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Exercices “Réduction des endomorphismes auto-adjoints” (A)


Exercice 1 : Calcul de déterminant

Problème : Soit la matrice AA définie par :

A=(213101021)A = \begin{pmatrix} 2 & 1 & 3 \\ 1 & 0 & -1 \\ 0 & 2 & 1 \end{pmatrix}

Calculez le déterminant de AA de deux manières différentes :

  1. En utilisant la règle de Sarrus.
  2. En développant par rapport à la deuxième colonne.
Solution

Méthode : Le déterminant d’une matrice 3x3 peut être calculé directement avec la règle de Sarrus ou en utilisant la méthode des cofacteurs, qui consiste à développer le déterminant le long d’une ligne ou d’une colonne. Nous allons appliquer ces deux méthodes et vérifier que le résultat est identique.

Étapes :

  1. Calcul avec la règle de Sarrus :

    On ajoute les deux premières colonnes à droite de la matrice et on somme les produits des diagonales descendantes, puis on soustrait la somme des produits des diagonales montantes.

    det(A)=(201+1(1)0+312)(003+2(1)2+111) \det(A) = (2 \cdot 0 \cdot 1 + 1 \cdot (-1) \cdot 0 + 3 \cdot 1 \cdot 2) - (0 \cdot 0 \cdot 3 + 2 \cdot (-1) \cdot 2 + 1 \cdot 1 \cdot 1) det(A)=(0+0+6)(04+1) \det(A) = (0 + 0 + 6) - (0 - 4 + 1) det(A)=6(3)=9 \det(A) = 6 - (-3) = 9
  2. Développement par rapport à la deuxième colonne (j=2) :

    La formule est det(A)=i=13(1)i+2ai2Δi2\det(A) = \sum_{i=1}^{3} (-1)^{i+2} a_{i2} \Delta_{i2}, où Δi2\Delta_{i2} est le déterminant de la sous-matrice obtenue en supprimant la ligne ii et la colonne 2.

    det(A)=(1)1+2a121101+(1)2+2a222301+(1)3+2a322311 \det(A) = (-1)^{1+2} a_{12} \begin{vmatrix} 1 & -1 \\ 0 & 1 \end{vmatrix} + (-1)^{2+2} a_{22} \begin{vmatrix} 2 & 3 \\ 0 & 1 \end{vmatrix} + (-1)^{3+2} a_{32} \begin{vmatrix} 2 & 3 \\ 1 & -1 \end{vmatrix}

    Les coefficients de la deuxième colonne sont a12=1a_{12}=1, a22=0a_{22}=0, a32=2a_{32}=2.

    det(A)=1(1)(11(1)0)+1(0)(2130)1(2)(2(1)31) \det(A) = -1 \cdot (1) \cdot (1 \cdot 1 - (-1) \cdot 0) + 1 \cdot (0) \cdot (2 \cdot 1 - 3 \cdot 0) - 1 \cdot (2) \cdot (2 \cdot (-1) - 3 \cdot 1) det(A)=1(1)+02(23) \det(A) = -1 \cdot (1) + 0 - 2 \cdot (-2 - 3) det(A)=12(5)=1+10=9 \det(A) = -1 - 2 \cdot (-5) = -1 + 10 = 9

    Les deux méthodes donnent bien le même résultat.

Réponse : det(A)=9\det(A) = 9


Exercice 2 : Recherche de valeurs et vecteurs propres

Problème : Soit ff l’endomorphisme de R2\mathbb{R}^2 dont la matrice dans la base canonique est :

A=(5320)A = \begin{pmatrix} 5 & -3 \\ 2 & 0 \end{pmatrix}

  1. Déterminez les valeurs propres de AA.
  2. Pour chaque valeur propre, déterminez le sous-espace propre associé.
Solution

Méthode : Pour trouver les valeurs propres, nous devons calculer le polynôme caractéristique χA(λ)=det(AλI)\chi_A(\lambda) = \det(A - \lambda I) et trouver ses racines. Ensuite, pour chaque valeur propre λ\lambda, nous résolvons le système linéaire (AλI)X=0(A - \lambda I)X = 0 pour trouver les vecteurs propres, qui forment le sous-espace propre EλE_\lambda.

Étapes :

  1. Calcul du polynôme caractéristique :

    χA(λ)=det(AλI)=5λ32λ \chi_A(\lambda) = \det(A - \lambda I) = \begin{vmatrix} 5-\lambda & -3 \\ 2 & -\lambda \end{vmatrix} χA(λ)=(5λ)(λ)(3)(2)=5λ+λ2+6=λ25λ+6 \chi_A(\lambda) = (5-\lambda)(-\lambda) - (-3)(2) = -5\lambda + \lambda^2 + 6 = \lambda^2 - 5\lambda + 6
  2. Recherche des valeurs propres (racines de χA(λ)\chi_A(\lambda)) :

    On résout l’équation λ25λ+6=0\lambda^2 - 5\lambda + 6 = 0. On peut factoriser ce polynôme en (λ2)(λ3)=0(\lambda-2)(\lambda-3) = 0.

    Les racines sont donc λ1=2\lambda_1 = 2 et λ2=3\lambda_2 = 3. Ce sont les valeurs propres de AA.

