une étoile).
On peut dessiner certaines diagonales à l’intérieur du pentagone, mais elles finiront par se croiser. Si on essaie d’en faire passer une à l’extérieur, elle bloquera l’accès pour les autres. Il y aura toujours au moins un croisement.
Contre-exemples
- : Comme vu précédemment, est planaire. L’ajout d’un seul sommet connecté à tous les autres transforme en et brise la planarité.
- : Un graphe biparti avec 2 sommets d’un côté et 3 de l’autre est planaire.
Concepts Liés
- Théorème de Kuratowski.
- Mineurs de graphes.
Concept 4 : Subdivision et Théorème de Kuratowski
Prérequis
- Isomorphisme de graphes.
- et (obstructions).
Définition
Subdivision élémentaire :
Soit un graphe et une arête. La subdivision de cette arête consiste à ajouter un nouveau sommet et à remplacer l’arête par deux arêtes et .
Le nouveau graphe est .
Subdivision d’un graphe :
Un graphe est une subdivision de s’il est obtenu par une suite de subdivisions d’arêtes successives à partir de . Intuitivement, on ajoute des sommets le long des arêtes.
Théorème de Kuratowski (10.4) :
Un graphe est planaire si et seulement s’il ne contient pas de sous-graphe isomorphe à une subdivision de ou de .
Propriétés Clés
- Caractérisation complète : Ce théorème donne une condition nécessaire et suffisante pour la planarité.
- Conservation de la non-planarité : Si un graphe n’est pas planaire, ajouter des sommets au milieu de ses arêtes (subdivision) ne le rendra pas planaire. Les croisements sont topologiques.
Exemples
Exemple 1 : Subdivision de
Prenons . Si on ajoute un sommet au milieu d’une de ses 9 arêtes, le graphe résultant n’est toujours pas planaire. Selon Kuratowski, si un grand graphe contient cette structure, le grand graphe n’est pas planaire.
Exemple 2 : Détection de non-planarité
Soit un graphe . Si en supprimant quelques arêtes et sommets (prise de sous-graphe), et en “lissant” les sommets de degré 2 (opération inverse de la subdivision), on obtient , alors n’est pas planaire.
Contre-exemples
- Un graphe peut contenir un subdivisé et rester planaire (car est planaire). La condition de Kuratowski concerne spécifiquement et .
Concepts Liés
- Homéomorphisme de graphes.
- Mineurs interdits (Théorème de Wagner, variation de Kuratowski).
Concept 5 : Formule d’Euler
Prérequis
- Graphe planaire connexe.
- Composantes connexes.
- Récurrence.
Définition
Soit un dessin plan d’un graphe planaire. Les faces sont les composantes connexes du complément du dessin dans le plan .
- Il y a toujours exactement une face externe (la région non bornée).
- Les autres sont des faces internes (bornées).
Théorème (Formule d’Euler) :
Soit un graphe planaire connexe avec :
- (nombre de sommets)
- (nombre d’arêtes)
- le nombre de faces du dessin.
Alors :
Propriétés Clés
- Invariance : Peu importe comment on dessine le graphe (tant que c’est un dessin plan), le nombre de faces sera toujours le même pour un et donnés.
- Incidence : Une arête sépare deux faces (si elle est dans un cycle) ou est dans une seule face (si c’est un “pont” ou une branche d’arbre).
- Arbres : Pour un arbre, . La formule donne . Un arbre a une seule face (l’externe).
Exemples
Exemple 1 : Le Carré (Cycle )
- Sommets .
- Arêtes .
- Faces : 1 interne (le carré) + 1 externe = 2 faces ().
- Vérification : . Correct.
Exemple 2 : Le Tétraèdre ( planaire)
Imaginez le dessin plan de (un triangle avec un point central relié aux 3 coins).
- Sommets .
- Arêtes .
- Faces : 3 petits triangles internes + 1 grand triangle externe (le contour) = 4 faces ().
- Vérification : . Correct.
Exemple 3 : Deux triangles collés par une arête
- Sommets .
- Arêtes (le tour + la diagonale).
- Faces : 2 triangles internes + 1 externe = 3 faces ().
- Vérification : . Correct.
Contre-exemples
- Graphe non connexe : Si le graphe a composantes connexes, la formule devient . La formule standard ne s’applique pas directement (le “2” suppose la connexité ).
- Graphe non planaire : La notion de “face” n’est pas définie de la même manière si les arêtes se croisent hors des sommets.
Concepts Liés
- Polyèdres (La formule d’Euler pour les polyèdres convexes ).
- Dual planaire.
