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Principe d’inclusion-exclusion (A)


Concept 1 : Le Principe d’Inclusion-Exclusion (Forme de la Réunion)

Prérequis

  • Théorie des ensembles : Réunion (\cup), Intersection (\cap), Ensembles finis, Ensembles disjoints.
  • Dénombrement : Cardinal d’un ensemble (noté A|A|), Principe d’addition.
  • Notations : Sommes indéxées (\sum), ensemble d’indices n={1,,n}\llbracket n \rrbracket = \{1, \dots, n\}.

Définition

Le Principe d’Inclusion-Exclusion (ou formule du crible) permet de calculer le cardinal de la réunion de plusieurs ensembles finis qui ne sont pas nécessairement disjoints.

Soient A1,A2,,AnA_1, A_2, \ldots, A_n des ensembles finis. Le cardinal de leur réunion est donné par la somme alternée des cardinaux de toutes les intersections possibles de ces ensembles :

i=1nAi=In(1)I+1iIAi\left|\bigcup_{i=1}^n A_i\right| = \sum_{\emptyset \neq I \subseteq \llbracket n \rrbracket} (-1)^{|I|+1} \left|\bigcap_{i \in I} A_i\right|

Pour bien comprendre cette formule, on peut l’écrire en développant les termes par taille d’intersection :

  1. On ajoute les cardinaux des ensembles individuels (Ai|A_i|).
  2. On soustrait les cardinaux des intersections de paires (AiAj|A_i \cap A_j|).
  3. On ajoute les cardinaux des intersections de triplets (AiAjAk|A_i \cap A_j \cap A_k|).
  4. On continue ainsi en alternant les signes jusqu’à l’intersection de tous les ensembles.

Explications Détaillées

L’idée intuitive est de corriger le comptage excessif.

  • Si on calcule simplement A1+A2|A_1| + |A_2|, on compte deux fois les éléments qui sont dans A1A2A_1 \cap A_2. Il faut donc soustraire A1A2|A_1 \cap A_2| une fois pour que ces éléments ne soient comptés qu’une seule fois.
  • Avec trois ensembles, en soustrayant les intersections deux à deux, on finit par retirer trop de fois les éléments communs aux trois ensembles (qui ont été ajoutés 3 fois, puis retirés 3 fois, total = 0). Il faut donc rajouter A1A2A3|A_1 \cap A_2 \cap A_3|.

Propriétés Clés

  • Alternance des signes : Les termes correspondant à un nombre impair d’ensembles sont ajoutés (++), ceux correspondant à un nombre pair sont soustraits (-).
  • Généralisation : Ce principe généralise la formule AB=A+BAB|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B|.
  • Condition de validité : Les ensembles doivent être finis.

Exemples

Exemple 1 : Cas simple pour deux ensembles

Soient AA l’ensemble des étudiants jouant au football et BB l’ensemble des étudiants jouant au tennis.

On sait que A=20|A| = 20, B=15|B| = 15 et que 5 étudiants pratiquent les deux sports (AB=5|A \cap B| = 5).

Le nombre total d’étudiants pratiquant au moins un sport est :

AB=A+BAB=20+155=30|A \cup B| = |A| + |B| - |A \cap B| = 20 + 15 - 5 = 30

Exemple 2 : Cas pour trois ensembles

Pour trois ensembles A1,A2,A3A_1, A_2, A_3, la formule développée est :

A1A2A3=(A1+A2+A3)(A1A2+A1A3+A2A3)+A1A2A3|A_1 \cup A_2 \cup A_3| = (|A_1| + |A_2| + |A_3|) - (|A_1 \cap A_2| + |A_1 \cap A_3| + |A_2 \cap A_3|) + |A_1 \cap A_2 \cap A_3|

Si A1=10,A2=10,A3=10|A_1|=10, |A_2|=10, |A_3|=10, que toutes les intersections par paires valent 3 (AiAj=3|A_i \cap A_j|=3) et l’intersection triple vaut 1 (Ai=1|\cap A_i|=1) :

A1A2A3=(10+10+10)(3+3+3)+1=309+1=22|A_1 \cup A_2 \cup A_3| = (10+10+10) - (3+3+3) + 1 = 30 - 9 + 1 = 22

Exemple 3 : Divisibilité

Combien d’entiers dans l’ensemble E={1,,30}E = \{1, \dots, 30\} sont divisibles par 2, 3 ou 5 ?