  3. Détermination du sous-espace propre pour λ1=2\lambda_1 = 2 :

    On cherche le noyau de (A2I)(A - 2I), c’est-à-dire les vecteurs X=(xy)X = \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} tels que (A2I)X=0(A - 2I)X = 0.

    (523202)(xy)=(00)(3322)(xy)=(00) \begin{pmatrix} 5-2 & -3 \\ 2 & 0-2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \Rightarrow \begin{pmatrix} 3 & -3 \\ 2 & -2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}

    Les deux équations 3x3y=03x - 3y = 0 et 2x2y=02x - 2y = 0 sont équivalentes à xy=0x - y = 0, soit x=yx=y.

    Les vecteurs propres sont de la forme (kk)\begin{pmatrix} k \\ k \end{pmatrix} pour kRk \in \mathbb{R}^*. Le sous-espace propre est donc E2=Vect((11))E_2 = \text{Vect}\left(\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \end{pmatrix}\right).

  4. Détermination du sous-espace propre pour λ2=3\lambda_2 = 3 :

    On cherche le noyau de (A3I)(A - 3I).

    (533203)(xy)=(00)(2323)(xy)=(00) \begin{pmatrix} 5-3 & -3 \\ 2 & 0-3 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} \Rightarrow \begin{pmatrix} 2 & -3 \\ 2 & -3 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}

    L’équation est 2x3y=02x - 3y = 0, soit x=32yx = \frac{3}{2}y.

    Les vecteurs propres sont de la forme (3k/2k)\begin{pmatrix} 3k/2 \\ k \end{pmatrix} pour kRk \in \mathbb{R}^*. Pour éviter les fractions, on peut choisir k=2k=2, ce qui donne le vecteur (32)\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix}.

    Le sous-espace propre est donc E3=Vect((32))E_3 = \text{Vect}\left(\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix}\right).

Réponse : Les valeurs propres sont λ1=2\lambda_1 = 2 et λ2=3\lambda_2 = 3.

Les sous-espaces propres associés sont E2=Vect((11))E_2 = \text{Vect}\left(\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \end{pmatrix}\right) et E3=Vect((32))E_3 = \text{Vect}\left(\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \end{pmatrix}\right).


Exercice 3 : Critère de diagonalisation

Problème : Soit la matrice BB suivante :

B=(311131111)B = \begin{pmatrix} 3 & 1 & -1 \\ 1 & 3 & -1 \\ 1 & 1 & 1 \end{pmatrix}

  1. Calculez le polynôme caractéristique de BB. On donne que λ=2\lambda=2 est une racine.
  2. Déterminez les valeurs propres de BB et leur multiplicité algébrique.
  3. Pour chaque valeur propre, déterminez la dimension du sous-espace propre associé (multiplicité géométrique).
  4. La matrice BB est-elle diagonalisable ? Justifiez.
Solution

Méthode : Une matrice est diagonalisable si et seulement si son polynôme caractéristique est scindé (ce qui est toujours le cas sur C\mathbb{C}) et si, pour chaque valeur propre, la multiplicité algébrique (en tant que racine du polynôme) est égale à la multiplicité géométrique (la dimension du sous-espace propre).

Étapes :

  1. Polynôme caractéristique :

    χB(λ)=det(BλI)=3λ1113λ1111λ \chi_B(\lambda) = \det(B - \lambda I) = \begin{vmatrix} 3-\lambda & 1 & -1 \\ 1 & 3-\lambda & -1 \\ 1 & 1 & 1-\lambda \end{vmatrix}

    En développant, on obtient :

    χB(λ)=(3λ)((3λ)(1λ)+1)1((1λ)+1)1(1(3λ)) \chi_B(\lambda) = (3-\lambda)((3-\lambda)(1-\lambda)+1) - 1((1-\lambda)+1) - 1(1-(3-\lambda)) =(3λ)(λ24λ+4)(2λ)(λ2) = (3-\lambda)(\lambda^2-4\lambda+4) - (2-\lambda) - (\lambda-2) =(3λ)(λ2)2+(λ2)(λ2)=(3λ)(λ2)2 = (3-\lambda)(\lambda-2)^2 + (\lambda-2) - (\lambda-2) = (3-\lambda)(\lambda-2)^2 χB(λ)=(λ3)(λ2)2 \chi_B(\lambda) = -(\lambda-3)(\lambda-2)^2
  2. Valeurs propres et multiplicités algébriques :

    Les racines de χB(λ)\chi_B(\lambda) sont les valeurs propres.

    • λ1=3\lambda_1 = 3 avec une multiplicité algébrique m3=1m_3 = 1.
    • λ2=2\lambda_2 = 2 avec une multiplicité algébrique m2=2m_2 = 2.
  3. Multiplicités géométriques :

    On a toujours 1dλmλ1 \le d_\lambda \le m_\lambda.

