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Analyse (Section 2) (A)
Concept 1: Limite d’une fonction en un point
Prérequis
- Notion de fonction d’une variable réelle.
- Manipulation des valeurs absolues et des inégalités.
- Connaissance des intervalles de .
- Concept de limite d’une suite numérique.
Définition
Soit une fonction définie sur un intervalle , et soit un point de ou une de ses bornes (on note ). Soit un nombre réel.
On dit que la fonction tend vers la limite lorsque tend vers , si pour tout nombre réel (aussi petit que l’on veut), on peut trouver un nombre réel tel que, pour tout dans l’intervalle , si est à une distance de inférieure à , alors est à une distance de inférieure à .
Avec les notations mathématiques, cela s’écrit :
On note alors ou .
Variantes de la définition :
-
Limite infinie en un point : On dit que tend vers en si :
-
Limite finie en : On dit que tend vers en si :
-
Limite à gauche en : On regarde le comportement de pour les strictement inférieurs à . On note si :
-
Limite à droite en : De même pour les strictement supérieurs à . On note si :
Propriétés Clés
- Unicité de la limite : Si une fonction admet une limite en un point, cette limite est unique.
- Caractérisation séquentielle : La fonction tend vers en si et seulement si pour toute suite d’éléments de qui converge vers (avec ), la suite des images converge vers . C’est un pont fondamental entre les limites de fonctions et les limites de suites.
- Opérations sur les limites : Les limites se comportent bien avec les opérations arithmétiques (somme, produit, quotient), de manière analogue aux limites de suites. Par exemple, si et , alors .
- Limite et ordre : Les inégalités larges sont préservées par passage à la limite (théorème des gendarmes).
Exemples
Exemple 1 : Une fonction polynomiale
Soit la fonction et cherchons sa limite en . On s’attend à trouver .
Montrons-le avec la définition.
Soit . Nous devons trouver un tel que si , alors .
On a .
Pour contrôler le terme , on peut d’abord imposer une condition sur , par exemple .
Si , alors , donc , ce qui implique .
Ainsi, .
Pour avoir , il suffit de choisir .
Nous devons donc satisfaire deux conditions : et .
En choisissant , les deux conditions sont remplies.
Donc, .
Exemple 2 : Une fonction rationnelle avec une “valeur interdite”
Soit définie sur . Cherchons la limite en .
Pour , on peut simplifier l’expression : .
La limite de en 2 est donc la même que la limite de en 2, qui est .
Avec la définition : soit . On veut pour .
.
Il suffit donc de choisir . Si , alors .
Donc, .
Exemple 3 : Limite à gauche et à droite
Soit la fonction définie par si et si . Étudions la limite en .
- Limite à droite : On s’intéresse aux . .
- Limite à gauche : On s’intéresse aux . .
Comme la limite à gauche est différente de la limite à droite, la fonction n’admet pas de limite en .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : La fonction “partie entière”
Soit , la partie entière de . Étudions la limite en .
- Pour , . Donc .
- Pour , . Donc .
Les limites à gauche et à droite sont différentes, donc la fonction n’admet pas de limite en .
Contre-exemple 2 : Une fonction qui oscille indéfiniment
Soit pour . Cherchons la limite en .
Considérons la suite . Elle tend vers 0. . La suite tend vers 0.
Considérons une autre suite . Elle tend aussi vers 0. . La suite tend vers 1.
Puisque nous avons trouvé deux suites tendant vers 0 dont les images par convergent vers des limites différentes, la fonction n’admet pas de limite en 0 (d’après la caractérisation séquentielle).
Concepts Connexes
- Continuité : La notion de continuité est directement définie à partir de celle de limite. Une fonction est continue en si .
- Dérivabilité : La dérivée d’une fonction en un point est définie comme la limite du taux d’accroissement.
Applications
- La notion de limite est le concept fondamental sur lequel repose tout le calcul différentiel et intégral (l’Analyse).
- Elle permet d’étudier le comportement de fonctions au voisinage de points critiques ou à l’infini (asymptotes).
- En physique, elle permet de définir des grandeurs instantanées, comme la vitesse instantanée qui est la limite de la vitesse moyenne.