Soient A2,A3,A5A_2, A_3, A_5 les ensembles des multiples respectifs.

  • A2=15,A3=10,A5=6|A_2| = 15, |A_3| = 10, |A_5| = 6.
  • A2A3=A6=5|A_2 \cap A_3| = |A_6| = 5.
  • A2A5=A10=3|A_2 \cap A_5| = |A_{10}| = 3.
  • A3A5=A15=2|A_3 \cap A_5| = |A_{15}| = 2.
  • A2A3A5=A30=1|A_2 \cap A_3 \cap A_5| = |A_{30}| = 1.

Application de la formule :

A2A3A5=(15+10+6)(5+3+2)+1=3110+1=22|A_2 \cup A_3 \cup A_5| = (15 + 10 + 6) - (5 + 3 + 2) + 1 = 31 - 10 + 1 = 22

Il y a 22 nombres divisibles par 2, 3 ou 5 dans cet intervalle.

Contre-exemples

  • Somme simple : Si on considère que AB=A+B|A \cup B| = |A| + |B| sans vérifier que les ensembles sont disjoints, le résultat est faux dès qu’il y a une intersection non vide.
  • Signes incorrects : Une erreur courante est de toujours soustraire les intersections, par exemple écrire ABC=A+B+CABC|A \cup B \cup C| = |A| + |B| + |C| - |A \cap B \cap C|. C’est faux car cela ne gère pas les recouvrements partiels entre deux ensembles seulement.

Concepts Liés

  • Principe d’addition : Cas particulier où toutes les intersections sont vides.
  • Inégalités de Bonferroni : Bornes obtenues en arrêtant la somme alternée à un certain rang.

Applications

Utilisé en théorie des nombres (comptage de multiples), en probabilités (probabilité de l’union d’événements), et en combinatoire générale.


Concept 2 : Le Principe d’Inclusion-Exclusion (Forme Complémentaire)

Prérequis

  • Concept précédent : Principe d’inclusion-exclusion (forme réunion).
  • Théorie des ensembles : Complémentaire d’un ensemble (A\overline{A} ou EAE \setminus A), Lois de De Morgan.
  • Univers : Un ensemble global EE contenant tous les sous-ensembles AiA_i.

Définition

Cette forme du principe permet de compter le nombre d’éléments d’un ensemble fini EE qui n’appartiennent à aucun des sous-ensembles A1,,AnA_1, \ldots, A_n. C’est le cardinal du complémentaire de leur réunion.

Si EE est un ensemble fini contenant A1,,AnA_1, \ldots, A_n, alors :

i=1nAi=i=1nAi=In(1)IiIAi\left|\overline{\bigcup_{i=1}^n A_i}\right| = \left| \bigcap_{i=1}^n \overline{A_i} \right| = \sum_{I \subseteq \llbracket n \rrbracket} (-1)^{|I|} \left|\bigcap_{i \in I} A_i\right|

Avec la convention que pour I=I = \emptyset, l’intersection iAi\bigcap_{i \in \emptyset} A_i est l’ensemble univers EE tout entier.

Explications Détaillées

Cette formule est souvent plus utile dans les problèmes pratiques. Elle répond à la question : “Combien d’objets ne possèdent aucune des propriétés P1,,PnP_1, \dots, P_n ?”.

On part du total (E|E|), on retire ceux qui ont au moins une propriété, on rajoute ceux qui en ont deux, on retire ceux qui en ont trois, etc.

Formellement :

TotalAi+AiAjAiAjAk+\text{Total} - \sum |A_i| + \sum |A_i \cap A_j| - \sum |A_i \cap A_j \cap A_k| + \dots

Propriétés Clés

  • Lien avec la réunion : A=EA| \overline{A} | = |E| - |A|. Cette formule est simplement l’application de cette soustraction à la formule de la réunion.
  • Utilisation des fonctions caractéristiques : La preuve repose souvent sur l’identité (1fAi(x))\prod (1 - f_{A_i}(x)) qui vaut 1 si xx n’est dans aucun AiA_i, et 0 sinon.

Exemples

Exemple 1 : Le problème des chapeaux (introduction)

3 personnes laissent leur chapeau au vestiaire. Le vestiairiste rend les chapeaux au hasard. Combien de cas existent où personne ne reçoit son propre chapeau ?