    • Pour λ1=3\lambda_1 = 3, on a m3=1m_3=1, donc nécessairement la dimension du sous-espace propre d3=1d_3 = 1.
    • Pour λ2=2\lambda_2 = 2, on doit calculer d2=dim(ker(B2I))d_2 = \dim(\ker(B-2I)).
    B2I=(111111111) B-2I = \begin{pmatrix} 1 & 1 & -1 \\ 1 & 1 & -1 \\ 1 & 1 & -1 \end{pmatrix}

    On résout (B2I)X=0(B-2I)X=0, ce qui se réduit à l’unique équation x+yz=0x+y-z=0. C’est l’équation d’un plan vectoriel, qui est de dimension 2.

    Par conséquent, d2=dim(E2)=2d_2 = \dim(E_2) = 2.

  4. Conclusion sur la diagonalisabilité :

    • Pour λ1=3\lambda_1=3, nous avons m3=d3=1m_3 = d_3 = 1.
    • Pour λ2=2\lambda_2=2, nous avons m2=d2=2m_2 = d_2 = 2.

    Comme la condition mλ=dλm_\lambda = d_\lambda est vérifiée pour toutes les valeurs propres, la matrice BB est diagonalisable.

Réponse : Oui, la matrice BB est diagonalisable car pour chaque valeur propre, sa multiplicité algébrique est égale à sa multiplicité géométrique.


Exercice 4 : Application du Théorème Spectral

Problème : Soit la matrice symétrique SS :

S=(5228)S = \begin{pmatrix} 5 & 2 \\ 2 & 8 \end{pmatrix}

  1. Vérifiez que SS est la matrice d’un endomorphisme auto-adjoint dans la base canonique de R2\mathbb{R}^2.
  2. Trouvez les valeurs propres de SS.
  3. Trouvez une base orthonormée de R2\mathbb{R}^2 formée de vecteurs propres de SS.
  4. Écrivez la décomposition spectrale S=PDPTS = PDP^T, où DD est diagonale et PP est orthogonale.
Solution

Méthode : Le Théorème Spectral garantit qu’une matrice symétrique réelle est diagonalisable dans une base orthonormée. Nous suivons les étapes : trouver les valeurs propres, trouver les vecteurs propres, vérifier leur orthogonalité, les normer pour former la matrice de passage orthogonale PP.

Étapes :

  1. Endomorphisme auto-adjoint :

    La base canonique de R2\mathbb{R}^2 est orthonormée pour le produit scalaire usuel. La matrice SS est symétrique car S=tSS = {}^tS. Par conséquent, elle représente un endomorphisme auto-adjoint dans cette base.

  2. Valeurs propres :

    On calcule le polynôme caractéristique :

    χS(λ)=5λ228λ=(5λ)(8λ)4 \chi_S(\lambda) = \begin{vmatrix} 5-\lambda & 2 \\ 2 & 8-\lambda \end{vmatrix} = (5-\lambda)(8-\lambda) - 4 =4013λ+λ24=λ213λ+36 = 40 - 13\lambda + \lambda^2 - 4 = \lambda^2 - 13\lambda + 36

    On résout λ213λ+36=0\lambda^2 - 13\lambda + 36 = 0. Les racines sont λ1=4\lambda_1 = 4 et λ2=9\lambda_2 = 9.

  3. Vecteurs et base orthonormée :

    • Pour λ1=4\lambda_1=4 :

      On résout (S4I)X=0(1224)(xy)=(00)(S-4I)X=0 \Rightarrow \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}. L’équation est x+2y=0x+2y=0. Un vecteur propre est v1=(21)v_1 = \begin{pmatrix} 2 \\ -1 \end{pmatrix}.

    • Pour λ2=9\lambda_2=9 :

      On résout (S9I)X=0(4221)(xy)=(00)(S-9I)X=0 \Rightarrow \begin{pmatrix} -4 & 2 \\ 2 & -1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix}. L’équation est 2xy=02x-y=0. Un vecteur propre est v2=(12)v_2 = \begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

    • Orthogonalité : On vérifie que les vecteurs propres sont orthogonaux : v1,v2=21+(1)2=0\langle v_1, v_2 \rangle = 2 \cdot 1 + (-1) \cdot 2 = 0. C’est bien le cas, comme attendu du théorème spectral.

    • Normalisation : On norme les vecteurs.

      v1=22+(1)2=5\|v_1\| = \sqrt{2^2 + (-1)^2} = \sqrt{5}. Donc u1=15(21)u_1 = \frac{1}{\sqrt{5}}\begin{pmatrix} 2 \\ -1 \end{pmatrix}.

      v2=12+22=5\|v_2\| = \sqrt{1^2 + 2^2} = \sqrt{5}. Donc u2=15(12)u_2 = \frac{1}{\sqrt{5}}\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

      La base orthonormée est B={u1,u2}\mathcal{B}' = \{u_1, u_2\}.

  4. Décomposition spectrale :

    La matrice diagonale DD contient les valeurs propres sur sa diagonale. La matrice de passage PP a pour colonnes les vecteurs propres orthonormés correspondants.

    D=(4009),P=(2/51/51/52/5) D = \begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 9 \end{pmatrix}, \quad P = \begin{pmatrix} 2/\sqrt{5} & 1/\sqrt{5} \\ -1/\sqrt{5} & 2/\sqrt{5} \end{pmatrix}

    On a bien S=PDPTS = PDP^T.