Concept 2: Continuité d’une fonction
Prérequis
- Concept 1: Limite d’une fonction en un point.
- Domaine de définition d’une fonction.
Définition
Soit une fonction définie sur un intervalle et soit un point de .
On dit que la fonction est continue en si la limite de quand tend vers est égale à la valeur de la fonction en , c’est-à-dire .
Mathématiquement, cela s’écrit :
En utilisant la définition de la limite, cela se traduit par :
Intuitivement, une fonction est continue en un point si son graphe ne présente pas de “saut” ou de “trou” en ce point. On peut tracer son graphe autour de ce point “sans lever le crayon”.
On dit que la fonction est continue sur l’intervalle si elle est continue en tout point de .
Propriétés Clés
- Caractérisation séquentielle : est continue en si et seulement si pour toute suite d’éléments de qui converge vers , la suite des images converge vers .
- Opérations et continuité :
- Si et sont continues en , alors et sont continues en .
- Si de plus , alors est continue en .
- Composition : Si est continue en et est continue en , alors la fonction composée est continue en .
- Prolongement par continuité : Si une fonction est définie et continue sur un intervalle de la forme et admet une limite finie en , on peut la “prolonger” en une fonction continue sur en posant et pour .
Exemples
Exemple 1 : Les fonctions usuelles
Les fonctions polynomiales, la fonction exponentielle, les fonctions sinus et cosinus sont continues sur . Les fonctions rationnelles (quotients de polynômes) sont continues sur leur domaine de définition. La fonction logarithme népérien est continue sur .
Par exemple, la fonction est continue en tout point de .
Exemple 2 : Prolongement par continuité
Soit la fonction définie sur . Cette fonction est continue sur son domaine de définition.
On sait que . La limite en 0 est finie.
On peut donc prolonger par continuité en 0 en définissant une nouvelle fonction sur entier :
Cette fonction est continue sur .
Exemple 3 : Une fonction définie par morceaux
Considérons la fonction définie par :
Cette fonction est clairement continue pour . Étudions la continuité en .
- .
- Limite à droite : .
- Limite à gauche : .
Les limites à gauche et à droite sont égales à . Donc est continue en 1. La fonction est donc continue sur .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Une discontinuité de première espèce (saut)
Soit la fonction de l’Exemple 13 du cours : si et si .
- .
- .
- .
La limite à gauche est différente de , donc la fonction n’est pas continue en 0. On observe un “saut” dans le graphe.
Contre-exemple 2 : Une fonction non prolongeable par continuité
Soit la fonction sur .
et .
La fonction n’admet pas de limite finie en 0. Il est donc impossible de la prolonger par continuité en ce point.
Concepts Connexes
- Théorème des valeurs intermédiaires et Théorème des bornes atteintes : Ce sont des propriétés fondamentales des fonctions continues sur des intervalles fermés et bornés (segments).
- Dérivabilité : Toute fonction dérivable en un point est nécessairement continue en ce point. La réciproque est fausse.
- Intégrabilité : Toute fonction continue sur un segment est intégrable sur ce segment.
Applications
- La continuité est une hypothèse cruciale dans de nombreux théorèmes d’analyse (TVI, Rolle, accroissements finis, etc.).
- En modélisation, elle représente des processus qui évoluent sans changement brutal. Par exemple, la température ou la position d’un objet en mouvement sont généralement modélisées par des fonctions continues.
Concept 3: Théorèmes fondamentaux des fonctions continues sur un segment
Prérequis
- Concept 2: Continuité d’une fonction.
- Notion de segment .
- Notions de borne supérieure (sup) et borne inférieure (inf).
Définition
Ce concept regroupe deux théorèmes majeurs qui décrivent le comportement des fonctions continues sur un intervalle fermé et borné, appelé segment.
-
Théorème des Valeurs Intermédiaires (TVI)
Hypothèses : Soit une fonction continue sur un segment .
Conclusion : Pour tout réel compris entre et , il existe au moins un réel dans le segment tel que .
Autrement dit, la fonction prend toutes les valeurs intermédiaires entre et .
-
Théorème des Bornes Atteintes
Hypothèses : Soit une fonction continue sur un segment .