Soit EE l’ensemble des permutations (Total = 3!=63! = 6).

Soit AiA_i l’ensemble des cas où la personne ii reçoit son chapeau.

On cherche A1A2A3|\overline{A_1 \cup A_2 \cup A_3}|.

=EAi+AiAjA1A2A3= |E| - \sum |A_i| + \sum |A_i \cap A_j| - |A_1 \cap A_2 \cap A_3|

=63×2!+3×1!1=66+31=2= 6 - 3 \times 2! + 3 \times 1! - 1 = 6 - 6 + 3 - 1 = 2

Exemple 2 : Nombres premiers (Crible d’Ératosthène)

Pour trouver les nombres premiers jusqu’à 100, on élimine les multiples de 2, 3, 5, 7.

Soit E={1,,100}E = \{1, \dots, 100\}. On cherche le cardinal de EE privé des multiples de 2, 3, 5, 7 (les ensembles ApA_p).

La formule permet de calculer exactement le nombre d’entiers restants.

Exemple 3 : Cartes

Dans un jeu de 52 cartes, combien de mains de 5 cartes ne contiennent aucun As ?

Ici, la méthode directe (choisir 5 cartes parmi 48) est plus simple : (485)\binom{48}{5}.

Mais par inclusion-exclusion avec EE = toutes les mains, et AiA_i = mains contenant l’As de couleur ii (4 couleurs), on retrouverait le même résultat :

(525)(41)(514)+\binom{52}{5} - \binom{4}{1}\binom{51}{4} + \dots

(Cet exemple illustre que parfois la méthode directe est préférable si les ensembles “interdits” sont simples).

Contre-exemples

  • Oubli du terme univers : Commencer la somme directement par Ai-\sum |A_i| au lieu de commencer par E|E| (le terme pour I=I = \emptyset).
  • Confusion “Aucun” vs “Au moins un” : Cette formule calcule “aucun”. Pour “au moins un”, il faut utiliser la première formule (Concept 1).

Concepts Liés

  • Dérangements : Une application directe majeure (voir Concept 5).
  • Fonction indicatrice d’Euler (ϕ\phi) : Calcule le nombre d’entiers premiers avec nn, basée sur ce principe.

Concept 3 : Formule du Binôme Multivariée

Prérequis

  • Algèbre : Anneaux commutatifs, Distributivité, Notation produit (\prod).
  • Combinatoire : Sous-ensembles (parties).

Définition

C’est une généralisation algébrique utilisée pour prouver le principe d’inclusion-exclusion.

Soient a1,,ana_1, \ldots, a_n et b1,,bnb_1, \ldots, b_n des éléments d’un anneau commutatif. Alors :

i=1n(ai+bi)=In(iIai)(inIbi)\prod_{i=1}^n (a_i + b_i) = \sum_{I \subseteq \llbracket n \rrbracket} \left( \prod_{i \in I} a_i \right) \left( \prod_{i \in \llbracket n \rrbracket \setminus I} b_i \right)

La somme porte sur toutes les parties II de l’ensemble d’indices {1,,n}\{1, \dots, n\}.

Explications Détaillées

Cette formule exprime le fait que pour développer un produit de sommes (a1+b1)(a2+b2)(a_1+b_1)(a_2+b_2)\dots, pour chaque facteur ii, on doit choisir soit le terme aia_i (on met alors ii dans l’ensemble II), soit le terme bib_i (on met alors ii dans le complémentaire). On somme ensuite toutes les combinaisons possibles de ces choix.

Propriétés Clés

  • Généralité : Elle implique le binôme de Newton si tous les ai=aa_i = a et tous les bi=bb_i = b.
  • Application à l’inclusion-exclusion : En posant ai=fAi(x)a_i = -f_{A_i}(x) et bi=1b_i = 1, on dérive directement la formule du crible.

Exemples

Exemple 1 : Cas n=2n=2

(a1+b1)(a2+b2)=b1b2I=+a1b2I={1}+b1a2I={2}+a1a2I={1,2}(a_1 + b_1)(a_2 + b_2) = \underbrace{b_1 b_2}_{I=\emptyset} + \underbrace{a_1 b_2}_{I=\{1\}} + \underbrace{b_1 a_2}_{I=\{2\}} + \underbrace{a_1 a_2}_{I=\{1,2\}}

Exemple 2 : Lien avec le Binôme de Newton

Si ai=xa_i = x et bi=yb_i = y pour tout ii, alors pour un II donné de cardinal kk, le terme est xkynkx^k y^{n-k}. Comme il y a (nk)\binom{n}{k} façons de choisir un ensemble II de taille kk, on retrouve :

(x+y)n=k=0n(nk)xkynk(x+y)^n = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k} x^k y^{n-k}

Exemple 3 : Identité booléenne

En logique ou avec des fonctions caractéristiques (où x2=xx^2=x), cette structure permet de transformer des produits (intersections) en sommes.

