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Couplages - preuves (A)
Relation entre cardinalité et sommets saturés
Prouvez que pour tout couplage d'un graphe , le nombre de sommets saturés par est exactement .
Indice
Rappelez-vous de la définition d'un couplage et de la nature d'une arête. Chaque arête relie combien de sommets ? Les arêtes d'un couplage peuvent-elles partager des sommets ?
Solution
Soit un couplage de taille .
Étape 1 : Définition des arêtes
Par définition, chaque arête possède exactement deux extrémités (deux sommets).
Étape 2 : Propriété d'indépendance
La définition d'un couplage impose que deux arêtes distinctes de n'ont jamais d'extrémité en commun. Cela signifie que les ensembles de sommets incidents à chaque arête sont disjoints deux à deux.
Étape 3 : Somme des sommets
Le nombre total de sommets saturés est la somme des extrémités de chaque arête du couplage.
Puisque les ensembles d'extrémités sont disjoints :
Conclusion :
Le nombre de sommets saturés est toujours égal à deux fois la cardinalité du couplage.
Parité des graphes admettant un couplage parfait
Prouvez que si un graphe admet un couplage parfait, alors l'ordre du graphe est nécessairement pair.
Indice
Utilisez la propriété prouvée précédemment reliant le nombre de sommets saturés à la taille du couplage, et la définition de "parfait".
Solution
Soit un couplage parfait dans .
Étape 1 : Définition de la saturation totale
Un couplage est dit parfait si l'ensemble de tous les sommets est saturé. Autrement dit, l'ensemble des sommets saturés par est exactement .
Étape 2 : Utilisation de la relation de cardinalité
D'après la propriété fondamentale des couplages, le nombre de sommets saturés par un couplage est .
Étape 3 : Conclusion
Puisque est l'ensemble des sommets saturés :
Comme est un entier, est un multiple de 2.
Conclusion :
Un graphe possédant un couplage parfait a nécessairement un nombre pair de sommets.
Maximum implique Maximal
Prouvez que tout couplage maximum dans un graphe est nécessairement un couplage maximal.
Indice
Raisonnez par l'absurde. Supposez que est maximum (cardinalité la plus grande possible) mais n'est pas maximal (on peut ajouter une arête). Que cela implique-t-il sur la taille du nouveau couplage ?
Solution
Soit un couplage maximum de . Supposons par l'absurde que ne soit pas maximal.
Étape 1 : Définition de la non-maximalité
Si n'est pas maximal (au sens de l'inclusion), cela signifie qu'il existe une arête telle que est encore un couplage valide.
Étape 2 : Comparaison des cardinalités
Si avec , alors :
Donc .
Étape 3 : Contradiction
Nous avons trouvé un couplage de taille strictement supérieure à . Or, est supposé être un couplage maximum (c'est-à-dire qu'il n'existe aucun couplage de taille supérieure). C'est une contradiction.
Conclusion :
L'hypothèse que n'est pas maximal est fausse. Tout couplage maximum est donc maximal.
Maximal n'implique pas Maximum (Contre-exemple)
Prouvez que la propriété "Tout couplage maximal est un couplage maximum" est fausse.
Indice
Il suffit de trouver un contre-exemple. Cherchez un petit graphe (comme un chemin ) et trouvez un couplage qu'on ne peut plus agrandir (maximal) mais qui est plus petit qu'un autre couplage possible (non maximum).
Solution
Pour prouver qu'une implication universelle est fausse, il suffit d'exhiber un contre-exemple.
Étape 1 : Construction du graphe
Considérons le graphe chemin avec les sommets et les arêtes .
Étape 2 : Choix d'un couplage maximal
Soit .
- Les sommets 2 et 3 sont saturés.
- L'arête ne peut être ajoutée car 2 est déjà saturé.
- L'arête ne peut être ajoutée car 3 est déjà saturé.
- Donc est maximal (on ne peut rien ajouter). Sa taille est 1.
Étape 3 : Existence d'un couplage plus grand
Considérons .
- C'est un couplage valide.
- Sa taille est 2.
Conclusion :
est un couplage maximal, mais il n'est pas maximum car . La proposition est donc fausse.
Chaîne augmentante et amélioration du couplage (Lemme de Berge - Partie 1)
Soit un graphe et un couplage. Prouvez que s'il existe une chaîne augmentante par rapport à , alors n'est pas un couplage maximum.