Réponse : La décomposition spectrale est S=PDPTS = PDP^T avec

P=15(2112)P = \frac{1}{\sqrt{5}}\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ -1 & 2 \end{pmatrix} et D=(4009)D = \begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 9 \end{pmatrix}.


Exercice 5 : Endomorphismes positifs

Problème : On considère les matrices symétriques suivantes :

A=(3113),B=(1111),C=(2442)A = \begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}, \quad B = \begin{pmatrix} 1 & -1 \\ -1 & 1 \end{pmatrix}, \quad C = \begin{pmatrix} 2 & 4 \\ 4 & 2 \end{pmatrix}

Pour chaque matrice, déterminez si l’endomorphisme auto-adjoint associé est :

a) Défini positif

b) Positif (mais non défini positif)

c) Ni l’un ni l’autre

Justifiez votre réponse en utilisant les valeurs propres.

Solution

Méthode : Un endomorphisme auto-adjoint est défini positif si toutes ses valeurs propres sont strictement positives. Il est positif si toutes ses valeurs propres sont positives ou nulles. S’il a au moins une valeur propre strictement négative, il n’est pas positif.

Étapes :

  1. Analyse de la matrice A :

    • Valeurs propres : χA(λ)=(3λ)21=λ26λ+8=(λ2)(λ4)\chi_A(\lambda) = (3-\lambda)^2 - 1 = \lambda^2-6\lambda+8 = (\lambda-2)(\lambda-4).
    • Les valeurs propres sont λ1=2\lambda_1=2 et λ2=4\lambda_2=4.
    • Conclusion : Comme toutes les valeurs propres sont strictement positives (2>02 > 0 et 4>04 > 0), l’endomorphisme associé à AA est défini positif.
  2. Analyse de la matrice B :

    • Valeurs propres : χB(λ)=(1λ)21=λ22λ=λ(λ2)\chi_B(\lambda) = (1-\lambda)^2 - 1 = \lambda^2-2\lambda = \lambda(\lambda-2).
    • Les valeurs propres sont λ1=0\lambda_1=0 et λ2=2\lambda_2=2.
    • Conclusion : Toutes les valeurs propres sont positives ou nulles (0\ge 0), mais l’une d’elles est nulle. L’endomorphisme associé à BB est donc positif (mais non défini positif).
  3. Analyse de la matrice C :

    • Valeurs propres : χC(λ)=(2λ)216=λ24λ12=(λ6)(λ+2)\chi_C(\lambda) = (2-\lambda)^2 - 16 = \lambda^2-4\lambda-12 = (\lambda-6)(\lambda+2).
    • Les valeurs propres sont λ1=6\lambda_1=6 et λ2=2\lambda_2=-2.
    • Conclusion : Il y a une valeur propre strictement négative (2<0-2 < 0). L’endomorphisme associé à CC n’est ni positif, ni défini positif.

Réponse :

  • AA est définie positive.
  • BB est positive (non définie positive).
  • CC n’est pas positive.

Exercice 6 : Diagonalisation d’une matrice 3x3 symétrique

Problème : Soit la matrice symétrique réelle

A=(110101011)A = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 0 \\ 1 & 0 & 1 \\ 0 & 1 & 1 \end{pmatrix}.

Diagonalisez AA dans une base orthonormée. Autrement dit, trouvez une matrice orthogonale PP et une matrice diagonale DD telles que A=PDPTA = PDP^T.

Solution

Méthode : Conformément au théorème spectral, nous allons trouver les valeurs propres de AA, puis pour chaque valeur propre, une base orthonormée du sous-espace propre associé. La juxtaposition de ces bases formera la matrice PP.

Étapes :

  1. Calcul des valeurs propres :

    On calcule le polynôme caractéristique χA(λ)=det(AλI)\chi_A(\lambda) = \det(A-\lambda I).

    χA(λ)=1λ101λ1011λ=(1λ)(λ(1λ)1)1(1λ) \chi_A(\lambda) = \begin{vmatrix} 1-\lambda & 1 & 0 \\ 1 & -\lambda & 1 \\ 0 & 1 & 1-\lambda \end{vmatrix} = (1-\lambda)(-\lambda(1-\lambda)-1) - 1(1-\lambda) =(1λ)(λ2λ1)(1λ)=(1λ)(λ2λ2) = (1-\lambda)(\lambda^2-\lambda-1) - (1-\lambda) = (1-\lambda)(\lambda^2-\lambda-2)

    Les racines de λ2λ2=0\lambda^2-\lambda-2=0 sont λ=2\lambda=2 et λ=1\lambda=-1.

    Les valeurs propres sont donc λ1=1\lambda_1=1, λ2=2\lambda_2=2, λ3=1\lambda_3=-1. Elles sont toutes distinctes, donc les sous-espaces propres sont de dimension 1 et mutuellement orthogonaux.

  2. Calcul des vecteurs propres :

    • Pour λ1=1\lambda_1 = 1 : On résout (AI)X=0(A-I)X=0.

