Avertissement

Ce contenu a été généré par une intelligence artificielle (LLM) et peut contenir des imprécisions ou des erreurs malgré notre relecture attentive. Il s'agit d'un outil d'apprentissage et non d'une référence académique.

Si vous constatez des erreurs, merci de nous les signaler via la page "À propos".

Courbes planes - preuves (A)

Équation de la tangente en un point régulier

Démontrez que la droite passant par le point γ(t0)\gamma(t_0) et de vecteur directeur γ(t0)\gamma'(t_0) est la meilleure approximation affine de la courbe au voisinage de t0t_0.

Indice

Utilisez un développement limité (formule de Taylor-Young) de la fonction vectorielle γ(t)\gamma(t) au voisinage de t0t_0 à l'ordre 1. Exprimez le vecteur M0M(t)=γ(t)γ(t0)\vec{M_0M(t)} = \gamma(t) - \gamma(t_0) et analysez la distance entre un point sur la courbe et le point correspondant sur la droite tangente.

Solution

Soit (I,γ)(I, \gamma) une courbe paramétrée de classe C1C^1 et t0It_0 \in I un point régulier, c'est-à-dire γ(t0)0\gamma'(t_0) \neq \vec{0}. La droite tangente Tt0T_{t_0} est définie comme la droite passant par le point M0=γ(t0)M_0 = \gamma(t_0) et dirigée par le vecteur vitesse v0=γ(t0)\vec{v}_0 = \gamma'(t_0). Un point P(t)P(t) sur cette droite peut être paramétré par P(t)=γ(t0)+(tt0)γ(t0)P(t) = \gamma(t_0) + (t-t_0)\gamma'(t_0).

Étape 1 : Développement limité de la courbe

La formule de Taylor-Young pour la fonction vectorielle γ\gamma au voisinage de t0t_0 à l'ordre 1 s'écrit :

γ(t)=γ(t0)+(tt0)γ(t0)+(tt0)ε(t)\gamma(t) = \gamma(t_0) + (t-t_0)\gamma'(t_0) + (t-t_0)\vec{\varepsilon}(t)

ε(t)\vec{\varepsilon}(t) est une fonction vectorielle telle que limtt0ε(t)=0\lim_{t \to t_0} \vec{\varepsilon}(t) = \vec{0}.

On peut réécrire ceci en utilisant la notation "petit o" :

γ(t)=γ(t0)+(tt0)γ(t0)+o(tt0)\gamma(t) = \gamma(t_0) + (t-t_0)\gamma'(t_0) + o(t-t_0)

Étape 2 : Comparaison avec la droite tangente

Le vecteur reliant le point M0M_0 au point courant M(t)=γ(t)M(t) = \gamma(t) sur la courbe est M0M(t)=γ(t)γ(t0)\vec{M_0M(t)} = \gamma(t) - \gamma(t_0).

En utilisant le développement limité, on a :

M0M(t)=(tt0)γ(t0)+o(tt0)\vec{M_0M(t)} = (t-t_0)\gamma'(t_0) + o(t-t_0)

Le terme (tt0)γ(t0)(t-t_0)\gamma'(t_0) représente le déplacement le long de la droite tangente à partir de γ(t0)\gamma(t_0). L'écart entre la courbe et la tangente est donc représenté par le terme o(tt0)o(t-t_0).

Conclusion

L'écart entre la position du point sur la courbe γ(t)\gamma(t) et sa position sur l'approximation affine P(t)P(t) est γ(t)P(t)=o(tt0)\|\gamma(t) - P(t)\| = \|o(t-t_0)\|. Cet écart tend vers zéro plus rapidement que tt0t-t_0, ce qui signifie que la droite P(t)P(t) est la meilleure approximation affine de la courbe au voisinage de t0t_0.

Caractérisation du paramétrage par longueur d'arc

Démontrez qu'une courbe régulière γ(t)\gamma(t) est paramétrée par la longueur d'arc si et seulement si son vecteur vitesse γ(t)\gamma'(t) est unitaire pour tout tt.

Indice

Pour l'implication directe ()(\Rightarrow), utilisez la définition de la fonction abscisse curviligne s(t)=t0tγ(u)dus(t) = \int_{t_0}^t \|\gamma'(u)\| du. Que signifie "être paramétrée par la longueur d'arc" en termes de la relation entre ss et tt ? Utilisez ensuite le théorème fondamental de l'analyse.

Pour l'implication réciproque ()(\Leftarrow), supposez que γ(t)=1\|\gamma'(t)\| = 1 et calculez l'abscisse curviligne s(t)s(t) à partir d'un point t0t_0.