Conclusion : La fonction est bornée sur (c’est-à-dire qu’il existe et tels que pour tout ). De plus, elle atteint ses bornes : il existe tel que est le minimum de sur , et il existe tel que est le maximum de sur .
Propriétés Clés
- Image d’un intervalle : L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle .
- Image d’un segment : Une conséquence directe des deux théorèmes est que l’image d’un segment par une fonction continue est un segment , où est le minimum de et est son maximum sur .
- Corollaire du TVI (Théorème de Bolzano) : Si est continue sur et si et sont de signes opposés (c’est-à-dire ), alors il existe au moins un tel que . Ce corollaire est très utile pour prouver l’existence de solutions à des équations.
Exemples
Exemple 1 : Existence d’une solution (TVI)
Montrons que l’équation admet au moins une solution dans l’intervalle .
Soit .
- La fonction est une fonction polynomiale, elle est donc continue sur , et en particulier sur le segment .
- Calculons les valeurs aux bornes : et .
- Le nombre est bien compris entre et .
- D’après le Théorème des Valeurs Intermédiaires, il existe donc un tel que .
Exemple 2 : Existence d’un maximum et minimum (Bornes Atteintes)
Soit la fonction sur le segment .
- est continue sur car c’est un polynôme.
- Le théorème des bornes atteintes nous garantit que admet un minimum et un maximum sur cet intervalle.
- Pour les trouver, on étudie les variations. , qui s’annule en .
- On compare les valeurs aux points critiques et aux bornes : , , et .
- Le maximum est , atteint en . Le minimum est , atteint en .
- L’image du segment est le segment .
Exemple 3 : Image d’un intervalle
Soit sur l’intervalle . est continue sur .
- .
- .
- La fonction exponentielle est croissante.
L’image de l’intervalle est donc l’intervalle . C’est bien un intervalle.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Fonction non continue
Soit définie sur par si et si .
- et .
- La valeur est bien entre et , mais il n’existe aucun tel que . Le TVI ne s’applique pas car n’est pas continue en 1.
Contre-exemple 2 : Intervalle non fermé (non-atteinte des bornes)
Soit sur l’intervalle ouvert .
- est continue sur .
- L’ensemble des valeurs de sur est .
- La borne supérieure des valeurs est 1, mais elle n’est jamais atteinte (il n’y a pas de tel que ). De même pour la borne inférieure 0. Le théorème des bornes atteintes ne s’applique pas car l’intervalle n’est pas un segment.
Concepts Connexes
- Suite convergente (Théorème de Bolzano-Weierstrass) : La preuve du théorème des bornes atteintes repose sur l’extraction d’une sous-suite convergente d’une suite bornée.
- Dérivabilité : Le théorème de Rolle, un résultat clé sur les fonctions dérivables, est une conséquence du théorème des bornes atteintes.
Applications
- Résolution d’équations : Le TVI est un outil théorique fondamental pour prouver l’existence de solutions, ce qui justifie la recherche de ces solutions par des méthodes numériques (dichotomie).
- Optimisation : Le théorème des bornes atteintes garantit l’existence d’un optimum (maximum ou minimum) pour une fonction continue sur un domaine “compact” (généralisation d’un segment), ce qui est à la base de nombreux problèmes d’optimisation en sciences, ingénierie et économie.
Concept 4: Dérivabilité d’une fonction en un point
Prérequis
- Concept 1: Limite d’une fonction en un point.
- Notion de taux d’accroissement.
Définition
Soit une fonction définie sur un intervalle et soit un point de .
On dit que la fonction est dérivable en si le taux d’accroissement de entre et admet une limite finie lorsque tend vers .
Ce taux d’accroissement est le quotient .
La limite, si elle existe et est finie, est appelée le nombre dérivé de en , et est notée .
On dit que la fonction est dérivable sur si elle est dérivable en tout point de . La fonction qui à chaque associe est appelée la fonction dérivée de .
Propriétés Clés
-
Interprétation géométrique : Le nombre dérivé est la pente (ou le coefficient directeur) de la tangente au graphe de la fonction au point d’abscisse . L’équation de cette tangente est .