      (010111010)(xyz)=(000){y=0xy+z=0{y=0x+z=0\begin{pmatrix} 0 & 1 & 0 \\ 1 & -1 & 1 \\ 0 & 1 & 0 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} \Rightarrow \begin{cases} y=0 \\ x-y+z=0 \end{cases} \Rightarrow \begin{cases} y=0 \\ x+z=0 \end{cases}.

      Un vecteur propre est v1=(101)v_1 = \begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ -1 \end{pmatrix}.

    • Pour λ2=2\lambda_2 = 2 : On résout (A2I)X=0(A-2I)X=0.

      (110121011)(xyz)=(000){x+y=0yz=0x=y=z\begin{pmatrix} -1 & 1 & 0 \\ 1 & -2 & 1 \\ 0 & 1 & -1 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} \Rightarrow \begin{cases} -x+y=0 \\ y-z=0 \end{cases} \Rightarrow x=y=z.

      Un vecteur propre est v2=(111)v_2 = \begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 1 \end{pmatrix}.

    • Pour λ3=1\lambda_3 = -1 : On résout (A+I)X=0(A+I)X=0.

      (210111012)(xyz)=(000){2x+y=0y+2z=0y=2x,z=y/2=x\begin{pmatrix} 2 & 1 & 0 \\ 1 & 1 & 1 \\ 0 & 1 & 2 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix} \Rightarrow \begin{cases} 2x+y=0 \\ y+2z=0 \end{cases} \Rightarrow y=-2x, z=-y/2=x.

      Un vecteur propre est v3=(121)v_3 = \begin{pmatrix} 1 \\ -2 \\ 1 \end{pmatrix}.

  3. Construction de la base orthonormée :

    On normalise les vecteurs propres v1,v2,v3v_1, v_2, v_3.

    • v1=12+02+(1)2=2u1=12(101)\|v_1\| = \sqrt{1^2+0^2+(-1)^2} = \sqrt{2} \Rightarrow u_1 = \frac{1}{\sqrt{2}}\begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ -1 \end{pmatrix}.
    • v2=12+12+12=3u2=13(111)\|v_2\| = \sqrt{1^2+1^2+1^2} = \sqrt{3} \Rightarrow u_2 = \frac{1}{\sqrt{3}}\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 1 \end{pmatrix}.
    • v3=12+(2)2+12=6u3=16(121)\|v_3\| = \sqrt{1^2+(-2)^2+1^2} = \sqrt{6} \Rightarrow u_3 = \frac{1}{\sqrt{6}}\begin{pmatrix} 1 \\ -2 \\ 1 \end{pmatrix}.
  4. Écriture de P et D :

    On place les valeurs propres dans DD et les vecteurs propres normalisés en colonnes dans PP.

    D=(100020001),P=(1/21/31/601/32/61/21/31/6) D = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 2 & 0 \\ 0 & 0 & -1 \end{pmatrix}, \quad P = \begin{pmatrix} 1/\sqrt{2} & 1/\sqrt{3} & 1/\sqrt{6} \\ 0 & 1/\sqrt{3} & -2/\sqrt{6} \\ -1/\sqrt{2} & 1/\sqrt{3} & 1/\sqrt{6} \end{pmatrix}

Réponse :

D=(100020001)D = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 2 & 0 \\ 0 & 0 & -1 \end{pmatrix} et P=(1/21/31/601/32/61/21/31/6)P = \begin{pmatrix} 1/\sqrt{2} & 1/\sqrt{3} & 1/\sqrt{6} \\ 0 & 1/\sqrt{3} & -2/\sqrt{6} \\ -1/\sqrt{2} & 1/\sqrt{3} & 1/\sqrt{6} \end{pmatrix}.


Exercice 7 : Cas d’une matrice non diagonalisable

Problème : Soit la matrice CC suivante :

C=(110130002)C = \begin{pmatrix} 1 & -1 & 0 \\ 1 & 3 & 0 \\ 0 & 0 & 2 \end{pmatrix}

Montrez que cette matrice n’est pas diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Solution

Méthode : Pour montrer qu’une matrice n’est pas diagonalisable, il suffit de trouver une valeur propre pour laquelle la multiplicité géométrique est strictement inférieure à la multiplicité algébrique.

Étapes :

  1. Calcul du polynôme caractéristique :

    On développe le déterminant de (CλI)(C-\lambda I) par rapport à la troisième colonne, car elle contient beaucoup de zéros.

    χC(λ)=1λ1013λ0002λ=(2λ)1λ113λ \chi_C(\lambda) = \begin{vmatrix} 1-\lambda & -1 & 0 \\ 1 & 3-\lambda & 0 \\ 0 & 0 & 2-\lambda \end{vmatrix} = (2-\lambda) \begin{vmatrix} 1-\lambda & -1 \\ 1 & 3-\lambda \end{vmatrix} =(2λ)((1λ)(3λ)+1)=(2λ)(λ24λ+3+1) = (2-\lambda)((1-\lambda)(3-\lambda) + 1) = (2-\lambda)(\lambda^2 - 4\lambda + 3 + 1) =(2λ)(λ24λ+4)=(2λ)(λ2)2=(λ2)3 = (2-\lambda)(\lambda^2 - 4\lambda + 4) = (2-\lambda)(\lambda-2)^2 = -(\lambda-2)^3
  2. Valeur propre et multiplicité algébrique :

    Il y a une seule valeur propre, λ=2\lambda=2, avec une multiplicité algébrique m2=3m_2 = 3.