Solution

Soit (I,γ)(I, \gamma) une courbe de classe C1C^1 régulière. L'abscisse curviligne à partir d'un point t0It_0 \in I est définie par s(t)=t0tγ(u)dus(t) = \int_{t_0}^t \|\gamma'(u)\| du.

Partie 1 : Implication directe ()(\Rightarrow)

Supposons que la courbe est paramétrée par la longueur d'arc. Cela signifie que le paramètre, que nous noterons ss pour la clarté, est lui-même l'abscisse curviligne. Soit γ(s)\gamma(s) ce paramétrage. Par définition de l'abscisse curviligne, la distance parcourue de s0s_0 à ss est ss0s - s_0.

Nous avons donc la relation :

ss0=s0sγ(u)dus - s_0 = \int_{s_0}^s \|\gamma'(u)\| du

En dérivant cette équation par rapport à ss et en utilisant le théorème fondamental de l'analyse, on obtient :

dds(ss0)=ddss0sγ(u)du\frac{d}{ds}(s - s_0) = \frac{d}{ds} \int_{s_0}^s \|\gamma'(u)\| du

1=γ(s)1 = \|\gamma'(s)\|

Le vecteur vitesse est donc bien unitaire.

Partie 2 : Implication réciproque ()(\Leftarrow)

Supposons maintenant que pour tout tIt \in I, le vecteur vitesse est unitaire, c'est-à-dire γ(t)=1\|\gamma'(t)\| = 1.

Calculons la fonction abscisse curviligne s(t)s(t) à partir d'un point t0t_0 :

s(t)=t0tγ(u)du=t0t1du=[u]t0t=tt0s(t) = \int_{t_0}^t \|\gamma'(u)\| du = \int_{t_0}^t 1 \, du = [u]_{t_0}^t = t - t_0

À une constante additive près (le choix du point de départ t0t_0), le paramètre tt est égal à la longueur d'arc s(t)s(t). La courbe est donc paramétrée par la longueur d'arc.

Conclusion

Nous avons démontré les deux implications de l'équivalence : une courbe est paramétrée par la longueur d'arc si et seulement si sa vitesse scalaire est constamment égale à 1.

Orthogonalité de la vitesse et de l'accélération

Démontrez que si une courbe γ(t)\gamma(t) de classe C2C^2 est parcourue à vitesse scalaire constante, alors son vecteur accélération γ(t)\gamma''(t) est orthogonal à son vecteur vitesse γ(t)\gamma'(t) pour tout tt.

Indice

La condition "vitesse scalaire constante" se traduit par γ(t)=C\|\gamma'(t)\| = C, où CC est une constante. Il est souvent plus simple de travailler avec le carré de la norme. Écrivez la condition sous la forme γ(t)2=C2\|\gamma'(t)\|^2 = C^2. Rappelez-vous que v2=vv\|\vec{v}\|^2 = \vec{v} \cdot \vec{v}. Dérivez ensuite l'expression γ(t)γ(t)=C2\gamma'(t) \cdot \gamma'(t) = C^2 par rapport au temps tt.

Solution

Étape 1 : Traduire la condition mathématiquement

Soit γ(t)\gamma(t) une courbe de classe C2C^2. L'hypothèse est que la vitesse scalaire est constante, ce qui s'écrit :

γ(t)=Cpour une constante C0\|\gamma'(t)\| = C \quad \text{pour une constante } C \ge 0

En élevant au carré, nous obtenons une relation équivalente qui est plus facile à dériver :

γ(t)2=C2\|\gamma'(t)\|^2 = C^2

En utilisant la définition du produit scalaire, cela devient :

γ(t)γ(t)=C2\gamma'(t) \cdot \gamma'(t) = C^2

Étape 2 : Dériver l'expression par rapport à tt

Nous dérivons les deux membres de cette équation par rapport à tt. Le membre de droite est une constante, sa dérivée est donc nulle. Pour le membre de gauche, nous utilisons la règle de dérivation du produit scalaire, qui est analogue à la règle du produit pour les fonctions scalaires : (uv)=uv+uv(\vec{u} \cdot \vec{v})' = \vec{u}' \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{v}'.

ddt(γ(t)γ(t))=ddt(C2)\frac{d}{dt} (\gamma'(t) \cdot \gamma'(t)) = \frac{d}{dt} (C^2)

γ(t)γ(t)+γ(t)γ(t)=0\gamma''(t) \cdot \gamma'(t) + \gamma'(t) \cdot \gamma''(t) = 0

Comme le produit scalaire est commutatif, cela se simplifie en :

2(γ(t)γ(t))=02 (\gamma''(t) \cdot \gamma'(t)) = 0

γ(t)γ(t)=0\gamma''(t) \cdot \gamma'(t) = 0

Conclusion

Le produit scalaire du vecteur accélération γ(t)\gamma''(t) et du vecteur vitesse γ(t)\gamma'(t) est nul. Par définition, cela signifie que ces deux vecteurs sont orthogonaux pour tout tt. Physiquement, cela signifie que toute l'accélération est "centripète" ; elle sert uniquement à changer la direction du mouvement, pas sa vitesse.