-
Développement limité d’ordre 1 : Une fonction est dérivable en si et seulement si elle admet un développement limité d’ordre 1 au voisinage de . C’est-à-dire qu’il existe un réel tel que :
Dans ce cas, on a . Cette formulation signifie que la fonction peut être approximée localement par une fonction affine (sa tangente).
-
La dérivabilité implique la continuité : Si une fonction est dérivable en un point , alors elle est nécessairement continue en . La réciproque est fausse.
Exemples
Exemple 1 : Dérivée de la fonction carré
Soit . Calculons sa dérivée au point .
Le taux d’accroissement est :
On calcule la limite de ce taux lorsque tend vers 3 :
La fonction carré est dérivable en 3 et sa dérivée vaut 6.
Exemple 2 : Dérivée de la fonction racine carrée
Soit pour . Calculons sa dérivée en un point .
Le taux d’accroissement est :
On calcule la limite lorsque tend vers :
La fonction est dérivable pour tout .
Exemple 3 : Développement limité d’ordre 1
Pour la fonction au voisinage de .
On sait que et , donc on s’attend à .
Le développement limité connu de en 0 est .
Ceci s’écrit aussi .
On identifie directement .
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : La fonction valeur absolue
Soit . Étudions la dérivabilité en .
Le taux d’accroissement est .
- Si , le taux vaut . La limite à droite est donc 1.
- Si , le taux vaut . La limite à gauche est donc -1.
Les limites à gauche et à droite du taux d’accroissement sont différentes. La fonction n’est donc pas dérivable en 0. Elle est continue en 0, mais pas dérivable : le graphe présente un “point anguleux”.
Contre-exemple 2 : Une tangente verticale
Soit en .
Le taux d’accroissement pour est :
Lorsque tend vers , ce taux tend vers . La limite n’est pas finie.
La fonction n’est donc pas dérivable en 0. Géométriquement, la courbe admet une tangente verticale en ce point.
Concepts Connexes
- Continuité : La dérivabilité est une condition plus forte que la continuité.
- Théorème des accroissements finis : Ce théorème relie la variation globale d’une fonction sur un intervalle à la valeur de sa dérivée en un point de cet intervalle.
- Développement de Taylor : Le développement limité d’ordre 1 est le premier pas vers les développements de Taylor d’ordre supérieur, qui permettent d’approximer une fonction par des polynômes.
Applications
- Optimisation : Trouver les maxima et minima d’une fonction en cherchant les points où sa dérivée s’annule.
- Physique : La dérivée représente des taux de variation instantanés : vitesse (dérivée de la position), accélération (dérivée de la vitesse), courant électrique (dérivée de la charge), etc.
- Méthode de Newton : Un algorithme puissant pour trouver des zéros d’une fonction, qui utilise la dérivée pour construire une suite d’approximations.
Concept 5: Opérations sur les fonctions dérivables
Prérequis
- Concept 4: Dérivabilité d’une fonction en un point.
Définition
Ce concept n’est pas une définition unique, mais un ensemble de règles (propositions) permettant de calculer la dérivée de fonctions construites à partir de fonctions plus simples.
Hypothèses : Soient et deux fonctions dérivables en un point (ou sur un intervalle ).
Propriétés Clés (Règles de dérivation)
-
Dérivée d’une somme : La fonction somme est dérivable en et :
-
Dérivée d’un produit par un scalaire : Pour tout réel , la fonction est dérivable en et :
-
Dérivée d’un produit (Règle de Leibniz) : La fonction produit est dérivable en et :
-
Dérivée d’un inverse : Si de plus , la fonction est dérivable en et :
-
Dérivée d’un quotient : Si de plus , la fonction est dérivable en et :
-
Dérivée d’une composée (Règle de la chaîne) : Soit dérivable en et dérivable en . Alors la fonction composée est dérivable en et :
Exemples
Exemple 1 : Dérivée d’un polynôme
Soit .
En utilisant les règles de la somme, du produit par un scalaire, et la formule connue :
.
Exemple 2 : Dérivée d’une fraction rationnelle
Soit . On pose et .
et .
En utilisant la formule du quotient :
.
Exemple 3 : Dérivée d’une fonction composée
Soit . C’est la composée avec et .
On a et .
La règle de la chaîne donne :
.
Un autre exemple : .
C’est avec et .
et .