Contre-exemples

  • Non-commutativité : Si l’anneau n’est pas commutatif (ex: matrices), l’ordre des facteurs importe et la formule telle quelle ne s’applique pas simplement.

Concept 4 : Nombre de Surjections

Prérequis

  • Fonctions : Définition d’une application, Image, Antécédent.
  • Surjection : Une fonction f:EFf: E \to F est surjective si tout élément de FF a au moins un antécédent (l’image de ff couvre tout FF).
  • Combinatoire : Coefficients binomiaux (nk)\binom{n}{k}.

Définition

Le nombre de surjections d’un ensemble fini EE (de cardinal nn) vers un ensemble fini FF (de cardinal kk), avec nkn \ge k, est donné par la formule :

Fsurj(E,F)=j=0k(1)kj(kj)jn|\mathcal{F}_{surj}(E, F)| = \sum_{j=0}^{k} (-1)^{k-j} \binom{k}{j} j^n

(Note : Dans la formule du cours, l’indice de sommation est \ell ou jj, et le terme alterne).

Explications Détaillées

Pour compter les surjections, il est difficile de procéder directement. On utilise l’inclusion-exclusion sur l’ensemble “Total des fonctions” (knk^n).

On soustrait les fonctions qui “ratent” au moins un élément de l’arrivée FF.

  • knk^n : Toutes les fonctions.
  • (k1)(k1)n-\binom{k}{1}(k-1)^n : On retire celles qui ratent un élément spécifique (il y a (k1)\binom{k}{1} choix pour l’élément raté).
  • +(k2)(k2)n+\binom{k}{2}(k-2)^n : On a trop retiré celles qui ratent 2 éléments, on les rajoute.

Propriétés Clés

  • Condition nkn \ge k : Si n<kn < k, il est impossible de couvrir tout l’ensemble d’arrivée, le nombre de surjections est 0.
  • Lien avec les nombres de Stirling : Ce nombre est égal à k!×S(n,k)k! \times S(n, k) (où S(n,k)S(n,k) est le nombre de Stirling de seconde espèce).

Exemples

Exemple 1 : Surjections de {1,2,3}\{1, 2, 3\} vers {a,b}\{a, b\} (n=3,k=2n=3, k=2)

Fsurj==02(1)2(2)3|\mathcal{F}_{surj}| = \sum_{\ell=0}^2 (-1)^{2-\ell} \binom{2}{\ell} \ell^3

=(1)2(20)03+(1)1(21)13+(1)0(22)23= (-1)^2 \binom{2}{0} 0^3 + (-1)^1 \binom{2}{1} 1^3 + (-1)^0 \binom{2}{2} 2^3

=02(1)+1(8)=6= 0 - 2(1) + 1(8) = 6

Les 6 surjections sont toutes les fonctions (23=82^3 = 8) sauf les 2 fonctions constantes (tout sur aa ou tout sur bb).

Exemple 2 : Surjections de {1,2,3,4}\{1, 2, 3, 4\} vers {a,b,c}\{a, b, c\} (n=4,k=3n=4, k=3)

Fsurj==03(1)3(3)4|\mathcal{F}_{surj}| = \sum_{\ell=0}^3 (-1)^{3-\ell} \binom{3}{\ell} \ell^4

=(30)04+(31)14(32)24+(33)34= - \binom{3}{0}0^4 + \binom{3}{1}1^4 - \binom{3}{2}2^4 + \binom{3}{3}3^4

=0+33(16)+1(81)=348+81=36= 0 + 3 - 3(16) + 1(81) = 3 - 48 + 81 = 36

Exemple 3 : Cas n=kn=k

Si EE et FF ont la même taille nn, une surjection est aussi une injection (donc une bijection). La formule doit donner n!n!.