Position locale d'une courbe en un point birégulier

Démontrez qu'au voisinage d'un point birégulier γ(t0)\gamma(t_0), la courbe est entièrement située d'un seul côté de sa tangente, dans le demi-plan de concavité.

Indice

Un point t0t_0 est birégulier si les vecteurs γ(t0)\gamma'(t_0) et γ(t0)\gamma''(t_0) sont linéairement indépendants. Ils forment donc une base du plan. Utilisez un développement de Taylor-Young à l'ordre 2 du vecteur position M0M(t)=γ(t)γ(t0)\vec{M_0M(t)} = \gamma(t) - \gamma(t_0) au voisinage de t0t_0. Exprimez ce vecteur dans la base (γ(t0),γ(t0))(\gamma'(t_0), \gamma''(t_0)) et analysez le signe de la composante selon γ(t0)\gamma''(t_0).

Solution

Soit t0t_0 un point birégulier d'une courbe γ\gamma de classe C2C^2. Par définition, les vecteurs v0=γ(t0)\vec{v}_0 = \gamma'(t_0) et a0=γ(t0)\vec{a}_0 = \gamma''(t_0) sont linéairement indépendants et forment une base du plan. Le point sur la courbe est M0=γ(t0)M_0 = \gamma(t_0). La tangente en M0M_0 est la droite passant par M0M_0 de direction v0\vec{v}_0.

Étape 1 : Développement de Taylor-Young

Considérons un point M(t)=γ(t)M(t) = \gamma(t) proche de M0M_0. Posons t=t0+ht = t_0 + h, avec hh petit. Le vecteur M0M(t0+h)\vec{M_0M(t_0+h)} peut être approximé par la formule de Taylor-Young à l'ordre 2 :

M0M(t0+h)=γ(t0+h)γ(t0)=hγ(t0)+h22γ(t0)+o(h2)\vec{M_0M(t_0+h)} = \gamma(t_0+h) - \gamma(t_0) = h\gamma'(t_0) + \frac{h^2}{2}\gamma''(t_0) + o(h^2)

M0M(t0+h)=hv0+h22a0+o(h2)\vec{M_0M(t_0+h)} = h\vec{v}_0 + \frac{h^2}{2}\vec{a}_0 + o(h^2)

Étape 2 : Analyse des coordonnées dans la base (v0,a0)(\vec{v}_0, \vec{a}_0)

Dans la base (v0,a0)(\vec{v}_0, \vec{a}_0), les coordonnées du vecteur M0M(t0+h)\vec{M_0M(t_0+h)} sont approximativement (h,h22)(h, \frac{h^2}{2}). Plus formellement, la coordonnée selon a0\vec{a}_0 est donnée par :

Composantea0=h22+terme en o(h2)\text{Composante}_{\vec{a}_0} = \frac{h^2}{2} + \text{terme en } o(h^2)

Pour hh suffisamment petit et non nul, le terme dominant est h22\frac{h^2}{2}. Puisque h2>0h^2 > 0, cette composante est strictement positive.

Conclusion

Le vecteur M0M(t0+h)\vec{M_0M(t_0+h)} a une composante selon a0\vec{a}_0 qui est du signe de h22\frac{h^2}{2}, c'est-à-dire positive pour hh assez petit. Cela signifie que le point M(t0+h)M(t_0+h) se situe dans le demi-plan ouvert délimité par la tangente et contenant le vecteur accélération a0\vec{a}_0. Ce demi-plan est le demi-plan de concavité. La courbe reste donc localement d'un seul côté de sa tangente.

Classification d'un point singulier : la parabole de Neile

Considérez la courbe paramétrée par γ(t)=(t2,t3)\gamma(t) = (t^2, t^3). Démontrez que le point correspondant à t=0t=0 est un point de rebroussement de première espèce.

Indice

Suivez la méthode de classification des points singuliers.

  1. Vérifiez que γ(0)=0\gamma'(0) = \vec{0}.
  2. Calculez les dérivées successives γ(k)(t)\gamma^{(k)}(t) et évaluez-les en t=0t=0.
  3. Trouvez le plus petit entier p2p \ge 2 tel que γ(p)(0)0\gamma^{(p)}(0) \neq \vec{0}.
  4. Trouvez le plus petit entier q>pq > p tel que la famille (γ(p)(0),γ(q)(0))(\gamma^{(p)}(0), \gamma^{(q)}(0)) est libre.
  5. Concluez en fonction de la parité de pp et qq.
Solution

Soit la courbe γ(t)=(t2,t3)\gamma(t) = (t^2, t^3).