Indice
Utilisez la différence symétrique ou simplement l'opération d'échange le long de la chaîne. Montrez qu'en inversant les arêtes de la chaîne (celles dans deviennent hors de , et inversement), on obtient un nouveau couplage valide avec une arête de plus.
Solution
Soit une chaîne augmentante par rapport à .
Étape 1 : Propriétés de la chaîne augmentante
Par définition :
- Les extrémités et sont insaturées (libres).
- La chaîne est alternée : les arêtes de rang impair ne sont pas dans , et les arêtes de rang pair sont dans .
- La longueur de la chaîne est impaire. Elle contient arêtes de et arêtes hors de .
Étape 2 : Construction du nouveau couplage
Considérons l'ensemble obtenu en prenant la différence symétrique (les arêtes de la chaîne qui étaient dans en sortent, celles qui n'y étaient pas y entrent).
Étape 3 : Vérification de la validité
- Les sommets internes de la chaîne () gardent leur degré (1) dans le couplage (on remplace une arête incidente par l'autre).
- Les extrémités et , initialement de degré 0 dans (insaturés), deviennent de degré 1 dans (saturés par la première et la dernière arête de la chaîne).
- Les sommets hors de la chaîne ne sont pas affectés.
Donc est bien un couplage.
Étape 4 : Cardinalité
contenait arêtes de la chaîne. en contient .
Conclusion :
Nous avons construit un couplage strictement plus grand que . Donc n'était pas maximum.
Condition nécessaire du Théorème de Hall
Soit un graphe biparti. Prouvez que s'il existe un couplage saturant , alors la condition de Hall est vérifiée.
Indice
Considérez un sous-ensemble de . Si chaque élément de est marié à un élément distinct de (ce qui est le cas s'il y a un couplage saturant ), comparez la taille de l'ensemble et celle de l'ensemble de leurs partenaires.
Solution
Supposons qu'il existe un couplage qui sature . Soit un sous-ensemble quelconque de sommets.
Étape 1 : Définition de l'application injective
Puisque sature , chaque sommet est l'extrémité d'une arête .
Définissons l'ensemble . C'est l'ensemble des partenaires des sommets de dans le couplage.
Étape 2 : Propriété d'un couplage
Dans un couplage, deux sommets distincts de ne peuvent pas être reliés au même sommet de . L'association définie par est donc une bijection entre et .
Par conséquent, .
Étape 3 : Relation d'inclusion
Par définition, si est un partenaire d'un , alors est un voisin de .
Donc, l'ensemble des partenaires est un sous-ensemble de l'ensemble des voisins .
Étape 4 : Conclusion sur les cardinalités
Puisque , on a .
En combinant avec l'étape 2 (), on obtient :
Conclusion :
La condition de Hall est une condition nécessaire pour l'existence d'un couplage saturant .
Couplage parfait dans les graphes bipartis réguliers
Prouvez que tout graphe biparti -régulier () vérifie la condition de Hall (et admet donc un couplage parfait).
Indice
Comptez le nombre d'arêtes sortant d'un sous-ensemble . Ces arêtes arrivent nécessairement dans . Utilisez la régularité (chaque sommet a degré ) pour établir une inégalité entre et .
Solution
Soit un graphe biparti -régulier avec .
Étape 1 : Comptage des arêtes incidentes à
Soit . Calculons le nombre d'arêtes ayant une extrémité dans .
Puisque chaque sommet a un degré :
Étape 2 : Destination des arêtes
Par définition du voisinage , toutes ces arêtes ont leur autre extrémité dans .
Étape 3 : Majoration par les sommets de
Le nombre maximal d'arêtes pouvant arriver dans est la somme des degrés des sommets de .
Puisque le graphe est -régulier, chaque sommet de a un degré .
Le nombre d'arêtes incidentes à est donc .
Les arêtes partant de étant un sous-ensemble des arêtes incidentes à , on a :
Étape 4 : Combinaison
On remplace par sa valeur :
Puisque , on peut diviser par :
Conclusion :
La condition de Hall est vérifiée pour tout . D'après le théorème de Hall, le graphe admet un couplage saturant . Comme le graphe est régulier, , donc ce couplage est parfait.
Existence d'un couplage stable (Terminaison de Gale-Shapley)
Prouvez que l'algorithme de Gale-Shapley (propositions différées) se termine toujours en un nombre fini d'étapes.
Indice
Observez l'évolution des propositions. Un élément de peut-il proposer deux fois à la même personne ? Combien de propositions possibles existe-t-il au total ?