  3. Calcul de la multiplicité géométrique :

    On doit calculer la dimension du sous-espace propre E2=ker(C2I)E_2 = \ker(C-2I).

    C2I=(121013200022)=(110110000) C-2I = \begin{pmatrix} 1-2 & -1 & 0 \\ 1 & 3-2 & 0 \\ 0 & 0 & 2-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 & -1 & 0 \\ 1 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}

    Le système (C2I)X=0(C-2I)X=0 se réduit à l’unique équation x+y=0x+y=0 (la deuxième ligne est l’opposée de la première).

    Un vecteur X=(x,y,z)X = (x, y, z) est dans E2E_2 si y=xy=-x. Les vecteurs propres sont donc de la forme (x,x,z)=x(1,1,0)+z(0,0,1)(x, -x, z) = x(1, -1, 0) + z(0, 0, 1).

    Le sous-espace propre E2E_2 est engendré par les vecteurs (110)\begin{pmatrix} 1 \\ -1 \\ 0 \end{pmatrix} et (001)\begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 1 \end{pmatrix}. Ces deux vecteurs sont linéairement indépendants.

    La dimension de E2E_2 est donc d2=2d_2 = 2.

  4. Conclusion :

    Nous avons trouvé une valeur propre λ=2\lambda=2 pour laquelle la multiplicité algébrique m2=3m_2 = 3 est strictement supérieure à la multiplicité géométrique d2=2d_2 = 2.

    Par conséquent, la matrice CC n’est pas diagonalisable.

Réponse : La matrice CC n’est pas diagonalisable car pour la valeur propre λ=2\lambda=2, la multiplicité algébrique (3) est différente de la multiplicité géométrique (2).


Exercice 8 : Décomposition polaire

Problème : Trouver la décomposition polaire M=SOM = SO de la matrice inversible

M=(1131)M = \begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 3 & 1 \end{pmatrix}.

SS est une matrice symétrique définie positive et OO est une matrice orthogonale.

Solution

Méthode : La décomposition polaire M=SOM=SO est obtenue en calculant d’abord SS comme l’unique racine carrée symétrique définie positive de MtMM{}^tM, puis en déduisant OO par O=S1MO=S^{-1}M.

Étapes :

  1. Calculer R=MtMR = M{}^tM :

    MtM=(1131)(1311)=(11+(1)(1)13+(1)131+1(1)33+11)=(22210) M{}^tM = \begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 3 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & 3 \\ -1 & 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 \cdot 1 + (-1) \cdot (-1) & 1 \cdot 3 + (-1) \cdot 1 \\ 3 \cdot 1 + 1 \cdot (-1) & 3 \cdot 3 + 1 \cdot 1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 & 2 \\ 2 & 10 \end{pmatrix}

    Cette matrice RR est bien symétrique.

  2. Diagonaliser RR pour calculer sa racine carrée S=RS = \sqrt{R} :

    • Valeurs propres de R :

      χR(λ)=(2λ)(10λ)4=λ212λ+204=λ212λ+16\chi_R(\lambda) = (2-\lambda)(10-\lambda) - 4 = \lambda^2 - 12\lambda + 20 - 4 = \lambda^2 - 12\lambda + 16.

      Les racines sont λ=12±144642=12±802=6±25\lambda = \frac{12 \pm \sqrt{144 - 64}}{2} = \frac{12 \pm \sqrt{80}}{2} = 6 \pm 2\sqrt{5}.

      Les valeurs propres, λ1=6+25\lambda_1 = 6+2\sqrt{5} et λ2=625\lambda_2=6-2\sqrt{5}, sont bien strictement positives.

    • Remarque : 6±25=(5±1)26 \pm 2\sqrt{5} = (\sqrt{5}\pm1)^2. Donc les valeurs propres sont (5+1)2(\sqrt{5}+1)^2 et (51)2(\sqrt{5}-1)^2. C’est un calcul difficile.

    • Une approche alternative, plus simple pour la racine carrée, consiste à poser S=(abbc)S = \begin{pmatrix} a & b \\ b & c \end{pmatrix} et résoudre S2=RS^2 = R.

      S2=(a2+b2ab+bcab+bcb2+c2)=(22210)S^2 = \begin{pmatrix} a^2+b^2 & ab+bc \\ ab+bc & b^2+c^2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 & 2 \\ 2 & 10 \end{pmatrix}.

      On doit résoudre le système :

      {a2+b2=2b(a+c)=2b2+c2=10\begin{cases} a^2+b^2 = 2 \\ b(a+c) = 2 \\ b^2+c^2 = 10 \end{cases}

      De (1) et (3), c2a2=8c^2 - a^2 = 8. De (2), a+c=2/ba+c = 2/b.

      (ca)(c+a)=8(ca)(2/b)=8ca=4b(c-a)(c+a) = 8 \Rightarrow (c-a)(2/b) = 8 \Rightarrow c-a = 4b.