Étape 1 : Recherche du point singulier

Le vecteur vitesse est γ(t)=(2t,3t2)\gamma'(t) = (2t, 3t^2).

Pour t=0t=0, on a γ(0)=(0,0)=0\gamma'(0) = (0, 0) = \vec{0}. Le point γ(0)=(0,0)\gamma(0)=(0,0) est donc bien un point singulier.

Étape 2 : Calcul des dérivées supérieures en t=0t=0

Calculons les dérivées successives et évaluons-les en t=0t=0.

  • γ(t)=(2,6t)    γ(0)=(2,0)\gamma''(t) = (2, 6t) \implies \gamma''(0) = (2, 0).
  • γ(t)=(0,6)    γ(0)=(0,6)\gamma'''(t) = (0, 6) \implies \gamma'''(0) = (0, 6).

Étape 3 : Détermination des entiers pp et qq

  • L'entier pp est l'ordre de la première dérivée non nulle à partir du rang 2.

Puisque γ(0)=(2,0)0\gamma''(0) = (2,0) \neq \vec{0}, on a p=2p=2.

  • L'entier qq est l'ordre de la première dérivée (d'ordre supérieur à pp) qui forme une famille libre avec γ(p)(0)\gamma^{(p)}(0).

Nous devons tester la dépendance linéaire de (γ(2)(0),γ(k)(0))(\gamma^{(2)}(0), \gamma^{(k)}(0)) pour k>2k > 2.

Pour k=3k=3, la famille est (γ(2)(0),γ(3)(0))=((2,0),(0,6))(\gamma^{(2)}(0), \gamma^{(3)}(0)) = ((2,0), (0,6)).

Le déterminant de ces deux vecteurs dans la base canonique est 2006=120\begin{vmatrix} 2 & 0 \\ 0 & 6 \end{vmatrix} = 12 \neq 0.

Les vecteurs sont donc linéairement indépendants.

On a donc q=3q=3.

Étape 4 : Conclusion

Nous avons trouvé p=2p=2 (pair) et q=3q=3 (impair).

Selon la classification des points singuliers, un point avec (p,q)(p,q) = (pair, impair) est un point de rebroussement de première espèce.

Vecteur gradient et normale à une courbe implicite

Soit une courbe C\mathcal{C} définie par F(x,y)=0F(x,y)=0, où FF est une fonction de classe C1C^1. Soit M0=(x0,y0)M_0=(x_0, y_0) un point de la courbe tel que le gradient F(M0)\nabla F(M_0) est non nul. Démontrez que le vecteur F(M0)\nabla F(M_0) est normal (orthogonal) à la droite tangente à la courbe C\mathcal{C} en M0M_0.

Indice

Considérez une paramétrisation locale de la courbe, γ(t)=(x(t),y(t))\gamma(t) = (x(t), y(t)), telle que γ(t0)=M0\gamma(t_0) = M_0. Le vecteur tangent à la courbe en M0M_0 est γ(t0)\gamma'(t_0).

Puisque chaque point de la courbe satisfait F(x,y)=0F(x,y)=0, on a l'identité F(x(t),y(t))=0F(x(t), y(t)) = 0. Dérivez cette identité par rapport à tt en utilisant la règle de dérivation en chaîne pour les fonctions de plusieurs variables.

Solution

Étape 1 : Mettre en place les outils

Soit la courbe C\mathcal{C} d'équation implicite F(x,y)=0F(x,y)=0. Soit M0=(x0,y0)M_0=(x_0,y_0) un point de C\mathcal{C} tel que F(M0)=(Fx(M0),Fy(M0))0\nabla F(M_0) = \left(\frac{\partial F}{\partial x}(M_0), \frac{\partial F}{\partial y}(M_0)\right) \neq \vec{0}.

Ce point est un point régulier de la courbe implicite, qui admet donc une tangente bien définie.

Soit γ(t)=(x(t),y(t))\gamma(t) = (x(t), y(t)) une paramétrisation de classe C1C^1 d'un arc de C\mathcal{C} passant par M0M_0. Supposons que γ(t0)=M0\gamma(t_0) = M_0 et que γ(t0)0\gamma'(t_0) \neq \vec{0}. Le vecteur γ(t0)=(x(t0),y(t0))\gamma'(t_0) = (x'(t_0), y'(t_0)) est un vecteur directeur de la droite tangente à C\mathcal{C} en M0M_0.

Étape 2 : Utiliser l'équation de la courbe

Pour tout tt dans l'intervalle de définition de γ\gamma, le point γ(t)\gamma(t) est sur la courbe, donc il vérifie l'équation :

F(x(t),y(t))=0F(x(t), y(t)) = 0

Cette relation est une identité en tt. On peut donc la dériver par rapport à tt.