.
Contre-exemples
Il n’y a pas de “contre-exemples” à ces règles qui sont des théorèmes. Les erreurs courantes viennent d’une mauvaise application de ces règles.
Erreur 1 : Oublier la règle du produit
L’erreur classique est de penser que la dérivée d’un produit est le produit des dérivées :
.
Par exemple, pour et , on a , donc .
Cependant, et , donc , ce qui est différent de .
Erreur 2 : Oublier le terme intérieur dans la règle de la chaîne
L’erreur est d’oublier le facteur dans la formule .
Par exemple, pour dériver , on pourrait penser que la dérivée est . C’est faux.
La formule correcte donne .
Concepts Connexes
- Toutes les techniques de dérivation : Ces règles sont la boîte à outils de base pour calculer la dérivée de presque toutes les fonctions rencontrées en pratique.
- Intégration par parties : Cette technique d’intégration est la “version intégrale” de la formule de dérivation d’un produit.
Applications
- Ces règles permettent d’étudier les variations de fonctions complexes en calculant le signe de leur dérivée.
- Elles sont essentielles en physique et en ingénierie pour dériver des équations qui modélisent des systèmes (par exemple, dériver l’énergie pour obtenir la puissance).
- En optimisation, on les utilise pour trouver les zéros de la dérivée (points critiques) de la fonction que l’on souhaite optimiser.
Concept 6: Théorèmes de Rolle et des accroissements finis
Prérequis
- Concept 3: Théorèmes fondamentaux des fonctions continues sur un segment.
- Concept 4: Dérivabilité d’une fonction en un point.
Définition
Ces théorèmes établissent un lien fondamental entre la valeur globale d’une fonction sur un intervalle et la valeur locale de sa dérivée.
-
Condition nécessaire d’extremum local
Hypothèses : Soit une fonction définie sur un intervalle ouvert et dérivable en un point . Si admet un extremum local (maximum ou minimum) en .
Conclusion : Alors .
Géométriquement, cela signifie que la tangente à la courbe en un point d’extremum local est horizontale.
-
Théorème de Rolle
Hypothèses : Soit une fonction continue sur un segment , dérivable sur l’intervalle ouvert , et telle que .
Conclusion : Alors il existe au moins un point tel que .
-
Théorème des accroissements finis (TAF)
Hypothèses : Soit une fonction continue sur un segment et dérivable sur l’intervalle ouvert .
Conclusion : Alors il existe au moins un point tel que :
Géométriquement, cela signifie qu’il existe un point sur la courbe où la tangente est parallèle à la sécante joignant les points et .
Propriétés Clés
-
Inégalité des accroissements finis : Si la dérivée est bornée sur , c’est-à-dire s’il existe tel que pour tout , alors :
Ceci permet de contrôler la variation de la fonction par une borne sur sa dérivée.
-
Lien entre le signe de la dérivée et la monotonie : Soit dérivable sur un intervalle .
- est croissante sur pour tout .
- est décroissante sur pour tout .
- est constante sur pour tout .
- Si pour tout , alors est strictement croissante sur .
Exemples
Exemple 1 : Théorème de Rolle
Soit sur le segment .
- est continue sur et dérivable sur (polynôme).
- et . Donc .
- Les hypothèses du théorème de Rolle sont vérifiées. Il existe donc tel que .
- En effet, . L’équation donne , soit . Le point est bien dans l’intervalle .
Exemple 2 : Théorème des accroissements finis
Soit sur le segment .
- est continue sur et dérivable sur .
- Le TAF garantit qu’il existe tel que .
- et .
- .
- L’égalité devient , ce qui donne .
- On vérifie que est bien dans l’intervalle .
Exemple 3 : Inégalité des accroissements finis
Montrons que pour tout , .
Soit . Pour , on applique l’inégalité des accroissements finis sur .
, donc . La borne est 1.
L’inégalité donne : .
Comme , on obtient .
Pour , on applique sur et on obtient , soit , ce qui est . Pour , l’inégalité est triviale.
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Non-dérivabilité (pour Rolle)
Soit sur .
- est continue sur .
- et , donc .
- Cependant, n’est pas dérivable en 0.