Solution
Considérons l'algorithme où les hommes () proposent aux femmes ().
Étape 1 : Monotonie des propositions
Chaque homme propose aux femmes dans l'ordre décroissant de sa liste de préférences.
Il ne propose à une femme suivante que s'il a été rejeté par la précédente.
Il ne propose jamais deux fois à la même femme.
Étape 2 : Finitude de l'espace de recherche
Soit la taille des ensembles et . Chaque homme a une liste de préférences de longueur .
Le nombre total de propositions possibles que l'ensemble des hommes peut faire est donc borné par .
Étape 3 : Progression
À chaque étape de l'algorithme (si celui-ci ne s'est pas arrêté), au moins une nouvelle proposition est faite. Le nombre total de propositions faites augmente donc strictement.
Conclusion :
Puisque le nombre total de propositions ne peut dépasser , l'algorithme doit nécessairement s'arrêter après un nombre fini d'étapes.
Validité de Gale-Shapley (Couplage Parfait)
Prouvez qu'à la fin de l'algorithme de Gale-Shapley, le couplage obtenu est parfait (tous les participants sont mariés).
Indice
Raisonnez par l'absurde. Si un homme est célibataire à la fin, cela signifie qu'il a été rejeté par toutes les femmes. Que peut-on dire de l'état des femmes dans ce cas ? Rappelez-vous qu'une femme qui reçoit une proposition reste "fiancée" jusqu'à trouver mieux, mais ne redevient jamais seule.
Solution
Supposons que l'algorithme se termine et qu'il existe un homme qui n'est pas couplé (libre).
Étape 1 : Analyse de l'homme libre
Si est libre à la fin, cela signifie qu'il a proposé à toutes les femmes de sa liste (tous les ) et qu'il a été rejeté par chacune d'elles.
Étape 2 : Analyse des femmes
Une femme ne rejette une proposition que si :
- Elle en tient déjà une meilleure (fiancée).
- Elle reçoit une meilleure proposition (elle change de fiancé mais reste fiancée).
Une fois qu'une femme reçoit une premi ère proposition, elle reste fiancée (à quelqu'un) jusqu'à la fin. Elle ne redevient jamais libre.
Étape 3 : Contradiction (Principe des tiroirs)
Pour que ait été rejeté par toutes les femmes, il faut que toutes les femmes soient fiancées à d'autres hommes à la fin de l'algorithme.
Il y a femmes et elles sont toutes fiancées. Cela requiert hommes distincts.
Or, si est libre, il n'y a que hommes fiancés au maximum.
Il est impossible que femmes soient fiancées avec seulement hommes disponibles.
Conclusion :
L'hypothèse est fausse. Tous les hommes (et donc toutes les femmes) sont couplés. Le couplage est parfait.
Stabilité du couplage de Gale-Shapley
Prouvez que le couplage produit par l'algorithme de Gale-Shapley (où propose) est stable.
Indice
Supposons qu'il existe une paire instable . Cela signifie que préfère à sa femme actuelle, et préfère à son mari actuel. Analysez pourquoi n'est pas avec : il a dû lui proposer avant... Pourquoi a-t-il été rejeté ?
Solution
Soit le couplage final. Raisonnons par l'absurde en supposant qu'il existe une paire instable .
Soient et les couples formés par l'algorithme.
Hypothèse d'instabilité :
- préfère à .
- préfère à .
Étape 1 : Historique des propositions de
Puisque propose aux femmes dans l'ordre décroissant de ses préférences et qu'il a fini avec , il a nécessairement proposé à avant de proposer à (car il préfère ).
Étape 2 : Réaction de
Si a proposé à et qu'ils ne sont pas mariés ensemble à la fin, c'est que a rejeté (soit immédiatement, soit plus tard).
Une femme ne rejette que si elle a une proposition d'un homme qu'elle préfère à .
Étape 3 : Évolution des fiançailles de
Les femmes améliorent (ou gardent) la qualité de leur partenaire au fil de l'algorithme. Si a rejeté pour un certain , alors son partenaire final est soit , soit quelqu'un qu'elle préfère encore plus que .
Par transitivité, préfère à .
Étape 4 : Contradiction
L'étape 3 contredit la deuxième condition de l'hypothèse d'instabilité ( préfère à ).
Conclusion :
Il ne peut pas exister de paire instable. Le couplage est stable.