Étape 3 : Dériver et interpréter

En utilisant la règle de dérivation en chaîne, la dérivée de la fonction composée G(t)=F(x(t),y(t))G(t) = F(x(t), y(t)) est :

dGdt=Fx(x(t),y(t))x(t)+Fy(x(t),y(t))y(t)\frac{dG}{dt} = \frac{\partial F}{\partial x}(x(t), y(t)) \cdot x'(t) + \frac{\partial F}{\partial y}(x(t), y(t)) \cdot y'(t)

Puisque G(t)=0G(t) = 0 pour tout tt, sa dérivée est nulle. En évaluant en t=t0t=t_0, on obtient :

Fx(M0)x(t0)+Fy(M0)y(t0)=0\frac{\partial F}{\partial x}(M_0) \cdot x'(t_0) + \frac{\partial F}{\partial y}(M_0) \cdot y'(t_0) = 0

Cette expression est précisément le produit scalaire du vecteur gradient F(M0)\nabla F(M_0) et du vecteur tangent γ(t0)\gamma'(t_0) :

F(M0)γ(t0)=0\nabla F(M_0) \cdot \gamma'(t_0) = 0

Conclusion

Le produit scalaire entre le vecteur gradient et le vecteur tangent étant nul, ces deux vecteurs sont orthogonaux. Le vecteur gradient F(M0)\nabla F(M_0) est donc normal à la tangente de la courbe au point M0M_0.

Classification des coniques par le discriminant

Démontrez que la nature d'une conique non dégénérée d'équation ax2+2cxy+by2+dx+ey+f=0ax^2 + 2cxy + by^2 + dx + ey + f = 0 est déterminée par le signe de son discriminant quadratique Δ=abc2\Delta = ab-c^2.

Indice

La partie quadratique Q(x,y)=ax2+2cxy+by2Q(x,y) = ax^2 + 2cxy + by^2 peut être représentée par la matrice symétrique M=(accb)M = \begin{pmatrix} a & c \\ c & b \end{pmatrix}. Un changement de repère par rotation correspond à diagonaliser cette matrice. La nature de la conique dépend des signes des valeurs propres de MM. Exprimez le déterminant de MM (qui est égal à Δ\Delta) en fonction de ses valeurs propres.

Solution

L'équation générale d'une conique est ax2+2cxy+by2+dx+ey+f=0ax^2 + 2cxy + by^2 + dx + ey + f = 0.

Étape 1 : Représentation matricielle de la partie quadratique

La partie quadratique Q(x,y)=ax2+2cxy+by2Q(x,y) = ax^2 + 2cxy + by^2 peut s'écrire sous forme matricielle :

Q(x,y)=(xy)(accb)(xy)Q(x,y) = \begin{pmatrix} x & y \end{pmatrix} \begin{pmatrix} a & c \\ c & b \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}

Soit M=(accb)M = \begin{pmatrix} a & c \\ c & b \end{pmatrix} la matrice symétrique associée.

Étape 2 : Rotation du repère

Selon le théorème spectral, il existe une base orthonormée de vecteurs propres pour MM. Effectuer une rotation du repère pour l'aligner avec ces vecteurs propres diagonalise la matrice MM. Dans le nouveau repère (X,Y)(X,Y), la partie quadratique de l'équation devient :

λ1X2+λ2Y2\lambda_1 X^2 + \lambda_2 Y^2

λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 sont les valeurs propres de MM. L'équation de la conique dans ce nouveau repère est de la forme :

λ1X2+λ2Y2+dX+eY+f=0\lambda_1 X^2 + \lambda_2 Y^2 + d'X + e'Y + f' = 0

Étape 3 : Relation entre les valeurs propres et le discriminant

Le déterminant d'une matrice est un invariant par changement de base. De plus, le déterminant est égal au produit des valeurs propres.

det(M)=λ1λ2\det(M) = \lambda_1 \lambda_2

Le discriminant de la conique est Δ=abc2=det(M)\Delta = ab-c^2 = \det(M). On a donc :

Δ=λ1λ2\Delta = \lambda_1 \lambda_2

Étape 4 : Discussion selon le signe de Δ\Delta

La nature de la conique dépend des signes de λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2.