- Il n’existe aucun point où la dérivée s’annule (elle vaut -1 ou 1 partout où elle est définie). Le théorème de Rolle ne s’applique pas.
Contre-exemple 2 : Un extremum au bord
Soit sur le segment .
Le maximum de est 1, atteint en . Mais .
La condition pour un extremum n’est valable que si l’extremum est atteint à l’intérieur d’un intervalle ouvert. Ici, il est atteint à la borne.
Concepts Connexes
- Optimisation de fonctions : La recherche de points critiques (où la dérivée s’annule) est la première étape de l’étude des variations d’une fonction.
- Formule de Taylor : Le théorème des accroissements finis est le cas de la formule de Taylor-Lagrange.
Applications
- Analyse de fonctions : Permet de déterminer rigoureusement les intervalles de croissance et de décroissance d’une fonction.
- Démonstration d’inégalités : L’inégalité des accroissements finis est un outil très puissant pour majorer des expressions complexes.
- Convergence de suites : Elle est utilisée pour prouver la convergence de certaines suites récurrentes (théorème du point fixe).
Concept 7: Théorème de la bijection et fonctions réciproques
Prérequis
- Concept 2: Continuité d’une fonction.
- Concept 6: Lien entre signe de la dérivée et monotonie.
- Notions d’application injective, surjective, bijective.
Définition
Le théorème de la bijection établit des conditions sous lesquelles une fonction admet une fonction réciproque, et décrit les propriétés de cette réciproque.
Hypothèses : Soit une fonction continue et strictement monotone (strictement croissante ou strictement décroissante) sur un intervalle .
Soit l’intervalle image de par .
Conclusion :
-
La fonction réalise une bijection de l’intervalle vers l’intervalle .
-
Cela signifie que pour tout , l’équation admet une unique solution .
-
On peut donc définir une fonction réciproque de vers , qui à chaque associe cette unique solution .
Propriétés Clés de la fonction réciproque
-
Continuité : La fonction réciproque est continue sur l’intervalle .
-
Monotonie : La fonction réciproque est strictement monotone sur , et a le même sens de variation que .
-
Dérivabilité :
-
Hypothèses : Si de plus est dérivable en un point et si .
-
Conclusion : Alors est dérivable au point , et sa dérivée est donnée par :
-
-
Graphe : Le graphe de la fonction est le symétrique du graphe de la fonction par rapport à la droite d’équation (la première bissectrice).
Exemples
Exemple 1 : La fonction exponentielle et le logarithme
Soit .
-
est continue sur .
-
, donc est strictement croissante sur .
-
L’intervalle image est .
-
Le théorème de la bijection s’applique. admet une fonction réciproque de vers . Cette fonction est le logarithme népérien, .
-
Calcul de la dérivée : Soit . Posons , donc .
. On retrouve la dérivée connue du logarithme.
Exemple 2 : La fonction carré et la racine carrée
Soit . Cette fonction n’est pas monotone sur .
-
Restreignons-la à l’intervalle . Sur , est continue et strictement croissante.
-
L’intervalle image est .
-
réalise une bijection de vers . Sa réciproque est la fonction racine carrée, .
-
Dérivée : . Pour , . Soit .
.
Comme , on a .
Exemple 3 : La fonction cube
Soit sur .
- est continue et strictement croissante sur (car , et ne s’annule qu’en 0).
- L’intervalle image est .
- Sa réciproque est la fonction racine cubique, .
- Dérivabilité : . Cette dérivée s’annule en .
- Pour , , donc la racine cubique est dérivable en .
- En , . La formule de dérivation ne s’applique pas. En , la fonction racine cubique n’est pas dérivable (le graphe a une tangente verticale).
Contre-exemples
Contre-exemple 1 : Fonction non monotone
Soit sur .
est continue, mais n’est pas strictement monotone. Elle est décroissante sur et croissante sur .
Elle n’est pas bijective : par exemple, et . Le théorème ne s’applique pas.
Contre-exemple 2 : Fonction non continue
Soit définie sur par si et si .
- Cette fonction est strictement croissante.
- Cependant, elle n’est pas continue en .
- L’image de est . Ce n’est pas un intervalle.
Le théorème ne s’applique pas.