      On a un système en aa et cc : c+a=2/bc+a=2/b et ca=4bc-a=4b.

      En additionnant : 2c=2/b+4bc=1/b+2b2c = 2/b + 4b \Rightarrow c = 1/b+2b.

      En soustrayant : 2a=2/b4ba=1/b2b2a = 2/b - 4b \Rightarrow a = 1/b-2b.

      On injecte dans a2+b2=2a^2+b^2=2 : (1/b2b)2+b2=21/b24+4b2+b2=25b46b2+1=0(1/b-2b)^2+b^2=2 \Rightarrow 1/b^2 - 4 + 4b^2 + b^2 = 2 \Rightarrow 5b^4-6b^2+1=0.

      C’est une équation bicarrée. Soit X=b2X=b^2. 5X26X+1=0(5X1)(X1)=05X^2-6X+1=0 \Rightarrow (5X-1)(X-1)=0.

      b2=1b^2=1 ou b2=1/5b^2=1/5. Pour que SS soit définie positive, sa trace et son déterminant doivent être positifs. det(S)=det(R)=16=4>0\det(S) = \sqrt{\det(R)} = \sqrt{16}=4 > 0. Tr(S)=a+c=2/b\text{Tr}(S)=a+c=2/b doit être positive, donc on choisit b>0b>0.

      Si b=1b=1, a=1,c=3a=-1, c=3. S=(1113)S=\begin{pmatrix} -1 & 1 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}. det(S)=4\det(S)=-4, ne convient pas.

      Si b=1/5b=1/\sqrt{5}, a=52/5=3/5a = \sqrt{5}-2/\sqrt{5} = 3/\sqrt{5}, c=5+2/5=7/5c = \sqrt{5}+2/\sqrt{5} = 7/\sqrt{5}.

      Donc S=15(3117)S = \frac{1}{\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 7 \end{pmatrix}. Vérifions S2=15(3117)(3117)=15(10101050)=(22210)=RS^2 = \frac{1}{5}\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 7 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 7 \end{pmatrix} = \frac{1}{5}\begin{pmatrix} 10 & 10 \\ 10 & 50 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 & 2 \\ 2 & 10 \end{pmatrix} = R. C’est correct.

  3. Calculer O=S1MO = S^{-1}M :

    det(S)=15(211)=4\det(S) = \frac{1}{5}(21-1) = 4.

    S1=1415(7113)=145(7113)S^{-1} = \frac{1}{4} \frac{1}{\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 7 & -1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix} = \frac{1}{4\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 7 & -1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix}.

    O=145(7113)(1131)=145(4884)=15(1221). O = \frac{1}{4\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 7 & -1 \\ -1 & 3 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1 & -1 \\ 3 & 1 \end{pmatrix} = \frac{1}{4\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 4 & -8 \\ 8 & 4 \end{pmatrix} = \frac{1}{\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 1 & -2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}.

    La matrice OO est bien orthogonale, car ses colonnes sont orthogonales et de norme 1.

Réponse : La décomposition polaire de MM est M=SOM = SO avec :

S=15(3117)S = \frac{1}{\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 7 \end{pmatrix} et O=15(1221)O = \frac{1}{\sqrt{5}} \begin{pmatrix} 1 & -2 \\ 2 & 1 \end{pmatrix}.


Exercice 9 : Propriétés des endomorphismes auto-adjoints

Problème : Soit ff un endomorphisme auto-adjoint d’un espace euclidien EE. Soient λ\lambda et μ\mu deux valeurs propres distinctes de ff, et soient uu et vv des vecteurs propres associés, respectivement.

Démontrez que uu et vv sont orthogonaux.

Solution

Méthode : La démonstration repose sur la définition d’un endomorphisme auto-adjoint, f(x),y=x,f(y)\langle f(x), y \rangle = \langle x, f(y) \rangle, et sur la définition des vecteurs propres, f(u)=λuf(u) = \lambda u et f(v)=μvf(v) = \mu v.

Étapes :

  1. Utiliser la définition de l’endomorphisme auto-adjoint :

    Puisque ff est auto-adjoint, on a pour les vecteurs uu et vv :

    f(u),v=u,f(v) \langle f(u), v \rangle = \langle u, f(v) \rangle
  2. Utiliser la définition des vecteurs propres :

    On sait que f(u)=λuf(u) = \lambda u et f(v)=μvf(v) = \mu v. On remplace ces expressions dans l’égalité précédente.

    Le membre de gauche devient :

    f(u),v=λu,v=λu,v \langle f(u), v \rangle = \langle \lambda u, v \rangle = \lambda \langle u, v \rangle

    Le membre de droite devient :

    u,f(v)=u,μv=μu,v \langle u, f(v) \rangle = \langle u, \mu v \rangle = \mu \langle u, v \rangle

    (Note : comme les valeurs propres d’un endomorphisme auto-adjoint sont réelles, μ=μˉ\mu = \bar{\mu}).