  1. Cas Ellipse : Si Δ=λ1λ2>0\Delta = \lambda_1 \lambda_2 > 0, alors λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 sont non nuls et de même signe. Après une éventuelle translation (pour éliminer les termes linéaires), l'équation se ramène à λ1X2+λ2Y2=C\lambda_1 X'^2 + \lambda_2 Y'^2 = C. Si CC est du même signe que les λi\lambda_i, on obtient une ellipse. (Si C=0C=0, un point ; si CC est de signe opposé, l'ensemble vide).
  2. Cas Hyperbole : Si Δ=λ1λ2<0\Delta = \lambda_1 \lambda_2 < 0, alors λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 sont non nuls et de signes opposés. L'équation se ramène à une forme du type X2α2Y2β2=1\frac{X'^2}{\alpha^2} - \frac{Y'^2}{\beta^2} = 1, qui est l'équation d'une hyperbole. (Si le second membre est nul, on obtient deux droites sécantes, un cas dégénéré).
  3. Cas Parabole : Si Δ=λ1λ2=0\Delta = \lambda_1 \lambda_2 = 0, alors au moins une des valeurs propres est nulle. Puisque la partie quadratique n'est pas identiquement nulle, une seule valeur propre est nulle, disons λ2=0\lambda_2 = 0. L'équation devient λ1X2+dX+eY+f=0\lambda_1 X^2 + d'X + e'Y + f' = 0. Si e0e' \neq 0, on peut la ramener par translation à une forme du type Y2=2pXY'^2 = 2pX', qui est l'équation d'une parabole.

Conclusion

Le signe du discriminant Δ=abc2\Delta = ab-c^2 est le même que celui du produit des valeurs propres λ1λ2\lambda_1 \lambda_2, qui détermine si la conique est du genre ellipse (Δ>0\Delta > 0), hyperbole (Δ<0\Delta < 0) ou parabole (Δ=0\Delta = 0).

Paramétrage rationnel du cercle unité

Démontrez que le paramétrage γ(t)=(1t21+t2,2t1+t2)\gamma(t) = \left( \frac{1-t^2}{1+t^2}, \frac{2t}{1+t^2} \right) pour tRt \in \mathbb{R} décrit le cercle unité x2+y2=1x^2+y^2=1, privé d'un point que vous préciserez.

Indice

Pour prouver que les points de la courbe sont sur le cercle, substituez les expressions de x(t)x(t) et y(t)y(t) dans l'équation du cercle x2+y2=1x^2+y^2=1 et vérifiez que l'égalité est satisfaite pour tout tRt \in \mathbb{R}.

Pour déterminer quel point est manquant, étudiez la limite de x(t)x(t) et y(t)y(t) lorsque t±t \to \pm\infty.

Solution

Soit le paramétrage γ(t)=(x(t),y(t))\gamma(t) = (x(t), y(t)) avec x(t)=1t21+t2x(t) = \frac{1-t^2}{1+t^2} et y(t)=2t1+t2y(t) = \frac{2t}{1+t^2}.

Étape 1 : Vérifier que les points sont sur le cercle

Nous devons montrer que pour tout tRt \in \mathbb{R}, on a x(t)2+y(t)2=1x(t)^2 + y(t)^2 = 1.

Calculons la somme des carrés :

x(t)2+y(t)2=(1t21+t2)2+(2t1+t2)2x(t)^2 + y(t)^2 = \left( \frac{1-t^2}{1+t^2} \right)^2 + \left( \frac{2t}{1+t^2} \right)^2

=(1t2)2(1+t2)2+(2t)2(1+t2)2= \frac{(1-t^2)^2}{(1+t^2)^2} + \frac{(2t)^2}{(1+t^2)^2}

=(12t2+t4)+4t2(1+t2)2= \frac{(1 - 2t^2 + t^4) + 4t^2}{(1+t^2)^2}

=1+2t2+t4(1+t2)2= \frac{1 + 2t^2 + t^4}{(1+t^2)^2}

=(1+t2)2(1+t2)2=1= \frac{(1+t^2)^2}{(1+t^2)^2} = 1

L'équation est vérifiée pour tout tRt \in \mathbb{R}. L'image de la courbe est donc bien contenue dans le cercle unité.

Étape 2 : Déterminer si tous les points du cercle sont atteints

Ce paramétrage est défini pour tout tRt \in \mathbb{R}. Pour savoir si tous les points du cercle sont atteints, nous pouvons essayer de résoudre tt en fonction de (x,y)(x,y).

Si x1x \neq -1, on peut écrire t=y/(1+x)t = y / (1+x).

x=1t21+t2=1(y/(1+x))21+(y/(1+x))2=(1+x)2y2(1+x)2+y2=1+2x+x2y21+2x+x2+y2x = \frac{1-t^2}{1+t^2} = \frac{1 - (y/(1+x))^2}{1 + (y/(1+x))^2} = \frac{(1+x)^2-y^2}{(1+x)^2+y^2} = \frac{1+2x+x^2-y^2}{1+2x+x^2+y^2}.