Concepts Connexes
- Fonctions trigonométriques réciproques : arcsin, arccos, arctan sont définies en appliquant le théorème de la bijection aux fonctions trigonométriques sur des intervalles bien choisis.
- Changement de variable dans les intégrales : La formule de dérivation de la réciproque est liée à la formule de changement de variable.
Applications
- Définition de nouvelles fonctions : Ce théorème est un outil puissant pour construire de nouvelles fonctions (logarithme, fonctions trigonométriques inverses, etc.) à partir de fonctions connues, et pour établir leurs propriétés.
- Résolution d’équations : L’existence et l’unicité de la solution à sont garanties par le théorème.
Concept 8: Fonctions trigonométriques réciproques
Prérequis
- Concept 7: Théorème de la bijection.
- Connaissance des fonctions trigonométriques : sinus, cosinus, tangente (graphes, propriétés, dérivées).
Définition
Les fonctions trigonométriques ne sont pas monotones sur , donc elles n’admettent pas de réciproque globale. On les définit en restreignant leur domaine de définition à un intervalle où elles sont continues et strictement monotones.
-
Fonction Arcsinus ()
-
On restreint la fonction sinus à l’intervalle . Sur cet intervalle, sinus est continue et strictement croissante.
-
Son image est .
-
La fonction arcsinus est la réciproque de cette restriction.
-
Pour , est l’unique angle tel que .
-
-
Fonction Arccosinus ()
-
On restreint la fonction cosinus à l’intervalle . Sur cet intervalle, cosinus est continue et strictement décroissante.
-
Son image est .
-
La fonction arccosinus est la réciproque de cette restriction.
-
Pour , est l’unique angle tel que .
-
-
Fonction Arctangente ()
-
On restreint la fonction tangente à l’intervalle . Sur cet intervalle, tangente est continue et strictement croissante.
-
Son image est .
-
La fonction arctangente est la réciproque de cette restriction.
-
Pour , est l’unique angle tel que .
-
Propriétés Clés
| Fonction | Domaine | Image | Monotonie | Dérivée (sur domaine ouvert) |
| ----------------------------- | ---------------- | --------------------- | --------------------- | ---------------------------------------------------------- |
| | | | Strictement croissante | sur |
| | | | Strictement décroissante | sur |
| | | | Strictement croissante | sur |
- Limites de arctan : et .
- Relation : Pour tout , on a .
Exemples
Exemple 1 : Calcul de valeurs
- Calculer : On cherche l’angle tel que . Cet angle est .
- Calculer : On cherche l’angle tel que . Cet angle est .
- Calculer : On cherche l’angle tel que . Cet angle est .
Exemple 2 : Démonstration de la dérivée de arcsin
Soit sur . Sa réciproque est .
On a . Pour , .
La formule de dérivation de la réciproque donne, pour :
.
On exprime en fonction de . Comme , est positif. Donc .
Finalement, pour .
Exemple 3 : Simplification d’expressions
Simplifier pour .
Posons . Par définition, et .
On cherche . On sait que , donc .
Comme , son cosinus est positif ou nul. Donc .
Ainsi, .
Contre-exemples
Erreur 1 : Domaine de définition
L’expression n’a pas de sens, car 3 n’est pas dans le domaine de définition de arcsinus.
Erreur 2 : Identité de composition
L’égalité est fausse en général. Elle n’est vraie que si appartient à l’intervalle de restriction, c’est-à-dire .
Par exemple, soit .
.
.
On a bien .
Concepts Connexes
- Intégration : Les dérivées de ces fonctions sont des fonctions algébriques. Réciproquement, ces fonctions apparaissent comme primitives de fractions rationnelles ou de fonctions avec des racines carrées. Par exemple, .
- Nombres complexes : L’arctangente est liée à l’argument d’un nombre complexe.
Applications
- Géométrie : Elles permettent de calculer des angles dans des figures. Par exemple, dans un triangle rectangle de côtés , l’angle opposé au côté est .
- Physique : Utilisées pour décrire des angles dans des problèmes de mécanique, d’optique (loi de Snell-Descartes) ou d’électricité (déphasage).
- Calcul intégral : Essentielles pour le calcul de nombreuses intégrales par changement de variable trigonométrique.