  3. Combiner les résultats :

    L’égalité initiale devient donc :

    λu,v=μu,v \lambda \langle u, v \rangle = \mu \langle u, v \rangle
  4. Conclure :

    On peut réarranger l’équation :

    (λμ)u,v=0 (\lambda - \mu) \langle u, v \rangle = 0

    Par hypothèse, les valeurs propres λ\lambda et μ\mu sont distinctes, donc λμ0\lambda - \mu \neq 0.

    Pour que le produit soit nul, il faut nécessairement que l’autre facteur soit nul.

    u,v=0 \langle u, v \rangle = 0

    Ceci prouve que les vecteurs uu et vv sont orthogonaux.

Réponse : La démonstration montre que si ff est auto-adjoint et u,vu, v sont des vecteurs propres pour des valeurs propres distinctes λ,μ\lambda, \mu, alors (λμ)u,v=0(\lambda - \mu) \langle u, v \rangle = 0. Comme λμ\lambda \neq \mu, on doit avoir u,v=0\langle u, v \rangle = 0.


Exercice 10 : Application à la géométrie - Formes quadratiques

Problème : Soit la forme quadratique qq sur R2\mathbb{R}^2 définie par q(x,y)=5x2+8y2+4xyq(x, y) = 5x^2 + 8y^2 + 4xy.

  1. Trouvez la matrice symétrique SS associée à cette forme quadratique, telle que q(X)=tXSXq(X) = {}^tX S XX=(xy)X = \begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}.
  2. En utilisant les résultats de l’Exercice 4 sur la matrice S=(5228)S = \begin{pmatrix} 5 & 2 \\ 2 & 8 \end{pmatrix}, montrez que q(x,y)q(x, y) est toujours strictement positive pour tout (x,y)(0,0)(x, y) \neq (0, 0).
  3. Exprimez qq en fonction des nouvelles coordonnées (x,y)(x', y') dans la base des vecteurs propres de SS. Quelle est l’interprétation géométrique ?
Solution

Méthode : Une forme quadratique peut être représentée par une matrice symétrique. Le signe de la forme quadratique est directement lié au signe des valeurs propres de cette matrice. La diagonalisation de la matrice correspond à un changement de base qui simplifie l’expression de la forme quadratique.

Étapes :

  1. Détermination de la matrice S :

    La forme générale d’une forme quadratique en 2D est ax2+2bxy+cy2ax^2 + 2bxy + cy^2. La matrice associée est S=(abbc)S=\begin{pmatrix} a & b \\ b & c \end{pmatrix}.

    Ici, a=5a=5, c=8c=8, et 2b=4b=22b=4 \Rightarrow b=2.

    Donc, S=(5228)S = \begin{pmatrix} 5 & 2 \\ 2 & 8 \end{pmatrix}.

  2. Signe de la forme quadratique :

    Dans l’exercice 4, nous avons trouvé que les valeurs propres de SS sont λ1=4\lambda_1 = 4 et λ2=9\lambda_2 = 9.

    Comme toutes les valeurs propres de la matrice symétrique SS sont strictement positives, la matrice est définie positive.

    Par définition, cela signifie que pour tout vecteur X0X \neq 0, on a tXSX>0{}^tX S X > 0.

    Donc, q(x,y)=5x2+8y2+4xy>0q(x, y) = 5x^2 + 8y^2 + 4xy > 0 pour tout (x,y)(0,0)(x, y) \neq (0, 0).

  3. Expression dans la base des vecteurs propres :

    Le théorème spectral nous dit qu’il existe un changement de base orthogonal X=PXX = PX' qui diagonalise la matrice, et donc la forme quadratique.

    tXSX=t(PX)S(PX)=tX(tPSP)X=tXDX{}^tX S X = {}^t(PX') S (PX') = {}^tX' ({}^tPSP) X' = {}^tX' D X'.

    Avec les résultats de l’exercice 4, D=(4009)D = \begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 9 \end{pmatrix}.

    Si X=(xy)X' = \begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}, alors :

    q(x,y)=(xy)(4009)(xy)=4(x)2+9(y)2 q(x', y') = \begin{pmatrix} x' & y' \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 4 & 0 \\ 0 & 9 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix} = 4(x')^2 + 9(y')^2

    Interprétation géométrique : L’équation q(x,y)=kq(x,y)=k (pour k>0k>0) représente une ellipse dans le plan (x,y)(x,y). Le changement de base vers (x,y)(x', y') correspond à une rotation des axes du repère pour les aligner avec les axes principaux de l’ellipse. Dans ce nouveau repère, l’équation de l’ellipse prend une forme simple, sans terme croisé (xy)(x'y'). Les valeurs propres 44 et 99 sont liées aux longueurs des demi-axes de l’ellipse.

Réponse :

  1. S=(5228)S = \begin{pmatrix} 5 & 2 \\ 2 & 8 \end{pmatrix}.
  2. Les valeurs propres de SS (4 et 9) sont strictement positives, donc SS est définie positive, ce qui implique q(x,y)>0q(x,y) > 0 pour (x,y)(0,0)(x,y) \neq (0,0).
  3. Dans la base des vecteurs propres, q(x,y)=4(x)2+9(y)2q(x', y') = 4(x')^2 + 9(y')^2. Cela correspond à l’équation d’une ellipse alignée avec les nouveaux axes de coordonnées.