Puisque x2+y2=1x^2+y^2=1, on a x=1+2x+x2(1x2)1+2x+1=2x+2x22+2x=2x(1+x)2(1+x)=xx = \frac{1+2x+x^2-(1-x^2)}{1+2x+1} = \frac{2x+2x^2}{2+2x} = \frac{2x(1+x)}{2(1+x)} = x.

Cette relation est une identité pour x1x \neq -1. Donc, tout point (x,y)(x,y) du cercle avec x1x \neq -1 peut être atteint en posant t=y/(1+x)t=y/(1+x).

Considérons le point (1,0)(-1, 0). Si l'on essaie de résoudre γ(t)=(1,0)\gamma(t) = (-1,0), on obtient :

1t21+t2=1    1t2=1t2    1=1(impossible)\frac{1-t^2}{1+t^2} = -1 \implies 1-t^2 = -1-t^2 \implies 1=-1 \quad \text{(impossible)}

Le point (1,0)(-1,0) n'est donc jamais atteint.

Alternativement, étudions la limite de γ(t)\gamma(t) quand tt \to \infty :

limtx(t)=limtt2t2=1\lim_{t\to\infty} x(t) = \lim_{t\to\infty} \frac{-t^2}{t^2} = -1

limty(t)=limt2tt2=0\lim_{t\to\infty} y(t) = \lim_{t\to\infty} \frac{2t}{t^2} = 0

Le point (1,0)(-1,0) est le point limite de la courbe lorsque le paramètre tend vers l'infini.

Conclusion

Le paramétrage γ(t)=(1t21+t2,2t1+t2)\gamma(t) = \left( \frac{1-t^2}{1+t^2}, \frac{2t}{1+t^2} \right) décrit le cercle unité x2+y2=1x^2+y^2=1 privé du point (1,0)(-1, 0).

Courbure du graphe d'une fonction

Démontrez que la courbure d'une courbe définie par le graphe d'une fonction y=f(x)y=f(x) de classe C2C^2 est donnée par la formule :

κ(x)=f(x)(1+[f(x)]2)3/2\kappa(x) = \frac{f''(x)}{(1 + [f'(x)]^2)^{3/2}}

Indice

Le graphe d'une fonction y=f(x)y=f(x) peut être paramétré de manière naturelle en utilisant xx comme paramètre. Posez γ(x)=(x,f(x))\gamma(x) = (x, f(x)).

Calculez les deux premières dérivées de ce vecteur de position, γ(x)\gamma'(x) et γ(x)\gamma''(x).

Appliquez ensuite la formule générale de la courbure pour un paramétrage quelconque : κ=det(γ,γ)γ3\kappa = \frac{\det(\gamma', \gamma'')}{\|\gamma'\|^3}.

Solution

Étape 1 : Paramétrer la courbe

Une courbe définie par l'équation y=f(x)y=f(x) peut être paramétrée en utilisant t=xt=x. Le paramétrage est donc :

γ(x)=(x,f(x))\gamma(x) = (x, f(x))

Les composantes sont x(x)=xx(x)=x et y(x)=f(x)y(x)=f(x).

Étape 2 : Calculer les vecteurs vitesse et accélération

Nous dérivons les composantes par rapport au paramètre xx :

  • Composantes de la vitesse γ(x)\gamma'(x):

    x(x)=ddx(x)=1x'(x) = \frac{d}{dx}(x) = 1

    y(x)=ddx(f(x))=f(x)y'(x) = \frac{d}{dx}(f(x)) = f'(x)

    Donc, γ(x)=(1,f(x))\gamma'(x) = (1, f'(x)).

  • Composantes de l'accélération γ(x)\gamma''(x):

    x(x)=ddx(1)=0x''(x) = \frac{d}{dx}(1) = 0

    y(x)=ddx(f(x))=f(x)y''(x) = \frac{d}{dx}(f'(x)) = f''(x)

    Donc, γ(x)=(0,f(x))\gamma''(x) = (0, f''(x)).

Étape 3 : Appliquer la formule de la courbure

La formule générale de la courbure est κ=det(γ,γ)γ3\kappa = \frac{\det(\gamma', \gamma'')}{\|\gamma'\|^3}.