Pour n=3,k=3n=3, k=3 : 0+3(1)33(2)3+1(3)3=324+27=6=3!-0 + 3(1)^3 - 3(2)^3 + 1(3)^3 = 3 - 24 + 27 = 6 = 3!.

Contre-exemples

  • Fonctions quelconques : Ne pas confondre avec le nombre total d’applications knk^n.
  • Injections : Ce n’est pas le nombre d’arrangements AnkA_n^k.

Concept 5 : Nombre de Dérangements

Prérequis

  • Permutations : Bijections de n\llbracket n \rrbracket dans n\llbracket n \rrbracket. Factorielle (n!n!).
  • Point fixe : Un élément ii tel que σ(i)=i\sigma(i) = i.

Définition

Un dérangement est une permutation σ\sigma d’un ensemble fini qui n’a aucun point fixe (pour tout ii, σ(i)i\sigma(i) \neq i).

Le nombre de dérangements de n\llbracket n \rrbracket, souvent noté DnD_n ou !n!n, est donné par :

Dn=n!j=0n(1)jj!=n!(10!11!+12!+(1)nn!)D_n = n! \sum_{j=0}^n \frac{(-1)^j}{j!} = n! \left( \frac{1}{0!} - \frac{1}{1!} + \frac{1}{2!} - \dots + \frac{(-1)^n}{n!} \right)

Explications Détaillées

C’est une application classique du principe d’inclusion-exclusion sous sa forme complémentaire.

  • L’univers est l’ensemble de toutes les permutations (n!n!).
  • La propriété PiP_i est “l’élément ii est un point fixe”.
  • On veut le nombre de permutations vérifiant 0 propriété.
  • Le terme n!j!\frac{n!}{j!} provient de la simplification de (nj)(nj)!\binom{n}{j} (n-j)! (choix des jj points fixes ×\times permutation des autres éléments).

Propriétés Clés

  • Convergence asymptotique : La probabilité qu’une permutation aléatoire soit un dérangement est Dn/n!=j=0n(1)jj!D_n/n! = \sum_{j=0}^n \frac{(-1)^j}{j!}. Quand nn \to \infty, cette somme tend vers e10.368e^{-1} \approx 0.368.
  • Récurrence : Les dérangements vérifient Dn=(n1)(Dn1+Dn2)D_n = (n-1)(D_{n-1} + D_{n-2}).

Exemples

Exemple 1 : n=1n=1 et n=2n=2

  • Pour n=1n=1 (ensemble {1}\{1\}) : La seule permutation est σ(1)=1\sigma(1)=1 (point fixe). D1=0D_1 = 0.

Formule : 1!(1111)=01! (\frac{1}{1} - \frac{1}{1}) = 0.

  • Pour n=2n=2 (ensemble {1,2}\{1, 2\}) : Permutations : [1,2][1,2] (fixe), [2,1][2,1] (dérangement). D2=1D_2 = 1.

Formule : 2!(111+12)=2(0.5)=12! (\frac{1}{1} - 1 + \frac{1}{2}) = 2(0.5) = 1.

Exemple 2 : n=3n=3

Permutations de {1,2,3}\{1,2,3\}.

Celles avec points fixes : 123 (3 fixes), 132 (1 fixe), 321 (1 fixe), 213 (1 fixe).

Dérangements : 231, 312. Donc D3=2D_3 = 2.

Calcul : 6×(11+1216)=6(3616)=6(26)=26 \times (1 - 1 + \frac{1}{2} - \frac{1}{6}) = 6(\frac{3}{6} - \frac{1}{6}) = 6(\frac{2}{6}) = 2.

Exemple 3 : n=4n=4

D4=4!(1216+124)=24(124+124)=9D_4 = 4! \left( \frac{1}{2} - \frac{1}{6} + \frac{1}{24} \right) = 24 \left( \frac{12 - 4 + 1}{24} \right) = 9

(Note : les deux premiers termes 111-1 s’annulent toujours).

Contre-exemples

  • Permutations avec exactement 1 point fixe : Ce ne sont pas des dérangements. Le concept de dérangement exige strictement 0 point fixe.
  • Cycles : Un dérangement n’est pas nécessairement un seul cycle (ex: (12)(34)(12)(34) est un dérangement de 4 éléments composé de 2 cycles).

Applications

  • Problème des chapeaux (ou des rencontres) : Probabilité que personne ne récupère son objet.
  • Cryptographie : Mélange total des positions.