Concept 6 : Densité d’Arêtes dans les Graphes Planaires
Prérequis
- Formule d’Euler.
- Notion de frontière de face (parcours fermé).
- Graphe simple (pas de boucles, pas d’arêtes multiples).
Définition
Pour un graphe planaire simple, il existe une limite maximale au nombre d’arêtes par rapport au nombre de sommets. Si un graphe a trop d’arêtes, il ne peut pas être planaire.
Corollaire 10.8 :
Soit un graphe planaire avec sommets. Alors :
Ou simplement : .
Propriétés Clés
- Triangulation : L’égalité est atteinte lorsque toutes les faces sont des triangles (graphes triangulés maximaux).
- Condition Nécessaire : Si un graphe ne respecte pas cette inégalité, il n’est pas planaire. (Attention : respecter l’inégalité ne garantit pas la planarité).
- Démonstration : Repose sur le fait que chaque face est bordée par au moins 3 arêtes () et la formule d’Euler.
Exemples
Exemple 1 : Test de non-planarité de
Pour , nous avons et .
Calculons la borne maximale : .
Or, le nombre d’arêtes est .
Puisque , l’inégalité n’est pas respectée. Donc n’est pas planaire.
Exemple 2 : Graphe planaire dense
Considérons . .
Borne : .
Ici . L’inégalité tient, ce qui est cohérent avec le fait que est planaire.
Exemple 3 : (Piège)
Pour , .
Borne : .
On a . L’inégalité est respectée, pourtant n’est pas planaire.
Note : Pour les graphes bipartis (sans triangles), on a une inégalité plus forte . Pour : , ce qui prouverait sa non-planarité.
Contre-exemples
- Un graphe avec et respecte , mais pourrait contenir un sous-graphe non planaire (ex: une subdivision de ). L’inégalité n’est pas une condition suffisante.
Concepts Liés
- Degré moyen.
- Graphes clairsemés.
Concept 7 : Coloration des Graphes Planaires
Prérequis
- Définition de la coloration de graphe (assigner une couleur à chaque sommet telle que deux voisins aient des couleurs différentes).
- Degré d’un sommet.
- Lemme des poignées de mains ().
- Densité d’arêtes ().
Définition
Les théorèmes de coloration pour les graphes planaires déterminent le nombre minimal de couleurs nécessaires pour colorier n’importe quel graphe planaire.
- Propriété du degré (Corollaire 10.9) : Tout graphe planaire possède au moins un sommet de degré inférieur ou égal à 5 ().
- Théorème des 6-couleurs (10.10) : Tout graphe planaire est 6-coloriable.
- Théorème des 4-couleurs (10.11) : Tout graphe planaire est 4-coloriable (résultat célèbre et difficile).
Propriétés Clés
- Preuve par récurrence (6 couleurs) : On retire le sommet de degré . On colorie le reste (récurrence). Comme a au plus 5 voisins, il reste au moins une couleur libre parmi les 6 pour .
- Complexité : Le théorème des 4 couleurs a nécessité une preuve assistée par ordinateur (Appel et Haken, 1976), vérifiant plus de 1500 configurations.
Exemples
Exemple 1 : Carte géographique
Imaginez une carte où les pays sont les sommets et les frontières communes sont les arêtes. C’est un graphe planaire. Le théorème des 4 couleurs dit qu’on peut colorier la carte avec seulement 4 couleurs sans que deux pays voisins aient la même couleur.
Exemple 2 : Coloration de
est planaire. Chaque sommet est relié aux 3 autres. Il faut donc 4 couleurs distinctes. C’est l’exemple qui montre qu’on ne peut pas descendre en dessous de 4 (3 couleurs ne suffisent pas).
Exemple 3 : Preuve de 6-coloration (Mécanisme)
Soit un graphe planaire . On trouve un sommet avec .
On suppose que est colorié. Les voisins de utilisent au maximum 5 couleurs (disons Bleu, Rouge, Vert, Jaune, Noir).
On dispose d’une 6ème couleur (Blanc) pour colorier . Cela marche toujours.
Contre-exemples
- nécessite 5 couleurs, mais il n’est pas planaire. Cela ne contredit pas le théorème (qui ne s’applique qu’aux graphes planaires).
Concepts Liés
- Nombre chromatique .
- Algorithmes gloutons de coloration.
Applications
- Allocation de registres : Dans la compilation informatique, si le graphe d’interférence des variables est planaire (ou presque), on peut utiliser peu de registres.
- Planification de fréquences : Assigner des fréquences à des tours radio pour éviter les interférences (si la géographie le permet).