Calculons les deux termes de cette formule :

  • Le déterminant :

    det(γ(x),γ(x))=10f(x)f(x)=1f(x)0f(x)=f(x)\det(\gamma'(x), \gamma''(x)) = \begin{vmatrix} 1 & 0 \\ f'(x) & f''(x) \end{vmatrix} = 1 \cdot f''(x) - 0 \cdot f'(x) = f''(x)

  • La norme de la vitesse au cube :

    γ(x)=12+(f(x))2=1+[f(x)]2\|\gamma'(x)\| = \sqrt{1^2 + (f'(x))^2} = \sqrt{1 + [f'(x)]^2}

    γ(x)3=(1+[f(x)]2)3/2\|\gamma'(x)\|^3 = (1 + [f'(x)]^2)^{3/2}

Conclusion

En substituant ces deux résultats dans la formule de la courbure, on obtient :

κ(x)=f(x)(1+[f(x)]2)3/2\kappa(x) = \frac{f''(x)}{(1 + [f'(x)]^2)^{3/2}}

Le signe de la courbure est déterminé par le signe de la dérivée seconde f(x)f''(x), ce qui correspond bien à la notion de concavité pour le graphe d'une fonction.

Courbure totale d'une courbe simple fermée

En utilisant le théorème de Gauss-Bonnet, démontrez que l'intégrale de la courbure le long d'une courbe simple, fermée, régulière et de classe C2C^2, parcourue dans le sens trigonométrique, est égale à 2π2\pi.

Indice

Le théorème de Gauss-Bonnet pour une courbe plane fermée C\mathcal{C} stipule que Cκds=2π×Enroul(C)\int_{\mathcal{C}} \kappa \, ds = 2\pi \times \text{Enroul}(\mathcal{C}).

La question revient à déterminer la valeur du nombre d'enroulement de la tangente, Enroul(C)\text{Enroul}(\mathcal{C}), pour une courbe qui est "simple" (ne se croise pas) et parcourue dans le sens trigonométrique (anti-horaire). Visualisez comment le vecteur tangent unitaire évolue lorsque vous parcourez une telle courbe.

Solution

Étape 1 : Rappel du théorème de Gauss-Bonnet

Le théorème de Gauss-Bonnet pour une courbe plane C\mathcal{C}, paramétrée par un lacet régulier γ:[a,b]R2\gamma: [a,b] \to \mathbb{R}^2 de classe C2C^2, énonce que :

Cκds=abκ(t)γ(t)dt=2πEnroul(γ)\int_{\mathcal{C}} \kappa \, ds = \int_a^b \kappa(t) \|\gamma'(t)\| \, dt = 2\pi \cdot \text{Enroul}(\gamma)

κ\kappa est la courbure et Enroul(γ)\text{Enroul}(\gamma) est le nombre d'enroulement de la tangente.

Étape 2 : Interprétation du nombre d'enroulement

Le nombre d'enroulement de la tangente, Enroul(γ)\text{Enroul}(\gamma), est le nombre total de tours complets (comptés algébriquement) effectués par le vecteur tangent unitaire τ(t)=γ(t)/γ(t)\tau(t) = \gamma'(t)/\|\gamma'(t)\| lorsque le paramètre tt parcourt l'intervalle [a,b][a,b].

Si φ(t)\varphi(t) est l'angle du vecteur tangent avec l'axe des abscisses, alors :

Enroul(γ)=φ(b)φ(a)2π\text{Enroul}(\gamma) = \frac{\varphi(b) - \varphi(a)}{2\pi}

Ce nombre est nécessairement un entier.

Étape 3 : Appliquer aux hypothèses de la courbe

On nous donne une courbe C\mathcal{C} qui est :

  • Fermée : Le point de départ et d'arrivée coïncident.
  • Simple : Elle ne se recoupe pas.
  • Parcourue dans le sens trigonométrique (anti-horaire) : C'est l'orientation positive.

Imaginons que nous suivons la courbe. Le vecteur tangent unitaire est un point qui se déplace sur le cercle unité. Comme la courbe C\mathcal{C} est fermée et que l'on revient au point de départ avec la même tangente, le vecteur tangent unitaire doit revenir à sa position initiale sur le cercle unité.

Puisque la courbe est simple et parcourue dans le sens positif, elle fait une unique "boucle" dans le plan. Le vecteur tangent doit donc faire lui aussi une unique "boucle" dans le sens positif autour de l'origine sur son cercle. Il accomplit donc exactement un tour complet.

Le changement total d'angle est φ(b)φ(a)=2π\varphi(b) - \varphi(a) = 2\pi.

Le nombre d'enroulement est donc :

Enroul(C)=2π2π=1\text{Enroul}(\mathcal{C}) = \frac{2\pi}{2\pi} = 1

Conclusion

En appliquant le théorème de Gauss-Bonnet avec Enroul(C)=1\text{Enroul}(\mathcal{C})=1, on obtient :

Cκds=2π×1=2π\int_{\mathcal{C}} \kappa \, ds = 2\pi \times 1 = 2\pi

Ce résultat remarquable montre que, quelle que soit la forme précise d'une courbe simple fermée (un cercle, une ellipse, une forme plus complexe), la somme de toutes ses petites courbures locales le long de son parcours donne toujours 2π2\pi si elle est parcourue positivement.